The Last of us – S02E01 – Future Days – 15/20

La reprise se fait tout en douceur. S’il y a bien un peu d’action et de bonnes pistes pour la suite, j’ai trouvé que l’épisode avait tout de même ses lenteurs et ne parvenait pas à m’intéresser à la (nouvelle) vie de tous ses personnages principaux. Ajoutez à ça qu’un personnage que j’adore s’avère parfaitement insupportable à plein de moments, et ça me laisse un arrière-goût un peu désagréable comme reprise.

Spoilers

Cinq ans plus tard, Joel et Ellie ne se parlent plus tellement – même s’ils vivent ensemble.

When we kill him, we kill him slowly

OK, quel plaisir de retrouver le logo HBO au début d’une série. Cela fait si longtemps que ça ne m’arrive plus que ça m’a renvoyé des flashbacks de True Blood. Malheureusement, The Last of us n’a pas su capitaliser sur un si bon générique (les quelques notes de musique sont tout de même efficaces, même si je ne les connais pas encore par cœur en vrai). En plus, la saison a la mauvaise idée de reprendre là où la première s’était arrêtée, sans résumé. Bordel, votre épisode fait une heure, réintroduisez un minimum les choses, non ? Ellie demande donc à Joel de confirmer ce qu’il vient de lui dire.

Il le fait, et il lui ment évidemment, ne révélant pas que sauver sa vie a coûté quelques autres vies au passage. Une broutille après tout.

On nous introduit ensuite des nouveaux personnages avec que des acteurs dont je connais le visage (Danny Ramirez ! Tati Gabrielle !), ça m’a tellement perturbé. Le problème, c’est que ces nouveaux que j’ai envie d’aimer sont en fait les ennemis de nos héros : Abby (incroyable dans le film No One Will Save You) n’a qu’une seule obsession en tête, celle de retrouver Joel pour le tuer. Et elle entraîne tout le groupe dans son délire. Ne peuvent-ils pas se contenter d’être en deuil et de profiter des girafes qui passent par ici ? Non. Abby veut le tuer, et elle veut le tuer lentement pour plus de drame. Allez. Il faut en comprendre qu’ils sont les derniers Fireflies encore en vie à proximité de l’hôpital. Il aurait pu tuer tout le monde quand même Joel ! Mais non… Tant pis, c’est parti pour une mort lente !

Tellement lente que la série s’offre ensuite le luxe d’une ellipse temporelle de cinq ans. Oui, oui, la saison 2 va donc se dérouler cinq ans plus tard (qui cherche encore à se venger après tant de temps ?). Ellie n’a pas tellement grandi, je trouve, mais elle a appris à se battre. Elle est plutôt badass et parvient à mettre KO son opposant dans un combat joliment chorégraphié. Sans trop de surprise, on nous révèle qu’elle n’était pas en vrai danger, mais qu’il s’agissait là d’un entraînement, entraînement lors duquel son opposant retenait même ses coups, parce que eh, faudrait pas que Joel s’en prenne à ses entraîneurs.

Ellie se barre énervée par la situation, et c’est l’occasion pour nous de découvrir que nous sommes à Jackson, dans le Wyoming. On retrouve ainsi des paysages enneigés et une civilisation post-apocalyptique qui semble avoir trouvé le moyen de se reconstruire. Inévitablement. Pour se protéger, Ellie apprend même à tirer telle une sniper sur des zombies au loin dans la vallée. Elle apprend au passage que Joel s’inquiète vraiment pour elle grâce à Tommy, qui lui confie son nouveau poste pour la communauté : elle va devoir monter la garde.

Cela ne lui plaît pas du tout et elle mène ainsi la vie dure à Tommy. Elle a l’air particulièrement insupportable maintenant qu’elle est « adulte », faisant pression sur Tommy jusqu’à ce qu’il accepte de la remettre dans l’équipe de la patrouille – malgré un incident récent (qu’elle a tout de même géré, hein). Cette phrase est tellement à rallonge, mais écoutez, j’essaie de me replonger dans la série sans trop me concentrer sur Ellie qui hurle qu’elle est immunisée au beau milieu de la montagne.

De son côté, Joel vit dans une maison apparemment sans chauffage et fait quelques réparations électriques en compagnie d’une jeune femme (encore une actrice que je connais, tiens), Dina. Tout semble bien se passer avec elle, d’autant plus qu’elle est la meilleure amie d’Ellie et qu’elle le connaît hyper bien. Eh, il lui confie même qu’il voit une psy.

Il passe ensuite du temps avec sa belle-sœur, Maria, qui nous confirme ce qu’on a vu en début d’épisode : il y a plein de nouveaux habitants à Jackson, tellement en fait, qu’ils ne peuvent pas construire assez vite. Qu’importe, Joel passe quand même du temps avec son neveu. Tss, Joel a tout du daddy désormais.

