Que regarder cet été ?

Fin de saison oblige, c’est la diète des séries qui commence… enfin en théorie, parce que c’est aussi et surtout le moment de se rattraper et d’entamer les (nombreuses) saisons d’été… Celles qui sentent bon l’horreur, le surnaturel, le thriller, qui nous font voyager vers des zones plus chaudes que ma région parisienne pluvieuse… Alors la question se pose irrémédiablement tous les mois de mai : « que regarder cet été ? ».

Petit récap probablement non-exhaustif des séries que je vais (tenter de) regarder cet été et qui ne vont pas tarder à débarquer sur le blog… Elles sont classées par ordre alphabétique et par catégorie, pour plus de clarté !

 17EN COURS DE DIFFUSION

La saison se termine, c’est vrai, mais il y a quelques hybrides qui me permettent de faire la transition vers la période plus calme (en théorie) qu’est l’été :

Containment, saison 1 (Annulée) – Mini-série de CW, Containment a tout de la série d’été : l’ambiance pseudo-thriller, la psychose de la contagion et du gore en veux-tu en voilà. Oui, mais la chaîne nous la diffuse à une période étrange, la commençant trop tôt pour être vraiment une série d’été, trop tard pour être une série de la saison 2015-2016. Qu’à cela ne tienne : le casting est bon, l’écriture sympa, ça se regarde et on se laisse surprendre à quelques sursauts. Mon avis plus complet par ici.

Orphan Black, saison 4 – Diffusée elle aussi un peu trop tôt ou un peu trop tard, comme d’habitude, cette saison d’Orphan Black maintient pour l’instant le niveau d’excellence de la série, reprenant non pas là où on avait laissé le Clone Club, mais avec un épisode flashback. La série n’est pas franchement série d’été puisqu’elle s’achèvera dans un mois, mais elle vaut le détour ! Plus de détails par là.

Person of Interest, saison 5 (Annulée) – La saison connaît une diffusion totalement bâclée par CBS qui propose deux à trois épisodes par semaine, les mardis et les jeudis, mais heureusement, il n’y a bien que la diffusion qui est bâclée ! Cette nouvelle salve d’épisodes s’annonce comme la meilleure de la série et nous mène vers une grande conclusion très attendue. Mes critiques sur cette page.

Preacher, saison 1 – Ah, voilà la première vraie série d’été de cet article ! Preacher, c’est typiquement le projet signé AMC, que l’on reconnaît comme tel sur le papier même si on n’a pas vu la chaîne. Inspirée d’un comic du même nom paru entre 1995 et 2000, la série nous raconte l’histoire de Jesse, un prêtre au passé sombre, de son ex, Tulip, et d’un vampire, Cassidy. Bain de sang, moiteur et soleil du sud des USA sont à prévoir dans chacun des épisodes de la saison. La série a commencé hier aux USA, et j’en parle plus longuement ici.

Silicon Valley, saison 3 – Rares sont les sitcoms à résister à l’approche de l’été, alors cette production HBO est la bienvenue dans la liste, même si comme Orphan Black ou Person of Interest, la diffusion s’achèvera dans un mois. Pas de grande nouveauté dans l’intrigue de la série, qui a toujours su avancer à vitesse grand V tout en développant agréablement son personnage principal et la boîte fictive de Pied Piper. Pour mon avis sur les épisodes, c’est par là.

00DIFFUSÉES CET ÉTÉ

Avant, l’été était synonyme de profond ennui chez les sériephiles. Mais depuis quelques années, les networks ont bien compris qu’il y avait matière à faire de l’audience aussi entre mai et septembre, et ils s’en donnent à cœur joie ! Sélection des retours et nouveautés qui m’ont tapé dans l’œil :

Another Period, saison 2 – Si vous avez raté la saison 1, jetez-vous dessus. J’étais passé à côté également jusqu’à ce que Joss Whedon en personne la conseille. Le premier épisode m’a laissé un peu sceptique, mais une fois qu’on entre dans le délire et qu’on comprend la forte tendance satirique des scénaristes sur la société de notre temps via celle du XIXe, c’est brillant et à mourir de rire. La présence de Paget Brewster est un plus non négligeable, mais elle est loin d’être l’actrice la plus drôle, ce qui n’est pas peu dire ! Je suis très impatient vis-à-vis de cette saison 2.

Cleverman, saison 1 – Mini-série de six épisodes qui sent bon l’été : dans un futur proche, des créatures mythologiques vivent parmi les hommes qui, inévitablement, les traquent. Un élu seulement est capable de les réconcilier et les faire vivre ensemble. Je n’attends rien d’original de ces six épisodes, si ce n’est un bon divertissement de science-fiction, et c’est ce que le trailer semble promettre.

Dead of Summer, saison 1 – Avec Elizabeth Mitchell au casting, cette série a conquis mon cœur en un rien de temps. Côté technique, écriture et création, je retrouve de grands noms, notamment de LOST, comme Adam Horowitz, Edward Kitsis ou Ian B. Goldberg. Quant au titre, il vend un pur produit à consommer pendant les nuits interminablement chaude d’été, avec le chant des cigales et la lueur vacillante d’une bougie. Allez, je me sens déjà en vacances. Bon, c’est du Freeform, donc je n’attends pas non plus quelque chose d’énorme (je me souviens de ma réaction face à Shadowhunters), mais cette série dans un camp des années 80 promet du bon divertissement à se mettre sous la dent.

Orange is the New Black, saison 4 – Qui dit été, dit Juin et qui dit Juin, dit nouvelle saison d’Orange is the New Black sur Netflix. Je me connais, je ne vais pas me précipiter dessus, surtout que j’ai l’habitude de la voir avec ma meilleure amie, donc je n’en parlerai probablement pas avant Juillet. Autant prévenir tout de suite, je ne suis pas un grand fan, j’y trouve de nombreux défauts et m’ennuie souvent… Mais c’est très sympa à regarder avec un Cuba Libre sous la main !

Outcast, saison 1 – Robert Kirkman, l’homme derrière The Walking Dead, revient avec une nouvelle série d’exorcisme cet été. C’est bien parce que ce sera l’été que je vais tenter le coup, mais j’ai peur de vite me retrouver à tourner en rond et être piégé comme avec TWD. J’espère franchement que ce ne sera pas le cas et que je ne serais pas déçu !

Roots, saison 1 – Arf, je ne sais pas si je vais vraiment regarder cette série, mais je la mets dans la liste pour y penser quand même. Roots est, si j’ai bien compris, le remake d’une vieille série qui va traiter, de toute évidence, de la traite des noirs aux États-Unis dans les états du Sud. La présence d’Anna Paquin, redevenue brune en plus, me donne envie de croire que je pourrais accrocher malgré le côté évidemment historique qui me rebute un peu au premier abord. Affaire à suivre !

