Oh la déception ! Je pensais vraiment que ça pourrait être ma bonne découverte du mois d’août, mais c’est une catastrophe. Déjà, je m’attendais à une série sur des étudiants – au sens à la fac – et ça se passe au lycée. Bon, les acteurs ont l’air d’avoir trente ans, mais soit. Ensuite, la série me rappelle Riverdale dans ce qu’elle faisait de pire : sa narration. La voix off est omniprésente, insupportable, hautaine et franchement détestable. Enfin, on nous ménage de faux suspense et des scènes hyper sexualisées juste pour le principe de faire mouiller Ryan Murphy. Non, vraiment, quelle angoisse. Et pourtant, j’avoue, y a un petit truc qui donne envie de revenir pour avoir la suite de l’histoire. Le masochisme. J’ai réussi à quitter American Horror Story, cependant, et je vais faire de même avec celle-ci. Je passe mon tour.
Spoilers
Un serial killer pose ses valises à Los Angeles.
We had to deal with the serial killers.
Le début nous balance le 23 mai 1980 à la sortie du film Shining. La DA est claire : nous sommes en 1980 aux USA, pas loin d’un Hollywood ensoleillé. Nous allons suivre la vie d’un jeune auteur, qui a déjà sorti son premier roman et qui nous raconte sa vie en nous balançant toutes les marques qu’il porte ce jour-là sur lui. C’est un espèce de mix entre Gossip Girl et Riverdale ce début, franchement. Et ce n’est pas bon signe. J’ai envie d’y croire pourtant, j’ai vu passer quelques retours positifs.
Le problème, c’est que ce début d’épisode est déjà tellement bavard. Le type nous raconte sa vie et… Pourquoi il nous parle de téléphone et réseaux sociaux si on est en 1980 ? Eh, flemme. Ce serait donc un narrateur adulte qui nous parle ? Du coup, c’est un vieux con de boomer qui considère que la technologie, c’est mal (à raison, je sais, mais y a des manières de le dire, quoi).
Rectification : vieux con de boomer gay, clairement. Il est totalement fasciné non par le film qu’il vient voir, mais par un autre cinéphile dans la salle. Un jeune homme « assurément bronzé partout ». Pardon, mais qui se dit ça en croisant quelqu’un qu’il trouve beau ? Si je comprends la critique de Shining par rapport au roman, qui critique le film pour ce qu’il est, hein ?
Le pire dans tout ça ? Notre héros est un adolescent, sa voix off nous prend de haut à nous raconter que les jeunes d’aujourd’hui ont la vie facile et moi, je ne peux m’empêcher de penser à Riverdale tout le long. Quand en plus on nous enchaîne sur le fait que la vie dans les années 80 était plus difficile à cause des serial-killers en nous montrant une jeune femme rousse qui rentre dans sa villa luxueuse à la recherche de son chien, j’ai juste envie de hurler CARAMEL CARAMEL CARAMEL.
Bref. Ce ne sera pas un coup de cœur cette série, c’est impossible. Elle traîne déjà en longueur – la rousse ne se fait même pas tuer sur le champ – et son narrateur m’insupporte. Est-ce que je vais aller au bout de la saison ? Je ne suis pas sûr. Se dire ça moins de dix minutes après avoir fait play, c’est mauvais signe.
La jeune femme rousse qu’on nous vend comme une lycéenne (elle est plus vieille, non ?) passe en tout cas la journée seule dans sa villa. Elle regarde un film d’horreur (alors qu’elle se dit traumatisée par Shining ?) et reçoit des appels au téléphone dignes de Scream. Pas de chance : elle ne connaît pas encore Scream.
OK. Cette série va me rendre dingue : elle a tout pour être bien niveau budget, ambiance, casting… mais elle ne parvient pas du tout à me convaincre pour l’instant. Les faux suspenses sont importants pour créer l’ambiance, pourtant. C’est quand elle va reporter la disparition de son chien que notre jeune femme se fait finalement attaquer violemment par quelqu’un qui la kidnappe. Soit.
