Westworld – S02E01

Épisode 1 – Journey Into Night – 20/20
Cet episode est long, très long, mais je n’ai pas vu le temps passer une fois de plus. Je suis vraiment trop fan de Westworld pour passer 1h15 devant et trouver encore que ce n’était pas assez et que j’en voulais plus. La saison met rapidement en place de nouvelles intrigues, avec un grand point d’interrogation général pour servir de fil rouge et plein de petites sous-intrigues. On explore de nouveaux duos vraiment intéressants, on continue les grands discours et la série n’est pas timide quand il s’agit de mettre en scène nudité et gore ; mais elle le fait toujours bien, c’est-à-dire que c’est au service de l’histoire et non juste pour le principe d’en mettre. Ce retour est donc un énorme oui pour moi !

> Saison 2


Spoilers

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The reckoning is here.

La saison commence par un excellent résumé très long de la première saison et de tout ce qui avait été mis en place. C’est déjà long, mais ces 4 minutes sont aussi nécessaires qu’agréables pour se replonger dans la série. Elles sont suivi du générique au thème musical si parfait et à l’esthétique renouvelée. Je dis oui, tout simplement, mais ce n’est qu’au bout de six minutes que l’on obtient enfin une scène inédite.

Comme en saison 1, nous reprenons sur un dialogue entre Bernard (reconfiguré) et Dolores. En revanche, cette fois, c’est lui qui raconte son rêve et lui explique que les rêves ne sont que des bruits inutiles. Le changement de perspective est intrigant et intéressant, avec Dolores remettant en question l’honnêteté de Bernard.

Celui-ci comprend qu’elle apprend vite, qu’elle change, qu’elle évolue… et ça le terrifie. Oui, c’est sûr que vu la fin de saison 1, je comprends ; et d’ailleurs on nous la ramène à l’écran, ça tombe bien. On enchaîne sur Bernard se réveillant sur une plage, et on récupère au passage un format d’image complet.

Tout ce début est intrigant, avec des militaires récupérant les rescapés qu’ils trouvent sur une plage. Le but est clairement de tuer tous les robots, mais personne n‘a l’air de savoir ce qu’est Bernard. À côté, The Crossing, c’est de l’amateurisme de maternelle franchement. Bernard tombe sur Karl Strand, à la tête de l’opération. Si c’est un employé de Delos, on se questionne immédiatement sur sa vraie identité : est-il un robot ou un humain ? Il utilise le même genre de phrases que Bernard, donc plutôt robot, mais pense sincèrement être un humain et a du pouvoir pour mettre un terme à la domination des robots, donc humain. Compliqué.

Il finit par nous apporter les informations qui nous manquaient jusque-là : la majorité du conseil d’administration de Delos était à la fête qui a viré au massacre de Dolores et cela fait deux semaines que les secours n’ont aucune communication avec le parc. Ils sont établis sur une île à proximité du parc, suffisamment en tout cas pour récupérer des rescapés, des robots à exécuter et d’autres déjà morts. Karl demande à Mr Costa, un ingénieur, que récupérer le cerveau d’un des robots pour savoir ce qu’il s’est passé. Onze jours plus tôt, Dolores l’a tué car il ne méritait pas sa place. OK.

Voir une vidéo de Dolores replonge Bernard dans ses souvenirs de ce qu’il s’est passé une quinzaine de jours plus tôt et lance toutes les sous-intrigues. C’est clair comme construction : on a la fin de l’histoire de la saison avec Bernard qui se réveille sur la plage auprès des secours et tout le reste, qui se déroule dans le passé, deux semaines plus tôt.

Deux semaines plus tôt, donc, les hôtes sont partis en vrille et ont tué tout le monde en prenant les riches investisseurs pour des hôtes eux-mêmes. Bernard s’est réfugié dans une grange avec une Charlotte terrifiée et quelques autres décidant de fuir autant que possible, quitte à tuer quelques hôtes au passage. Le problème, c’est que Bernard commence à se douter de nouveau qu’il en est un.

Malheureusement pour eux, les nouveaux personnages qui accompagnent Bernard et Charlotte ne sont pas là pour rester : ils sont rapidement tués lorsqu’ils tombent dans un piège pourtant assez évident et que Bernard a bien repéré. Comme personne d’autre que Charlotte n’est assez malin pour l’écouter, ils se font presque tous tuer. J’espère vraiment voir Charlotte survivre, car elle s’avère encore plus badass maintenant qu’elle cherche à survivre, mais le début d’épisode qui voit Bernard arriver seul à la plage n’est pas trop bon signe.

Cela dit, elle connaît le parc comme sa poche et sait où trouver un ascenseur qui l’emmène en sécurité dans un sous-laboratoire dont Bernard n’avait jamais entendu parler. Le truc, c’est que ça lui permet de se connecter, mais qu’on sait que l’extérieur n’a plus eu de nouvelles rapidement, donc ça ne durera pas. En plus, elle est en dialogue de sourd avec l’extérieur qui voulait recevoir son paquet et ne l’a pas eu. Ils n’envoient pas de secours tant qu’ils n’ont pas leur paquet, qui devait arriver la veille, donc ils sont dans la merde. Bien comme intrigue, ça promet.

Sinon, du côté marrant et finalement assez prévisible, Bernad découvre que Delos enregistre l’ADN de ses clients et les souvenirs visuels des hôtes à propos des clients. Cela doit faire un sacré paquet de sextapes quand même.

Rapidement, on retrouve Dolores qui tue des invités et parvient à prendre en otage quelques-uns pour leur expliquer, longuement forcément que les multiples rôles qu’elle a joué sont tous là en elle à se battre sur la manière de voir les invités, mais qu’un autre a évidemment le dessus : elle est désormais elle-même, et elle fait ce qu’elle veut. Elle laisse ainsi quelques invités livrés à une mort certaine, les pendant pour les laisser se suicider finalement : ils veulent survivre, certes, mais ils sont attachés par le cou et en équilibre incertain… Et cela fait plus marrer Dolores qu’autre chose, parce qu’elle s’en va avec Teddy en les plantant là.

