Très étrange épisode 6 : je ne parviens pas à comprendre la manière dont cette saison est construite ni où les scénaristes veulent nous amener avec ces twists. Si ça reste plutôt efficace, force est de constater que je n’aime pas les personnages et que j’ai l’impression de voir des bouts de films dans le désordre – ou rallongés sans intérêt parfois – plutôt qu’une vraie histoire de série. À croire que les prestige dramas ne sont pas vraiment pour moi…
Spoilers
En 2026, John a repris sa vie de civil loin de Green Lantern… jusqu’à ce que son passé le rattrape.
I was the Green Lantern… for five minutes.
Comme je le supposais la semaine dernière, cet épisode prend la décision – et la direction – de commencer en 2026, où nous suivons John essayer de convaincre un ensemble d’officiels d’acheter son produit de défense de la ville. Nous sommes dans une série DC et il est bien sûr question de Metropolis et Superman, ce que je trouve toujours un peu perturbant ici. J’avais du mal à savoir dans quel univers DC on était exactement, mais l’épisode confirme plus tard qu’on est bien dans celui des films récents. John, lui, a complètement repris sa vie de civil et travaille désormais avec son frère Marcus, loin de tout ce qui concerne Green Lantern.
Il reçoit aussi des appels de sa mère, qui l’informe qu’Hal Jordan veut s’excuser auprès de lui. Lol. Bernadette a gardé le contact avec Hal pendant qu’il était enfermé, puis après sa libération, parce que le pauvre homme n’avait apparemment pas de famille. Depuis quand Bernadette a un cœur exactement ? C’est étrange comme tout, mais ça fonctionne suffisamment pour que John prenne immédiatement la route vers Rushville. Il veut ses excuses et ça m’intéressait parce que je pensais vraiment qu’il retrouverait Hal mort après dix ans sans lui parler… Sauf que Bernadette lui a menti : Hal n’a jamais demandé à le voir pour s’excuser et semble même surpris lorsque John lui réclame ces fameuses excuses.
Hal considère plutôt qu’il a pris ses responsabilités puisqu’il a fait son temps en prison et qu’il n’a jamais révélé le rôle de John dans tout ce qui s’était passé dix ans plus tôt. C’est loin d’être suffisant pour John, évidemment, et Hal reprend aussitôt ses manipulations psychologiques avec son ancien bleu : il lui parle de la peur qu’il aurait eue une fois la bague entre les mains et qui expliquerait finalement pourquoi il l’a abandonnée. Perso, je ne suis pas convaincu du tout par ce choix de la série. Il aurait été beaucoup plus intéressant d’avoir les conséquences directes de ce qu’on a suivi jusqu’ici. Là, franchement, avoir un bond de dix ans pour qu’on nous raconte après coup comment les personnages ont vécu tout ça, ça ne me plaît pas, surtout qu’encore une fois, ils vont vouloir nous faire croire qu’ils sont brillants quand ils révèleront des parties manquantes à la compréhension dans un épisode flashback. C’est tellement artificiel et paresseux, ça m’énerve.
Les deux hommes s’embrouillent, John frappe Hal puis reprend la route. Avant qu’il parte, Hal lui demande toutefois de ne révéler à personne qu’il était là et qu’ils se sont vus. Le truc, c’est que le soir même, Kerry appelle John pour lui annoncer la mort d’Hal. C’est d’autant plus problématique que John vient précisément de lui péter le nez quelques heures plus tôt. Nous retrouvons donc enfin la scène qui terminait le pilot : Hal est assis mort dans les gradins du stade avec une balle dans la tête.
Je m’interroge toujours sur la raison qui explique que John vérifie immédiatement la main du cadavre d’Hal. Cela fait dix ans qu’il n’est plus Green Lantern et John sait mieux que personne ce qu’est devenue sa bague puisqu’il la lui a prise avant de la rendre aux Gardiens. Pourtant, la scène du pilot donnait clairement l’impression qu’il s’attendait à la trouver. À moins qu’il me manque quelque chose (wink, wink, on vous fera un flashback), c’est franchement étrange ou juste une fausse piste du pilot très mal écrite.
