Ça y est, la saison 2 des Anneaux de Pouvoir commence aujourd’hui ! Avant de plonger dans la suite, un retour sur la première saison me paraissait plus que nécessaire… et je me suis dit, tant qu’à faire, autant en faire un article même si je ne poste plus que des critiques dernièrement.
On en était où ?
Non, parce qu’a priori, j’en ai retenu que visuellement, c’est du grand art, mais côté histoire, on était face à un mélange assez inégal : Galadriel est clairement le personnage central, c’est d’elle qu’on suit la quête et ça fonctionnait plutôt bien de la découvrir beaucoup plus jeune et impulsive que dans les films. J’aimais beaucoup la relation qui se nouait avec Halbrand également, même si bon, la fin de saison 1 remettait les choses en perspective avec un cliffhanger inattendu : Halbrand n’est autre que Sauron, et Sauron, justement, arrivait au Mordor pour établir son royaume après avoir aidé à la création des trois anneaux de pouvoir. Oupsie. Si c’est clairement LE truc à retenir de la saison 1, les autres ne doivent pas être négligés non plus : la série se divisait en plusieurs arcs autour de chaque personnage.
Outre Galadriel, on avait donc l’Étranger – un homme tombé du ciel et à l’identité restée en suspens en fin de saison 1. C’est un homme capable de faire de la magie et passant toute la saison 1 à voyager avec les Harfoots. Si l’on en croit ses dernières répliques en saison 1, il y a de fortes chances qu’il s’agisse de Gandalf, même si ça ne respecte pas les livres.
Elrond et Durin, avec leur amitié compliquée, nous ont plongés dans l’univers des Nains – et à Khazad-dûm. Le mithril, découvert par Durin, est présenté comme une possible solution pour sauver les Elfes de leur déclin, mais cette quête de ressources est la cause des frictions supplémentaires entre les elfes et les nains.
En parlant d’elfes, Arondir, lui, est l’un des personnages les plus intéressants selon moi de cette première saison. L’Elfe guerrier se retrouve au cœur des tensions entre les Elfes et les Hommes dans les Terres du Sud. Sa relation avec Bronwyn, une humaine, et sa bataille contre les orcs montraient une autre facette de la lutte contre le mal. Son arc narratif culmine avec la transformation des Terres du Sud en Mordor, un moment-clé pour la saga. Il se retrouve avec Bronwyn à faire face à une terre corrompue et hostile, ce qui devrait donner de belles batailles.
Enfin, il y a Númenor. Là, la série a vraiment touché juste pour faire de grandes promesses. Les tensions politiques en ville, la montée en puissance d’Ar-Pharazôn, et la vision du destin apocalyptique de l’île… Tout ça a bien posé les bases pour une suite qui s’annonce plus que tragique.
Et maintenant, quoi ?
Pour cette nouvelle saison, j’espère avant tout que la série va capitaliser sur ce qu’elle a réussi. La diffusion a commencé ce matin à 9h01 avec pas moins de trois épisodes et déjà trois heures à rattraper. Je n’ai pas encore vu tout ça et vous serez les premiers au courant quand ça sera le cas, parce qu’il y aura bien sûr les critiques publiées sur le blog.
En vrai, j’attends dans cette saison plus de développement autour de la chute de Númenor, avec Ar-Pharazôn qui pourrait bien devenir l’un des personnages les plus intéressants. Le personnage de Galadriel doit aussi continuer à évoluer, en espérant qu’elle trouve un équilibre entre sa détermination et sa vulnérabilité. Arondir et Bronwyn, maintenant établis dans un Mordor en pleine mutation, devront probablement faire face à de nouvelles batailles – et les scènes de combat étaient vraiment belles en saison 1. Et puis, j’ai hâte d’en savoir plus sur Sauron : Halbrand était un chouette personnage, ça me soûle forcément qu’il passe du côté obscur… mais en même temps, ça peut être franchement classe de voir comment il se fera son anneau.
Et enfin, l’intrigue autour de l’Étranger et des Harfoots… n’est pas tellement celle qui me hype. Elle devrait pourtant, avec ce suspense qui fait que ça pourrait être Gandalf. C’est pourtant là que mes attentes sont les plus mesurées. J’espère que cette intrigue se connectera mieux avec les autres arcs, parce que pour l’instant, tout est très éclaté dans différentes directions et ça ne marchait pas si bien à chaque épisode.
