Severance (S01)

Synopsis : Et si vous aviez la possibilité de subir une intervention chirurgicale qui vous permettrait d’oublier vos journées de travail chaque fois que vous en sortez et votre vie privée chaque fois que vous alliez au travail ?

Pour commencer, la série a été diffusée il y a près de deux ans et ça fait tout autant de temps que je me dis qu’il faut que je la regarde. La saison 1 ne dure même pas huit heures alors j’aurais probablement pu le faire avant, mais j’ai toujours repoussé. Maintenant que je suis en quête de retrouver ma passion pour les séries, cependant, je me dis que ce serait idiot de procrastiner plus longtemps.

Concrètement, la série a tout pour me plaire : son casting est peuplé d’acteurs que j’aime beaucoup (vraiment, tous, je crois), son concept est intrigant et son fandom est du genre à faire plein de théories. Aurélien me la vend depuis deux ans. Elle est dispo sur AppleTV et j’ai justement deux mois gratuits en ce moment… Non, vraiment, je n’ai aucune excuse pour ne pas la regarder. Seulement, c’est ce qui me fait un peu peur : j’en attends beaucoup trop. Et ça sent dès mon visionnage du premier épisode.

Peut-être aussi qu’elle est mal vendue, parce que le synopsis n’est révélé qu’après un bon moment du premier épisode, ce qui fait qu’on en sait plus qu’on ne devrait au début. J’empiète déjà beaucoup sur la critique, cependant, et elle est dispo ci-dessous.

Avant de vous laisser avec, il me reste à souligner que la saison 2 de la série devrait bientôt être diffusée. Bref, c’est le moment ou jamais de m’y mettre… et la série fera partie de mon Challenge Séries 2024, même si je sais déjà que je risque de l’abandonner en cours de route ce challenge !

Note moyenne de la saison : 17/20

Severance – S01E02 – Half Loop – 17/20

C’est vraiment perturbant comme série. Je pense qu’on peut dit que je suis pris dans l’intrigue et que j’ai envie d’en savoir plus sur ce qu’il se passe et sur les mystères de la série, mais en même temps,…

Severance – S01E03 – In Perpetuity – 17/20

L’ambiance est vraiment mystérieuse et permet d’élaborer tout un tas de théories. Clairement, je me suis finalement laissé prendre au jeu et c’est le premier épisode qui ne m’a pas paru durer une heure, alors qu’il dure bien une…

Severance – S01E04 – The You You Are – 18/20

L’ambiance lente de la série ne me dérange plus tellement maintenant qu’il est question, justement, de créer une ambiance vraiment sympathique et mystérieuse. Je n’arrive pas à entrer pleinement dans le côté théorie qui devrait être là, mais je…

Severance – S01E06 – Hide & Seek – 17/20

Le mystère continue de s’épaissir à chaque épisode, mais bizarrement, j’ai l’impression que les pistes proposées par cet épisode permettent de commencer à y voir un peu plus clair. C’est mieux que rien d’avoir un semblant de lucidité sur…

Severance – S01E07 – Defiant Jazz – 17/20

Je dois bien avouer que je suis lancé dans le visionnage de la série et que j’ai à présent du mal à m’arrêter, je sens que je vais bingewatcher jusqu’à la fin. Le rythme est à présent excellent, avec…

Severance – S01E09 – The We We Are – 19/20

Bien que ce soit un excellent épisode, je trouve une fois de plus qu’il est un peu lent à en arriver là où il va. C’est 100% volontaire, de manière à ce que l’ambiance mystérieuse s’installe pleinement. C’est kiffant,…

Lessons in Chemistry – S01E02 – Her and Him – 18/20

C’est rare qu’une série parvienne si vite à donner le smile comme celle-ci parvient à le faire dans cet épisode, malgré un début on ne plus sombre. Je me laisse embarquer avec beaucoup de plaisir franchement, et je suis bien content d’avoir le troisième épisode à disposition immédiatement parce que j’ai envie de connaître la suite. Non, vraiment, on est sur une série qui réussit très bien à me convaincre de découvrir davantage son univers. Et en plus, elle me donne envie de faire la cuisine, aussi.

Spoilers 

Elizabeth ne souhaite plus travailler avec Calvin, dépassée par ce qui est en train de naître entre eux.

I regret not having more pencils.

