One Piece – S01E01 – Romance Dawn – 18/20

Franchement, c’est une adaptation très réussie pour du live-action d’un manga aussi populaires. Je ne doute pas qu’il y aura des puristes pour tout critiquer, et j’en fais un peu partie à ne pas accrocher à tous les acteurs ou au choix de changer certains procédés dans la narration, mais c’est un premier épisode fluide et qui donne bien à voir ce que proposera la série par la suite. C’est efficace, c’est fun, c’est divertissant et c’est effréné, parce qu’il se passe bien trop de choses dès ce premier épisode. Petite réussite pour Netflix, ça faisait longtemps !

Spoilers

Luffy souhaite devenir le roi des pirates. Pas simple.


Why would anyone want to become a pirate ?

J’ai déjà l’impression d’être agressé par le titre tout en majuscule de l’épisode et la miniature de Nami pour me faire cliquer sur l’image de la série sur Netflix, ça part mal cette affaire !

Gold Roger | Alvida | Kobby | Nami & Zorro | Shells Town | Cliffhangers

Gold Roger

Bizarrement, je ne m’attendais pas à un début avec une voix off et une carte, mais je trouve que ça fonctionne bien pour l’univers. Après tout, un monde de pirate sans carte, ça n’est possible ! À l’inverse, c’est sans trop de surprise que la série commence 22 ans avant le début de la série avec Gold Roger capturé. Bim. Point du Bingo Séries avec une jolie affiche « Wanted ». Je savais que je pouvais compter sur One Piece pour l’avoir !

Que cela n’empêche pas le gouvernement de faire une grossière erreur : Gold Roger est exécuté devant une foule immense dans la capitale. Avant ça, il a droit à quelques derniers mots lors desquels il assure avoir réalisé tous ses rêves et invite la foule à en faire autant : son trésor est bien caché, à eux d’aller le trouver. Je ne peux m’empêcher de penser que la fin du manga sera inévitablement de nous dire que le trésor n’est qu’une pièce – après tout, c’est le titre – mais est surtout tout le voyage et le mode de vie des pirates.

On verra bien. En attendant, la série peut commencer : la foule se met aussitôt en quête du trésor et part dans tous les sens, et Gold Roger meurt en changeant à tout jamais le monde qui entre dans l’âge d’or de la piraterie. Simple et efficace comme lancement et comme enjeux global pour la série, ça fonctionne toujours aussi bien : tout le monde part à la recherche du One Piece, le trésor de Gold Roger.

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Alvida

Une fois que c’est fait, nous sommes propulsés sur l’East Blue Sea où l’on nous introduit le personnage de Luffy. Les attentes sont énormes et la série joue totalement avec nous, en commençant par un gros plan sur le chapeau fétiche de Luffy. Eh, ça aussi ça fonctionne. Quand il relève la tête, bim, petite excitation de début de série.

Par contre, on s’éloigne déjà beaucoup du manga : on nous épargne l’enfance de Luffy et l’histoire du fruit du démon pour l’instant, en nous indiquant seulement que Luffy nage « comme une enclume ». Son caractère est le bon, par contre : il parle à un oiseau pour se présenter et tenter de le recruter, en vain, et on nous fait tout de suite comprendre que l’univers de la série sera un peu perché. Je veux dire, Luffy est taré, se parle tout seul, crie de joie, s’enferme dans un tonneau pour ne pas couler avec son bateau…

C’est tout con, mais ça marche bien comme raccourci, malgré un petit côté Pirate des Caraïbes. Autant je n’y pensais jamais à ces films quand je lisais les mangas, autant maintenant que je regarde sous forme de live-action, je ne peux qu’y penser. En effet, Luffy se retrouve dans un tonneau pris entre deux feux – ou plutôt entre deux navires. Les pirates s’attaquent entre eux à coups de canon et on nous introduit le capitaine Alvida. La capitaine Alvida. Une femme ! Bonne idée, ma foi.

Elle attaque donc avec son équipage un autre bateau dans le but de retrouver Zoro. Malheureusement pour elle, il n’est plus dans le navire ennemi et elle n’apprend pas grand-chose d’utile de la part de ses ennemis. Il n’en faut pas plus pour qu’elle montre qu’elle n’a pas de pitié et qu’elle tue le capitaine adverse. On nous introduit alors son larbin, un garçon blond aux lunettes rondes. Ouais, on sent qu’on vient d’un manga quand on voit ces lunettes excessivement grandes, mais bon, ça participe à l’humour et à l’univers. Et bien sûr, le tonneau de Luffy finit sur ce bateau lui aussi.

Durant la nuit, Luffy sort donc du tonneau pour mieux tomber nez à lunettes avec le larbin du navire – du moins, c’est comme ça que Kobby est introduit ici. Malheureusement, la série tombe alors dans un écueil que je pensais qu’elle souhaitait éviter : le flashback. Luffy raconte ainsi à Kobby qu’il est un pirate, même s’il n’en a pas l’air, et parle brièvement de son enfance pour révéler qu’il a toujours voulu être pirate. La scène sur le bateau en flashback était clairement en trop dans la narration de l’épisode. Autant le manga présentant ça dans l’ordre chronologique réussissait à nous accrocher un peu, autant cette obsession des flashbacks dans les séries depuis Lost commence à se faire vieille. Et c’est dommage, parce qu’en plus, je ne vois pas ça durer dans le temps sur toute la saison.

