Salut les sériephiles,
M6 commence ce soir la diffusion de la saison 9 de 9-1-1 et j’ai eu envie de profiter de l’occasion pour revenir dessus, parce que j’ai passé une bonne partie du deuxième épisode à être dépité – j’imagine que je ne dois pas être le seul, alors me voilà. Le plus étrange, c’est qu’elle commence très bien cette saison : j’avais mis 17/20 au premier épisode et j’étais même plutôt rassuré de voir que la série pouvait continuer après la mort de Bobby sans donner immédiatement l’impression qu’il manquait la moitié de son ADN. Dès le deuxième épisode, par contre, je tombais à 7/20. Ça donne une petite idée de la chute terrible de cette saison.
L’image à la une le montre : je pensais vraiment que l’absence de Bobby serait le gros problème de la saison 9. Finalement, pas tellement. Elle se ressent, évidemment, mais le premier épisode a même réussi à me convaincre que la série pouvait continuer sans lui. Ce qui ne va pas dans cette saison est beaucoup plus simple : 9-1-1 veut parfois tellement être plus spectaculaire, plus folle et plus énorme qu’avant qu’elle oublie ce qu’elle fait de mieux, et ça, dès son horrible deuxième épisode.
Rien que les trois premières critiques montrent tout le problème que traverse cette saison :
Je crois que mon principal problème avec cette saison 9, c’est que 9-1-1 ne sait plus très bien jusqu’où elle peut aller dans le n’importe quoi, ce qui est tout de même embêtant pour une série dont le n’importe quoi fait justement partie du concept depuis le début. J’ai accepté sans broncher des tsunamis, des tremblements de terre, des accidents complètement improbables et à peu près toutes les catastrophes possibles tombant régulièrement sur les mêmes personnages. Je ne vais donc certainement pas me réveiller après neuf saisons pour réclamer du réalisme.
Seulement, il y a une marge entre s’arranger avec le réalisme et raconter n’importe quoi. On appelle ça « jumping the shark » dans le jargon des séries, et la série le fait très bien dans ce deuxième épisode. Athena et Hen dans l’espace, j’ai eu du mal – et pas uniquement parce qu’elles vont dans l’espace, d’ailleurs. Toute cette première grosse intrigue veut constamment en rajouter une couche (attention, je spoile un peu l’arc dans ce paragraphe, sans trop en dire) : la tempête géomagnétique, les problèmes de communication, les satellites, les machines qui se mettent à déconner sur Terre… Au bout d’un moment, je ne suis plus inquiet pour les personnages, je regarde simplement la série essayer de trouver la prochaine idée encore plus énorme et idiote que la précédente.
Ce qui m’agace d’autant plus, c’est que la saison prouve ensuite plusieurs fois qu’elle n’a absolument pas besoin de ça pour fonctionner. Sans trop entrer dans les détails pour ne pas spoiler, mais pour rassurer ceux qui auraient envie d’arrêter la série à ce stade : le 9×07, par exemple, m’a beaucoup plu et a terminé à 18/20. Il y a des interventions, de l’humour, du suspense, des interactions entre les personnages et juste ce qu’il faut de drama. Rien de révolutionnaire, mais j’ai retrouvé 9-1-1 dans cet épisode, qui sera diffusé d’ici quelques semaines en France. Il suffit de tenir bon, en attendant.
En bref, à chaque fois que la série arrête d’essayer de battre son propre record de catastrophe, elle redevient bien meilleure et le problème, c’est que ce début de saison est trop dans la surenchère. Après, l’autre gros souci habituel avec la série mais qui n’aide en rien, c’est cette impression que tout doit aller beaucoup trop vite. Cela va encore traverser toute la saison 9 et être frustrant à plus d’une reprise. L’avantage, c’est que ça permet de se débarrasser de ce début de saison raté. L’inconvénient, encore et toujours, c’est que la série trouve encore des choses intéressantes à raconter sur ses personnages mais elle semble parfois vouloir les résoudre avant même qu’elles aient réellement commencé.
Après neuf ans, je regarde 9-1-1 parce que j’aime ces personnages. Bien sûr que j’ai envie de voir quelle idée absurde les scénaristes ont trouvée pour coincer quelqu’un dans un lave-vaisselle ou faire tomber un satellite sur Los Angeles, mais ce n’est plus vraiment ça qui me fait revenir chaque semaine. J’ai davantage envie de voir Buck, Hen, Chimney, Maddie et Athena évoluer – allez, même Eddie hein. La saison 9 ajoute un peu plus à la liste Ravi, Harry et May ; ce qui me va parfaitement. Mes meilleures notes de la saison correspondent justement aux épisodes où la série se souvient de ses personnages et arrête de vouloir envoyer tout le monde dans l’espace. J’espère que quelqu’un s’en est rendu compte avant la saison 10 qui commencera aux US mi-octobre.
Et en attendant, vous pouvez (re)voir la saison 9 sur M6 et retrouver toutes mes critiques de celle-ci semaine après semaine sur le blog.