Je n’aime pas tellement enchaîner les épisodes habituellement, mais je ne sais pas, j’ai eu envie de voir le deuxième assez vite après le premier, alors me revoilà avec une critique. De toute manière, ça ne peut pas me faire de mal de refaire le plein de critiques pour le blog comme je n’ai plus rien à publier dernièrement.

Le passé

L’épisode décide d’évacuer dès le début la scène dont nous avons déjà eu quelques bribes lors du premier épisode : nous retrouvons Elizabeth alors qu’elle n’est qu’une jeune étudiante qui passe son master et espère encore avoir une brillante carrière dans la chimie. On m’explique pourquoi l’outfit de Brie Larson dans cet épisode me fait penser au look de Darla de Buffy alors qu’on est clairement dans les années 40 ? Allez, Darla est une vampire démodée.

Tout se passe bien pour la soutenance du master, mais le Dr Bates, son directeur de recherche, débarque ensuite lui annoncer la bonne nouvelle avec d’autres intentions en tête. Il profite de la grande joie de l’étudiante et de sa proximité avec elle pour l’embrasser… et surtout pour ne pas entendre quand elle lui explique qu’elle ne ressent rien pour lui. C’est triste et violent, mais ça finit rapidement en viol. Le Dr Bates l’agresse et la force, mais elle a le réflexe d’utiliser un crayon à papier pour le planter. Vous voyez, Buffy.

Bref, évidemment, en 2023, le futur d’Elizabeth serait un peu moins compliqué que celui qu’elle subit dans ces années 40/50. En effet, la direction de l’université lui explique qu’elle a de la chance car le Dr Bates ne veut pas porter plainte contre elle, finalement. On demande simplement à Elizabeth d’écrire une lettre d’excuses et regrets. Bon, sans surprise, elle dit non. Le regret qu’elle a, c’est de ne pas avoir plus de crayons. Et qu’est-ce qu’on la comprend ! Et qu’est-ce que le générique a une connotation différente maintenant.

Scission

De retour dans le « sept ans plus tôt » de l’épisode précédent, qui est maintenant quelques années après, nous retrouvons Elizabeth en mauvaise positon. Elle supplie Miss Frask de lui rendre son ancien poste dans le laboratoire, mais Miss Frask ne voit pas les choses comme cela. Et à vrai dire, j’ai beaucoup aimé la position qu’avait Fran Frask (ça, c’est du nom) dans cet épisode : elle explique enfin à Elizabeth ses quatre vérités, ou en tout cas, le point de vue de la majorité de ses collègues sur elle. Elle est snob.

C’est une certitude, c’est vrai et ça fonctionne parfaitement d’avoir cette scène où Frask lui explique qu’elle n’est pas qu’une femme superficielle, qu’elle a un job auquel elle tient et qu’Elizabeth a fait son propre lit là. Bref, elle n’a plus le choix : elle va devoir travailler avec Calvin, que ça lui plaise ou non. Et ça ne lui plaît plus.

Elizabeth prend donc les mesures qu’elle estime nécessaire pour que ça puisse bien se passer entre eux. Elle décide donc de repartager le laboratoire en deux et Calvin ne comprend vraiment pas ce qu’il se passe. Franchement, j’ai de la peine pour lui – il ne peut pas comprendre ce qu’il se passe en fait. Il laisse tout de même de l’espace à Elizabeth, ce que je trouve particulièrement appréciable. Franchement, ça aurait pu être l’occasion de le voir s’énerver dans son incompréhension et de nous montrer à quel point il était toxique.

Finalement, le plus toxique dans la vie d’Elizabeth, ce n’est pas Calvin qui promet de ne plus manger de sel dans le laboratoire, c’est un chien qui vient fouiller ses poubelles le soir même. Et il récupère au passage bien mieux que le contenu de ses poubelles : Elizabeth est toujours aussi appliquée dans ses recherches culinaires, mais elle n’a plus envie de manger.

Pendant ce temps, Calvin garde donc les enfants d’Harriet, comme promis dans le premier épisode. Je ne vois pas trop à quoi ces personnages secondaires vont servir pour le moment, mais une chose est sûre : Calvin est patient… et inspiré par Elizabeth quand il s’agit de faire la cuisine. Il est un personnage vraiment chouette et là pour ses amis, en plus : il affirme à Harriet qu’il la soutiendra lors d’une réunion contre le projet d’autoroute. Je sens que ça va se retourner contre lui.