Bref, j’ai plutôt envie de me concentrer sur le présent de l’action, avec un Luffy qui a évidemment faim et dont le caractère loufoque va vite apparaître à tous ceux qui ne le connaîtraient pas encore : alors qu’il faut être discret et que Kobby se fait le plus petit possible quand ils sortent de la cale, c’est dans un mouvement très Luffyiesque que Luffy réveille tout le navire.

Bim, l’action est relancée : Alvida est déçue de voir que Kobby le trahit, Luffy affirme qu’il sera roi des pirates et Alvida lui rappelle qu’elle est la pirate la plus puissante. Je connais déjà l’histoire, mais je me laisse facilement emporter malgré tout : le casting est franchement bon, j’adore cette interprétation du personnage d’Alvida. Elle n’est évidemment pas du tout comme je l’imaginais, mais son rôle est top – c’est bien écrit, son jeu me fait rire et apporte à la série la touche d’humour qu’il fallait.

Rapidement, Luffy défie par son caractère la capitaine Alvida, en affirmant que Kobby est libre (he’s a free elf ?) et qu’il pense qu’Alvida est un cachalot. Il n’en faut pas plus pour qu’Alvida sorte sa batte – son arme caractéristique – et tente de tuer Kobby, mais là encore, Luffy n’hésite pas à le sauver. Dès lors, la première bataille pour Luffy commence et c’est tout fun : on voit Alvida qui s’énerve à tenter de frapper Luffy, en vain. On nous révèle ainsi les pouvoirs de Luffy : c’est un homme-élastique. Il survit quand on lui tire dessus et il se déforme à l’envie à chaque coup de batte.

Alvida, hyper puissante jusque-là, est donc tournée en ridicule bien rapidement et Luffy utilise même son poing pour la faire tomber du navire. L’attaque spéciale de Luffy ? En vrai, ça passe mieux que je l’imaginais. Je pensais que ça rendrait forcément ridicule en live-action. Là, les effets spéciaux sont quand même bons – pas exceptionnels, mais ça passe – et la pause que ça impose dans la bataille ne m’a pas sorti de l’épisode.

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Kobby

Une fois Alvida éjectée du bateau – en feu, en plus ! – Luffy propose à Kobby de le suivre sur un canot de sauvetage. Ce n’est pas comme s’il lui laissait vraiment le choix, cela dit, mais bon, ça permet à l’épisode d’avancer un peu. Kobby peut ainsi poser plein de questions à Luffy sur son passé. On repart ainsi dans le flashback où l’on voit Luffy tenter de se crever l’œil, en vain, et être soigné par Shanks. Je ne suis pas convaincu plus que ça par le casting de Shanks d’ailleurs.

Il me semble qu’il est pourtant supposé être l’une des grandes attentes de la série. On va faire avec : le personnage est toujours top avec Luffy et il donne de bonnes leçons au petit qui veut devenir un pirate. Malheureusement, Luffy n’en fait qu’à sa tête et n’est pas très obéissant : il décide donc de manger un drôle de fruit qu’il trouve dans la cale du navire et qui fait partie du trésor de Shanks.

Shanks, lui, ne surveille pas assez Luffy, tout occupé qu’il est à se prendre la tête dans un bar et à se résigner à faire face aux pirates débiles qu’il croise sur son chemin. J’aime la leçon qu’il tente de donner à Luffy ensuite sur le fait que la violence ne peut pas tout résoudre (un comble, dans cet univers de pirate) et la mise en scène menant à la révélation du pouvoir de Luffy est plutôt bonne.

On revient dans le présent ensuite où Luffy explique qu’il a mangé le Gum Gum Fruit, un fruit du démon. Soit. Les différents éléments de la série sont plutôt bien introduits et vraiment, je trouve très cool l’acteur choisi pour incarner Luffy. Il fonctionne vraiment en Luffy, c’est chouette. Quant au caractère du personnage, il me soule souvent dans le manga, mais pour le moment, j’accroche bien à l’humour qu’il apporte – c’est un peu plus dosé, peut-être.

S’il affirme qu’il veut aller sur Grand Line, Kobby lui fait remarquer qu’il a besoin d’une carte pour ça. C’est la première fois que Luffy s’en rend compte et il est vite convaincu que Kobby lui sera utile pour ça. Il écoute tout de même son rêve de rejoindre la marine et décide de mettre au point un plan qui permettra à tous les deux d’obtenir ce qu’ils veulent.

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Nami & Zorro

Cet épisode introduit également le personnage de Nami, il le fallait bien. Ce scénario est un peu trop éclaté à mon goût, parce que plutôt que de suivre une trame linéaire comme le manga, il fait le tour de plein de choses en parallèle. C’est l’avantage d’une série, c’est sûr, mais ça complexifie un peu le nombre de personnages pour un premier épisode. Cela me donne l’impression que la série s’adresse avant tout à des lecteurs du manga ou des fans de l’animé – tout est expliqué pourtant, mais ça me paraît aller trop vite pour tout ingérer d’un coup.

