One Piece – S01E06 – The Chef and the Chore Boy – 16/20

Si j’apprécie le rythme vif et les coupes dans les longueurs du manga, j’ai trouvé que cet épisode avait un peu plus de mal à garder son équilibre, et surtout mon intérêt. On ne peut pas dire qu’on s’ennuie devant la série, parce que c’est un voyage vraiment trop cool, mais j’ai eu tendance à penser qu’on sentait davantage dans cet épisode qu’on avait affaire à une adaptation un peu débordée par tout ce qu’il y a à raconter.

Spoilers

Zoro est blessé à mort, mais ça n’empêche pas les ennemis de Luffy de le traquer.


Right, a doctor. We need a doctor.

Capitaine

Les épisodes fonctionnent désormais par deux pour adapter chaque arc, et celui-ci commence donc par une scène où Nami, Usopp et Luffy sont débordés par ce qui est arrivé à Zoro. Nami est une fois de plus celle qui a les meilleurs réflexes, demandant à Luffy de retourner au Baratie pour trouver un médecin. Bon, il n’y a pas de médecin à portée de main, mais il y a Zeff et Sanji. Il leur raconte donc ce qui est arrivé et finit par convaincre Zeff de lui venir en aide.

Ouais, le médecin le plus proche est à deux jours de navigation, temps que Sanji n’a pas. Par chance, Zeff connaît quelques trucs de vieux marins et il aide à soigner Sanji bien rapidement. Il le laisse théoriquement entre la vie et la mort, mais c’est suffisant pour que Luffy soit convaincu qu’il survive. J’ai beaucoup aimé la scène qui nous montre le stress de Luffy, perdu dans ce qu’il convient de faire : il veut que Zoro aille mieux, il veut le laisser reposer, il veut le faire manger ses plats préférés… Ah, c’est pas évident d’être capitaine.

Sanji se rend compte des difficultés de Luffy et décide donc de lui venir en aide. OK, après un épisode, il faut bien reconnaître que je commence à voir l’intérêt d’avoir choisi cet acteur pour l’interpréter, parce qu’il a un charme certain qui fait peu à peu effet. Cela dit, il reste bien différent de ce que j’en imaginais et un sourire craqueur, ça ne fait pas tout. Je trouve surtout qu’il paraît plus vieux que ce que j’imaginais de ce personnage, en fait.

De toute manière, c’est tout le problème des adaptations, ça. Cependant, on enchaîne sur un flashback qui n’aide pas à penser autre chose : neuf ans plus tôt, Sanji avait à peine une dizaine d’années… Pourquoi paraît-il en avoir plus de trente dans le présent ? Ouais, bon, je m’égare et j’oublie de raconter l’épisode pour la critique : on part sur un flashback qui nous fait perdre bien du temps.

J’ai beaucoup aimé ces flashbacks dans les mangas, mais j’ai toujours du mal avec ce procédé narratif de toute manière. Bon, bref, où en sommes-nous de cet épisode ? Sanji raconte à Luffy son histoire : Zeff est un ancien pirate, lui non. Alors qu’il était encore enfant, le bateau sur lequel Sanji travaillait a été attaqué par des pirates, dont Zeff. Malheureusement, une tempête s’en est mêlée et les deux ont échoué sur une… J’allais dire « île », mais en fait, ils sont juste sur un rocher. Pas évident de survivre dans ces conditions : ils sont trop hauts perchés pour pêcher vraiment, il n’y a que l’océan à perte de vue, c’est la merde quoi.

Zeff refuse en plus de rester avec Sanji : il l’isole d’un côté du rocher et refuse de lui parler. Sanji rationne ses portions de nourriture comme il peut et il attend désespérément qu’un navire passe à l’horizon. Pas de bol, le seul qui passe le fait pendant une autre tempête, de nuit, et ne le voit pas. Voilà comment Sanji se retrouve à devoir survivre trente jours sur un rocher au soleil. Puis cinquante. Puis soixante-dix. Après soixante-dix jours, Sanji décide de retourner de l’autre côté du rocher pour récupérer la bouffe de Zeff. Il sait en effet que le pirate a gardé un sac de vivres deux fois plus grand que le sien… En théorie. En pratique, il découvre que Zeff vient de passer 70 jours à manger sa jambe (est-ce seulement possible ?) : il lui a laissé toute la nourriture et s’est gardé seulement un trésor.

Le but de cette histoire ? Ils ont survécu après 85 jours, mais Sanji a compris ce qu’était un capitaine ce jour-là. Un capitaine, il prend des décisions difficiles et il les assume. C’est justement ce que doit faire Luffy dans cet épisode : Nami en veut profondément à Luffy de ne pas être intervenu pour interrompre le combat entre Zoro et Mihawk. Je la comprends, mais s’en prendre à Luffy paraît tout de même bien injuste vu le caractère de Zoro. Il n’aurait jamais renoncé.

Arlong

En parallèle de tout ça, le Baratie subit soudainement une attaque de pirates. Pour ne pas changer, ces pirates en veulent à Luffy. C’est original, n’est-ce pas ? En vrai, oui. L’originalité, c’est que ce sont des êtres hybrides qui en veulent à Luffy, des créatures marines à moitié humaine. Et pourquoi Arlong, le chef, en veut à Luffy ? Parce qu’il a la carte, bien sûr !

Nami entend tout et est terrifiée. Elle veut aussitôt organiser la fuite de Luffy et de son équipage du Baratie, par crainte qu’Arlong s’en prenne à eux. Seulement, c’est mal connaître Luffy : s’en aller et laisser le Baratie dans la merde, alors qu’ils les ont nourris ? S’en aller et laisser les clients du Baratie se faire bouffer par Arlong ? Hors de question pour Luffy.

Il se rend donc au Baratie avec Sanji et Usopp pour se battre. Au passage, il cherche à comprendre comment Arlong a fait pour le retrouver, et la révélation est surprenante : depuis le départ, Luffy a dans son chapeau une des oreilles de Baggy. C’est un peu gros, surtout qu’on a vu Luffy recoudre son chapeau dans l’épisode précédent, mais j’aime beaucoup le twist. Le retour de Baggy est très sympa, même si très expéditif aussi.

Il n’y a que sa tête avec Arlong, alors c’est peu utile pour la scène à venir. On le remet vite fait dans le sac où il était depuis le départ, et hop, le combat peut commencer. Sanji révèle soudainement qu’il est capable de se battre lui aussi. S’attaquer à Zeff, ce n’est vraiment pas une bonne idée. Bon, Arlong et ses hommes sont excellents cependant. J’ai beaucoup aimé la scène d’action, qui fonctionne très bien. Usopp à trembler sous la table ? Une très bonne adaptation, je trouve. Cela ne change pas le problème dans lequel l’équipage est par contre : Luffy ne fait pas le poids face à Arlong.