Scream, saison 2 – Voilà une série qui a rythmé mon été l’an dernier : c’est souvent prévisible, pas bien brillant, mais c’est un guilty pleasure franchement agréable que je suis heureux de retrouver très bientôt. J’ai révisé ce week-end en regardant le casting de la saison 1 et en essayant de me rappeler un peu où la série nous avait laissé, et maintenant je suis pressé de voir quels sont les liens de la meilleure amie avec le tueur en série. J’ai aussi un minuscule espoir de voir la série débarquer sur Netflix dès le lendemain, j’avoue [MÀJ : 1h après avoir publié cet article, j’ai reçu un mail de Netflix pour me dire que la série serait dispo dès le 31 mai. Alléluia].

Stranger things, saison 1 – Et puisque je parle de Netflix, la transition vers cette série est toute trouvée. Je ne sais pas grand-chose de Stranger things, si ce n’est que c’est un thriller qui se déroule dans les années 80, avec un fort soupçon de surnaturel. Bref, un truc à voir dans le noir, à nouveau durant la nuit après une journée à faire bronzette, pour flipper un coup (ou pas) et avoir de longues conversations whatsapp avec Laura ensuite. Allez, j’ai déjà envie d’y être à cet été !

Suits, saison 6 – Cet été marquera aussi le retour de Suits, dont je me suis empiffré quatre saisons et demi durant l’été dernier. La série s’est pas mal perdue en cours de route, mais la promesse de revoir Donna me suffit à être fidèle au rendez-vous, surtout que le cliffhanger de la cinq était vraiment intéressant. Je me demande jusqu’où ils iront dans l’intrigue de Mike et s’ils vont oser nous faire un remake de Prison Break.

The Get down, saison 1Autre série Netflix qui cette fois nous amène dans les années 70, The Get down devrait me permettre de me remettre de la fin de That 70’s show, que j’espère effectivement avoir terminé d’ici là. Je ne me suis pas énormément renseigné dessus, mais c’est Netflix, alors je sais que je vais subir un important matraquage pour me faire regarder… et ma résistance est telle que je craquerais forcément.

The Night of, saison 1 – Cette mini-série HBO sent elle aussi bon l’été, avec une part d’horreur si je ne m’abuse. Je ne me suis pas énormément renseigné, mais si je l’ai notée dans ma liste, c’est que je me suis dit que quelque chose valait le coup dans cette série. Je me laisse la surprise, et au pire j’abandonnerai. J’ai malgré tout vu que c’était un remake d’une série britannique, alors ça en désespérera peut-être certains.

Unreal, saison 2 – J’ai déjà commencé à en parler par-là grâce à leur websérie, mais c’est que je suis sacrément impatient de retrouver Rachel et Quinn, surtout depuis que j’ai appris que le casting s’élargissait avec un ancien d’Agents of S.H.I.E.L.D ! Cette série a illuminé mon été l’an dernier et j’espère bien qu’elle recommencera cette année, peu importe la direction qu’elle aura prise (je ne me suis pas renseigné du tout pour me garder la surprise).

Wrecked, saison 1 – Le concept est très spécial et donne grosso modo comme résumé à la série « si LOST était une comédie ». J’en ai vu la bande-annonce, et ça m’a l’air d’être une brillante parodie à budget d’une série qui a marqué mon adolescence/enfance, qui s’est terminée il y a six ans jour pour jour et dont je regarde pour la énième fois le double-épisode final en ce moment-même. Alors forcément, je vais tenter. TVShowMES RATTRAPAGES 2015-2016

Et oui, j’ai beau avoir regardé une quarantaine de séries cette saison (gloups, sérieusement ?), je suis malgré tout passé à côté de quelques perles qui me tentaient bien ou dont j’ai entendu parler un peu trop tard. L’été est l’occasion de se faire des sessions de rattrapage et j’essaierai donc de voir :

Lucifer, saison 1 (Renouvelée) – Parce que les quelques personnes qui ont regardé ne m’en ont dit que du bien et que ça m’a du coup donné envie. Je n’avais pas regardé principalement parce que je me disais que la série avait tout pour être annulée, mais vu qu’en plus elle est renouvelée, je suis vraiment curieux de voir ce que donne ce nouveau projet de D.B Woodside.

Mercy Street, saison 1 (Renouvelée) – Josh Radnor est un argument convaincant en soi, pour voir ce qu’il est devenu après neuf saisons d’How I met your mother. Seulement, c’est une série historique et elle était diffusée le lundi, qui était une journée chargée lors de la seconde partie de saison. J’ai donc laissé tomber sans regarder… L’autre gros bonus, c’est la présence de l’excellent Jack Falahee de How to get away with murder, dont les nombreux snaps sur le tournage de la série m’ont rendu curieux – surtout que Connor est probablement mon personnage préféré d’HTGAWM (probablement, parce qu’il est en rude compétition avec Michaela).

Rabia, saison 1 – C’est grosso-modo le Walking Dead espagnol, et j’ai adoré les deux premiers épisodes. Mais voilà, les séries espagnoles proposent des épisodes de 80 à 90 minutes, et c’est particulièrement relou à caser dans un emploi du temps en cours d’année. J’espère réussir à trouver un peu plus de temps dans l’été pour finir cette saison qui partait plutôt bien (malgré le cliché).

Scream Queens, saison 1 (Renouvelée) – J’adore Emma Roberts, j’aime bien Lea Michele, mais purée qu’est-ce que je n’ai pas accroché au 2nd degré de Scream Queens. J’ai abandonné après 4 épisodes, repris trois épisodes d’un coup en décembre et jamais continué. Ça passait mieux en bingewatching, j’essaierai de me dégager une soirée dans l’été pour terminer et me mettre à jour pour la saison 2 !

The Magicians, saison 1 (Renouvelée) – Exactement comme Lucifer, je n’ai pas commencé cette série par crainte d’une annulation et par flemme, alors que je sais que les histoires fantastiques finissent toujours par me plaire. Il paraît que ça a un gros côté ado, mais si j’ai supporté Shadowhunters, je suppose que je peux tout supporter !

Wayward Pines, saison 1 (Saison 2 en cours de diffusion) – Ouais, je sais, c’est honteux, je n’ai toujours pas vu Wayward Pines, LA série dont tout le monde parlait l’été dernier. Du coup, ça m’a saoulé, j’ai pas regardé et je ne sais pas où j’ai lu que c’était annulé, mais j’ai lu que c’était annulé. Et en fait non, la saison 2 reprend cette semaine. Je vais donc essayer de me mettre à jour et de ne pas être trop spoilé !

