Still Star-Crossed (S01)

Synopsis : Après les morts de Romeo & Juliet, les Capulet et les Montaigu décident de s’allier à travers l’union (forcée) des cousins du couple mythique. Le problème, c’est qu’eux, ils ne s’aiment pas.

Ci-dessous, retrouver mon avis sur les trois premiers épisodes de la série uniquement. Elle en compte huit et ne possède pas de fin. À vous de juger si vous pensez que ça vaut le coup (a priori, non).

Pour commencer, si nous n’étions pas au beau milieu d’une trêve des séries, je ne serais clairement pas devant cette série pour la critiquer. Oui, mais il n’y a plus vraiment d’inédits en ce moment et, malgré son côté historique incontournable, Still Star-Crossed m’intrigue pour deux raisons.

Déjà, parce que j’ai un profil littéraire (même si ça ne se voit pas toujours puisque je ne relis pas mes articles et laisse quelques coquilles honteuses se glisser dans mes lignes). Par conséquent, la pièce de Shakespeare, je l’ai lue plus d’une fois et c’est un vrai modèle. Qu’elle soit source d’inspiration encore en 2017 (bon, 2016 en vrai) pour lancer une série est incroyable (il s’agit toutefois d’une adaptation d’un livre). Je suis curieux de voir ce que ça peut donner.

Ensuite, c’est une série créée par l’inégalable Shonda Rhimes, qui surproduit en masse et dirige à peu près la moitié de la grille d’ABC désormais. Le Shondaland s’exporte désormais ailleurs que le jeudi soir et ça m’intrigue. Je ne me fais pas trop de films : il y a eu des hauts et des bas pour la productrice, avec des séries très réussies comme Grey’’s Anatomy, Scandal ou HTGAWM et d’autres qui furent de vrais flops, comme Off the Map ou plus récemment The Catch. Oui, mais… Cette dernière était particulièrement mauvaise en saison 1 et a su s’améliorer en saison 2. Autrement dit : avec elle tout est possible.

Clairement, ABC n’a pas su quoi faire de ce drama historique qui risque d’avoir une bonne dose de teen drama. Le projet semble plutôt être du CW que du ABC, mais nous ne sommes jamais à l’abri d’une bonne surprise. Grey’s elle-même n’avait pas grand-chose à faire dans la grille de la chaîne et avait été reléguée en série d’été histoire de combler la grille. C’est là qu’elle avait connu le succès.

Nul doute que c’est le destin que tout le monde espère pour Still Star-Crossed, mais il faut bien dire qu’avec un nom pareil, j’ai plutôt tendance à être pessimiste sur l’avenir de la série. Nous verrons bien !

01.pngÉpisode 1 – In Fair Verona, Where We Lay Our Scene – 08/20
It has been a bloody summer.

La première scène ne se fout pas de nos gueules sur le décor et le nombre de bougies excédant celui de la maison en bougies de Grey’s. La série débute ainsi sur le mariage de Romeo et Juliet et se lance dans une représentation bâclée et réécrite de toute la pièce pendant plus de la moitié de l’épisode. Était-ce bien utile de revenir sur une histoire universellement connue pour introduire la série ? J’aurais préféré que ça commence directement par l’enterrement, surtout que celui-ci lance vraiment la série, avec des combats et la mise en place d’une intrigue amoureuse. Franchement, toute la promo ayant été faite sur « l’histoire après Roméo & Juliet », tout le début de l’épisode était hyper décevant, inutile et ennuyeux. Rien que ça, oui. En même temps, vu ma note, vous deviez bien vous douter qu’il y avait un problème.

Je leur reconnais néanmoins une ambiance magnifique, avec des combats à l’épée réussis, des paysages de fou, des costumes plus ou moins originaux (Benvolio ressemble beaucoup trop à Hook de OUAT pour que ce soit une coïncidence) et des effets spéciaux plutôt beaux… qui contrastent avec des jeux d’acteurs pas si exceptionnels. Je ne sais pas si c’est l’anglais un peu travaillé qui les fait galérer, mais la moitié du casting ne s’en sort pas, y compris le premier rôle (Rosaline) dans la première moitié de l’épisode. La scène de la mort du père d’Escalus est ainsi ridicule à souhait (mal écrite, mal jouée, rien ne va).

La première moitié de l’épisode s’avère donc hyper décevante et soporifique, au point qu’il est dur de s’accrocher à la série. Heureusement, la suite de l’épisode se rattrape, y compris du côté des jeux d’acteurs. Finalement, c’est peut-être que ça faisait chier aussi la production de devoir se taper l’histoire de Romeo et Juliet ?

Le personnage de Rosaline prend toute son importance à la mort de sa cousine et devient un peu le point d’ancrage de la série qui se dirige vers le Prince Escalus ordonnant le mariage forcé de Rosaline avec Benvolio (le cousin de Romeo, donc) avec qui elle a, en plus, une super alchimie (il lui a même sauvé la vie, dis donc). Cependant, ce mariage est aussitôt remis en question par le triangle amoureux un peu grossier Escalus/Rosaline/Benvolio. Oui, c’est l’amant de Rosaline qui la force à se marier avec un Montague, parce que son papa lui a demandé de faire passer Vérone par dessus tout. Ah Shonda et son amour des dramas…

Il faut également noter la présence de la sœur de Rosaline, Livia, qui semble elle faire le nécessaire pour s’entendre avec la mère de Juliet, contrairement à Rosaline. Livia est OK pour un mariage arrangé, par exemple, alors que sa sœur veut vivre un vrai amour et garde un secret bien mal gardé en aidant à sauver la vie de Paris, celui-là même qui aurait dû mourir de la main de Romeo sans cette réécriture un peu grotesque.

Bref, ce premier épisode ne nous apprend presque rien sur la série que nous ne savions pas déjà avant de lancer l’épisode, tant la promo (datant d’il y a un plus d’un an) nous a tout révélé avant. Autrement dit, il faudra revenir la semaine prochaine pour découvrir ce dont il est question.

Le cliffhanger (le triangle amoureux dont il est un sommet est découvert par Benvolio) n’est pas franchement suffisant (pire même, il fait tomber à plat un des seuls suspenses de la série) pour donner envie et le casting est tellement large que je ne sais pas bien qui est la moitié des personnages. Côté acteurs, je suis néanmoins content de retrouver Zuleikha Robinson de LOST et Anthony Head de Buffy, bien sûr.

La période de diffusion choisie est excellente : comme il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent, je regarderais probablement la suite, par curiosité. Cela dit, je m’attends vraiment à une annulation, à moins que Shonda ne réussisse à faire opérer sa magie habituelle à temps. C’est mal barré pour le moment.

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Épisode 2 – The Course of True Love Never Did Run Smooth – 14/20
You will take the fall

Ils osent nous faire un résumé d’une minute trente sur le premier épisode où l’on revient encore sur Romeo et Juliet. C’est bon, ON SAIT. Un petit flashback inutile nous explique également pourquoi le prince ne peut se marier à Rosaline. Sans grosse surprise, celui qui est devenu roi annonce ensuite que le mariage va continuer comme prévu. Notre pauvre Rosaline se retrouve enfermée dans la chambre de Juliet à attendre son mariage, c’est beau. Elle refuse bien sûr que ça arrive.

L’épisode propose donc de repartir sur son triangle amoureux tout en développant enfin ses intrigues politiques. Cela fonctionne plutôt bien et clairement mieux que la semaine dernière, me redonnant un peu d’espoir pour la série. Je doute qu’elle soit renouvelée, mais si la saison 1 peut proposer un truc complet et fermé, je serais satisfait. En plus, ça fait toujours du bien d’entendre du bel anglais, et dans le fond, on est plutôt sur du langage soutenu avec cette série.

Au cours de l’épisode, Livia est un peu plus développée que la semaine dernière. La sœur de Rosaline devient sa servante, mais l’essentiel à retenir de son personnage est qu’elle réussit à sauver Paris, étant assez clairement un intérêt romantique pour le personnage. Pourquoi pas.

Loin des idées de romances, Benvolio Montaigu est présenté comme aussi détestable que possible. Bien que promis à Rosaline, il profite de son temps libre pour aller fréquenter des prostituées. Cela ne plaît pas trop à son oncle qui l’envoie plutôt enquêter sur les Capulet et l’arrêt de la construction de leur cathédrale. C’est là le début des intrigues financières : les Capulet sont clairement en difficulté et Benvolio l’apprend à temps pour que son oncle annonce que le mariage se déroulera dans la cathédrale une fois qu’elle sera construite. Si ce n’est pas merveilleux.

Sir Capulet se retrouve donc dos au mur, surtout que sa femme crise un peu : elle n’est pas franchement heureuse du mariage avec un Montaigu, ni de la mort de Juliet (dont elle est désormais persuadée que le suicide a été provoqué par Rosaline). Plutôt que d’admettre sa ruine, Capulet tue donc son architecte, dans une scène qui m’aura bien fait rire.

Pendant ce temps, Rosaline fait tout ce qu’elle peut pour empêcher le mariage. Elle parle ainsi à Isabella, la sœur du roi Escalus, pour la convaincre de persuader son frère de renoncer à ce projet de mariage. Moi, perso, ça me fait un point du bingo cadeau. Cela fonctionne un temps : Escalus et Rosaline se retrouvent même à passer la nuit dans la même chambre (en tout bien tout honneur), ayant pris la décision de ne pas la marier à un Montaigu. Malheureusement, durant cette même nuit, la tombe de Romeo est saccagée, de même que le corps de notre amant maudit préféré, alors Escalus rechange d’avis.

Il faut dire que le roi n’a pas la vie simple non plus : il doit affirmer son autorité, ce qu’il fait à coup de condamnations à mort et de fourchettes (décidément, c’est la semaine où les américains veulent me dégoûter des couverts !). Plus l’épisode passe, plus il devient froid et « méchant », ne s’adoucissant qu’en présence de Rosaline. Ah, l’amour…

En définitive, c’était plus entraînant que la semaine dernière, mais ça reste très convenu. J’aime déjà mieux les intrigues lancées par ce second volet, mais je n’arrive pas à imaginer la série être un succès ou obtenir une saison 2. C’est un peu dommage. Il faut noter aussi que j’ai eu l’impression que le budget suivait déjà moins cette semaine, notamment au niveau des lumières et de certains effets spéciaux. Il faudra voir si cette qualité, qui était l’une des forces principales de la série la semaine dernière, continue de décliner.

Oh, un dernier point sur l’ambiance musicale qui elle est très réussie !

Capture d'écran 2017-06-24 18.29.32.pngÉpisode 3 – All The World’s A Stage – 12/20
It’s quite a change of heart

Si vous me suivez sur Twitter, vous savez que j’ai quelques jours de retard dans le visionnage de cet épisode non pas parce que cette série est mauvaise, mais bien parce que je n’avais plus de WiFi (et que cette série étant mauvaise, je n’allais pas lui sacrifier ma 4G).

L’épisode repart sur le mariage forcé et des changements d’avis d’Escalus et Rosaline. Je n’en attendais pas moins venant d’eux. Le mariage est bien sûr avancé après toute la merde des épisodes précédents. Cela ne réjouit pas trop Rosaline, mais sa sœur est aux anges rien que d’imaginer la situation. De son côté, Benvolio est à peu près aussi joyeux que Rosaline de voir sa vie privée lui être confisquée. Du coup, il lui propose de rentrer dans les ordres histoire que tout s’arrange. Vu comme ça, c’est sûr que c’est plus simple. Cela n’empêche pas Benvolio d’avoir le temps de déprimer de la mort de ses amis et de son futur déjà contrôlé par son oncle alors que lui voudrait juste vivre avec une prostituée. Ben voui, c’est ça l’amour.

Pendant ce temps, Livia continue de flirter avec Paris qui lui apprend à enfreindre les règles et cherche à l’embrasser. Si ce n’est pas magique tout ça, je crois que l’on tient une Capulet et un Montaigu amoureux l’un de l’autre pour la fin de saison. En attendant, non ce n’est pas exactement magique. En plus, Rosaline change encore d’avis : elle décide de se marier en échange de la liberté de sa sœur. L’idée d’entrer dans les ordres, c’était juste pour révolter les féministes et s’assurer de combler un peu de temps d’épisode avec un twist. Twist d’ailleurs pas du tout crédible, qui plus est, car les revoilà devenues meilleures amies quand la mésentente cordiale entre elles était assez claire dans l’épisode précédent). C’est donc mal écrit, en plus de tout ? Hum…

Les deux vieux Capulet/Montaigu continuent de se mettre des bâtons dans les roues, et ça en devient presque drôle. Bon, côté Capulet, notre Anthony Head préféré est hanté par de biens mauvais flashbacks, mais c’est drôle quand même, je vous dis. Il vire peu à peu fou et l’acteur n’est plus aussi bon qu’avant, le personnage disant même qu’il pense Juliette encore en vie par moment dans une scène où la performance est loin d’être réussie. N’empêche qu’il déprime lui aussi, mais face à ses comptes. Et en parallèle, Montaigu n’a pas trop de problèmes pour le moment et c’est lui qui propose de payer un nouvel architecte. Comme par hasard.

Le mariage tant attendu a enfin lieu, mais bien sûr, comme nous sommes encore en début de saison, il ne peut être accompli comme il se doit ! Les scénaristes n’y vont pas de main morte et proposent carrément un attentat pour s’assurer que la guerre continue à Vérone. L’attaquant parvient à s’enfuir, mais c’est sans compter sur le couple Benvolio/Rosaline qui le poursuit, de manière totalement crédible, bien sûr. Le couple comprend que quelqu’un qui n’est pas de leurs familles respectives s’ingénue à faire en sorte que la vieille rivalité continue. Cela nous donne une perspective pour la fin de saison avec un couple plus uni qu’il n’y paraît et un ambassadeur de Venise qui meurt (seule vraie victime de l’attentat, comme par hasard), ce qui ne fait pas les affaires de la ville et particulièrement d’Isabelle, qui est une bien meilleure dirigeante que son frère pourtant roi. Enfin, le cliffhanger voit Lord Capulet halluciner sa tendre Juliette lui dire de faire attention, allez savoir pourquoi/à quoi ça sert…

Bon, il ne faut pas s’étonner que les audiences soient catastrophiques. Tout est énorme, les ficelles scénaristiques sont aussi visibles que prévisibles et le vieil anglais ne parvient pas à tout sauver malheureusement, cassant même la crédibilité de certaines scènes avec un côté bien trop théâtral (là encore, c’est de la faute d’Anthony Head, pourtant un bon acteur à l’époque). Ce n’est même pas un bon guilty pleasure, même si certains moments sont agréables et que l’ensemble reste très beau, esthétiquement parlant.

Je vous aurais bien donné RDV mardi pour l’épisode suivant, mais les audiences sont tellement mauvaises qu’ABC a décidé d’arrêter le massacre et diffusera désormais la série le samedi soir, laissant de nouveau une semaine s’écouler avant le prochain épisode. On se retrouvera donc dimanche prochain, peut-être, parce que je ne sais pas si je regarderais le dimanche pour autant. Le dimanche, il y a Orphan Black et Still Star-Crossed fera bien pâle figure à côté !