Pire encore, il ne voit pas du tout venir la trahison suivante. Nami décide en effet de révéler qu’elle bossait depuis le départ pour Arlong : c’est pour lui qu’elle a volé la carte. Et c’est gênant parce que Luffy lui a confié la carte, justement. Il n’en faut pas beaucoup plus pour que Nami trahisse Luffy et ses nouveaux amis. Elle a le tatouage de l’équipage d’Arlong, elle bosse pour eux. Et ça ne fait que cinq épisodes qu’ils bossent ensemble, mais je trouve la trahison beaucoup plus cruelle dans cette adaptation que dans le manga.

C’est la même, je sais, mais je la ressens plus avec ce live-action. Nami propose à Arlong de laisser Luffy se noyer, ce qui est une manière de le laisser en vie quelques instants de plus et assez pour que Sanji le sauve de la noyade ; mais la trahison est bien plus vive comme ça. Après, elle a quelques points positifs quand même : Luffy décide de retourner auprès de Zoro pour lui confier ses doutes, la douleur de la trahison et surtout le besoin de l’avoir à nouveau réveillé près de lui.

C’est le moment que Zoro choisit pour se réveiller. Il en profite surtout pour lui jurer qu’il restera présent à ses côtés jusqu’à la fin de leur quête, parce qu’il est hors de question pour lui d’abandonner un capitaine comme Luffy. Ouais, ça y est, Zoro fait officiellement partie de l’équipage – il se sent membre d’un équipage. Et pourtant, Luffy n’est pas tendre avec sa convalescence, ça ne donne pas envie de rester son ami.

Rester jusqu’à ce qu’ils trouvent le One Piece ?  C’est une bonne idée, mais ça n’est pas leur première destination maintenant que Zoro est réveillé. Non, non, non, le but est désormais de retrouver leur navigatrice, parce qu’ils ont besoin de Nami pour aller sur Grand Line. Les voilà donc sur le départ, et je trouve que l’attaque d’Arlong a été un peu trop expéditive par rapport à mon souvenir de celle-ci dans le manga.

Tant pis, c’est bien que l’on avance dans ces arcs et que la série ne s’éternise pas trop. Franchement, à fonctionner comme elle le fait par deux épisodes, on n’a pas le temps de s’ennuyer dans ce voyage et on coupe dans les longueurs du manga (et pire, de l’animé, je suppose !). La fin voit donc l’équipage repartir, mais avec Sanji cette fois-ci. Ce dernier dit un adieu expéditif à Zeff – ça ne réussit pas à transmettre l’émotion qu’il faudrait – et hop, on peut partir pour retrouver Nami.

Comment ? Eh bien, Luffy a eu la bonne idée de conserver la tête de Baggy, tout simplement !

Mihawk

Mihawk débarque sur le navire de la marine, mais sans Luffy. Cela ne plaît pas tellement au vice-amiral, tandis que Kobby écoute une fois de plus aux portes. Il découvre donc que Mihawk se rebelle contre les ordres donnés par la marine : il n’a pas envie d’arrêter Luffy parce qu’il veut voir ce qu’il adviendra de lui sur Grand Line. C’est bien géré, l’intrigue avance toujours de ce côté et bien sûr, Kobby apprend le lien de parenté entre Luffy et le vice-amiral.

Plus tard, le vice-amiral finit par avouer la vérité à Kobby, qu’il aurait aimé avoir comme petit-fils, je pense. C’est un cadet parfait, après tout. Seulement voilà, Kobby n’est pas si sympa avec le grand-père : il affirme que Luffy est et restera toujours un pirate, qu’il en a le cœur et qu’il ne changera pour personne. Après seulement une journée avec Luffy, c’est un peu présomptueux de penser le connaître si bien. Mais bon.

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One Piece – S01E05 – Eat at Baratie – 19/20

Cet épisode adapte ce qui doit être mon arc préféré dans les trente premiers volumes du manga, alors forcément, je ne suis pas des plus objectifs quand il s’agit d’en faire la critique. Tout fonctionne toujours très bien en tout cas : le rythme, l’intrigue, les dynamiques entre personnages… L’adaptation est une franche réussite qui permet de comprendre pourquoi le manga a un tel succès. Un vrai plaisir, à chaque épisode.

Spoilers

Luffy et son équipage font face à la Marine alors que Sanji arrive enfin dans la série.


Regular water in a regular glass, thanks. 

Cela va faire un mois que je n’ai plus vu d’épisode de la série – et on approche des deux mois de la sortie, aussi. Il est donc largement temps pour moi de me remettre au visionnage de ces épisodes. Avec un peu de chance, ça me redonnera aussi l’envie d’avancer dans les mangas. Ce serait pas mal, quoi. Et puis, je compte aussi sur la série pour me donner le point cuisine en effervescence, parce que j’attends encore l’arrivée de Sanji.

Canon

Luffy a un grand-père ! J’avais déjà oublié que l’épisode précédent se terminait sur un cliffhanger. C’est sans trop de surprise que le cinquième commence en tout cas par un flashback : il faut nous introduire cet horrible grand-père après tout ! En flashback, le grand-père s’en prend donc à son petit-fils parce qu’il n’apprécie pas de le voir vouloir être pirate. La seule option d’orientation possible, c’est la marine !

Dans le présent, on en revient donc au navire de la marine qui tente de couler celui de Luffy. C’est un peu triste de voir ce tout nouveau bateau se prendre déjà des boulets de canon et être bien abimé. C’est encore plus triste de voir à quel point l’équipage n’est pas prêt à faire face à la marine : Usopp ne sait pas gérer le canon, Zoro ne connaît pas le vocabulaire maritime, Nami veut se barrer et Luffy affronter le bateau ennemi. C’est quelque chose tout de même.

Franchement, l’action est bien gérée, avec ce qu’il faut d’humour pour que l’on retrouve l’ambiance du manga. Finalement, Luffy parvient à se débarrasser du bateau de son grand-père tout seul : le grand-père lui balance un canon de trop, Luffy utilise son pouvoir pour le renvoyer en utilisant son ventre comme caoutchouc-trampoline et hop. Le bateau de la marine est trop endommagé pour les suivre, Nami profite d’une nappe de brouillard pour disparaître et le tour est joué. C’est une bonne manière d’avancer dans la série, je trouve, et de garder ce fil rouge pour plus tard.

Reste à faire la transition vers le reste de l’épisode maintenant, et ça se fait dans le brouillard où l’équipage continue d’apprendre à se connaître et où Nami force Zoro à demander à Luffy comment il va. La conversation est forcément brève, parce que bon Zoro ne sait pas parler de sentiments, hein. Et très vite, on enchaîne donc avec l’intrigue que j’attendais le plus : celle qui nous ramène Sanji dans la série.