Après tout ça, Joel rend visite à une femme, Gail, qui lui sert un peu de whisky parce que c’est son anniversaire et est d’accord pour l’écouter raconter sa vie contre un peu d’herbe (oui). Et oui, c’est elle la psychothérapeute de Joel. On a beau nous avoir dit qu’il en avait une, je n’étais pas préparé pour une saison 2 qui passe du temps à nous présenter un Joel en thérapie.

Cela dit, ça a un avantage : ça permet de mieux comprendre les relations de Joel et Ellie après cinq ans. C’est ce que j’imaginais du moins, mais finalement la psy déteste son patient et n’hésite pas à le lui faire savoir en lui expliquant que son problème est le même que tous les pères. Bref, il n’est pas très intéressant, puis en plus, il est quand même le connard qui a tué son mari qui lui manque – même s’il était infecté et que Joel n’avait pas trop le choix de ne pas lui tirer dessus. C’est inattendu comme session.

On apprend aussi qu’Ellie vit désormais dans le garage de la maison où habite Joel. C’est un garage sacrément bien aménagé, donc ça peut se comprendre. Ellie, aussi insupportable soit-elle, reste un personnage hyper appréciable (interprétée par une excellente actrice surtout) : je suis donc content de voir se mettre en place un flirt avec Dina. Ce n’est pas forcément hyper subtile quand elle l’aide, mais ça fait plaisir.

Bref, elles partent ensemble en patrouille. C’est l’occasion pour nous de voir comment s’organise Jacksonville, une fois de plus, et d’avoir des effets spéciaux pas toujours subtils non plus (y a des fonds verts qui se voient pour ce qu’ils sont ; et c’est dommage pour une série de cette qualité, non ?). Les filles ne font pas preuve d’un grand sérieux quand il faut écouter les consignes ou se déplacer en silence le long du chemin.

Dina papote beaucoup avec Ellie, et elle parle surtout de relations amoureuses : la sienne avec Jesse, qui semble être une relation faite de ruptures, celle potentielle d’Ellie. En vain. Ellie est clairement « sur quelqu’un », mais ce quelqu’un, c’est Dina. Faut dire qu’il y a de quoi : outre le sourire craquant, elle est marrante et plutôt intrépide Dina. Elle n’hésite donc pas à suivre Ellie contre les ordres de la leader de la patrouille quand le groupe trouve du sang dans la neige.

Plutôt que de faire demi-tour comme elle le devrait, Ellie fonce tête baissée. Cela permet de découvrir ce qu’il s’est passé : elles remontent la piste jusqu’au cadavre d’un ours qui a aussi déchiqueté quelques humains au passage – zombies ?

Ellie est tellement insupportable ! Non contente d’avoir trouvé l’origine de l’ours, elle insiste pour aller voir ce qui a réussi à le tuer ensuite. Cela permet bien sûr de nous proposer quelques zombies pour l’épisode, alors c’est bien, mais ça se fait encore et toujours contre les ordres et les règles de sécurité imposées. Elle parvient même à convaincre Dina de la suivre dans toutes ses conneries. Pourquoi se comporte-t-elle comme une ado en pleine crise alors qu’elle est supposée avoir 19 ans ?

Allez, au moins, on a une scène à suspense lorsqu’elles fouillent le bâtiment à la recherche des zombies qui font tant de bruit à crier. Cela me permet aussi de me souvenir un peu mieux des règles les concernant (notamment leur cécité ou leur réaction au bruit). Dina et Ellie font donc face à un zombie, qu’Ellie élimine seule sans trop de problème. Tout va trop bien cependant et on devine assez vite que ça ne va pas durer : Ellie passe ainsi à travers le sol. Elle survit à sa chute sans rien se casser, ce qui est un peu gros, mais soit.

Cela lui permet de continuer d’explorer toute seule le bâtiment qui est un supermarché à l’abandon. Pendant ce temps, Dina cherche un moyen de la faire remonter à l’étage. Alors qu’Ellie se met à lire un magazine people de l’époque, on voit passer un animal derrière elle. Elle finit par entendre du bruit et craindre de ne pas être toute seule. La série sait à peu près maintenir son ambiance de suspense, c’est déjà ça. En revanche, et comme en saison 1, ça me donne plutôt l’envie de jouer au jeu vidéo quand certaines scènes semblent être des adaptations fidèles – je veux dire ce côté exploration… bordel, ça va plus vite dans un jeu vidéo, non ?