Nami, donc, est introduite comme une damoiselle en détresse sur un canot. Elle est secourue par deux pirates complètement débiles qui se laissent berner par un coffre sur le canot de sauvetage de Nami. Le coffre est évidemment vide et elle profite de leur faim d’argent pour leur voler leur navire. Simple et efficace. L’actrice ? J’adore sa voix et elle joue bien, mais vraiment, la couleur des cheveux, c’est too much pour que j’accroche pour l’instant. Ils auraient pu trouver un roux plus naturel – même si ça collait moins au manga.

Contre toute attente, cet épisode propose aussi de faire un détour par l’île de Sixis. C’est l’avantage d’une adaptation : ils peuvent déformer un peu le matériel d’origine. Plutôt que de suivre le début de l’aventure de Luffy uniquement, on nous introduit donc déjà d’autres personnages. Je ne sais pas si je suis convaincu, mais il faut faire avec : nous découvrons donc le personnage de Zorro (grosse attente pour le casting, j’ai hâte de voir ce que ça va donner) être contacté par Baroque Works par l’intermédiaire de Mr 7. Y a pas à dire, ce costume est ridicule sur papier, mais c’est encore pire en vrai !

Mr 7 explique à Zoro qu’il est intéressé par ses talents et souhaite le recruter, mais ce n’est pas trop le délire de Zoro, qui refuse un tatouage sur le visage s’il n’est pas le numéro 1 – avec son doigt d’honneur. OK. Niveau écriture, le personnage de Zoro est vraiment top et badass. L’acteur a un peu plus de mal à me vendre le personnage pour le moment. Quoiqu’il en soi, il nous tue Mr 7 en quelques secondes. Les combats n’ont jamais été si courts dans One Piece, non ?

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Shells Town

En parallèle, Luffy et Kobby arrivent à Shells Town où le but est pour Kobby de rejoindre la marine et pour Luffy d’obtenir une carte. Une fois en ville, Luffy est terrifié de constater qu’il existe des dizaines d’affiches « Wanted », parce qu’il y a beaucoup de pirates et pas son visage sur les affiches. Et ça, ce n’est pas normal pour lui. Kobby, lui, est juste terrifié par l’existence même des pirates.

J’aime bien l’amitié improbable entre eux et je trouve que ça fonctionne bien, comme dans le manga en soi, d’avoir cette relation entre eux. Et puis surtout, on en arrive à un moment bien fun où tout le monde est réuni dans la même taverne. En effet, alors que Luffy se remplit l’estomac en présence de Kobby, Nami débarque et drague un type de la marine – le plus petit possible (et c’était fun) – alors que Zorro arrive au bar.

C’est par lui que l’action va reprendre, quand un type s’en prend à une enfant qui était sympa avec Zorro et lui offrait de la nourriture. Zorro n’apprécie pas du tout l’attitude de ce Malfoy en carton (désolé, mais c’est ce qu’il m’a renvoyé) et il est toujours aussi badass. Il tente donc de forcer le blond à manger une boulette de viande qu’il vient de faire tomber par terre et le blond veut aussitôt l’attaquer.

C’est une mauvaise idée : Zorro n’a même pas besoin de dégainer l’un de ses trois sabres pour le mettre à mal, tout en explosant aussi la tronche de tous les marines qui essaient de l’arrêter. Luffy est fan de Zorro à peu près aussitôt, Nami en profite pour assommer un garde, Kobby se planque sous une table. Franchement, l’action est sympa et mène à la révélation que Zorro se bat vraiment contre Malfoy : le blond lui propose tout ce qu’il veut parce que son père lui donnera.

Son père ? Le capitaine Morgan, richissime marine… Qui lui doit de l’argent. En effet, Zorro ramène le corps de Mr 7 pour collecter la prime. C’est son business : récolter les primes. Le problème ? Il a attaqué des marines, et ça, c’est récompensé par sept jours sur une croix, sans nourriture et sans eau. Un petit régime, donc. Zorro préfère encore ça plutôt que d’être embauché par les marines comme Morgan lui propose.

Alors que Zorro fait face à cette punition, Luffy et Kobby retournent dans leur canot pour passer la nuit. Plutôt que de dormir, ils papotent et c’est l’occasion pour Kobby que le monde ne fonctionne pas en noir & blanc, mais en nuances de gris. Il est surpris d’avoir vu un marine être méchant avec une petite fille, parce que ça ne correspond pas à sa vision du monde : un pirate a protégé la petite, contrairement à la marine dont c’est le but.

Le lendemain, le blondinet revient évidemment voir Zorro qui est désormais sur une croix pour se foutre de lui. Il est absolument insupportable et mérite vraiment ce qui est sur le point de lui arriver. Nous n’y sommes pas encore cependant. Pour l’instant, on voit plutôt Nami s’infiltrer parmi les marines avec l’uniforme et Luffy tenter d’entrer dans la base en passant par les canalisations. Malheureusement pour lui, Luffy se contente d’atterrir devant Zorro crucifié.

