Quelques autres films encore en salle (#36)

Salut les cinéphiles,

C’est une semaine décousue, mais rien qui ne m’empêche de vous parler de quelques films vus récemment et encore en salle, je crois. Je ne suis pas sûr et je n’ai pas le moyen de vérifier, mais on va partir du principe que oui. En salle, malheureusement, je n’ai pas l’occasion pour le moment de voir Dune ou Boîte noire, mais si elle se présente, je ne manquerais pas de vous le faire savoir. Mon objectif du week-end sera plutôt de dormir, regarder mes séries et… travailler en fait, car je suis en arrêt au moment où vous lisez ces lignes (rédigées il y a quelques jours, chut) mais bon, il faut bien que je rattrape mon retard.

Bac Nord

Détour dans la vie de policiers marseillais confrontés au trafic de drogues dans les cités des quartiers nords.

Je suis partagé, mais le film a fait tellement parler de lui que je ne pouvais pas ne pas le mentionner au moins sur le blog après l’avoir vu. Si je suis partagé, c’est parce que je suis inégalement convaincu par le jeu d’acteurs. Certains sont géniaux (j’ai aimé la relation flic/dealeuse}, d’autres m’ont paru franchement moins dedans. Du côté du scénario, c’était dans l’ensemble sans grande surprise du côté des rebondissements, mais j’ai trouvé que c’était en revanche très bien amené.

Le parti pris fonctionne totalement : on est plongé dans la vie de flics de la Bac Nord, tiraillés entre les convictions, la nécessité de remettre de l’ordre pour donner un sens à son métier et la réalité du terrain et des moyens alloués à la protection des civils. Un service public en perdition donc, et des flics qui se retrouvent à jouer avec les règles et faire tout ce qu’il faut pour parvenir à l’arrestation désirée.

Le message du film est toutefois peu clair, et je comprends largement pourquoi et comment il a pu être récupéré par l’extrême-droite : sincèrement, le film parle d’insécurité sans montrer de vraies solutions et les pistes ouvertes laissent libre court à l’imagination la plus nauséabonde. Bref, vous aurez compris qu’il est loin d’avoir gagné mon cœur, ce film. La comparaison avec d’autres est inévitable et, pour le coup, j’ai préféré largement Les Misérables puisque le film tentait de montrer les deux côtés de la situation, sans jamais rien justifier.

Ici, au contraire, nous n’avons qu’un côté auquel nous raccrocher, et l’acharnement que subissent les héros ne permet pas vraiment la prise de recul. Eux non plus ne peuvent pas prendre ce recul, et c’est important de nous le montrer, mais ça leur donne par moments des airs de héros américains increvables et à la moralité sans faille… alors que c’est forcément plus compliqué que ça. Inspiré de faits réels, déformé par une fiction qui ne parvient pas à faire passer un message clair. Au fond, en une question comme en 500 mots : quel est le but ?

Malignant

Une jeune femme à la vie pourrie se retrouve étrangement connectée psychiquement à un serial-killer sanglant.

Un film d’horreur dont je ne sais encore rien en entrant dans la salle au cinéma, j’ai l’impression que ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé. Le nom du réalisateur est présenté comme un gage de qualité, alors j’y suis allé les yeux fermés et… uh ?

Je n’ai pas aimé le film, pour plein de raisons. J’ai passé un bon moment, en revanche, parce que le divertissement est là et la construction du film est sympa, avec un concept qui marche bien et est surprenant. Le problème vient alors de l’écriture, avec des moments incohérents au sein même du concept. J’ai aimé les personnages et l’humour parodiant clairement certaines situations de films enfin, j’espère que c’était volontaire), avec des échanges de répliques ridicules très savoureux.

Cela dit, si j’ai bien aimé le moment que j’ai passé devant ce film, la résolution est rapide et m’a sorti de ce que j’étais en train de regarder : j’aurais aimé une fin un peu plus développée et surtout plus cohérente avec ce qui venait de se passer immédiatement avant. En plus, on ne va pas se mentir, j’ai deviné la fin et l’ultime rebondissement bien avant sa révélation, ce qui casse toujours un peu l’entrain.

