The Orville – S03E06

Épisode 6 – Twice in a Lifetime – 19/20
C’est un excellent épisode pour plein de raisons : j’aime le scénario de base et l’idée qui le motive, le casting, les personnages qui gagnent mon affection même quand je les détestais avant, mais aussi l’humour qui n’empêche pas pour autant les vraies émotions de surgir quand on a besoin d’elles. Un véritable plaisir, donc, malgré de petites longueurs, une scène qui semblait n’avoir rien à faire là ou une durée excessivement longue pour un simple épisode.

Spoilers

Laura Huggins obsède toujours Gordon apparemment.

This family is stronger than time.

Attendez, mais tout le monde chante cette saison ? Après Bortus, c’est au tour de Gordon de nous révéler qu’il a des talents de guitariste et surtout de chanteur. Je ne m’y attendais pas du tout, mais en même temps, je ne m’attendais pas non plus à voir tout l’équipage du vaisseau en si bonne tenue. Franchement, Kelly était méconnaissable, non ?

Bon, peu importe, vous me direz, l’essentiel est donc que Gordon organise une soirée chez lui et qu’Isaac souhaite en profiter pour parler avec Charlie. Celle-ci n’a pas du tout envie de passer du temps avec un Kaylon cependant, préférant clairement draguer son collègue le plus direct qui lui fait découvrir les téléphones portables et les selfies. C’était plutôt drôle à voir, surtout quand Bortus se prend au jeu du selfie.

Cependant, l’idée principale est surtout de réintroduire le personnage de Laura Huggins – aka Leighton Meester – dont Gordon est fou amoureux. Et ça ne peut pas être une coïncidence quand juste après cette scène, on nous apprend que John a réussi à créer une machine à voyager dans le temps grâce aux outils qu’il a sur l’Orville.

Si tout commence de manière fun avec l’idée d’un sandwich envoyé dix secondes dans le passé ou trois mois dans le futur, il est rapidement question de créer de nouveaux univers à cause de paradoxes temporels et du problème de l’arme de destruction massive que cette avancée scientifique pourrait provoquer. C’en est trop pour l’Amiral habituel qui décide de mettre un terme aux recherches de John.

L’Orville est ainsi envoyée auprès d’une équipe scientifique pour ne pas garder ça sur le vaisseau… mais le vaisseau de l’équipe scientifique est détruit quand ils arrivent sur place. Pire, des Kaylon les attendent et sortent de leur cachette immédiatement pour les attaquer. Par chance, il n’y a pas que l’Orville sur place, mais aussi d’autres vaisseaux. Malheureusement, l’Union ne fait clairement pas le poids dans cette bataille spatiale.

C’est problématique, car on voit quelques vaisseaux de l’Union être clairement désintégré sous nos yeux. Ils explosent et on sait très bien ce que ça représente comme nombre de victimes. Owaza ordonne vite la retraite, mais c’est tout de même trop tard : les Kaylon sont déjà au courant de l’appareil que l’Orville possède.

Si le vaisseau n’est pas encore détruit, ce n’est donc pas pour rien : ils espèrent bien pouvoir détourner l’objet – l’appareil Aronov – et s’en servir à leur avantage. Talla, puis Gordon une fois celle-ci blessée, ont donc pour ordre de détruire l’appareil alors que le vaisseau est bloqué par les Kaylon, l’attirant progressivement à eux.

Tout pourrait bien se terminer, mais détruire une machine à remonter le temps, ce n’est jamais facile. Gordon l’apprend par lui-même quand celle-ci envoie une décharge inattendue et inexplicable qui le touche de plein fouet et le vaporise dans les airs. L’avantage reste que cette décharge permet à l’Orville d’échapper aux Kaylon.

Reste le problème que Gordon a disparu. Alors qu’ils cherchent un moyen de comprendre où leur lieutenant a bien pu passer, l’équipage de l’Orville reçoit un message d’environ 400 ans dans le passé, avec pour signature… Gordon Malloy. Oh. Le message ? Gordon explique être coincé sur Terre depuis six mois environ, en 2015. C’est une chance pour lui qu’il soit sur Terre, ma foi.

Ca l’est d’autant plus que la série nous révèle bien vite qu’il est resté bloqué là-bas jusqu’à l’âge de 96 ans. Et si on pourrait être triste pour lui, j’ai fait pause pour lire l’article de presse annonçant sa mort : oui, ils se sont fait chier à écrire un vrai article, pas juste du lorem ipsum, et ça permet d’apprendre que Gordon s’est… marié à Laura Huggins. Ben tiens. Et pas que ça : il s’est fait une carrière de pilote hyper estimé par ses collègues (forcément, il a du talent dépassant les connaissances universitaires) et une famille, avec un fils, rien que ça, et… deux petites-filles au moment de sa mort à 96 ans, en 2068 le… 12 juillet. Oh bordel, on est le 12 juillet aujourd’hui.

Coïncidence ? Je ne crois pas. Bon, reste à savoir si l’équipe est capable d’aller l’aider ou non. En effet, tout semble indiquer que s’il est mort, c’est que l’échec a déjà eu lieu. Cependant, les paradoxes temporels et les dimensions parallèles laissent une possibilité pour que l’Orville puisse faire en sorte de le sauver. Le problème ? Les lois l’interdisent. Une fois n’est pas coutume, Ed ignore les lois et demande à son équipe de faire en sorte de venir en aide à Gordon. Après tout, il les appelle à l’aide depuis le passé, c’est difficile d’ignorer ça.

Le vaisseau est donc propulsé dans le passé par des efforts conjoints de John et Isaac. Tout semble fonctionner à merveille, jusqu’à ce que John fasse quelques calculs : au lieu d’atterrir en 2015, date à laquelle Gordon a décidé par lui-même d’aller avec sa fixette sur Laura, ils sont désormais en 2025. Gordon est donc coincé là depuis 10 ans, et je le vois déjà décider de rester sur Terre parce que merci bien, mais il a une jolie vie avec Laura.

Pour ne rien arranger, l’équipage a un autre problème : ils n’ont pas assez d’énergie pour retourner dans le futur. Leur seule possibilité d’y arriver ? Récupérer une substance encore non découverte dans les entrailles de la Terre. Pour cela, il faut encore compter sur Isaac passant incognito au XXIe siècle par contre, parce que John ne peut y aller : il doit d’abord inspecter le vaisseau pour s’assurer que tout fonctionne, y compris le système leur permettant de respirer à bord.

C’était tout étrange en tout cas de voir le look des acteurs changer pour se diriger vers la Terre. Kelly, Ed et Charlie s’habillent donc comme on le fera dans trois ans, et ça leur va si bien. C’est amusant à constater, mais ça l’est encore plus quand on voit Isaac utiliser un simulateur lui donnant apparence humaine, car on découvre l’acteur qui se cache derrière le robot. Le plus impressionnant est le jeu d’acteur ici : malgré l’absence de costume, il se comporte comme un robot – mais un robot qui espère pouvoir parler avec Charlie.