Tellement pâle figure, d’ailleurs, que je n’ai pas continué la série. ABC a décidé d’annuler la production alors que la saison 1 se termine sur plusieurs cliffhangers. J’ai donc décidé de ne pas continuer. Je pourrais accrocher aux cinq épisodes qu’il me reste, et j’aurais l’air malin à ne pas avoir de fin. Bref, oui, oui, vous êtes Still Star-Crossed, effectivement. Avec un titre pareil, pas étonnant que la série soit annulée.

Chewing-Gum (S01)

Synopsis : Tracey a 24 ans, est en couple depuis six ans et est… vierge.

Pour commencer, ce synopsis m’a laissé un peu perplexe sur le sujet de cette comédie. Clairement, il est question de surfer sur un sujet qui ne pourra être étiré sur le trop long terme. Cela tombe bien, la première saison de cette comédie britannique ne comprend que six épisodes, ça limite les perspectives de répétition.

A priori, la série a tout pour me blaser bien vite et n’est vraiment pas celle de ma liste de séries à voir cet été que je comptais commencer en premier. Oui, mais… ma meilleure amie est tombée amoureuse de la série et m’a imposé de vite rattraper les cinq premiers épisodes, histoire que l’on puisse voir ensemble la suite. Par conséquent, je suis exécuté bien gentiment, parce que eh, j’ai un point alcool du bingo séries à valider moi. Oh, la fausse (bonne) excuse pour regarder une série !

Note moyenne de la saison : 15,5/20

01.pngÉpisode 1 – Sex and Violence – 15/20
I’m trying to pray with my life partner

Je lance donc le premier épisode assez sceptique de ce que pourra donner la vie de Tracey, cette vierge de 24 ans. L’introduction est assez rapide, mais efficace, avec tout de suite une mise en place du ton décalé de la série, qui est bien la seule chose qui me plaît pour l’instant.

Et oui, à part le 4e mur brisé et quelques bons comiques de situation, je n’accroche pas plus que ça. Le personnage de Tracey est marrant, mais elle paraît surtout être terriblement cliché avec son ennui dans sa vie et son désir d’autre chose complétement inassouvi. La bonne chose de cet épisode est qu’il n’hésite pas à tout de suite jouer avec cette carte, qui est pourtant celle qui avait servi à la promo de la série, en la dévergondant bien rapidement. Non, Tracey finit quand même l’épisode vierge mais oui, son mec, Ronald, finit l’épisode célibataire après s’être pris une voiture en pleine face, une constante dans les séries anglaises, je crois.

Je ne vais pas m’en plaindre, je l’ai vu venir, je l’attendais et le timing est bon, j’ai même ri. Grosso modo, ce qui fait rire dans ce pilot, c’est surtout la gêne de voir Tracey dans des situations assez improbables pour tenter d’assouvir ses envies. Elle finit ainsi dans les bras de Connor, qu’elle a rencontré un peu plus tôt.

En parallèle, on nous développe également le personnage de Candice et ses envies masochistes ainsi que celui de Cynthia, qui est à l’opposé de Tracey et Candice, ne demandant qu’à vivre chastement. Du coup, c’est marrant, mais ça propose surtout de se moquer des personnages. C’est un parti pris qui fonctionne, d’autant que le décalage proposé dans le ton de la série est super (j’ai bien aimé la musique comme métaphore du désir ou ses saignements de nez à répétition) . À voir, ça risque d’être lassant sur le long terme quand même.

02Épisode 2 – Binned – 16/20
I don’t know if he’s my partner now, I’ll confirm it.

Tracey retombe sur Connor, mais n’assume pas trop ce qu’il s’est passé. Elle demande aussitôt de l’aide à Candice au magasin, puis à ses clients, des gens du quartier voués à devenir des personnages réguliers puisque ça fait deux épisodes que nous les voyons.

En se rendant chez Connor, elle tombe sur sa mère, qui a tenté de voler des affaires au magasin et est plutôt occupée à créer son profil sur un site de rencontres sexuelles. C’est un très bon personnage qui permet d’ajouter une bonne dose d’humour, interrompant Tracey et Connor en pleine séance de masturbation et faisant croire un instant à Tracey qu’elle est la première de Connor. Elle était déjà annoncée dans le premier épisode et c’est plutôt réussi.

Enfin bon, Tracey se met à stresser d’être enceinte sans trop de raison mais étant clairement bien peu informée sur les choses de la vie et testant des remèdes totalement idiots. Elle comprend ensuite grâce à Candice qu’elle doit rompre avec Ronald dont elle comprend enfin/évidemment qu’il est gay. C’était tellement prévisible ! Enfin, bon, tout se termine bien dans une poubelle entre Tracey et Connor après quelques péripéties. La mère de celui-ci s’avère avoir des fétichismes bizarres et cet épisode a moins le parti pris de se moquer des personnages, même si une bonne partie de l’humour repose sur l’ignorance de Tracy.

Du coup, je vois en quoi certains comparent la série à Unbreakable Kimmy Schmidt parce qu’on est dans le même type de décalage ignorant, mais Chewing Gum est une série britannique, elle est donc beaucoup plus osée et trash, abordant directement (et uniquement) la question du sexe.

03Épisode 3 – Posession – 14/20
I just am special

L’intro de cet épisode est tellement farfelue que je ne sais trop en quoi penser, même si c’était marrant à voir. L’idée était d’introduire une intrigue de sex toys pour Candice et sa grand-mère.

Tracey, elle, se déniche une offre d’emploi imprévue grâce à une ancienne connaissance d’école. C’est une catastrophe ambulante, ce qui était un peu prévisible vu la série. C’est marrant, mais pas autant que Cynthia forcée de garder le magasin et d’être confronté à la clientèle pervertie de son quartier. Si elle savait que pendant ce temps sa sœur est en train de laver des sextoys de pénis et de chercher à acheter de la drogue pour un collègue de son ancienne amie persuadée qu’elle est un dealer.

Elle finit par se droguer par accident, forcément, et ruine totalement la soirée professionnelle de Meisha et Josh, les deux qu’elle connaît, donc… Et qui doivent bien regretter de la connaître.

Pendant ce temps, Candice et sa grand-mère organisent une vente de sextoys avec stripteaser du copain de Candice. Tout cela pourrait bien se passer si on ne le forçait pas à sucer les jouets déjà usagés. C’était clairement l’intrigue marrante de l’épisode, parce que Tracey qui se drogue, c’était juste beaucoup trop perché (et le grand classique des séries qui se sentent forcés d’utiliser de la drogue pour combler leur scénario. Mouais, ce n’était pas ça.

Il y a un bon humour, mais ce ne sera pas un coup de cœur pour moi et ça me déçoit après tout le bien que j’en avais entendu. Peut-être qu’on me l’avait survendu justement.

04Épisode 4 – The Unicorn – 14/20
Hello, penis.

Connor n’est pas spécialement excitée par Tracey et ça commence à poser problème dans leur relation. Comme toujours, elle court demander de l’aide à Candice, beaucoup plus avancée sur le sujet qu’elle, au point de parfois donner des informations bien étranges. Bref, Tracey n’est pas très avancée dans sa vie sexuelle. Elle finit par envisager un plan à trois grâce à l’application 3zup. Et bien sûr, elle trouve assez vite de quoi répondre à sa demande.

Le problème, c’est que la nana qu’elle trouve a juste un joli herpès bien dégueulasse et que tout ça est supposé se passer dans un « hôtel » qui s’avère être une boucherie, dans tous les sens du terme. Pas hyper excitant pour Connor donc. Cependant, ça reste suffisamment excitant apparemment, alors que c’est totalement gênant et horrible. Toute la scène, je n’ai pas pu m’empêcher de me focaliser sur les boutons de « Sacha », la « licorne » trouvée sur l’application, et l’angoisse d’imaginer les deux en train de s’embrasser.

Alors quand en plus Sacha se révèle stopper toute envie sexuelle de Tracey et Connor, je ne sais plus quoi penser (mais j’ai ri, je leur reconnais ça).

Pendant ce temps, Cynthia découvre les joies du porno en ligne et c’est beaucoup trop drôle. Elle finit par tomber sur un mec qui menace de se suicider quand elle ne reste pas en ligne avec lui. En fait, c’est juste un drôle de pervers qui aime se pendre pour se masturber. Ah les joies d’internet.

L’épisode était aussi gênant que drôle, c’est un humour quand même bien particulier et je ne suis pas sûr d’être tout à fait convaincu. En même temps, je suis encore là, parce que je ris de tout ça malgré tout.

05Épisode 5 – The Last Supper – 18/20
My mom’s coming, get away from me

La vie de Tracey est enfin parfaite maintenant qu’elle a un copain comme Connor… à moins que ? Connor est loin d’être le type parfait quand même, et en plus il est accro aux jeux vidéo et particulièrement stupide. Forcément. La vie n’est pas si parfaite, quoi. Même ses amies finissent par se moquer d’elle, alors elle décide d’emmener son poète sur scène.

C’est la pire des idées : ça se passe mal et en plus Ronald est là pour voir ça, histoire de se foutre de sa gueule. Magique.

De manière un peu déconstruite arrive alors Boy Tracy dans le quartier. Et heureusement, parce qu’il sauve l’épisode dans sa relation avec Tracey qui est à mourir de rire. Il décide alors de se révéler comme un amant potentiel pour elle avec la technique du Naked Man (oh HIMYM, tu me manques) et la harcèle sexuellement pour le reste de l’épisode. Le pire, c’est que ça me fait rire malgré tout, surtout que Connor débarque chez Tracy pour le repas de famille. C’est magique.

C’est de loin le meilleur épisode : Connor apporte des chocolats alcoolisés avec lui et c’est Cynthia qui les mange, tous, révélant ainsi qu’elle est fiancée avec… Ronald, l’ex de Tracey, qui est toujours gay mais dans le placard. Franchement les quiproquos s’enchaînent dans la moitié de l’épisode qui n’a même plus besoin d’une B-story. C’est excellent, Tracey finit par péter un câble sur tout le monde, mais c’est déjà trop tard : sa mère la vire en effet de chez elle.

C’était un bon épisode, qui jouait bien des situations mises en place auparavant et des dynamiques entre les personnages. Comme quoi, il ne faut jamais désespérer devant une série. De sympathique, elle est passée au stade de très drôle avec cet épisode. Il me reste à espérer que ça continue dans le sixième, que je ne verrais pas immédiatement alors que j’aurais bien enchaîné.

Capture d'écran 2017-05-26 18.42.21.pngÉpisode 6 – Toilet Road – 17/20
He’s gay. He’s gay. He’s gay.

Tracey est donc virée de chez elle et atterrit chez Candice et son copain. C’est une bonne cohabitation qui fonctionne plutôt bien côté humour et qui fait du bien à la série. Le meilleur dans cet épisode reste la détermination de Cynthia à ignorer sa sœur pour se marier coûte que coûte et au plus vite. Bien sûr, le mariage a lieu dans cet épisode, qui est aussi le dernier de la saison.

En parallèle, Connor réussit à se faire embaucher dans un magasin, ce qui n’est qu’une sous-intrigue rapidement traitée dans l’épisode. En fait, le simple but est de le faire virer de chez lui par sa mère hystérique, histoire qu’il soit à la rue lui aussi. Lui aussi, oui, car Tracey est tellement insupportable avec Tracey, son copain et Esther qu’elle est de nouveau mise à la rue. Candice reste mon personnage préféré dans la série, elle est beaucoup trop drôle.

Tracey est bien insupportable avec eux, car elle veut avant tout empêcher le mariage de Cynthia et Ronald. Elle a beau répéter qu’il est gay, ça ne fonctionne pas, alors elle demande au copain de Candice d’aller draguer Ronald pour avoir une preuve de l’homosexualité de son ex. Bien vu.

Seulement Ronald ne mord pas à cet hameçon, ce qui rend jaloux le mec de Candice. Je trouve que c’est bien joué, ça apporte un bon humour jusqu’au coming-out conclusif qui est une excellente scène. Légèrement moins drôle que l’épisode précédent, ces 22 minutes sont plutôt bien gérées avec pas mal d’humour, même si la fin est typiquement anglaise : ouverte, mais pas trop, et même un peu décevante. Tracey et Connor, après une rapide rupture, se remettent ensemble et jouent les SDFs ensemble.

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EN BREF – Ce n’est vraiment pas un coup de cœur car une bonne partie de l’humour de la série consiste à se moquer des personnages et de leur ignorance. Je dois bien dire que ça fonctionne, mais sans aller jusqu’à dire que je culpabilise de rire, je trouve ça un peu bizarre de se reposer là-dessus.

Heureusement, sur les deux derniers épisodes, ça change. La formule repose bien plus sur un côté sériel en jouant avec tous ces personnages pour mener au mariage final, c’était bien plus cool. Les moments gênants ont eu tendance à moins se multiplier qu’au début pour enfin proposer quelque chose s’appuyant plutôt sur la dynamique entre les personnages que sur les multiples manières de les ridiculiser et nous gêner.

Autrement dit, j’ai bien aimé, mais sans plus. Je continuerai très probablement, surtout que je suis chez ma meilleure amie tout le week-end et que nous n’avons même pas bu devant l’épisode 6. Tout se perd !

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Girlboss (S01)

Avis : Après m’être enchaîné la moitié des épisodes de la saison 2 de Love sur mon trajet aller vers la Vendée, et parce que je m’étais englouti l’autre moitié sur place, il m’a fallu trouver une série de remplacement pour le trajet retour. Et comme je ne pouvais toujours pas télécharger en mode hors ligne les épisodes d’Iron Fist, j’ai opté pour la dernière petite nouvelle des écuries Netflix : Girlboss.

Alors a priori, cette série n’a rien de particulier pour m’attirer, hormis qu’elle est étiquetée Netflix. Jai vu la bande-annonce il y a quelques temps et je n’en ai pas retenu grand-chose, si ce n’est que ça avait tout de l’humour à la Netflix. Netflix, Netflix, Netflix. Promis, je ne touche rien quand je parle d’eux, je leur fait de la pub gratuite, c’est tout…

Plus sérieusement, ce qui m’attire surtout dans cette série, c’est l’univers de l’entreprise à la très cool tel qu’il était décrit dans la bande-annonce, le rêve américain à portée de main, un rythme endiablé pour tuer l’ennui du voyage et la perspective d’enfin valider la référence à une marque de vêtements dans une série pour mon bingo. Enfin, j’en ai vu quelques-unes dans Love, mais aucune n’était citée explicitement.

Bon allez, je me lance sinon je serais encore en train d’écrire cet avis préalable que je serais déjà arrivé à la maison.

Attention, spoilers ci-dessous (logique).

Note moyenne de la saison : 17/20

Capture d'écran 2017-04-26 19.13.20.pngÉpisode 1 – Sophia – 17/20
You’re not exactly acting like an adult

Cela commence très bien : l’histoire est inspirée de faits réels, ce que je ne savais pas, datant de 2006. Tout cela me plaît d’avance, parce que c’est une période que j’ai connue et que je n’enregistre pas encore comme appartenant au passé (et pourtant, c’était y a dix ans). Et l’héroïne a 23 ans (enfin, c’est ce qu’elle dit) alors que j’en ai 24, c’est tout à fait le type de série qui a tout ce qu’il faut pour m’accrocher, finalement.