Ellie finit par tomber sur un étrange zombie qui ne cherche pas du tout à lui courir après. Non, en fait, la femme s’enfuit quand Ellie la provoque pour la faire venir à elle. Ce n’est pas une attitude hyper commune pour un zombie.

Ellie finit par se faire avoir comme une bleue, mais il faut dire que la zombie est maligne au point de se planquer et d’attaquer par derrière. Il y a même un jumpscare bien foutu au milieu de tout ça, histoire de nous rappeler que nous sommes dans un jeu d’action. Pardon, une série d’action. L’attaque de la zombie est efficace et lui permet de désarmer, puis mordre Ellie. J’espère qu’elle a savouré son croque-madame, parce que ça ne dure pas : Ellie a un deuxième pistolet dont elle se sert pour la tuer définitivement.

Dina revient juste après et ne se rend pas compte de la morsure d’Ellie. Pas grave, vous me direz, elle est immunisée. Bien sûr, il faut ensuite rentrer en ville et expliquer tout ce qu’il s’est passé. Ellie et Dina passent devant le conseil de Jackson, avec Tommy et Maria qui posent des questions pour tout comprendre. Ils sont surpris par la déclaration d’Ellie que la zombie à qui elle a fait face était plus intelligente que les autres – mais ils la croient. Il y a bien sûr un problème avec son non-respect des autorités, mais c’est à peu près tout.

Les filles s’en tirent avec un simple rapport à faire à Jesse et des excuses à la leader de leur patrouille. Ellie peut donc rentrer chez elle au plus vite pour s’occuper de sa morsure. Est-elle toujours immunisée ? Le suspense est là. Elle s’arrange pour agrandir sa plaie, histoire que ce ne soit pas trop visible qu’il s’agisse d’une morsure, puis elle la recoud par elle-même. Incroyable.

Le soir, elle écrit alors dans son journal intime – mais elle se contente des jeux de mots de Dina. Elle est interrompue par Joel qui lui propose de venir à la soirée du Nouvel an. Eh, ça fait du bien de les revoir ensemble, mais ça serait sympa aussi d’avoir un enjeu bien clair pour la saison. Pour l’instant, néanmoins, ce sont des retrouvailles et il faut se contenter du réveillon pour passer en 2029. Ellie passe la soirée à mater Dina qui danse avec un homme qui n’est pas Jesse. Ce dernier informe Ellie qu’il ne se remettra pas avec Dina – et si elle s’en étonne, la conversation est ensuite vite interrompue par l’arrivée de Dina. Cette dernière, complètement bourrée, se lance alors dans un slow avec Ellie. Elle sait parfaitement ce qu’elle fait. L’alcool ne peut pas être une excuse pour le lendemain, pas vrai ?

Non, parce qu’elle n’hésite pas à embrasser Ellie après lui avoir dit que les hommes devraient être terrifiés par elle, parce qu’elle est une sacrée menace pour eux. Tout le monde les regardait avant le baiser et ça ne fait qu’empirer ensuite : un homme, Seth, finit même par étaler toute son homophobie à leur face. L’insulte est de trop pour Ellie, mais aussi pour Joel. Ce dernier n’hésite pas à s’en prendre physiquement à Seth, bien incapable de se défendre.

La fête tourne un peu court, surtout qu’Ellie balance devant tout le monde qu’elle n’a pas besoin de l’aide de Joel. Vraiment, elle fait sa crise d’adolescence. Mieux vaut tard que jamais. Elle rentre finalement dans son garage sans même chercher à adresser la parole à Joel. Tss. Elle me soule et ça me soule qu’elle me soule, parce qu’il y a des aspects du personnage que j’adore. Et sinon, comme il fallait bien un cliffhanger à cet épisode, on nous révèle que l’année 2029 ne sera pas d etout repos à Jackson.

Non seulement, il y a des fungus dans les canalisations, mais en plus, à distance, il y a Abby et son groupe qui ont enfin retrouvé Joel. CINQ PUTAIN D’ANNÉES ET ELLE EN EST ENCORE À VOULOIR SE VENGER ? Bon. OK. Il me semble qu’il y a plus pressant dans une apocalypse, mais soit. Je réclamais des enjeux, j’en ai. J’aurais aimé être un peu surpris, en revanche, mais ce cliffhanger se contente de nous montrer Abby et son groupe se rapprocher de Jackson sans y faire le moindre mal pour le moment.

The Last of Us (S02)

On en était où ?

Honnêtement, dur de m’en souvenir. La saison 1 n’est pourtant pas si loin, ça ne fait jamais que deux ans… Vraiment, cette nouvelle chronologie des séries, je ne m’y fais pas. Bref, la saison 1 se terminait avec Joel faisant le choix de sauver Ellie en tuant quelques Fireflies et au détriment du reste du monde, qu’il laisse plongé dans l’épidémie. Et bien sûr, il ment à Ellie sur ce sujet, lui expliquant que l’hôpital a été attaqué, que leurs alliés (en fait ennemis) sont morts et que les médecins n’ont pas su quoi faire de son immunité.