Bref, cette saison 2 a de quoi être spectaculaire si elle réussit à ne pas se perdre dans les détails et à maintenir le rythme. Et en attendant que je me lance dans la rédaction des critiques de la saison 2, vous pouvez toujours consulter celles de la saison 1 :
C’est un dernier épisode qui est très bien pour conclure une saison, mais qui souffre tout de même de la marche forcée à laquelle on le soumet : tout va très vite, trop vite, ce qui donne l’impression que cela a été écrit sans laisser le temps de développer les personnages. Une autre impression est que la rapidité permet de réduire certains coûts de création. Bref, ça donne un épisode sympa, mais pas leur meilleur, parce qu’il y avait quelques petits moments décevants tout de même.
Spoilers
Kevin demande l’aide de Cassandra pour retrouver le bout de carte qui manque.
Oh no, I’ve revealed the secret entrance to the Fortress of Darkness !
Badaboum, c’est déjà le dernier épisode et il ne dure que trente minutes ? Je m’attendais à ce qu’il soit plus long pour tout conclure, mais rien que la durée permet de savoir qu’il ne conclura pas tout. Espérons une saison 2. Enfin, avant d’en arriver là, il faut peut-être déjà écrire la critique de cet épisode, hein.
Vers la Forteresse
Bittelig essaie de sympathiser avec le géant en compatissant avec lui sur les problèmes que rencontrent les grandes personnes, mais c’est simplement pour introduire l’épisode de manière comique. Une fois que c’est fait, on ne perd pas de temps, avec un géant qui emmène aussitôt nos bandits vers la Forteresse des méchants pour que le grand méchant puisse libérer les parents de Kevin. C’est top, il est facile à convaincre et ça tombe bien parce que l’épisode n’a que trente minutes pour tout conclure.
Trente minutes, ça reste un peu long tout de même : les scénaristes ont ainsi le temps de faire une scène où Kevin paraît bien naïf à espérer que le grand méchant accepte de libérer les parents juste parce qu’il verra que Saffron et Kevin les aiment. C’est une scène juste pour dire qu’il y a un voyage à faire, hein, parce que c’est ultra rapide, en vrai.
Dans le même genre, après huit épisodes à chercher Gavin partout et à le mentionner à chaque fois, Pénélope se retrouve à lui dire au revoir et c’est super rapide : il est bien moins affecté qu’elle, parce qu’il a déjà fait son deuil de sa relation, lui. Et Susan est là, mais tout le monde s’en fout, Pénélope a raison : les autres bandits ne lui adressent même pas la parole. Quelques épisodes de plus – ou au moins quelques minutes – auraient été bienvenues, tout de même.
Au lieu de ça, on avance à toute vitesse vers la scène suivante qui voit nos héros trouver l’entrée de la forteresse, se trouvant au milieu d’une activité volcanique assez impressionnante. Il y a plein de lave partout. L’entrée est secrète, mais les méchants ont bien l’intention de la révéler pour récupérer au plus vite la carte. Il y a tout de même un hic : les bandits ont accepté de mener Kevin et Saffron jusqu’aux portes de la forteresse, mais pas plus loin. Il faut donc se dire au revoir.
Kevin galère un peu à récupérer la carte auprès de Widgit, il a eu l’espoir de voir ses amis le suivre, en vain, et hop, on peut enchaîner. Vraiment, j’ai eu l’impression que l’épisode allait à toute vitesse, mais c’est peut-être pour réduire les coûts de postprod avec les décors en 3D à payer. On sait que ça coûte de l’argent pour être bien fait, parce qu’Evil n’a pas réussi à bien les faire dans son épisode final…
Bref. Kevin et Saffron entrent dans la Forteresse et… tombent. Widgit m’a fait rire à s’inquiéter pour la carte.
La Forteresse
Kevin se réveille alors dans sa chambre d’enfant. Ses parents viennent s’occuper de lui et le rassurer après son mauvais rêve. Mauvais rêve ? C’est assez facile d’y croire, parce qu’il a plein de jouets dans sa chambre qui évoquent les aventures qu’il vient de vivre avec les bandits. J’ai aimé cette mise en scène qui donne envie de rêver d’aventures comme si on était enfants nous aussi… mais ça ne dure évidemment pas trop longtemps.