Baratie

Honnêtement, dans les mangas, l’arc du Baratie est celui qui m’a fait me dire pour la première fois que j’aimais vraiment bien cette histoire. Bien sûr, dans la série, ça ne pourra pas être le cas : je trouve que tout est plutôt bien géré dans les quatre premiers épisodes. Je suis aussi bien plus amoureux de Luffy ou Usopp dans la série que dans le manga. Malheureusement, c’est rapidement l’inverse qui se dessine pour Sanji.

Avant d’en arriver à Sanji, nous suivons bien sûr Luffy qui sent de la bouffe dans la brume et qui mène son bateau jusqu’au Baratie, ce bateau-restaurant. Le décor de la série est incroyable, d’ailleurs, j’ai beaucoup aimé le design choisi pour ce bateau. Le restaurant donne envie, j’aime le gag sur les sabres de Zoro qui ne passent pas, c’était top à voir. Cela dit, ça n’est pas du tout l’essentiel de ce que la série veut montrer.

Du côté de nos héros, le but est de nous les montrer en train de partager un bon repas. J’ai beaucoup aimé ce que donnait ce repas, en vrai. Nami est dépitée, parce que rationnelle, sur le niveau de l’équipage face à l’attaque qu’ils viennent de subir et face à leur capacité de ne pas parler du grand-père de Luffy. Bien sûr, ils se servent énormément à manger sans avoir de quoi payer, surtout que Nami a déjà bien raqué pour avoir une table, en vrai, alors ça finit mal : Luffy est envoyé en cuisine. Et c’est plutôt réussi comme adaptation.

J’ai eu plus de mal, et je l’ai dit plus haut, avec l’introduction de Sanji. En fait, je trouve qu’il n’est pas assez beau gosse pour le rôle par rapport à ce qu’on nous vend dans le manga. Et puis, cet accent ? Je ne sais pas, je ne l’imaginais pas comme ça. Pour le reste, la série adapte parfaitement l’arc du manga, avec un Sanji qui se prend la tête avec son patron, Zeff, et à qui on affirme qu’il ne sera jamais cuisinier au Baratie. Forcé d’être au service, il tombe sous le charme de Nami… Et j’adore comment le scénario nous vend ça, avec d’excellentes répliques et un bon jeu de l’actrice.

Pour le reste, Luffy se fait embaucher à la plonge pour rembourser son repas et se retrouve à goûter la bouffe préparée par Sanji. C’est l’occasion pour lui de recruter Sanji, l’air de rien : il lui conseille de se rebeller face à Zeff, mais bien sûr, sur le long terme, tout ce que veut Luffy, c’est un cuisinier dans son équipage. Et il ne tarde pas à lui proposer quand il se rend compte qu’en plus Sanji est un type bien : il n’hésite pas à prendre des risques pour servir à manger à un naufragé qui débarque au restaurant, mort de faim. Ce naufragé est une nouvelle occasion de nous vendre Grand Line comme un véritable danger et la quête du One Piece. On la perd trop souvent de vue dans les mangas, mais la série nous la rappelle assez régulièrement, je trouve.

Ce qu’on ne perd pas de vue, en revanche, ni dans la série, ni dans le manga, c’est le caractère si génial de Luffy. Il a de grandes idées sur la morale et la vie ; et il n’hésite donc pas à se confronter à Zeff pour lui affirmer que Sanji est un homme bon qui mérite mieux que lui – quitte à balancer les erreurs de Sanji au passage.

Kobby

Pendant ce temps, la marine continue de chasser Luffy. J’ai vraiment toujours l’impression de découvrir des choses inédites – pourtant, j’ai lu les mangas. Soit j’ai tout oublié, soit la série fait de bons choix pour redresser la chronologie des mangas. On verra si je reprends ma lecture un jour. En attendant, nous voyons le vice-amiral faire le choix d’appeler un personnage pour avoir un peu d’aide. J’ai beaucoup aimé cette introduction d’un énième pirate, cette fois aux yeux jaunes, à la barbe improbable et aux méthodes impeccables : Mihawk. Ce pirate est un chasseur de prime – et il bosse donc pour la marine.

Nous le suivons dans l’arrestation spectaculaire d’un certain Don Krieg, puis nous voyons le Vice-Amiral lui ordonner de retrouver Luffy – vivant. Cela perturbe Kobby, inévitablement, et il finit par en parler à l’autre cadet (pourquoi lui a-t-il sauvé la vie en début d’épisode, franchement ?). Le problème de Kobby ? Il découvre que la Marine se sert des pirates pour faire des choses illégales et gagner du temps. C’est inadmissible pour lui : ses héros n’en sont pas, ils bossent aussi avec des pirates qu’ils n’arrêtent donc pas pour pouvoir continuer de se rendre service.

Kobby cherche à comprendre les règles et surtout à comprendre pourquoi la marine ne respecte pas la loi. Il est hors de question pour lui de ne pas traiter équitablement tous les pirates et de ne pas respecter son sermon. Seulement voilà, le vice-amiral ne voit pas les choses comme lui. Il est forcé de lui expliquer que la justice est injuste, mais que lui aussi n’approuve pas toujours toutes les décisions. Il a refusé de devenir amiral-en-chef pour éviter de se trahir, par exemple.

Mihawk

Par contre, Luffy ferait mieux de surveiller son équipage, parce que Nami fait encore de la merde dans son coin et qu’Usopp se découvre des talents de danseur qui méritent le coup d’œil entre deux mensonges sur ses exploits de Capitaine. Pendant qu’il danse, Nami et Zoro continuent d’apprendre à se connaître. C’est du bon développement de personnages : la scène est un peu expéditive, mais permet de mieux connaître le passé de ces deux héros de la série.

Le problème, dans tout ça ? Usopp finit par raconter sa vie à Mihawk. Il leur présente donc tout l’équipage. C’est une bonne chose : Zoro reconnaît immédiatement Mihawk et le demande aussitôt en duel à mort, pour le lendemain. Nami est choquée par ce qu’il se passe, et à vrai dire nous aussi, en théorie. L’effet de surprise de Mihawk tombe à l’eau en tout cas.

Usopp et Nami font tout ce qu’ils peuvent pour essayer de raisonner Zoro, mais c’est trop tard : le défi est lancé. Zoro veut devenir le meilleur au sabre et il doit donc se battre contre Mihawk pour ça, quitte à y laisser sa vie. Cela n’a aucun sens pour Nami qui refuse d’assister à ça et fait vraiment tout pour le faire changer d’avis. C’est inefficace, même lorsqu’elle tente de l’avoir par les sentiments et lui dire qu’ils sont amis.

