Gentleman Jack – S01E03

Épisode 3 – Oh Is That What You Call It? – 18/20
Le truc, c’est qu’avec un épisode qui dure une heure, il y a forcément des longueurs, beaucoup, et que ça rend compliqué de mettre la note la plus optimale à la série. Pourtant, elle est vraiment attachante et dans cet épisode, même ses intrigues moins convaincantes jusque-là ont pris une tournure inattendue les rendant plus intéressantes. Bref, j’accroche vraiment bien et j’aime la petite touche d’humour un brin méta qui ne manque jamais de surgir.

> Saison 1


Spoilers

03

It’s not often I’m speechless, John.

C’est parti pour un nouvel épisode de cette série. J’ai beau l’adorer, 58 minutes, c’est toujours toute une aventure et c’est épuisant à regarder je trouve. Pourtant, chaque scène est chouette… Heureusement d’ailleurs, ça aide à tenir.

L’épisode reprend au retour d’Anne et Miss Walker de Lake District, et les rumeurs vont clairement bon train cette fois concernant les deux femmes. Mrs et Miss Rawson sont donc là pour raisonner Miss Walker, mais elles sont accueillies par le duo. Elles ont beau tenter de se débarrasser d’Anne et d’être aussi impolies avec elle que possible en restant polies, parce qu’on est en Angleterre. Anne est toujours aussi géniale et prend clairement son pied dans cette scène.

La scène suivante voit les deux femmes faire une promenade en forêt en parlant d’amis de Miss Walker supposés venir bientôt chez elle, ce qui l’embête quelque peu vis-à-vis d’Anne. Cette fois-ci, cependant, Anne est rassurée : clairement, Lake District s’est très bien passé pour elles, même si on n’a pas eu le droit de le voir. C’est dommage, il nous manque de bonnes scènes, c’est évident. En attendant, Anne emmène tout de même Miss Walker dans un superbe chalet dans la forêt, où elles peuvent toutes les deux parler un peu plus à cœur ouvert.

Rah, mais sautez-vous dessus, nom de dieu, qu’on en finisse ! Avant ça, Anne prend tout de même la peine de fermer les volets, signe que nous ne sommes pas dans une série américaine – ils se font toujours surprendre par la fenêtre, non ?

Loin de se sauter dessus, les deux femmes s’avèrent très douces l’une envers l’autre, malgré un désir qui a eu le temps de grimper en trois épisodes. J’aime beaucoup cette scène de premier baiser entre elles, mais le désir finit par les consumer quand elles rentrent chez Miss Walker et que cette dernière lui propose de rester dormir chez elle le lendemain. Yep, là, les baisers sont d’un coup bien plus passionnés, hein.

En rentrant chez elle, Anne se fait à nouveau engueuler par Marian qui était morte d’inquiétude pour elle, mais aussi pour leur tante, qui a eu de nouvelles crampes d’estomac dans la journée. Anne ne répond pas à Marian, comme d’habitude, pour se précipiter auprès de sa tante et lui raconter sa journée, puis ses rêves d’une vie en commun avec Miss Walker.

Oh, les douze ans d’écart entre elles (29 ans pour Miss Walker, donc 41 pour Anne Lister) embêtent un peu la tante, mais pas autant que le fait qu’elles soient deux femmes. Enfin, la tante n’en a rien à faire de ça, mais elle est bien forcée de faire redescendre sa nièce sur Terre, parce qu’elle rêve un peu trop d’une vie qui ne peut arriver.

Le lendemain, Anne doit faire face à sa sœur insistant auprès de son père et de sa tante pour qu’Anne s’excuse auprès des servants qu’elle a forcé à rester réveillés et auprès d’elle, et auprès de sa famille et auprès du monde entier finalement. L’attitude d’Anne ne plaît pas à Marian, pas plus que la manière dont leur père laisse tout passer en permanence (sympathique flashback, une fois de plus, pour voir Anne jouer aux cartes dans une taverne). C’était bien drôle à voir comme scène, parce que Marian s’énerve bien rapidement et prophétise la naissance de son futur fils quand elle sera mariée, un fils qui viendra reprendre les affaires familiales à la place d’Anne.

Ce n’est pourtant pas gagné pour Marian le mariage, puisqu’elle ne sort jamais de Shibden Hall. En parlant de mariage, John débarque une nouvelle fois avec un bouquet pour demander la main d’Eugénie, toujours en passant par Elizabeth. Contre toute attente, Eugénie est prête à considérer son offre et dit oui immédiatement. En même temps, elle est enceinte, elle n’a pas tellement le choix. Les deux fiancés demandent alors à Marian d’annoncer la nouvelle à Anne Lister, puisqu’ils ont besoin de son accord…

Le seul problème, c’est que Marian préfère donc se disputer avec Anne le lendemain matin, alors qu’Eugénie était en train d’apprendre des informations sur son futur époux, et se barrer chez les Dyson, qui qu’ils soient.

En tout cas, c’est énervée qu’Anne se rend sur le chantier du charbon, où elle trouve Sam Sowden complètement bourré en plein travail. Elle demande ainsi à Thomas de s’occuper de son père et de le ramener chez lui, mais ce n’est pas exactement quelque chose que Sam prend bien. Il insulte donc Anne, ce qui est la pire des idées puisqu’elle lui propose aussitôt un rendez-vous, le lendemain, pour parler de son contrat de location, oups.

Toujours aussi dure en affaire, Anne se rend ensuite en négociation avec un des frères Rawson. Soyons honnêtes, j’ai déjà oublié lequel était lequel, mais je pense qu’on a affaire ici à Jeremiah. Quoiqu’il en soit, le prénom n’a que peu d’importance, et je pense qu’il en a même peu pour Anne qui veut juste être un requin dans sa négociation. Elle en demande toujours plus et fixe des conditions bien compliquées pour Rawson qui se trouve évidemment forcé de ralentir la négociation pour en parler à son frère. C’était sympathique.