Kevin comprend bien vite que ses parents sont en fait des démons uniquement intéressés par la carte, et ça lui permet de mettre fin à l’illusion très rapidement. Après tout, l’épisode fait toujours 30 minutes, et avec le générique svp. Kevin retrouve ainsi Saffron, puis rencontre le grand méchant. Le frère et la sœur voient aussi les parents, toujours en vie. C’est déjà ça.
Les parents assurent qu’ils ne sont pas si maltraités et que le grand méchant n’est pas si méchant que ça, et c’est plutôt drôle à voir.
Pénélope débarque alors pour aider Kevin et Saff… ou juste parce que Fianna les a capturés, enfin. J’avais oublié qu’elle était dans l’équation, elle, tiens. Cela m’a fait rire de voir le grand méchant lui reprocher d’avoir ralenti les bandits, parce que c’est ce qu’il s’est passé. Tout ça permet en tout cas de venir au bout de de l’intrigue Fianna/Widgit, bien rapidement. Vraiment, il aurait fallu plus d’épisodes pour développer chaque personnage. Un très bon point pour la série, en revanche, est qu’elle ne nous accable pas de flashbacks. Et j’aime ça.
J’aime aussi le retournement de situation suivant : il est révélé que le grand méchant est incapable de récupérer la carte par lui-même. Il ne peut la voler : il ne peut la toucher que si quelqu’un lui en fait le cadeau, la lui donne réellement. C’est con pour lui, mais c’est un rebondissement que je trouve amusant. Il reste toutefois le problème que Kevin est peut-être un agent double pour l’Être supérieur… et surtout que les bandits sont un peu stupides quand ils s’y mettent.
Chacun se laisse donc tenter et séduire par le Mal : le grand méchant offre une vision du futur à chaque personnage. Alto serait ainsi un grand acteur adoré de tous, Widgit serait utile à la société, Bittelig… est heureux dans le présent et c’est ce qu’il voit dans le futur pour lui. Pénélope remarque ça pose problème : comment peuvent-ils avoir un futur idéal s’ils sont déjà tous dans le futur idéal de Bittelig ?
C’est presque logique, alors que ça ne l’est pas, mais ça n’empêche pas le grand méchant de lui proposer un futur merveilleux avec Gavin et des enfants. Le truc, c’est que ce n’est pas si merveilleux pour elle : elle sait désormais que Gavin ne l’aime pas et n’est absolument pas convaincue par ce futur. Tout ça n’arrive toujours pas à convaincre Kevin et Saffron de renoncer à la carte et de la donner au Grand Méchant. Après tout, il veut torturer l’humanité s’ils lui donnent la carte. Pourtant, ce n’est pas le pire plan : le Grand Méchant révèle que l’Être Supérieur, lui, veut la carte pour détruire le monde.
L’Être Suprême
Comme Kevin ne lui donne toujours pas la carte, le Grand Méchant commence à torturer ceux que Kevin aime le plus. Ce n’est pas ses parents, évidemment (j’ai ri quand même), ce sont les bandits et Saffron. C’est un peu surprenant pour Saffron, tout de même. La torture est de courte durée : l’Être Suprême débarque à son tour dans la Forteresse. Le duel qui s’ensuit entre le Grand Méchant et l’Être Suprême est top.
Kevin est en position de force avec la carte. Il s’arrange pour être débarrassé de Fianna (qui veut reprendre contact avec Widgit, bien sûr) et renvoyer ses parents chez eux – ils n’ont pas l’air si ravi (mais j’ai adoré que Saffron défende son frère !)… Malgré tout, Kevin n’a toujours pas envie de donner la carte, ni au Grand Méchant, ni à l’Être Suprême. Il faut dire que les propositions ne sont pas alléchantes. Pourtant, Kevin finit par faire un choix : il a sauvé ses parents, et c’est tout ce qui compte pour lui. Il donne finalement la carte au Grand Méchant. En vrai, c’est la meilleure solution pour gagner du temps – et assister à un très joli feu d’artifice. Les bandits s’enfuient tandis que les deux grands antagonistes s’affrontent (mais l’Être Supérieur n’a pas de pouvoir dans la Forteresse donc…), et Kevin révèle alors qu’il a en fait échangé avec Saffron la boîte contenant la carte.