Il a du bol pour ça : il se retrouve à faire équipe avec lui, alors que Kelly et Ed ont pour mission d’aller chercher Gordon. Après dix ans, celui-ci est déjà devenu pilote respecté et ça fait tout aussi bizarre de le voir en costume de pilote. Il est encore plus sous le choc que nous quand il voit Kelly et Ed, par contre.

Comme je m’y attendais, Gordon n’a pas tellement envie de rentrer « à la maison » cependant. Cela fait dix ans qu’il est sur Terre et ses chefs débarquent pour lui reprocher de ne pas avoir respecté les lois l’obligeant à se faire invisible une fois coincé dans le passé. Aucune interaction pendant dix ans sans certitude de la survie de l’Orville dans la bataille contre les Kaylon ? Tu m’étonnes qu’il ignore les lois !

Il indique donc à Ed et Kelly qu’il n’a pas l’intention de rentrer avec eux, et il leur présente au passage Laura, sa femme, et Edward, son fils. C’était assez inévitable. Entre rester avec sa famille ou aller dans le futur sur l’Orville pour être jugé pour des crimes stupides, le choix est vite fait. Autant rester avec sa voiture à la plaque « Oville » sans r, hein.

Je veux dire, Leighton Meester, enceinte en plus ? Pas étonnant qu’il préfère le passé. Il est tombé amoureux d’une Laura qu’il connaissait déjà et sur laquelle il fantasmait depuis toujours – mais il a quand même attendu trois ans avant d’aller la trouver. Et sept ans plus tard, il est marié avec un enfant et un autre à venir.

Il est aussi sacrément énervé après ses supérieurs qui se permettent de débarquer et de le juger parce qu’il a brisé les lois. Le problème étant que les lois sont de la merde, là, mais j’ai beaucoup aimé tous les commentaires glissés l’air de rien sur notre siècle. Il est évident que l’équipage de l’Orville déteste le XXIe siècle pour plein de raisons. Gordon, pas tant que ça… Et ça impressionne Ed et Kelly qu’il soit capable de pardonner un siècle laissant tant de dégâts à réparer.

Notez aussi que tuer des animaux sera illégal dans 400 ans, au point d’être considéré comme un serial killer. Bon, le ton monte en tout cas très rapidement entre Gordon et ses supérieurs hiérarchiques, principalement parce qu’après dix ans, il ne considère pas spécialement qu’ils soient ses supérieurs. Il leur explique aussi calmement que possible qu’il compte bien rester sur Terre au XXIe siècle après tout ce qu’il a vécu. Et sans trop de surprise, Laura finit par l’entendre quand il souligne que ses supérieurs ont pris trop de temps à venir.

La scène est plutôt touchante et ça fait du bien de retrouver Leighton Meester dans un rôle où elle est plus efficace que dans How I met your father, hein. Elle explique toutefois à Gordon qu’elle a toujours su, au fond d’elle, qu’il venait du futur : il ne s’est même pas inquiété pendant la pandémie, c’est dire.

Pendant ce temps, Charlie et Isaac cherchent donc à aller récupérer du dysonium sur Terre. Pour y parvenir, Charlie a la bonne idée d’entrer dans un bar plein de motards et de parier pour avoir une moto. Le pari ? Que le plus fort des motards ne soit pas capable de gagner un bras de fer contre Isaac. Trop facile.

La série est vraiment géniale pour ce genre de scènes, parce qu’on y retrouve enfin l’humour des débuts, qui manquait ces derniers temps. Et j’aime qu’on le retrouve avec des personnages qu’on ne connaissait pas à l’époque (Charlie) ou pas comme ça (Isaac). Franchement, les deux acteurs font un très bon duo, principalement parce qu’ils se détestent mais qu’Isaac cherche désespérément à commencer une conversation avec Charlie.

Cela fonctionne d’autant plus qu’elle n’en a pas du tout envie et que l’actrice est très douée pour les mimiques. Bien sûr, toutes les scènes humoristiques sont excellentes, notamment quand ils se retrouvent à visiter une maison pour en extraire ce dont ils ont besoin. Et comme ça prend du temps d’extraire du dysonium du sol, ils ont enfin le temps de parler.

La scène est plutôt bouleversante en son genre : on y découvre que tout ce qu’Isaac souhaite dire à Charlie, c’est merci de lui avoir sauvé la vie… sauf que Charlie n’a pas vraiment envie d’entendre ça de sa part. Il faut dire qu’il ne sait pas exactement ce qu’il a fait comme tort à Charlie, mais les scénaristes ont un plan pour qu’on continue de l’apprécier. Non seulement Isaac est responsable de la mort de sa meilleure amie après sa trahison de l’Orville, mais en plus Charlie était amoureuse de sa meilleure amie.

Elle ne saura jamais si les sentiments étaient réciproques, parce que la meilleure amie est morte avant que la relation ne puisse vraiment voir le jour. Il y a de quoi en vouloir à Isaac pour un moment, c’est clair. Bref, on comprend mieux la rancune de Charlie et le dysonium est récupéré, c’est donc parfait.

Parfait ? Non, il reste un problème : Ed et Kelly refusent de lâcher Gordon comme cela. Ils se pointent une nouvelle chez lui, gâchant une jolie soirée télé en famille, pour tenter de le récupérer par la force – avec l’aide de Talla. Gordon refuse, il est armé suffisamment pour empêcher Talla de s’en prendre à lui et tout est bien qui finit… mal. En effet, Kelly et Edd paraissent être de gros cons sur ce coup-là. C’est extrêmement étonnant de les voir si fermés d’esprit pour une fois, et extrêmement frustrants.

Leur menace finale est donc d’aller chercher Gordon dix ans plus tôt, quand il n’aura aucun souci à les suivre, et tant pis si ça signifie effacer le fils de Gordon de l’existence. Bon, il est plus probable qu’un univers parallèle soit créé avec cet épisode, vu ce que propose la série.

En tout cas, ça donne une conclusion triste à cet épisode, même si Gordon optimise comme il peut en expliquant à Laura que leur famille est plus forte que le temps. C’était joliment dit, mais ça n’empêche pas Ed et Kelly d’aller chercher Gordon dans le passé, puis de lui reprocher à demi-mots de ne pas toujours leur avoir fait confiance.

L’abus est total là. Bon, sinon, à retourner dix ans dans le passé comme ça, ils ont créé tout de même un gros problème : ils n’ont lus ce qu’il faut pour voyager dans le temps. Ce n’est qu’un demi-problème cependant : ils n’ont pas besoin d’un appareil pour aller dans le futur, juste de couper le bouclier du vaisseau qui les protège aussi quand ils passent en vitesse lumière de se retrouver projetés dans le futur.

C’est simple, mais efficace comme solution : nos personnages retournent bien vite dans le futur. Gordon s’y révèle sacrément heureux d’être là et affirme à Kelly et Ed qu’ils ont fait le bon choix en faisant passer leur devoir avant le reste. Mouais. C’est un grand mouais sur ce coup-là, mais c’est la conclusion de l’épisode : ils sont heureux de pouvoir se boire une petite bouteille de whisky à trois, et tout est bien qui finit bien.

Enfin, pas pour moi, mais bon, qui suis-je pour juger le futur ?

Sinon, je ne sais pas où le caser dans la critique, mais eh, John et Talla se sont embrassés dans l’épisode. Et ça semble parti pour être un couple durable, l’air de rien ?