 CS2016#CHALLENGESERIES2016

L’été est également le moment où jamais de poursuivre mon challenge et, à vrai dire, de le terminer… avant de le reprendre avec les retours de certaines séries de celui-ci à la rentrée !

American Horror Story, saison 3 (en cours) et 5 – J’ai vu un peu plus de la moitié de la saison 3 ce week-end, et j’ai adoré, malgré les défauts habituels de la série (des longueurs et des sous-intrigues peu passionnantes, généralement, ainsi que des répétitions dans les rôles d’une saison sur l’autre). Je compte la finir dans la semaine, et il me restera ensuite la 5 (j’ai déjà vu la 4) diffusée cette année.

El Ministerio del Tiempo, saison 1 – Autre série espagnole, j’ai regardé le pilote dans une autre vie et ça m’a bien plus. C’est totalement historique, mais l’approche fantastique me plaît bien et surtout, c’est en espagnol et j’ai vraiment besoin de travailler mon espagnol. Alors voilà, comme pour Rabia, j’espère que l’été me permettra de trouver des tranches de 80 minutes.

That 70’s show, saison 2 à 8 – J’ai vu la saison 1 la semaine dernière à vitesse grand V, et j’ai totalement foiré le coup pour la saison 2 en privilégiant AHS. Clairement, je compte finir la série d’ici le mois de juillet, car je me connais, les sitcoms, je les avale !

The Man in the High Castle, saison 1 (Renouvelée) – Il faut bien que je me mette à jour avant la saison 2, non ?

One Tree Hill, saison 1 à 9 – OUTCH. Le plus gros morceau de mon challenge n’est toujours pas attaqué. Je compte piquer les DVDs à ma sœur et les emmener avec moi en cas de départ en vacances, donc ça devrait aller, en théorie, et m’occuper pour tout Juillet/Août. Comme si je n’avais pas déjà de quoi faire avec tout ce qu’il y a ci-dessus !

Voilà, voilà, c’est à ça que ressemblera mon été cette année… Et vous, vous avez déjà fait le tour de ce qui vous intéresse ?

 

#TooFemale : ces séries que CBS n’aurait pas voulu produire

#TooFemale vient tout juste de sortir des hashtags en TT sur Twitter, et je trouve qu’il n’est pas resté assez longtemps. De quoi s’agit-il ? La chaîne CBS a décidé de ne pas donner suite à Nancy Drew, la nouvelle série de Sarah Shahi (Person of Interest) parce qu’elle était jugé comme trop féminine pour la chaîne…

 Et effectivement, après un rapide coup d’œil, CBS a commandé huit séries, dont sept ont pour lead un homme. Bien. Il en reste une vous me direz (mais avec un traitement du personnage pas forcément au top…). Alors le #TooFemale en 2016, sérieusement ?

Oui, sérieusement. CBS veut nous priver d’une excellente série… qu’à cela ne tienne, voilà mes conseils de séries #TooFemale, si ça vous tente ! Pas de spoiler dans ces descriptions très générales, mais je ne résiste pas à l’envie de vous spoiler l’article en lui-même : non, vous n’y trouverez pas Game of Thrones et ses multiples viols, ni Sex & the city et son irrémédiable besoin de faire exister la femme à travers l’homme… Pas assez #TooFemale pour moi !

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> Buffy contre les vampires

Commençons par la base de la base, Buffy est reconnue comme l’une des grandes séries féministes. Et effectivement, elle nous a apporté non seulement Buffy, mais aussi Faith, Willow ou Cordelia, des personnages féminins au développement absolument dingue sur l’ensemble des sept saisons, mais aussi des cinq d’Angel et des trois qui ont suivi en comics. Buffy est une série de l’empowerement féminin, au même titre que Xena, et je ne saurais que trop vous la conseillez ; quitte à commencer par ses dernières saisons plus « modernes » en terme de look ou effets spéciaux. En tout cas, si vous commencez, n’hésitez pas à jeter un coup d’oeil sur mon article marathon Buffy.

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> Orphan Black

Si vous ne connaissez pas encore l’inégalable Tatiana Maslany, arrêtez tout ce que vous faîtes et foncez. Il n’y a bien qu’une seule personne sur la masse énorme de gens à qui j’ai vendu la série qui n’a pas aimé : dans Orphan Black, vous aurez de tout ! De la comédie, de la SF, de l’horreur parfois, du gore de temps à autres et même un peu de sexe. Je ne veux pas trop en dire, je raconterais simplement la première scène : Sarah revient chez elle après des mois d’absence, mais elle croise sur le quai de la gare une femme qui lui ressemble en tout point… Et cette dernière se suicide. Franchement, ça vaut le détour ! Pour ceux qui sont déjà accros, je parle de la saison 4 en cours de diffusion par ici.

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> Orange is the New Black

Difficile de ne pas penser aux multiples séries Netflix si je parle de séries #TooFemale. Celle-ci est probablement la plus féminine de toute : elle suit la vie des prisonnières d’une prison pour femmes aux États-Unis. Autant dire que le casting est largement féminin et les profils très diversifiés. La prochaine saison débarque dans un mois environ sur Netflix, il est temps de vous y mettre si ce n’est pas déjà fait !

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> The 100

Il va vous falloir endurer le pilot et l’épisode 2 qui se présentent en tout point comme un teen drama SF peu savoureux, avec l’arrivée sur Terre d’une centaine d’adolescents 97 ans après que l’humanité ait quitté la planète bleue à cause d’une guerre nucléaire. Leur but ? Savoir si la Terre est à nouveau vivable et l’air respirable. La série n’est en soi pas une série #TooFemale, avec un casting respectant la parité. Oui, mais ce sont bien les femmes qui sont aux commandes dans The 100 et, à l’instar de Buffy, ce qui compte c’est l’évolution des personnages… et croyez-moi elles évoluent vite, on passe du teen drama foireux à une série beaucoup plus mature extrêmement rapidement ! Pour ceux qui sont déjà à jour, je parle de la dernière saison par ici.