Je reconnais que je m’accroche tout à fait aux détails inutiles, comme les possibles anachronismes qu’ils évitent assez bien (le texto ahaha), contrairement aux clichés. La rencontre entre Sophia et Shane, par exemple, est totalement téléphonée, vue et revue. Le début de leur relation l’est un peu moins et sent bon le romantisme fait pour durer.

Les dix premières minutes fixent assez bien la situation de la nana fauchée avec la meilleure pote Annie sortant avec le barman et un nouveau love interest. Il faut ensuite enchaîner avec la scène où elle se fait virer de son boulot, qui était hilarante. Il faut bien reconnaître quelques longueurs de scénario à la Netflix, mais la série s’en tire extrêmement bien avec son pilot. En plus, il y a Jim Rash, et je n’étais pas au courant avant (ou si, probablement, encore un truc que j’avais oublié pour me faire une bonne surprise). J’adore ce genre de surprise, parce que Community.

Bon, il est surtout question dans ce pilote de nous présenter l’héroïne, Sophia, la nana totalement paumée dans la vie de base. C’est efficace et, pour lancer la série, les scénaristes la confrontent à son père qui lui fait prendre conscience qu’elle n’a aucune idée de ses rêves. Bref, ça va être la classique histoire d’apprentissage vers le succès à l’américaine.

Ah, le rêve américain à base de vente sur Ebay…

Sur la série elle-même, il faut bien reconnaître que j’en adore le rythme et la soundtrack, de même que Sophia qui est véritablement attachante. Par contre, il faut bien reconnaître que pour une comédie, elle n’est pas si drôle. Ce n’est pas du Kimmy Schmidt, mais bon, je décide de ne pas attendre un éclat de rire toutes les 2 minutes pour privilégier l’histoire générale et on verra bien. Excellent pilote.

Capture d'écran 2017-04-26 19.16.00.pngÉpisode 2 – The Hern – 16/20
You think you’re responsible enough to rule a business?

La joie de Sophia est de courte durée quand elle se découvre une étrange infection au vagin. Elle choisit néanmoins de l’ignorer, contre les conseils d’Annie, pour aller faire une virée shopping en friperies avec 21,6$. Cela ne s’invente pas. Elle finit par retrouver Jim Rash et c’est parfait car c’est lui qui lui remet le sens des réalités en face.

Cet épisode explore assez bien les hauts et bas de sa vie en yo-yo tout en introduisant un peu mieux Lionel, son voisin totalement perché. Bref, la jeunesse américaine des années 2000. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas vu une série traiter ce sujet, mais elle fait plutôt très bien.

À suivre la vie de Sophia comme ça, la série accuse quelques longueurs, ne pouvant trop se permettre de s’éloigner d’elle pour suivre un autre personnage. Le problème, c’est que toute une journée dans la vie d’un personnage ne peut être passionnante tout du long. C’est toutefois intéressant de vivre un peu l’ennui de Sophia également. Ces premières longueurs pourraient être bien pires et sont pour le moment très digérables. Il faudra voir comment ça se développe par la suite.

Quoiqu’il en soit, Sophia découvre dans cet épisode qu’elle a une hernie et que son opération va coûter un max. Comme ce sont les États-Unis, si elle veut s’en tirer, il lui faudra un job et une assurance maladie. Ce n’est pas gagné vu qu’elle passe son épisode à simplement racheter de vieilles fringues à une riche décédée (suicide à cause de la solitude)…

Malgré de premières longueurs donc, cet épisode réussit à maintenir l’intérêt pour le personnage et à intriguer sur le développement de ce qui est à venir. C’est donc plutôt une réussite pour Girlboss.

Capture d'écran 2017-04-26 19.16.19.pngÉpisode 3 – Thank you, San Francisco – 16/20
My San Francisco comes back to defeat your San Francisco.

Sophia se retrouve à travailler à l’accueil d’une université, le bon plan pour ne rien faire (c’est assez réaliste) et travailler pour sa page Ebay. Il faut toutefois qu’elle lui trouve un nom. C’est le bon moment pour un montage assez brillant avec quatre ou cinq Sophia. Heureusement que je n’ai pas tant galéré à trouver le nom de ce blog, j’aurais vite abandonné sinon, je vous le dis.

Cet épisode s’intéresse à la relation Sophia/Shane qui ont un peu leur premier rencard dans ce troisième volet, utilisant des verres coca volés pour boire du vin et parcourant San Francisco à la découverte des sensations fortes de la ville. Enfin, cela dit, Sophia finit par lui faire remarquer que ce n’est pas un rencard.

J’aime beaucoup le principe du personnage de Sophia, qui n’en a juste rien à faire d’absolument tout. C’est très cool à voir et vivre, cela donne bien le sentiment de la jeunesse perdue, sans toutefois partir en vrille à la Netflix (yep, je leur fais encore de la pub) avec trop de scènes de drogue (pourtant, c’est San Francisco) ou de cul. C’est pile le bon dosage de la vie à la bohème.

Malgré cette journée purement romantique avec son nouveau crush, Sophia n’oublie pas qu’elle cherche un nom pour sa page eBay. C’est aussi et surtout l’occasion de bien planter le décor, avec la ville possédant son propre rôle dans cet épisode. C’est une bonne chose de prendre le temps d’en faire autant sur San Francisco, car on sent que ça fait partie de l’ADN du personnage et de sa réussite à venir, tout de même. J’adore cela.

Franchement, à voir cet épisode, on oublie la misère de sa vie et on se dit que c’est finalement facile de réussir : pas besoin de travailler, juste d’aller à la fête foraine acheter un Rubik’s Cube. Et alors que tout va pour le mieux, elle ruine tout en ayant subitement une révélation sur la nullité du nom qu’elle vient de trouver.

C’est donc dans un bar à chanter Nasty Girl qu’elle découvre ce qu’elle veut et finit par embrasser Shane. Pas un rencard, mais c’est tout comme.

Bon, alors je sais que j’ai dit que j’adorais la soundtrack, mais Yelle en début d’épisode, on en parle ??

Capture d'écran 2017-04-26 19.17.15.pngÉpisode 4 – Ladyshopper99 – 19/20
I swear to God I’m gonna tear that fucking Nasty Gal apart.

La construction de l’épisode est marrante même si j’ai pour habitude de la détester. Tout commence sur un mariage où la mariée pète un câble car elle n’a pas la robe de son choix.

Sept jours plus tôt, nous découvrons que Sophia a déjà vendu la robe à ladyshopper99, mais que celle-ci lui a renvoyé, car elle était tâchée de café. J’aime bien le concept de l’épisode, mais je trouve que ça tombe tôt dans la série, car on ne sait pas d’où sort la robe. C’est un peu dommage.

Sophia rencontre aussi Nathan, un étudiant de l’université d’art où elle bosse à l’accueil. Celui-ci est le cliché de l’étudiant fauché qui est un étudiant incompris. J’aime plutôt pas mal son personnage, qui est plutôt drôle dans son cliché. Sophia se rend chez lui pour manger aussi avec sa mère et on dégomme le cliché encore un peu plus.

Cela dit, c’est surtout l’occasion de nous montrer le désespoir de Sophia vis-à-vis de sa famille. Elle sait comment plomber une ambiance dis donc, mais rien qu’un karaoké ne saurait arranger.

L’autre belle réussite est le spoil total de The OC, avec des extraits de l’épisode le plus marquant de la série. Mon dieu, 2006 est si loin. J’ai adoré l’idée de nous montrer ce détail qui en dit long sur le personnage de Sophia et qui prouve à quel point c’est inspiré de faits réels. C’est clairement l’anecdote qui marque la sériephile qu’elle est, le détail que tout le monde oublierait mais assure l’authenticité de la série.

Cet épisode a su me prouver que j’étais déjà beaucoup trop attaché au personnage de Sophia. En plus, la course contre la montre finale est juste à mourir de rire, la résolution sur le mariage également… et cette parodie de The OC avec la robe de mariée ! Inattendue, mais brillamment écrite.

Je surnote un peu je pense, mais j’ai eu un vrai bon feeling devant cet épisode, alors c’est pas grave, j’assume.

Capture d'écran 2017-04-26 19.17.44.pngÉpisode 5 – Top 8 – 14/20
How do you have 5000 Myspace friends?

Ah la technologie de 2006 ! Après Ebay, l’appareil photo numérique et Myspace. J’aime vraiment beaucoup les références à cette décennie déjà si lointaine J’avais totalement oublié le top 8 Myspace, mais voir Annie péter un câble comme ça, ça en dit long ! Ah le passé… Et tomber sur une période que j’ai connue qui est considéré comme le passé dans une série ! Outch !

L’épisode repart en arrière sur l’amitié Sophia/Annie ? qui se sont rencontrées en cellule lorsqu’elles avaient 18 ans et qu’elles vivaient 2001 de la même manière qu’elles vivaient 2006. Et si j’aime beaucoup la Annie qu’on nous présente depuis le début de la série, je trouve que celle de 2001 était encore plus comique, avec un look Britney absolument terrible. Ah les années 2000 !

Les débuts de leur amitié sont sympa et l’ensemble de l’épisode tourne autour de leur relation amicale. C’est intéressant, mais pas vraiment en rapport avec le début de la série. Et surtout, ça manque un peu d’humour. L’exploration est intéressante, mais c’est tout à fait le genre d’épisodes qui tombe un peu à plat, prolongeant la saison sans développer forcément son fil rouge. Je ne sais pas, c’est à la mode de proposer ce type d’approfondissement dans les séries depuis quelques années, mais je trouve que ça manque un peu d’intérêt sur le long terme.

C’est un bon épisode, mais il n’apporte rien à la série et c’est ce que je reproche souvent à beaucoup de séries qui nous perdent dans des pans de l’intrigue qui n’ont pas spécialement besoin de ce genre d’approfondissement.

En plus, toute la chronologie de leur épisode est dans le désordre, mais bon, ça donne un côté fil de pensées à suivre. Leur amitié est sympathique, mais j’ai rapidement décroché, surtout que la conclusion est prévisible dès le départ. Bref, j’ai faim et j’ai décroché, j’arrête et je vais manger pour me changer un peu les idées.

Capture d'écran 2017-04-26 19.18.38.pngÉpisode 6 – Five Percent – 15/20
Oh, you’re awake!

Bon, je reprends avec l’espoir de tomber sur une série qui saura se reprendre en main. Et ce n’est pas gagné avec la première scène qui nous montre Shane & Sophia le faire comme dans les films. Encore que, il y avait un bon humour méta par rapport à cette scène. Et ensuite ? Shane quitte la ville et part en tournée. Cela sort un peu de nulle part, mais bon.

Bref, l’aventure de Sophia, qui est censée être au cœur de cette histoire, a continué d’avancer sans nous au point qu’elle a désormais assez d’argent pour le répandre sur son lit. Cela fait déjà trois mois qu’elle bosse à la fac d’art et ça me fait tout drôle après la temporalité très lente de Love. Maintenant qu’elle est assurée, elle décide de démissionner, et Nathan est alors inspiré pour sortir de sa zone de confort artistique (je le sens mal, quand même).

Dax, le copain d’Annie avec qui Sophia est réconciliée, lui fournit quelques conseils très école de commerce. 5% seulement des compagnies qui débutent réussissent à survivre aux cinq premières années. En parallèle, Sophia comprend aussi que 5% des gens qui se font opérer d’une hernie meurt. Et c’est trop pour elle.

Seulement, sa hernie explose alors qu’elle-même est en pleine explosion de nerfs. Elle se retrouve ainsi hospitalisée, dans une scène très bien gérée. Le passage sur l’anesthésie est tellement réaliste, ça m’a rappelé des souvenirs de dents de sagesse. Le côté moins drôle, c’est que son père la récupère à l’hôpital et découvre le bordel qu’est son appartement (et sa vie). Il part alors dans un délire philosophique dont j’ai complétement lâché le fil (sans mauvais jeu de mot, promis), mais c’est intéressant de voir la relation développée un peu plus longuement que dans le pilot.

Son réveil d’anesthésie est donc violent, mais elle se décide enfin à quitter son job, laissant à Rick une lettre bien trop géniale où elle lui annonce qu’il est son meilleur patron, mais aussi le dernier. Elle a déjà beaucoup évolué en six épisodes, car cette fois, c’est sûr, elle démissionne et non l’inverse. Autrement dit, elle reprend sa vie en main… en laissant tomber tout ce qui en fait une vie normale, en fait. Ah le rêve américain, tout perdre pour tout gagner !

Oh, et comment ne pas dire que cet épisode est en parallèle sponsorisé par Starbucks, ce qui est marrant dans le principe et la critique du sourire forcé de ses employés.

Capture d'écran 2017-04-26 19.19.41.pngÉpisode 7 – Long Ass Pants – 16/20
They’re in lurve with me!

Les aventures de Sophia continuent et s’accélèrent, un peu sans nous malgré tout. C’est plus fort que moi, mais je remarque que chaque épisode semble se dérouler plusieurs jours (si ce n’est semaine) après le précédent, et c’est un peu frustrant de ne pas bien savoir ce qu’il se passe entre chaque chapitre de sa vie. Bon, et en même temps, on devine assez bien les infos non montrées à l’écran.

En plus, je fais cette réflexion sur le seul épisode qui nous propose un montage sur l’expansion de Nasty Gal. On ne voit pas bien comment cela fonctionne au point de lui payer son loyer chaque mois, mais pour la première fois nous découvrons qu’elle recycle les vieux vêtements en quelque chose de neuf. Et c’est très bien mis en avant dans l’épisode.

L’expansion de Nasty Gal veut surtout dire que Sophia a désormais des fans et des échos sur internet, ce qui veut dire… des haters. Cela donne lieu à quelques bonnes scènes comiques réussies et à l’arrivée dans sa vie de Gail, qui gère une page concurrente nommée Remembrances.

L’épisode nous montre comment ces deux-là parviennent à devenir amies malgré deux vues totalement différentes de la vie et surtout des fringues vintage. Sophia explique enfin concrètement ce qu’elle fait, à savoir recycler des vieux vêtements pour séduire ses consommateurs. Et cette explication est purement et totalement du marketing, donc on tombe en plein dans le business. J’aime beaucoup ce passage sur la création.

Aux antipodes, Gail s’avère aussi être une jolie créatrice, mais une créatrice d’histoires, d’où son intérêt pour la conservation des vêtements. J’ai adoré d’ailleurs le passage en noir et blanc : d’abord trop farfelu, j’ai fini par l’apprécier lors de son retour à l’écran. Moi, je me situe totalement dans l’entre-deux, grand nostalgique jusque dans les objets que j’aime conserver, mais tout aussi perché quand il s’agit de créer. En plus, Nasty Gal fait quand même des trucs cools, vu la robe finale.

Bref, l’amitié entre Sophia et Gail est bien réussie, c’est cool, comique et inattendu. Et ce n’est pas Jim Rash qui va détruire ça.