The Orville – S03E05

Épisode 5 – A Tale of Two Topas – 18/20
Plus qu’un épisode, c’est un mini-film à ce stade, mais un film qui nécessite tout de même d’avoir vu le reste de la série pour bien le comprendre. Il y a quelques longueurs, surtout au début de l’épisode, et ça me fait demander si cette intrigue n’aurait pas été plus pertinente et intéressante si elle avait été étendue à plusieurs épisodes tout au long de la saison. En tout cas, c’est une intrigue bien importante qui est proposée par cet épisode. Concrètement, malgré des choix souvent simplistes, c’est une belle manière d’aborder le sujet compliqué de la transexualité et des relations diplomatiques.

Spoilers

Kelly découvre que Topa connaît un mal-être profond à l’adolescence.

Topa may never be happy but unhapiness is better than despair

Comment ça 1h15 d’épisode ? Les scénaristes abusent quelque peu, mais ce ne sont pas les seuls : la série prend tout son temps, rien qu’avec son premier plan introductif du décor de cet épisode. L’Orville a accosté sur une planète avec des tombeaux bien similaires à ceux de l’Egypte antique. Avant d’en parler, notons d’abord que l’épisode prend aussi le temps de reparler de ce qu’il s’est passé la semaine d’avant, forcément.

Ed y a découvert l’existence de sa fille, Anaya, alors il est évidemment perturbé par cette information. Il lui écrit désormais des lettres, qu’il conserve à défaut de pouvoir lui envoyer. L’information est très sympathique, elle permet d’en apprendre plus sur le personnage d’Ed, mais elle n’est pas le centre de l’épisode pour l’instant.

Le centre de l’épisode se trouve peut-être dans le tombeau de l’empire Hembilicite. Plein de pièges cherchant à détruire les êtres qui s’aventureraient là pourraient poser problème, mais c’est sans compter sur le fait qu’un robot métallique ne craint pas vraiment les flèches cachés dans les murs. Bref, l’équipage de l’Orville récupère très rapidement le trésor caché sur la planète grâce à Isaac. Cela fascine de toute évidence Charlie de retrouver le trésor datant de 70 000 années avant. Tu m’étonnes.

C’est inestimable une telle richesse après tout… mais ça ne fascine pas plus que ça Kelly. Elle préfère mettre fin à sa journée de 12h pour plutôt aller faire du sport. Arf, on n’a pas tous les mêmes hobbies après douze heures de boulot apparemment. En tout cas, elle fait du sport dans la salle de simulation et y retrouve Topa, l’enfant de Bortus.

J’avais quelque peu oublié son existence, on ne va pas se mentir, mais Topa a continué de grandir pendant tout ce temps et souhaite désormais passer l’examen pour entrer dans l’Union et peut-être devenir un jour Commandant d’un vaisseau. Pourquoi pas ? Topa est fan de Kelly et tout le monde est content de savoir les projets de vie de Topa désormais, ce qui fait que Kelly décide de l’emmener partout avec elle durant sa journée.

Cela permet d’en découvrir davantage sur la routine de Kelly. On comprend soudainement pourquoi l’épisode dure 1h15 : le but est de nous faire découvrir une journée plutôt banale dans la vie d’un premier commandant d’un vaisseau de l’Union, mais forcément, c’est plein de moments plus chiants. Oh, les scénaristes en ont conscience et Kelly le reconnaît elle-même, mais Topa la rassure en disant que c’est passionnant. Ma foi, ça peut être marrant de savoir qu’il y a une espèce qui refuse de porter des vêtements le premier lundi de chaque mois, mais tout de même, ce n’est pas passionnant comme épisode.

Cela devient bien plus intéressant quand Kelly se met à parler de manière tout à fait banal à Topa et que Topa révèle qu’il se sent très mal dans son corps. Il veut rejoindre l’Union pour trouver sa place dans le monde et devenir heureux, mais il est rapidement évident que le problème vient plutôt du changement de sexe subit en saison 1.

Kelly se sent bien mal de devoir lui mentir à chaque conversation, et elle en parle nécessairement à Claire et Ed. Si Claire veut aussitôt jouer les psys, puisque c’est son travail, Kelly trouve tout de même que c’est à elle de jouer ce rôle puisque Topa s’est confiée à elle. Par principe, elle veut cependant en parler à Bortus et Klyden. Bortus est plutôt à l’écoute de ce qu’il se passe dans la tête de son fils, mais Klyden s’oppose assez violemment à l’intrusion de Kelly dans leur vie.

Et c’est compréhensible : au départ, la scène est surtout portée sur l’incompréhension de Kelly et la haine qui se joue entre Kelly et Klyden… mais très rapidement, Kelly est congédiée et Klyden se confie à Bortus. On comprend ainsi que le vrai problème vient du désespoir de Klyden d’avoir su la vérité sur « ses origines », comme il le dit. L’ignorance est selon lui la meilleure des options.

C’est loin d’être certain, car la meilleure des options continue de heurter énormément Topa. Klyden lui interdit désormais de travailler avec Kelly, et ça le mène à se poser des questions principalement sur la mort. Topa en profite ainsi pour aller parler avec Isaac de ses envies de suicide. C’est un peu moins précis que ça, évidemment, les questions parlent surtout de la mort et du moment où Isaac avait décidé de se désactiver.

Ce n’est pas rien et Isaac connaît le protocole : il prévient donc Kelly. Bon, l’épisode prend vraiment son temps pour développer son histoire, mais ce n’est pas plus mal car c’est une histoire assez importante tout de même. Il est question de Topa, de la difficulté de se sentir soi-même et de s’interroger sur son genre. Et dans tout ça, Kelly est vraiment torturée de savoir la vérité sans pouvoir faire quoi que ce soit.

Malheureusement, elle finit par le faire malgré tout. Après une conversation rapide avec Topa, elle prend la décision de lui dire de manger du Kimbok – et de bien chercher la bonne recette. La bonne recette ? Le dossier de mission Kimbok33 intéresse rapidement Topa et il reçoit le mot de passe permettant de l’ouvrir de manière anonyme. « Anonyme », quoi. Kelly s’en confie même à Claire, c’est dire à quel point c’est anonyme.

Toujours est-il que la scène où Topa découvre la vérité et confronte ses pères est assez violente. Klyden soupçonne aussitôt Kelly d’avoir dit la vérité, tandis que Bortus s’emmure dans le silence un bon moment. Cela ne dure pas évidemment, parce que la vérité éclate au grand-jour et qu’il faut bien accompagner Topa dans les ressentiments qu’il a. C’est super violent pour tout le monde, donc, et la scène est très bien écrite – et interprétée.

Franchement, Topa fait un excellent personnage et je trouve ça bien de revenir sur cette intrigue de cette manière. J’avais encore en tête un arrière-goût de dégoût concernant l’épisode où Topa avait été forcé de changer de sexe par ses parents. En tout cas, Bortus finit par tout révéler à Topa et avoir les bons mots, forçant Klyden à se taire.