Le Grand Méchant est frustré de ne pas avoir la carte, l’Être Supérieur promet qu’il reviendra (cela dit, y aura-t-il une saison 2 ?) mais le vrai cliffhanger est ailleurs : quand Widgit ouvre la boîte pour retrouver la carte et alors que Pénélope réfléchit déjà à comment s’en servir pour la suite il est révélé que la carte contenue dans la boîte est désormais vierge de tout contenu… C’est un grand drama pour nos voleurs. La seule piste que nous avons est celle des agents de l’Être Supérieur que nous n’avons pas vus durant cet épisode (pas plus que nous n’avons Judy).
EN BREF
La série marque de très bons points avec cette saison 1 qui instaure son univers, son rythme très particulier et son humour auquel il faut adhérer. Comme souvent avec Taika Waititi, j’ai l’impression que ça passe ou ça casse : soit on accroche, soit on est épuisé par la lourdeur du résultat. De mon côté, il me faut un peu de temps pour rentrer dedans, mais une fois que j’y suis, j’apprécie vraiment le résultat.
La longueur aléatoire des épisodes et la diffusion par deux, ce n’était pas la meilleure des idées pour me convaincre à 100%, mais tout de même, la série a réussi à être originale (bon, c’est un reboot de film, je sais), à ne pas imposer de flashbacks et à proposer une vraie intrigue suivie… Je sais que ça pourrait être des critères de base, mais en 2024, c’est déjà un petit miracle.
Tout cela me fait penser qu’il n’y aura pas de saison 2. Oh, elle est déjà en cours d’écriture, mais elle n’a pas été officiellement annoncée, ce qui signifie que la série n’est pas encore renouvelée. J’ai tendance à être pessimiste sur l’avenir des séries désormais. En plus, le fait qu’elle ne soit pas annoncée rendra difficile une diffusion pour l’été prochain, alors on retombe dans le travers que je ne supporte pas d’une attente interminable entre les saisons. Sachant qu’il n’y a eu que dix épisodes et cinq semaines de diffusion, une attente de plus d’un an fait qu’une grosse partie de la saison sera oubliée d’ici la saison 2.
Sincèrement, c’était une bonne série, mais je ne sais pas si elle est si marquante que ça. L’avenir me le dira, je suppose.
Ma foi, c’est effectivement un beau pêle-mêle que cet épisode, mais en même temps, les scénaristes prennent soin de démêler plein de choses. Les révélations se font de manière toujours fluide et on sent qu’on approche de la fin de saison, même si je me demande tout de même vers quoi tout ça nous mène. J’ai l’impression qu’il reste plein de choses à découvrir et qu’on n’a fait qu’effleurer la surface du concept. On verra bien par la suite, je suppose.
Spoilers
Kevin demande l’aide de Cassandra pour retrouver le bout de carte qui manque.
Ah, so you’ve brought us into the middle of a war. So typical of you.
Rébellion
Ce double épisode final commence de manière originale par les agents de l’Être Supérieur en pleine rébellion. Ils n’approuvent pas les raisons pour lesquelles il veut récupérer la carte et décident donc de s’allier tous ensemble pour la voler à leur tour aux voleurs qui sont nos héros. Mais bon, nos héros sont débiles après tout, donc c’est logique de vouloir la voler.
Troie
Kevin décide de son côté de revenir à Troie. Il embarque sa sœur et les bandits dans la ville mythologique et mythique pour retrouver Cassandra, parce qu’il a bien besoin d’une petite prophétie pour sauver ses parents, puis l’univers. Et dans cet ordre, parce que c’est Kevin. L’enchaînement des scènes est plutôt bien foutu et permet à nos héros d’être jetés en prison parce que les troyens et grecs aussi sont un peu débiles à cette époque si on en croit la série. Bon, c’est l’humour de la série de toute manière, on s’y fait.