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Bien sûr, Teddy est sceptique par rapport à la soudaine vendetta de Dolores qui prend le temps de lui expliquer qu’elle n’aime pas bien ces créatures qui leur ressemblent et parlent comme eux. Elle affirme également que Teddy est sa seule constante : il a beau être timide face au sang, elle en est toujours amoureuse.

Lui voudrait simplement se poser dans le parc et se créer un coin de paradis, mais elle n’est pas prête à ça : elle sait qu’il y a un monde d’humain en-dehors du par cet que c’est ce monde-là qu’ils doivent posséder. Yep, elle veut juste buter tous les humains.

De son côté, Wlliam – parce que je peux appeler l’homme au chapeau noir William désormais, surtout qu’iln’a pas son chapeau quand on le retrouve – se réveille sous un cadavre. Il s’est fait passer pour mort pour survivre au massacre, ce qui est plutôt malin. Il se retrouve rapidement dans une fusillade qui lui fait comprendre que la situation n’est pas encore rétablie dans le parc, et il s’en tire sans souci.

Il finit par tomber sur l’enfant robot à la tête qui s’ouvre toute seule. Il est clairement une copie de Robert et il lui pose quelques questions pour le diriger dans sa nouvelle quête. Oui, le nouveau scénario, le nouveau jeu est enfin expliqué : il suffit de s’échapper du parc. On s’en serait douté, mais au moins comme ça, ça apporte rapidement la réponse (enfin, rapidement par rapport à la saison, pas par rapport à l’épisode).

Dans les labos Westworld, on retrouve notre scénariste préféré (ou pas) être agressé par un cannibale qui a bien envie de le manger tout cru. Il est sauvé de justesse par une Maeve assez heureuse de voir le parc complétement dévasté et les hôtes prendre le contrôle un peu partout. Elle lui laisse la vie sauve pour on ne sait quelle raison, mais elle fait bien : il lui propose en effet de l’aide quand il comprend qu’elle recherche quelque chose.

C’est assez intéressant de voir ce nouveau duo évoluer – et c’est possiblement la partie la plus intéressante de l’épisode. Rapidement, le scénariste comprend que son espoir de regagner la salle de contrôle était vain, car toute la salle de contrôle est massacrée. La seule encore un peu au contrôle de tout ça, c’est Maeve – et putain, qu’est-ce que j’adore son nouveau look (je l’avais déjà dit en fin de saison, mais ça lui va grave bien).

Elle explique rapidement ce que le nouveau monde est : si sa fille n’est « pas réelle » selon le scénariste, alors Maeve elle-même est-elle réelle ou non ? Et si elle ne l’est pas, que se passe-t-il si elle le tue ? Ah, Maeve ! Tu m’avais manqué. C’est tout bonnement génial et elle explique rapidement à son otage qu’il est un otage, et qu’il a plutôt intérêt à faire tout ce qu’elle veut ; c’est-à-dire pour l’instant l’emmener auprès de sa fille.

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Cela est passionnant à suivre, surtout parce que Maeve est toujours aussi flippante à avoir le contrôle total de ce qui l’entoure : les robots par de simples commandements vocaux, les humains par la ruse et les armes à feu. Elle n’hésite toujours pas à tuer et s’arrange pour retrouver Hector, qui se fait plaisir au bar, où d’autre ?

Les deux forment un couple qui n’intéresse même plus le scénariste, trop occupé à boire. Il aurait mieux fait d’y prêter attention, parce qu’une fois que Maeve a fini de réparer Hector, elle oblige le scénariste à un strip complet. C’est la revanche des robots sur les humains, et c’est excellent. La série n’a toujours pas peur des full-frontal ; et elle le fait toujours en donnant du sens à ceux-ci. Ici, seul le scénariste se retrouve complétement nu face aux robots habillés (ou à moitié pour Hector).

Au labo sous-terrain, Bernard révèle également à Charlotte que les hôtes sont capables de communiquer des infos entre eux, telles des fourmis. C’est plutôt intéressant, et ça explique comment Maeve parvient à contrôler d’autres robots ou comment ils se sont tous mis à péter un câble en même temps. Le but de de ce réseau poru Bernard et Charlotte est de faire passer le message qu’ils cherchent Peter Abernathy, un hôte que Delos veut récupérer, donc.

Le problème, c’est que Bernard tremble de plus en plus et qu’il constate qu’il est corrompu pendant que Charlotte se trouve des vêtements plus adaptés. Parmi les symptômes de la corruption de Bernard, il y a les tremblements, la perte de fonctions motrices, mais aussi la confusion par rapport au temps qui passe et l’aphasie. Clairement, il se soigne comme il peut dans le dos de Charlotte, mais il a toujours problème dans le présent.

On revient d’ailleurs au présent à l’aide d’un procédé sympa de flashs qui nous expliquent bien comment l’épisode est construit et permettent de ne pas être trop paumé. Les secours arrivent sur le lieu de la fête, retrouvant ainsi le corps de Robert bouffé par les vers (et bon appétit) avant de continuer leurs recherches d’invités à sauver. On peut envisager la réussite de Charlotte si les secours sont là, mais pas sa survie.

L’intrigue nous amène alors ailleurs : les secours découvrent que tous les hôtes sont réunis au même endroit… Dans une mer qui n’a rien à faire là et où ils sont tous noyés. Je m’attendais à une armée ou quelque chose du genre, mais je sens que cette saison a la masse de secrets à nous livre encore – surtout qu’on a aussi vu un tigre qui n’a rien à faire là dans le désert du western.