J’ai un peu plus de mal sur la fin : Sophia ruine une robe et Gail semble lui en vouloir, alors qu’elle lui laisse une note où elle lui recommande d’en faire ce qu’elle veut. Mouais, faut pas s’étonner aussi.

Capture d'écran 2017-04-26 19.20.10.pngÉpisode 8 – The Trip – 15/20
Wait, you really think you’re gonna meet Katie and Britney just wandering the street?

Sophia se rend voir Shane et fait un road trip direction Los Angeles avec Dax et Annie. Et ils parlent de la saison 1 de LOST, j’adore !

Les retrouvailles se passent plutôt très bien entre eux, alors que je m’attendais plutôt au contraire. Tant mieux, en même temps. Cet épisode s’éloigne un peu du principe de base qui était de suivre Nasty Gal, et je dois dire que c’est un peu décevant. J’aime bien le perso, mais plus que tout, j’aime sa manière de bosser en faisant la fête, pas de faire la fête pour faire la fête. Si je voulais voir une fête, je me bougerais et je ne resterais pas devant ma télé.

Enfin bon, le voyage ne se passe pas bien pour tout le monde. Si Sophia a le droit a sa propre chanson et sa partie de jambes en l’air, Annie se rend compte que Dax est beaucoup trop sérieux pour elle. Encore une qui est fan de drogue, on se croirait sur Netflix. Une suite d’événements les mène finalement à se droguer ensemble. Ils passent donc le reste de l’épisode en plein délire bien perché et ce n’est pas bien passionnant, ça m’a beaucoup rappelé un épisode de la première saison de True Blood.

Le lendemain, c’est donc l’inverse de la situation de base qui finit par se produire. Sophia est un peu blasée par Shane beaucoup trop motivé par ses fantasmes le matin, puis par la manière dont il se fait (mal)traité par ses boss. Lui finit par être énervé par la manière dont elle fait toujours ce qu’elle veut quand elle veut, et ils s’engueulent donc comme du poisson pourri. C’était une excellente scène qui avait tout de la rupture non assumée, alors qu’au même moment Dax déclare ses sentiments à Annie.

Shane et Sophia se réconcilient finalement, mais on sent bien que les choses ne seront plus tout à fait comme avant après cette première engueulade.

On s’éloigne donc de la trame principale de la série sur le travail de Sophia mais, en même temps, la vie personnelle de celle-ci est toujours intimement liée à ses déboires, alors c’était nécessaire d’en passer par là.

Capture d'écran 2017-04-26 19.20.51.pngÉpisode 9 – Motherf*cin’ Bar Graphs – 17/20
What kind of bastard leaves a voicemail?

Sophia est de retour dans le dépotoir qui lui sert d’appartement, ce qui permet probablement la meilleure scène de la série lorsque son monde s’écroule au réveil. Elle se met alors à chercher son nouvel espace de travail. Elle est complétement perchée, mais c’est ce qui lui permet de trouver rapidement ce qu’elle souhaite.

Malgré tout, elle a quand même besoin d’un garant. Elle demande de l’aide à Dax pour savoir comment présenter son business à son père et à Lionel de se faire passer pour son proprio. Bien évidemment, c’est à son père qu’elle songe pour avoir un garant, même si elle aurait aimé trouver une autre solution.

Tout se passe bien, y compris lorsqu’elle fait en sorte que Shane rencontre son père. Le meilleur des mondes n’existe pas pour autant : son père veut bien être son garant, en théorie, mais en pratique, il préfère avoir le bail à son nom. Cela ne palît pas du tout à Sophia, qui a l’impression de redevenir une petite fille. Elle préfère donc s’enfuir en courant.

Bien lui en prend. Elle retrouve Annie et leur drôle de top model pour un shooting lors duquel elle défonce accidentellement (hum) la porte de son futur atelier. Sacré coup du sort. En bref, elle est vraiment le prototype même du rêve américain, avec une progression de sa page ebay qui est juste aussi dingue qu’impressionnante et des coups de chance tout au long du chemin. Ouais, ça fait rêver…

Et quand en plus la série en profite pour passer une bonne couche de pommade féministe, c’est tout juste !

Capture d'écran 2017-04-26 19.21.24.pngÉpisode 10 – Vintage Fashion Forum – 19/20
No. I quit this, us.

Oh mon dieu ! Ils ont représenté internet et les forums ! Je trouve l’idée géniale, elle aurait même dû arriver plus tôt dans la série. En effet, l’ensemble de son business est géré sur internet, il fallait bien que ça arrive à un moment ou un autre. En plus, ça fonctionne vraiment bien, avec la dictée des url et l’apparition des gifs.

L’épisode se concentre beaucoup sur Annie et sa carrière. C’est la première fois qu’on la voit travailler dans son magasin de maquillage, mais il semble assez vite clair qu’elle rêve de bosser avec et pour Sophia. Les choses ne sont pas si simples quand il s’agit d’argent et de travail. Inévitablement, leur amitié en prend un coup.

Annie, qui commence l’épisode par défendre sa meilleure amie sur le forum des cinglés vintage, finit par l’enfoncer en ligne. Dès lors, Sophia la confronte et les deux se balancent les pires vacheries du monde. L’épisode consacré à leur amitié, un peu plus tôt dans la saison, prend subitement tout son sens, vu l’impact émotionnel (et professionnel) que le départ d’Annie dans la vie de Sophia prend. C’est terrible, terrifiant et parait terriblement réel… Ce qui est logique, puisque c’est inspiré d’une histoire vraie.

J’ai adoré cet épisode, que ce soit ses détours sur internet (avec des voix aussi robotiques que possible=, l’amitié Sophia/Annie ou la conclusion terrifiante où Nasty Gal finit par se faire bloquer d’eBay. Outch. Méga OUTCH.

Il aurait pu être un peu mieux en incluant quelques autres personnages aussi, notamment Shane et en étant un chouilla moins prévisible autour d’Annie. Et en même temps, ce n’est jamais que la réalité.

Capture d'écran 2017-04-26 19.22.18.pngÉpisode 11 – Garbage Person – 18/20
Is she gonna fuck that jacket?

Sophia est en pleine déprime en période de Noël, c’est assez magique comme coïncidence, mais tristement éloquent. Son père et Shane s’inquiètent pour elle, mais elle passe l’épisode à dépenser tout son fric dans des voyages en avion.

Lors du premier voyage, elle retrouve et rachète LA veste du premier épisode. Lors du second, elle tente de faire peur à Gail, la menace et finit encore plus déprimée après que celle-ci frappe pile là où il ne fallait pas : l’abandon de sa mère. C’est horrible comment leur relation a évolué en trois épisodes seulement et quelques scènes ensemble.

Lors du troisième voyage, elle se décide donc à aller rendre visite à sa mère, une actrice dans un théâtre pas si génial. Leur relation est assez intéressante et se résumerait assez bien par un « telle mère, telle fille »… sauf que sa mère est moins regardante sur sa sexualité, coucher pour réussir ne la dérangeant pas plus que ça.

Les deux passent malgré tout un excellent moment au départ pour finalement en venir au cœur du problème. C’était une bien jolie scène sur l’abandon de Sophia et les traits de caractère clairement héréditaire. C’est très cheesy tout ça, mais ça fonctionne bien. Cela nous fait oublier un temps la catastrophe qu’est devenue la vie de Sophia.

Seulement, sa mère ayant exactement le même caractère, elle finit par envoyer paitre l’ensemble du casting de sa pièce et s’enfuir. Cette fois, Sophia comprend ce qu’elle doit faire. Elle reprend l’avion pour remercier Gail de lui avoir fait ouvrir les yeux : elle compte désormais ouvrir son propre site.

Un chant de Noël plus tard, elle prend un autre avion pour passer un peu de temps avec son père. Bien qu’il détruise ses rêves, il lui donne l’amour dont elle a besoin. Jolie conclusion de Noël, ma foi.

Je tiens à noter aussi le très bon casting, la mère de Sophia ayant très exactement les mêmes yeux (je sais, elles ferment toutes les deux les yeux sur ma photo) et un jeu parfaitement maîtrisé.

Capture d'écran 2017-04-26 19.22.53.pngÉpisode 12 – I Come Crashing – 18/20
Well you’re perfect. And a little off.

Joyeuse année 2008 ! Est-ce que la série vient de nous sauter un an ? Pas sûr, mais en tout cas Annie et Sophia se réconcilient à l’initiative de cette dernière. Annie devient bien une employée de Nasty Gal, sans grande surprise je dois dire. Leur première réunion est sacrément drôle, même si la fin de celle-ci est spoilée dans le trailer de la série. Je savais bien que j’y avais vu une ambiance de travail qui me plaisait ! Heureusement qu’entre-temps j’avais oublié tout ça.

Le soir, elle retrouve Shane au lit et l’on voit que leur couple a évolué de la plus géniale des manières, c’est absolument parfait. Il est à noter que le timing de leur relation est quand même incroyablement cool, c’est soit une liberté scénaristique soit que la vie est bien foutue.

Un montage permet de passer rapidement sur la période problématique où Sophia a travaillé pour de vrai afin de créer son site internet, pendant que Shane, lui, jouait de la batterie pour un groupe s’entraînant dur chaque jour. Il est particulièrement jouissif de les voir travailler enfin, après tant d’épisodes si bons à les voir si peu se démener. Le coup des lignes de code était marrant, surtout pour y avoir passé un peu de temps également.

L’épisode prend aussi le temps de nous ramener Nathan, même si je ne vois pas bien l’utilité de cette scène. Le 4 avril, date de lancement de NastyGal.com, approche et le stress s’intensifie, surtout quand le site est déjà occupé par un serveur porno et que Sophia découvre que sa nouvelle webmaster a trop bien fait son travail. Histoire de ne rien arranger, Sophia trouve aussi un magasin vendant des vêtements ressemblant beaucoup trop à ce qu’elle vend.

Bien sûr, la panique et la dépression l’emportent. Heureusement Annie est là pour la calmer et Kaavi aide bien aussi à ajouter un peu d’humour. Les dernières scènes sont atroces : Sophia découvre que Shane la trompe puisqu’il reçoit une pipe de la part d’une des membres de son groupe.

Cet épisode était une belle démonstration du stress à l’approche d’une date fatidique, j’ai adoré sa construction.

Capture d'écran 2017-04-26 19.25.10.pngÉpisode 13 – The Launch – 20/20
Holy shit ! My life looks so different.

Déjà le dernier épisode. Je devais arrêter au 10, mais me voilà devant le 13e. Oups.

Sophia commence la journée d’étrangement bonne humeur, mais elle est vite hantée par le groupe de Shane qu’elle entend partout. Dur. Elle ne le confronte pas pour autant et passe ses nuits à ses côtés, séparée loin de lui. C’est d’autant plus dur qu’on les a vus en cuillère tout au long de l’épisode précédent.

Elle met un peu de temps à se décider à le confronter, passant par Jim Rash et la grand-mère du pilote. Oh, la série prend le temps de nous rappeler ses débuts, ça sent vraiment la fin de saison, et ce n’est que le début, avec la fête de Nasty Gal en préparation.

Parce que oui, pendant ce temps, Annie se démerde pour organiser comme elle peut la soirée de lancement, en compagnie de Nathan, surgit d’un peu nulle part, et de Kaavi, qui est définitivement une superbe addition au casting, extrêmement drôle.

Sophia parvient quand même à dire clairement ce qu’elle pense à Shane, et c’est aussi hilarant que c’est destructeur de les voir comme ça. D’avoir vidé son sac, Sophia parvient finalement à l’oublier un moment le temps de lancer son site… Si le succès n’est pas immédiat, il ne faut pas moins d’une journée pour que tous les articles soient vendus.

La fête de lancement est donc censée être la plus belle réussite de Sophia, le moment le plus joyeux de sa vie… et Shane a tout détruit, car tout ce à quoi elle pense, c’est lui. C’est probablement la scène la plus atroce de la série. Sophia se laisse totalement détruire par son amour pour Shane, et c’est parfaitement injuste après treize épisodes de fun et de solitude enjouée. Ce n’est que le début de la dépression, avec encore une longue scène de courts moments volés au couple.

Wow, ces scènes atteignent une profondeur que je n’attendais pas de la série. Shane finit par s’en aller et Sophia par se mettre au travail… parce qu’elle a la masse de travail désormais.

Quelle claque !

Capture d'écran 2017-04-26 19.25.38.png

EN BREF – Oui, quelle claque ! Encore une fois, Netflix propose une série de qualité, qui instaure un univers, un délire, un personnage inspiré de faits réels, une ambiance musicale, un humour particulier mais efficace, une histoire qui vous happe. J’ai enchaîné les épisodes par tranche de 7, sans remords et sans culpabilité, avec l’envie d’en avoir plus à la fin.

Cette saison se suffit à elle-même, mais je serais présent pour une suite, si suite il y a. Le rêve américain était vraiment à portée de main dans Girlboss et il est dur de ne pas s’attacher à Sophia, même quand elle fait de mauvais choix ou est détestable. Cela vaut pour l’ensemble du casting, aussi bien Annie que Shane. C’est d’ailleurs ça qui rend le final si dur.

Bref, j’ai adoré, c’est l’une de mes meilleures découvertes de cette année ! Je me connais, je le regarderais probablement une seconde fois tellement elle est cool. C’est le genre de série qui donne envie de revenir, mais aussi celles qui te donnent envie d’avoir une vie au top. À voir.

EDIT 25/06/2017 : Netflix a officiellement annulé cette petite perle. Adieu, Sophia 😦

13 Reasons Why (S01)

Face à une telle saison, je ne peux qu’ajouter ici un lien officiel de prévention face aux crises suicidaires. Parlez-en, communiquez, ne disparaissez pas.
(11/04/17) : J’ai participé hier soir à un podcast sur la série.

Avis : 13 Reasons Why, c’est la série qui n’a a priori rien pour me plaire, mais qui m’attire quand même énormément. Série Netflix, elle a déjà le gage d’une qualité certaine : les productions du géant de streaming sont rarement décevantes, malgré quelques défauts constants, comme la longueur. Avec des épisodes oscillant entre 50 min et 1h, 13 Reasons Why n’en sera sûrement pas à l’abri.

Saison 1 | Saison 2 | Saison 3Saison 4

Côté casting, on retrouve Dylan Minette dans le premier rôle. C’est un acteur que je suis depuis Lost où il jouait un gamin énervant. Et le pire, c’est que c’est le cas de tous ses rôles ! Du coup, je ne l’aime pas vraiment, mais il a le don de jouer dans d’excellentes productions. Alors forcément, ça me fait regarder ses séries, même s’il m’énerve !

Quant à celle-ci en particulier, je n’en sais pas grand-chose, si ce n’est que c’est une série qui se centre sur le suicide d’une lycéenne et les raisons de cet acte, qu’elle envoie par cassette audio à son meilleur ami. Je m’attends à une espèce de Veronica Mars avec plus de budget et de flashbacks pour nous expliquer le comment du pourquoi du suicide (et j’espère que ça en sera bien un, et que ça sera convaincant).