J’adore le personnage de Cassandra qui est utilisé avec beaucoup d’humour par la série : tout ce qu’elle prédit se réalisera, mais personne ne l’écoute ? Très bien, ils vont tous lui poser des questions perso et réagir à l’inverse de ce qu’elle leur annoncera. Il n’y a que Kevin pour prendre au sérieux ce qu’elle dit, surtout quand elle annonce qu’ils ne réussiront pas à battre le Mal. En même temps, c’est assez logique : l’équilibre des forces, la balance de l’univers, tout ça tout ça. Pêle-mêle, on apprend tout de même que Penelope retrouvera son fiancé, que Widgit gardera son cœur brisé et que Bittelig sera toujours seul. Sympa, et mauvais signe pour Judy.
Et en ce qui concerne la vraie raison pour laquelle ils viennent voir Cassandra ? Elle est incapable d’expliquer où est la partie manquante de la carte, mais elle propose à nos héros de chercher au dernier endroit où ils l’ont vue.
Nous voilà donc lancés dans une nouvelle quête : retrouver Susan. Nos héros quittent Troie et se baladent en bord de mer, où ils sont bientôt rejoints par Poséidon. Pourquoi se contenter de l’Histoire quand on peut avoir la mythologie, après tout ? Il y avait bien Cassandra, pourquoi pas des dieux mieux foutus que dans Percy Jackson ?
Kevin est ainsi écrasé par la main géante de Poséidon et se retrouve dans une pièce au fond blanc face à l’Être supérieur. Il craint un instant d’être au Paradis, mais non, l’Être supérieur lui explique qu’il est dans un espace intermédiaire qu’il vient de recréer en fond blanc. L’air de rien, cet étrange Dieu manipule ensuite Kevin comme il peut pour récupérer la carte : il lui propose de trahir les bandits pour récupérer ensuite la carte.
Le pire dans cette histoire, c’est que Kevin semble le croire ; surtout quand l’Être supérieur lui propose de lui ramener des parents avec une petite amélioration pour qu’ils s’intéressent enfin à lui. En fait, il ne s’arrête pas là : l’Être supérieur lui propose d’exaucer tous ses rêves et vœux… C’est trop gros pour que Kevin accepte à mon avis, on sent bien le piège, là tout de même.
La proposition
Kevin est ensuite renvoyé quelques instants après l’apparition de Poseidon, apparemment disparu sans que personne ne se pose trop de questions. Les bandits sont trop occupés, en effet, à s’en prendre les uns aux autres, reprochant principalement à Penelope d’être une mauvaise leader. Décision est alors prise de faire confiance à Widgit et de suivre son plan, ce qui n’est jamais une bonne idée.
Nos héros manquent de mourir à cause de lui, et pour s’en sortir quand tout le monde lui tombe dessus, il annonce à tous les bandits que Penelope leur ment depuis le début. Il ne se trompe pas tellement quand il utilise la carte, il suit ses ordres qui consistent à tout faire pour retrouver son ex en visitant les endroits où il pourrait être. C’est une sacrée révélation balancée comme ça, comme de rien n’était et comme si ce n’était pas grand-chose… alors que bon, quand même !
Susan
Pas grave, on enchaîne : nos héros essaient une fois de plus de sauver Susan d’une mort certaine et inévitable. C’est du moins ce qu’on croyait jusqu’à ce qu’on découvre qu’ils la pensent morte parce qu’ils voient ses chaussures en bas d’un ravin duquel elle serait tombée après avoir dit « oh, je tombe dans ce ravin ! ». Ah. Ils sont si stupides ! Bien sûr que Susan n’est pas morte, bien sûr qu’elle a volé un bout de la carte et s’est débarrassée de ses acolytes. Ces derniers refusent d’y croire, même quand Saffron leur fait remarquer que Susan est bien en vie, juste en bas du ravin, ou quand elle leur montre que Susan est en train de s’enfuir, de courir dans la direction opposée à la leur.
Commence alors une étrange course poursuite où Pénélope et ses amis sont sûrs que Susan ne les reconnaît pas. La course se fait à travers le temps et l’espace – on passe par la construction de la Grande Muraille de Chine avec un Kevin qui annonce au futur empereur de Chine que son mur prendra 2000 ans à construire (l’humour est toujours aussi bon), puis par Caffa en 1343 quand les Mongols balancent des cadavres dans la ville pour répandre la peste.