La conversation s’engage entre eux malgré la volonté de Zorro de ne pas lui parler, et ça fonctionne vraiment bien. Il n’y a pas à dire, le matériel d’origine est génial : on nous révèle ainsi que Zorro est un chasseur de pirates qui souhaite de devenir le meilleur en combat de sabre là où Luffy souhaite être le roi des pirates. C’est à peu près tout ce qu’il faut en retenir, le caractère sympa et un peu naïf de Luffy suffit à faire le reste : il libère Zorro pour qu’il puisse suivre son destin et repart par les égoûts.

Il tombe alors dans une salle pleine de cartes où Nami se trouve justement. Elle essaie de voler la carte de Grand Line en se faisant passer pour une marine, sauf que ce n’est pas si simple : elles sont en fait toutes dans le bureau de Morgan et Nami sait certes mentir, mais elle se fait vite griller. Comme elle sait se battre, ce n’est pas un souci. Bref, Luffy tombe sur elle quand elle est déjà hors de danger et il lui dit aussitôt qu’il a tout entendu et qu’elle cherche sa carte.

Si Nami n’est pas tout à fait d’accord avec ce possessif, elle suit malgré tout Luffy qui se balade ensuite dans le bâtiment comme s’il était tout à fait normal d’y être. Vraiment, c’est un personnage marrant Luffy, il n’y a pas à dire, sa simplicité d’esprit et sa volonté de toujours demander ce qu’il veut comme si c’était normal de l’obtenir le rend hyper sympathique et attachant.

Bon, pas pour Nami, qui a juste peur qu’il les fasse repérer, ce qui ne manque pas d’arriver. Une fois face à face avec Morgan, donc, Nami se retrouve à reprendre ses mensonges pour expliquer qu’elle emmenait Luffy en prison – et Morgan la croit. Luffy est fasciné et trouve aussitôt qu’ils forment une super équipe, mais c’est encore avant de savoir que Nami est une voleuse professionnelle qui a réussi à voler les clés de Morgan.

Bon, s’il est fasciné et qu’il demande à Nami de rejoindre son équipage – comme il l’a fait à Kobby et Zorro plus tôt – Nami refuse. Elle veut bosser seule et refuse d’être associée aux pirates, car elle les déteste. Elle accepte tout de même que Luffy la suive jusque dans le bureau de Morgan où elle cherche la carte pendant qu’il joue avec tous les objets du bureau. Cela lui permet de découvrir le coffre caché de Morgan, et c’est bien drôle à voir.

Bon, ils sont tout de même pressés par le temps quand Morgan apprend qu’ils sont là et débarquent à la porte du bureau. Ce n’est pas vraiment un problème pour Luffy cependant : il décide d’utiliser ses pouvoirs pour arracher la porte du coffre. Nami lui vient en aide et hop, les voilà qui passent par la fenêtre avec le coffre entier. C’est con. Mais c’est marrant. Surtout qu’ils sont en haut d’une tour. Pas de quoi s’inquiéter avec les pouvoirs de Luffy cependant.

Pendant ce temps, Zorro suit sa vengeance personnelle. Il avait promis qu’il ferait gémir le fils de Morgan et ça ne manque pas. C’est assez simplifié, en même temps, par le fait qu’il le retrouve complètement nu en train de s’amuser avec son sabre (non, c’est pas une image, je parle d’un vrai sabre). Quand il s’apprête alors à quitter le bâtiment, il tombe dans la cour intérieure sur Nami et Luffy en train de se battre avec tous les gardes.

La scène d’action est vraiment très sympa à suivre. C’est ce que doit se dire Zorro, parce qu’il décide finalement de rejoindre Luffy et Nami pour les aider à se battre contre les marines. Le ménage est vite fait et nos trois héros se retrouvent alors à se battre contre Morgan qui est amusé de les voir tous les trois ensemble. Si Luffy affirme qu’ils sont un équipage, les deux autres refusent et hop, on enchaîne sur un combat plutôt bien mené.

Les chorégraphies sont stylées, les pouvoirs de Luffy plutôt bien exploités et les trois sabres de Zorro révèlent chacun où ils vont dans ce combat qui est sympathique à suivre. Bien sûr, le trio finit par gagner, même si Nami est plutôt occupée à chercher comment embarquer le coffre. La solution est pourtant simple : il suffit d’utiliser les bras de Zorro tout simplement.

Ils se rendent donc tous sur le bateau de Nami – même s’ils ne sont toujours pas un équipage. Luffy refuse de partir sans Kobby, toutefois, et c’est con parce que les marines cherchent toujours à les arrêter. Parmi eux, il y a une fois de plus le fils de Morgan, ridiculisé encore un peu plus par Zorro qui lui a refait sa coupe. Il y avait tant de possibilités pour le ridiculiser, c’est presque la version gentille.

Toujours est-il qu’il compte bien les arrêter… jusqu’à ce que Kobby le frappe. Malgré tout, Kobby ne souhaite pas partir avec Luffy. Eh, ça fait beaucoup de mangas d’un coup dans ce premier épisode, tout de même. C’est efficace cependant, et j’aime bien que ça aille si vite. Kobby refuse donc de les suivre alors qu’ils partent sur Grand Line parce qu’il souhaite mener sa propre vie et devenir un marine. La prochaine fois qu’ils se verront, ils seront ennemis… mais pour l’instant, let’s go, ils sont amis et il les aide à s’enfuir.