Et ça ne manque pas : comme je m’y attendais, il ne se rend pas au comité où Harriet fait pourtant un excellent travail. Elle montre à quel point le projet d’autoroute n’attaque que des quartiers où vit la communauté noire et insiste pour dire que ce n’est pas une coïncidence.

Rudolph

Ce que nous apprend cette intrigue, c’est que Calvin n’est pas quelqu’un de fiable quand il s’agit d’arriver à l’heure. Un autre problème de cet épisode, c’est son absence au travail. Il doit toujours présenter son projet de recherche à un comité, auquel il ne se présente déjà pas lui-même. Le boss de la fac est alors menacé par sa hiérarchie : si Calvin ne se présente pas avant le 1e février, c’est le boss qui sera viré, pas Calvin. Calvin, c’est une star dont Hastings ne peut pas se passer. Forcément, le boss prend alors la décision de se venger, et il se venge sur Elizabeth quand il la trouve dans son laboratoire.

Il lui reproche d’avoir diverti l’attention de Calvin et lui explique qu’il sera forcé de virer des assistantes, des secrétaires et possiblement Elizabeth elle-même si Calvin ne se pointe pas avec un projet susceptible de gagner un prix scientifique.

C’est problématique, et ça force Elizabeth à se rendre chez Calvin pour lui parler. La conversation est vraiment intéressante, parce qu’elle permet de parler un peu à cœur ouvert : Calvin lui explique qu’il n’a plus d’idée et qu’il n’a pas bossé vraiment depuis un an ; elle lui explique qu’il y a des choses difficiles à aborder pour elle, mais qu’elle a besoin d’avoir la porte ouverte pour savoir qu’il y a une échappatoire.

Et hop, on se retrouve avec une scène où Calvin propose à Elizabeth d’aller apprendre à ramer. C’est improbable, mais elle accepte parce qu’il lui promet que ce sera scientifique. Oh, ça l’est, mais bon, c’est une science qu’elle ne maîtrise pas encore très bien : le bateau se retrouve vite à l’eau, ce qui est un problème puisqu’Elizabeth ne sait pas nager. Et ça, elle s’est bien gardée de l’expliquer à Calvin à l’avance.

Il lui sauve donc la vie, puis les deux se retrouvent au bord du lac à contempler la vue. Et là, il se produit l’inévitable : Calvin explique à Elizabeth qu’il est en train de développer des sentiments pour elle. Il pense que le mieux à faire est d’arrêter de travailler ensemble car ça finira mal entre eux et qu’elle mérite mieux, mais bon, elle l’embrasse et le prend de court. J’aime beaucoup ces deux personnages maladroits comme ça. Ils sont sympathiques ensemble.

Et puis, ça aide Calvin de savoir qu’Elizabeth développe aussi des sentiments pour lui. À partir de là, ils parviennent à bosser de nouveau ensemble, mais aussi à passer du temps. Ainsi, Calvin propose à Elizabeth de l’aider à apprendre à nager – et c’est plus simple de mettre la tête sous l’eau en embrassant Calvin apparemment. Ben tiens, tu m’étonnes.

Bon, l’épisode prend clairement une tournure de comédie romantique à ce stade-là. Ils ont leur chien – Six Thirty – et leur petite vie routinière qui s’installe, avec l’envie de ne plus la quitter. C’est ainsi qu’ils décident de passer les fêtes de Noël ensemble. Roh, pourquoi un épisode de Noël juste avant Halloween ? Ils auraient pu planifier une sortie en décembre, ou mi-novembre pour le coup. En plus, ça aurait collé avec l’actualité de Brie Larson. J’ai envie de penser à Halloween, pas à Noël, moi. Pourtant, ces deux personnages ensemble donnent le smile de Noël avec des petites danses ridicules sur Rudolph the red-nose reindeer.

Comment voulez-vous ne pas tomber amoureux de cette scène ? Les deux s’éclatent dans les couloirs de la fac décorée pour Noël, mais totalement déserte car le reste des collègues n’est plus là. C’est chouette comme tout. Ils prennent le temps de parler un peu de Noël en général et pourquoi ils n’aiment pas cette fête familiale. J’en retiens qu’Elizabeth a fait le choix de ne pas parler à ses parents depuis ses 17 ans. Cela aura forcément un impact à un moment ou un autre sur la série.