Sans trop de surprise, Klyden se rend aussitôt dans le bureau de Kelly pour l’agresser, aussi bien verbalement que physiquement quand les mots lui ont fait défaut pour exprimer toute sa haine de Kelly et de son énervement. Kelly assure qu’elle n’a pas donné le mot de passe, mais elle est tout de même heureuse d’avoir mené Topa dans la bonne direction, parce que c’est sacrément important pour lui de savoir ses origines et de comprendre le mal-être qui l’habite. Après tout, Klyden a le même.

Plus tard, on apprend que Topa ne parle plus à ses parents. Bortus vient donc voir Kelly pour lui demander son aide, mais elle lui apprend qu’il parle désormais à Claire, ce qui est une bonne chose. Reste encore à Kelly l’importance de s’excuser pour ce qu’elle a fait. Je ne suis pas tout à fait sûr que ça puisse suffire, franchement. Heureusement, elle reconnaît vraiment ses erreurs… et Bortus reconnaît la vérité également.

Contre toute attente, c’est Bortus qui a envoyé à Topa le mot de passe. Bien sûr, tout le monde continue de penser que c’est Kelly qui a fait ça. Je dois bien avouer qu’une part de moi espérait que ça vienne de Bortus, et je suis content que le personnage grandisse de cette manière. C’est une belle évolution de le voir aller à l’encontre de sa religion et de sa culture arriérée.

Il n’empêche que Topa est tout de même affecté par la décision qui a été prise pour lui. Il en parle certes à Claire, mais aussi à Kelly, affirmant qu’il espérait ne pas savoir la vérité… avant de revenir aussitôt sur ses paroles. Cela convainc Kelly d’aller encore plus loin pour cet épisode et de prendre la pire décision du monde, bien plus encore que de lui faire chercher la vérité. Elle mène ainsi Topa en salle de simulation pour lui faire revivre la partie du procès où Heveena a pris la parole.

Les effets spéciaux de la série sont bons, franchement, avec deux personnages qui se retrouvent vraiment en plein milieu du passé. J’ai beaucoup aimé la scène, mais c’est sans trop de surprise que de voir une femme qui lui ressemble motive Topa à demander un changement de sexe. Et ce changement de sexe, il fait inévitablement débat quand il s’agit de Topa.

Bien sûr, Klyden s’oppose formellement à l’idée quand il l’apprend, mais il est rapidement révélé que son avis ne compte que partiellement. Après tout, Bortus est d’accord pour que la procédure se fasse, ce qui pourrait être suffisant pour faire l’opération… si jamais il n’y avait pas eu un procès.

La scène est en tout cas excellente, ou violente, ou douloureuse, c’est selon. Le débat où Kelly et Claire s’obstinent à utiliser les bons pronoms pour Topa quand Klyden continue de dire « il ». C’était une bonne scène, et je n’ai pas grand-chose à critiquer à vrai dire. C’est efficace et agréable de suivre une série suffisamment ouverte d’esprit pour ce genre d’épisode, même si c’est aussi douloureux quand ça peut rappeler des situations vécues par d’autres. Je n’ai pas été directement impacté par ce sujet, alors c’est plus simple pour moi ; mais tout de même, j’ai été témoin une fois de ce genre de scène, et le malaise est vraiment palpable.

Bref, la décision est que l’opération devrait pouvoir avoir lieu… sauf qu’il y a eu un tribunal Moclan qui pose un jugement difficile à contredire : Topa est un garçon. Aller à l’encontre de ce jugement poserait des problèmes politiques énormes pour l’Union, surtout si c’est Claire, un médecin de l’Union, qui effectue la transition. La transition en elle-même est très simple d’après Claire. Pour une autre espèce, il faudrait attendre que Topa soit adulte. Dans ce cas très précis, en revanche, l’exception serait facile à faire.

Pas de bol pour Topa, l’Union s’oppose formellement à ce que Claire fasse l’opération. Kelly et Bortus lui annoncent comme ils peuvent cette difficile nouvelle, qu’il prend plutôt bien étant donné la nature de ce qui lui est dit. Cependant, à force d’y réfléchir et de voir toute l’équipe, y compris Talla ou, de manière plus surprenante, Charlie soutenir Topa, Claire propose de démissionner pour être un docteur civil.

J’ai eu peur que les scénaristes nous trouvent une excellente porte de sortie pour l’actrice qui aurait pu en faire la demande, mais ce n’est finalement pas le cas. Au contraire, Isaac entend le problème et se propose pour devenir le chirurgien de Topa. C’est une solution simple et efficace : bien sûr que ce Kaylon est capable de suivre des instructions déjà enregistrées sur les ordinateurs de l’Orville.

Le reste de l’équipage ne doit toutefois pas être au courant de ce qu’il se passe pour que ça puisse passer aux yeux de l’Union : Isaac n’en fait pas partie, il n’est qu’un émissaire à bord de l’Orville. L’équipage organise donc un concert surprise de Bortus auquel tout le vaisseau assiste pour que Topa puisse changer de sexe tranquillement avec l’aide d’Isaac.

Bon, tranquillement, j’y vais un peu fort : Klyden tente une dernière fois de s’y opposer, et ça se fait de manière plutôt violente. Isaac est obligé d’employer la force pour forcer Klyden à quitter la pièce, alors que Topa avait déjà peur de l’opération avant. C’est d’autant plus courageux d’accepter de la faire, mais ça valait vraiment le coup quand on la voit sourire en fin d’épisode.

Enfin, pas tout à fait en fin d’épisode. Il reste deux choses à régler : Kelly et Ed se font sermonner en bonne et due forme par l’amiral qui leur avait interdit de faire la procédure. Elle est toutefois forcée de reconnaître que c’était une bonne décision et une bonne chose : comme c’est un Kaylon qui a fait la procédure, les Moclan ont plutôt tendance à être remonté contre les Kaylon et à vouloir les détruire.

Tout est bien qui finit bien. Il reste la deuxième chose à régler : Klyden. Il profite du passage d’un vaisseau scientifique devant récupérer les artefacts du tombeau du début d’épisode pour se barrer, mais pas sans une dernière insulte à sa fille – il lui dit carrément qu’il aurait préféré qu’elle ne vienne jamais au monde. Heureusement que Bortus est là pour l’aider à se reconnaître parfaite et que Kelly est évidemment heureuse de reprendre son rôle de tutrice auprès d’elle.

C’est une très belle conclusion pour l’épisode qui est fait de tout un tas de bonnes scènes de toute manière, de Bortus chantant avec un des fils de Claire au piano à Isaac qui explique à Claire qu’il espère qu’avoir aidé Topa aidera l’équipage à interagir de meilleure manière avec lui.

The Orville – S03E04

Épisode 4 – Gently Falling Rain – 16/20
C’est un épisode d’excellente facture, comme toujours, mais cette fois-ci, je trouve que la série va peut-être un peu trop loin dans la géopolitique et dans la trahison de ce qu’elle a pu être par le passé. Si j’ai beaucoup aimé l’intrigue proposée, les avancées proposées me paraissent un peu trop artificielles ou regrettables pour vraiment les approuver. Enfin, le timing d’une partie de l’épisode passe mal aussi avec l’actualité, mais ça, ils n’y sont pour rien après deux ans d’attente dans la diffusion de cet épisode.