Saison 1

Ce que j’en attends

Là aussi, dur de savoir exactement à quoi m’attendre avec cette saison 2, surtout que la saison 1 bouclait vraiment la boucle, comme le jeu. Je n’ai toujours pas joué au jeu, ce qui me permet d’avoir moins d’attente que beaucoup de fans, mais j’ai hâte de découvrir la suite – et en fait, c’est possiblement mon problème : j’ai hâte d’avoir la suite de l’histoire et que ça avance, mais je n’ai pas oublié que la saison 1 passait beaucoup de temps à faire du surplace. J’en ai retenu le côté sublime de certaines scènes d’action et de certains d’effets spéciaux et le casting cinq étoiles, alors je veux au moins ça pour la saison 2 (et le premier épisode semble me confirmer que c’est bon).

Je m’attendais également à beaucoup de spoilers et de bruit autour de ce retour. Pourtant, sans la campagne d’affichage (pardon, de matraquage !) massive dans Paris, je serais possiblement passé à côté car je n’ai encore vu aucun tweet excédé dessus. Est-ce que la hype est déjà passée ? Cela pourrait se comprendre. En plus, la saison 2 est bien moins accessible que la première : elle est toujours sur Prime Video, certes, mais il faut s’acquitter désormais d’un abonnement à Max pour avoir le contenu HBO. Toujours plus.

Bref, ça n’a rien à voir alors autant passer dans le vif du sujet : la critique des épisodes !

The Last of us – S02E01 – Future Days – 15/20

La reprise se fait tout en douceur. S’il y a bien un peu d’action et de bonnes pistes pour la suite, j’ai trouvé que l’épisode avait tout de même ses lenteurs et ne parvenait pas à m’intéresser à la…

The Last of us – S02E03 – The Path – 16/20

C’est un très bon épisode de transition, mais c’est à peu près tout ce qu’il est. Après le choc de l’épisode précédent, il faut à la fois prendre le temps de s’en remettre en se concentrant un peu sur…

The Last of us – S02E04 – Day One – 17/20

J’ai eu peur que ce soit médiocre en début d’épisode, mais finalement, on tient là un bon épisode d’exploration du monde post-apocalyptique et des deux personnages qui doivent porter la saison… tout en ajoutant des nuances et de la…

The Last of us – S02E05 – Feel Her Love – 14/20

Je ne suis pas convaincu par la structure de la saison, parce que cet épisode semble vouloir présenter les choses d’une manière que je n’aime pas (voir en toute fin d’article). Avant même le cliffhanger, il y a une…

The Last of us – S02E06 – The Price – 07/20

Je me suis franchement ennuyé sur les trois quarts de l’épisode qui ne nous apporte (presque) rien de nouveau – et qui le fait finalement en révélant des énormes mensonges par omission qui modifient bien trop la perception qu’on…

The Last of us – S02E07 – Convergence – 15/20

Que le rythme de la série est étrange ! Cet épisode semble rusher des scènes qui mériterait un peu plus d’explications et d’explorations, tout en proposant d’autres dont je cherche encore la pertinence – notamment concernant le personnage d’Isaac. Je…

Severance – S02E08 – Sweet Vitriol – 11/20

J’adore les mystères et j’aime bien me prendre la tête sur des théories, mais pour pouvoir le faire, il faut me donner de quoi creuser – ou au moins un objectif. Là, la série nous embarque loin de ce qu’elle a été jusqu’ici et propose mystère sur mystère, sans donner les moyens de se faire une idée du puzzle qu’on essaie de reconstituer. Bref, c’est un épisode que j’ai subi plus qu’autre chose (il dure 38 minutes mais il était si lent !) et que je suis bien incapable d’expliquer tellement il manque de points d’accroche clairs. Et si je peux comprendre que ça plaise à d’autres, force est de constater que ce n’est pas mon cas, malheureusement. Donnez-moi un vrai contexte que je sache ce que je regarde, au moins, ou un personnage qui soit attachant (parce que j’aime l’actrice, mais on ne connaît pas assez son personnage, en fait).

Spoilers 

Cobel se rend dans une ville côtière. Je ne sais pas.

Fine, then buy me a coffee.