 00> Unreal

Cette série nous raconte les coulisses d’une émission de télé-réalité fictive, qui si elle n’était pas fictive s’appellerait Bachelor. Sur le coup, le synopsis me tentait moyen, mais croyez-moi, vous ne regretterez pas de jeter un coup d’œil à cette série ! Les 10 épisodes de la saison 1 couvre une saison du Bachelor et s’attarde sur quelques candidates dont la vie nous est dévoilée… pour mieux comprendre de quelle manière les productrices les manipulent, pas forcément de bon cœur. Toute la tension d’Unreal réside dans le fait qu’il faut des images pour vendre le programme, mais qu’en même temps, cela suppose d’abandonner toute humanité. Il y a celles qui entrent volontairement dans le jeu et celles qui se font bouffer par la télé-réalité. Du coup, la tension est souvent palpable, le drame succède à la comédie et l’intensité va crescendo tout au long de la première saison. Il est encore temps de vous mettre à jour car la saison 2 est pour très bientôt et qu’il existe même une web-série retraçant la vie d’une candidate après l’émission (web-série elle aussi #TooFemale) ! À noter: la saison 1 sera diffusée sur Nrj12 à partir du 24 mai, à 20h50.

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> Charmed

Bah oui, il n’y a pas à dire, Charmed reste, à l’instar de Buffy, une bonne référence féministe au casting #TooFemale. Si vous aviez regardé sur M6, il est l’heure d’accorder une deuxième chance à la série, mais cette fois en VO : vous allez découvrir des dialogues très différents et extrêmement soignés, avec notamment de nombreuses références à l’œuvre Shakespearienne et un humour beaucoup plus travaillé que ce que nous avons vécu avec la VF très moyenne. L’histoire des trois sœurs Halliwell qui se découvrent sorcières et doivent alors combattre les démons tout en menant leur vie personnelle et (surtout) sentimentale n’a pas toujours été que féministe (et s’est perdu sur la question en cours de route, quand on voit certaines storylines d’un autre temps), mais c’est vite envoûtant !

Teachers

> Teachers

Comment ne pas parler dans cet article de l’excellente Teachers que j’ai découverte il y a un peu moins d’un mois ? Casting à 90% féminin, humour méta et personnages-types parfaitement maîtrisés et joués, c’est pour moi le must-see de cette liste si vous cherchez vraiment une série #TooFemale. Théoriquement, vous devriez rire pendant tout votre visionnage une fois entré dans l’humour de la série, dont je parle plus longuement par ici.

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> Agent Carter

Le casting de cette série n’est pas vraiment #TooFemale, c’est même plutôt tout l’inverse avec une majorité d’hommes entourant l’agent Peggy Carter dans les années 60. Peggy Carter, c’est l’inoubliable Hayley Atwell dont vous avez peut-être déjà suivi le personnage dans Captain America. Oui, bah une fois la disparition de son chéri, elle n’a pas chômé la petite et elle est devenue totalement bad-ass en se lançant dans des missions d’espionnage pour faire tomber Hydra. Alors, oui, la série vient de se faire annuler injustement faute d’audience après une superbe saison 2, mais ça vaut quand même le coup d’œil, surtout si vous êtes fans d’…

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> Alias

Evidemment, autre série cultissime que je n’avais pas le droit d’oublier dans cet article. La série raconte la vie d’une étudiante qui n’a rien d’ordinaire : elle fait en fait partie de la CIA… Du moins, c’est ce qu’elle croit. Sydney Bristow est une héroïne entourée d’hommes elle aussi, mais la série fait la part belle à ses personnages féminins et leur développement, en abordant des thématiques larges et en continuant d’envoyer en missions périlleuses les femmes tout au long de ses cinq saisons, même lorsqu’elles sont enceintes. Autant dire que c’est carrément #TooFemale pour CBS !

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> Desperate Housewives

Hola, même le titre indique que c’est #TooFemale, qu’aurait fait CBS ? Desperate Housewives, c’est l’histoire de Susan, Gaby, Bree, Lynette et Eddie, cinq femmes au foyer désespérées dont on va suivre la vie sur huit saisons et 13 ans, grâce au récit de Mary-Alice, une de leur amie qui se suicide dès la première scène du pilote. Comédie drôlatique et mystérieuse avec son enquête chaque saison, Desperate s’est un peu usée à toujours recycler la même formule, mais qu’est-ce qu’elle a pu me faire rire tout en développant des personnages féminins géniaux !

Voilà, il y en a beaucoup d’autres encore, je sais bien, mais je conclue la liste ici. Bon, je pense bien sûr à Veronica Mars, Dollhouse, Ally McBeal, Scandal ou à certains épisodes de Person of Interest. Cela dit, je trouve que si ces séries abordent certes les questions du féminisme, de l’empowerement et tout le blabla rejeté par CBS comme #TooFemale, elles ont aussi beaucoup d’aspects rétro qui me plaisent beaucoup moins dans cette optique. J’attends votre opinion sur cette liste et surtout sur mes immanquables oublis, n’hésitez surtout pas à commenter !

PS: merci à Pauline qui a remarqué deux trois coquilles dans cet article !

The Following : une lente déchéance…

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Dans le pilote de The Following, nous découvrons le personnage de Joe Carroll, professeur de littérature obsédé par l’œuvre d’Edgar Allan Poe qui a commis une série de meurtres. À l’aide des réseaux sociaux et d’un de ses livres, il s’est constitué un solide réseau de “followers”, des fans prêts à tout pour être dans ses bonnes grâces, y compris à tuer et à le libérer de prison. Pour les contrer, l’ex-agent du FBI Ryan Hardy reprend du service.

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The Following, c’est aussi et surtout l’histoire d’une série à deux vitesses, capable de proposer de grandes choses et l’instant suivant de tout ruiner. En sacrifiant la crédibilité du scénario pour user à tort et à travers des mêmes ficelles pendant trois saisons, les scénaristes proposent une série addictive qui d’épisode en épisode va perdre sa saveur.

                Retour sur trois saisons inégales d’une série qui s’achève avec un goût de frustration : spoiler alert.

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Une série addictive

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Un rythme effréné

Oui, si The Following est vraiment addictive dès son pilote, c’est parce qu’elle propose un rythme effréné qui ne permet pas aux spectateurs de reprendre leur souffle. Le pilote propose ainsi un jeu avec les codes de la formule du procedural. La formule paraît d’abord respectée : des personnages archétypes (à la limite de l’insipide) sont proposés, deux antagonistes clairement définis, et la victime à sauver présentée. Pourtant, ces conventions plates se font rapidement tordre le cou. Tout dans ce premier épisode cherche à fasciner le spectateur : les références un peu obscures à l’œuvre de Poe, les retournements de situation, l’échec du héros qui paraît bien faible et bien sûr, la révélation des trois premiers followers.

Beaucoup de questions restent sans réponse, mais en même temps, beaucoup de réponses sont apportées : le rythme est effréné parce que les « gentils » sont débordés par les actions permanentes des « méchants » ayant un coup d’avance.