Spoilers

Le traité de paix avec les Krill est sur le point d’être signé ; mais l’élection du prochain Chancelier Suprême de la planète est sur le point d’avoir lieu, elle aussi.

Most men who lose their heads tend to die, yes.

C’est en train de devenir un vrai petit rituel, je me pose dans mon canapé en ce dimanche pour découvrir le nouvel épisode d’une série en train de s’imposer comme l’une de mes préférées en ce moment où je ne regarde plus rien. Et pourtant, c’est un sale temps pour The Orville puisque l’épisode commence à nouveau par un hommage, cette fois-ci à Lisa Banes, décédée l’été dernier dans un accident – un scooter l’ayant renversée.

Après cet hommage nous découvrons que les Krill sont mieux organisés politiquement que ce que l’on pensait : nous assistons à un meeting politique d’extrême droite, grosso-modo. Oui, oui, il y a des extrêmes dans la politique Krill : la femme Krill qui parle n’est pas ravie par les décisions récentes de son gouvernement de faire une alliance avec l’Union et possiblement de ratifier un traité de paix les empêchant de conquérir des planètes ou les forçant à protéger des mondes qui ne sont pas les leurs.

Bref, finalement, on a beau être dans une autre galaxie, les Krill sont des extrémistes religieux et conservateurs avec des discours dignes de nos politiques. Le problème, c’est que pour nos héros, ce meeting est un vrai danger qui couve : la femme Krill souhaite en effet prendre la gouvernance des Krill et faire payer aux responsables de l’alliance avec l’Union leur crime. En sous-texte, il faut donc comprendre que le traité de paix avec les Krill est loin d’être une affaire réglée comme on nous le laissait penser depuis la fin de la saison 2.

C’est bien logique quand on y réfléchit quelques secondes, mais ce n’est pas rassurant pour la suite. La suite de l’épisode, elle, est étonnante aussi, avec une chorale étonnante d’enfants et d’artistes devant la délégation politique chargée de l’Union. Tu m’étonnes que l’extrémiste Krill considère que ses représentants politiques la trahissent.

C’est en tout cas l’occasion pour nous d’en découvrir toujours plus sur les Krill, avec notamment le fait que le soleil soit une malédiction pour eux. Il est moins surprenant de les découvrir si religieux ou si débiles lorsqu’il est question des élections : le Chancelier Suprême Krill est persuadé d’être réélu car son adversaire n’est qu’une extrémiste faisant reposer son discours sur la haine et la paix. Les humains et représentants politiques de l’Union semblent le croire quasi sur parole, alors même que sa parole est flippante et renvoie à notre propre Histoire. Bon, on ne va pas trop les critiquer, il n’y a quasiment que des acteurs que j’aime dans les guests de cet épisode.

Tout ça nous mène à la conclusion que le traité de paix sera finalement signé à Dalakos, la capitale Krill, où le chancelier suprême invite les représentants de l’Union pour y fêter également sa réélection. Oh, ça va être un sacré bordel et on sait à quoi ça va conduire : l’Orville va être dépêché pour assurer la protection d’Halsey et de toute la délégation.

Avant ça, on a tout de même droit à une scène plus sympathique et ludique dans un western étonnant. La salle de simulation de l’Orville sert donc bien à passer de bonnes soirées entre amis, même si j’ai eu du mal à comprendre pourquoi John draguait soudainement Talla – ou pourquoi elle était promue d’ailleurs. Tout ça n’est jamais qu’accessoire par rapport à l’intrigue de l’épisode de toute manière : Kelly et Ed apprennent vite qu’ils sont chargés d’aller chercher la délégation officielle pour la mener sur la planète des Krill.

C’est l’occasion pour eux de rencontrer le président de l’Union – ou juste de se contenter de ne pas être pincé par leur supérieur alors qu’ils étaient en train de boire. Et finalement, l’épisode avance plus vite que je ne le pensais : Ed et Kelly sont mis au courant du problème capital que représente l’extrémiste politique Krill. Et contre toute attente, il s’agit en fait de Teleya. Je ne l’avais pas reconnue.

Cela pose problème pour plein de raisons : Ed est celui qui a laissé Teleya repartir, et désormais, il comprend qu’il a peut-être fait une erreur car Teleya ne fait qu’attiser la haine de l’Union sur sa planète. Halsey semble aussi convaincu que moi que l’élection n’est pas gagnée d’avance pour le Chancelier en titre, et tout ne fait que se complexifier quand Ed explique à Kelly qu’il a remarqué que les informations Krill étaient pleines de fake news et de deepfakes. Franchement, ça promet pour la suite de l’alliance – mais ça laisse aussi la série dans une ambiance un brin trop sérieuse par rapport à ce qu’elle était auparavant. L’humour a vraiment disparu là, et ça explique pourquoi la série a changé de titre au passage.

Bon, et puis, il y a toujours de l’humour, notamment quand Halsey fait remarquer à Ed qu’il avait parfaitement conscience qu’il était ivre lors de leur appel téléphonique de la semaine précédente. L’échange se fait pour nous prouver qu’Halsey est toujours au top de ses capacités pour mener à bien un atterrissage mouvementé sur la planète Krill. Il le fait avec Charlie en co-pilote, et c’est étonnant comme tout de voir que c’est elle qui est envoyée sur la planète plutôt que Gordon. Ce n’est peut-être que moi, mais je m’attendais à d’autres membres de l’Orville à bord du vaisseau de la délégation.

Et en même temps, Charlie est un choix logique pour provoquer la merde dont les scénaristes risquent d’avoir besoin : elle a des idées bien arrêtées et une tendance à les balancer malgré sa hiérarchie. Pourtant, elle semble vraiment ravie d’être sur place et de découvrir la ville… jusqu’à ce que la politique Krill vienne logiquement tout casser : Teleya est élue Chancelière Suprême. Elle gagne l’élection de très peu, mais avant même d’être proclamée, ses ordres sont déjà suivis par l’armée.

Pfiou, à quoi bon être dans une autre galaxie si tout le monde s’y comporte encore pareil qu’au XXIe siècle ? Rapidement, l’ancien Chancelier Suprême est arrêté par les hommes de Teleya pour trahison. C’est aussitôt suivi de l’arrestation d’Ed, Charlie, Halsey, le président de l’Union et la représentante de la planète d’origine de Talla. Pour ne rien arranger, en orbite, l’Orville est attaqué par des vaisseaux Krill qui veulent l’aborder.

Kelly ne tarde pas à lancer l’alerte rouge et tirer les premiers coups contre les vaisseaux Krill qui allaient réussir à l’envahir. Malheureusement, sans nouvelle d’Ed, sa seule option est finalement de fuir face à l’invasion Krill. Ce n’est pas glorieux, mais c’est inévitable : elle y parvient grâce à John et Claire (étrangement absente de l’épisode) qui suivent la directive 21, mais aussi grâce à Gordon qui improvise comme il peut aux manettes du vaisseau.