C’était bien plus sympathique que ce qu’elle doit ensuite annoncer à Miss Walker, dans leur cabane (la fameuse chaumière de l’épisode précédent) où elles s’embrassent. Si elle a bien envie de rester au dîner qu’elle lui a préparé, elle ne pourra pas rester beaucoup plus longtemps ensuite : sa dispute avec Marian fait mauvais genre et elle ne veut pas rester trop loin des servants durant la nuit, ainsi que de sa tante d’ailleurs. Surtout de sa tante si vous voulez tout savoir. En plus, Marian a donc pris la décision de partir, annonçant tout de même à sa tante qu’elle a bien un début de quelque chose de romantique avec un certain John Abbott. Génial, encore un John !

Anne, elle, apprend que Miss Walker a reçu une lettre la concernant, et la critiquant vivement. Miss Walker veut toutefois lui montrer pour lui assurer qu’elle n’en a rien à faire de sa réputation. Chouette. Anne s’en remet bien vite et se barre avec la lettre, pour aller prendre des nouvelles de sa tante avant le dîner. En partant, elle interroge le portier de Miss Walker sur l’accident de la scène d’ouverture de la série. L’occasion pour nous d’apprendre qu’apparemment Mister Rawson est celui qui conduisait et est responsable de l’accident. Reste à savoir de quel Mister Rawson il est question hein.

En tout cas, les frères Rawson sont encore ensemble au même moment, pour découvrir qu’Anne est encore et toujours plus dure en affaire : alors qu’ils pensaient acquérir au prix incroyable qu’elle demande l’ensemble du terrain d’Anne, ils découvrent que le contrat qu’elle a fait rédiger ne concerne en fait que la moitié de celui-ci.

Pas étonnant qu’Anne se fasse des ennemis et que Miss Walker reçoive des lettres lui disant de se méfier d’elle parce qu’on ne peut pas lui faire confiance en compagnie d’une femme après tout ça. La lettre affecte bien plus Anne qu’elle ne l’a laissé paraître, parce qu’elle la brûle aussitôt qu’elle est de retour à Shibden Hall. La pauvre.

C’est l’épisode de toutes les lettres : elle en reçoit ensuite une de Jeremiah à propos de leur désaccord, et la série en profite pour instiller un peu d’humour. En effet, Anne lit la lettre bien plus vite que John ne nous la lit à voix haute. C’était marrant, ça instaure un brin de folie qui colle bien à leur représentation d’Anne Lister, je trouve.

Après tout ça, Anne est donc prête à repartir pour son dîner, mais pas avant d’apprendre que John, le serviteur, va se marier, mais sans savoir à qui ; de même que Marian, qui a demandé à sa tante de ne pas révéler quoique ce soit à Anne. On se marre bien de ces quiproquos, mais qu’importe, Anne a eu une super soirée qui l’attend.

Yep, Miss Walker lui annonce qu’elle sera disponible plus tôt que prévu pour aller voyager finalement. Le voyage est un sujet de conversation entre elles, mais pas autant que la nouvelle idée fixe d’Anne qui propose carrément à Miss Walker de vivre ensemble après leur voyage. Oui, oui, après si peu de temps, Anne lui propose d’abandonner toute idée de mariage et d’enfant pour ne vivre qu’avec elle et détruire à jamais sa réputation, vu l’époque.

Ce n’est pas gagné, mais pourtant, Miss Walker considère vraiment la proposition, qu’elle voit comme des fiançailles. Elle demande ainsi à Anne un délai de six mois avant de donner sa réponse. C’est donc pour la date du 3 avril qu’Anne aura sa réponse, le jour de son anniversaire. Moi, je suis bien content de cette scène, mais pour de mauvaises raisons : Anne s’amuse à jouer avec la boucle d’oreille de Miss Walker, et ça me fait un point du Bingo Séries, yes !

Par contre, l’ambiance est rapidement refroidie entre elles quand Miss Walker interrompt une main baladeuse d’Anne. Tout ça est bien compliqué, mais voilà, Miss Walker a peur de décevoir Anne comme elle n’a jamais fait ça avant.

Elles sont finalement interrompues par l’arrivée de John qui vient chercher Anne pour la ramener à la maison – et il interrompt un nouveau moment où Anne brise le quatrième mur qui était bien trop drôle. Le problème, c’est qu’avant ça, il passe chez les voisins de Miss Walker (qui sont de sa famille, sinon ce n’est pas drôle) parce que les indications n’étaient pas claires. Les rumeurs vont aller bon train, c’est top, surtout qu’il leur dit que ça fait plusieurs soirs qu’Anne Lister y passe. Evidemment, John profite de sa promenade nocturne avec Anne pour lui expliquer ça, mais aussi pour lui demander officiellement la main d’Eugénie.

Anne en reste sans voix, ne sachant quoi décider : ils ne parlent pas la même langue, tout de même. Evidemment, elle ne veut pas gâcher le bonheur de qui que ce soit, mais elle veut tout de même en parler à Eugénie avant de prendre une décision. Bien.

Le lendemain matin, Anne apprend de sa tante que Marian envisage de se marier avec John Abbott. Aussitôt, Anne envisage immédiatement de faire des recherches sur lui, parce qu’elle a peur de ce que ça pourrait donner.

Pendant ce temps, sous l’ordre d’Anne, Thomas ramène son père bourré chez lui auprès de sa mère, et les choses tournent super mal dans leur ferme. Thomas souhaite retourner travailler, mais Sam ne le voit pas exactement comme ça. Il n’en faut pas plus pour que les choses s’enveniment : Sam s’en prend à son plus jeune fils, le battant sans vraie raison.

Aussitôt, Thomas défend son frère en attaquant leur père, mais il ne fait pas le poids. La mère est alors forcée d’intervenir à coup de seau, puis alors qu’il s’apprête clairement à la tuer, ses deux fils le maîtrisent enfin, l’accrochant avec une corde donnée par un certain Alfie. C’est que je commence à vraiment m’attacher aux Sowden à force, et particulièrement à Thomas qui n’hésite pas à enfermer son père avec les cochons et lui balancer des seaux d’eau à la tronche devant sa sœur, Amy.