Kerry, de son côté, se demande qui a bien pu tuer Hal mais reconnaît que toute la ville le détestait. Elle révèle surtout ce qui s’est passé pendant ces dix années : elle et Billy sont séparés depuis trois ans et Hal lui écrivait déjà lorsqu’il était en prison. À sa sortie, il est revenu vivre à Rushville pour essayer de réparer ce qu’il avait fait. Il frappait aux portes des habitants pour proposer de tondre leur pelouse, faire leurs courses ou les aider de n’importe quelle manière. La ville qu’il a participé à détruire dix ans plus tôt ne lui a évidemment pas pardonné et il s’est surtout pris énormément de portes au nez.
Le pire pour Kerry, c’est qu’elle a l’impression qu’il est revenu pour elle. Et c’est là que la série commence à me perdre encore davantage : à quel moment Kerry et Hal sont-ils supposés être devenus si proches ? Leur relation en 2016 ne me faisait pas du tout croire à une romance et j’ai vraiment l’impression qu’on me demande d’accepter qu’un couple s’est développé simplement parce que c’est un homme et une femme qui se côtoyaient. On nous raconte une relation entière dix ans plus tard sans nous l’avoir vraiment montrée et je ne trouve pas ça très convaincant.
Comme John a fait pas mal de route dans la journée, Kerry lui propose de dormir chez elle. Il préfère finalement passer la nuit dans la maison qu’Hal occupait depuis sa sortie de prison et y retrouve Earl, la plante carnivore de l’ancien Green Lantern. Pardon ? Bon, Hal vivait là récemment, donc Earl n’est pas resté seul dix ans dans cette baraque, mais qui s’en est occupé pendant toutes les années où Hal était en taule exactement ? La plante semble en plus comprendre ce que dit John : quand il annonce la mort d’Hal au téléphone, elle réagit d’une manière assez triste. Je ne sais pas comment John parvient à dormir tranquillement juste à côté de cette chose carnivore, mais soit.
Le lendemain matin, Kerry lui paie un café dans le même diner où John a frappé Hal quelques heures plus tôt. C’est intéressant parce que Maggie, la serveuse, décide aussitôt de couvrir John en affirmant qu’Hal était seul. C’est plutôt pratique pour lui, même si je suppose que la haine générale envers Hal aide pas mal. John participe ensuite officiellement à l’enquête sur sa mort, ce que je trouve toujours particulièrement improbable : Kerry enquête sur un homme avec qui elle était liée et prend comme partenaire un type qui connaissait la victime, vient de la frapper et lui cache précisément ce détail. Elle le « députe » (oups, ça sonne mal en français comme ça, mais je sais pas comment on dit, alors on fera avec) rapidement pour régler le problème administratif, mais franchement, ça ne rend pas la situation beaucoup moins étrange.
À la morgue, Bitsy, la légiste, n’aime clairement pas John non plus et l’ignore quasiment. Elle leur apprend surtout qu’Hal a reçu une balle à bout portant et qu’il ne semble pas avoir essayé de se défendre. Parmi les affaires retrouvées sur lui, une clé les mène ensuite vers un box de stockage où ils découvrent une sorte de coffre extraterrestre. Malheureusement, celui-ci ne peut être ouvert que grâce à la voix d’Hal en direct. Kerry tente d’utiliser un ancien message vocal qu’il lui avait laissé, mais l’IA repère immédiatement qu’il s’agit d’un enregistrement. C’est encore une manière de nous montrer que Kerry et Hal étaient assez proches pour qu’elle ait conservé ses messages. Encore une fois, j’ai vraiment l’impression d’avoir raté plusieurs épisodes de leur relation.
Alors que John envisage ensuite de rentrer chez lui, Kerry lui propose de rester un peu plus longtemps à Rushville et de dîner avec elle. Avant ça, il découvre une énorme lampe permettant d’appeler Green Lantern, sorte de Bat-Signal local installé près du mémorial consacré aux victimes de la catastrophe de 2016. Il l’allume parce qu’il cherche le Green Lantern actuel, mais forcément, dans une ville qui déteste tout ce que ce symbole représente (mais dans ce cas pourquoi est-ce que la lampe est présente sur le mémorial ???), ça ne passe pas très bien. Billy et plusieurs de ses potes débarquent pour lui demander d’éteindre la lumière, John refuse et finit par leur mettre une raclée.