Un an plus tard, en septembre 1981, nous retrouvons notre narrateur au volant de sa voiture. Il habite toujours à Los Angeles et vit sa meilleure vie avec ses meilleurs amis Thom et Susan. On nous vend à présent le roadtrip habituel en bord de mer, les inévitables sorties au centre commercial pour acheter des CDs et l’anticipation de la rentrée scolaire. Putain, on enchaîne les clichés vraiment. Je pense que cette série n’est pas pour moi. C’est trop triste.
Bref. Notre narrateur se rend finalement voir sa petite amie Debbie pendant qu’elle fait du cheval. Oui, oui, il a une petite-amie, même s’il est à peu près évident qu’il n’est pas attiré par elle. Il n’y a qu’à voir comment Bret raconte leur rencontre. Ouais. Le narrateur s’appelle Bret. La série verse presque du côté d’Euphoria dans la genèse improbable de ce couple, avec Debbie qui demande à Bret de coucher avec lui pendant une pool party. Pourtant, Bret préfère clairement fantasmer sur Thom tout en prétendant être amoureux de Susan.
Tout le monde a la clope au bec et à la trentaine, même s’ils sont supposés être en terminale, c’est trop perturbant. Par contre, il faut reconnaître aux années 80 que les looks étaient dinguissimes. Enfin. C’est toujours pareil : la série les fantasme aussi, c’est évident. Il y a l’air d’avoir plein de fantasmes sur ce qu’était cette époque, sur la liberté sexuelle, sur l’homosexualité, aussi. C’est… blasant. J’espérais tellement que ce serait ma série de l’été !
La veille de la rentrée, il y a bien sûr une grosse soirée pour tous les lycéens du coin. Bret s’y fait larguer par Ryan (oui, il est en couple avec Bret, mais y a un truc avec Ryan apparemment) et nos quatre héros se font des rails de coke en imaginant leur parfaite dernière année de lycée. C’est vrai que ça manquait pour les rendre encore plus détestables.
J’annonce tout de suite que si je reste, ce sera pour les voir y passer les uns après les autres et m’en délecter. En attendant, il faut les voir se draguer, se rouler des pelles, se coller, se la jouer sexy et angoisser de l’arrivée d’un nouveau dans leur classe. Oh, pas n’importe qui : Robert, le type sur lequel Bret fantasmait un an plus tôt.
En attendant qu’il le sache, le narrateur essaie de nous garder devant notre écran avec l’annonce que c’est leur dernière nuit paisible. Ben j’espère bien parce que c’est long là… Malheureusement, le choix est fait de rallonger encore et toujours ce pilot : on voit donc Bret entamer une conversation avec son beau-père. Le père de Debbie serait apparemment homosexuel et prédateur avec tous les potes de sa fille, alors forcément, Bret joue avec le feu et vient le voir dans son jacuzzi. La série en profite pour nous introduire un pote du père, qui prend plein de photos sur son polaroïd. Soit ?
C’est très clairement l’amant du père de Debbie, qui a aussi une relation cheloue avec la femme de celui-ci. La mère de Debbie se drogue autant que sa fille et est défoncée, mais pas naïve : elle sait que son mari drague des mecs et demande donc à Bret de tout lui raconter.
Dans tout ça, Bret met longtemps à rejoindre sa copine dans sa chambre. Debbie peut donc encore se droguer dans sa chambre digne d’une Barbie et l’attendre en répondant à des appels anonymes au téléphone. Cela n’empêche pas la scène la plus gênante qui soit avec Bret qui lui fait un strip-tease.