Ce n’est que le lendemain matin après une nuit compliquée pour son père que Thomas revient auprès de lui, espérant le trouver dans de meilleures dispositions et prêt à parler. C’est peine perdue. C’est d’autant plus problématique qu’Anne refuse de négocier avec Thomas quand elle passe au chantier et qu’il espère la convaincre qu’il peut bien faire le travail de son père à sa place. C’est dommage pour les Sowden, ça, parce qu’Anne impose au père de passer la voir dans la journée. Or, vu la nuit qu’il a passé, c’est tout de même mal barré.

Avant ce rendez-vous, Anne retourne auprès de Miss Walker pour mieux la trouver en larmes et bouleversée, apeurée parce qu’elle n’a pas pu donner à Anne ce qu’elle voulait. Oh lala, c’est si exagéré les sentiments à cette époque dis-donc. Entre Anne blessée dans l’épisode précédent d’un refus de Miss Walker et ça, on n’est pas sorti de l’auberge. Tout semble multiplié par cent. C’est bien normal, vu l’époque, mais voilà, c’est énervant.

Dans le même genre, il est énervant de voir la voisine de Miss Walker venir prendre des nouvelles pour avoir les derniers potins… et aussi pour recadrer Miss Walker autant qu’elle peut. Elle est servie : les rideaux sont fermés, alors elle comprend que rien ne va plus pour Miss Walker. Avec l’aide de James, le majordome, elle entre sans frapper dans le salon où les deux femmes prenaient du bon temps. Ses remontrances n’ont pas vraiment l’effet escompté sur Miss Walker, par contre. Elle finit en effet par éclater de rire et proposer à Anne de se rendre dans la chambre pour faire l’amour, parce que oui, elle lui a dit qu’elle l’aimait.

C’est une bonne fin d’épisode, mais ce n’est rien par rapport à l’excellent cliffhanger du côté de Thomas. Il envoie sa mère et les plus petits se promener loin de leur ferme avant qu’il ne libère son père… sauf que lorsqu’il essaie de le faire, le père recommence à s’attaquer à lui. Ni une, ni deux, Thomas décide donc de lui trancher la gorge et de le laisser à manger au cochon. La scène est super violente et fait que toute cette intrigue des Sowden devient bien plus intéressante dans cet épisode !

> Saison 1

Gentleman Jack – S01E02

Épisode 2 – I Just Went There To Study Anatomy – 17/20
Quelle série, vraiment ! Je n’arrive toujours pas à comprendre comment elle se débrouille pour me plaire autant malgré ses épisodes interminables et ses intrigues qui ne devraient pourtant m’accrocher comme elles le font. La seule évidence qui s’impose, c’est que l’écriture est excellente, que les répliques sont percutantes et l’ambiance toujours aussi particulière, mais maîtrisée de bout en bout. Et puis, les personnages, à commencer par Anne Lister, évidemment, sont juste géniaux. Je ne lui reproche finalement que quelques longueurs, parce qu’un épisode de 58 minutes, c’est trop pour moi apparemment. C’est déroutant : on les voit passer, et en même temps, non.

> Saison 1


Spoilers

02

I dissected a baby once. In Paris. It was dead obviously.

« Ca ira peut-être mieux maintenant que je connais l’univers, cela dit. »

Ce sont les mots très sincères que je balançais à la fin de la critique du premier épisode de cette série, il y a cinq mois. J’étais plein de bonne volonté avec mon Challenge Séries 2020 et j’espérais vraiment boucler mon visionnage assez rapidement. Pourtant, 2020 n’a pas été tendre avec nous et ce n’est donc qu’en ce mois de mai que je fais enfin ce qu’il me plaît, et surtout ce qu’il plaît à Poluss qui voulait tant que je regarde sa série préférée. Merci encore à elle pour sa patience dans le prêt des DVDs !

L’épisode 2 a la bonne idée de commencer par un très bon résumé de l’épisode 1, qui me remet tout de suite dans l’ambiance. J’aime toujours autant l’accent des actrices et la musique. Cela remet tellement dans le mood du premier épisode. Il faut dire aussi que ça aide bien que l’épisode reprenne exactement là où on en était : Anne débarque pour parler avec Miss Walker et il est très clair immédiatement qu’on est sur une scène de drague.

Miss Walker rappelle évidemment à Anne qu’elles se sont déjà vues par le passé et qu’elle lui avait couru après, alors qu’Anne ne se rappelle que partiellement, soi-disant, de cette journée. Ah, le jeu de drague est si évident, l’accent des actrices est génial (je me répète hein ?) et les répliques font vraiment mouche avec déjà tellement de possibilités dès la première scène pour ma réplique préférée de l’épisode.

Oh, quant à la drague, Anne a l’air de considérer que c’est chouette de parler de dissection de bébé parisien dans une conversation de séduction. C’est super, on en a même un flashback, en français, avec les pauvres testicules non descendus du bébé. Le pire, c’est encore que Miss Walker soit fascinée par tout ça et par le discours fascinant d’Anne. J’avoue, je la comprends.

Bref, l’après-midi se passe bien pour elles et la complicité est toujours aussi évidente. Malheureusement, Miss Walker qui ne souhaite pas avoir d’enfant un jour est déjà plus ou moins promise à des parents distants, les Rawson, parce que bon, vous avez vu l’époque dans laquelle la série se déroule, non ? Miss Walker se sent donc invalide, ce qui est loin d’être le sentiment d’Anne à son égard. Et pile au moment où Miss Walker s’apprête à l’embrasser, Anne décide de s’en aller.

Il faut savoir se faire désirer, même après quatre heures, apparemment. Il n’empêche qu’Anne est totalement sous le charme, au point de ne pas entendre quand on l’appelle. Il faut dire qu’elle a toujours un business à gérer, même après avoir confié les affaires à Washington. On reprend donc cette partie de l’intrigue du charbon qui a du mal à me fasciner mais qui fait partie inhérente de la série : il y est question d’une compétition entre les Rawson, que Anne n’aime pas beaucoup, et Hinscliffe qui veulent tous acheter une partie de l’affaire d’Anne.