Comme beaucoup de séries Netflix, j’ai décidé de la binge-watcher aussi vite que possible. Sortie le 31 mars, je compte bien me la terminer pour le 1er avril ! En plus, elle est parfaite pour entrer dans le cadre du Week-end en Séries, alors j’aurais tort de me gêner.

Attention, spoilers dans les critiques ci-dessous, écrites après visionnage des épisodes. Je me sens aussi obligé d’ajouter un « Trigger warning », il va être question de suicide, de harcèlement, de viol, de beaucoup de problématiques de ce genre et j’y laisserais forcément aussi une trace de mon opinion sur ces sujets-là, même s’il est fort possible qu’on ne soit pas tous d’accord. Je ne suis pas fermé, si vous le souhaitez, le débat est bienvenu dans les commentaires ou en privé sur Twitter, tant qu’il se fait de manière posée et polie.

Note moyenne de la saison : 16,5/20

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01.jpgÉpisode 1 – Tape 1, Side A – 18/20
– What is it again?
– #NeverForget

C’est parti pour une série à l’esthétique déjà très sympa au bout de quelques secondes, avec un générique à la Netflix, forcément, et une intro en voix off de la part d’une jeune lycéenne qui s’est suicidée. Bonne nouvelle, je suis déjà fan de sa voix, et, assez vite, j’ai la confirmation de ce que je pensais : la série oscille entre présent et flashback sur l’amitié entre Clay et Hannah, qui s’est suicidée.

Les parents débarquent au lycée et je découvre que Kate Walsh joue la mère d’Hannah. C’est un peu étrange à dire, mais ça me fait drôlement plaisir de la retrouver, même si ce rôle ne la met pas forcément en valeur. J’ai dû le savoir, mais j’avais oublié.

Cet épisode est surtout une bonne et longue introduction des personnages, de la relation Clay/Hannah (qui bossaient ensemble au cinéma), des autres lycéens (Tyler, le type un peu chelou du Yearbook, Courtney, la fille sympa uniquement suite au drame, Tony, le bon pote un peu plus âgé, etc.) et bien sûr de l’intrigue : Clay reçoit les fameuses cassettes sans savoir d’où elles proviennent. Pardon, des K7 (ça va plus vite à écrire et c’est un nom d’usage reconnu). Outch, coup de vieux, j’ai un poste radio très similaire, mais j’ai adoré le voir oublier que ça se branchait et galérer à le faire fonctionner. Sans y parvenir. Il se rend donc voler le walkman de Tony (eh, j’ai un walkman moi aussi !) et commence à écouter les K7.

Le mystère s’épaissit car il ne comprend pas pourquoi il reçoit cette K7 où Hannah l’accuse d’être une des raisons de son suicide. Et nous voilà embarqués dans la série, à l’esthétique un peu ancienne : K7, carte routière, vélo. C’est Stranger Things, mais de nos jours. Il y a bien sûr un accident sans conséquence, une fête en flashbacks chez Kat (c’est déjà mon personnage préféré) et une première K7 à propos de Justin Foley.

Kat est un super personnage, mais elle disparaît aussitôt après déménagement et avant la rentrée, laissant derrière elle Hannah (dont elle était la seule amie) et Justin, son ex, dont Hannah tombe évidemment amoureuse. J’aime beaucoup la manière dont les choses sont amenées dans cette série : de la K7 où Hannah parle directement aux personnes auxquelles elle en veut à son amitié avec Clay. J’aime la manière dont ça passe de sa narration à la vie de Clay. J’aime l’humour d’Hannah et j’aime beaucoup trop d’autres choses dans cette série.

Sa romance avec Justin est plutôt sympa et l’on finit par comprendre que ses K7 sont une manière de rétablir la vérité sur de bien trop nombreuses rumeurs et photographies d’elle. Et bien sûr, Clay stresse d’être sur les K7.

Il y a tout de même quelques longueurs, pour un esprit comme le mien formaté aux 42 minutes, qui justifie cette note qui ne monte pas au maximum. Et puis, je n’en suis qu’au premier épisode et même si j’aime le casting, la musique, la qualité générale de l’écriture, je reste toujours prudent sur un pilot. Je suis en tout cas accroché à cette histoire et je suis pressé de voir comment tout le monde constitue une pièce du puzzle, de Tony qui en sait apparemment beaucoup à Courtney, dont il est suggéré qu’elle sait quelques petites choses également.

NB : Pour la simplicité du calcul du temps du challenge et parce qu’il était très cool, j’ai écouté l’ensemble du générique de fin, et je pense le faire à chaque épisode.

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Capture d'écran 2017-04-03 20.34.59.pngÉpisode 2 – Tape 1, Side B – 16/20
F.M.L forever.

Oh là, l’introduction de cet épisode va beaucoup trop loin et en dit beaucoup trop !

Nous reprenons la vie de Clay à peu près au même moment pour découvrir que ses parents sont toujours très imposants (surtout sa mère) et lui propose même des pilules.

Peu importe, cela dit, le suspense est surtout de savoir qui sera au cœur de la deuxième face de cette première K7. Et l’on finit par savoir que c’est au tour de Jessica Davis, une autre amie d’Hannah, que nous ne connaissions toujours pas. Bon, c’est un peu décevant, mais pourquoi pas. Et puis, on apprend assez vite la manière dont elles se sont rencontrées, qui est à mourir de rire, chez la psy de l’école. Leur addiction au chocolat chaud est par ailleurs une super idée, et je comprends tout à fait l’idée. Moi aussi, j’adore le chocolat chaud et j’approuve l’idée que ça fait s’enfuir les problèmes.

Clay est également subitement ami avec une autre fille, Sheri, qui se dit aussi être une amie d’Hannah. Qu’à cela ne tienne, on en saura plus lors de sa K7.

Clay a tout un tas de problème dans sa journée au lycée, découvrant peu à peu les gens autour de lui grâce aux K7 d’Hannah. Sur la face B, Clay entend également parler d’Alex, un autre nouveau, de même que Hannah et Jessica. Cette dernière passe un peu pour une idiote et Alex est totalement bizarre, ce qui met en valeur Hannah. J’imagine qu’elle n’est pas vraiment une narratrice de confiance, car elle déforme tout selon sa perspective.

En plus, elle ne doit pas vraiment les porter dans son cœur : l’un comme l’autre l’abandonnent, et tout ça pour finir en couple. Le côté couple en moins, je trouve que c’est une évolution de groupe assez crédible concernant les nouveaux d’une école, alors j’aime beaucoup ça, car c’est rare de voir aborder de manière réaliste dans des séries les relations au lycée. La pauvre Hannah est laissée de côté par ses potes et se venge en les faisant payer leur place de ciné, j’approuve.

Et soudainement, Kevin Bacon apparaît, allez comprendre pourquoi. Le casting se confirme comme bon jusque dans ses seconds rôles (bon et en même temps, je suis fan sans l’être, disons que j’ai vu tout The Following).

Bon, de ce deuxième épisode, je ressors toujours aussi intrigué et un peu frustré par le développement de cet épisode qui perd un peu de temps. Le côté lycée américain est un peu chiant par moment (la cérémonie avec les cheerleaders là) et l’enchaînement flashback/présent n’est pas toujours des plus clairs, de même que les moments où Clay écoute les K7. C’est un peu moins bon que dans le premier, mais ça reste une beaucoup trop bonne histoire.

J’aime surtout la manière dont Jessica remet en cause tout ce que dit Hannah, confirmant l’idée qu’Hannah n’est pas forcément une narratrice de confiance. En revanche, j’aime moins la manière dont elle connaît le contenu des K7 mais ne le dévoile pas à Clay, de même que Tony. C’est un peu chiant, même si nécessaire pour le bon déroulement de l’histoire. Seulement, je suis curieux de voir si on aura une vraie justification expliquant ce silence de tous.

Et je suis pressé de savoir le rôle de Tony dans tout ça, surtout qu’en plus, il connait hyper bien les parents d’Hannah, au point d’avoir un câlin de Kate Walsh. Oui, je suis jaloux, évidemment.

De son côté, Justin s’enferme chez lui loin de sa copine (Jessica, forcément) qui finit malgré tout par le retrouver et nous rajouter une petite couche de suspense sur quelque chose que Justin aurait fait. Le mystère reste entier et les épisodes de plus de 42 minutes trop longs. Sachez-le !

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Capture d'écran 2017-04-03 20.40.56.pngÉpisode 3 – Tape 2, Side A – 16/20
We all killed Hannah Baker.

Cet épisode se concentre sur Alex, et je dois dire que ce n’est pas vraiment une surprise après le second épisode. La liste aperçue à la fin de l’épisode précédent dans la chambre d’Hannah venait donc d’Alex. Le truc, c’est que si la K7 est sur lui, l’épisode passe beaucoup de temps avec Justin (surtout, et en pleine dépression) et Jessica, faisant varier sa narration de manière plutôt agréable. Quant au psy, il semble lui aussi avoir des secrets à cacher.

Olivia, la mère d’Hannah, vient au lycée pour obtenir des infos, mais tout ce qu’elle y trouve, ce sont le refus du proviseur, incapable de lui donner des infos surtout qu’elle a porté plainte contre le lycée, des insultes sur les murs des toilettes et un autel en l’honneur de sa fille que sa fille aurait probablement détesté. Kate Walsh livre une performance de dingue pour le deuil de sa fille, ça fait bizarre de la revoir comme ça après la mauvaise sitcom Bad Judge qui est la dernière chose que j’ai vu d’elle.

Je suis impatient de voir un épisode sur Tyler, le photographe, car il m’a l’air d’être un nerd et je sens qu’il en sait beaucoup trop, et plus que ce que l’on sait de lui pour l’instant.

Dans les flashbacks, on continue de voir Clay et Hannah se rapprocher et devenir de bons amis, et surtout Clay n’être pas capable de l’embrasser quand elle n’attend que ça. C’est aussi l’épisode qui nous explique le bordel provoqué par la liste d’Alex qui compare les fessiers d’Hannah (le meilleur) et de Jessica (le pire). C’est problématique.

Pas aussi problématique que Netflix et sa nudité gratuite un peu inexplicable dans cette série. C’est étrange en plus : ils sont censés être en seconde ou première, d’après l’histoire, alors quoi, c’est pédoporno maintenant ? En début d’épisode, on a Justin en caleçon et on ne voit rien, mais une fois dans les vestiaires des mecs, c’est un festival de culs, et je ne sais toujours pas bien pourquoi. Peut-être pour rétablir les choses par rapport à la liste ? C’était intrigant par rapport au reste de la série, en tout cas, mais tout à fait digne de Netflix après tout.

Pour en revenir à notre histoire, Alex a la meilleure réaction du monde quand il accepte un RDV avec Clay : il lui demande comment il fait pour attendre si longtemps entre chaque K7. La réponse des crises de panique fonctionne plutôt bien (et puis, il faut bien une série), mais c’est clair que par rapport à moi qui m’enchaîne les épisodes, tout est dit. Bon, l’épisode nous introduit aussi une autre lycéenne déjà sacrément tatouée qui a le béguin pour Clay, et je me demande forcément son rôle dans toute l’histoire.

Quant à la série elle-même, elle a la sympathie d’aborder des thématiques vraiment intéressantes sur le sexisme, la sexualisation, le male gaze, la mauvaise influence, l’alcoolisme et tellement plus. C’est assez rare dans les séries que ce soit si bien abordé. Bon après, la série a ses problèmes de cohérence quand même (encore un lycéen qui se déplace où il veut quand il veut, de jour comme de nuit et qui en vélo est capable de pister une voiture après avoir bu). Cela permet d’épaissir le mystère Tony, de me faire stresser quand Alex tombe dans la piscine (merde, je l’aime bien malgré tout je crois) et de rire de la punition de Clay, aussitôt contourné par celui-ci.

Quant au cliffhanger, il est intéressant, mais on sent que les scénaristes ont prévu le coup pour une pause dans le visionnage.

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Capture d'écran 2017-04-03 20.46.03.pngÉpisode 4 – Tape 2, Size B – 16/20
You just ask yourself over and over: what happened?

L’épisode a pour première scène la dernière du précédent : il est assez clair que les scénaristes ont prévu une pause dans la série, mais tant pis. Je suis assez content de cet épisode puisque c’est la K7 de Tyler ! Je l’avais bien dit qu’il y aurait droit, et qu’il soit un stalker n’est juste tellement pas surprenant. Nous apprenons aussi que Marcus a sa K7 (ça commence à faire beaucoup) mais que lui n’a pas tout écouté. Alors lui, je le comprends encore moins que Clay sérieux !

Bon, Clay passe sa nuit à espionner les gens à leurs fenêtres, Tyler d’abord, puis les parents d’Hannah. L’épisode s’intéresse ensuite au stalker qu’était (est) Tyler et à l’aide qu’Hannah trouve auprès de Courtney. C’est assez prévisible malheureusement, et les photos trouvées par Clay n’arrange rien car l’on sait directement comment ça finit.

Dans le présent, le lycée est en effervescence avec une réunion de parents qui tourne mal grâce à Olivia révélant ce qui s’écrit sur les murs des toilettes et à un concours de costumes d’Halloween qui agite tous les adolescents. Justin et Jessica le gagnent et Tyler tente de sympathiser avec Clay. Il faut dire qu’il lui a révélé qu’il aimait Hannah. Bon, franchement, c’est facile comme intrigue, et c’est surtout hyper prévisible, mais il faut bien reconnaître que ça fonctionne.

Dans les flashbacks, Clay continue d’être le plus gros des idiots à draguer Hannah sans oser aller plus loin quand il semble évident qu’elle n’attend que ça. Cela n’a pas échappé non plus à Tyler qui le fait bien remarquer à Clay. Pourquoi pas, mais ça commence à accuser un peu trop de longueurs (c’est toujours le problème d’enchaîner les épisodes) et de moments prévisibles. Et puis, il y a aussi l’incohérence de cette photo d’Hannah et Courtney que personne ne reconnaît alors que bon, quand même ! Courtney encore, pourquoi pas, mais Hannah ? Sinon, sympa le Tyler de partager la photo pour se venger de son râteau.

Clay s’arrange un peu malgré lui pour finir embarqué par la mère d’Hannah à l’intérieur de la maison. Il se présente comme une connaissance amicale d’Hannah, et forcément Olivia veut en savoir beaucoup plus. Malheureusement pour elle, il s’enfuit, mais je doute que cela s’arrête là. En plus de tout, son mari est déprimé par son magasin qui perd ses clients pour Walplex, le supermarché du coin.

Bref, cet épisode est un peu déconstruit et on perd pas mal de vue les K7 pour se concentrer sur les histoires auxiliaires que ces K7 nous font découvrir. En même temps, passer plus de temps avec Kate Walsh me convient très, très bien, car elle est juste époustouflante dans ce rôle. Cela me réconcilie vraiment avec elle.