Ce Noël-là, en tout cas, est moins catastrophique que les autres. Calvin a pris le temps d’apprendre à cuisiner pour surprendre Elizabeth avec un poulet rôti bien cuit ; Elizabeth lui offre une laisse pour courir avec Six Thirty. Et puis, Six Thirty est tout désorienté de devoir changer de maison chaque soir, alors bon, il est temps de s’installer ensemble aussi. Elizabeth propose alors de participer financièrement au loyer, mais se retrouve coincée avec trois dîners et un déjeuner par semaine. Allez.

Nucléotides

La vie est belle pour Calvin, donc, mais il oublie un détail d’importance : sa voisine. C’est après les vacances de Noël, très expéditives, que Calvin comprend son erreur quand il vient la voir pour lui parler d’Elizabeth. Finalement, il découvre qu’il a fait une erreur de débutant et que le meeting d’Harriet s’est mal déroulé, en grande partie parce qu’il était absent. Dur de convaincre la mairie que c’est un problème qui concerne un quartier entier quand il n’y a que des noirs pour se plaindre et des racistes pour prendre la décision. Bon, un racisme systémique, mais vous voyez l’idée.

Il faudra que Calvin se rattrape d’une manière ou d’une autre. En attendant, il a son propre stress à gérer, avec un comité à convaincre que son projet est génial – leur projet, avec Elizabeth. Le stress ? Ils ont décidé que c’est Elizabeth qui présenterait le projet pour le prix scientifique, comme convenu à la base de leur relation de travail. Là, il faut s’accrocher quand on est mauvais en science, mais grosso modo, Elizabeth explique donc qu’ils ont trouvé un moyen de synthétiser des nucléotides, ce qui n’est pas rien tout de même.

Les scientifiques servant de jury ne sont toutefois pas ravis par l’idée – ils ne croient pas en l’importance de l’ADN (lol), ils n’aiment pas le fait que ce soit une technicienne de laboratoire qui présente le projet, ils le rejettent. Elizabeth propose alors de retirer son nom du projet, ce que Calvin refuse. Logique. Elle ne peut pas s’invisibiliser comme ça, c’est si triste. J’aime son point de vue, son envie de continuer les recherches quoiqu’il arrive, mais j’aime bien plus son discours à lui : il refuse qu’Elizabeth diminue son importance sur le projet et il l’aime trop – il aime trop qu’elle l’aime, en fait – pour le permettre. Oh, c’est une belle série, franchement.

Le couple décide donc de proposer son projet indépendamment de l’université, même si ça n’a jamais été fait avant eux. Tout est bien dans le meilleur des mondes pour eux… Sauf que Calvin finit par expliquer à Elizabeth qu’il veut passer toute sa vie avec elle. Elle est alors obligée de lui expliquer qu’elle ne veut pas se marier et qu’elle ne veut pas d’enfants. Des enfants, il peut en avoir six ou sept sans que ça ne change rien à sa carrière. Elle, elle ne peut pas. Effectivement. Déjà aujourd’hui, c’est compliqué, mais il y a soixante-dix ans, laissons tomber l’idée.

La réaction de Calvin ? Incroyablement moderne, en vrai. En vrai de vrai, même en 2023, la plupart d’entre nous ne réagirait pas comme ça, mais lui, il abandonne l’idée d’avoir des enfants. Être en couple avec Elizabeth, c’est bien suffisant à ses yeux. Bref, tout est merveilleux et la création de la vie n’est de toute manière qu’une surprise.

Tout est un peu trop bien qui finit bien pour une fin d’épisode. Du coup, quand on voit Calvin partir en courant avec un Six Thirty récalcitrant, on sent – on SAIT – que ça va être la merde. De là à ce qu’il se fasse renverser par un bus à cause de son connard de chien qui rejette la laisse, je ne m’y attendais pas. Je sais, le chien n’y est pour rien et c’est triste d’avoir une laisse, mais bordel, BORDEL, cette fin d’épisode !!