Karl demande à Bernard de l’aider à comprendre ce qu’il s’est passé, et celui-ci révèle donc qu’il les a tués. Il les a tous tués, y compris Teddy que l’on voit flotter. Et oui, cet épisode était long, mais non, il n’était pas assez long putain ! Trop de questions, trop de mystères, je suis replongé dedans à fond ; j’adore, tout simplement.

Et en parlant de se plonger dedans, cette fin d’épisode qui voit les robots noyés dans un océan n’est pas sans rappeler la première scène de l’épisode où Bernard raconte un rêve similaire… Du coup, c’était une troisième timeline ? Arf, affaire à suivre !

> Saison 2

Here and Now, série aussi originale… qu’épuisante

Salut les sériephiles,

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Hier, outre le crossover foireux de The Walking Dead et Fear the Walking Dead que j’ai détesté (pas moins), j’ai pu regarder la fin de saison d’Here & Now dont les audiences sont tellement catastrophiques que la probabilité de saison 2 est malheureusement bien faible : les audiences sont les plus mauvaises de HBO depuis des années, pour ne pas dire depuis toujours. J’ai en revanche accroché à la série sans jamais parvenir à la comprendre, alors il fallait que j’en parle dans un article aujourd’hui, histoire que ça sorte, et je vais le faire sans spoiler, évidemment, pour que chacun se fasse un avis sur la série et si ça vaut le coup ou non d’être vu.

Related imageUne famille contemporaine multi-raciale constituée du mari, de l’épouse, de trois enfants adoptés de Somalie, du Vietnam et de Colombie, ainsi que d’un enfant biologique voit ses liens être testés lorsque l’un d’eux commence à avoir d’étranges visions. Voir les critiques des épisodes de la saison 1.

Franchement, à la vue du synopsis, je m’attendais à un énième drama familial, avec une touche de fantastique en plus. C’était mal connaître Alan Ball (Six Feet Under, True Blood) qui a l’habitude de pondre des séries bien plus complexes que ça. Plutôt qu’un drama familial, il a fait le choix d’aborder les grands débats de société qui parcourent régulièrement notre quotidien, particulièrement exacerbés par la peur post-Trump : le racisme, la place de l’individu dans la société, la folie, la religion, le harcèlement sous toutes ses formes, l’identité (sexuelle, religieuse, etc.), la fidélité, le quête de vérité, l’ésotérisme, le surnaturel, la norme… sont autant de sujets que la série prend soin de ne pas contourner. D’ailleurs, je dirais même qu’elle se précipite vers eux pour les prendre à bras le corps dès qu’elle en a l’occasion, et des occasions, elle en créé à chaque épisode. Jusqu’à saturation.

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La série a aussi une jolie esthétique, tout de même.

C’est là que la série a commencé à perdre beaucoup trop de monde, et donc une grosse partie de son audience (déjà maigre au départ). Malgré un casting vraiment cinq étoiles (il n’y a pas un acteur qui ne soit pas remarquable dans son interprétation, à part peut-être Malcolm… mais il est là pour ça, justement), la série aborde trop de sujets sans jamais fournir la moindre réponse. Pire, elle s’écoute. Elle écoute ses personnages parler, elle écoute leur crainte interne (et tout tourne autour de cette peur finalement, de manière plus réussie que la saison 7 d’American Horror Story tentant de faire la même chose et s’étant gamélée au passage). La série offre aussi à ses personnages des monologues et des dialogues de sourds, constamment ; et quand il y a dialogue, il y a de toute manière des points de vue irréconciliables, et parfois malgré l’amour que se portent les personnages (c’est particulièrement vrai entre Ashley et ses parents). C’en est rapidement épuisant. On ne sait plus quoi en tirer. Parfois, ça donne même l’impression de parler pour ne rien dire, parfois au contraire, ça fait un incroyable travail de représentation (sur le racisme quotidien, sur l’homosexualité, sur la religion, sur les gender fluid).

Et puis, rien. C’est épuisant et c’est sans réponse, toujours. Ce n’est pas fait pour apporter des réponses.

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Et au milieu de tout ça, il y a aussi une place importante accordée aux rêves, évidemment.

En fait, le titre de la série, qui aurait franchement dû être Eleven Eleven ou 11 11 pour clarifier l’importance de son mystère, est une vraie clé de lecture. C’est une série de l’ici et maintenant – et c’est pour ça que je trouve d’autant plus dommage le décalage temporel réel/fiction (les épisodes étaient écrits pour être diffusés en mai prochain). Elle ne propose pas de réponse aux sujets de société qu’elle aborde, parce qu’il n’y a pas de bonne réponse. La série propose des confrontations de points de vue, une ouverture d’esprit, des ébauches de réflexion, tout le temps, en permanence, et c’est à chacun d’en faire ce qu’il veut : l’accepter, le rejeter, s’informer, s’identifier… Autant de réactions possibles et souhaitées. Le téléspectateur n’est jamais guidé au milieu de tout ça, il est simplement paumé, qu’il soit en posture passive (regarder pour regarder) ou active (regarder pour comprendre) dans son visionnage. On observe et on ne sait pas quoi penser, et on écoute, et chacun a une réaction personnelle vis-à-vis de ça, et je crois qu’il serait difficile de trouver deux personnes pensant exactement la même chose de chacun des détails de la série, tant elle est complexe, l’air de rien, et aborde des sujets qui méritent tous une réflexion personnelle.

Un truc qui nous connecte tous ? Ah, la peur d’un monde avec Trump président et la montée de l’intolérance, peut-être ?