Les derniers rayons du soleil de cette belle semaine sont éclipsés par des nuages de plus en plus gris : je considère que c’est un signe pour me lancer dans le visionnage de cet épisode. Il est plus court que les autres et commencent de manière bien étrange, avec de longs plans sur la mer et des collines enneigées. J’ai envie de partir en vacances. Apparemment, Cobel aussi : on la voit en train de faire un énième trajet en voiture jusqu’à une petite ville côtière toute paumée, vibrant au son des mouettes. Où veulent-ils en venir ? Je n’en ai pas la moindre idée, bien sûr.

Le titre de la série apparaît, puis nous découvrons une Cobel en train de se brosser les dents au bord de la route. Un roadtrip comme un autre, je suppose. Elle ignore un appel de Devon, regarde un homme faire une sorte de crise d’asthme et continue sa journée. J’imagine que s’éloigner comme ça de Lumon a pour but de nous faire découvrir le monde, qui continue de tourner malgré la procédure. C’est étrange, et ça ne fait que s’accentuer quand on a ensuite une scène dans le bar du coin.

Là, on trouve un barman aux yeux bleus qui semble connaître Cobel quand il la remarque arriver. On s’en doutait : il s’agit d’un retour d’Harmony Cobel dans une ville qu’elle connaît bien – Rose, la vieille dame au bar avec un appareil respiratoire, pourrait parfaitement être sa mère, je suppose. Il n’empêche que ce début d’épisode est assez caractéristique : je trouve tellement dommage que les séries soient si lentes aujourd’hui et apportent du mystère sur ce genre de moments très longs. Le mystère est parfaitement inutile, on pourrait facilement clarifier à l’aide d’une ou deux répliques ce que Cobel vient faire là. Et pourtant, non. On doit se taper ce qui semble être une éternité de silence et d’absence de réponse.

J’aime la série donc je devrais être à fond, mais ça n’arrive pas à m’apporter assez de suspense ou de vraie dose de mystère où on peut deviner. Ah, voilà, je mets le doigt sur le problème : le mystère et le suspense, c’est addictif quand on a les éléments pour deviner ou théoriser. Là, on est juste tellement loin de ce que la série a montré que nous n’avons aucune chance d’anticiper ce qu’il va arriver.

Tout de même, on apprend que Cobel et le barman sont d’anciens collègues et qu’ils se connaissent bien. Elle lui demande un service qui n’a ni queue ni tête pour nous, mais qui semble l’embêter lui : elle souhaite son aide pour se rendre chez Sissy avec sa voiture à lui, par peur que sa voiture à elle soit surveillée. Par Lumon, je suppose ? Pas évident de le savoir. Une chose est sûre : il est de nouveau question de Kier, mais aussi d’Imogen (qui est-ce donc ?), qui se seraient rencontrés pas loin. Tout le monde est donc fasciné et brainstormé par ce Kier ? Je ne sais pas si j’accroche tant que ça à ce que la série vend avec cette intrigue ; j’aimais bien l’idée que ça se déroule notre monde – mais plus on avance, plus il est clair que nous n’avons pas la même société.

Bref, le barman finit par apporter son aide à Harmony (c’est son prénom) qui, de son côté, continue d’ignorer les appels de Devon. Sissy ? On ne sait pas trop qui elle est, mais on peut l’imaginer facilement comme étant la mère d’Harmony : il est en tout cas sûr qu’elle n’est pas heureuse de voir Harmony et qu’Harmony a dans cette maison une chambre d’enfance. Bon, la chambre est vidée de toutes ses affaires en revanche, ce qui l’énerve.

Harmony cherche à savoir ce qu’elles sont devenues – Sissy les a vendues – puis demande à avoir la clé de la chambre de sa mère. Ah. Sissy n’est pas sa mère, donc. Sa grande sœur ? Difficile à dire. La chambre est en tout cas fermée à clé tant que tous les gens qu’elle a connue ne seront pas convertis à Kier. Ils vont loin avec ce délire de religion, mais juste après, on nous dit que la mère ne croyait pas en « les neufs ». Qui sont-ils ? Suspense.

On sait simplement que Cobel n’a pas pu dire au revoir à sa mère parce qu’elle a été repérée par Eagan comme une disciple vraiment remarquable avec Kier en elle-même. Malheureusement, sa carrière est plutôt une déception apparemment. Que c’est frustrant de ne devoir composer qu’avec des indices si peu clairs. Je reconnais que ma curiosité est titillée, mais en même temps, il est trop dur d’appréhender exactement ce que l’on veut nous vendre (ou nous cacher ?) alors j’oscille entre désintérêt et vraie réflexion sur ce qu’il faut comprendre de tout ça.