Pendant ce temps, sur la planète Krill, Teleya assassine l’ex Chancelier Suprême d’un petit coup de poignard parfaitement légal. Ce n’est que le cadet de nos soucis quand le reste de la délégation est toujours en prison et doit faire face à la justice également. En cellule, la délégation commence à s’impatienter et Charlie nous rappelle les enjeux de ce qu’une guerre avec les Krill signifie vis-à-vis des Kaylon.

Par chance, Ed est finalement convoqué par Teleya, alors tout espoir n’est peut-être pas perdu – même si le président de l’Union est toujours retenu prisonnier. Le dialogue avec Teleya n’en est pas moins un dialogue de sourd entre les aspirations politiques de celle-ci et l’espoir increvable d’Ed, qui tente de la raisonner comme il peut, en vain. Il faut dire que selon elle les Krill ont désormais une chance contre les Kaylon grâce à de nouvelles armes.

Ed apprend surtout le décès de l’ancien chancelier et quel idiot il était, si l’on en croit Teleya. La vérité est toutefois que Teleya regrette de devoir tuer Ed : elle ne savait pas qu’il était sur la planète Krill quand elle a annoncé que la délégation serait exécutée, et maintenant, elle se sent un peu conne. Bon, cela dit, elle s’en remet vite : elle ordonne son exécution après lui avoir expliqué son point de vue une fois de plus, puis contacte Kelly pour lui annoncer qu’elle ferait mieux de courir dans les bras d’un autre comme elle a déjà fait par le passé, car elle ne reverra plus Ed.

C’est mal connaître Kelly, qui lance aussitôt une attaque avec l’aide de l’Union – mais alors qu’on nous annonce que la directive 21 aura encore son rôle à jouer, probablement. Comme on ne sait pas bien ce qu’elle est (à moins d’avoir oublié, ce qui est possible aussi), je vais laisser ma critique se concentrer à nouveau sur la planète Krill : Ed y est mystérieusement sauvé par les militaires qui devaient le ramener en cellule pour son exécution.

Rapidement, il est enlevé par d’autres Krill violents qui n’hésitent pas à tuer les gardes, et cette capitale paraît bien peu sécurisée franchement. Cela ne me préparait pas pour autant au décrochage de mâchoire qui allait s’ensuivre : on découvre en effet qu’Ed et Teleya ont eu… un enfant ensemble. Oui, oui, il existe désormais une petite fille mi-Krill, mi-Terrienne. Teleya ne s’est jamais présentée à elle comme sa mère et Ed n’a jamais su qu’elle existait.

Anaya, c’est son nom, est une métis sympathique comme tout, mais j’ai du mal à capter l’âge avancée qu’elle a déjà. Elle est heureuse d’être dans cette maison en tout cas, et elle joue au Rubik’s Cube version Krill. En tout cas, l’existence d’Anaya est paisible, mais elle est surtout un levier politique incroyable : ceux qui l’élèvent ont décidé qu’Ed pourrait tout à fait se servir d’Anaya pour affaiblir la position de Teleya et la convaincre de changer de point de vue sur le traité avec l’Union.

Ce n’est vraiment pas gagné, surtout quand la flotte de l’Union approche dans l’espace. Ed, lui, décide de retourner auprès de Teleya. Entre temps, il a appris qu’elle était celle qui avait décidé de le laisser vivre et s’enfuir. L’épisode nous montre ainsi que Teleya a encore un semblant de cœur pour Ed, mais il tombe aussi super mal du côté de la date de diffusion : Teleya nous explique donc qu’il était impossible pour elle d’avorter car c’était un acte illégal sur sa planète. Ah.

Cela fait serrer les dents quand aux USA la Cour Suprême vient de redonner la possibilité aux États le souhaitant d’interdire l’IVG. Bref, nous, nous sommes dans le passé, Ed vit dans un futur où les Krill sont encore plus sadiques que les américains, à forcer les couples ayant décidé d’avorter d’être confrontés à un hologramme de leur enfant.

L’épisode a toutefois déjà perdu beaucoup de temps : il faut donc avancer bien vite pour en arriver à l’exécution prévue par Teleya de la délégation. Alors qu’elle s’apprête à les poignarder, elle apprend le retour de l’Orville dans le ciel. La bataille spatiale qui s’engage est impressionnante, mais elle n’est pas la seule surprise de l’épisode. En effet, la directive 21 finit par faire son petit effet : John et Claire débarquent sur la planète Krill en étant eux-mêmes des Krill. Bien joué, Claire.

Cela permet à notre duo d’intervenir à temps pour sauver la délégation, même si le président a pris un petit coup de poignard de Teleya. La délégation permet à s’enfuir grâce aux talents de pilotes de Charlie et John. La fuite est ainsi possible et permet à l’Orville comme au reste de la flotte encore non détruit de revenir sur Terre. Les Krill ne poursuivent pas les vaisseaux de l’Union et tout est bien qui finit un peu moins bien, mais pas si mal.

Kelly et Ed peuvent ainsi papoter une fois sur Terre dans un appartement semblable à celui qu’ils avaient, et ils peuvent même se prendre un petit déjeuner loin de la guerre sur le point de venir éclater ailleurs dans la galaxie. Le président de l’Union laisse le choix à Ed de tenter de stopper Teleya en révélant l’existence d’Anaya, mais celle-ci n’étant qu’une enfant de laquelle il se sent déjà proche, Ed décide de… ne pas se servir d’elle.

C’est la meilleure décision, d’autant plus que Teleya continue d’observer sa fille. Tout n’est peut-être pas perdu… mais cet épisode nous ramène quand même plusieurs pas en arrière.

The Orville – S03E03

Épisode 3 – Mortality Paradox – 18/20
La série propose vraiment une saison de qualité, même si c’est grandement au détriment de l’humour qui était dans son ADN d’origine. Malgré tout, cet épisode a quelques moments pour rire, et beaucoup pour être à fond dans son intrigue. J’aime vraiment énormément le concept de l’épisode et le paradoxe qu’il souhaite développer, même si le titre en dit presque trop et même si la conclusion était un peu trop abrupte à mon goût. Ce n’est pas la première fois avec eux, cependant.

Spoilers

Une planète déserte est soudainement habitée, d’après les scans de l’Orville.

We never should have left the ship.

Quitte à être forcé de rester dans le noir parce que la canicule est violente, je me suis dit que je pouvais bien me faire une soirée dès cet après-midi. Pas d’article du jour, donc, mais un petit épisode de The Orville qui fait bien plaisir à voir par ces temps chauds. Ecoutez, on fait ce qu’on peut comme on dit.

L’épisode commence par un retour de Talla à bord de l’Orville après une petite permission chez ses parents. Cela continue d’être un peu compliqué de savoir comment ils font un aller-retour d’un bout à l’autre de la galaxie, ou de plusieurs galaxies d’ailleurs, mais écoutez, c’est ce qu’il se passe malgré tout.

Talla revient donc de vacances, mais en avance et avec un rapport pour Kelly et Ed : elle a repéré un signe d’activité Kaylon dans une zone normalement habitée par les alliés de l’Union, ce qui n’est vraiment pas rassurant. De toute manière, l’information est vite laissée de côté pour passer à autre chose : Talla a aussi ramené des cookies locaux à tout le monde.