En ce qui me concerne, je suis tombé dans la fascination, possiblement dans le voyeurisme même, de ces personnages. J’en voulais plus à chaque fois, même lorsque je ne savais pas quoi penser ou que je m’ennuyais. Il y a beaucoup de personnages que je détestais un épisode et que j’adorais dans le suivant, à commencer par Greg et Audrey, mais aussi Kristen. Il y a Ashley et les problèmes de racisme qui me fascinaient par leur traitement hyper réaliste et, de mon point de vue, juste (mais il faudrait vraiment confronter mon point de vue à la réalité du racisme, parce que je ne le subis pas). Il y avait le cas Navid, un mystère à lui tout seul, un personnage que j’ai dû mal à étiqueter réaliste – mais à quoi bon étiqueter/mettre dans des cases, justement ? Il y avait Layla, à l’amour fascinant, et Farid, au passé intrigant. Et puis, il y avait Ramon – et tout me fascinait dans le personnage de Ramon, au sens étymologique de fasciner d’ailleurs.

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Il portait sur ses épaules l’aspect le plus étrange de la série, avant de le partager ensuite avec Farid, le fil rouge mystérieux que je ne sais même pas comment qualifier – fantastique, probablement. Il continuait de vivre sa vie, avec un amour étonnamment pur dans sa représentation (et à l’évolution tellement bizarre !). Il était assez inhabituel pour attirer l’attention, et il était sacrément bien casté pour jouer la folie (mais était-ce vraiment de la folie ?).

Une série qui me permet d’évoquer dans mes critiques l’allégorie de la caverne, de faire des recherches philosophiques, de m’intéresser à plusieurs religions ; une série qui propose le dialogue, une série qui propose de l’écouter (et de s’écouter)… ça n’existe pas en 2018 ; c’est à contre-courant de tout ce qui se fait et c’était d’une richesse déroutante – ou alors pas du tout. Voilà tout ce qu’était la première saison d’Here and Now : une multitude de pistes de réflexion sur la vie, sur la société, avec un fil rouge dont nous n’aurons probablement jamais les réponses non plus car il est construit de la même manière.

Chaque épisode est un nid de questions métaphysiques effleurées par le script, mais chaque épisode prend aussi soin de montrer que malgré tout la vie continue avec ses petits tracas. Les épisodes étaient tellement riches que j’avais souvent l’impression de voir deux épisodes normaux en un et pourtant bien souvent, il ne s’y passait rien.

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Musulman et gender-fluid, une première à la télé américaine (une première tout court?)

Si je n’ai pas su quoi en penser pendant très longtemps, si je ne suis toujours pas sûr de savoir quoi en penser, si je ne sais pas si je projette trop d’intentions aux auteurs qui peut-être ne savaient pas ce qu’ils faisaient, il est très clair que la série m’a marquée par son originalité. En cela, c’est peut-être l’une des meilleures séries de la saison : c’est en tout cas une série que j’aimerais voir continuer car son mystère m’a happé, et ça dès le début, et ça, même quand je résistais et voulais descendre la note tellement il ne se passait rien. Je n’ai jamais réussi à m’y résoudre, j’ai toujours trouvé quelque chose à sauver.

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Finalement, la série a pour l’instant une fin extrêmement ouverte : aucune intrigue en cours n’est vraiment résolue et pourtant son épisode final a paru apporter des réponses et a redonné un sens cohérent à beaucoup d’éléments des premiers épisodes. Cette ouverture est voulue, elle est la signature même de la série et l’essentiel est qu’elle réussit à embarquer dans un voyage métaphysique et dans une quête de sens.

Bref, elle est une expérience que j’ai envie de communiquer ; une expérience que tout le monde devrait au moins tester, pour se faire une idée. Ou alors, elle est juste une série ratée. Et c’est ça qui est génial : chacun peut se faire son propre avis dessus et avoir raison, de toute façon. Après, j’ai l’impression qu’elle a réussi à épuiser tous ceux qui la regardaient, et c’est quand même une prouesse… mais pas forcément la prouesse espérée par les scénaristes.

Here and Now – S01E10

Épisode 10 – It’s Here – 17/20
Quelques réponses cryptiques et tout autant de larmes parcourent ce final qui n’a pas eu le temps de dire tout ce qu’il avait à dire, malgré de nombreux bavardages dans toute la série. Si cela peut servir de fin ouverte à la série, je me prends à espérer une saison 2, mais je sais que je suis bien seul au monde à la vouloir. L’univers et le casting de la série me manqueront en cas d’annulation, et c’est tout à fait le genre de séries qui gagnerait à être revue… mais je ne sais pas si j’en aurais la foi, l’envie ou la patience. En un mot,  étrange.

> Saison 1


Spoilers

10

You need to deal with him before something really bad happen.

C’est déjà/enfin la fin de saison, et peut-être même de série !, pour Here and Now et je ne me sens pas prêt, comme je n’étais pas prêt à la voir de toute manière.

L’épisode repart directement dans le chaos de l’épisode précédent avec un Malcolm qui frappe Ramon pourtant tout content d’avoir sauvé sa nièce du feu. Ou pas. Ashley n’approuve pas du tout les méthodes de son mari, mais elle en veut tout autant à Ramon. Sa fille n’a que le bras cassé mais quand à l’hôpital, sa mère et Kristen prennent la défense de Ramon, elle finit par logiquement péter un câble.

Chez ses parents, Ramon est mort d’inquiétude pour sa nièce et il accepte donc de se rendre avec Duc et son père à l’hôpital. En chemin, il aperçoit son monstre de feu et décide de courir après lui. Greg et Duc le perdent rapidement de vue et Ramon lui-même perd son monstre, mais il est intéressant de noter qu’il est d’abord apparu en tant que quatre lignes verticales de feu.