Après un petit passage humoristique sur la peste en laquelle on ne croit pas dans la ville (ah, le Covid, j’ai la réf), Susan est enfin rattrapée par nos héros. Elle peut leur dire qu’elle ne veut pas d’eux et ne veut pas être suivie… mais prend quand même le temps de les sauver quand il le faut, parce qu’ils sont dans une ville où on voudra les tuer car ils seront soupçonnés d’avoir la peste.
C’est tout de même un sacré risque qu’elle prend, parce qu’elle a fait beaucoup d’efforts pour être séparés des bandits et vivre en secret dans un endroit où ils ne la trouveront jamais puisque c’est elle qui a le morceau de carte permettant d’y accéder. Il y a une autre raison à tout ça : elle vit sur une île en déserte, en compagnie de… Gavin. Oui, ça y est, Pénélope retrouve enfin son ex dans son épisode, pour mieux découvrir qu’il est désormais en couple avec Susan. Voilà qui craint.
Gavin
Susan a fait beaucoup d’efforts pour être séparés d’eux parce qu’elle en avait marre de Pénélope, Gavin, lui, voulait simplement le temps de Pénélope. Il est peut-être le trésor de Pénélope, mais son trésor à lui, il ne l’a pas trouvé et ce n’est pas le maigre butin de Pénélope non plus. J’ai bien ri de l’étalage désespéré de son butin, de même que les vérités un peu difficiles enfin énoncées par Susan ont fait beaucoup de bien à la série.
Il était temps que quelqu’un souligne à quel point nos voleurs sont ridicules et de simples touristes. Je trouve que ça fonctionne sacrément bien et ça m’a fait plaisir. Bien sûr, le désespoir qui s’empare alors des bandits ne pouvait pas durer éternellement : Kevin rassure Pénélope en lui disant avoir besoin d’elle. C’était un peu lourdingue d’avoir des flashbacks – en tout cas, je suis passé à côté de l’émotion que ça devait procurer. Dès lors, Pénélope se lance dans un grand discours et assure qu’ils n’ont peut-être pas réussi à mener à bien les buts fixés, mais qu’ils se débrouilleront désormais pour aider Kevin et Saff à sauver les parents.
La fin d’épisode approchant, c’est sans surprise qu’il est alors révélé qu’ils sont déjà arrivés à l’endroit qu’ils cherchaient : Gavin et Susan vivent sur le chapeau d’un géant, et ça nous fait un bon cliffhanger pour mener au dernier épisode.
Je m’attendais à une fin ouverte, mais je ne m’attendais pas à une fin si ouverte. J’ai l’impression de voir une fin de saison – une fin de cycle importante avec beaucoup de changements et l’impossibilité de continuer la série sous le même format et avec la même formule, certes, mais clairement pas une conclusion. C’est très peu satisfaisant, avec même certains éléments dont la révélation est rushée alors qu’il s’agissait du cœur du mystère de la série. Oh, qu’il est dommage de rater sa fin quand on a une si bonne série !
Spoilers
Le trio ne travaille plus ensemble, mais ils passent encore tant de temps ensemble !
Bien sûr que j’ai peur de la fin et bien sûr que je ne suis pas surpris par le choix de ce titre. J’espère tout de même que la série sera rachetée ailleurs, parce qu’il est assez clair que l’actrice a envie de continuer à jouer son rôle. Et on la comprend, difficile de trouver mieux que Kristen, je pense.
Nouveau départ
Comme prévu, Kristen ouvre en tout cas un cabinet. Elle a été bien rapide, ça me surprend. Les travaux de son garage ont été bien trop rapides. C’est magnifique, cela dit. De son côté, Ben commence à bosser derrière un bureau, et le sentiment que ça lui laisse est bien résumé à l’intérieur de son tiroir : run. Oui, cours, fuis, barre-toi loin.
David n’est toujours pas parti pour Rome, ce que je trouve un peu étonnant quand on voit que les deux autres ont déjà rebondi professionnellement, mais bon, admettons. L’épisode commence par son départ de sa chambre culte pour mieux se faire harceler par l’esprit démoniaque avec la forme de Kristen en écolière. J’ai adoré la voir se mettre à le supplier de rester. C’est un peu mon état d’esprit aussi, à vrai dire.
