Agents of S.H.I.E.L.D. – S01E04 – Eye-Spy – 14/20

Je suis assez surpris par cet épisode dont je ne me souvenais finalement que de quelques images alors qu’il fonctionne plutôt bien. Il y a toutefois toujours ce côté un peu lourd du début de série, avec des agents qui donnent parfois l’impression de découvrir leur métier en même temps que nous et beaucoup de choses deviennent franchement ridicules dès qu’on commence à y réfléchir deux secondes.

Spoilers 

L’équipe enquête sur une série de vols particulièrement étranges commis par une ancienne agente du S.H.I.E.L.D. que Coulson croyait morte.

I’m gonna go play with my phone now.

L’épisode commence à Stockholm avec toute une troupe de types habillés de la même manière, masques rouges sur le visage et mallettes attachées au poignet, qui traversent tranquillement la ville avant de prendre le métro. C’est amusant de revoir à quel point Agents of S.H.I.E.L.D. cherche encore à avoir un côté international dans ce début de série, entre le Pérou, Malte, la Suède et bientôt la Biélorussie. Cela va peu à peu disparaître par la suite – une question de budget probablement.

En attendant, personne ne semble vraiment se demander pourquoi cinquante types masqués débarquent ensemble dans le métro et je ne suis pas certain que je serais monté dans la même rame qu’eux, moi. En fait, ils transportaient des diamants et une femme – qu’on pensait plutôt être leur victime à l’origine – réussit à repérer la seule mallette contenant des diamants alors qu’elles ont été distribuées au hasard, coupe la lumière et élimine tout le monde pour repartir avec son butin. Les scènes d’introduction de cette saison sont décidément longues pour pas grand-chose, et celle-ci a en plus probablement dû coûter assez cher.

Coulson décide de mener l’enquête et Skye part tout de suite sur l’hypothèse d’un pouvoir psychique, ce qui lui vaut d’être gentiment rembarrée par les autres. Evidemment, vexée par Coulson et May, c’est elle qui trouve la voleuse grâce aux photos publiées sur les réseaux sociaux par les témoins. C’est là que je me rends compte qu’il faut vraiment être tombé amoureux de Skye dès 2013 pour accepter tranquillement tout ce qu’elle fait dans ces premiers épisodes. Elle trouve les bonnes photos sur internet, hacke à peu près tout avec son téléphone et balance une vanne toutes les trente secondes : dans les mains d’une autre actrice, elle pourrait être sacrément agaçante… Sauf que Chloe Bennet est tellement drôle qu’elle fait fonctionner des choses qui ne devraient pas forcément fonctionner. Pas vrai ? J’espère que ça le fait pour vous aussi si vous découvrez seulement maintenant la série ! C’est ce genre de personnage qui me manque aujourd’hui et pourtant, je suis sûr que ça paraît hyper ridicule à plein d’autres.

La femme sur les photos s’avère être Akela Amador, une ancienne agente du S.H.I.E.L.D. que Coulson a lui-même formée et qu’il croyait morte lors d’une mission plusieurs années plus tôt. May est immédiatement beaucoup plus méfiante que lui et estime qu’il est trop impliqué personnellement pour juger correctement la situation. Elle est d’ailleurs tellement froide et cassante avec tout le monde dans ce début de saison qu’il est assez difficile de l’apprécier. Je ne l’aimais pas particulièrement lors de ma découverte de la série et je comprends mieux pourquoi aujourd’hui, même si ça me fait surtout rire de la voir maintenir tout le monde à distance quand je sais évidemment où toutes ces relations vont finir par aller. Coulson refuse en tout cas de considérer immédiatement Akela comme une traîtresse et préfère comprendre ce qui lui est arrivé.

Ils la suivent jusqu’en Biélorussie, où elle échange les diamants contre une carte d’accès. Fitz, Simmons et Skye restent pendant ce temps dans un van à essayer de la localiser électroniquement tandis que Coulson et Ward partent chercher des informations. C’est là qu’on a droit à ce merveilleux appel téléphonique pour savoir comment ils sont censés faire pipi dans leur planque et s’il y a quelque chose à manger. Sérieusement, ils sont tous débutants à un point assez abusé. Ward est censé être l’agent expérimenté du groupe, May une légende du S.H.I.E.L.D. et FitzSimmons deux génies, mais dès qu’il faut fonctionner comme une vraie équipe, on a parfois l’impression qu’ils viennent tous d’arriver pour leur premier jour de colo. C’est ridicule, mais c’est aussi assez drôle et c’est clairement cette légèreté qui fait beaucoup du charme de la série – si on l’accepte. Avec le recul, je ne sais pas si je l’accepterais autant aujourd’hui.

Skye parvient néanmoins à repérer un étrange flux vidéo qui semble se rapprocher progressivement de leur position. Ils comprennent trop tard qu’ils sont en train de voir leur propre van et Akela leur rentre dedans avant de prendre la fuite. Mieux encore : le flux bascule à un moment en vision à rayons X. J’adore l’idée de cet œil-caméra (expliqué juste après) qui permet à Akela de voir à travers les choses et explique donc comment elle a pu repérer la bonne mallette au début de l’épisode. Il y a un petit côté Superman / Smallville dans le concept qui fonctionne vraiment bien et je trouve même qu’il y aurait de quoi faire toute une série autour de cette agente qui voit des choses impossibles tout en étant observée en permanence par quelqu’un d’autre. Bon, Skye pirate son flux en quelques minutes avec son ordinateur, donc la sécurité derrière toute cette opération n’est apparemment pas aussi impressionnante que le concept – ou juste faut aller vite parce qu’il n’y a que quarante minutes.