Comme c’est tout à fait le moment, Duc (incapable de courir avec sa jambe cassée) en profite pour interroger Greg sur sa prostituée asiatique qui rappelle beaucoup trop sa mère à Duc. Les explications entre le père et le fils ne sont pas des plus intéressantes, avec Greg qui révèle qu’il sait que son fils n’est pas du tout aussi puceau qu’il l’affirme car il a une sacré réputation à Vancouver.

Bon, la communication est brisée entre les deux, mais par chance pour Greg, il peut désormais compter sur Audrey. Elle aussi est flippée d’avoir perdu Ramon, mais elle ne peut s’empêcher de culpabiliser de l’avoir « volé ». Par chance, elle reçoit rapidement des nouvelles de son fils par Kristen, qui a reçu un SMS de son frère disant qu’il va bien et demandant également à ne voir personne. Du coup, Kristen préfère se réfugier dans les bras de son copain, Navid, contre l’avis de ses parents (à elle) et de son père (à lui). En même temps, elle n’arrange pas ses affaires en sous-entendant qu’ils n’utilisent pas de préservatifs (ben voui) puisqu’il était puceau (ben voui). Là-dessus, elle (et possiblement sa chlamydia ?) se barre de la maison et Audrey… se sert un verre. Greg, lui, reprend le mot qu’il doit écrire pour le livre de son fils et reçoit un appel d’Isaac.

Farid culpabilise pour le presqu’accident, laissant cette pauvre Layla (sa femme) encore plus dans la merde à ne pas savoir comment le gérer. En flashback, on découvre qu’il a commencé à se scarifier, forcé par sa mère certes, mais pour sauver la vie de son père en s’intégrant religieusement et publiquement. C’est violent tout de même et encore plus quand sa mère se met à le frapper d’elle-même.

C’est là que l’oncle intervient pour sauver la vie de son neveu et rappelle à sa belle-sœur que son mari est mort de toute manière. Amir, l’oncle, décide donc de quitter l’Iran avec son neveu, voyant sa belle-sœur se déchirer la face avec ses ongles parce qu’elle perd son fils après avoir perdu son mari.

Navid surprend alors une conversation entre ses parents. Déjà qu’il est flippé par les larmes de son père, l’entendre parler de sa famille ne le rassure pas ; et c’est pour ça qu’il préfère aller voir Kristen, trop terrifié par son père.

Le problème, c’est que Navid n’a pas spécialement envie de coucher avec Kristen, qui a priori n’attendait que ça. Elle prend assez mal la chose et lui dit qu’il est bien cliché à coucher avec elle puis à demander plus d’espace pour la larguer tranquillement. Oui, j’ai levé les yeux au ciel, je le reconnais.

Ashley interroge sa fille et découvre qu’elle a aussi a senti le feu. Malcolm lui rappelle que leur fille n’a que cinq ans, mais c’est tout de même troublant. On notera que Duc aussi avait eu une hallucination à côté de Ramon.

Malcolm propose à sa femme de devenir père au foyer si elle récupère l’argent de son nouveau poste. Elle hésite… Le tout se fait bien sûr devant la petit et en jouant à un jeu propulsant de la chantilly sur la face de tout le monde. C’est amusant, mais ça n’a aucun sens de parler d’un truc si sérieux devant elle.

Après son altercation avec son père, Duc se réfugie chez Carmen pour pleurer dans ses bras. Il se retrouve au lit avec pour avoir droit à un câlin somme toute maternel (pas comme sa mère biologique, non) mais aussi très énergétique. Elle ressent toute sa douleur et lui permet de s’en libérer, ce qui laisse Duc effondré. Ils partagent ainsi leurs souvenirs douloureux (lui, sa mère biologique ; elle, la mort de son père dans un accident de voiture alors qu’elle avait 11 ans et était dans la voiture). Ils forment un couple mignon et qui ne se précipitent pas, c’est assez rare à la télévision pour être souligné (et apprécié). Bon, reste le problème de Duc qui part en vrille chaque fois qu’il va à Vancouver, mais sinon c’était sympa.

Pendant ce temps, Farid recommence à se scarifier, allez comprendre pourquoi. Il est totalement paumé et c’est sa réaction la plus instinctive possible. Layla entend tout ça, et elle ne sait pas comment réagir. Elle ne l’arrête même pas.

Le lendemain, Ramon qui a repris son boulot pour retrouver le monstre et s’est endormi dessus, reçoit un coup de fil d’Audrey le forçant à dîner avec elle le soir même. Il est aussi contacté par le monstre qui affirme être « 1111 » via un moyen informatique intéressant. Comme le monstre demande à le rencontrer à la montagne, Ramon s’y rend en vélo, normal.

En chemin, il se fait voler son vélo par… Henry, le vrai, le SDF que Kristen soupçonnait d’être son amant. Loin de s’arrêter, Ramon continue donc à pied et s’aperçoit que les animaux réagissent bizarrement en sa présence. Plus il approche de la montagne, plus ils la fuient comme si une catastrophe naturelle allait arriver. Bon, on voit bien qu’on se dirige au moins vers une fin avec cette intrigue… mais c’est bien la seule qui semble atteindre un point d’acmé digne d’une fin de saison/série.

En effet, pour les autres, c’est juste une journée normale, si tant est qu’on puisse encore parler de normalité avec cette série (mais c’est le but, je pense) : c’est le jour de l’interview télévisée d’Audrey, qui est forcée de retrouver son boss pour le coup. C’est bien trop drôle car ils reçoivent un coup de fil sur le travail des enfants et Audrey le crucifie à la télévision, devant Kristen qui regarde tout ça dans son canapé, évidemment. Bon, sans trop de surprise, Audrey pète ensuite un câble et largue à la fois son amant et son job.

C’est aussi le jour d’un nouvel entretien pour Ashley, qui découvre qu’elle est embauchée parce qu’elle est noire et que ça permet de faire bien pour l’image de l’entreprise. Voilà qui est fait. Elle accepte malgré tout de rencontrer l’ensemble du conseil d’administration : des hommes blancs et vieux… Et trois femmes de couleur. Elle ne sent plus du tout ce poste et décide de ne pas le prendre, après un appel auprès de Malcolm, tout même.