> News | Saisons critiquées sur le blog | À ne pas manquer

Lessons in Chemistry – S01E01 – Little Miss Hastings – 19/20

C’est un excellent début. Ce n’est pas parfait, car j’ai senti une ou deux petites longueurs sur certaines scènes de l’épisode et parce que je trouve parfois trop schématiques les oppositions qui se dressent entre les personnages secondaires et les personnages principaux, pour s’assurer de la perfection des personnages principaux avec le message que veut faire passer la série, mais ce sont vraiment des points de détails à ce stade. L’ambiance, les idées, le scénario, le casting… C’est un vrai plaisir de découvrir cette série !

Spoilers 

La vie d’Elizabeth Zott, célèbre présentatrice TV… avant qu’elle ne soit présentatrice.

Don’t forget to smile from time to time.

Mamamia, l’épisode commence directement par une plongée dans l’univers télévisuel de son personnage principal – loin de ce que j’imaginais comme début. La première scène est un large plan séquence de près de deux minutes qui suit l’arrivée dans le studio de l’héroïne de la série, Elizabeth. Si l’on ne voit pas immédiatement son visage, cette scène a déjà tout ce qu’il faut pour être culte : les fans qui l’attendent, les décisions prises en un quart de seconde pour son émission culinaire, le producteur qui lui demande de sourire de temps en temps (tu m’étonnes que Brie Larson se jette sur le script après tout ce qu’elle s’est prise dans la tronche en tant que Captain Marvel !) et toute l’effervescence du tournage de l’émission en public… C’est juste génial.

Le plan séquence s’arrête donc sur un regard caméra qui nous introduit Elizabeth. Il ne faut alors que quelques secondes pour établir son caractère et le ton de son émission : son producteur veut qu’elle fasse de la pub pour des boîtes de conserve ? Très bien, elle la fait, avant de démolir la soupe pleine de produits chimiques qu’elle contient et qui ne manquera pas de tuer la famille de ses téléspectatrices, des ménagères prêtes à prendre des notes sur les recettes que proposera Elizabeth. Eh, je les comprends ! Elle a un ton professoral et une assurance qui donne envie d’aller faire des lasagnes, pour de vrai. On enchaîne ensuite avec le générique – un vrai générique, que j’aime beaucoup. Et comme prévu, ensuite, on repart en arrière pour savoir comment elle en est arrivée là.

Sept ans plus tôt

La série introduit d’abord un personnage d’homme très sportif – au milieu d’un lac, puis en train de faire son jogging. On le voit qui court jusqu’à un immeuble devant lequel Elizabeth se gare justement. Et là, la claque est violente : l’arrivée au travail d’Elizabeth dans ce laboratoire est bien différente de ce qu’elle sera quelques années plus tard. Elizabeth n’a pas un chignon impeccable et n’est pas spécialement attendue par ses collègues.

En fait, elle arrive avant eux et se fait harceler par une autre femme qui souhaite faire d’elle une femme potiche plus qu’autre chose – en l’inscrivant à un concours de miss indépendamment de son niveau d’étude (encore que, l’un n’exclue pas l’autre, hein, mais dans les années 50, si). Et cette femme ne semble pas vraiment comprendre ce que signifie le « non » clairement énoncé à plusieurs reprises par Elizabeth.

L’homme qui courait ? Il s’agit du Docteur Evans, mais bon, son titre n’est pas le plus important aux yeux des scénaristes apparemment. Non, le plus important, c’est de nous montrer ses fesses quand il se douche dans son laboratoire. Franchement, c’est de la nudité parfaitement inutile à ce stade de la série, mais bon, plaisir des yeux – et on voit l’audience que la série vise.

Bon, en tout cas, le docteur Evans est une sorte de rockstar dans le laboratoire. Il s’attire donc la jalousie et les moqueries de tous les hommes du labo, des collègues d’Elizabeth. Et même s’ils sont collègues, le sexisme va bon train. Il est assez clair qu’elle est plus douée qu’un grand nombre d’entre eux, mais bon, c’est une femme alors elle doit bosser deux fois plus pour atteindre deux fois moins, surtout dans les années 50. Elle est considérée comme une assistante par eux tous, se charge du ménage et subit les moqueries elle aussi.

Pourtant, elle rêve d’une carrière glorieuse, au point d’envisager de postuler au même prix que le docteur Evans. Lui, ça le soule de le faire. Elle, elle en rêve. On la voit donc faire de longues heures supplémentaires la nuit au laboratoire pour s’entraîner. C’est particulièrement efficace comme introduction de personnage, je trouve, et tout ce début de série me plaît déjà beaucoup.