Et alors que tout semble se passer pour le mieux à bord de l’Orville, avec un retour à l’humour habituel de la série sur le summer body de Bortus (juste ce qu’il faut pour culpabiliser de ne pas en avoir un), Isaac alerte tout le monde qu’il capte de la vie sur une planète qui devrait pourtant être inhabité. Et pas qu’un peu, en plus. Définitivement, la série laisse tomber l’humour pour quelque chose de bien plus sérieux cette saison, mais ça lui réussit à merveille.

Gordon, Kelly, Talla, Ed et Bortus se rendent aussitôt en exploration sur la planète Narran 1, censée être une coquille déserte, mais désormais peuplée par une population qui en serait au vingt-cinquième siècle à peu près. Rien que ça. On note que c’est désormais Charly qui récupère la place d’Ed et Kelly quand ils vont en mission d’exploration. J’ai raté quelque chose là.

Nos personnages aussi ont raté quelque chose : le temps d’atterrir, ils arrivent sur une planète remplie de forêts au lieu des villes précédemment scannées par l’Orville. Au milieu de la forêt, il y a toutefois une forme de vie : ils tombent ainsi sur ce qui ressemble à une école, ou plus précisément un lycée de style XXIe siècle selon eux. Ils sont sacrément bien renseignés sur notre siècle une fois de plus. Ce qui pose problème au groupe est toutefois qu’il ne devrait rien y avoir sur cette planète, pas même des forêts. En plus, cette fois, le bâtiment n’est pas sur les cartes, alors ce n’est pas rassurant.

C’est encore moins rassurant quand Oakwood, ce lycée, stransforme soudainement en prison pour notre équipe : ils ne parviennent plus à contacter le vaisseau, n’arrivent pas à ouvrir la porte ou casser les fenêtres.

Et puis, le lieu choisi est parfait pour une prison : nos héros se retrouvent en plein lycée, peuplé par des adolescents qui font leur vie sans s’inquiéter outre mesure de la présence de Bortus, un extra-terrestre. C’est plutôt marrant à voir au départ, mais ça devient juste super bizarre très rapidement quand tous les lycéens retournent en cours et que l’équipe se sépare une fois de plus pour enquêter et analyser ce qu’il se passe. Depuis l’Orville, il n’y a plus de signe de vie, mais sur place, les capteurs identifient comme humains les élèves et les profs.

Bortus et Talla ont ainsi droit à un petit cours d’histoire après avoir demandé l’année en cours (ça m’arrange pour le Bingo ça), Kelly et Ed font leur vie sans qu’on en sache beaucoup plus et Gordon… se fait harceler. C’est assez violent, parce qu’un groupe de brutes lui tombent dessus et ne lui laissent absolument pas le temps de répondre qu’ils le frappent déjà. En plus, Bortus et Talla essaient de le rejoindre dans les toilettes des hommes, mais en vain.

Bref, il ne fallait pas se séparer. Après un passage par la cuvette des toilettes, Gordon découvre donc qu’il doit de l’argent à un certain Randall. Au moins, cela donne une piste à notre équipe qui se rend à la cafétéria du lycée pour tenter d’en savoir plus. Tout ce qu’ils apprennent, c’est qu’il y a bien une brute qui a l’habitude d’harceler absolument tout le monde au lycée, et qu’il vaudrait mieux payer Randall.

Gordon est vraiment blessé pour le coup, et ça inquiète nos héros. Ils comprennent qu’ils peuvent être blessés par ce lycée finalement, et ils espèrent pouvoir en sortir. Par chance, la sonnerie retentit et ils n’ont qu’à suivre les élèves pour ça, après tout. Ils tentent évidemment de sortir du lycée en fin de journée, et quand ils le font, ils sont bien embêtés de se rendre compte qu’ils n’ont plus de vaisseau sur place et que la forêt a disparu au profit de tout un véritable campus. C’est original comme idée, et ça les emmène rapidement sur un terrain avec des gradins.

Cela tombe bien, ils ont justement besoin d’y retrouver Randall. Seulement voilà, Randall est loin d’être un lycéen comme les autres. Non, non, Randall, c’est un monstre gigantesque qui n’en a rien à faire des pistolets laser de l’équipe. C’est intrigant comme tout, et ça mène à une scène de combat intéressante. Gordon est à ça d’y passer, mais dans les mains de Randall, il semble soudainement lui arriver quelque chose, comme si son cerveau était gelé – d’après ce qu’il décrit ensuite. Ses yeux deviennent blancs, pour nous.

Nos héros retournent aussi vite que possible à l’intérieur du lycée… pour mieux se retrouver au sein d’un avion. C’était beaucoup drôle à voir après une sacrée scène d’action comme celle-ci.  Forcés de rejoindre les sièges qui leur sont attribués, nos héros ne sont clairement pas rassurés d’être dans un avion du XXIe siècle. Ils prennent malgré tout la décision de jouer le jeu.

Cela dit, tout ça ne dure qu’un temps : rapidement, Gordon se rend compte que les pilotes de l’avion semblent faire exprès de se diriger vers les pertubations et l’orage. Et pour cause : quand Talla défonce la porte du cockpit, toute l’équipe découvre qu’il n’y a pas de pilotes. Il y a juste une insupportable hôtesse de l’air, mais elle ne résiste pas vraiment au point de Kelly, elle.

En sortant de l’avion, nos héros se retrouvent à nouveau dans un nouvel endroit, moins reconnaissable cette fois. Eclairés par de la lumière rouge, ils ne peuvent bien sûr pas sortir de l’endroit comme ils le veulent. Les détecteurs qu’ils ont sur eux permettent au moins de savoir qu’ils peuvent se diriger vers une chambre vide un peu plus loin.

Ed en profite pour se confier à Gordon : il a senti lui aussi son cerveau se geler. Assez clairement, on nous propose un épisode où chaque personnage a le droit de vivre certaines de ses plus grandes peurs, je pense. En effet, ce nouvel endroit où nos héros arrivent n’est autre qu’une morgue Moclan. C’est donc au tour de Bortus de prendre cher, j’imagine. Et quand Talla ouvre les cercueils, il n’y a plus aucun doute.

Kelly se retrouve en effet nez à nez avec le cadavre du conjoint de Bortus, qui l’étrangle juste assez longtemps pour que Bortus se sente en-dehors de son corps et cerveau gelé lui aussi. Il avertit les autres, et hop, une nouvelle porte apparaît. Ils n’en ont pas trop envie, mais nos héros n’ont d’autres choix que de se lancer à l’exploration de ce nouveau territoire qui s’ouvre à eux : un escalier descendant vers… un grand vide noir.

Ils finissent néanmoins sur Xelayah grâce à un portail. Xelayah, c’est la planète d’origine de Talla. Au moins, ils ont de la chance : la planète n’est qu’une illusion car la gravité sur place devrait théoriquement les tuer. Comme ce n’est pas le cas, ils décident d’explorer davantage encore : Kelly refuse qu’Ed, blessé à la tête, soit leader sur cette exploration. Elle prend donc un radeau de fortune avec Talla et Gordon pour se rendre au près d’une lumière clignotant sur la rive en face d’eux.