L’ensemble est vraiment bien joué. Nami est excellente dans cet épisode et on la voit clairement tiraillée quand elle a l’occasion d’abandonner Luffy pour rejoindre un autre équipage, probablement moins bras cassés que le sien. Ils ont tous des postures enfantines en permanence et elle est la seule adulte du bateau – ce n’est pas simple tout de même.

Malgré tout, elle décide de venir assister au combat de Zoro quand même. Elle croit en lui, quoiqu’elle en dise. Le combat contre Mihawk est loin d’être simple pour Zoro, par contre. Mihawk ne cille pas face aux attaques de Zoro qui s’épuise contre lui et finit par se prendre un coup de mini-sabre dans les pecs. Il n’abandonne tout de même pas, parce qu’il a un rêve et qu’il y tient. C’est beau d’avoir une telle volonté.

C’est aussi très con. Nous assistons à la mise à mort de Zoro. Franchement, la scène est atroce à voir, parce qu’il perd deux de ses trois sabres et se livre finalement à son adversaire, prêt à mourir s’il n’est pas le plus grand sabreur du monde. Mihawk n’hésite pas à trancher Zoro en deux, mais il refuse de le tuer pour autant. C’est un excellent cliffhanger : Zoro perd bien du sang, Mihawk refuse de l’achever, Zoro affirme à Luffy qu’il deviendra le plus grand sabreur et ne perdra plus jamais un combat… Mais pfiou, les émotions sont là !

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Severance – S01E02 – Half Loop – 17/20

C’est vraiment perturbant comme série. Je pense qu’on peut dit que je suis pris dans l’intrigue et que j’ai envie d’en savoir plus sur ce qu’il se passe et sur les mystères de la série, mais en même temps, je ne suis pas aussi à fond que ce que j’espérais. Je me pose des questions, je regarde tous les détails et c’est satisfaisant d’en avoir autant à remarquer. J’ai tout de même envie d’avoir les réponses pour mieux comprendre. Et le plus vite sera le mieux.

Spoilers 

Helly en apprend plus sur son travail, Mark commence à douter.

My job is to scroll through this spreadsheet and look for numbers that are scary?

Boucle bouclée

L’épisode 2 commence par le petit discours d’Helly face caméra. Nous revenons donc en arrière pour découvrir le jour de son embauche. C’est plutôt intéressant comme la série fourmille alors de détails : Milchick est l’employé qui l’emmène à la procédure médicale Severance. Milchick ne semble servir que de personnage qui accompagne les autres partout où ils vont… ce qui fait que je me pose plein de questions sur lui et sur ce qu’il sait. Il est un lien évident entre les deux personnalités des personnages, surtout s’il assiste à chaque procédure. Il regarde droit dans les yeux Helly alors qu’elle se fait charcuter le cerveau pour oublier ses souvenirs.

Oh, avant de recevoir l’implant Severance, Milchick prend aussi le temps de lui annoncer le petit déj préféré (des œufs brouillés) de Mr Eagan – même s’il ne le nomme pas. Ce doit être le fondateur de Lumon, puisqu’il a un joli portrait gravé dans le mur du bâtiment.

La série enchaîne ensuite avec une excellente scène qui nous résume la journée d’Helly à Lumon, mais du point de vue de sa vie perso, pas sa vie pro. Ainsi, elle passe de l’opération à la scène où elle tente de quitter les locaux. Sans trop de surprise après ces premières secondes, on découvre donc que dans la cage d’escalier se trouvait en fait Milchick. C’est probablement pour ça que Mark n’avait pas le droit de regarder, et ça me confirme que lui a tous ses souvenirs quand il est dans les locaux. Non ?

Ce qui est flippant, vraiment, c’est que Milchick est là pour faciliter la transition d’un état à l’autre. Il convainc donc Helly qu’il est tout à fait normal qu’elle se retrouve dans la cage d’escalier et que ça fait partie de la procédure – là où il lui avait dit qu’elle ne se souviendrait qu’une fois dans l’ascenseur. Et puis, ça passe une fois, peut-être deux, mais quand la troisième fois elle se retrouve par terre après avoir enfoncé la porte, bon, elle comprend bien qu’elle essaie de fuir.

Pourtant, Milchick trouve les mots pour la convaincre de rentrer une troisième fois dans le bâtiment. Et cette fois, Helly ne reprend conscience d’elle-même qu’une fois dans l’ascenseur. Quand les portes s’ouvrent, Milchick l’attend avec un joli bouquet de fleurs. Eh, ça fait grincer des dents cette vision de l’Enfer.

Bienvenue Helly

La série a finalement un générique ! Celui-ci est très chouette et pose plein de questions, révélant probablement quelques éléments aussi. Il y est question de poubelles qui fondent et de Mark dont la personnalité se divise entre le Mark qui travaille et celui qui tente de s’enfuir de Lumon. Ah.

Pourtant, juste après le générique, nous retrouvons Mark alors qu’il effectue l’entretien des locaux de Lumon. Il suit en fait une liste de tâches à accomplir en arrivant le matin : allumer les lumières, nettoyer le bureau, faire la poussière… et retirer les photos de Petey qui sont sur les bureaux de chaque collègue. Ah.

Finalement, Helly arrive à son tour au bureau, un peu perturbée d’être déjà le lendemain. Elle a l’impression de ne pas avoir quitté les lieux, et ça lui fait bizarre d’apprendre qu’un week-end complet vient de se passer. On voit bien le problème qui surgit pour cette partie de leur personnalité : ils n’ont jamais de pause et ne font que travailler, sans avoir aucun moyen de savoir ce qu’est leur vie à l’extérieur. Mark lui explique aussi qu’ils ne se croisent pas hors du boulot, car les entrées et sorties sont en décalé pour éviter les interactions.

La nouvelle journée peut en tout cas commencer pour Helly qui est déstabilisée. Dylan lui donne quelques informations sur les prix à gagner pour les plus productifs – une gaufre party, yeah – et Mark lui apprend que son job consiste à regarder des chiffres défiler sur l’ordinateur jusqu’à trouver ceux qui… lui font peur. Hein ? Il lui assure qu’elle finira par comprendre, même si ça prend du temps. Oh bordel, qu’est-ce que c’est que ce job ?

Helly demande évidemment s’il est possible de démissionner de ce job idiot, mais Dylan et Mark lui répondent qu’il faut pour ça envoyer une lettre à son autre elle – celui a une vie privée. Les démissions sont généralement refusées (ben tiens… sont-elles seulement montrées aux employés ?) et Mark considère que ce serait une forme de suicide : après tout, ce qu’Helly connaît de la vie, c’est uniquement son travail dans l’entreprise. Bordel.