Navid et Layla surprennent Farid le t-shirt en sang et Navid demande à son père de prendre soin de lui, d’aller chercher de l’aide, de la vraie aide. Malgré tout, le fils et la femme s’en vont pour la journée… et un peu plus. Navid se rend donc voir Kristen pour dire au revoir à Kristen car ils déménagent à San Francisco chez sa tante.

Voilà, voilà, c’est la fin pour Navid et Kristen, car il veut suivre sa mère et a fait clairement un choix.

Farid, lui, contacte Chuck, l’imam de sa femme, qui prend soin de ses blessures et répond à ses questions. Il est très clairement dans une crise de foi immense et l’imam nous résume bien la philosophie de la série : il croit en Dieu car son existence est prouvée par le fait qu’il est là pour parler avec lui et l’aider.

Duc et Carmen continuent de passer du bon temps ensemble après une longue nuit d’affection qui finit par mener à un baiser entre eux, baiser le plus lent à venir de l’histoire de la télévision, je crois ; et ça passe ensuite directement à une scène de cul.

Greg rend visite à Isaac, qui est donc l’oncle Ike, le schizophrène, qui voulait lui parler. Comme il mâchait ses mots, ce n’est pas si facile de le suivre, mais il affirme grosso modo que Ramon est de nouveau en feu, ce qui attire forcément l’attention de Greg. Même si Ike paraît tout à fait fou, Greg est bien forcé d’y voir une certaine logique improbable entre lui et son fils.

Le réveil indique alors qu’il est 11h09 quand Greg entame un monologue sur le monstre que Ike et Ramon voient tous les deux. À 11h11, Ramon observe la montagne, le Mont Hood, qui entre en éruption, au moment où Duc et Carmen couchaient ensemble, au moment où Ashley parlait avec Malcolm.

L’éruption fait aussitôt la une : Greg flippe en compagnie d’Ike, Audrey et Kristen sont en larmes. L’éruption est assez magnifique à voir et Ramon marche vers elle, parcourant à pied des kilomètres et kilomètres apparemment, suivant le monstre de flammes qui est là et qui projette derrière lui des dizaines d’ombres : les victimes ? Peut-être. Une représentation de l’allégorie de la caverne de Platon, où l’on n’accède donc pas à la réalité que Ramon, lui, regarde ? Fort possiblement. En tout cas, voilà, générique de fin.

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EN BREF – Euh ? Que dire de bref sur cette série si bavarde et si étrange à appréhender !

Toutes les réponses au mystère principal (mais qu’est-ce qui arrive ? et qu’est-ce qui arrive à Ramon ?) de la série sont cryptiques mais enfin fournies : Ramon a une sorte de don de prescience, une connexion à une entité qui lui permet de prédire une catastrophe naturelle, tel un animal, sans même le savoir. À l’inverse d’un animal, son instinct lui propose cependant d’aller vers la source du problème. Les tremblements de terre, les flammes, les gens masqués et recouverts de cendres… Autant de signes de l’éruption qui parcourent la saison et prennent désormais tout leur sens.

Il faudra, en cas de fin de série, se contenter des explications que l’on a eu sur les esprits poreux pour comprendre l’intrigue de Farid et pourquoi Duc ou la nièce de Ramon ont eux aussi eu des visions. Je ne m’attendais pas à obtenir toutes les réponses de toute manière… La fin m’a malgré tout pris par surprise : elle a paru arriver trop tôt, plus tôt que je ne pensais. On n’en saura jamais plus d’Henry, cette éruption sort de nulle part ; on n’a plus aucune nouvelle d’Ashley, Malcolm, Duc et Carmen, clairement affectés par l’éruption d’une manière ou d’une autre. Qu’importe, ce n’était pas là l’essentiel de la série… Je crois ?

C’est pour le moins chaotique… mais ça fait une bonne fin malgré tout. Cela ne va pas m’empêcher d’espérer une saison 2, car j’adore le casting et qu’il y a bien plus à en dire ! Je n’ai pas fini d’en parler, je crois, ni d’y penser, ni de m’y référer pour tout ce qui sera métaphysico-bizarre à partir d’aujourd’hui !

11-3

> Saison 1

Here and Now – S01E09

Épisode 9 – Dream Logic – 16/20
Non, mais non. Le problème quand tu t’attaches aux personnages de ce genre de séries à l’avenir incertain, c’est que tu te mets à flipper à chaque cliffhanger te rapprochant de la fin, et cet épisode ne déroge pas à la règle. L’épisode était aussi bavard que d’habitude et offrait de jolies avancées dans chaque intrigue, l’air de rien, avec des pistes de réflexion sympathiques, comme toujours. Plus qu’un épisode de longs bavardages après celui-ci et je ne sais pas si je suis prêt à dire au revoir à cette série, mais j’espère vraiment qu’ils feront en sorte de la conclure de manière satisfaisante. Cela me paraît quasi-impossible après cet épisode.

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Spoilers

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We can be boxless together.

L’épisode commence par Gregory pensif dans la cabane et Audrey qui l’observe. Elle est perturbée par Kristen qui vient lui demander de manière inquiète si des changements se préparent pour sa vie. Audrey lui ment, passe son temps à parler par SMS à Steven et n’écoute qu’à moitié les histoires de barmitsva de sa fille dont la nouvelle lubie est d’avoir un entre-deux spirituel du genre, organisé par Navid. Elle demande tout de même à sa mère d’acheter la nourriture, et ça paraît mal barré.