May utilise les images pour retrouver Akela dans son hôtel et va évidemment la confronter toute seule, parce que prévenir les autres serait beaucoup trop simple. On découvre alors que son œil n’est pas seulement une caméra : quelqu’un lui envoie directement des instructions et peut déclencher un dispositif mortel si elle refuse d’obéir. Akela n’est donc pas une ancienne agente passée du mauvais côté mais une prisonnière forcée d’enchaîner les missions pour quelqu’un dont elle ignore même l’identité. Elle et May se battent jusqu’à l’arrivée de Coulson, qui réussit à l’endormir et à la ramener dans le Bus. L’épisode devient alors beaucoup plus intéressant parce que toute l’équipe doit continuer sa mission à sa place pendant que Fitz et Simmons essaient de retirer l’implant avant que celui qui la contrôle comprenne quelque chose. Pfou. Sacrée phrase pour résumer tout ce bordel.

Ward met donc des lunettes qui reproduisent ce que voit Akela et part effectuer sa prochaine mission pendant que Skye lui sert de guide à distance. Il faut quand même accepter un énorme détail : le type qui surveille le flux ne remarque jamais que son agente est soudain devenue un homme blanc. Ward ne regarde jamais ses mains ? Jamais dans un rétro ? Rien ? Il conduit tranquillement pendant que quelqu’un est censé croire qu’il regarde toujours à travers les yeux d’Akela et personne ne voit le problème. J’aime en revanche beaucoup le passage où il reçoit l’ordre de séduire un garde pour entrer dans le bâtiment et où Skye essaie de lui expliquer comment créer une sorte de bromance avec lui. Ward étant Ward, la séduction finit évidemment par être beaucoup moins subtile que prévu, mais toute la scène est très drôle.

Pendant ce temps, Coulson apprend davantage ce qui est arrivé à Akela. Elle avait désobéi à ses recommandations lors de sa dernière mission, tous ses partenaires sont morts et elle a elle-même été capturée avant de perdre un œil. Quelqu’un lui a ensuite rendu la vue avec cet implant avant de commencer à la contrôler. J’aime beaucoup que l’épisode donne ainsi un passé à Coulson qui n’a rien à voir avec Tony Stark, les Avengers ou ce qu’on connaissait déjà de lui dans les films : il a formé des agents, il en a perdu et il porte clairement encore une part de culpabilité concernant Akela. Skye assiste à tout ça et leur relation fonctionne déjà très bien. Il y a quelque chose de franchement paternel dans la manière dont Coulson prend soin d’elle et lui accorde sa confiance malgré tout ce que May ou Ward peuvent penser, et on voit clairement la relation père-fille commencer à se mettre en place… même si on n’oublie pas qu’il y a une trahison possible de Skye, suggérée dans les épisodes précédents.

Ward atteint finalement la salle qui intéresse le mystérieux commanditaire et découvre qu’il ne doit rien voler ni tuer personne, simplement regarder une série d’équations inscrites sur un tableau pour que la caméra d’Akela puisse les enregistrer. C’est suffisamment mystérieux pour donner envie de comprendre ce que tout cela signifie, mais les choses se compliquent lorsqu’il est repéré. Dans le même temps, Fitz et Simmons tentent de retirer l’implant d’Akela tandis que Coulson remonte jusqu’à celui qui semble lui donner les ordres. L’opération réussit de justesse et Akela est enfin libérée de son œil, mais la meilleure révélation vient du fameux handler : lui aussi possède un implant et meurt avant que Coulson puisse l’interroger. Celui qu’on pensait être le grand méchant n’était donc qu’un autre maillon de la chaîne, contrôlé exactement comme Akela par quelqu’un situé encore au-dessus. C’est une fin franchement surprenante et assez atroce puisqu’elle est évidemment conçue pour nous laisser sans réponse : c’est grâce au témoignage d’Akela qu’ils étaient parvenus à trouver l’homme.

Akela doit malgré tout être remise au S.H.I.E.L.D. pour les crimes qu’elle a commis, même si Coulson promet de témoigner en sa faveur – ben attendez, elle devait faire comment en fait ? Genre sans le témoignage de Coulson, elle est condamnée ? Mais quoi, elle devait accepter de se laisser mourir ? Pas fan.

Avant de partir, elle pose cependant une question essentielle à May : « What have they done to him? ». Elle a connu Coulson avant sa mort et voit immédiatement qu’il a changé, là où ça ne saute pas aux yeux des autres qui se contentent de penser (enfin, surtout May) que c’est le fait d’avoir failli mourir qui a dû le changer un peu. Le mystère de Tahiti et de sa résurrection s’épaissit donc un peu, sans que la série ait besoin de nous balancer une énorme révélation dès le quatrième épisode, et c’est très bien comme ça. C’est un fil rouge, quoi.

Il reste le gag final autour des lunettes capables de voir à travers les vêtements, paraît-il. Fitz joue au poker et veut utiliser Skye pour tricher avant de réaliser ce qu’elle risque surtout de voir en activant la vision à rayons X. Elle les met évidemment quand même. D’un point de vue éthique, le gag est toujours aussi dérangeant et il suffit d’inverser la situation pour se rendre compte qu’il ne passerait vraiment pas du tout aujourd’hui (cela dit, on l’avait dans Smallville…). Après, je sais que j’avais rigolé à l’époque et Iain De Caestecker comme Chloe Bennet me font encore rire dans la scène. Ils ont clairement été choisis pour apporter beaucoup de comédie à une série vendue autrement comme quelque chose de beaucoup plus sérieux et, jusque-là, c’était vraiment la bonne idée… Mais à nouveau, il faut l’accepter, en fait !

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Photographie promotionnelle de l’épisode — ABC Studios / Marvel Television

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