En parallèle de tout ça, il y a le troisième collègue, Irving, qui n’est pas très ravi de voir que la photo de groupe a disparu. Mark lui affirme que c’est pour faire de la place à celle qui sera prise le jour-même avec Helly, lors de sa fête de bienvenue. La fête de bienvenue est une autre vision de l’Enfer, encore : c’est une après-midi de team building menée par Milchick. Son rôle est toujours de s’assurer que la transition se passe bien et il le fait en répondant aux nombreuses questions d’Helly.

Si après trois ans, Irving est totalement formaté à l’exercice, Helly, elle, souhaite contacter son autre elle – que Dylan et Mark appellent les « outies ». C’est l’occasion pour Helly d’apprendre que l’ascenseur est muni d’un détecteur qui l’empêchera d’écrire un mot à son autre elle. Quant à savoir si elle a une famille, eh bien, Milchick lui affirme que oui, il suffit de la voir avec ses collègues pour en être sûr. Allons bon.

L’ambiance est de nouveau très souriante, Milchick y veille avec attention. Malgré tout, elle est fragile : ainsi Mark est très heureux du jeu qu’ils font avec un ballon de parole, jusqu’à ce qu’il finisse par reconnaître qu’il a rompu le protocole le matin-même en rangeant les photos de Petey au mauvais endroit. Grosso modo, il se sent triste et inquiet de ne pas savoir ce que son meilleur ami est devenu. C’était plus simple quand Carol D a quitté l’entreprise, parce qu’elle avait prévenu et qu’il y avait eu une vidéo de remerciements.

Milchick garde tout de même le contrôle et finit par réinstaurer le bonheur et le sourire, en rappelant que la mort n’arrive qu’à l’extérieur de Lumon, jamais à l’intérieur. Son rôle est clair : il doit tout faire pour garder les employés. Sa tache ne va pas être simple avec Helly en tout cas : elle est loin d’apprécier tout ce qui est mis en place par l’entreprise pour la garder.

Elle décide donc de quitter l’entreprise pendant la photo de groupe, écrivant simplement sur un post-it qu’elle souhaite démissionner et se barrant le plus vite possible vers l’ascenseur. On peut la comprendre : une existence sans ami, sans famille, sans soleil et à travailler toute la journée pour un truc qui n’a pas de sens ?

Ouais. On peut comprendre qu’elle ne souhaite pas rester. Par contre, Mark n’est pas du tout d’accord avec sa vision des choses et essaie de l’empêcher de partir, surtout qu’il y a un détecteur de mots dans l’ascenseur et qu’elle n’a pas envie de le déclencher. Elle ne le sait pas encore et c’est ainsi qu’Helly rencontre Graner. C’est un type qui débarque dans l’ascenseur quand elle en déclenche l’alarme.

Il a un le visage fermé et fait peur à Mark, ce qui est suffisant pour faire flipper Helly. Mark décide en tout cas de prendre le blâme à sa place, parce qu’il est le chef d’équipe désormais et que c’est à lui de correctement entraîner Helly. Le blâme ? Eh bien, on ne saura pas vraiment. Il est mené dans un couloir où Mrs Cobel l’attend.

Petey

Il est très déconcertant que la série change subitement d’intrigue. Alors qu’on était enfin à fond dans ce qu’il se passe à Lumon, voilà donc qu’on se retrouve à suivre un rencard entre Mark et une doula. Euh ? Cela sort littéralement de nulle part et ça ne se passe pas à merveille pour Mark. Il prend la défense du protocole Severance face à ses questions un peu insistantes, puis il s’en prend à des manifestants anti-Severance dans la rue. Face à elle.

Pas exactement un premier rencard qui va bien finir cette affaire. Mark rentre seul chez lui, sans trop de surprise. Sur place, il est harcelé à nouveau par sa voisine, qui assure vouloir faire la paix avec lui car ils se disputent sur les poubelles. En fait, « Mrs Selvig » s’arrange juste pour surveiller son employé, je pense.

Une fois qu’elle est partie, il doit changer une ampoule et se retrouve donc dans le garage, à voir les affaires d’une certaine Gemma. Et voilà, un deuil sur fond d’alcoolisme, ça promet. Le lendemain, Mark regarde une nouvelle fois le prospectus anti-Severance, puis la lettre de Petey… et il décide de ne pas se rendre au boulot. Il appelle donc Milchick (ben tiens !) pour lui annoncer qu’il ne se sent pas bien.

Mark se rend en fait à l’adresse laissée par Petey. Il s’agit d’une serre à l’abandon, dans laquelle il retrouve son meilleur ami. Même s’il ne le connaît pas. Petey cherche toujours à comprendre ce qu’il se passe à Lumon, mais même en étant reconnecté (réintégré), il ne sait pas ce qu’il se passe à Lumon et ce qu’ils font. En revanche, ce qui est intéressant, c’est qu’on voit les ongles sales de Petey – et ça fait écho à Irv qui a lui aussi les ongles sales. Est-ce que son outie enquête aussi sur Severance et Lumon ?

On ne le saura pas tout de suite. Le but est plutôt de voir que Petey est bien renseigné : il a commencé à faire un plan de Lumon et il a un enregistrement de Mark dans la « break room », la pièce où ils vont lorsqu’ils se comportent mal. Que s’y passe-t-il ? Eh bien, Milchick les force à lire un message dans lequel ils se disent coupable et plein de regrets.

C’est perturbant comme tout. Mark décide tout de même de proposer à Petey de venir avec lui chez lui – Petey n’ose pas rentrer. Nous suivons donc l’arrivée de Petey chez Mark, et ça ne se passe pas super bien pour lui. La procédure Severance est censée être permanente et il semble souffrir d’être réintégré, notamment avec le nez qui se met à saigner, des migraines et… une désintégration embêtante. Alors qu’il prend sa douche, il se rend compte qu’il est encore en train de se nettoyer le nez qui saigne. Migraine. Cliffhanger. Wow. Deux personnalités, donc.

Bien-être

Pendant ce temps, une nouvelle journée commence à Lumon. Tous s’inquiètent de l’absence de Mark, à commencer par Irving qui ne veut pas devenir chef s’il est viré et Helly qui a peur que ce soit de sa faute. Plus haut, Ms Cobel, Milchick et Graner font une réunion pour décider de ce qu’ils doivent faire.