Il se rend ensuite comme si de rien n’était chez Kerry pour dîner avec elle et Noah, devenu adulte. Enfin, je suppose qu’il est encore censé être assez jeune, mais comme toujours avec des adultes qui jouent des ados, c’est perturbant. Évidemment, Kerry reçoit pendant le repas un appel lui apprenant que John vient de tabasser son ex-mari et plusieurs habitants. Elle l’arrête aussitôt. C’est tellement idiot : le type frappe Billy en pleine ville et espère tranquillement passer toute la soirée chez Kerry sans qu’elle l’apprenne ? On l’a connu plus malin que ça (quoique… peut-être pas finalement ?).
Une fois en cellule, John appelle Marcus pour obtenir l’argent nécessaire à sa caution le lendemain matin. Et c’est là qu’il reçoit la visite du Green Lantern du moment qui… n’est autre que Nathan Fillion ? Il est partout celui-là. Marvel, DC, ABC, ça fait une sacrée carrière à gérer de front. Et la coupe blonde dégueulasse qu’il arbore ? On est à ça du crime contre l’humanité comme je le pensais déjà la dernière fois que je l’avais vu sur grand écran. On comprend surtout que Guy Gardner est bien celui que nous connaissons déjà dans le nouveau DCU, donc voilà au moins ma question du début sur la continuité réglée.
John veut que Guy récupère sur Oa l’ancien costume d’Hal et sa bague désactivée afin qu’il puisse être enterré avec. Guy n’est pas spécialement motivé à se mêler de tout ça – « bad optics », apparemment – et John lui rappelle alors qu’il ne possède sa propre bague que parce que lui-même a refusé celle d’Hal. Bon, ça remet un peu Guy à sa place, on va dire, mais que c’était lourdingue. Celui-ci finit par accepter et glisse aussi au passage que Sinestro s’est échappé de prison. OK, cool, ça manquait d’un objectif pour la suite ?
Sinon, une fois de plus, il est question d’Harry Potter dans cette série avec une nouvelle blague autour d’Azkaban. HBO en fait des caisses, on a compris qu’ils avaient les droits et bientôt une série à diffuser. Là, ça devient juste lourdingue (encore). Quant à Nathan Fillion, il n’est finalement pas si différent d’Hal dans sa manière de jouer Lantern : arrogant, agaçant et persuadé d’être beaucoup plus cool qu’il ne l’est réellement. Pfiou, quel enfer. À croire que c’est un trait de caractère obligatoire pour porter cette bague.
À sa sortie de cellule, John découvre que son père a utilisé un flingue pour exploser une fenêtre dans sa maison de retraite. Son frère refuse d’abord de s’en occuper et rappelle au passage que leur père a toujours consacré toute son attention à John, le fameux élu de la famille. Comme John finance l’album de son frère, il dispose quand même d’un argument suffisant pour qu’il aille régler le problème. Super la famille !
Maggie, la serveuse du bar, vient ensuite lui faire son propre chantage. Elle sait que John était avec Hal avant sa mort et qu’il lui a cassé le nez. Elle l’a couvert auprès de Kerry mais son silence a un prix très précis : 314 536,27 dollars, plus la montre de John. Elle appelle ça des réparations pour ce qui est arrivé à Rushville dix ans plus tôt. C’est là qu’on comprend qu’elle est la petite fille à qui John s’était excusé dans les ruines à la fin de l’épisode précédent. J’aime bien l’idée de montrer que dix ans plus tard, les habitants paient encore littéralement les conséquences de tout ce chaos, mais qu’est-ce qu’elle est ridicule avec ses 27 centimes. À quel moment le calcul « avec les intérêts » est si précis, si arrêté ? Elle m’a soulé en une scène.