Il faut dire qu’il y a tout pour me plaire, avec des personnages aux enjeux clairement définis et qui se croisent sans jamais se voir : Evans arrive en même temps qu’Elizabeth au labo, ils partagent la même cafétéria, elle a besoin de fouiller dans ses affaires la nuit… mais non, ils ne se croisent pas. En revanche, si Elizabeth ne le croise pas, il y a une assistante pour la voir et la dénoncer aussitôt à la direction.

Oh, Elizabeth se défend comme elle peut, expliquant qu’elle a son master et est une chimiste elle aussi, même si elle n’a pas le diplôme. La défense n’a que peu d’effets sur son patron : il ne la considère pas assez intelligente pour effectuer le travail qu’elle souhaite faire et lui demande plutôt de rejoindre le concours de miss organisé. Oh, il n’est pas obligatoire, mais eh, c’est la culture de la fac où elle bosse (c’est une fac, pas vrai ?). Bref, l’angoisse pour cette major de promo. Pour couronner le tout, on lui demande de sourire plus. Eh, ça fait grincer des dents, vraiment.

Concours

Elizabeth finit donc par être inscrite de force au concours, avec une photo prise par la secrétaire l’ayant dénoncée en cadeau. Elle rencontre également Evans, dans une scène qui ne pouvait que faire des étincelles, puisqu’il n’apprécie pas de savoir que quelqu’un est entré dans son laboratoire pour lui voler un ingrédient. La dispute entre eux est inévitable et est vite expédiée, surtout qu’il est sûr qu’elle n’est qu’une secrétaire.

Seulement voilà, quand il engueule sa propre secrétaire et lui demande de renforcer la sécurité, il apprend que Miss Zott a un master en chimie, et d’un coup, sa vision du monde semble changer un peu. Cela n’empêche pas qu’il a sa réputation de loup solitaire et qu’il n’est pas très aimé de tous. Pourtant, il décide de se rendre au concours de miss, une première pour lui. Ben oui, on force Elizabeth à y participer parce que c’est la culture de l’établissement, mais lui, il n’a pas besoin de se conformer à ce genre d’événements sociaux. Evidemment.

Il y participe toutefois, juste pour revoir Elizabeth. Elle est loin d’en être ravie, par contre, et elle n’hésite pas à le critiquer devant son fan-club de femmes plus vaniteuses et attirées par lui pour son physique que pour son intelligence. C’est un peu cliché comme manière de dresser les femmes entre elles, en revanche ; les collègues d’Elizabeth manquent un peu de subtilités et de nuances dans l’écriture. On est vraiment dans le club des pompom girls obsédées par l’apparence, et ce n’est pas un cliché exceptionnel pour une série qui se veut féministe par ailleurs. Après, il faut bien dresser les oppositions entre les personnages pour qu’Elizabeth sorte du lot.

Et pour sortir du lot, elle sort du lot : elle refuse d’imaginer qu’elle se mariera quand on lui pose la question, elle déteste les talents proposés par ses concurrentes et elle décide même de se barrer en plein milieu du show quand son boss lui fait des réflexions désagréables sur son manque de sex-appeal. C’était quelque chose. Et c’est là que le destin intervient : au moment de partir, elle tombe sur le Dr Evans, celui qui les fait toutes fantasmer, et il lui… vomit dessus ?

Il fait en effet une crise d’allergie à cause du parfum de Nancy Donatti et a besoin de partir bien vite lui aussi. Seulement, voilà, il n’est pas en état de rentrer chez lui. Elizabeth se propose donc de le ramener, ce qu’il ne comprend pas, parce qu’elle le déteste. Ah, c’est si parfait comme rencontre. On est dans la romcom de base à ce stade. Elle le ramène chez lui et la glace est brisée entre eux assez vite. Il s’excuse d’avoir imaginé qu’elle était une secrétaire – pourtant, il n’y a rien de mal à ça – et elle finit par lui expliquer qu’il s’excuse pour les mauvaises raisons, ne se rendant pas compte qu’il prend tout pour acquis et qu’il n’est qu’un homme fragile.