Bref, c’était un film très sympathique, mais je ne suis pas sûr que ça vaille le coup de le voir en salle… Il mérite toutefois d’être vu pour son méchant qui ne manquera pas de traumatiser certaines personnes, je pense. C’est très particulier comme concept quand même (mais ça marche !)…

Run

La vie d’une mère célibataire qui s’apprête à voir sa fille handicapée par de nombreuses maladies quitter le domicile pour se rendre à la fac. Sauf que la mère est interprétée par Sarah Paulson.

Allez, tant que j’y suis, j’en parle parce que dans le genre « j’aurais aimé une fin plus développée », celui-ci se place là : j’ai détesté le rebondissement final, non pas tellement pour son contenu, mais pour son manque de logique dans le choix des informations que l’on nous donnait. J’aurais aimé d’autres choix, mais bon, je n’ai jamais écrit de films, tant pis pour moi.

Concrètement, nous avons affaire ici à un thriller plutôt efficace, malgré quelques scènes qui sont trop dans l’excès pour être parfaitement crédibles… mais allez, ça passe dans l’esprit du film. L’esprit ? C’est-à-dire que l’on retrouve au casting une certaine Sarah Paulson, et elle nous fait du Sarah Paulson tout du long. Elle est toujours une excellente actrice, mais ça a, il faut bien le reconnaître, quelque peu cassé les surprises du film. Je la connais trop pour tomber encore dans les pièges tendus par le scénario… J’ai quand même été surpris par certains choix, et je trouve ça franchement chouette d’avoir un film dont la grande majorité des personnages est féminin. C’était cohérent et ça fonctionnait, ça m’a offert un bon moment et, pour le coup, celui-là, j’aurais trouvé sympa de le voir en salle. Ah, un dernier point étonnant : j’ai trouvé partout un synopsis qui ne raconte pas ce qu’il se passe dans le film, mais autre chose ? C’est bien la première fois que ça m’arrive !

 

En vrai, la Cendrillon de Prime Video est bien fun (#35)

Salut les cinéphiles,

Cendrillon - film 2021 - AlloCinéJ’ai hésité à continuer sur ma lancée de la semaine dernière avec les films encore en salle que j’ai pu voir récemment, mais j’ai plutôt envie d’ajouter ma pierre à l’édifice des critiques de la dernière adaptation de Cendrillon par Prime Video. J’imagine d’ici Geeleek péter un câble sur sa médiocrité, mais je vais en dire principalement du bien, parce que je ne comprends pas pourquoi le film est en train de se faire défoncer par les critiques des gens un peu partout alors que littéralement il est 100% ce que les affiches vendent et est un bon moment à passer.

Je n’y allais pas forcément avec beaucoup de bonne foi, pourtant. Entendons-nous bien : c’est une adaptation de Cendrillon, une histoire que l’on connaît tous par cœur et qu’on n’a pas forcément envie de revoir, je l’entends ; mais une adaptation qui se veut réécriture moderne du conte. Du coup, avec cette modernité, le coup de la chaussure ne fonctionne pas vraiment, parce que le but est vraiment d’en faire un récit qui ne soit pas trop aberrant d’un point de vue féministe – ou d’un point de vue logique concernant l’amour de Cendrillon et du prince, d’ailleurs. Et sérieusement, j’aime beaucoup les messages que veut faire passer le film !

5 Fabulous Moments From Cinderella That I Wish My Childhood Version Of This Fairytale Had

Cendrillon ne change pas tellement, mais se voit offrir une vraie vocation qui ne soit pas simplement d’être princesse. Tous les personnages subissent quelques modifications pour mieux coller à 2021 – et pour proposer de nouveaux angles à cette histoire connue de tous. Tout ne marche pas et l’ensemble est un peu long, c’est vrai, mais ça ne se prend jamais au sérieux. Au contraire, on sent bien que tout est pétri de bons sentiments et cherche surtout à être fun. À mes yeux, ça marche carrément.