En fait, il se passe déjà beaucoup (trop) de choses dans ce premier épisode. Les retrouvailles des trois premiers followers notamment, surprise finale que l’on attendrait plutôt quelques épisodes plus tard, mais qui vient enfoncer le clou de l’échec de n’avoir su sauver la damoiselle en détresse (parce que c’est quand même de ça qu’il s’agit). Et c’est sans compter sur l’enlèvement de Joey… Là où le spectateur s’attendait à un épisode bouclé, il n’y a que le début d’une histoire très dense. Je profite de cette mention du personnage de Joey pour saluer une excellente écriture du personnage : c’est rare de voir des personnages d’enfants qui ne soient pas qu’agaçants dans les séries.

Ce n’est plus une originalité, mais plutôt une ficelle usée dans toutes les séries : The Following se repose sur des cliffhangers cherchant à s’assurer la présence des spectateurs à l’épisode suivant.

05Une violence permanente

L’autre trait très addictif de The Following, c’est bien sûr sa violence, elle-aussi perceptible dès le premier épisode avec les jolis yeux de Maggie Grace violemment arrachés.

Cette violence va parcourir les trois saisons de la série : chaque épisode de la série présentera au moins un meurtre et de nombreuses scènes s’attacheront à montrer des personnes lambdas dont la vie bascule à cause des followers. C’est le cas par exemple de cette pauvre vendeuse qui se fait kidnapper en saison 1, que l’on voit quelques épisodes enfermée à la cave et qui s’en sort, ou de cette moins chanceuse infirmière en saison 2 qui se fait violemment tuer devant chez elle afin qu’un follower de Lily puisse prendre sa place à l’hôpital et aller libérer le jumeau qui y est prisonnier.

Au-delà de la violence physique, The Following aime aussi s’essayer à la violence psychologique à plusieurs reprises. Outre la vendeuse de la saison 1, prenons le cas du personnage de Mike : simple agent du FBI à la vision du monde manichéenne en saison 1, Mike devient en saison 2 un homme dont les convictions sont ébranlées. L’apogée de cette violence psychologique se traduit par une scène-clé pour le personnage : celle de la mort de son père, exécuté de sang-froid par Lily sans qu’il ne puisse rien y faire. Dès lors, c’est la descente aux enfers pour Mike qui ne s’arrête plus dans son désir de vengeance. La mort de Lily, qu’il exécute de sang-froid, ne lui suffit plus, et il fait de l’arrestation de Mark une vendetta personnelle. La violence psychologique sert donc les cliffhangers et les intrigues de fond, on passe de celle d’un personnage à un autre (de Mike à Mark).

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Des portraits psychologiques fouillés ?

Elle sert aussi et surtout à proposer des portraits psychologiques fouillés. Outre le personnage de Mike, celui de Jacob tout au long de la saison 1 est peut-être l’une des plus belles réussites de la série.

En effet, c’est bien le seul des followers dont on comprend les motivations – précisément parce que lui non plus ne les comprend pas et est perdu. Le personnage se présente tout en doutes et en contradictions : il a tout du méchant, mais est en même temps toujours prêt à se repentir. C’est le seul à paraître encore humain à bien des reprises, et pourtant, c’est aussi lui qui enseigne à Joey que tuer, c’est facile et bien (autre scène de violence psychologique magistrale). En fait, Jacob est perdu, et il l’est tellement qu’il en arrive à avoir une relation homosexuelle alors qu’il est hétérosexuel ; qu’il n’a pas envie de tuer mais le fait, qu’il veut tuer Emma mais n’y parvient pas. Au contact de Claire, il prend conscience une nouvelle fois de son humanité. Et c’est bien sûr à ce moment-là qu’Emma le tue, car le personnage s’éloigne un peu trop du manichéisme de la série. Portraits psychologiques fouillés et manichéisme ? Non, ce n’est pas possible. Et pourtant…

Autres portraits brillamment réussis, notamment grâce au jeu du (seul !) acteur, ceux des jumeaux Luke et Mark. Bien que les motivations de ces jumeaux restent assez floues, le caractère perturbé mais ô combien différent des deux est un vrai régal. Le twist de la saison 3, avec le développement de la schizophrénie est Mark, est une idée parfaite car l’acteur est capable de l’interpréter avec brio – dans une dimension rappelant presque l’inégalable Tatiana Maslany dans Orphan Black. Les jumeaux représentent donc des méchants aux profils travaillés, certes, mais ils n’en restent pas moins, dès leur conception, des méchants… Paradoxe presque étonnant pour des personnages si fouillés.

Une série pleine de paradoxes

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Le manichéisme

À trop vouloir justifier les actions des followers en saison 1, The Following parvient surtout à dessiner un manichéisme primaire qui dessert totalement la suite de la série. Il y a les gentils d’un côté et les méchants de l’autre, et l’on bascule définitivement dans ce schéma sans jamais y revenir à partir de la mort de Jacob. Il y a bien Mandy en saison 2, présentée comme le maillon faible de la chaîne de serial-killer, c’est vrai, mais l’écriture du personnage peine à convaincre. Elle doute, mais tue instinctivement, avant de douter à nouveau. Les scénaristes tentent de nous montrer un personnage à la fois fasciné et effrayé, mais l’intrigue ne prend jamais vraiment à cause d’une faute originelle : le premier meurtre est trop soudain pour qu’une dose de crédibilité existe. Le coup de pelle, oui. Le meurtre, non. Partant de là, toute la storyline du personnage tombe à l’eau, car elle est définitivement du mauvais côté de la barrière manichéiste de la série (comme le prouve sa fugue pour retrouver Lily : jamais Mandy ne se trouve du « bon » côté).

Les raisons évoquées de la folie des personnages ne sont que rarement convaincantes et jamais ne sera expliqué en saison 1 ce qui pousse les followers à se ranger derrière Joe Carroll, dont on a peine à croire que le seul charisme suffise. Et il est difficile de se faire une idée sur ce premier livre de Carroll qui déchaîne tant de passions, car il n’est toujours qu’évoqué à demi-mots. Pire : plus la série progresse, moins elle s’intéresse à ses personnages et aux raisons derrière leurs actions, pour s’enfermer dans des schémas de plus en plus simplistes.