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Cliffhangers

Plusieurs cliffhangers viennent ponctuer ce premier épisode, et je crois bien que… je n’ai pas été assez loin dans les mangas finalement ? Je n’ai aucun souvenir de Garp qui reçoit un coup de fil (enfin, d’escargot) et apprend que la carte de Grand Line a été volée par trois pirates. Par contre, j’ai très hâte de voir l’arc de Baggy le Clown et je suis content d’en avoir un aperçu dès cette fin d’épisode. Le clown affirme qu’il s’agit de sa carte et qu’il va la récupérer, et franchement, la folie de Baggy est parfaite pour Jeff Ward. Je suis content de le retrouver, même si ce rôle est très, très loin de celui qu’il avait dans Agents of S.H.I.E.L.D.

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One Piece (S01)

Synopsis : Embarquez pour une aventure épique aux côtés de Monkey D. Luffy, un pirate intrépide en quête du trésor légendaire connu sous le nom de One Piece. Entre camaraderie, combats et mystères, sa quête promet d’être mouvementée… comme dans le manga, donc !

Pour commencer, One Piece sur Netflix est la série que tout le monde attendait pour la rentrée, mais qui sort le dernier jour des vacances du prof que je suis. Génial, non ? Tous mes élèves l’auront binge-watchée d’ici lundi, et moi, je serai à la traîne et vais me prendre tous les spoilers dans la figure. J’ai lu les 30 premiers tomes du manga, donc je devrais être à l’abri de révélations vraiment incroyables, mais je suis vraiment curieux de voir ce que cette adaptation va donner et j’aimerais me forger mon propre avis avant d’avoir le leur.

De toute manière, je n’ai pas vu l’animé (qui cartonne) alors mon avis sera forcément différent de celui de mes élèves. Il n’empêche qu’entre la montagne de travail qui m’attend et un week-end déjà bien chargé par d’autres occupations (faut bien profiter des derniers jours de répit), je sens que je vais devoir ruser pour trouver du temps.

Malgré tout, ce qui me pousse à plonger dans cette nouvelle série, c’est que ma curiosité est plus que titillée et que je sais que tout le monde va la regarder. Si le manga prend son temps pour démarrer, je doute que la série fasse de même avec seulement huit épisodes (d’une heure, certes, mais tout de même).

Côté acteurs, le casting de Luffy me semble excellent, même si j’ai quelques réserves sur Nami et ses cheveux à la coloration beaucoup trop artificielle pour mes yeux. Par contre, Sanji, mon personnage préféré dans le manga, a intérêt à être à la hauteur de mes attentes ! Mes attentes ? Je souhaite une adaptation qui va à l’essentiel tout en conservant l’esprit du manga. Je ne veux pas d’un copier-coller, qui est de toute manière impossible, mais plutôt d’une interprétation qui sait capturer l’essence de l’histoire originale. C’est un équilibre délicat à trouver… mais j’ai envie d’y croire !

Ca ne veut pas dire que j’y crois à 100% autant. D’abord, j’ai peur que la série soit bien réalisée mais qu’elle se fasse descendre par les fans puristes et se terminent sur un cliffhanger. Ce serait dommage, même si le manga permettra toujours de compenser. Ensuite, il y a toujours le risque que le rythme ne soit pas bien géré et que je m’ennuie ou décroche – ou que ça me donne envie d’aller lire la suite du manga. Et enfin, il faut que j’évoque le pire scénario pour moi… Que la série soit tellement addictive que je veuille tout regarder d’un coup alors que je n’ai clairement pas huit heures devant moi.

Note moyenne de la saison : 

Twisted Metal – S01E06 – DRVTHRU – 20/20

J’ai fait une pause dans mon visionnage de la série et je reprends avec celui-ci… C’est peut-être ce qui explique qu’il m’a tant plu : en fait, j’ai raccroché beaucoup plus vite à l’humour de la série et j’ai adoré ce que ça proposait comme développement de personnage. Le format même est maîtrisé à la perfection : alors que l’intrigue semble faire une pause, on se rend compte que le développement des personnages permet à l’intrigue d’avancer. Et en plus, ça se fait avec de l’humour, des délires qui ne collent qu’à cet univers et une maîtrise totale des personnages par les acteurs. Un pur plaisir.

Spoilers

Quiet survit à son accident, alors apprenons à mieux la connaître.

Oh well, we’re not alone, ‘cause you know… Ocean ghosts.

C’est amusant comme je disais avoir hâte de voir les épisodes suivants dans la critique précédente… Tout ça pour n’avoir rien regardé pendant deux semaines. On va dire que je fais durer le plaisir ! Après un podcast où Aurélien aussi a dit beaucoup de bien de la série, je me suis dit qu’il était peut-être temps de m’y remettre cela dit. Et j’ai attendu le lendemain matin quand même parce que je me suis couché tard et parce que cet épisode commence par un avertissement sur les flashs lumineux.