Celle-ci prépare une interview pour la télé, au cours de laquelle elle découvre que les employés de la boîte aux Philippines ont une fâcheuse tendance à… se suicider. Si elle a bien l’intention de rendre visite à Steven pour lui demander des comptes, celui-ci reçoit d’abord la visite de Greg et c’est complétement ridicule. Greg fait comme s’il n’était pas au courant alors qu’il est très clair que ce n’est pas le cas. Il y a de quoi rire quand même, surtout quand Audrey débarque et est surprise de voir son mari.

Elle lui a dit avoir couché avec Steven, un ancien pote à lui… évidemment qu’il vient le voir ! Bon, elle n’en a rien faire et préfère parler des employés qui se suicident parce qu’elle se sent trahie par Steven. Effectivement elle l’est, mais je note surtout que la série trouve le moyen parfait d’aborder encore un gros sujet de société dans la série, avec Audrey refusant de bosser pour un type qui exploite des êtres humains de l’autre côté de la planète. Forcément.

Malgré tout, elle rentre chez elle pour avoir une conversation avec Greg, où il affirme pour battre en ce quoi il croit, à savoir sa femme et sa famille. Petit à petit, l’un et l’autre réussissent finalement à avoir une vraie conversation posée et… se retrouvent, sur le plan spirituel en tout cas. J’ai adoré voir ces deux personnages qui se détestaient encore dans l’épisode de la semaine dernière se retrouver progressivement. Audrey s’étant vengée, ils semblent bien partis pour une vraie réconciliation, pourtant improbable jusqu’à cet épisode.

C’est également l’occasion d’apprendre que Greg a continué d’enquêter sur Ramon et l’agence d’adoption de leur fils… qui n’a jamais existé. Il a toutefois retrouvé l’adresse de l’assistante sociale qui leur avait confié Ramon et il compte bien la retrouver le lendemain. Pas mal comme piste supplémentaire pour comprendre le mystère, et amusant de voir qu’Audrey a bien oublié une deuxième fois d’appeler le traiteur pour Kristen.

Ramon déprime encore de sa rupture et se résout à supprimer les photos de son ex. Pas faute de l’avoir aimé pourtant, ils nous ont bien occupé la moitié de la saison avec quand même ! Par chance, il change vite d’état d’esprit car il est contacté par une pro du jeu vidéo qui n’a pas assisté à sa petite crise lors du salon de Portland : elle est donc intéressée par son jeu et lui donne RDV plus tard dans la journée.

Ashley est contactée de nouveau par la femme de l’épisode précédent, Sharon, qui s’avère en fait être une chasseuse de tête pour un grand groupe voulant investir et racheter le business d’Ashley. Certes, cela voudrait dire l’arrêt de son magasin racheté par une chaîne, mais elle découvre surtout qu’on lui affirme que ça lui rapporterait 4 ou 5 millions de dollars si elle acceptait de venir travailler pour eux. Si tous les entretiens dans ma vie pouvaient se passer aussi bien !

Duc apprend que sa thérapie est tellement efficace que sa cliente préférée le quitte, alors même qu’il lui reste deux séances prépayées. Il se rend ensuite à un événement public pour la sortie de son livre, et ce n’est pas bien intéressant. Il est question de sa relation avec son père, mais c’est surtout l’occasion de voir Duc, Ramon et Ashley passer du temps ensemble à parler de leur carrière. Je trouve que ça fonctionne plutôt bien et mieux que d’habitude, surtout qu’ils sont tous les trois à un carrefour de leur vie.

Ashley hésite à se faire racheter, par crainte de ne plus voir sa fille et de ne plus savourer sa vie comme d’habitude, alors qu’elle a déjà du mal à gérer sa vie comme ça. Duc reçoit également des smileys caca de la part de Carmen que la situation amuse.

L’entretien de Ramon se passe ensuite à merveille. À parler de son jeu et de l’impasse à laquelle il est confronté, il obtient l’aide de sa recruteuse, qui lui propose un job de petite main pour réparer les bugs grosso modo, mais qui lui explique également qu’il a besoin d’un plus grand monde. En effet, la logique des rêves qu’il suit habituellement ne lui suffit plus de son propre aveu et c’est donc en sortant de son cadre fermé qu’il réussira à évoluer.

Ashley, elle, parle de sa promotion possible avec sa cinglée de pote à l’arme à feu et avoue qu’elle n’en a pas encore parlé avec Malcolm. Quand elle rentre chez elle, c’est pour mieux découvrir ses craintes se confirmer : sa fille a dessiné la famille, mais Ashley est représentée loin de Malcolm et de sa fille. Elle se met à culpabiliser encore plus et à jalouser son mari qui peut s’occuper de leur fille, donc elle ne parle pas de son offre immédiatement à Malcolm.

Farid est toujours en dépression par rapport aux messages vocaux de sa mère qu’il traduit avec sa femme ; mais pas avant qu’ils ne s’engueulent devant Navid. Farid finit malgré tout en larmes parce qu’il était persuadé que sa mère l’avait abandonnée sans jamais donner de nouvelles alors que non.

En toute logique, Farid s’en prend ensuite à l’oncle qui l’a élevé et qu’il détestait déjà beaucoup trop avant d’entendre la voix de sa mère. L’oncle confirme qu’il a toujours refusé de lui faire décrocher le téléphone parce qu’il ne voulait pas qu’ils entrent en contact : après tout, sa mère était d’accord pour le laisser s’automutiler.

Farid passe alors l’épisode dans ses pensées et ses rêves, jusqu’à se souvenir que sa mère l’a accusé du meurtre de son père lorsqu’il était enfant (après la scène de flashback de l’épisode précédent où il taguait une affiche, donc). Cela nous le laisse, dans le présent, dans un vraiment sale état.