En saison 2, il est difficile de croire à cette famille de psychopathes qu’on nous présente très large, mais qui est très rapidement décimée. Leurs motivations réelles sont assez floues. Est-on censés se contenter de la folie de ces personnages ? Inutile de mentionner également la secte de la seconde partie de saison, qui est grosso modo un simple pool de red shirts.  Pour ceux d’entre vous qui ne connaîtrez pas, les red shirts, ce sont les membres de l’équipage de l’Enterprise dans Star Trek, qui passent pas mal de temps à se faire massacrer. En résulte une légende urbaine qui veut que les personnages portant des vêtements rouges meurent dans l’épisode pour souligner le danger d’une action ou d’une scène (ça se vérifie plus ou moins selon les séries, la page Wikipedia en anglais en donne quelques exemples, Lostpedia également avec quelques spoilers Lost, et voici le lien de la page traduite pour ceux qui parlent uniquement français). Pour en revenir à The Following, ces personnages figurants tous en rouge sont uniquement présents pour être tués, et pas besoin d’une légende urbaine pour le voir venir. Ils n’ont absolument aucune autre utilité, j’en veux pour preuve leur docilité face aux disparitions des leurs et le massacre final. En saison 3, on ne sait plus vraiment les raisons qui poussent les méchants à être méchants, ils sont méchants et c’est bien suffisant. À force de proposer des followers, la série en oublie leur intérêt pour leur laisser une simple fonction meurtrière. On s’attache encore à ses personnages plein de faiblesses, c’est sûr, mais on ne sait pas bien pourquoi ils sont si cinglés. Et la saison 3 ne s’embarrasse même plus de leur donner des faiblesses. Elle tombe dans un manichéisme primaire, tout en essayant de faire passer la pilule du gentil devenu le méchant qu’il pourchasse à force de vouloir se venger…

En effet, la série nous présente les gentils et les méchants pendant une saison et demie, puis soudainement réalise que ses gentils sont aussi méchants que les méchants. Mais ils sont gentils, alors ce n’est pas si grave. Que dire du personnage de Ryan ? Antihéros banal, son addiction à l’alcool le rattrape après avoir été effleuré timidement pendant deux saisons. Quelle conclusion offre la saison 3 à cette storyline ? On ne sait pas bien. C’est un gentil, il surmonte son alcoolisme, mais pas sa passion de tuer. Il part seul pour protéger sa famille en se faisant passer pour mort. Ça correspond tout à fait au personnage et offre un ultime sacrifice qui ne laisse aucun doute sur le fait que c’est un… gentil.

La série se veut complexe, mais elle repose en permanence sur des schémas paradoxaux et tristement simplistes. Il y a d’abord le schéma de la vengeance, vendetta personnelles : Ryan veut tuer Joe (et inversement… puis, on ne sait plus bien), Claire veut tuer Emma (et inversement), Mike veut tuer Lily ou Mark (et inversement), etc. Chaque fois ces intrigues reposent sur un « gentil » qui veut se venger d’une action d’un « méchant »… Et bien sûr, c’est le gentil qui gagne. Les méchants ne sont pas en reste pour la vengeance : Lily qui pense que Lue est mort, la mort de Gisèle ou la mort de Kyle en saison 3 sont autant de motifs de revanches personnelles. Autre schéma simpliste et qui n’a rien d’original, mais qui fait quand même les ficelles de la série : derrière chaque grand homme (Ryan, Mike, Joe), il y a une femme (Claire/Max, Emma) : Claire et Max sont le compas moral de Ryan, elles s’assurent qu’il reste du bon côté de la ligne, qu’il soit « clean« . Max assure d’ailleurs ce même rôle avec Mike, et cela est souligné à plusieurs reprises dans la série par cette pauvre Max, notamment lors de cette réplique un peu grosse : « Ok, I have no problem playing good cop/bad cop but only if it’s just playing » (3×03). La série assume totalement son schéma simpliste du good cop/bad cop – qui fut un temps synonyme de complexité – poussé à l’extrême dans un parallèle femme/homme d’un autre temps, qui finit par être presque gênant tant il est démodé.

À l’inverse, Emma s’assure que Joe reste du mauvais côté, tout en le protégeant : combien de fois la voit-on lui dire de raccrocher le téléphone pour ne pas être localisé ? Combien de fois souhaite-elle que Joe tue Ryan ? De ce point de vue-là, l’évolution du personnage est plus que décevante : en saison 1, elle nous est présentée comme une jeune femme à la vie difficile qui croit en Joe, qui ne voit rien de mal dans ses actions – tuer n’a rien de mal, finalement, si c’est pour une bonne raison ; c’est avant tout une question de pouvoir comme Jacob l’enseigne à Joey. « Maybe he’s not so bad. Maybe we just don’t understand him » réplique-t-elle d’ailleurs à Joey à la mi-saison 1 lorsqu’il cherche à comprendre pourquoi son père est si mauvais. Et pourtant : en saison 2, elle assume pleinement être du côté des méchants et bascule dans un manichéisme évident, comme si la série regrettait d’avoir un temps joué la carte du flou. Les ficelles deviennent grossières, Emma est désormais du côté des méchants parce qu’elle a tué Jacob. Plus de flottement ou de doute, c’est décidé, après la saison 1, il reste les méchants et les gentils en saison 2. Pour la saison 3, les gentils ne sont pas si gentils, mais pas totalement méchants pour autant. Voilà grosso modo la construction de ces trois saisons, et une fois repérée, le plaisir de découvrir la série est un peu compromis.

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Le revers du rythme effréné : la surenchère

En plus de ces schémas, un autre problème vient saboter la série. C’est qu’avoir un rythme effréné, c’est bien, mais pénalisant. Malheureusement, le conserver pousse les scénaristes à en oublier la crédibilité des événements présentés. Comment aller vite avec un héros cardiaque ? En oubliant qu’il a des problèmes cardiaques pendant toute la saison 2, par exemple. Ryan, en début de saison 1, est incapable de courir plus de cinq minutes sans être sur le point de s’effondrer. À plusieurs reprises, son pacemaker est présenté comme un point faible exploité par les méchants pour (ne pas) le tuer. C’est l’une des faiblesses du personnage qui doit pousser le spectateur à l’apprécier. Pourtant, dès la saison 2, ses problèmes cardiaques disparaissent : ils sont cités à plusieurs reprises, mais jamais ne l’affectent directement lorsqu’il est poursuivi par les méchants, lorsqu’il croit sauver Lily, lorsqu’il se bat et tue Gisèle (snif), la liste est sans fin.