Harmony remonte à l’étage de la maison et trouve finalement la clé de la chambre de sa mère, dans laquelle elle se rend, sans qu’on ne sache vraiment pourquoi. Elle finit par s’allonger sur le lit après avoir aspiré un liquide dans un tube associé à une machine qui a tout de la machine médicale. C’est une sorte de mix entre une perfusion et une chicha, non ? On dirait qu’Harmony se drogue avec, en tout cas.

Harmony s’endort donc sur le lit, puis est réveillé par le barman qui monte la chercher à l’étage de la maison, même si ça ne plaît pas du tout à Sissy. Harmony est toujours en train de chercher quelque chose apparemment, mais c’est en vain. Elle s’embarque dans une longue discussion ponctuée de longs silences avec le barman, qui lui propose finalement de se droguer – avec des vapeurs si l’on en croit Sissy. Ok. Qu’est-ce que je regarde ? Je vous jure, heureusement que l’épisode ne dure que 38 minutes finalement.

Tous deux respirent un chiffon, Cobel dit ne pas l’avoir fait depuis ses huit ans (drôle d’âge pour se droguer) et lui reproche de vendre ça… avant de l’embrasser. Amour de jeunesse ? Allez savoir. Cela permet à Cobel d’en arriver à la conclusion que Sissy n’a pas pu le jeter (quoi ? On ne sait pas, mais c’est la quête de l’épisode apparemment). Harmony décide donc d’aller fouiller une sorte de cave, à l’extérieur de la maison. Elle y trouve des trophées au nom de la famille Eagan, un album photo scolaire et des documents qu’elle cherchait apparemment.

Avant de partir, Harmony confronte une dernière fois Sissy pour lui demander de ne pas dire qu’elle était là. Sissy refuse de mentir aux émissaires des Eagan et la scène finit par apporter un peu plus de contexte : Harmony est énervée parce que les Eagan ont volé ses designs et sa création. On ne comprend pas grand-chose à ce qu’elle a pu inventer, mais soit. Sissy essaie de brûler le carnet pour qu’Harmony ne puisse révéler la vérité au grand jour. En vain.

Harmony finit par s’enfuir dans la maison quand quelqu’un approche. Elle apprend au passage que sa mère se serait suicidée et que selon elle, Lumon a détruit la ville. La secte force donc à donner tout son travail ? Soit.

Le cliffhanger est intéressant, lui, au moins : on y voit Cobel répondre enfin à Devon et apprendre que Mark essaie d’être réintégré. Elle demande à lui parler pour savoir exactement ce que Reghabi lui a fait. La suite vraiment attendue au prochain épisode.

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Severance – S02E07 – Chikhai Bardo – 18/20

Les scénaristes éclatent comme toujours la chronologie de la série pour s’assurer qu’on soit bien perdus en tant que téléspectateurs, mais cela ne m’empêche pas d’être sans voix et tellement bluffé par les performances des acteurs. Ils sont grandioses. Bien sûr, je n’ai pas tous les personnages que j’aurais envie de voir dans cet épisode, mais j’ai ENFIN les scènes que j’attendais, alors qui suis-je pour me plaindre ? En définitif, c’est une jolie claque, même si vraiment, je me demande bien où ça va et, qu’en vrai, la moitié de cet épisode n’apporte rien de nouveau. Juste des images sur ce que l’on sait et sur des non-dits qui ont leur importance.

Spoilers 

Mark se souvient de Gemma plus que de ses journées à Lumon.

Really, this? Because this looks like how you kill my brother.

Je sais bien que lors du dernierépisode de 42 minutes, je disais à quel point j’étais content de voir les épisodes de cette saison deux par deux, mais il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Ce qui m’a fait changer d’avis ? Nous sommes samedi, il y avait moyen de me faire une petite trilogie après un épisode de Smallville revu en mangeant d’une part et, d’autre part, j’ai vu passer un tweet parlant de la performance de Dichen Lachman dans cet épisode. S’ils sortent les grands moyens pour me faire revenir en donnant enfin quelque chose à jouer à l’une de mes actrices préférées, bien sûr que je rapplique immédiatement.

Et je suis content que ce spoiler soit assez minime, puisque ce qu’on lui donne à jouer commence par la première scène. Nous y voyons donc la rencontre entre Mark (professeur ?) et Gemma. C’est tout cute bien comme il faut, malgré le fait qu’on sache que ça va terminer inévitablement par une séparation douloureuse et mortelle à un moment ou un autre. Reste à savoir maintenant si ce souvenir est celui de Gemma/Mrs Casey pendant une prise de sang ou celui de Mark en pleine crise.

Ben oui, le cliffhanger de l’épisode précédent nous vendait un Mark qui s’effondrait au sol après une tentative de réintégration – il finit dans un état catatonique, avec sa sœur qui s’inquiète pour lui et finit par apprendre que, oui, Gemma est toujours en vie. Ah, cette série est forte.