Après une telle insistance sur les Rawson, on nous présente donc Mr Rawson, Christopher de son petit prénom. Il est tout de suite introduit comme un personnage sacrément riche et, comme souvent avec les riches, comme un personnage un peu sombre. Yep, il est tout de suite mis au courant du retour d’Anne, dont il était déjà au courant, par un associé qui s’en inquiète, surtout qu’il a eu vent de la vente organisée par Anne.

C’est gênant comme tout, parce que la vente risquerait de faire découvrir des activités clairement pas légales des Rawson. Bon, c’est classique tout ça comme intrigue finalement, si on transpose à l’époque moderne. Je peux m’y accrocher, si j’y crois un peu plus.

De son côté, Anne se rend chez les Sowden pour leur parler un peu, mais aussi pour examiner le petit Henry qui ne parle toujours pas. Pourtant, il finit par l’ouvrir pour poser LA question qu’il n’aurait pas dû poser : il demande à Anne si elle est un homme. Aha. La réaction du personnage est géniale, parce qu’elle reste sacrément calme et froide, mais en même temps avec sympathie et chaleur, d’une certaine manière. C’est un très bon jeu d’actrice, tout ça. Dans la scène, Anne parle également de l’accident, ne comprenant pas qu’aucun témoin ne reconnaisse celui qui l’a provoqué. Elle finit par dire qu’elle rendra visite au Rawson, également.

Avant ça, elle retourne manger chez elle. Marian commençait à me manquer, alors j’étais content de ce repas de famille où une fois de plus Anne se fait remarquer avec ses projets de rénovation de Shibden Hall, leur maison ancestrale qu’elle tient en haute estime… Contrairement à Marian, qui ne la voit que comme une vieille ferme. Les choses sont claires, une fois de plus, dans l’opposition qui lie les deux sœurs.

Après ce repas, Anne retourne comme promis voir Miss Walker pour une petite balade dans le jardin et une rédaction de lettre afin de lui venir en aide. Elle espère ainsi lui redonner confiance en elle, alors que Miss Walker se met à lui parler d’un voyage de trois semaines organisé par sa famille pour qu’elle parte avec sa cousine qu’elle aime beaucoup.

Ces mots ont l’air difficile à digérer pour Anne qui a bien peur et se sent a priori jalouse, jusqu’à ce qu’elle se blesse en cassant un petit couteau et soit rassurée aussitôt par Miss Walker. Il n’en faut pas beaucoup plus pour qu’Anne propose immédiatement à Miss Walker de partir en voyage avec en Suisse au Printemps. Ah, la drague, c’est si mignon.

Après les sujets de conversation d’Anne sont tout sauf mignons : elle explique à Miss Walker que les pantalons des parisiens ont des poches spéciales pour que les hommes puissent se masturber discrètement. Charmant. Elle explique aussi qu’elle a étudié l’anatomie, beaucoup, avec un bon flashback pour nous montrer qu’elle parle de sexe lesbien, avant d’attaquer les choses sérieuses en parlant de son attraction, en caressant le menton de Miss Walker et en lui expliquant qu’elle sait qu’elle est un tout petit peu amoureuse d’elle.

Miss Walker ne sait pas trop comment réagir à une attaque aussi frontale et directe, du coup, une gêne s’installe entre elles. Je dois dire que j’ai eu du mal avec Anne dans cette scène, parce qu’elle semble d’un coup être une toute autre personne. Elle qui en impose en permanence avec son assurance et ses certitudes correctes à 100% ne semble pas bien prête à supporter la moindre blessure d’égo. Je ne sais pas bien s’il s’agit de manipulation de sa part – parce que juste après cette scène, elle est de nouveau heureuse de sa drague avec Miss Walker – ou si c’est bien une de ses faiblesses. Elle semble tout de suite imaginer le pire, qu’on ne l’aime pas, dès que Miss Walker ne réagit pas immédiatement comme elle le souhaite.

La journée continue pour Anne avec une autre sortie pour le thé, puis elle rentre chez elle pour se faire engueuler par Marian excédée de voir Anne arriver si tard alors que Rawson est passé dans l’après midi pour la rencontrer. Comme toujours, Anne n’en a rien à faire, et c’est d’autant plus vrai qu’en montant dans sa chambre, elle découvre dans son courrier un faire-part de mariage de Vere Hobart et Donald. La pauvre.

Le lendemain, Anne décide de se rendre d’elle-même auprès de Christopher Rawson pour lui parler de l’accident, mais aussi du charbon. Pour le charbon, il lui conseille de voir ça avec son frère Jeremiah, pour l’accident, il explique qu’il ne peut pas faire grand-chose sans témoin. C’est intéressant : il est donc « constable », que je voyais comme un mot pour désigner les gendarmes, mais ce n’est pas trop l’image qu’il renvoie ici. Je sens que je vais étendre mon vocabulaire anglais, moi !

Quant à l’accident, il est assez clair qu’Anne ne compte pas en rester là : elle tient beaucoup à ses locataires, voyez-vous, et un enfant avec une jambe coupée, ça fait de la peine. Finalement, Anne rentre chez elle faire un peu de jardinage, et c’est à ce moment-là que Rawson débarque pour parler affaire et pour parler du prix du demi-hectare. Pas de bol pour lui, il se fait totalement dominer par Anne dans la négociation.

Elle est absolument géniale, parce qu’elle sait exactement ce qu’elle veut et elle sait exactement le prix à proposer pour que le profit soit du 50/50 entre le vendeur (elle) et l’exploitant (lui). Franchement, Anne Lister est un personnage parfaitement hypnotisant. J’ai adoré toute la scène et ses explications simples, claires, précises et percutantes. Comme le personnage, donc. Elle va jusqu’à menacer les Rawson de ne plus rien leur vendre et de ne plus rien vendre à personne. Elle est si douée en affaire… Cela dérange bien les hommes autour d’elle !