Flashback | Piscines à boules

Flashback

L’épisode commence par un étonnant flashback où nous suivons Quiet et son frère rêver d’une vie meilleure. Ils ont en effet eu une enfance qui n’envoie pas du rêve : ils ont pour job de cueillir des fruits toute la journée. Par chance, Quiet a réussi à décrocher un contrat qui leur permet d’envisager un futur meilleur – à condition de travailler de manière acharnée pendant quatre ans. Le frère n’est pas trop motivé à la base, mais Quiet sait le convaincre, bien aidée par un insupportable type à côté d’eux qui veut les dénoncer car ils passent trop de temps à parler.

Pourtant, on voit que Quiet a une technique imparable pour récolter les fruits – et elle veut vraiment son futur meilleur dans une villa de rêve. Il est toutefois difficile d’être sûr des raisons qui font qu’on nous montre cette scène, alors je vais noter aussi qu’ils ont un voisin nommé Adrian pendant leur enfance.

Bon, le contrat de Quiet ? Il ne vend pas du rêve du tout ! Ils en ont pour quatre ans à être des esclaves traités de manière atroce à The OC. Lui se retrouve serveur de fastfood surexploité, elle, esclave d’une riche femme qui l’exploite comme bonne à tout faire. Et y a de quoi être jalouse de Cendrillon dans son cas : la haute société de The OC s’éclate en effet à couper des membres de leurs esclaves à chaque faute. Si on ne sait pour quelle raison Quiet a perdu son doigt, on découvre en tout cas qu’il sert de collier à sa propriétaire. C’est super glauque, mais c’est un signe de richesse que de montrer qu’on a des bouts de corps humains en bijoux. L’angoisse. L’angoisse continue aussi quand on comprend qu’ils n’ont pas le droit de parler.

Cela dit, un jour, sa propriétaire emmène Quiet dans le fast-food de son frère et une situation d’urgence les fait se retrouver confinés ensemble en espérant qu’un tireur ne vienne pas tuer tout le monde dans le restaurant. Le frère s’arrange donc pour passer un moment avec Quiet – et là, d’un coup, ça met en perspective les raisons pour lesquelles elle ne parle pas : après trois ans sans voir son frère, elle ne dit pas un mot pour respecter les règles.

Lui, en revanche, est ultra bavard. Il finit par faire rire Quiet en lui expliquant qu’il pète sur les repas de son manager. Malheureusement pour eux, et contrairement à ce que le frère affirmait, quelqu’un finit par les surprendre : le manager. Il n’est pas heureux de voir Quiet dans un endroit où elle n’a pas à être et essaie aussitôt de mettre la main sur elle. C’en est trop pour le frère qui proteste, vocalement, puis crache carrément sur son manager.

C’est une bonne idée de nous montrer qu’il a toujours été protecteur pour elle. C’est aussi dans cette scène qu’il lui donne sa veste d’ailleurs. Bon, par chance pour le frère, le tireur finit par débarquer sur le parking du fast-food et faire peur à la clientèle, alors le manager les abandonne un temps.

On découvre que le tireur n’est pas le fou sanguinaire qu’on pourrait imaginer, mais juste une esclave qui se rebelle. La pauvre se fait tuer, mais elle a tout de même le temps de préciser que le contrat était un mensonge : elle a passé quatre ans à servir correctement d’esclave sans pour autant avoir eu ce qu’elle voulait.

Une fois ce petit problème réglé, le manager peut s’occuper du frère de Quiet pendant la nuit. Il lui coupe ainsi l’oreille avant de vouloir s’en débarrasser auprès de sa sécurité… déjà morte. On s’en doutait : Quiet débarque, bien qu’un peu trop tard : elle a tué la sécurité et n’hésite pas à tuer le manager. Elle est toujours forte avec un couteau malgré trois ans sans pratiquer. Plutôt que de péter un câble comme l’autre esclave, Quiet et son frère décident de se barrer, à la recherche d’une vie meilleure.

Flashback | Piscines à boules

Piscine à boules

Comme ça faisait un moment que je n’avais plus vu la série, je ne comprenais pas pourquoi ce flashback, mais c’est en fait logique : la pauvre Quiet survit à un terrible accident de voiture après tout. J’ai fait la pause pile au bon moment, parce que c’est la mi-saison et que c’est conçu ici comme une reprise avec petits flashbacks et changement de la dynamique entre les deux héros.

Je veux dire, c’est l’épisode où ils s’embrassent et vont plus loin juste parce que Quiet et John ne se supportent plus l’un l’autre. Avant d’en arriver là, on a un excellent gag sur un soi-disant astronaute qui aurait réussi à transcender son corps pour atteindre une autre planète. John déplace malgré une demande de ne pas le faire le cadavre du type, parce que ça dérange Quiet qu’il soit là. Cela dit, ce qui dérange le plus Quiet, c’est qu’elle n’a pas fini le boulot avec Stone.

Elle en veut à John de l’avoir extirpée de la voiture sans lui laisser la possibilité de tuer le flic. John lui apprend alors que Stone n’est finalement pas mort. Euh ? Sa voiture a explosé putain, c’est abusé de nous vendre sa survie, mais eh, ça permet d’avoir de quoi remplir les cinq autres épisodes, je suppose. En attendant, il y a autre chose à remplir si je peux me permettre : voilà donc nos héros qui se mettent à faire l’amour dans une piscine à boules. Bordel, ils ont tellement l’air de s’éclater !