La série prend alors une tournure étrange : Helly pose plein de questions sur le travail à Dylan, essayant de comprendre ce qu’il se passe… et est sacrément surprise lorsqu’Irv se met à hurler au bureau d’à-côté. Il y a de quoi être surprise, mais c’est encore pire quand on a son point de vue à lui : les chiffres sur son écran se mettent à danser et une étrange substance noire semble couler tout le long des parois de son bureau, jusqu’à son clavier. Que c’est étrange. C’est ce qui s’appelle « dozing » dans le langage de la série, apparemment.

Milchick l’emmène vers l’infirmerie où il se retrouve en salle d’attente. Irving admire un étrange tableau avant de croiser un collègue qu’il ne connaît pas, un autre vieil homme qui sort de l’infirmerie lui aussi. Ils apprennent à se connaître avec une conversation qui tourne autour du boulot, mais comme Irving pose des questions sur l’emploi de l’homme, je ne peux pas m’empêcher de me demander si on en saura plus sur ce qu’il fait hors du boulot.

La série semble suivre le même fil de pensée que moi, parce qu’à l’infirmerie, il fait juste une séance de relaxation où Dichen Lachman lui lit plein d’informations positives sur son outie. Il doit les savourer tous de la même manière, et ne pas rire ou montrer de préférence, sinon il perd des points. Bordel. Entre la voix de Dichen qui fait du ASMR et la caméra discrètement placée pour surveiller les réactions d’Irv quand on lui dit que son outie aime faire l’amour, il y a de quoi s’arracher les cheveux. En tout cas, je suis bien content de retrouver l’actrice que j’adore, même si son rôle semble encore flou et peu développé pour le moment.

J’imagine qu’on en saura plus sur ces séances de bien-être avant la fin de la saison. J’espère en tout cas. En attendant, au bureau, Helly est juste déprimée par sa journée de travail. Elle ne voit pas de numéros qui font peur et essaie même de s’en amuser, avant de se poser à nouveau des questions sur ce que représentent les chiffres. La théorie de Dylan est que leur travail aide à nettoyer les océans. C’est peu crédible. Irv, lui, pense apparemment qu’il s’agit de retirer les gros mots des films.

Il finit par revenir auprès de ses collègues alors qu’Helly continue de se poser plein de questions sur comment démissionner. Elle finit toutefois par changer d’avis, je pense, quand elle se rend compte que les chiffres sur son écran se mettent à lui faire peur. Mais qu’est-ce que c’est que ce délire bordel ?

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Severance – S01E01 – Good News About Hell – 16/20

Je pense que j’en attendais un peu trop de la série pour en avoir déjà beaucoup entendu parler et que ça a joué sur mon appréciation de ce premier épisode. J’ai trouvé qu’il était lent et long, et que ça mettait trop de temps à en venir à raconter ce qu’il voulait. Cependant, le dernier quart est passionnant : toutes les questions commencent à surgir une fois que l’intrigue est en place et on sent que ça commence à être plus captivant.

Spoilers 

Mark obtient une promotion inattendue.

There is a life to be had here, Helly.

Je ne vais pas mentir, j’avais déjà eu l’occasion de voir la première scène de la série. Je la trouve plutôt efficace, même si elle manque de quelque chose dans le rythme. On y suit une femme qui se réveille, amnésique. Elle ne se souvient pas de qui elle est et ne s’en rend pas compte immédiatement.

En effet, elle cherche d’abord à s’enfuir de la salle. C’est une salle de conférence, à première vue, mais avec un mur capitonné. Elle s’est réveillée en tailleur, allongée sur une table, et on peut comprendre sa panique, surtout quand il y a simplement un haut-parleur dans la salle, avec un homme qui lui parle et veut absolument lui faire passer un questionnaire. Acculée, elle n’a d’autres choix que d’accepter. Je ne suis pas sûr que mes réactions seraient exactement les siennes.

Une chose est sûre : elle finit par accepter de répondre à cinq questions et va vite le vivre mal. En effet, elle se rend compte qu’elle ne connaît pas son nom, son lieu de naissance ou la couleur des yeux de sa mère. Plus le questionnaire avance, plus on la voit être brisée psychologiquement. Et c’est très bien joué par l’actrice, heureusement.

Il y a tout de même une question à laquelle elle sait répondre : elle peut nommer un État américain sans avoir besoin de réfléchir (même si le Delaware n’est certainement pas le premier qui me viendrait à l’esprit !). Par contre, elle ne connaît pas le petit déjeuner préféré de Mr Eagan. Normal ?

L’homme du haut-parleur surgit alors et annonce à la femme qu’elle a fait score parfait. Mais pourquoi au juste ? On ne tardera pas à le découvrir. En attendant, on passe à un simple title opening que je n’aime pas beaucoup mais qui sera probablement très chouette une fois que je serai habitué. En tout cas, la scène est plutôt bien foutue : c’est déjà marquant, ça nous fait nous poser plein de questions sur ce qu’on nous proposera dans cette série.

Mark

Post-générique, nous retrouvons l’homme – facile, je le reconnais à sa voix – en train de pleurer dans sa voiture, à l’extérieur du bâtiment. Le personnage semble très mal en point et détonne dans un univers où tout semble extrêmement bien cadré. La série propose en effet une esthétique très léchée, avec des plans aériens nous montrant à quel point tout est ordonné : les (nombreuses !) voitures sur le parking devant le bâtiment où le personnage – Mr. Scout – travaille ; l’intérieur du bâtiment lui-même, avec sa secrétaire peu souriante et ses vestiaires bien propres où Scout peut se changer.

C’est un peu déroutant comme début de série : nous suivons l’arrivée au travail de ce Mr Scout et il met tout de même un temps fou à arriver à son poste de travail. On le voit donc passer par la secrétaire de l’entrée, qui vérifie s’il peut entrer, puis par un vestiaire où il change de chaussures. Ensuite, il se rend dans un ascenseur et… quelque chose sur son visage change également.

Quand il sort de l’ascenseur, il semble bien plus apaisé. Nous le suivons alors traverser de nombreux couloirs jusqu’à son bureau. Mais vraiment, de nombreux couloirs. Tout est vide et lumineux, aseptisé. Eh. On m’a bien vendu la série jusque-là et j’en attends énormément, mais là, vraiment, je me retrouve à espérer que ce soit vraiment bien. Genre, j’en doute sincèrement, c’est un début d’épisode qui n’arrive pas à me convaincre pour l’instant.

Le bureau de Mark Scout ? Une sorte d’open space avec des pseudos cloisons et quatre bureaux au centre d’une grande, grande pièce. Là encore, l’esthétique n’est pas laissée au hasard, cela se sent. On découvre que Mark bosse pour une entreprise nommée Lumon. Outre des couloirs interminables qui doivent assurer d’avoir un sacré nombre de pas en fin de journée, l’entreprise est on ne peut plus lambda.