Au lycée, Navid et Kristen apprennent qu’ils sont suspectés d’avoir balancé des produits chimiques sur des camarades, mais comme aucune preuve ne les accuse, Kristen en profite surtout pour foutre le proviseur dans la merde en parlant des croix gammées au lycée. Bien joué.

Ils se retrouvent ensuite à essayer des foulards pour la fête de Kristen du lendemain, ce qui mène à un baiser pour le couple qui en est aussi à sa première fois ensemble. Celle-ci est écrite de manière hyper réaliste et bien loin de tout ce que l’on connaît de la télé américaine habituellement. Ce réalisme fonctionne bien. Si parfois la série est dans ses rêves et ses idéaux, force est de constater que pour le coup, elle s’en tire avec cette « connexion » entre eux. La discussion qui suit l’acte, en revanche, est bien loin de la réalité et est complétement perchée sur cette connexion et sur leur désir de n’entrer dans une aucune case. Faudrait savoir, je crois que Navid, il vient tout juste de rentrer dans une certaine case là, si vous voyez ce que je veux dire. Côté symbolique, par contre, c’est intéressant ce désir de sortir d’un cadre… C’est exactement là que Ramon en est de sa réflexion.

Enfin bref, quand Kristen finit par partir, elle tombe sur Farid qui lui psychanalyse son frère : celui-ci peut voir à travers le voile, mais c’est ce voile qui nous empêche de sombrer dans la folie, et il est possible que Ramon n’en revienne jamais selon lui. Farid a juste l’air d’un psychopathe, assis dans l’ombre à débiter des absurdités pareil : c’est terrifiant, et je comprends que sa femme lui tourne le dos pour aller prier.

Le lendemain, Greg et Audrey contactent donc l’assistante sociale, Beverly Mills, pour en apprendre plus sur Ramon, surtout avec l’absence d’informations sur l’orphelinat. Les joies d’internet font qu’il est plus facile de remonter certaines pistes désormais et le couple apprend donc que l’orphelinat n’a jamais existé : Ramon a été kidnappé quand il était bébé et placé à l’adoption.

Beverly leur demande d’arrêter les recherches, car c’est beaucoup trop risqué et qu’ils pourraient ne pas aimer ce qu’ils découvriraient… En même temps, ce qu’ils viennent de découvrir est suffisant pour être bouleversés pour un moment. Audrey se persuade ainsi qu’elle n’est pas la mort de Ramon car si celle-ci est encore en vie, elle est probablement en train de le chercher.

De son côté, Ramon découvre que le monstre qu’il n’a pas programmé est toujours dans son jeu et… sort de la caverne du jeu pour aller explorer le monde. À croire que lui aussi, il souhaite s’échapper de son cadre ! Ramon se rend ensuite chez ses parents à la fois pour la fête de Kristen et pour avoir des infos sur son passé clinique. Ce n’est pas gagné.

Kristen et Navid se rendent au lycée tous les deux maquillés et voilés. Leur marche de pouvoir est super sympathique à voir, mais ça ne dure pas bien longtemps : alors qu’ils rentrent chez Kristen, ils sont attaqués par d’autres étudiants. Navid se fait tabasser en bonne et due forme alors que Kristen parvient à se battre contre Madison et les autres filles masquées. Ils sont heureusement rapidement lâchés par ces cinglés et se rendent donc chez Kristen où tout le monde préparait pourtant une joyeuse fête. La vue de Navid en sang a tendance à calmer l’ambiance festive, bizarrement.

Malgré ses blessures, Navid se fait interroger par Ramon sur son père puis joue les rabins pour l’alternamitva de Kristen. Toute la famille défile pour faire des compliments à Kristen et dire ce qu’ils admirent chez eux. Ils sont bons pour les discours, tout ça est à retenir pour le jour où j’aurais besoin d’en écrire. Bien sûr, Ramon n’a rien écrit en revanche et Audrey n’a même pas le droit de faire le sien, car Kristen l’interrompt et est en larmes. Elle a enfin compris ce que c’était que d’avoir une identité qu’on ne peut retirer, comme ses frères et sœurs, comme Navid. OK, pourquoi pas : son passage à tabac lui fait prendre conscience des choses. Farid est appelé par Audrey pour qu’il vienne chercher Navid et le récupère avec énormément de froideur.

Dans la voiture, il refuse évidemment que Navid continue de voir Kristen et son énervement + son état psychologique + l’alcool font que la scène crie l’accident. On le frôle effectivement, mais il pile toutefois quand il aperçoit une femme au milieu de la route. Celle-ci n’est qu’une hallucination de sa mère, mais c’est suffisant pour leur sauver la vie car un camion passe alors et les aurait probablement détruits s’ils étaient passés par là sans freiner au stop. Charmant.

Pendant ce temps, Duc fait la gaffe du siècle en apprenant à Malcolm qu’Ashley a eu une proposition de rachat de la boutique. Bon, quand tu omets de dire un truc aussi important à la personne qui partage ta vie avant de l’emmener à une fête de famille où tout le monde est au courant, tu t’assures quand même que personne ne gaffera a priori, mais pas Ashley. Le couple Malcolm/Ashley se retrouve ainsi à s’engueuler dans la cuisine alors que Ramon s’occupe de sa nièce en l’emmenant dans la fameuse cabane dans un arbre du jardin…

… qui prend soudainement feu, les coinçant tous les deux à l’intérieur. Non. Ce n’est juste pas possible ce genre de scène à la fin d’un épisode, je refuse. Depuis la fenêtre de la cuisine, Ashley et Malcolm voient donc Ramon balancer leur fille du haut de la cabane tout de même assez haute… alors que l’arbre n’est absolument en feu. Quelle idée de laisser la gamine toute seule avec Ramon aussi.

Pire cliffhanger du monde, c’est atroce. Je veux être lundi prochain. Je veux une vraie fin, ou mieux, un renouvellement.

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