Je parle plus des acteurs que des personnages dans cette dernière phrase, hein… mais les personnages aussi, c’est sûr. Après s’être amusés dans les boules, Quiet se réveille au son des ronflements de John. Elle décide aussitôt de se barrer, mais ce n’est pas aisé de ne pas le réveiller dans une piscine à boules. J’ai tellement ri de la situation. C’est super bien joué, surtout qu’évidemment, elle finit par le réveiller en ouvrant la porte du diner dans lequel ils sont, parce qu’il y a une clochette sur celle-ci.

Forcément, John lui court après pour l’éviter de faire une connerie en se barrant, mais de toute de manière, un étrange orage se dresse alors à l’horizon. En soi, il ne devrait pas être étrange, mais John nous informe que c’est une tempête Watkyn. Grosso modo, c’est un orage, mais avec des dizaines d’éclairs qui tombent aléatoirement sur le sol – ou sur les gens. Les scénaristes en profitent pour proposer du très bon humour, avec John qui s’autotraite d’idiots quand il se retrouve à devoir sauver Evelyn.

Le cadavre de l’astronaute brûle à cause d’eux et d’un éclair, John se prend un éclair dans le dos et… Quiet assiste au spectacle. Et oui, c’est suffisant pour me faire rire, mais non, ils ne s’arrêtent pas là : John doit ensuite faire cicatriser sa brulure et il s’en débrouille tout seul, refusant l’aide de Quiet. Le voir s’allonger sur une table, c’était sympa.

Il faut toutefois qu’il se passe quelque chose dans l’épisode, non ? Eh bien, pas forcément : ils sont bloqués par la tempête, souvenez-vous. Watkyn est donc le nom d’une usine nucléaire qui a explosé, oups, et l’orage les bloque un bon moment dans le diner. C’est l’occasion pour eux de continuer d’apprendre à se connaître en vrai, et j’ai bien aimé leur jeu de se poser des questions chaque fois qu’ils marquaient un point en tirant correctement dans la bouche d’un alien.

Cela permet pas mal d’humour, de John qui oublie son prénom à sa révélation qu’il est sûr qu’il y a des fantômes dans l’océan et de la vie sur d’autres planètes. Malgré une post-apocalypse atroce, ils trouvent clairement le moyen de s’amuser un bon moment, affirment que lama et chèvre sont le même animal et… couchent une nouvelle fois ensemble dans la piscine de boules. Franchement, ils filent le smile, c’est cool.

Par contre, après une deuxième fois dans la piscine de boules, John fait la demande de trop : il propose à Quiet de venir avec lui à New San Francisco après être venu avec lui faire sa livraison. Déjà, il s’avance beaucoup je trouve, parce que personne ne lui a dit qu’il pouvait faire entrer Quiet avec lui là-bas. Ensuite, elle le prend mal : elle a déjà vu ce que c’était que la sécurité qu’il lui vend et ça ne l’intéresse pas du tout. Elle s’énerve donc et le ton monte à nouveau entre eux.

La dispute est dure à vivre après un épisode où ils s’entendaient si bien, mais elle est nécessaire pour faire avancer la série. Bien sûr, Quiet refuse de suivre John et déclare que dès la tempête passée, elle se barrera de son côté. Par chance, la tempête dure longtemps : ils doivent donc passer une nuit de plus ensemble.

Ils décident de se séparer, encore énervés l’un après l’autre. Quiet décide ainsi de dormir dans la piscine à boules et John au sol, sous de l’aluminium, parce qu’il y a de l’aluminium partout dans ce fast-food de toute manière. Ce ne sont pas les conditions idéales pour dormir et ça permet encore pas mal d’humour en vrai. Quiet finit par aller se faire à manger, à défaut de pouvoir dormir, et tombe sur une chambre froide pleine d’astronautes.

Vraiment, la série a ses propres délires, mais ça fonctionne à merveille à chaque fois. Bien sûr, Quiet a ensuite un problème de bouteille de gaz à changer, ce qui force John à lui venir en aide. Elle voulait toutefois y arriver par elle-même et elle vit mal le fait devoir lâcher prise sur la bouteille de gaz. Lâcher prise la fait donc fondre en larmes, parce qu’elle en est incapable. Et oui, c’est hyper basique comme métaphore du deuil, mais je trouve que c’est amené de manière super efficace. Je ne me lasse plus de faire des éloges à la série et aux interprétations des acteurs : c’est absolument génial, tout simplement.

Quiet fond en larmes dans les bras de John, ils partagent ensuite un bon repas et dorment finalement ensemble dans la piscine à boules. En fait, ils sont là un vrai couple, avec la réconciliation nécessaire post-dispute. Cet épisode vend du rêve, avec une relation qui est bien plus fonctionnelle que prévu. Les opposés s’attirent, tout ça, tout ça.

Au petit matin, John est toutefois dépité de constater que Quiet est partie sans lui malgré tout. Les scénaristes jouent juste avec nous – et avec lui : elle est en fait en train de charger le coffre d’Evelyn et elle est prête à aller à New Chicago avec lui.