C’est vraiment un étrange choix, en plus, de placer la série en 2026 seulement maintenant. Je comprends l’idée de nous montrer les conséquences de tout ce qu’on a vu et ce qu’est devenu ce Lantern qui a refusé de l’être, mais pourquoi commencer cette histoire uniquement à l’épisode 6 et/ou dès l’épisode ? On a passé cinq épisodes à raconter une première intrigue avant de bondir dix ans plus tard et de repartir presque de zéro. Je ne comprends toujours pas la construction de cette saison.
John se rend ensuite aux funérailles d’Hal et croise à nouveau Guy Gardner, toujours parfait connard avec lui. Cela ne donne décidément pas très envie d’être Green Lantern. Il rencontre aussi Carol Ferris, une ancienne compagne d’Hal, qui lui confie l’éloge funéraire que celui-ci avait rédigé lui-même des années auparavant. Évidemment qu’Hal avait écrit son propre éloge, et évidemment qu’il s’imaginait une cérémonie gigantesque pleine de gens importants parce que lolilol c’est drôle de faire le contraste comme il n’y a quasiment personne. Il est pas drôle en fait, il est… lourdingue. Ma critique aussi, je me répète et je m’agace de plus en plus.
John finit par lire le texte devant Kerry et Carol. Pfiou, c’était… non, désolé, je n’ai pas d’autres mots : lourd. Honnêtement. Je n’aime pas les personnages, en fait, et c’est probablement l’un de mes gros problèmes avec la série. L’humour d’Hal, franchement, je ne le trouve pas drôle et son éloge funéraire volontairement grandiloquent m’a surtout ennuyé – je voulais juste la scène suivante où John allait récupérer sa bague.
L’enterrement n’est pas crédible non plus en plus. Comment ça, il n’y a PERSONNE qui se pointe au cimetière pour l’enterrement d’un ancien super-héros ? Vous ne me ferez pas croire que le monde entier lui a tourné le dos, y compris tous les gens qu’il a sauvés à une époque. On nous l’a vendu comme une superstar pendant des décennies, tout de même. De là à ce qu’il n’y ait pratiquement que John, Carol et Kerry devant sa tombe ? Pas un journaliste ? J’ai vraiment du mal à y croire.
Durant la nuit, John reçoit un appel de Marcus qui est avec le colonel censé finaliser leur gros contrat. John a tellement laissé son travail de côté depuis son arrivée à Rushville que la situation commence à dégénérer. Le colonel lui raccroche donc au nez, parce qu’il n’aime pas être négligé et passé au second plan. Quelqu’un de bien, encore. Lés zhommes, t’sais. Marcus en veut logiquement à son frère mais, au lieu de rentrer enfin chez lui, John continue ses propres occupations qui consistent désormais à… déterrer la tombe d’Hal.
Son plan devient alors assez évident si vous n’aviez pas encore compris ce qu’il regardait lorsque le cercueil d’Hal était ouvert. Il voulait faire venir Guy pour récupérer l’ancienne bague désactivée et faire en sorte qu’Hal soit enterré avec elle. Maintenant que la cérémonie est terminée, il peut tranquillement revenir la chercher. Il ouvre donc le cercueil, passe la bague au doigt et découvre qu’elle possède encore assez d’énergie pour faire apparaître l’hologramme d’Hal… qui se retrouve à regarder son propre cadavre.
Bon, ça fait un bon cliffhanger. Quelques scènes plus tôt, le coffre refusait précisément de s’ouvrir sans la voix vivante d’Hal Jordan et John vient maintenant de récupérer une sauvegarde consciente capable de parler avec sa voix. Je suppose donc qu’il va essayer de s’en servir pour accéder au box et comprendre ce qu’Hal cachait avant sa mort, voire résoudre le crime.
Si le mystère fonctionne et me donne envie de voir la suite, je reste très sceptique devant cet épisode qui relance la série sur une toute nouvelle piste ne justifiant pas tellement tout le temps investi sur 2016. En fait, c’est peut-être le côté prestige drama qui veut ça, mais je n’arrive pas à avoir l’impression d’être devant une série. Pourtant, on a bien un épisode par semaine comme j’aime et comme je le réclame toujours… Comme quoi, il ne suffit visiblement pas de découper une histoire en huit morceaux pour me donner cette sensation.
Photo promotionnelle de l’épisode — HBO / Warner Bros. Television / DC Studios.