La conclusion qui voit Clay se faire justice soi-même est toutefois intéressante, surtout qu’il ne sait toujours pas ce qu’il en est de sa K7. À sa place, je ferais attention quand même. Il aurait pu envoyer la photo à Tyler seulement, cela lui aurait servi de leçon sans faire de Clay un Tyler bis, parce qu’il fait finalement à Tyler pire que ce qu’il avait à Hannah…

Oh et en parlant de faire attention, est-ce que les K7 ne devraient pas servir de leçons pour ces lycéens ? Les volets, c’est une bonne idée ! Surtout Tyler quoi ! Il sait qu’il y a des gens qui viennent régulièrement à sa fenêtre pour balancer des pierres et il se fout tranquillement nu dans sa chambre devant la fenêtre en question ? C’est une drôle d’idée et je ne trouve pas du tout étonnante l’idée de Clay. Le plus étonnant, c’est encore que personne ne l’ait fait avant lui.

En plus, on voit ça dans à peu près toutes les séries américaines, les ados qui se changent devant leur fenêtre ouverte. Ils sont bizarres ces gens.

Je continue de passer un vrai bon moment devant cette série, mais c’est un peu tiré par les cheveux par moments, donc je ne me vois pas remonter la note tout de suite. On verra par la suite comment ça évolue, mais sans cette conclusion avec Clay qui se rebelle, j’aurais peut-être descendu la note. Un dernier point sur la nudité dans la série, vu que je m’en plaignais à l’épisode 3 : ici, ce n’est pas le cas. Cela sert vraiment l’histoire, donc ça se justifie beaucoup plus, et même, ça se comprend. Tout en posant pas mal de questions d’éthique sur le voyeurisme, mais bon, ça explique peut-être la scène de vestiaire dans l’épisode précédent, histoire de nous prévenir de ce qui arrivait.

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Capture d'écran 2017-04-03 20.51.47.pngÉpisode 5 – Tape 3, Side A – 16/20
I mean we could just jump together

Cet épisode débute par un rêve de Clay qui vire au cauchemar et à une terreur nocturne. Malgré toutes ces sueurs froides, il décide de ne pas prendre de douche, ce qui manque pas du tout de crédibilité. Le but est d’espionner Courtney, qui a désormais droit à sa propre K7. Moui, on vient déjà d’avoir un épisode bien centré sur elle quand même.

On découvre toutefois qu’elle a deux pères et qu’elle est moins violente qu’une bonne partie du casting qui veut agir contre Clay. Il semblerait bien que le contenu de sa K7 soit quand même plus gentil que celui des autres, puisqu’ils flippent tous qu’il les dénonce. Pourtant, vu ce qu’il vient de faire à Tyler, il est tout autant dans la merde.

Tyler doit gérer les conséquences de la photo de nu de lui qui circule, et ça n’est pas si simple. Tout le monde s’en prend à lui, au point de le déshabiller dans les couloirs et de le rejeter quand il veut se venger.

Les flashbacks nous ramènent au bal de promo : Hannah s’y rend avec Courtney, avec qui elle vient juste de se réconcilier. On note au passage le côté américain de la chose, avec les parents qui change de voiture juste pour le bal de promo, bien sûr. Jessica se fait draguer par Justin. Elle finit complètement bourrée grâce à lui et Hannah la ramène. C’est enfin le moment de comprendre que le rêve de Clay avait une bonne part de réalité. Le problème, c’est que ça manque parfois de cohérence dans la manière de passer d’un flashback au présent. Bref, il a dansé avec Hannah et n’était pas loin de conclure, mais ça ne s’est une fois de plus pas fait. Vivement cette fête de Jessica dont on nous parle tant !

Il est à noter aussi qu’il est très largement suggéré que Tony est gay, puisqu’il se fait draguer par le type gérant le journal du lycée. Tony est celui qui fournit la première K7 à Hannah et leur amitié débute par une banale panne (c’est ça de laisser ses phares allumés en arrivant au bal…) et une playlist. Oui, c’est sympa.

Plus on avance, plus tout ça paraît de plus en plus teen néanmoins. Courtney refuse ainsi d’avouer son homosexualité pour éviter que ses pères ne souffrent des remarques et des préjugés et des insultes et des connards et des homophobes etc, etc. Pourquoi pas ? Le problème, c’est que je pense « Pourquoi pas ? » de plus en plus d’intrigues. Cela reste vraiment cool bien sûr et c’est une bonne série, mais c’est un peu dommage, surtout que dès la première scène avec les pères, j’ai compris vers quoi ça se dirigeait (mais je leur reconnais que j’étais sur une toute autre piste juste avant).

Le groupe finit par s’en prendre à Clay, mais rien ne se passe pour autant, puisqu’Alex est protégé par son père, un flic. Le vrai coup dur pour Clay et les parents Baker, c’est que la mère de Clay est embauchée par l’école dans le procès qui vise à enfoncer Hannah. Cela ouvre de nouvelles perspectives passionnantes.

Pour conclure, et parce que je ne l’ai pas encore dit, cette série me réconcilie totalement avec Dylan Minette : son personnage me tape sur le système, comme toujours avec lui, à plein de moments, mais il a vraiment la carrure pour ce rôle et ça me surprend de le voir gérer si bien.

Je remercie bien fort Netflix pour sa grande lucidité, une fois de plus, de nous foutre une image spoilant la dernière scène de l’épisode en couverture. En toute logique. Promis, je ne vous fais pas ça, et pourtant, je considère que vous avez probablement vu l’épisode si vous regardez la photo qui accompagne la critique…

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Capture d'écran 2017-04-03 20.56.21.pngÉpisode 6 – Tape 3, Face B – 16/20
You were thinking of Hannah.

Après Halloween, c’est parti pour la St Valentin (et un retour de Sheri !) en flashbacks. Et donc les étudiants de ce lycée remplissent un sondage pour savoir avec qui ils

Dans le présent, l’épisode débute surtout par un bon fight entre Alex et un dont je n’ai pas encore retenu le nom (Montgomery de la Cruz, donc) qui a failli l’écraser. Cela sort un peu de nulle part, mais ça fonctionne toutefois au niveau de l’histoire, relançant un peu l’intrigue autour d’une nouvelle histoire de harcèlement. C’est surtout une bonne occasion de faire des sous-entendus et des conversations de sourds quand le conseil de l’école (des élèves !) est réuni et que les trois quarts de celui-ci est touché par les K7.

Clay décide de se changer les idées en aidant Sheri (quand je vous dis qu’elle est de retour) avec son devoir d’anglais et cela nous permet d’apprendre qu’il a été tuteur pour Jeff, expliquant leur amitié sortie de nulle part dans l’épisode précédent. En même temps, le personnage de Jeff me semble sorti de nulle part, alors soit je n’ai pas été assez attentif, soit il y a une information à en déduire (mais je ne suis pas sûr de vouloir la déduire car j’aime bien le personnage).

Ils finissent par enfin nous dévoiler que Marcus est la cassette du jour, mais clairement, l’épisode ne passera pas trop de temps avec lui, vu le temps qu’ils mettent à nous le dévoiler. Mais bon… On apprend donc qu’il fixe un RDV de St Valentin à Hannah, pour mieux la planter. Quant à Hannah, elle aurait clairement préféré passer sa St Valentin avec Clay, mais bon, ce type est un tel boulet qu’il ne lui a pas proposé alors.

Marcus finit par la retrouver avec une heure de retard et surtout quatre de ses amis. Aussi drôle soit-il, il n’est surtout pas bien subtil et tente de la convaincre de brûler toutes les étapes. La pauvre subit donc une nouvelle agression sexuelle, et ça commence à faire beaucoup puisque j’ai enchaîné ces six épisodes en une soirée.

Clay passe son épisode avec Sheri et tout le monde les étiquette comme un couple, Skye (la serveuse tatouée du Monet qui avait un crush sur lui), Tony (qui a donc bien un copain, plus âgé apparemment) et la mère de Clay (en même temps, ramener une nana chez lui, il cherche). Et tout le monde semble avoir raison, parce qu’ils finissent effectivement par s’embrasser.

Pas de bol, la gentille Sheri cache évidemment elle aussi un noir secret : elle a une cassette rien que pour elle et ne veut pas que Clay les écoute. Partant de là, il pète un peu son câble (mais on le comprend).

Sa mère finit par le confronter, mais cet imbécile continue de ne rien dire et elle reste sacrément passive face aux conneries que lui sort son fils.

Sur une note plus accessoire : Jessica et Justin s’embrouillent une nouvelle fois et celle-ci décide donc de se saouler un bon coup pour oublier tout ça. C’est du beau. Quant à Alex, son étrange père le félicite pour son comportement. Ben oui. L’épisode s’achève de manière bien dépressive cette fois.

J’accroche toujours, mais ces deux derniers épisodes m’ont paru un peu en-dessous le reste de la saison, étirant l’histoire de manière pas toujours subtile et accusant toujours plus de personnages pour le principe d’accuser d’autres étudiants.

Il est bien tard et j’arrête là mon premier marathon, d’autant qu’il n’y a pas de cliffhanger, donc ce n’est pas insoutenable. S’il n’était pas si tard, je continuerais probablement à regarder, car je suis vraiment pris dans l’intrigue malgré tout et j’ai de nombreuses questions en tête !

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Capture d'écran 2017-04-03 21.01.01.pngÉpisode 7 – Tape 4, Side A – 16/20
That girl was too much

Cet épisode commence par nous dire qu’il sera un peu moins percutant, c’est sympathique comme idée. C’est un épisode sur la solitude qu’Hannah nous propose, c’est sympa et ça promet, avec la mère de Clay qui dès le départ gaffe en décrivant la mort d’Hannah devant son fils.

Au lycée, Clay tombe sur une nouvelle qui utilise le casier d’Hannah. Ah un nouveau personnage qui n’a rien à voir avec les K7, ça peut être sympa. Du côté des K7, Clay sent qu’il écoute enfin la sienne, mais Hannah garde secrète l’identité de la personne qu’elle compte dénoncer. Pourtant, il est assez vite évident que ce n’est pas Clay qu’elle vise, mais Zach. C’est effectivement le cas et du coup Clay se décide à écouter plus rapidement que d’habitude l’enregistrement d’Hannah. C’est une bonne chose.

Zach se présente donc comme un type plutôt charmant qui prend soin d’Hannah après l’agression de Marcus. Seulement, c’est intéressé et Hannah pète un câble, ce qui est plus ou moins légitime (disons que vu les sept premiers épisodes, ça l’est, mais qu’elle canalise pas mal de haine contre Zach qui jusque-là n’a pas franchement fait grand-chose de mal ; à part être maladroit).

Jess continue de partir en vrille sur l’alcool, poussé au vice par Clay. Mon dieu, il y a beaucoup trop d’interactions entre tous ces gens qui n’avaient rien à voir dans le pilot ! En même temps, c’est plutôt une bonne chose pour le réalisme de cette histoire, parce que je ne connais aucun lycée où tout le monde ne finit pas par se mélanger comme ça.

Quant à Clay, plus les épisodes avancent, plus il dérape. Chaque destinataire des cassettes devient l’objet de sa haine et de ses hallucinations. Et en plus, il est encouragé par Skye dans sa colère. Le vrai problème de celle-ci, c’est que si sa K7 l’attaque, il va être fichu de s’en prendre à lui-même. Surtout qu’on sait bien qu’il a eu des problèmes psychologiques aussitôt par le passé. Allez, il nous enregistre des K7, se suicide et on a une saison 2 avec Skye qui s’en prend à tout le monde. Non ?

Bon OK, Zach balance Clay qui a rayé sa voiture de riche et Clay se retrouve une fois de plus puni (mais quand on voit l’effet des punitions sur lui de toute manière). Évidemment, Hannah se trompe sur Zach en le mettant dans son viseur alors qu’il est définitivement un gars bien incapable d’agir correctement. Il a en fait gardé la lettre qu’elle lui avait écrit et qu’elle lui reprochait d’avoir jeté. Une fois de plus, Hannah nous est présentée comme une narratrice avec ses défauts, sans grande surprise.

Du coup, Clay rend les K7 à Tony et finit par péter un nouveau câble lorsqu’il fait visiter le lycée aux nouveaux. Il en dit beaucoup trop, présentant Hannah et accusant l’école de pousser ses étudiants au suicide sans s’en préoccuper. Parfait.

Cela relance la série et est clairement le cliffhanger de mi-saison que j’ai eu la présence d’esprit d’éviter hier soir quand il était 2h du matin et que je n’aurais pas été sérieux d’enchaîner.

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Capture d'écran 2017-04-03 21.04.07.pngÉpisode 8 – Tape 4, Face B – 16/20
It’s about protecting ourselves.

Porter, le psy de l’école, a donc un entretien avec Clay, pendant que de leur côté, les lycéens présents dans les K7 en font autant. Par la suite, Tony embarque Clay dans sa voiture et l’on comprend assez vite qu’il va lui révéler son lien avec Hannah. Son but est de lui faire grimper une falaise pour lui faire découvrir quelque chose sur Hannah. Passionnant. Bon, on nous fait du vieux suspens comme s’ils allaient tomber, mais on sait bien que non quoi. Tout cela nous permet de découvrir enfin le rôle de Tony dans cette histoire. Puisqu’il a toujours été sympa avec elle, elle lui a simplement filé les K7 sans sonner chez lui, et il aurait pu l’arrêter mais il ne l’a pas fait. Quand il a compris ce dont il s’agissait, il était déjà trop tard.

Ce que j’ai préféré dans cette intrigue reste le coming out de Tony qui semble plus surprendre Clay que la révélation sur le suicide d’Hannah. Cela m’a bien fait rire de voir à quel point Clay était encore plus à l’ouest que moi qui n’ait compris qu’il y a quelques épisodes. Il est en tout cas confirmé que Ryan et Tony ont eu une histoire, avant qu’il sorte avec Brad, son copain actuel. Et ben.

Ce n’était autrement pas hyper intéressant dans la mise en place, surtout cette histoire de falaise à grimper pour être prêt. Ils tentent de se justifier alors que… non, mais bon.

De son côté, la mère de Clay découvre qu’il n’est pas à l’école quand elle interroge M. Porter et ça ne lui plaît pas du tout. Elle part en vrille à son tour.

En flashback, on découvre Hannah se rendre compte à un groupe d’écriture où elle retrouve Ryan, le journaliste du lycée. Enfin, elle le retrouve : elle n’était pas au courant pour autant. C’est une fois de plus l’occasion de la voir interagir avec ses parents. Kate Walsh vole un peu la vedette dans cette série, elle n’a pas un rôle principal mais chacune de ses apparitions est parfaitement gérée, particulièrement dans le présent où elle est en deuil.

Cet épisode laisse de côté les K7 puisque Clay ne les écoute pas, pourtant les flashbacks continuent eux. Ryan et Hannah deviennent donc de bons amis, ce qui est une surprise puisque rien ne le suggérait jusqu’ici. En ce qui concerne l’écriture, Hannah est juste une ado un peu dépressive comme les autres, sans surprise mais assez portée sur le sexe tout de même. Ryan adore et le publie dans le journal du lycée, contre son gré. Bien sûr, Hannah le déteste pour ça, et je la comprends, même si les arguments de Ryan ne sont pas faux pour autant.

Enfin, dans le présent, les relations entre Jessica et Justin continuent d’être bien compliquées, surtout quand il s’agit de sexe. Oh le secret entre eux est en train de les pourrir, c’est intrigant.