De son côté, Miss Walker prépare sa valise pour partir avec sa cousine Catherine, mais il s’avère que c’est plutôt Catherine qui fait la valise alors que Miss Walker se contente de rêver à Anne Lister. Et elle en parlait tellement que Catherine finit par la mettre en garde, puisque la réputation d’Anne la précède. Miss Walker est tellement en train de tomber amoureuse, en tout cas, qu’elle défend bec et ongles Anne… avant de se rendre compte qu’elle n’est pas la première femme qu’elle drague. Oups.

Pourtant, quand elle revoit Anne, celle-ci est parfaitement charmante et lui offre un collier de Venise avant de la rassurer sur son voyage à venir. Miss Walker s’apprête à partir pour trois semaines de voyage avec Catherine et la séparation est déjà dure pour les deux futures amantes. Histoire de la rassurer complètement, Anne lui explique qu’elle est invitée à un mariage à Londres. Elle n’a pas envie d’y aller, mais elle risque de le faire quand même, pour éviter qu’on ne parle mal d’elle.

Elles sont interrompues par Catherine qui vient chercher sa cousine pour partir, mais ça n’est finalement pas un vrai problème pour Anne qui s’en va donc en marquant tout de même son territoire et pour enchaîner avec un rendez-vous chez elle, avec Hinscliffe, toujours pour le charbon. Plus malin que les Rawson qu’il n’hésite pas à critiquer, il accepte l’offre d’Anne… qui lui explique qu’elle attend de voir si un autre acheteur est prêt à lui en donner plus. Et une fois Hinscliffe congédié comme elle sait si bien le faire, elle demande également à Washington de voir combien ça lui couterait finalement de reprendre l’affaire elle-même.

Cet épisode reprend aussi sur l’intrigue d’Eugénie toujours enceinte malgré le gin qu’elle a bu. La pauvre. Tout le monde parle d’elle dans son dos dans la cuisine, à la recherche d’une solution pour cette pauvre enfant enceinte du défunt George. La solution finit par venir d’un certain John qui débarque pour lui offrir des fleurs, Elizabeth continuant d’assurer une traduction approximative en français. La scène est plutôt marrante à voir, mais cette intrigue est loin d’être aussi cool que celle d’Anne.

John envisage évidemment de se marier avec Eugénie, ce qui est d’autant plus logique qu’il est veuf et a trois petites filles à éduquer apparemment. Pas toujours évident d’être père célibataire, surtout à cette époque… Bizarrement, d’ailleurs, il demande à ses filles ce qu’elles penseraient d’un remariage pour lui. Pourquoi pas.

L’épisode se termine toutefois par Anne embarquant Eugénie à Londres pour le mariage de Vere et Donald. Miss Hobart devient donc Mme Cameron. Oh, Anne fait de la peine à voir pendant ce mariage, parce qu’elle perd définitivement celle qu’elle aime. Petite musique triste, petites larmes dans les yeux, tout ça est bien joué tout de même, de même que la tenue noire d’Anne qu’elle explique par le fait qu’elle a commencé à en porter lors du mariage de Miss Lawton avec un bouffon. Voilà qui est fait.

Une page se tourne pour Anne qui a l’occasion d’une conversation avec la mariée, sonnant comme un véritable adieu. Il faut dire que l’ex Miss Hobart n’est pas super sympathique avec Anne, non plus. Celle-ci rentre donc au plus vite avec l’intention d’aller au Lake District pour rejoindre Miss Walker. Sympathique cliffhanger, sympathique musique de fin, toujours.

> Saison 1

Council of Dads – S01E03

Épisode 3 – Who Do You Wanna Be ? – 15/20
Si elle n’est pas du tout au niveau de This is us qu’elle aimerait bien être, cette série s’en tire plutôt bien pour l’instant : je m’attache à ses personnages et certains d’entre eux me plaisent vraiment beaucoup. Ceux que je n’aime pas ne sont pas insupportables, et à vrai dire, l’ensemble est tellement sympathique que je n’ai pas envie de me concentrer sur les quelques faiblesses de l’épisode. Bref, j’aime bien, c’est divertissant.

> Saison 1


Spoilers

103.jpg

Are my finances that bad?

L’épisode commence par JJ interrogeant sa mère sur la raison pour laquelle elle garde sa bague de fiançailles, me titillant immédiatement pour hésiter à valider un point du Bingo Séries. Robin a clairement du mal à faire son deuil, ce qui la rend d’autant plus attachante, alors que ses enfants ont déjà commencé à reprendre leur vie, notamment Theo en pleine crise d’adolescence. Robin met en avant le problème de Theo restant enfermé dans sa chambre à Oliver, histoire qu’il s’en occupe.

C’est pratique ce conseil des papas, franchement, et Robin s’appuie beaucoup dessus au point de… Demander à Larry de regarder ses finances. C’est tellement abusé, comme intrigue. La série s’appelle Conseil de Papas, pas Conseil de Mari. Là-dessus, j’ai eu du mal honnêtement, malgré une bonne scène d’introduction. J’aurais aimé un autre sujet de réunion pour le Conseil, afin d’être convaincu. Là, ça me paraît sorti d’un autre temps de voir Larry débarquer pour jouer les chevaliers servants, franchement.

On retrouve aussi Anthony en cuisine et Oliver dans sa cuisine en famille, mais pas pour longtemps : rapidement présents au Conseil, ils apprennent en même temps que Robin que Larry propose de vendre le restaurant de Scott. Selon lui, vendre le Crab Shack serait un moyen de renflouer les caisses vidées par les frais médicaux de Scott et de payer les factures pour les études des enfants.

Cela nous révolte Anthony en un rien de temps, mais il n’a encore rien entendu : Robin n’a en effet que 48h pour prendre sa décision. C’est compliqué. J’aime beaucoup le fait qu’elle en parle aussitôt à Oliver, car c’est une amitié solide à laquelle je m’attache bien, mais beaucoup moins les scènes entre Anthony et Larry. Pour l’instant, ce sont les maillons faibles de la série, ceux à qui j’ai du mal à m’attacher.