Pas de chance, c’était une mauvaise idée : un monstre sous-marin gigantesque s’attaque évidemment à eux et attire Kelly au plus profond du lac. Étonnamment, c’est donc elle qui est face à l’une de ses peurs… Cependant, ça fonctionne aussi avec celle de Talla qui doit avoir peur de perdre quelqu’un, j’imagine, parce qu’elle dit l’avoir senti aussi. Bien ?

Ils ont donc tous eu peur et tous eu le cerveau gelé. Une nouvelle porte apparaît malgré tout, mais Ed refuse de s’y engouffrer. Il est à bout de nerfs, clairement, et il préfère indiquer à la personne qui s’en prend à eux qu’il préfère encore être tué. Mouais, faut peut-être pas exagérer. Comme rien ne se passe, nos héros décident de s’éloigner de la porte. Ne la franchissant pas, ils se lancent dans une randonnée pour ne pas tomber dans un piège.

Pourtant, ils tombent bien dans un autre piège, suivant soudainement une source d’énergie dans une cave. Cela ne me paraît pas la meilleure des idées dans ces circonstances, franchement. Et pourtant, c’est une bonne idée : ils tombent sur un générateur d’illusion puissant et projetant très loin ses illusions. Bortus désactive le bouclier qui protège ce générateur, Ed le détruit et… nos héros se retrouvent sur Narran 1, le désert que la planète est censée être, avec les blessures toujours là hein.

Pendant ce temps, sur l’Orville, c’est Lamarr qui est aux commandes. Quand il se rend compte que toute son équipe a disparu, il décide d’envoyer une autre équipe de secours sur la planète, quitte à perdre tout le monde. Je dois avouer que même si j’adore les personnages coincé dans le lycée, moi je suis team Isaac sur ce coup : il souligne que c’est une mauvaise idée d’envoyer d’autres personnes sur place. Charly l’accuse d’être égoïste comme un Kaylon, mais bon… Envoyer Claire sur une planète dont elle risque de ne pas revenir, c’est n’importe quoi.

Une fois sur place, Isaac, Claire et deux randoms en red shirt (bye bye ?) se retrouvent au beau milieu d’un désert. La planète semble avoir repris la forme qu’elle devait avoir originellement. Le plus inquiétant, c’est qu’ils trouvent bien la navette de nos héros – qui pendant ce temps-là expérimentent quelques turbulences dans l’avion. Et à bord de la navette, rien ne permet d’indiquer ce qui est arrivé.

Forcément, Claire et Isaac retournent sur l’Orville morts d’inquiétude. Par chance, ils finissent par être rassurés de l’arrivée de toute l’équipe quand ils détruisent le générateur. Et tout ça finit par permettre aux héros d’analyser le générateur, ou ce qu’il en reste. Claire nous explique ce qu’il s’est passé technologiquement parlant : le générateur est l’équivalent de leur producteur d’hologramme et de leur salle de simulation, mais sans la sécurité qui fait qu’ils ne peuvent s’y blesser. Rassurant.

De son côté, Lamarr n’est pas plus rassurant cela dit : il fait le lien avec la première scène de l’épisode. En analysant le générateur, il s’est rendu compte qu’il était clairement une création des Kaylon. Cela n’est absolument pas surprenant, contrairement à la suite de l’épisode.

Ed et Kelly contactent rapidement le supérieur en chef pour l’avertir de ce qu’ils ont trouvé. Celui-ci leur donne rendez-vous pour le récupérer, mais Isaac informe toute l’équipe que les vaisseaux qui approchent ne sont pas des vaisseaux de l’Union. Ce sont des vaisseaux Kaylon. Forcément. Cette partie-là, je m’y attendais : la conclusion de l’épisode était vraiment trop simple avec la destruction du générateur là. En attendant, Charly remet encore en question l’expertise d’Isaac, évidemment. Je veux bien l’apprécier, moi, la Charly, mais elle est sacrément insupportable et elle a une fois de plus complètement tort évidemment. Elle s’en rend compte quand l’Orville est sous attaque.

Le problème, c’est que l’épisode décide à ce moment précis de nous indiquer qu’il est en train de complètement nous balader depuis le début. Je me suis fait avoir comme un bleu : tout ce beau monde est encore dans une illusion, évidemment, et le plus inquiétant, c’est qu’on le découvre quand nous revenons sur l’Orville, le vrai, où tout le monde est inquiet pour Ed, Kelly, Gordon, Bortus et Talla. Pourtant, ils reçoivent justement une communication de Talla.

Celle-ci attend à son point de rendez-vous de retour de permission depuis trois heures sans que l’Orville ne soit là pour venir la récupérer. Oui, nos héros ne sont donc pas avec Talla depuis le début de l’épisode. C’est… inquiétant ? L’illusion va encore plus loin que prévu et l’Orville de la simulation est vraiment en sale posture. Ed est forcé d’annoncer l’évacuation de l’Orville, un vaisseau Kaylon fonce sur eux pour les détruire et…

Rien ne se passe. Charly et Isaac restent complètement figés, contrairement à Ed, Kelly, Gordon et Bortus. On ne voit pas Talla immédiatement, mais quand celle-ci se lève, il est révélé qu’elle est en fait Dinal, une étrange femme extraterrestre. Je dis étrange, parce que son look est horrible. Dinal est super zen pour le coup, proposant même du thé à l’équipe.

Cette fois, l’illusion s’arrête pour de bon, et j’ai énormément aimé la scène qui suit. Dinal explique, de manière très bavarde, tout ce qu’il s’est passé. Elle est une entité venant de la planète où Kelly a été vénérée comme une déesse pendant quelques siècles, et j’aime l’idée de faire un tel lien avec un des épisodes les plus marquants de la série. Depuis tout ce temps, par contre, on découvre que 50 000 années se sont déroulées pour les habitants de cette planète qui sont désormais immortels.

Plus que ça encore, ils ont trouvé un moyen de diriger l’évolution et de ne faire qu’un avec l’univers et le cosmos. Le moment où les personnages avaient le cerveau gelé ? Eh bien, c’était le moment où Dinal partageait leur esprit afin de ressentir la même chose qu’eux. En effet, ils ont eu l’expérience d’une mort très prochaine, et c’est exactement ce que Dinal voulait ressentir par curiosité scientifique.

Ma foi, ça se tient, même si ça reste décevant comme conclusion pour l’épisode, car je me voyais déjà à kiffer une invasion Kaylon par une arme si puissante. Là, Dinal nous explique qu’elle peut créer des univers sans souci et qu’elle reverra l’équipage de l’Orville de toute manière, parce qu’elle les trouve intéressant.

Une fois qu’elle disparaît, notre équipe peut rejoindre l’Orville comme si de rien n’était. Ed n’est toujours pas convaincant dans les explications qu’il fournit quand il reprend contact par radio par contre, c’est abusé. Je n’aimerais pas être Lemarr pour le coup. Bon, finalement, tout ça signifie que les Kaylon ne passent finalement pas du temps dans des zones de l’Union et que tout est bien qui finit bien. Ed déclare même qu’il aimerait vivre pour l’éternité afin de voir ce qu’il va se produire. Mouais. C’est logique étant donné la série, mais ce n’est pas une conclusion à la hauteur de l’épisode je trouve.