La conclusion de l’épisode est toute douce après tout ce bazar, mais j’aime d’autant plus ! Clay apporte le poème d’Hannah à Olivia, qui est hyper touchée de retrouver l’écriture de sa fille. Je ne suis pas sûr qu’Hannah serait ravie de savoir que ses parents lisent son poème, mais c’est effectivement touchant, surtout que Kate Walsh m’a encore déchiré le cœur dans cet épisode, à prétendre que sa fille est en vie au restaurant.

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Capture d'écran 2017-04-03 21.07.59.pngÉpisode 9 – Tape 5, Face A – 17/20
I lied. I did know Hannah Baker.

Oh la, cet épisode débute par un avertissement « scènes dérangeantes ». Je crains le pire.

L’épisode débute par un flashback sur la pause d’été et ces imbéciles d’élèves américains qui balancent leur cours dans les airs. Ce sont de belles images, mais purée, ces cours peuvent encore leur servir quoi !

Après l’été, Hannah revient les cheveux courts, et purée ça lui va bien, pourquoi Clay ne dit-il rien ?

Dans le présent, l’alcoolisme de Jess continue encore et toujours. Clay a écouté la K7 suivante sur la fameuse fête de Jessica, mais putain pas nous ! Il est clairement question d’un viol, et ça explique les réactions de Jessica autant que celles de ces « amis ». Le plus étonnant, c’est encore que Marcus annonce à Clay que le pire est à venir avec sa K7.

Le pire, c’est surtout ce qui arrive quand les autres s’en mêlent. Marcus achète donc de la drogue pour piéger Clay. Cela fonctionne évidemment et sa mère est beaucoup trop sympa avec lui. Bon, elle finit par s’énerver un peu, et Clay lui balance une bonne partie de la vérité pour ça. Imaginons ce qu’il se passerait s’il avait une mère normale, qui se serait énervée dès le départ ou inquiétée de la disparition de son vélo. Bref, elle finit par se demander la responsabilité de Clay dans le suicide d’Hannah et je n’ai qu’une chose à lui dire : bienvenue au club !

De son côté, le père d’Hannah n’apprécie pas trop la publication du poème apporté par Clay : il considère que l’école aurait pu comprendre que sa fille était suicidaire. Il le montre donc à Porter, ce qui ne plaît pas trop à Olivia qui comptait sur cet argument pour gagner le procès. En même temps, les flashbacks apportent pas mal de nuances à la perfection de son personnage, car cette fois on la voit négliger sa fille. Ce poème provoque un certain nombre de remous, puisque Ryan se voit interdit de publier son journal. Sympa.

Les flashbacks nous révèlent donc surtout la fête de Jessica, où Hannah découvre que l’hôte sort avec Justin. Et effectivement, Jessica se fait bien violer, une fois qu’elle dort, sous le regard impuissant d’Hannah, par… Bryce. Enfin, impuissant, elle aurait pu réagir probablement, mais c’est vrai qu’on ne sait pas trop comment elle aurait fini quand on voit comment Bryce vire Justin de la chambre. Cela remet en perspective le rapprochement Bryce/Jessica des derniers épisodes.

L’écoute de la K7 par Clay remue bien les choses et il confronte donc Justin qui a laissé Bryce violer sa copine. Justin dit qu’il protège simplement Jessica qui serait dévastée par la vérité. Bien vu. Elle finit en larmes dans ses bras malgré tout.

Le pire dans tout ça, c’est qu’il y a d’autres histoires sur cette fête de Jessica. En tout cas, il était intéressant d’avoir enfin les révélations sur cette intrigue. Cela faisait un moment que le viol de Jessica était évident, mais l’absence de révélation bloquait un peu la série.

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Capture d'écran 2017-04-03 21.10.17.pngÉpisode 10 – Tape 5, Side B – 15/20
Did I kill Hannah Baker?

Bon, l’épisode commence par nous teaser un accident de voiture auquel Clay a assisté. Cela fait clairement suite à la fête de Jessica.

Cette fois, c’est au tour de Sheri de passer en K7. Et pour cause : elle propose de ramener Hannah en voiture. Bien que non-soule, elle a quand même un petit accident et renverse un panneau stop, qui provoque à son tour un plus gros accident, forcément. Bon, ceci explique la culpabilité de Sheri quelques épisodes plus tôt, mais je m’attendais à plus grave vu le reste des K7.

Bon, seulement, pour Sheri, c’est la chose la plus grave de sa vie. Elle s’en tire bien par rapport aux autres, mais Clay la gave quand même car le chauffeur responsable de l’autre accident est reconnu coupable pour avoir trop bu. Admettons que ce n’est pas cool, à première vue, ça ne justifiait pas non plus la place de Sheri sur les K7. On ne se suicide pas pour ça, si ?

Oui, mais en fait, si : le chauffeur alcoolique, c’était Jeff, l’élève du tutorat de Clay. Ceci explique pourquoi il n’est jamais présent en-dehors des flashbacks, au moins, mais comme tout le monde parle d’Hannah sans jamais proposer la moindre référence à Jeff, j’imaginais un déménagement ou quoi. Edit : On vient de m’apprendre que Porter parle de deux morts d’étudiants dans les premiers épisodes. J’ai juste raté la réplique.

Bon alors bien sûr, Sheri est une nana bien qui aide bien le vieillard qui est l’autre victime de l’accident. N’empêche tout le monde pense que Jeff était bourré au moment de sa mort, mais Clay sait que non et il l’avoue à ses parents. Clairement, il remue plus la merde qu’autre chose, une fois de plus, mais c’est une histoire utile. Cela ne colle pas trop avec l’épisode précédent où Clay disait ne pas avoir vu de scènes de crime. Certes, un accident n’est pas un crime, mais bon, c’est tout comme vu la violence que ça a dû être de trouver Jeff.

En parallèle et une fois de plus, Justin fuit ses responsabilités envers Jessica. Pourtant, celle-ci essaye vraiment de savoir ce qu’il s’est passé. Elle pète progressivement un câble, ce qui devient de plus en plus inquiétant pour le personnage et la fin de saison qui approche inévitablement.

Elle se rapproche une fois de plus de Bryce, mais cette fois, c’est plus louche qu’autre chose, surtout quand elle lui montre les flingues de son père.

Enfin, l’intrigue sur le procès continue, avec une confrontation parfaite entre les mères d’Hannah et Clay. Les deux actrices sont brillantes en même temps.

Bon, et je devais m’arrêter là dans mon visionnage, mais on arrive enfin à la K7 de Clay et Tony vient de lui dire qu’il avait tué Hannah alors je pense que je ne peux pas vraiment m’arrêter ici. Pourtant, l’épisode 10 n’était pas franchement le meilleur, alors j’étais préparé… mais là, ce cliffhanger envoie du lourd.

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Capture d'écran 2017-04-03 21.12.47.pngÉpisode 11 – Tape 6, Side A – 20/20
Why didn’t you say this to me when I was alive?

Cet épisode est tout de suite bien plus intense car il apporte enfin les réponses autour de Clay, mais il est surtout frustrant car on revoit Jeff en flashbacks, et c’était un personnage cool. Peu importe, le point central reste Clay, qui s’enfuit avec Tony, apprenant aussi de sa mère les derniers « rebondissements » du procès. J’aime beaucoup la manière dont l’intrigue du procès est gérée du côté de la prof et de Porter d’ailleurs, c’est assez réaliste. Enfin, Clay se fait tirer les cartes par Skye et se brouille un peu avec elle. Rien de transcendant… mais le reste de l’épisode l’est assez pour justifier cette note.

Jessica continue son rencard étrange avec son violeur, dont elle se souvient de plus en plus, en plus. C’est étrange et délicat comme intrigue, révoltant au possible. Justin, lui, se fait virer de chez lui par sa mère. Il finit chez Alex, mais bien sûr quand il apprend ce que fait sa copine, il change d’avis et décide d’aller chez Bryce. Forcément.

Cela permet une confrontation Jessica/Justin absolument affreuse où celle-ci le supplie, à demi-mot, de lui avouer la vérité. Après un moment de déni et d’attente interminable, il finit par le faire évidemment, traitant clairement Bryce de violeur devant tout le monde. Le jeu d’actrice de Jessica est tout simplement criant de vérité, sa détresse est clairement visible et il est tout simplement horrible de supporter cette scène ou celle, plus tard dans la nuit, du SMS de Bryce prenant de ses nouvelles. La thématique n’est pas évidente, elle était abordée depuis quelques épisodes, mais cette fois, on se prend les effets destructeurs en pleine face.

S’il n’y avait que ça, cet épisode serait déjà dur à encaisser, mais il est aussi temps de découvrir enfin les raisons pour lesquelles Clay devrait se sentir coupable, et on va toucher des sujets sensibles là, je sens.

Côté flashbacks, l’ensemble de la soirée recommence et cette fois, Hannah raconte sa perspective de la soirée. Assez vite, oui, on comprend pourquoi elle en veut à Clay : c’est un tel boulet ! Il enchaîne les gaffes avec elle, et ce n’est franchement pas possible d’être aussi à l’ouest, si ? Enfin, au moins, ça rétablit la balance de tous ses ados héros de séries pour qui tout est toujours méga simple.

Le problème, c’est qu’il est incapable de comprendre ce qu’Hannah attend de lui, même si Jeff tente de lui expliquer. Seulement, la simple présence de Jeff dans l’équation dérange Hannah. Cela peut se comprendre, mais justement, je trouve qu’Hannah n’est pas forcément compréhensive avec lui. Elle attend énormément de lui, comme elle attend énormément de tous les gens autour d’elle. Finalement, ce que cette série raconte, c’est l’histoire d’une jeune fille fragile qui attend des autres une perfection qu’ils ne peuvent lui apporter et qui la déçoivent en étant tous, plus ou moins, bourrés de défauts.

Le défaut qu’elle reproche à Clay, néanmoins, est certainement le moins justifiable de tous : elle lui reproche simplement d’être humain, d’être inexpérimenté, de ne pas la comprendre. Et c’est là que j’ai beaucoup de mal avec la série – et avec Twitter, et avec la vie, en général.

Le point central de cet épisode, ce sont les baisers et le début d’une relation intime entre Clay et Hannah. Et alors que tout se passe bien, cette dernière sent subitement les différentes agressions sexuelles dont elle a été victime lui revenir. Incapable d’en parler ni de continuer, elle demande à Clay de s’arrêter et de s’enfuir.

Et il s’enfuit, sans comprendre ce qu’il se passe et probablement tout aussi détruit qu’Hannah par ce revirement de situation.

Pour la défense de Clay, je veux souligner que ses deux scènes de presque-sexe (avec Sheri, avec Hannah) dans la série ont commencé par une demande de consentement de sa part : « Is this OK ? ». C’est tellement rare de voir ça à la télévision alors que c’est d’une importance sans nom. C’est donc à tous les égards un type bien, et il n’a pas le syndrome du Nice guy ni quoique ce soit de ce genre que Twitter nous étiquette toujours. Non, c’est juste un ado normal qui découvre les choses de la vie, vraiment.

Et Hannah le sait. Mieux, elle le dit elle-même. Pourtant, Tony, a l’épisode précédent, considère que c’est Clay qui a tué Hannah. Clay lui-même semble en arriver à cette conclusion. Mais non. Ce qui tue Hannah, c’est qu’elle est incapable de communiquer. Sur cette scène en particulier, la réécriture est assez clair : Clay aurait pu faire quelque chose pour lui parler. Oui, il aurait pu. Cela dit, pourquoi le devrait-il, après tout ? Comment pouvait-il le savoir (étant donné son âge, son expérience, etc.) ? Et surtout, comment Hannah peut-elle en attendre autant de lui sans chercher à savoir son point de vue ?

Ce qui m’énerve le plus, c’est la culpabilité que ressent Clay, au point d’envisager lui-même le suicide. Ce qui m’énerve, c’est qu’à aucun moment Clay a fait quelque chose de mal, il a simplement respecté ce qu’elle lui demandait. On arrive à un cas où un « non, va-t’en » serait un « oui, reste ». Un non est un non, et Hannah qui lui reproche de l’avoir respecté est vraiment dérangeant. Clay qui se sent coupable, et qui est entretenu dans sa culpabilité par Tony (et par les autres personnages considérant que « ce sera pire quand il en sera à sa K7 »), c’est une aberration.

Responsable, mais pas coupable.

Et encore, responsable ? Ce n’est pas si évident. Les problèmes de communication rencontrés par Clay n’ont pas à être reproché à celui qui voulait être le plus proche d’elle. OK, il déconne en n’étant pas parfait, mais l’attente d’Hannah était juste irréaliste.

Cependant, du point de vue de Clay, cette scène n’est-elle pas aussi dévastatrice ? La fille que tu aimes qui te rejette sans raison explicite, avec violence et qui fuit les explications par la suite, au point d’aller se suicider (bon, il reste une cassette cela dit), c’est hyper destructeur aussi. Je la trouve bien plus coupable du mal qu’elle peut faire à Clay que Clay n’est coupable du sort d’Hannah.

Alors, certes, il aurait pu être là pour elle. Il aurait pu la comprendre. Il aurait pu trouver les mots pour la faire parler et les choses auraient été différentes. Cependant, je ne vois toujours pas en quoi il est une raison de son suicide. Elle n’a jamais été capable de lui dire tout ça en vrai ? Pourquoi enregistrer treize putain de K7 quand elle aurait pu aller (lui) parler ?

Si Clay avait eu une personnalité un peu plus fragile (et on sait qu’il a pris des médicaments avant quand même), il aurait pu tout autant souffrir de la situation, au point d’aller se suicider aussi, non ?

Sans pour autant être dans un cycle de victimisation constante, Hannah s’isole d’elle-même dans la majorité des situations. Les gens disent d’elle qu’elle cherche et provoque le drama et, d’une certaine manière, ils n’ont pas tort. Elle est incapable de communiquer sur ses besoins et désirs, elle se renferme sur elle à tous les problèmes et enchaînent les quiproquos avec tout le monde.

Bien sûr qu’elle ne cherche pas ce qui lui arrive, qu’elle ne le mérite pas, ni qu’elle le provoque volontairement, c’est un peu exagéré de dire ça. Seulement, son manque de communication, elle en est responsable autant que les gens qu’elle vise, et ça m’a vraiment dérangé, car finalement, ces harceleurs n’ont pas toujours entièrement tort. Sans même s’en rendre compte, Hannah attire à elle les emmerdes et choisit de les voir selon la mauvaise perspective.

Du coup, cette scène de révélations est révoltante, ce résumé d’épisode plus long que les autres, mais il y a tant de choses à en dire ! Pour la note, j’ai longuement hésité, mais finalement, il faut bien reconnaître que les scénaristes gèrent la chose à merveille : l’écriture est puissante, bien mise en place et ne laisse pas indifférent. Cet épisode est dérangeant, mais il reflète une réalité que je n’aime pas, qui est que des Hannah, il en existe des tas, des Clay, aussi ; et des dérapages, des suicides, ça s’explique aussi comme ça.