Le travail de Mark ? Il ressemble fort à un jeu où il faut associer des numéros entre eux. On ne voit pas bien l’intérêt, mais c’est tout l’intérêt de la série je pense. Les questions sont déjà nombreuses. Je ne sais pas encore si elles arrivent à me convaincre. Heureusement que le casting est bon – Mark, mais aussi ses collègues. Ouais, on apprend à connaître deux collègues de Mark, puisqu’ils ont tous les trois une conversation sur le boulot à laquelle on ne comprend pas grand-chose.

La conversation est interrompue lorsqu’un quatrième homme vient chercher Mark, pour qu’il se rende dans le (nouveau) bureau de Ms Gobel. On sent assez vite que le personnage, interprété par Patricia Arquette (yay !), va être déroutant : elle critique tout, mais économise autrement ses mots de manière bien marquée. Elle annonce tout de même à Mark qu’ils vont être rejoint par l’administration à distance… mais celle-ci n’adressera pas un mot non plus à Mark.

Ce dernier apprend finalement que Petey, un collègue dont il était proche, ne travaille plus pour la compagnie. Cependant, c’est une bonne nouvelle pour Mark car il obtient alors une promotion. Mouais. Tout se fait dans un cadre bien prédéterminé, ce qu’on comprend quand Gobel lui propose de demander à ce qu’ils se serrent la main, s’il le souhaite. Elle est tout de même surprise quand il le demande…

Bon, ceci étant fait, il peut rejoindre son nouveau poste et on nous ramène alors au début de la série. Je n’arrive pas à être 100% convaincu pour le moment – mais j’avoue que le mystère qui règne est prenant. Je sais que la série va me faire me poser plein de questions, je suis juste dérouté, pour l’instant, par la lenteur des événements.

Helly

Bien sûr, si l’on met autant de temps à en revenir au début de l’épisode, je comprends aussi l’idée qui a été de proposer cette première scène avant la longue arrivée au travail de Mark. Soyons francs, ça n’aurait pas donné envie de continuer la série bien longtemps s’il avait fallu se taper toute son arrivée au travail sans avoir eu la première scène un peu cryptique.

Pour autant, la voir sous une nouvelle perspective est bien plus intéressante : Mark découvre donc le process et les cinq questions en même temps qu’il interagit pour la première fois avec la femme. Voilà qui explique les temps de latence dans ses réponses et pourquoi la femme a eu autant le temps de paniquer, là où tout était censé être maîtrisé – tout l’univers de cette entreprise l’est. Tout est filmé aussi : la réaction de la femme (qui n’a pas le droit de sortir de la pièce tant qu’elle ne le demande pas trois fois ; mais qui n’est pas non plus censée s’exciter sur la poignée de la porte pour sortir comme elle le fait), les réactions de Mark. Pour autant, Ms Gobel refuse d’intervenir, même quand ça semble mal se passer.

On en revient donc là où la première scène nous avait laissé : l’entretien entre Mark et la femme, dont on finit par apprendre (en même temps qu’elle) qu’elle s’appelle Helly. Soit. Comme c’est perturbant ce début de série. Mark continue de vouloir suivre à tout prix les procédures et les questions qu’il doit poser dans l’ordre, sans réussir à le faire avec beaucoup de succès pour autant. En effet, Helly le déroute par des questions qui ne sont pas prévues dans le questionnaire, cherchant par exemple à savoir si elle a été créée pour servir de bétail.

C’est plutôt marrant, mais ça nous force à nous poser la question de ce qu’on pourrait bien imaginer si l’on se retrouvait à sa place. Serait-on aussi agressif qu’elle ? Probablement. Elle cherche donc à s’enfuir en balançant à la tronche de Mark le haut-parleur. Bien que blessé, il parvient à calmer Helly et la faire s’asseoir à nouveau.

Une fois que c’est fait, il peut expliquer à Helly ce qu’il en est : lui aussi s’est réveillé sur cette table quelques années plus tôt et une voix a demandé qui il était. Il a promis de la tuer… avant de devenir son meilleur ami : c’est Petey qui avait géré son entretien. Alors que Mark pense avoir réussi à calmer Helly et reprend son formulaire sur l’équilibre entre vie pro et vie perso, Helly essaie de lui arracher son formulaire et demande une nouvelle fois à quitter les yeux.

Mark comprend qu’il n’arrive pas à la convaincre et lui propose de lui demander une troisième fois, de manière à pouvoir la faire sortir en respectant le protocole. C’est tout de même un échec professionnel pour lui, non ? On ne saura pas. On ne saura pas parce qu’il fait traverser plein de couloirs blancs et vides à Helly. Toute l’entreprise semble vide, c’est fou. Il accompagne Helly jusqu’à une porte qu’il n’a pas le droit de franchir – ni de regarder d’ailleurs.

Concrètement, il explique à Helly qu’il ne peut pas la voir quitter l’entreprise. Logique, il risquerait d’en voir trop… Helly ne cherche même pas à comprendre plus que ça et, malgré quelques hésitations, passe la porte. Quand elle essaie de sortir, Helly a une surprise. Elle passe la porte pour se retrouver dans le même couloir. Elle est donc clairement coincée. Nous la suivons essayer deux fois sans succès, puis nous avons un autre plan, qui en révèle un peu plus. En effet, elle sort bien du couloir, mais il y a un petit moment avant qu’elle ne revienne.

Bref : elle retrouve probablement la mémoire en sortant et se rend compte qu’elle veut ce job, mais elle reperd ses souvenirs quand elle revient dans le bâtiment. Je ne vois que ça comme explication. Helly, elle, en voit une autre : elle pense légitimement qu’elle est morte. Cela ressemblerait vraiment à l’Enfer.

Mark explique donc à Helly qu’elle a bien quitté l’entreprise – qu’elle a au moins été dans la cage d’escalier – mais qu’elle a décidé de revenir. Eh, cela pose de nombreuses questions sur le consentement en vrai ; ils sont amnésiques, alors allez savoir ce qu’il se passe en-dehors de l’entreprise. Une chose est certaine, cependant : cette tournure des événements est vraiment plus intéressante d’un coup.

Severance

Mark emmène finalement Helly auprès de Ms Gobel. Cette dernière semble ravie du potentiel d’Helly pour l’entreprise et la remercie à moitié d’avoir agressé Mark, parce qu’elle aurait aimé faire de même. Elle lui donne aussi une vidéo à regarder pour finir de l’orienter. Pendant ce temps, Mark, qui sera le chef de son équipe, se fait mettre un pansement sur le front. Quand il est confronté à Mrs Gobel, celle-ci s’énerve subitement.