Pas de bol, ce sont eux qui sont là pour faire visiter le restaurant, et Anthony en profite clairement pour faire bonne impression à l’acheteuse potentielle qui veut aussitôt coucher avec lui, ça se voit, alors qu’il est hyper froid auprès d’elle. Et cassant, aussi. Du coup, elle revient le voir le soir, histoire qu’on nous serve une scène toute romantique entre eux, sur le ponton, avec les petites lumières et tout. Les acteurs doivent tellement se faire bouffer par les moustiques, au secours !

Comme prévu, cet épisode s’attarde sur le personnage de Theo en pleine crise d’adolescence, ce qui permet de chouettes répliques pour Robin et une scène où Oliver continue d’être le plus cool des trois papas de substitution… au détriment de sa vie de famille, ce qui ne plaît pas tellement à Peter, son mari.

Ce n’est pas bien subtile comme intrigue, surtout que ça se fait à l’américaine, avec une jolie obsession d’Oliver pour le foot américain. Je passe toujours à côté de ce genre d’intrigue, c’est plus fort que moi. Heureusement, il y a le côté sentimental qui fonctionne bien : Theo est vraiment heureux de jouer au foot, Oliver est tout content d’avoir un lien avec lui et bon, c’est un peu touchant quand même. Par contre, ça sent le différend qui est là pour durer entre lui et Peter, surtout quand Oliver commence à défiler face à ses obligations familiales alors qu’il n’hésite jamais à s’arranger pour aider Robin. Affaire à suivre.

Pendant ce temps, Luly s’est mise comme prévu à écrire sur son père. Elle se rend à un cours d’écriture de mémoire pour lire un extrait et obtenir les conseils d’une prof qu’elle semble admirer, mais ce qui était évident finit par arriver : son texte est d’une platitude terrible et n’intéresse personne. Il faudra bien qu’elle creuse pour avoir quelque chose d’intéressant, et pour découvrir qu’en fait son père est Anthony.

En attendant, elle consulte Robin pour savoir si son père avait des faiblesses, et elle découvre que c’est bien le cas et qu’avec le cancer, il a eu peur et s’est remis à boire. C’est aussi dans cette scène qu’elle découvre que sa mère envisage de possiblement vendre le restaurant. Qu’est-ce que j’aime le personnage de Robin ! Je n’arrive pas à savoir si je suis aveuglé parce que j’aime l’actrice ou si le personnage est vraiment cool, mais en tout cas, elle arrive à me convaincre et la série commence déjà à m’avoir avec ses petits rituels.

Robin se rend ainsi dans le magasin de glaces préféré de ses enfants pour leur demander leur avis après les avoir mis dans de bonnes conditions, et aussi pour me faire marquer le point bague de fiançailles du Bingo Séries. Par contre, les enfants ne sont pas du tout convaincus par la vente possible du restaurant, et ça finit en conflit quand Robin apprend que Theo envisage de se mettre à jouer au foot américain, alors qu’elle voit ça comme un sport super dangereux. Elle confronte Oliver à ce sujet, et il parvient à la convaincre que Theo a besoin d’exprimer sa violence dans le sport. Allez, admettons.

Robin finit par accepter de faire plaisir à son fils, et c’est touchant de les voir se réconcilier sans même s’être vraiment engueulés, parce que ça aurait pu être pire. La série est plutôt douée.

En parallèle, Luly continue de remuer les choses bien dérangeantes concernant son père. Après 23 ans de sobriété, il a donc craqué pour un verre d’alcool et ça l’intéresse beaucoup. Elle se rend donc auprès de son parrain, Larry, pour savoir ce qu’il s’est passé. Celui-ci n’a pas du tout envie d’en parler et envoie bouler Luly qui rentre chez elle pour mieux se plaindre à Evan.

De son côté, Evan recommence ses études, auprès d’une prof qui est clairement en train de le draguer. Le seul problème, c’est qu’il a un prêt financier vraiment trop important sur le dos. Comme d’habitude, Luly ne l’écoute pas vraiment, préférant en fait qu’il la conseille sur son livre – et il la conseille bien en lui proposant de parler de son père avec Anthony.

Elle suit aussitôt ce conseil, ce qui permet directement des scénaristes s’amusant de la situation : elle va voir son père biologique sans le savoir pour l’interroger sur son père adoptif, qu’elle ne sait pas adoptif. Et le tout se fait avec une visite en bateau, histoire de multiplier les très jolis plans. Luly obtient en tout cas ce qu’elle veut : Anthony lui raconte qu’elle a été adoptée pendant deux mois à la naissance et que Scott s’est battu pour la récupérer, après avoir changé d’avis en la voyant. Il était juste trop apeuré. Ses pauvres parents adoptifs qui l’ont perdue bébé, voilà une histoire qui a dû être atroce et qui fait un bon chapitre. Par contre, la ressemblance Anthony/Luly, je ne la vois pas du tout.

En tout cas, Luly finit par réussir à écrire un chapitre passionnant, alors qu’Evan revient à ses origines. Le truc, c’est qu’Evan, pour l’instant, il est trop en-dehors des histoires pour qu’on l’apprécie vraiment ou pour qu’on soit touché. Il décide de ne pas passer son diplôme et d’expliquer à Luly qu’il veut mettre en chantier son quartier d’enfance et lui redonner sa vie. Nope, vraiment pas touché autant qu’il le faudrait, désolé.

Par contre, la série a réussi à me toucher bien plus avec Robin annonçant sa décision de vendre le restaurant. C’est tout triste, parce que le Crab Shack est effectivement un lieu que l’on n’arrête pas de voir dans la série. Il ne s’en va nulle part, de toute manière : Anthony reste un an pour s’assurer que la transition soit bonne. Un an, c’est peut-être ce qu’il aurait fallu pour qu’on soit autant attaché que les personnages à ce lieu : la décision vient trop tôt dans la série et tout le monde est forcément convaincu par Robin que c’est une bonne décision. Après tout un épisode d’hostilité, je trouve que c’est rapide, mais il n’y a plus le temps d’avoir vraiment l’avis de chacun sur la question…

Luly profite de ce nouveau conseil de famille pour remercier Anthony de ce qu’il lui a fait écrire et du requin en quête de vérité qu’elle est en train de devenir. Moui. Il est inévitablement apeuré et il se rend aussitôt auprès de Michelle pour l’informer que Luly cherche la vérité… Mais il n’y a vraiment pas de quoi flipper honnêtement, elle n’a aucun moyen de savoir qu’Anthony est son père pour l’instant, tant qu’elle n’a pas un petit accident et le besoin d’une greffe. J’ai trouvé la scène en trop, on sent que les scénaristes cherchent du drama là où il n’y en a pas…

Comme il faut bien aussi introduire les épisodes suivants, Robin finit par accepter son deuil en passant sa bague de fiançailles autour d’un collier et Larry tombe nez à nez avec sa fille, alors qu’il est en train de garder JJ. Evidemment, sa petite-fille est une amie de JJ et évidemment, la fille de Larry trouve ça bien ironique de voir son père s’occuper des enfants d’un autre, parce qu’il lui a fait vivre l’enfer quand elle était petite. Voilà qui promet.