David se rend ensuite à l’entité pour prendre son poste, mais respecter les ordres n’est pas trop son délire. Cela se voit à nouveau lorsqu’il décide de se barrer purement et simplement, parce que le prêtre lui a donné l’information que Leland allait s’en prendre à ses amis. C’est le cas et c’est hilarant : Leland essaie de se faire passer pour un des nouveaux patients de Kristen. Elle est loin de se démonter, appelle les flics devant lui et n’hésite pas à l’électrocuter autant de fois que nécessaire pour rester en sécurité. Elle est incroyable.
Ses anciens collègues devraient s’en souvenir plutôt que d’être surpris de son incroyable gestion de la situation. Elle est géniale et va me manquer. Ils vont tous me manquer et c’est clairement confirmé dans la scène où ils brûlent tous les dossiers de leurs anciennes missions. En effet, le Vatican les demande et ça ne plaît pas à David, alors les trois amis se rejoignent dans le jardin de Kristen afin de faire un grand feu de camp.
Les entendre chanter à nouveau la chanson de Noël insupportable, les voir tous les trois face au feu à boire des coups et recommencer à discuter de vraies choses… Ils me manquent déjà, alors même que la série n’est pas finie. Le choix fait est déjà clair : plutôt que de se concentrer sur la résolution des multiples mystères, on aura juste droit à un au revoir pour tous les personnages.
VR
Bon, la série ne peut pas oublier non plus qu’elle a introduit les enfants les plus géniales et insupportables de toute la télévision – de toute l’Histoire de la télévision. Les filles de Kristen se débrouillent pour une dernière bêtise, récupérant les casques VR confisquées pour se faire une nouvelle partie un peu trippante d’invocations dans un placard. C’est particulièrement génial, parce qu’on passe d’un vrai démon qui semble prendre Lynn par l’épaule à des illusions qui semblent être purement numériques. La série joue si bien sur les doutes !
Par chance, avant de s’enfoncer dans un trou étonnant du placard qui les mène ensuite en bas de la maison, Lynn a la présence d’esprit de prendre une corde. Cela ne sert finalement à rien quand la corde se coupe toute seule et qu’elles assistent au meurtre de leur mère par Leland. Avant de s’en prendre à elles.
Elles hurlent, alertant les adultes à proximité. Elles sont terrifiées, bien sûr, et racontent aussitôt ce qu’elles ont vu. Le plus alarmant dans cette affaire ? Il y a un compte à rebours qui se lance dans les lunettes : dans 24h, leur destin s’accomplira – et Kristen sera tuée par Leland. Mouais. C’est une bonne idée pour un dernier épisode, remarque. Et le générique est si génial, ça aussi ça me manquera.
Pour rassurer ses filles, Kristen décide de mettre à son tour le casque de réalité virtuelle pour essayer de voir ce que ses filles ont vu. Elle est aussitôt suivie par David et Ben. C’est une dernière enquête bien plus intéressante, je trouve. Le truc, c’est que le futur est loin d’être glorieux pour eux.
Tout d’abord, on commence par Ben qui est entraîné loin des deux autres assesseurs. Il se retrouve dans une chambre d’hôpital observée par les filles de Kristen depuis la chambre de leur mère et y voit sa propre sœur mourir. C’est triste que son destin soit de voir Karima mourir, tout de même. Pendant ce temps, Kristen se retrouve dans son nouveau bureau où Foggs monte pour elle une intervention avec des gens qu’on ne connaît pas. L’intervention ? Il s’agit d’un jugement : Kristen est une mauvaise mère, ses filles doivent être emmenées par les services sociaux. Et elles le sont. Enfin, David se retrouve à tenter de communiquer avec Andrea à travers un mur, puis se fait tuer par le démon.
Notre trio se retrouve donc terrifié dans le salon de Kristen, mais ce n’est encore que le début : ils se rendent ensuite compte qu’ils sont entourés par des tas de gens avec des casques VR. Apparemment, ils souhaitent tous rentrer dans la maison pour stopper un compte à rebours qui ne leur plaît pas. Ils veulent empêcher leur destin funeste de se concrétiser.
Tout ça est finalement lié à DF, parce qu’évidemment qu’il fallait y revenir. Les casques VR utilisent l’IA, oui, mais les utilisateurs utilisent aussi Reddit et ils y trouvent l’adresse de Kristen. Terrifiant. Les dérives d’internet, des réseaux sociaux, tout ça tout ça.