Et j’ai fini cet épisode dans le bus puis le RER, je ne vous explique pas mon état d’énervement. Heureusement, j’avais une bonne pause avec mes meilleurs amis ensuite.

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Capture d'écran 2017-04-03 21.16.52.pngÉpisode 12 – Tape 6, Face B – 17/20
Did you rape Hannah Baker?

J’ai donc repris la série seulement le lendemain. Et c’est tant mieux. J’aurais autrement enchaîné et peut-être pas digéré les informations de la même manière. J’étais surtout énervé à la fin du onzième, alors que j’étais un peu plus compréhensif en reprenant le lendemain. Le message était passé. La raison d’Hannah, je l’entends, mais je ne l’approuve pas. C’est la sienne, elle a vécu avec et elle l’impose aux autres. De là à voir Clay comme un bourreau, je n’y arrive pas, mais il faut reconnaître qu’il a été incapable de l’aimer comme il aurait fallu.

Il se passe encore beaucoup de choses dans cet épisode, que j’ai commencé dans le bus, pour changer. Justin se confronte de nouveau à Jessica, qui ne lui pardonne pas son silence. Oh, bien sûr les raisons de Justin s’entendent, mais elles sont toutes ridicules par rapport à la gravité du viol. Justin a merdé sur le moment et a merdé en cherchant à se protéger lui-même plus qu’il n’a protégé Jessica. C’est tout. Nous sommes loin de la demi-teinte du Clay/Hannah, mais bien dans la culpabilité pure et simple. Là encore, la série vise juste : le personnage de Justin est crédible, mais il n’est pas excusé, ni repenti. Il doit apprendre à vivre avec son erreur et grandir de celle-ci, en sachant qu’il a ruiné Jessica au passage.

Maintenant qu’elle sait la vérité, celle-ci arrête de se détruire avec l’alcool. Il lui reste encore à se reconstruire et en un épisode, ce n’est pas gagné.

Pour ne rien arranger, tous les lycéens sont rattrapés par le cliffhanger de l’épisode précédent : il est temps pour eux de recevoir des convocations à aller témoigner. Ils se réunissent une nouvelle fois au Monet. C’est plus ou moins censé être un truc secret et, dans tous les cas, ça aborde un sujet sensible, mais ils font ça au calme dans un café désert où la serveuse est une lycéenne comme eux. C’est un peu abusé. La scène est néanmoins plutôt bonne, avec une absence de Sheri qui préfère se dénoncer et une Courtney qui n’assume toujours pas son homosexualité, préférant encore nier l’évidence du viol de Jessica.

Courtney ne s’arrange pas dans cet épisode et elle fait tout autant de dégâts que les autres dans le harcèlement à nier l’évidence. Cette fois, pourtant, elle est corrigée par les autres et ça fait du bien, même si je n’aime pas la manière dont elle canalise leur haine. Elle finit par faire son coming-out à son père, même si on n’en sait pas beaucoup plus.

Pendant ce temps, les parents d’Hannah continuent de se déchirer et de ne pas se remettre, ce qui est toujours aussi dur à voir et extrêmement bien joué par les deux acteurs. Olivia tente de comprendre pourquoi Tony est sur la liste de sa fille, qu’elle a trouvé à l’épisode précédent et que l’on sait être la liste avec laquelle elle a réussi à faire ses cassettes. Clay se rend dans leur épicerie pour acheter du vernis, hmm.

En flashback, nous reprenons la vie d’Hannah après tout ça, et elle ne va pas super bien, forcément. Elle s’engueule rapidement avec ses parents, puis finit par aller faire une marche dans son quartier. Seulement, elle marche des heures et des heures, parce qu’elle ne va pas bien et qu’elle n’a toujours personne à qui parler. C’est là le plus grand mal d’Hannah et la vraie raison de son suicide : sa solitude, ce silence dans lequel elle est isolée.

De son silence, elle est sortie par les sirènes des bruits d’une fête. Chez Bryce. Bien joué. Elle le dit elle-même : elle devrait savoir qu’il ne faut pas y aller. Oui, mais elle y va quand même, parce que c’est comme ça, il y a toujours l’envie d’un bon moment entre amis, malgré l’alcool, malgré les dysfonctions existantes.

Les choses prennent un mauvais tournant : elle accepte de se rendre dans le jacuzzi avec les autres et finit par s’y retrouver seule avec Bryce. Oh, je le sentais venir, surtout que le nom de celui-ci est entouré plusieurs fois sur la liste d’Hannah. Je le sentais venir et je le sentais mal, mais en même temps, sur mon téléphone portable, je n’ai pas eu d’avertissement en début d’épisode, donc je me rassurais en me disant que je l’aurais eu si l’histoire se dirigeait par là.

Et bien non, Netflix ne prévient pas, mais oui, il y a un viol dans cet épisode. Et puisqu’il se produit sans le moindre avertissement, je l’ai trouvé plus violent à voir que celui de Jessica. Je ne dis pas que celui d’Hannah est plus violent, un viol est un viol. Seulement, pour celui de Jessica, en tant que téléspectateur, on a le temps de s’y préparer, on le devine plusieurs épisodes avant, on s’attend à ce que ça arrive, on est prêt à être horrifié – de manière cathartique.

Pour Hannah, je trouve qu’il n’est pas vraiment annoncé avant, qu’il constitue la goutte d’eau finale.

Dans le présent, Clay se rend donc chez Bryce avec l’excuse qu’il veut acheter de la drogue, quand tout ce qu’il cherche est l’aveu de celui-ci. Il y va fort avec ses questions, et ça sent l’enregistrement, puisqu’il se laisse tabasser pour avoir cet aveu de viol.

L’aveu est peut-être la scène la plus dure de la série jusque-là, plus que les deux viols précédents et la K7 de Clay, parce que Bryce refuse de l’appeler un viol. Pour lui, il n’a fait que répondre à la demande d’Hannah, qui après tout était en sous-vêtements dans son jacuzzi. Le personnage est à vomir, mais le plus terrifiant est encore qu’il sonne juste et crédible, réel. Violent.

Et comme si cela ne suffisait pas, on voit Tyler acheter ce qui ressemble à un flingue et le cliffhanger final nous révèle qu’un ado est entre la vie et la mort, suite à une blessure par balle au crâne.

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Capture d'écran 2017-04-03 21.19.14.pngÉpisode 13 – Tape 7, Face A – 18/20
It’s powerful. And painful.

C’est déjà le dernier épisode, et je ne suis pas prêt si je suis sincère. Entre la série qui affronte des sujets durs et violents, mon challenge qui patine un peu et le fait que j’adore vraiment, alors je n’ai pas envie de dire au revoir à ces personnages.

L’épisode nous montre désormais les dépositions de chacun (enfin pas Ryan il me semble, je le trouve incroyablement mis de côté depuis le début) et je comprends assez vite qu’il s’agit là de conclusions pour eux. Je suis très mitigé sur ce point, car je trouve que ça ne développe pas assez les conséquences de tous leurs actes. Tyler qui balance l’existence des K7 est une excellente chose, de même que le mensonge de Jessica qui nie les avoir eues.

J’ai aimé avoir enfin une scène où Justin prend ses responsabilités en main et décide d’arrêter de parler à Bryce, qui se découvre dans la merde. C’était nécessaire. Justin se voit offrir une conclusion assez satisfaisante.

En parallèle et sans surprise, Clay a bien enregistré les confessions de Bryce, c’était assez évident. D’un point de vue technique, je n’ai pas trop aimé le maquillage de Clay dans cet épisode, j’ai eu l’impression que ses contusions au visage bougeaient un peu en fonction des scènes et ça cassait l’effet de réel. Enfin, bon. Le début de l’épisode est moins prenant, ce qui est dommage pour une fin de saison (et peut-être bien de série).

Pourtant, ça avance mieux quand on arrive enfin à la 13e raison pour laquelle Hannah décide de se suicider : Porter. Ils ont d’abord tenté de nous faire croire à une histoire d’argent perdu, mais bon, ce n’est finalement qu’un détail par rapport à Porter (mais chaque détail à son importance, cela dit).

En flashback, on la voit venir se confesser à Porter, qui avait tous les éléments en main depuis le début. Quel connard ! C’était probablement prévisible et obligé, mais je n’y ai jamais réfléchi à ce point, vu que j’ai tout enchaîné.

Et forcément, en très mauvais psy, il se comporte comme s’il voulait faire parler Hannah, mais se contente de blâmer la victime d’un viol avoué à demi-mots. Une fois de plus, Hannah ne parvient pas à communiquer, à mettre les mots sur les choses et cela se retourne contre elle. Seulement, cette fois, elle a raison : c’est à l’adulte d’agir en conséquence par rapport aux aveux qu’elle lui fait. Et non, il lui fait du slut shaming, pose toutes les mauvaises questions et finit presque par un « you can move on ». Non, justement, elle ne peut pas passer au-dessus de son viol. Car c’est bien un viol, même si elle n’a pas dit non (en même temps, elle a cherché à s’enfuir et a dit « stop », pour moi, c’est un non, contrairement à Hannah qui répond qu’elle n’a pas dit non et s’arrête là).

Bref, cet épisode possède encore une scène beaucoup trop violente à voir, où Porter s’avère être l’un des pires personnages finalement. Cela apporte une nuance appréciable, il n’y a pas que les ados qui sont perdus dans cette série, les adultes sont tout autant à blâmer, incapables de contrôler ce qu’il se passe sous leurs yeux.

Sur une note plus terre à terre, Tony fournit quand même un excellent micro à Hannah et Clay, parce que moi perso, si j’essaie de faire ça avec le micro dans le sac comme ils font, ça ne fonctionne pas. Et aussi, c’est le genre d’appareil qui fait un bruit d’enfer normalement, mais bon.

De son côté, Tony décide de donner les fichiers audio aux parents d’Hannah, comprenant que ce n’est pas sain de les garder secrets et qu’il faut que la vérité sorte. La performance de Kate Walsh est une fois de plus exceptionnelle dans cet épisode, que ce soit dans son attente de l’écoute, dans son refus de forcer Jessica à parler (mais elle avoue malgré tout à son père son viol en fin d’épisode) ou dans la découverte du corps de sa fille.

Oh. Oui. Hannah se suicide dans cet épisode et nous avons droit aux images douloureuses. Et après tout ça, après découverte de toutes ses raisons, des valables (Bryce, Porter) aux moins valables (Clay, Zach), je ne peux m’empêcher de remarquer que je ne comprends toujours pas. J’aurais envie de l’empêcher de se suicider et je suis frustré de tous les non-dits qui entoure la mort de ce personnage. La violence de la scène du suicide est incroyable, il est cru, on en voit beaucoup et il n’y a pas le moindre regret de la part d’Hannah.

Et la découverte du corps par les parents me file encore des frissons.

J’adore la décision finale de Clay qui laisse les K7 à Porter en lui laissant choisir ce qu’il souhaite en faire ensuite. Il a fallu que la production parvienne ensuite à m’achever avec l’utilisation de la reprise d’Only you. Je lui préfère la version originale de Yazoo, mais cette reprise par Selena Gomez (qui produit la série quand même) me porte de manière tout aussi juste.

Et puis, Clay qui décide de parler à Skye, de communiquer enfin, c’est un beau message porteur de pas mal d’espoir pour tous ces lycéens incapables de parler. Une fois de plus, la conclusion m’apparaît évidente : pour désamorcer tout ça, rien ne vaut le dialogue.

Nous en arrivons alors à la fin, que je n’ai pas aimé du tout. On apprend qu’Alex est entre la vie et la mort. C’est inattendu, mais c’est lui qui s’est pris une balle dans le crâne. Le montage suggère que c’est Tyler qui s’en est pris à lui, mais ce n’est pas clair. Pourquoi commencer par Alex, qui reste l’un des moins connards de la série ? Et surtout pourquoi ce flashback du moment où il est sympa avec Tyler plutôt que du moment où il l’envoie chier ? Je n’ai pas trop aimé cette ouverture. Edit : Je viens de visionner le reportage « Beyond the Reasons », également sur Netflix, et il y est confirmé qu’Alex fait une tentative de suicide. Je continue d’être intrigué par le choix de ne pas le montrer à l’écran et par celui de finir sur Tyler qui retire sa photo. J’ai l’impression qu’il y a une piste volontairement ouverte pour une saison 2 ?

De manière générale, je n’ai aimé aucune des ouvertures de la série qui ne prend pas le temps de traiter les conséquences. On a l’histoire des K7, mais pas celles des personnages qui ont pourtant pris le pas sur l’écoute des K7 (la voix d’Hannah n’étant plus vraiment fil conducteur sur les derniers épisodes). Les parents écoutent les K7, c’est bien, mais ça n’apporte rien comme conclusion, pas plus qu’on ne voit les conséquences judiciaires pour Bryce ou pour Sheri, ou les conséquences du coming-out de Courtney, etc.

C’est exactement la raison pour laquelle je déteste les films habituellement : on nous développe des histoires qui ont énormément de potentiel pour une suite, mais on s’arrête une fois qu’on est investi. Là, la série ne fait pas autre chose : on s’investit dans ces personnages (et ils sont nombreux) et il faut tourner la page comme ça. Tourner la page, oui, après tout, c’est adapté d’un livre. Cela ne m’aurait pas dérangé pareil venant d’un livre, c’est vrai, je suis plus tolérant avec un livre. Seulement, j’attends d’une série qu’elle me raconte toute l’histoire.

J’aime les fins ouvertes, si les pistes sont claires et que j’ai l’impression d’avoir fait le tour des personnages. Ce n’est pas le cas ici : il y a des choses non explicitées et des personnages dont on n’a fait qu’explorer la surface. Et j’écris tout ça en envisageant cette fin de saison comme une fin de série. C’est adapté d’un film et je ne sais pas s’ils oseront proposer une saison 2, alors je le vis pour l’instant comme une fin.

Une fin à la Roswell, avec Skye, Clay, Tony et le copain de ce dernier dans une voiture. Mouais.

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EN BREF – 13 Reasons Why est une excellente série avec des performances de dingue. Malgré quelques longueurs, la série reste de qualité constante, aborde des sujets compliqués et le fait bien. Les adolescents mis en scène sont déjà confrontés à des problèmes d’adultes. La fin est néanmoins trop ouverte et je serais presque partant pour une saison 2, même si je doute qu’il y ait matière à faire ça.

Ce que j’en retiens surtout, c’est l’agilité à traiter de sujets que je ne vois que rarement abordé de manière aussi juste. Ces épisodes ressemblaient beaucoup à un long fil twitter un peu rageux. Le point de vue d’Hannah ne peut être le mien, son manque de communication, sa solitude qu’elle s’impose, sa vision noircie des choses ne sont pas la manière dont je souhaite voir le monde. Seulement, des gens comme Hannah existent, les problématiques auxquelles elle est confrontée existent et qu’une série se propose d’y réfléchir comme ça est une excellente chose. Vraiment. C’est une belle ouverture au débat et à la dénonciation de problèmes de société. Allez, je m’arrête là, cette conclusion s’appelle « en bref », et ceci est quand même ma treizième page Word. Oui, 13 pages pour développer les 13 raisons du suicide d’Hannah, ça ne s’invente pas.

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