Alors que sa sœur passe le reste de l’épisode à le veiller, nous suivons alors Mark dans son dédale de souvenirs. Il va de soi qu’il a une superbe relation amoureuse avec Gemma, avec même des quiproquos marrants entre eux. Que je suis amoureux de cette actrice ! Je ne m’attendais pas à une chanson de Jacques Brel dans Severance, en revanche.

Les scénaristes s’en servent pour nous vendre une jolie relation entre les deux personnages – ils ont une vie chouette dans une belle maison avec véranda et tout. C’est magnifique et ça mène à une scène où Deacon découvre que sa belle-sœur est enceinte parce qu’elle ne boit pas d’alcool. Pardon ? Gemma était enceinte ? D’où ça sort cette histoire. La scène, un non-dit fabuleux, est terrible quand on la met en perspective avec qu’on sait de la suite.

Et pourtant, les scénaristes choisissent une autre voie tout aussi terrible : Gemma était enceinte, oui, mais elle a surtout fait une fausse couche. Elle passe sous la douche pour nettoyer ce qui a coulé bien malgré elle, Mark la retrouve et… on se souvient soudainement que nous sommes dans son dédale de souvenirs.

Les transitions sont hyper travaillées et nous mènent d’un Mark mouillé sous la douche à un sous la pluie – puis à un à son bureau tout simplement. Il a un échange avec Mrs Casey, sur Helly, et la série part ensuite dans une révélation très inattendue : alors que Mark regarde son écran d’ordinateur, quelqu’un, ailleurs, regarde lui aussi son ordinateur – seulement il y voit Mark et Mrs Casey. Ah. Ils sont donc surveillés d’une autre manière pendant qu’ils trient les nombres ? Et pourquoi ces gens appuient sur des boutons ? Cela me paraît trop élaboré pour être une simple divagation de l’esprit de Mark.

Ce dernier se souvient ensuite d’un rendez-vous médical avec Gemma – pour une insémination, peut-être ? Elle s’excuse, signe un document à son nom et on part sur un autre souvenir improbable : Gemma, seule dans une pièce digne de Lumon. Et au bout du couloir ? Mark qui enfile un pull avant d’aller voir Gemma pour lui faire une petite injection, dans l’espoir qu’elle tombe enceinte. Leur couple a l’air si mignon en vrai. Je ne suis pas sûr de tout comprendre, mais sachez que les deux acteurs nous balancent un épisode assez exceptionnel du côté des prestations. Donnons-leur des awards. Elle est si touchante à pleurer son absence de maternité.

On en arrive alors au Chikhai Bardo du titre de l’épisode : la mort de l’égo, rien que ça. La mort de la relation de couple bien mignonne aussi : Mark ne comprend pas pourquoi Gemma se torture avec une clinique (Lumon ?) qui ne lui permet pas de tomber enceinte. Il est pour tout arrêter, mais elle ne semble pas prête à accepter cette décision. Décidément, rien n’est fait pour qu’on puisse aimer Lumon s’ils se mettent à exploiter la douleur de femmes ne parvenant pas à avoir d’enfants.

La scène suivante nous montre Mark galérer sur un meuble (le berceau ?) et Gemma être clairement déprimée par la situation. Une autre scène (le soir de sa mort ?) la voit dire au revoir à Mark, en insistant sur son « je t’aime ». Il a l’esprit occupé, mais c’est quand même un beau dernier échange. On nous confirme dans la scène suivante que c’est bien le soir de sa mort : deux policiers viennent prévenir Mark de son décès dans un accident de la route, comme on le sait depuis la saison 1. Le dépit de Mark qui ne veut pas ouvrir la porte était atroce à voir. Le voir s’enfoncer dans le noir… Quelle tristesse.

L’épisode se divise au départ en deux : il y a l’état de Mark dont on vient de parler longuement et il y a un entretien médical menée par Gemma. Elle sait encore qui elle est et quel est son nom, mais l’examen est mené par Lumon. C’est écrit sur tous les instruments qui vérifient sa santé et c’est sous-entendu dans les questions et répliques qui n’ont aucun sens pour nous. En tout cas, moi, voir Dichen en tant que patiente habillée en pyjama, ça me perturbe parce que ça me renvoie beaucoup trop à l’époque de Dollhouse. Et Dollhouse me manque.

Cet examen médical que passe Gemma est en tout cas une sorte de préliminaire à ce qu’on connaît de Mrs Casey : elle quitte son pyjama pour une longue robe bordeaux et une perruque. Elle est conduite par ce que je pensais être son médecin jusqu’à une salle bien gardée : il faut un échantillon de sang de la médecin pour ouvrir la porte.