J’aime les cliffhangers doux de la série, je trouve que ça passe bien pour ce genre de séries, alors que l’ensemble de cette saison est pour l’instant un brin prévisible, mais avec juste le bon dosage pour que ce ne soit pas désagréable de deviner ce qu’il va se passer.

> Saison 1

Evil – S01E13

Épisode 13 – Book 23 – 19/20
Très franchement, je suis surpris car je m’attendais à un épisode final plus explosif après autant d’épisodes dans la journée. Si la fin l’est, vraiment, toute la première partie est lente et peine à se mettre en place. En plus, il faut bien reconnaître que la saison 1 a beaucoup de pistes qui restent inexplorées. Chaque épisode est solide, porté par un très bon casting et avec de sacrées histoires, mais il y a quelques défauts ici et là qui fragilise parfois l’ensemble…

> Saison 1


Spoilers

113.jpg

It’s the Devil inside me.

Kristen fait de drôles de rêves quand même : elle rêve de son premier interrogatoire avec Leroux, ce qui lui permet de prendre le pouvoir sur lui quand il se jette sur elle. C’est intéressant comme début d’épisode, et ça me ferait presque oublier qu’il y a un milliard de choses à gérer dans cet épisode. D’ailleurs, la série le sait bien : elle nous ramène ainsi George, pour nous montrer que cette fois, elle est prête, l’attend et le tue.

Ce n’est toutefois pas tout : elle voit ensuite le psy de Leland qui vient lui dire qu’elle devrait plutôt accepter le cadeau de son mari – parti pour Denver histoire d’arranger sa prochaine expédition – et fuir. C’est ce qu’elle fait, pour ensuite faire face à une Lexis à la bouche ensanglantée avant de se réveiller vraiment.

Sacré début d’épisode : Kristen se met à nouveau à réfléchir au voyage, même si elle semblait avoir pris une décision définitive de rester… mais il faut dire aussi que son cauchemar lui a fait comprendre qu’il n’était pas normal que Leland sache qu’elle hésite à partir comme ça. Elle interroge donc les petites pour savoir si elles savent si leur grand-mère continue sa relation avec Leland, avant d’interroger directement sa mère.

Cette pauvre Sheryl est bien forcée d’avouer la vérité, puisque Kristen est maligne… Cela mène à un ultimatum prévisible qu’on avait déjà eu : elle doit choisir entre ses petites-filles et son amant. Malheureusement, son choix n’est pas le bon, mais c’est vrai qu’on a toujours tendance à préférer celui qui ne donne pas d’ultimatum. Par contre, Leland perd un sacré avantage puisqu’il n’aura plus son espionne privilégiée pour lui ramener des documents de chez Kristen, genre la carte du Codex qu’on n’avait plus vue depuis un moment. C’est bien dommage.

Après, Leland a vraiment un bon nombre de coups d’avance là : il avait la mère, mais il a aussi l’assistante du psy, par exemple, et Orson Leroux. Libéré de prison, ce dernier prend un malin plaisir à torturer Kristen désormais : il l’attend devant chez elle (et une fois de plus elle a la meilleure réaction possible) et l’appelle pour s’excuser d’avoir envisagé de tuer ses filles. Accessoirement, il tente aussi de porter plainte contre elle, prétextant qu’elle l’a attaqué devant chez elle. C’est Mira elle-même qui est chargée de l’affaire, logique, puisqu’elle le croit innocent et est en grande partie responsable de sa libération.

C’est terrible pour Kristen qui vit à nouveau dans la peur et demande à Ben de changer ses serrures – une bonne idée puisque Leland fait une copie du jeu de clés de Cheryl – et d’ajouter une alarme, avant de présenter ces nouvelles mesures à ses filles, en omettant de parler de Leland quand elle leur dit de ne pas laisser entrer n’importe qui. A ce moment, d’ailleurs, elle remarque du sang couler de la bouche de sa fille, comme dans son cauchemar. Oh, ça sent mauvais… mais pas autant que Leland qui demande Cheryl en mariage. Cela sortait de nulle part ! J’imagine qu’après un certain âge, les choses vont plus vite : il lui donne ses clés et une bague de fiançailles la même journée.

Autrement, l’épisode revient aussi sur un cas de la semaine qui ne semble pas vraiment être une fin de saison sur le moment. Ainsi, on suit l’histoire d’Eleanor, une femme enceinte qui demande au psy de Kristen d’être exorcisée. Et comme il a vu le résultat sur Caroline, il est prêt à essayer lui…

Bref, Eleanor est persuadée qu’un de ses jumeaux est le Mal incarné, et elle n’est pas aidé à penser autrement au cours de l’épisode quand le fœtus semble rejeter un crucifix et une prière ou quand elle perd énormément de sang juste après avoir communié à l’Eglise. C’est intéressant, d’ailleurs, d’avoir un extrait de messe dans la série. Pour une série qui parle beaucoup de religion, il faut bien reconnaître qu’elle n’a pas mis en scène beaucoup de moments religieux comme celui-ci.

Cette fois, il est évident que la série enchaîne sur un exorcisme du bébé à venir, parce que c’est la seule réponse qu’il reste à David pour venir en aide à Eleanor.