En terme d’évolution des personnages, cette surenchère du rythme aurait pu apporter beaucoup de bonnes choses. Malheureusement, l’exemple de Ryan est loin d’être le seul exemple d’oubli des scénaristes (mais c’est le plus flagrant). De manière générale, l’ensemble des personnages féminins ne connaît pas d’évolution au cours de la série : quand Claire décide de passer à autre chose et d’enfin évoluer, elle disparaît simplement des intrigues (mais ce n’est pas un mal, car les traits réussis de son personnage sont totalement détruits par la saison 2). Max est un personnage principal durant deux saisons, mais puisqu’elle sert de compas moral dans un schéma simpliste, elle est condamnée à ne pas évoluer alors que ses pendants masculins changent et deviennent des personnages hantés par les événements traumatiques qu’ils vivent. Le seul vecteur d’évolution du personnage de Max est donc… l’enchaînement de ses petits-amis. Bienvenue dans un monde anti-féministe au possible. Sur le même point, le personnage de Gina est intéressant : certes, elle se remarie et décide de quitter le FBI, mais finalement, elle passe surtout de personnage secondaire à abonnée absente. Quant à son caractère, elle ne semble pas si traumatisée que ça dans son dernier épisode. Et c’est un personnage sur lequel je vais revenir, évidemment, car sa simple introduction dans la série est un peu une honte si l’on pense à Debra. Dernier exemple : Carrie Cooke, femme forte et indépendante, certes, mais dont l’évolution fait peine à voir. Son personnage s’efface progressivement avec le retour de Claire. On pense alors que les scénaristes ont oublié son existence en début de saison 3. Elle ne réapparaît (pas) que pour être tuée brutalement en milieu de saison et servir l’évolution du personnage de Ryan, qui tombe un peu plus dans sa dépression alcoolique. Seuls les personnages masculins connaissent donc une vraie évolution au cours de ces trois saisons et seulement parce que le rythme l’impose, cette évolution est souvent remise en question, souvent effacée pour revenir au point de départ. À nouveau le cas de Ryan constitue un bon exemple : son alcoolisme disparaît aussi vite qu’il est arrivé (et Joe avec !) pour l’épisode final. Idem pour Mike, qui finit tout gentil sur son lit d’hôpital après une période sombre.

Le rythme intense pousse aussi à devoir tuer régulièrement des personnages, pour le simple principe de les tuer : il faut des événements choquants pour continuer la série. Dommage, car cela se traduit par des sacrifices parfois incompréhensibles sur le plan scénaristiques (Jacob) quand d’autres survivent très longtemps sans qu’on ne sache bien comment (Ryan, tu aurais dû mourir tant de fois).

Bien sûr, la série est parsemée de bonnes trouvailles. La famille de psychopathes internationale et les nombreuses scènes en français en font partie. Sauf que le manque de crédibilité des trois quart des événements dessert The Following : l’idée de la famille est bonne, mais il aurait fallu la développer et lui donner des bases bien plus solides. Autre saison, autre trouvaille sympathique : l’arc narratif du petit-ami de Max est peu original, mais l’engrenage est au départ bien amené. Malheureusement, il devient un peu trop extrême lorsqu’il tue sa partenaire du FBI et perd tout son charme en même temps que sa crédibilité dans cette surenchère peu enthousiasmante et du coup prévisible.

Surtout, tout au long de la série les mêmes codes du suspens sont utilisés à l’envi dans chaque épisode et finissent par lasser : par exemple, à combien de scènes dans l’obscurité à la recherche d’une proie à tuer (du côté des gentils comme des méchants) assiste-t-on au cours de ces 45 épisodes ? La surenchère ne peut pas être si surprenante dans une série qui parle de serial-killers. Malheureusement, elle dessert la série.

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Jumping the shark : l’adieu à la crédibilité

En effet, comment ne pas penser à l’expression consacrée à une série perdant toute crédibilité, « jumping the shark », lorsque l’on apprend la résurrection de Joe Carroll dans le 2×01 ? Le personnage était mort en saison 1, choix osé de la part des scénaristes, mais qui avait l’avantage d’une prise de risque intéressante. Il restait Emma à capturer pour la saison 2, il aurait suffi de s’intéresser à sa vengeance pour proposer une saison bien construite. Le retour à la vie de Joe Carroll, absolument pas crédible, vient enterrer définitivement le peu de crédibilité qu’il restait à la série – marquant un tournant définitif et sans demi-tour. Il devient aussitôt évident que Claire est encore en vie (en fait, on s’en doute même avant) – dommage qu’il faille attendre huit épisodes pour la revoir.

À partir de cet instant, la série ne s’embarrasse plus de grand-chose. Le personnage de Debra est ressuscité par l’introduction de Gina Mendez, sosie physique et professionnel de l’agent tuée dans la saison précédente. C’est un peu comme si les scénaristes regrettaient d’avoir tué un personnage qu’ils auraient pu facilement sauver, s’ils n’étaient pas tenu par ce rythme impossible à conserver. L’ensemble des storylines de Gina sont d’ailleurs à noter comme exemples de Jumping the shark. Qu’elle soit lesbienne, pourquoi pas, c’est une bonne idée en soi, mais quel dommage de voir son ex tomber dans le double cliché de la lesbienne méchante et morte (sans vraiment qu’on ne comprenne pourquoi d’ailleurs). Gina ouvre aussi la saison 3 avec un mariage surprise, rencontrée moins d’un an après la mort de son ex donc, même si elle en était déjà séparée, c’est un deuil rapide. On n’en saura pas beaucoup plus sur cette femme, pourtant pris en otage par la suite… ce qui là encore est un bon gros requin.

Évidemment, Claire n’est pas morte et nombre de méchants se relèvent après avoir subi des blessures apparemment fatales (Luke notamment). Cela se vérifie aussi du côté de nos gentils préférés, Mike étant déjà un parfait exemple avant même d’être poignardé à trois ou quatre reprises par Mark. Cela se poursuit jusqu’à l’épisode final qui propose ce qui est peut-être le pire twist de la série : un tueur qui se relève après s’être pris une balle dans la tête et « tue » Ryan, qui bien sûr n’est pas mort. Ultime pied de nez des scénaristes, qui semblent ne plus avoir beaucoup d’envie de proposer une série logique et qui donnent l’impression qu’eux-mêmes ne savent pas s’ils voulaient vraiment d’un happy end pour leurs… followers.

Le spectateur-follower

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Un jeu évident

Comment parler de The Following sans évoquer le jeu le plus évident des scénaristes, à savoir créer une armée de followers sur Twitter ? Tout est mis en place pour que le spectateur soit accro à la série, on l’a vu, l’addiction est souhaitée. Pourtant, la sauce ne prend qu’en partie : plus les épisodes passent, moins elle est forte. D’où la lente déchéance évoquée en titre de cet article.

C’est que la série repose finalement toujours sur les mêmes enjeux, les mêmes ficelles, les mêmes schémas et tombe même dans le panneau des clichés. Par la notion de clichés, je pense surtout au couple Max/Mike, prévisible et insipide à souhait dès leur rencontre et auquel la saison 3 fait encore un peu plus de mal que de bien. Suivre des schémas simplistes n’est pas forcément mal, c’est parfois réussi, mais c’est dommage d’une série qui proposait un pilote original et plutôt subversif.