Le cliffhanger nous montre donc les personnages arriver à Chicago, avec un étrange tag « Calypso est réelle ». Curieux de voir quelle importance ça aura par la suite ; parce que chaque détail a son importance dans cette série.

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Vitesse de croisière pour Le Dernier Voyage du Demeter

Salut les cinéphiles,

Jeudi dernier, je suis allé au cinéma pour essayer de m’évader du médiocre Rétribution et de son faux huis clos qui n’a pas vraiment réussi à m’emporter. Et devinez quoi ?

Bien sûr, je me suis retrouvé face à un autre simili huis clos, cette fois-ci à bord d’un mystérieux navire. On ne va pas se mentir, je savais parfaitement à quoi m’attendre en y allant, cela dit : le film s’appelle Le Dernier Voyage du Demeter, évidemment qu’on va assister au voyage dans le bateau et difficilement à autre chose.

Pas de bol, c’était tout aussi long… mais plus réussi, heureusement !

Dracula, es-tu là ?

En fait, le film est essentiellement une plongée dans une partie du roman Dracula, étendue sur deux heures de pellicule. On y retrouve les codes de l’horreur de l’époque victorienne, avec son rythme languissant et sa lente accumulation de tension. Autant vous le dire tout de suite, ce n’est pas un film pour les amateurs d’action frénétique, on est vraiment sur un autre type d’horreur. Et une fois qu’on sait ça, le film est plutôt plaisant.

L’atmosphère du Dernier Voyage du Demeter est très sombre, au sens obscur du terme plus qu’au sens figuré. Enfin, au sens figuré, il l’est un peu aussi, je vous rassure. Pour apprécier pleinement les détails subtils et les recoins mystérieux du navire, il est préférable de le voir dans une salle de cinéma plongée dans l’obscurité totale. Cela ajoute indéniablement à l’ambiance oppressante du film – mais ça permet surtout de tout voir. En plissant les yeux.

Si ça ajoute au côté mystérieux et au personnage de Dracula – insaisissable pendant une bonne partie du film – qui fait bien plus peur ainsi, c’est tout de même un peu frustrant par moment. Le film étant long, le but n’était pas non plus d’avoir envie de fermer les yeux, je pense. Et pourtant, c’est bien le genre de films où il est possible de piquer un somme entre deux moments intenses, je pense.

Côté casting

Les acteurs, dans l’ensemble, font le job sans vraiment briller. Ils portent l’histoire, mais il manque ce petit quelque chose qui les aurait vraiment fait sortir du lot. Malgré plusieurs scènes cherchant à nous montrer une dynamique de groupe, on a toujours l’impression que ça ne prend pas, qu’il manque un élément pour qu’on soit pleinement convaincu. Ou alors, c’est juste moi qui n’arrive pas à me sentir embarqué par les films avec des navires depuis Pirate des Caraïbes. Parce que oui, évidemment, ça m’y fait penser…

Cela dit, il y a un acteur qui parvient à se démarquer dans ce flot de performances convenables. Corey Hawkins, clairement le rôle principal du film, apporte une présence charismatique à l’écran (ce n’était pas gagné parce que je l’ai reconnu de la très médiocre Survive !) et ajoute une touche de profondeur à son personnage – bien aidé par le scénario qui se concentre beaucoup sur lui. Son jeu est ainsi forcément plus nuancé et le personnage contribue à maintenir l’intérêt – survivra-t-il même si l’on sait qu’il n’y a pas de survivant ?

Dracula ? Comme je le disais plus haut, difficile de juger de la performance de l’acteur qui reste très longtemps dans l’ombre. Le maquillage est excessif, on peine à voir comment il pourrait se fondre avec les humains. C’est une vision comme une autre du personnage culte, dirons-nous. Quant au reste des effets spéciaux, ils font le job sans être particulièrement marquants. Ils sont au service de l’histoire et parviennent à créer quelques moments visuellement saisissants, mais n’attendez pas non plus des prouesses visuelles exceptionnelles.

Une écriture réussie (mais bavarde)

Le meilleur dans ce film reste la richesse du scénario et des idées mises en scène. Tout en s’appuyant correctement sur le journal de bord du roman, les scénaristes se laissent aller à quelques libertés et complètent les incertitudes avec réussite. La fin du film tente ainsi de se démarquer un peu en s’éloignant légèrement du roman. C’est prévisible dans la forme, mais ça offre une touche de fraîcheur tout en maintenant l’esprit de l’histoire originale.

En fin de compte, Le Dernier Voyage du Demeter propose une expérience sombre et intense, mais cela ne justifiait pas pour autant une durée de deux heures. Il faut s’armer de patience en attendant les nuits où le conte surgit enfin. Il me semble que de nombreuses scènes auraient pu être raccourcies, si ce n’est supprimées… Mais peut-être que ça aurait empêché à l’ambiance de s’installer correctement.

En bref, si vous êtes fan de l’univers de Dracula et que vous appréciez l’horreur à l’ancienne, vous pourriez y trouver votre compte. Pour ma part, je reste avec l’impression qu’un peu plus de concision aurait fait du bien à ce (dernier ?) voyage cinématographique. Et vous, vous l’avez vu ?