Côté personnages, et sans trop spoiler, la marraine n’est pas du tout celle qu’on attend (wow, ces talons, c’est incroyable), le prince est immature et a une sœur aussi prévisible et géniale qu’insupportable et énervante, le roi est presque plus méchant que la belle-mère de Cendrillon et les belles-sœurs sont plus sympathiques qu’atroces. Les souris… Irk, les effets spéciaux font parfois mal aux yeux (la scène de la tête est déjà culte sur Twitter, je crois), mais là encore, le but assumé est de faire rire, et ça m’a fait rire.

film: cinderella Tumblr posts - Tumbral.com

Je veux dire, c’est une comédie musicale, quoi. Sérieusement, j’étais là pour chanter et j’ai vécu ma meilleure soirée devant. Les voisins ont peut-être un peu moins apprécié… Je vais éviter de les croiser pour ne pas avoir à leur demander, hein. Le choix des chansons ? Pas toujours très original, mais il a l’avantage de nous permettre de chanter. Et puis, cette chanson principale pour Cendrillon, Million to One, j’adore, tout simplement, elle est en boucle depuis que j’ai vu le film.

Cinderella 2021 ~A modern musical - TV & Movies - idolforums.com

Oh, et les costumes, les amis, les costumes ! Cendrillon est fan d’Hermione apparemment ; la belle-mère beaucoup moins. Et Cendrillon n’est jamais moche dans cette version, Camila Cabello est beaucoup trop magnifique pour ça et zéro effort ne sont faits pour l’amochir. Tant mieux ?

nicholas galitzine gif | Explore Tumblr Posts and Blogs | TumgirFinalement, le plus gros défaut de cette adaptation à mes yeux a été le titre choisi pour le film, surtout avec la réplique finale. Quitte à réécrire l’histoire comme ils le font, autant changer le titre pour enfin rendre son identité à Ella, quoi. C’est vraiment le seul reproche que j’ai envie de faire, parce que pour tout le reste, ça n’est pas si différent d’un bon nombre de comédies musicales ou de Disney en live-action. C’est pétri de bonnes intentions et gros noms – Camila Cabello et Idina Menzel en tête ; ce n’est pas toujours hyper charismatique, c’est vrai, mais… on n’est pas là pour ça ? The New Version Of Cinderella Is Creating Ripples Online And We Are On Board For This RideBon, allez, Idina Menzel galère vraiment avec son personnage, parce que l’écriture rend la belle-mère plus intéressante que ce qu’elle était, mais il manque une ou deux scènes pour nous expliquer ses fréquents changements d’avis.

Qu’importe, le pouvoir des chansons et de la bonne humeur l’emporte largement sur la négativité qui pourrait se dégager de ces moments. Comment ne pas être de bonne humeur quand on a envie de chanter avec les personnages ? Il y a même eu des moments où j’ai juste eu l’impression d’être devant un épisode de Glee tellement c’était n’importe quoi dans le bon sens du terme. Les bonnes saisons de Glee, donc. Celles avec Idina Menzel.

Vraiment, j’ai pris ce film pour ce qu’il était : un bon moment musical à passer, à montrer sans scrupule aux enfants pour faire passer quelques messages plus modernes que le conte qui ne passe plus tellement en 2021. Bien m’en a pris, j’ai passé une excellente soirée… Donc, oui, je conseille le film pour tout ça ; sachez juste à quoi vous attendre, en fait ; mais ça se devinait aux affiches ? C’est parfait pour les soirs où on est bien claqué, et j’étais bien content que ce ne soit pas au ciné pour pouvoir me taper mon meilleur concert.

album] Various Artists - 'Cinderella Soundtrack' - Page 5 - Music - ATRL