À ce stade, ça semble s’écrire tout seul tant c’est simple comme mise en scène. Il s’excuse une nouvelle fois, lui explique qu’il était au concours juste pour lui apporter l’ingrédient qu’elle avait voulu voler, puis il lui demande le talent qu’elle aurait montré – de la chimie, évidemment. Et de l’alchimie, il y en a entre eux, c’est évident. Toutefois, Elizabeth rentre vite chez elle et on en reste là pour l’instant.

Calvin

Comme nous sommes dans une série, il faut aussi une intrigue secondaire qui nous éloigne bien vite de cette intrigue principale. À force de regarder des films, je me rends compte que je suis de plus en plus matrixé et que ça m’embête presque, d’ailleurs. J’aurais préféré continuer sur la même histoire. L’intrigue secondaire nous introduit les voisins d’Evans, et c’est une bonne chose : la voisine, Harriet, maman de deux enfants, est jouée par Aya Naomi King. On découvre qu’elle s’oppose au tracé d’une route qui détruirait son jardin, il y a évidemment un fond de racisme dans ce projet, mais Evans est un allié qui accepte de s’occuper de ses enfants en babysitting.

Vraiment, il est loin de l’arrogant connard qu’on l’imaginait être. Et ça ne fait que continuer dans la suite de l’épisode, évidemment. Après une scène où Elizabeth est terrifiée par son boss qui la renvoie, en flashback, à ce qui ressemble fort à une agression sexuelle quand elle était étudiante (arf), nous retrouvons donc Evans et Elizabeth à la cafétéria. Et bordel, ça donne faim ! En effet, Elizabeth a préparé des lasagnes, pour la 78e fois, et ils ont l’air absolument parfaits.

Ce n’est pas son avis : elle n’aime pas trop l’émulsion du fromage – mais franchement, la chimie et la cuisine, ce ne sont pas mes domaines de prédilection. J’aime manger, m’enfin, je ne suis jamais les recettes à la lettre, alors m’imaginer entrer dans le détail à ce point… Nope, non merci, très peu pour moi. En tout cas, ça fascine Evans de découvrir ce passe-temps pour Elizabeth. Parce que oui, ce n’est qu’un passe-temps : son cerveau brillant est utile ailleurs, quand elle cherche à comprendre comment on passe d’une soupe d’atomes à des interactions sociales complexes.

Très vite, les deux personnages se découvrent donc un important point commun et passent dès lors bien des midis ensemble. Elizabeth fait la cuisine chaque jour (bonjour la charge mentale) et mange avec Evans, parlant de recherches scientifiques. C’est intéressant de voir que ça se fait bien naturellement. Ce qui n’est pas naturel pour Evans. Calvin Evans, autant lui donner son prénom maintenant qu’il est amoureux d’Elizabeth et qu’il est important pour elle aussi.

Il l’est suffisamment pour qu’elle ose lui expliquer ce qu’est le sexisme et pourquoi elle ne peut être une scientifique de renom à cause de son sexe qui l’empêche de gravir les échelons. Non, elle se contente de devoir préparer du café pour les scientifiques de son laboratoire… Cela gêne grandement Calvin qui propose aussitôt à Elizabeth de parler à leur boss pour qu’elle se retrouve à bosser pour lui. L’idée ? Elle bosserait avec lui officieusement, suivant ses recherches comme elle l’entend puisque ça aide celle de Calvin, mais sur le papier, officiellement, elle serait toujours technicienne de labo.

Vinyle

Calvin insiste toutefois pour dire qu’elle pourrait en définitive publier en son nom ses recherches, changeant alors les yeux du monde à son égard. Elle accepte donc… Et les deux se rendent compte que changer le monde n’est pas si simple : Donatti, le patron (et donc le mari de Nancy, je suppose ?), n’apprécie pas trop de voir Calvin lui imposer sa décision (et lui faire au passage un cours sur le sexisme) alors il le menace de le virer en cas d’échec de son projet ; Miss Frask, la secrétaire en cheffe en charge du concours et du labo de Calvin, est obligée d’expliquer à Elizabeth que Calvin voit sûrement en elle autre chose qu’une simple collègue.