Le sang perdu ? Eh bien, Eleanor a perdu un bébé, et évidemment, ce n’est pas la petite fille en elle qui survit, mais bien le méchant garçon qu’elle espérait voir exorcisé. Pas de bol, il a préféré absorber sa sœur, histoire que sa mère soit encore plus convaincue d’avoir affaire au mal incarné. Tu m’étonnes ! Pendant que les prêtres font le nécessaire côté exorcisme, David et Kristen prennent le temps de papoter un peu et de créer un temps mort dans cet épisode… Dommage.

Le but était toutefois de confirmer qu’ils étaient à nouveau amis, ce qui est une bonne chose. Dans la cuisine d’Eleanor, Ben trouve une peluche qui a la bonne idée de diffuser une comptine qui n’est autre que la chanson de l’épisode de Noël. Il vient d’une enseigne appelée RSM Fertility, dont le logo est le triangle de la vision de David. Celui-ci commence à mettre en place toutes les pièces de son puzzle et de la saison.

Ainsi, il découvre que cette société qui propose aux femmes de tomber enceintes via des procédures in vitro est purement maléfique. En une scène, il connecte le cas d’Eleanor, celui du fils voulant noyer sa sœur dans la piscine et celui du meurtrier accusant sa femme exorcisée à la société RSM. Ce n’est vraiment pas un bon signe. Ah, en parlant de signe, cela rappelle à David le verset 13 de Matthieu, donné par Grace quand il hallucinait sur son lit d’hôpital. Si pour moi, ça avait d’abord eu un rapport avec l’épisode en question, l’avertissement dépassait largement le cadre de l’épisode.

Ainsi, David comprend que le Massacre des Innocents n’est pas le massacre des enfants comme ils imaginaient, mais un massacre des fœtus et des œufs. Pourquoi attendre pour corrompre les gens quand on peut le faire avant même leur naissance ?

Pendant ce temps, Lexis fait un rêve – à moins que ce ne soit la réalité, allez savoir – où elle aperçoit le fameux monstre psy de Leland à la porte de chez elle. Allez comprendre pourquoi elle lui ouvre la porte, mais en tout cas, quand Kristen rentre à la maison, elle trouve sa fille inconsciente au sol et un paquet venant d’Orson.

Plutôt que d’appeler la police comme il serait logique de le faire, elle préfère… s’armer d’un harpon ? J’ai eu du mal à la suivre, là. Ce qui est sûr en tout cas, c’est que quand on revoit Kristen, elle a du sang sur la jambe. Oups. Ben s’en rend compte, mais elle lui fait remarquer qu’elle n’en a pas, après l’avoir nettoyé. C’est mauvais, très mauvais signe. Mais ce n’est que le début !

En effet, Eleanor est en train d’accoucher d’un bébé probablement démon. Une fois que c’est fait, Ben et David expliquent à Kristen leur découverte et elle révèle alors que Lexis est un bébé qu’elle doit à RSM Fertility. Tout fait sens, donc : Lexis fait les mêmes rêves que sa mère depuis le début de saison pour une bonne raison… Elle est influencée par les démons depuis toujours.

En parlant d’influence démoniaque, j’ai de la peine pour Sheryl qui a du mal à comprendre que sa fille refuse désormais de lui parler et lui claque la porte au nez quand elle lui annonce son mariage. Bon, en même temps, Kristen a de bonnes raisons. Pourtant, dans le genre pas fréquentable, elle se place là puisqu’il est largement suggéré qu’elle a tué Orson Leroux. Mira l’appelle en fin d’épisode pour lui annoncer la mort d’Orson. Sa réaction ? Elle va se laver les mains, puis prend un crucifix comme pour vérifier que Dieu l’accepte encore. Ah, elle se développe une croyance religieuse ? Apparemment, ce n’est pas le moment : le crucifix lui brûle la main.

Une fois de plus, c’est clair : la série ne laisse pas de place au doute, il faut tomber dans l’ésotérisme si on veut s’accrocher à tout ça. Je trouve que ça aurait pu durer un peu plus longtemps cette part de mystère, mais admettons. Et puis, ça fera plaisir à David qu’elle se mette à croire… David ? Il nous finit la saison avec une vision bien perchée où il voit le Monstre – psy de Leland – faucher un champ alors que Kristen se dirige vers lui. Bizarre… et voilà une fin de saison qui laisse une belle ouverture pour les interprétations.

113-2.jpg

EN BREF – Je regrette de ne pas avoir suivi la série à la semaine pendant sa diffusion, mais je suis bien content tout de même d’avoir rattrapé tous les épisodes pendant le WESéries, parce qu’elle est aussi excellente que dans mon souvenir. Certes, les épisodes sont parfois inégaux, mais tous fonctionnent plutôt bien dans leur ensemble.

Je reproche surtout à la série de ne pas soigner ses conclusions, qu’il s’agisse de celles des épisodes, souvent étranges car ça s’interrompt comme ça sans fin ni cliffhanger, ou celles de ses intrigues, abandonnées de la même manière. Franchement, qu’est devenue Vanessa, la possible copine de Ben ? Qu’est devenue la fille d’Esther, accessoirement sœur de David ? Qu’est-ce qui fait que Kristen se débarrasse de George si vite ? Pourquoi Rose390 s’en prend aux filles de Kristen s’il fait une fixette sur David et pourquoi Kristen ne s’intéresse pas plus que ça au sort de Ghana/Rose390 ? Et Renee, est-ce que sa conclusion est vraiment un RDV qui n’aura jamais eu lieu avec David puisqu’il se fait agresser ?

Les questions sans réponse sont nombreuses pour une série qui fait le choix d’apporter la réponse du mysticisme à ses mystères plutôt que de laisser planer le doute. Ces détails mis de côté, en revanche, c’est très solide et j’ai hâte de découvrir la saison 2. De bonnes pistes sont en place avec RSM Fertility, les rêves de Lexis, Kristen qui est l’hôte d’un démon, Sheryl fiancée à Leland…

Le meilleur est à venir pour cette série !

113-3.jpg

> Saison 1