Une fois la porte passée, Gemma perd la mémoire et est clairement une innie. Là, les scénaristes se foutent littéralement de ma gueule puisqu’elle demande une pause « just for a little while » à un scientifique qui lui demande de s’asseoir sur une chaise au dossier inclinable – il dit être dentiste, mais moi je vois Topher de Dollhouse sur le point de donner une personnalité à Sierra. Bref. Est-ce que Gemma suit la procédure Severance pour oublier ses procédures médicales habituelles et parce qu’elle n’aime pas le dentiste ? J’aime bien l’idée de vouloir oublier ce genre d’interventions, mais bordel, pauvre innie qui ne se taperait que des séances chez le dentiste, en permanence.

C’est plus nuancé que ça : Gemma teste en fait six pièces différentes, pendant toute une journée. Durant ces six visites, on lui a de toute évidence fait plein de choses, mais elle n’en a aucun souvenir. Chaque fois qu’elle revient dans le couloir, en tout cas, elle se souvient. Du coup, elle remarque bien qu’il y a une nouvelle salle nommée Cold Harbor et pose bien sûr des questions dessus à l’homme qui l’interroge sur sa journée. Qu’il est étrange. Il promet à Gemma qu’elle travaille à un monde meilleur qui fera oublier les douleurs – les siennes, celles de Mark. Allons bon. C’est donc après l’accident ça ?

On ne sait pas bien. Ce qu’on sait, c’est qu’elle passe ensuite à un état bien zen en pyjama ; mais qu’elle passe aussi par un avion avec beaucoup de turbulences. Tout cela est fait « pour Kier » d’après le personnel de Lumon que l’on voit de temps à autres. Il est aussi indiqué que Mark est bloqué à 96% (les saignements de nez) et qu’il va falloir s’apprêter à dire au revoir à Gemma quand il parviendra à 100%.

Sans crier gare, c’est ensuite Noël pour Gemma. La petite musique de Noël ne suffit pas à compenser toutefois les horreurs que subit Gemma : on lui fait écrire des cartes de remerciements qui n’ont pas trop de sens et on comprend qu’on lui fait écrire ça en permanence. C’est si étrange. Cela signifie qu’elle a plusieurs innies ? Genre, un par pièce ? Une perpétuellement chez le dentiste et une perpétuellement à Noël ? Ce sont de sacrées expérimentations que semblent mener les scientifiques de Lumon.

Et même si Gemma oublie toutes les pièces les unes après les autres, elle sent quand même la douleur – aux dents, au poignet. Elle n’apprécie pas trop la situation et finit par demander à son médecin la possibilité de rentrer chez elle. Gemma se la voit refuser, et on essaie de la manipuler pour l’empêcher de partir : le médecin lui explique ainsi que Mark s’est remarié et a désormais une fille.

Elle a la lucidité de ne pas le croire, mais aussi celle de se rebeller vraiment. Contre toute attente, elle éclate donc le crâne de son médecin de confiance qui tentait de lui faire croire que, peut-être, elle aussi avait refait sa vie dans une des salles de Lumon, puis elle s’enfuit. Mais comment s’enfuir de ce bâtiment, au juste ?

C’est sans surprise que ça termine en course poursuite. Gemma pense réussir à s’en tirer en prenant un ascenseur, mais il n’y a aucun doute possible : elle perd la mémoire quand les portes de l’ascenseur s’ouvrent et… Et elle se retrouve dans la peau de Mrs Casey. Mr Milchick débarque toutefois à temps pour l’empêcher de faire n’importe quoi : il lui indique que son outtie est venue assister à une exposition et s’est trompée d’ascenseur. Elle sent bien qu’elle n’a pas toutes les infos, elle cherche à savoir depuis combien de temps elle est partie, mais tout ça est en vain. C’est frustrant bordel. Elle ne parvient pas à s’échapper : c’est retour direct à l’envoyeur, comme Helly en son temps. Le dépit de Gemma qui comprend qu’elle ne parviendra pas à s’échapper était tout aussi atroce à regarder – elle ne veut que rejoindre Mark. En vain.

Loin de ces divagations dans l’esprit de Mark et/ou Gemma, Deacon s’inquiète grandement pour son frère. Elle ne croit pas que ce soit vraiment ça qu’il demande quand il demande la réintégration. Par conséquent, son nouveau plan d’action est d’appeler Harmony Cobel pour qu’elle l’emmène dans le chalet où les innies se réveillent. Le problème, c’est que ça fait fuir bien vite la seule alliée que Mark avait.

Le lendemain, Mark se réveille donc auprès de sa sœur, avec encore plus la nostalgie de Gemma qu’avant. Wow, la claque cette fin d’épisode.

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