Alors que Bret couche avec Debbie, on nous révèle que loin de cette relation publique, il mène aussi une vie secrète pendant laquelle il couche avec Matt Kellner. On ne sait pas bien qui est son amant, mais il a l’air plus heureux avec lui. Par contre, putain, ça en fait des fantasmes à vivre pour un seul personnage. Finalement, c’est pire que Riverdale.
S’il semblait heureux au lit, dès qu’ils se mettent à parler, Bret change d’avis. Il explique à Matt qu’il pense qu’il vaut mieux arrêter de coucher ensemble, puis le regarde chercher de quoi se droguer. Bret se demande tout de même pourquoi les poissons de Matt ont disparu de l’aquarium – mais Matt n’a pas l’air de s’en préoccuper plus que ça. Qu’est-ce que c’est que cette série ? Il s’en fout même de la disparition de son chat. Bon, d’accord. Un serial killer qui fait disparaître les animaux de compagnie, c’est noté.
Le lendemain matin, c’est le premier jour de l’année pour les terminales. Bret commence la journée en se masturbant, évidemment, tandis que deux de ses camarades sont en train de retrouver un cadavre exposé sur le court de tennis du lycée. Enfin. La chronologie n’est pas claire : quand Bret regarde la télé, il est dit que la découverte du corps date de la veille. Est-ce que ça peut être mal écrit à ce point ? Peut-être, en vrai, on ne sait jamais.
Bret se rend tout de même au lycée pour découvrir que la statue a aussi été abîmée – avec plein de sang dessus. Il serait temps d’en finir avec ce pilot, mais non, on nous propose 50 minutes. Quelle joie. Bret passe sa journée le plus normalement du monde, en papotant avec ses potes et en matant les mecs autour de lui.
Il est tout de même promis que la journée sera différente des autres et qu’ils auront peur. Il est donc temps d’avancer vers autre chose : l’arrivée de Robert au lycée. Bret est évidemment ravi de voir arriver le type du cinéma, mais il le trouve très bizarre quand celui-ci lui ment. Bret insiste pour dire qu’il l’a vu au cinéma un an plus tôt, donne plein de détails et… non, sérieux, c’est pas possible ? Il est censé être dans le placard, on a connu plus discret comme move pour y rester. En plus, Robert n’a pas l’air de vouloir y rester, à directement parler avec un autre type que Bret avait repéré et à lui faire des bisous de loin là. C’est censé être excitant ? un fantasme ? Pitié.
La scène suivante voir Bret surveiller une conversation entre Robert et Matt. Ben décidément, il va tous se les taper ou quoi ? Ce n’est que le premier épisode, alors non. On va juste suivre une course poursuite pas bien passionnante en voiture entre Bret et Robert. J’ai l’impression d’être dans Le cœur a ses raisons avec ces noms. Au départ, Bret suit donc discrètement la voiture de Robert, mais ça termine en excès de vitesse certain et en course poursuite.
Bret est mauvais, bien sûr, double donc celui qu’il suivait, puis se fait rentrer dedans par lui. Cela semble faire rire Robert de taper volontairement dans le cul de Bret – eh, je ne parle que de voiture, voyons. La scène est tellement bizarre. En plus, Bret réussit finalement à s’en tirer, mais recommence aussitôt à stalker Robert quand il le croise au supermarché.
Ils finissent par se parler pour mieux permettre à Robert de continuer à jouer avec Bret. Il lui pose donc des questions d’hétéro alors qu’il est à peu près clair qu’il ne l’est pas. Tout ça nous mène au cliffhanger qu’on a vu arriver depuis un moment : Bret rentre chez lui et apprend à la télévision qu’il y a un serial killer qui frappe dans sa petite ville de Los Angeles (lol). Sa spécificité ? Il dépèce des animaux pour mieux en mettre des parties sur ses victimes. C’est original, mais est-ce suffisant pour donner envie de rester ?
Apparemment, non. Du coup, on nous rajoute le fait que Bret reçoive un coup de fil mystérieux avec quelqu’un hurlant à l’aide. Pff.