Leland
En parallèle de tout ça, Leland organise une étonnante audition pour recruter une jeune actrice hurlant pour lui. Soit. Il le fait avec son ancien avocat, toujours aussi démoniaque, et tout pourrait bien se passer… Sauf que c’est sans compter sur la sœur Andrea. Loin d’être dans sa retraite silencieuse, elle vient les narguer et leur affirmer qu’elle sait ce qu’ils font, sans se démonter face aux menaces du démon.
Et pourtant, elle ne voit pas venir le vrai plan des 60 : si l’Entité est sûre que les démons se réuniront à l’Eglise, ce n’est pas le cas. Il s’agit d’un leurre : toute l’Entité s’y réunit pour mieux être piégé par l’actrice embauchée et recevoir une carte qui leur explique qu’ils sont le nouveau mal arrivant à New-York. Ce n’est pas exactement ce qu’on imaginait. Tous les prêtres sont en tout cas asphyxiés.
Par chance, David, Kristen et Ben ont réussi à comprendre juste avant que ça n’arrive ce piège. En fait, il y a tout plein de révélations d’un coup dans l’épisode. La plus importante est clairement que la carte des 60 symboles démoniaques correspond aux 60 parties du cerveau. Mais bon. Bien content d’être sauvé par David, le prêtre principal de l’Entité propose alors à David d’emmener avec lui Ben et Kristen au Vatican. Rien que ça.
Ben refuse si le Vatican ne s’aligne pas à son nouveau salaire ; Kristen refuse tout court parce qu’elle a cinq enfants à gérer. Et bon, elle galère bien assez à les gérer aux USA en vrai, alors les emmener au Vatican, bon courage ! Les filles n’oublient d’ailleurs pas le compte à rebours en cours : elles restent donc sur leur casque VR toute la nuit pour mieux constater qu’il s’agit d’un compte à rebours menant à… une publicité pour un nouveau casque. Ceci dit, on voit aussi Leland s’introduire chez Kristen pour la tuer. Une fois de plus, elle est à ça de le tuer parce qu’elle est bien trop badass. Ben et David l’en empêchent au dernier moment et le livrent finalement à l’Eglise, sous les bons soins de la sœur Andrea.
La conclusion de la série est alors à mille lieues de tout ce que j’en imaginais, littéralement. Ben reste aux USA (tous ses problèmes au cerveau sont résolus, mais on ne sait pas pourquoi) et parle fréquemment à Kristen et ses filles en visio, quand elles suivent finalement David au Vatican. Pas de nouvelles d’Andy dans l’épisode, pas une mention à Sheryl, pas une vraie explication sur ce qu’il arrive à Leland après avoir été confié à Andrea et un nouveau chapitre mystérieux qui s’ouvre au Vatican. David et Kristen bossent ainsi ensemble au Vatican… et Kristen ignore totalement le fait qu’elle voit les yeux de Timothé devenir blancs ou qu’il a des canines à faire pâlir de jalousie un vampire. Entre ça et les effets spéciaux un peu foireux car trop ambitieux pour le budget de la série, c’est une dernière scène décevante.
EN BREF
La saison 4 est franchement réussie et donne l’impression de se diriger vers la fin de la série pendant un bon moment… mais les deux ou trois derniers épisodes ne permettent finalement pas de tout conclure. C’est une fin ouverte, ce qui ne me surprend pas, mais pas forcément sur les aspects où je pensais que ça allait être ouvert. Et c’est ainsi frustrant. C’est une bonne saison et un bon épisode de fin de saison, mais vraiment pas une fin de série.
Ils ont intérêt à trouver un moyen de faire une saison 5 – même si ça doit être sous la forme d’un livre, je m’en fiche, je veux une suite. Et une fin. Un film ? Allez bordel, ça ne peut pas se terminer comme ça ! J’aime bien l’idée que ce soit une fin pour quelque temps, mais si ça doit être définitif, ça entache sacrément l’ensemble, surtout que certaines décisions semblent un peu rushées. La famille de Kristen en Italie, avec David dans le rôle du papa, sincèrement, c’est tiré par les cheveux. Et David n’en a pas !