La fin ouverte de la série semble être un appel, un cri de ralliement pour les fans. Elle est tellement ouverte (à la va-vite) qu’elle donne l’impression que les scénaristes ont voulu tester l’influence de leur fanbase à l’ère des renouvellements sur Netflix et Hulu. Mauvais pari : la qualité d’écriture n’y est plus et personne ne peut en être totalement dupe. La série doit être consommée dans un bingewatching vraiment rapide pour que l’effet addictif prime sur la déception : plus on prend du recul sur la série, plus elle apparaît pleine de lacunes béantes. La fin ouverte, en revanche, est appréciable en elle-même. Elle permet d’imaginer un peu la suite que l’on veut et correspond mieux au personnage de Ryan, auquel une fin heureuse n’irait pas. L’imaginer protéger sa famille de loin en continuant de tuer tous les méchants ? Peut-être la meilleure proposition de la série depuis bien longtemps. Après tout, le meilleur épisode de la saison établit Ryan comme un nouveau Joe.

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Un jeu attendu

Finalement, plus les épisodes passent et plus l’on attend un jeu convenu (et donc décevant car le début était surprenant) de la part de la série. Les retournements de situation ne sont plus vraiment des surprises. Ceux qui le sont encore font sourire. Le cliffhanger de la saison 1, par exemple, est prévisible à souhait, prévisibilité révélée même dans la réplique finale de Molly : « You were always my chapter, Ryan, Joe promised me ». C’est d’ailleurs la dernière référence aux fameux chapitres prévus par Joe, qui ont rythmé la saison 1 avant de disparaître. Dommage, c’était un élément constitutif de la série qui avait le mérite de fonctionner et d’expliquer sans prise de tête les motivations des followers. Par la suite, les scénaristes ne s’embarrassent plus et ne cherchent plus vraiment de mobiles aux meurtres de leurs personnages.

Les scénaristes s’amusent à semer des indices sur le futur de la série, mais le font de manière grossière. La mort d’Emma est par exemple annoncée par Claire dès la saison 1 elle veut être celle qui tue cette ex-nourrice. L’épisode Silence est dépourvu de tout suspens à partir du moment où Emma raconte ce qu’elle pense de la mort : il est évident que c’est son dernier épisode, tant tous les signes sont réunis pour indiquer aux spectateurs qu’elle va être tuée.

Tout au long de la série, il y a d’ailleurs ces meurtres attendus et disons même destinés, des schémas de vengeance déjà évoqués plus haut. Jacob et Emma, d’abord. L’un devait mourir de la main de l’autre, et les deux le savaient très bien dès la mi-saison. Emma et Claire, Mike et Lily, Mike et Mark ensuite. Sur ce dernier duo, est-il utile de revenir sur l’évidence de leur intrigue, surtout en fin de saison 3 ? La scène de couple entre Max et Mike dans le parking sous-terrain en fin d’épisode ne pouvait mener qu’à ça, et le spectateur n’en attendait pas moins.

Dans cette idée d’un jeu attendu, il faut revenir aussi sur certaines intrigues laissées en suspens dans le dernier épisode qui en deviennent presque frustrantes. Pendant quinze épisodes, on s’attend à découvrir que Gwen est la grande méchante de la saison – avec des répliques malhabiles évidentes où le personnage cherche à faire avouer leurs mensonges aux gentils et à glaner des informations qu’elle n’a pas à avoir. Et pourtant, rien n’est révélé dans cette saison 3.

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Un jeu de références

Pour s’assurer le suivi des spectateurs, les scénaristes s’amusent à glisser de nombreuses références à saisir. Rien de nouveau : c’est l’apanage de plus d’une série depuis Lost et (notamment) ses chiffres maudits présents un peu partout (et au-delà d’elle-même, avec leur reprise dans Once Upon a time).

Les références à Poe vont parcourir l’ensemble de la première saison, dans des dimensions en fait toujours très minimes. Pas besoin d’avoir lu les œuvres de l’écrivain pour comprendre la série, mais le prolongement proposé est tentant : l’idée est de pousser les spectateurs à lire pour prolonger le plaisir de la série. Les meurtres s’inspirent de l’œuvre de Poe et les scénaristes cherchent à faire croire que le jeu de Joe Carroll peut être décodé si l’on lit Poe.

Le problème, c’est que ce n’est pas le cas. Certes, on emmure une femme et on en enterre vivante une autre. Certes, les femmes ont beaucoup moins de chance de survivre dans cette série, comme dans un bon livre de Poe. Au-delà de ça, néanmoins, pas de décryptage mystique permis par l’œuvre de Poe.

Le jeu de références se perd dans la suite de la série. En saison 2, il devient références bibliques, parce que Joe Carroll a les initiales de Jésus-Christ et parce qu’on nous présente une secte qui se rallie au pouvoir de Joe car… Ah oui, car rien du tout, justement.

En saison 3, il est rapidement fait par le premier épisode, qui propose des auto-références. Là encore, il s’agit de surenchère de rythme, qui ne mène nulle part. D’ailleurs, aucune crédibilité non plus dans Mark mettant en scène les anciens meurtres marquants de la série… Il n’y a même pas assisté ! Le jeu de référence est ensuite totalement absent jusqu’à l’épisode 10. Les dernières paroles de Joe Carroll sont une référence directe au poème célèbre de Poe, The Raven. Dans cette scène d’exécution, on aperçoit ce qui aurait pu être une vraie force de la série : le charisme de Joe est transcendant dans ce dernier Nevermore.

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                En d’autres termes, The Following est l’histoire d’une déception. Les scénaristes surprennent dans le pilote en tordant le cou aux conventions, puis en proposant des personnages à la qualité d’écriture vraiment surprenantes (Claire en saison 1, Joey, Jacob, les jumeaux…). Malheureusement, le manque de crédibilité vient détruire cette réussite et certains personnages connaissent une évolution tout simplement catastrophiques. Claire est de ces personnages : une saison 1 parfaite, une saison 2 où elle n’est que l’ombre d’elle-même et où on est heureux de la voir partir…

Bref, The Following débute sur de bonnes bases et tombe petit à petit dans la médiocrité pour s’achever sans proposer de fin fermée, après une lente déchéance qui ne laissait que peu d’espoir de renouvellement… Dommage !

Cette série reste à conseiller pour ceux qui cherchent un peu d’adrénaline et d’addiction sans prise de tête, et c’est tout. Je n’en décrochais pas en la visionnant d’une traite, mais seuls les défauts en ressortent aujourd’hui avec le recul… Disons que ça se regarde et que c’est sympa, sans plus.