Le pire ? Elle a raison : c’est évident qu’il y aura plus que des relations de travail entre eux. Cela dit, l’un comme l’autre feint face à l’autre que tout s’est bien passé. Aussi déterminés soient-ils à faire en sorte que tout se passe bien, ce n’est toutefois pas le cas : la cohabitation dans le même laboratoire est difficile pour eux. Ils n’aiment pas la même ambiance de travail, dirons-nous. Toutefois, ils prennent le temps de communiquer sur ce qu’ils aiment l’un et l’autre. La scène est vraiment sympa quand Elizabeth se lance à expliquer qu’elle aime une musique prévisible, contrairement à Calvin. Celui-ci prend donc la décision, le lendemain, d’alterner les vinyles qu’ils écouteront. Ah, c’est sexy le compromis, non ? Plus que le slip qui traine dans son laboratoire, en tout cas. Nous suivons donc les personnages qui apprennent à travailler ensemble, à avoir des intentions l’un pour l’autre, à se corriger l’un l’autre… À devenir partenaires, quoi.

Assez vite, Elizabeth se rend compte qu’elle est en train de craquer pour lui, par contre. C’est assez évident, et ça se voit à son sourire niais autant qu’au fait qu’elle finit par cramer son dîner quand elle est au téléphone avec lui. Elle est de plus en plus dérangée quoi, et ça finit mal : le lendemain, Calvin débarque au laboratoire tout heureux d’avoir fait une percée dans ses recherches pendant qu’il courait. Il ferme donc la porte derrière lui, et c’est une mauvaise chose. Elizabeth se sent aussitôt mal et est forcée de partir en courant de la pièce, expliquant que c’était une mauvaise idée de bosser ensemble. Et clairement, Calvin ne peut pas comprendre ce qu’il se passe. Ah, c’est frustrant, et c’est 100% le cliffhanger de l’épisode.

Lasagnes

Sept ans plus tard, on en revient alors à l’émission de télévision vue en début d’épisode. Elizabeth y préparait des lasagnes… Et pour la première fois à la télévision, Elizabeth a cramé quelque chose. Toute la foule est surprise, mais elle retombe malgré tout sur ses pieds, avec un très joli discours final sur les échecs qui peuvent parfois arriver – en science comme en cuisine. Bordel, c’est un personnage fascinant, et cette conclusion sur les enfants qui doivent mettre la table car la mère a besoin d’une pause ? C’est mieux que Super Nanny !

> News | Saisons critiquées sur le blog | À ne pas manquer

Lessons in Chemistry (S01)

Synopsis : Brillante biologiste dans les années 50, Elizabeth Zott se retrouve bien malgré elle à la tête d’une émission de cuisine, à défaut de pouvoir vivre sa carrière rêvée.

Pour commencer, eh bien, par où commencer dans mes raisons de voir la série justement ? L’actrice principale, c’est Brie Larson, que j’adore. Dans les rôles secondaires, on retrouve Aja Naomi King, que j’adorais dans How to get away with murder et que je suis pressé de revoir à l’écran également. C’est une série Apple, un synonyme de très grosse qualité en général. En fait, la vraie question, c’est pourquoi ne pas l’avoir commencée avant ?

La réponse est toujours la même : le temps. Et puis, aussi, je me suis arrêté en cours de route pour The Crowded Room alors que j’adorais et qu’il y avait Tom Holland. Je ne sais pas, j’ai du mal à tenir la longueur sur les séries en ce moment, mais en même temps, je continue d’adorer avoir un épisode par semaine. Bref, c’est compliqué.

Je profite du temps des vacances scolaires pour au moins essayer entre deux séances de boulot de me mettre à jour dans les épisodes déjà diffusés… Mais je sais aussi que leur diffusion le vendredi ne sera vraiment pas idéale pour rester à jour. Qu’importe : Brie Larson, du féminisme, des années 50… Ca ne peut que me plaire ! Enfin, du coup, j’ai peur d’être déçu car j’en attends beaucoup. C’est compliqué de vivre dans ma tête, en fait.

Lessons in Chemistry – S01E05 – CH3COOH – 17/20

Deux mois plus tard, c’est toujours un coup de cœur. Cette série est on ne peut plus simple et chaque épisode raconte un chapitre de la vie d’Elizabeth avec beaucoup d’efficacité. Le scénario est plein de petits moments extrêmement…

Lessons in Chemistry – S01E06 – Poirot – 15/20

Pfiou, c’est un épisode qui ne fut pas simple à critiquer, car toutes les intrigues s’entremêlent dans cet épisode. Cela dit, ça me convient, parce que c’est toujours chouette à suivre. Je ne fais que me répéter : les personnages…