C’est très surprenant de la voir perdre le contrôle du calme qui caractérisait le personnage et ça déroute. Ce qui déroute également, c’est qu’elle se met à parler de sa mère à Mark. Elle ne serait donc pas amnésique, elle aussi ? C’est dur à cerner. Sa mère ? Elle lui disait que la bonne nouvelle, concernant l’Enfer, était que l’homme l’avait imaginé. La mauvaise ? Ce que l’homme imagine, il peut le recréer. C’est simple comme bonjour cette formulation, mais j’aime beaucoup l’idée.

De même, j’aime beaucoup l’idée de la vidéo qui est montrée à Helly. Il aurait été bon de commencer par ici, par contre : la vidéo est en fait un enregistrement d’elle-même, effectué deux heures plus tôt. Elle y explique qu’elle accepte la procédure qu’elle va subir et qui consiste à lui faire oublier ses souvenirs. Grosso modo, la procédure Severance est simple : elle perd tous ses souvenirs de sa vie personnelle lorsqu’elle arrive à l’étage ; elle perd tous les souvenirs de sa vie professionnelle lorsqu’elle le quitte.

L’idée est alléchante : on est sûr de ne pas ramener du travail à la maison, au moins ! Elle l’est beaucoup moins quand on la considère sous l’ange de la vie professionnelle : Helly comprend qu’elle est coincée, qu’elle n’a pas le choix et qu’elle ne fera que travailler toute sa vie, sans jamais rien savoir de ce qu’elle vit en-dehors du travail. Et là, d’un coup, ça semble beaucoup moins chouette. Mark lui explique que chaque fois qu’elle se retrouvera dans les locaux, c’est qu’elle aura fait le choix de revenir… sauf que ce choix n’est plus tout à fait le sien, du coup. On nous divise clairement les personnages en deux : ils ne peuvent pas savoir si ce qu’ils font est raccord avec leur autre moitié du temps, en fait.

Petey

En fin de journée, Mark quitte le bâtiment. C’est bien dans l’ascenseur qu’il perd ses souvenirs de sa vie professionnelle. Oh, en se changeant dans le vestiaire, il remarque que son badge a changé, mais il ne s’en formalise pas plus que ça. De même, il trouve sur sa voiture une lettre lui expliquant qu’il a été blessé à la tempe au travail, mais il ne s’en formalise pas non plus : il récupère un coupon de promotions, et ça semble bien lui convenir.

Il manque d’écraser Helly sur le parking, mais ils ne se reconnaissent pas. Evidemment. Mark rentre ensuite chez lui, sous la neige. Sa maison est spacieuse et plutôt magnifique. Il ne semble pas avoir une vie privée bien passionnante : pas de famille, deux poissons et une soirée télé. Il parle à ses voisins au téléphone, pour se prendre la tête avec eux sur les poubelles.

Il ne semble pas avoir une vie sociale grandiose, jusqu’à ce que sa sœur enceinte débarque à l’improviste. C’est à l’improviste pour lui qui avait oublié, mais bon, il y avait en fait un rendez-vous programmé. Assez vite, on comprend que sa sœur n’est pas trop fan du choix professionnel de Mark. Un de ses amis non plus : il le considère comme un type en cage, tout de même. On découvre tout de même que Mark était prof d’histoire, spécialiste de la première guerre mondiale, avant de changer de travail deux ans plus tôt.

Ricken, l’ami qui le dit en cage, est clairement contre la procédure Severance et s’amuse donc à le dire à tous les amis lors du repas. C’est un gros connard et ça se sent. Il lance le débat sur Severance et on voit que ça divise vachement les amis autour de la table. Ils ont eu le temps de réfléchir à la procédure et d’avoir un avis précis dessus, tous. Certains sont fascinés et demandent plus d’infos à Mark, mais concrètement, tous en arrivent à la conclusion que la version qui travaille est coincée au travail pour toujours. C’est vrai que ça ne fait pas rêver. J’aime que quelqu’un signale aussitôt qu’il y a un autre que lui… mais bon.

Après le repas, la sœur s’inquiète tout de même pour son frère. Il a accepté la procédure Severance pour oublier quelque chose qui le traumatise et dont c’est bientôt la date anniversaire. La crise de larmes, la grande maison, la maison où il oublie tout pendant huit heures par jour… Ouais, il a perdu sa femme et ses enfants quoi.

Il faut tout de même que je signale au passage, pendant que Mark fait une insomnie, que l’esthétique de la série change du tout au tout entre le moment où il bosse à Lumon et celui où il est chez sa sœur. Pendant la nuit, Mark fait en tout cas une insomnie et finit par apercevoir un homme qui le regarde dans le jardin. Il ne sait pas de qui il s’agit. Me concernant, je devine qu’il s’agit de Petey.

Le lendemain matin, Mark essaie d’en parler à sa sœur, mais celle-ci en déduit que l’homme venait probablement d’un bar à proximité et ne s’en formalise pas plus que ça. Bien. La vie de Mark ne fait pas rêver quand même : c’est l’enfer pour la version au boulot qui ne fait que bosser ; c’est l’enfer pour la version vie privée où il a une voisine qui ne respecte pas le planning simple des poubelles et vit son deuil en permanence.

Il se rend en tout cas au restaurant offert par sa compagnie pour le compenser de sa blessure et il y rencontre… Petey. Et voilà, ça se confirme : l’homme qu’il a vu la veille est Petey. Il lui révèle qu’il est un ancien collègue, qu’il a eu du mal à détruire l’implant Severance mais qu’il a eu de l’aide. La conversation est compliquée : Petey assure qu’ils se connaissent, mais trouve que Mark est tout de même très différent, jusque dans la voix. Et effectivement, il a un ton plus grave. Petey explique en tout cas à Mark que Lumon n’est pas ce qu’ils disent être, qu’il se sent pourchassé par Graner – qu’il n’aime pas non plus, et qu’il se doit d’être discret.

Il laisse simplement une carte d’anniversaire pour sa nièce à Mark – sauf que la carte contient en fait une lettre qui lui est directement adressée. Grosso modo, Petey informe Mark qu’il n’est pas heureux au travail et qu’ils se posaient ensemble plein de question sur les monstres qu’ils étaient en-dehors du travail pour oser s’enfermer comme ça. La lettre se termine par une adresse à laquelle se rendre s’il veut en apprendre plus et avoir le début d’une longue réponse.

Bon. Nous sommes aussi piégés que Mark et Helly, finalement. Et en plus, le cliffhanger de l’épisode nous révèle que la voisine insupportable de Mark n’est autre que sa boss à Lumon. Là aussi, elle parle beaucoup de sa mère – mais pour dire que c’est une catholique. Alors, subit-elle elle aussi la procédure Severance ou est-elle là pour surveiller Mark ? Le doute est permis.

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