The Crowded Room – S01E01 – Exodus – 16/20

Ce n’est pas le coup de cœur que j’aurais aimé avoir, mais ce n’est pas non plus une série trop ennuyeuse comme je le craignais. Elle a ses longueurs, mais le casting est formidable et la réalisation sauve pas mal de choses à elle seule. J’aime bien l’ambiance qui se dégage de ce premier épisode, mais je ne me vois pas la bingewatcher comme je le pensais faire un temps. Quant aux mystères, ils sont assez minces pour l’instant et j’ai surtout l’impression qu’on nous retarde quelques évidences. La promo de la série en a trop dit, en même temps.

Spoilers

Danny est arrêté après avoir été impliqué dans une fusillade dont il est soupçonné être l’auteur.


Ghost house got itself a ghost

Bon. Dès la première scène, je me suis dit que Tom Holland avait du boulot à faire s’il voulait être un vrai psychopathe et que les cheveux longs ne suffiraient pas… mais en fait, en quelques secondes de métro, la série avait déjà réussi à me convaincre que je n’avais pas affaire à Spiderman.

La fusillade | L’interrogatoire | Une famille formidable | La drogue | La fuite

La fusillade

La réalisation est très étouffante, avec des gros plans et une caméra possiblement à l’épaule si on en croit les mouvements qu’elle fait pour nous donner l’impression d’être dans le métro nous aussi. Danny, c’est le nom du héros et on le sait déjà, n’y est pas seul apparemment, parlant avec une jeune femme à propos de quelque chose de mystérieux dont on ne sait rien au premier abord. « Arrête de le regarder » lui dit-elle sans qu’on ne sache trop ce qu’il regarde.

Comme elle semble clairement lui indiquer quoi faire et dire tout ce qu’il pense, je me suis mis à douter de l’existence de cette jeune femme assez vite. Nous la suivons pourtant en train d’accompagner Danny en ville et prendre en filature un homme dont on ne sait rien pour le moment. Il est assez vite évident que Danny est là pour le tuer, puisqu’on nous révèle enfin ce qu’il regardait dans le métro : un sac en kraft contenant un flingue. Ah, les États-Unis.

Quand il finit par trouver l’homme qu’ils suivaient avec la femme, Danny sort donc son flingue et… est incapable de tirer. Elle lui prend le pistolet des mains et se met à courir après l’homme, tout en lui tirant dessus plusieurs fois. Danny reste quant à lui paralysé un moment, avant de se mettre à courir après elle et de récupérer l’arme. Il le fait pile à temps pour l’arrivée de la police qui, bien sûr, le soupçonne aussitôt et le pourchasse. Bien. Le doute et la paranoïa peuvent déjà s’installer comme ça.

La fuite mène Danny jusqu’à chez lui où il explose un miroir, histoire qu’on continue de nous indiquer qu’il faut être paranoïaque de tout ce qu’on voit, probablement. Chez lui, Danny tombe sur un coloc qui n’hésite pas à le prendre par le col malgré son flingue et lui reprocher d’avoir fait de la merde – en effet, Ariana n’est pas rentrée. Ah.

Elle s’appelait donc Ariana. Essayons de retenir toutes les informations, je sens que tous les détails auront une importance. Si le colocataire donne un passeport à Danny et lui conseille de fuir, celui-ci ne le fait pas immédiatement, préférant d’abord brûler quelques documents dans sa cheminée. Cela permet à la police de le retrouver et de procéder à son arrestation. Bien. Le mystère est prenant déjà.

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L’interrogatoire

C’est un début efficace, et on enchaîne très rapidement avec un nouveau point de vue : c’en est fini de voir les choses de la perspective de Danny, nous voici désormais du côté des enquêteurs (avec un acteur que j’aime beaucoup et dont je ne savais pas qu’il jouait dans la série ; décidément, ce casting est excellent). L’enquêteur est convaincu d’avoir affaire à un serial killer, d’autant plus qu’Ariana et le propriétaire (pas le colocataire donc !) sont aux abonnés absents eux aussi.

Cependant, il n’a tué personne pour le moment : Danny s’est contenté de tirer dans le vide et de blesser des gens. C’est pour cela que la police fait appel à une professeur, Rya donc, pour examiner Danny et essayer de comprendre s’il est un serial killer ou non.

Le générique est très sympathique. Comme pour Secret Invasion, j’ai l’impression qu’il est généré par une intelligence artificielle, mais ne plus réussi. On dirait vraiment des illustrations de Dixit animées. C’est un voyage magnifique que propose ce générique, la musique est entraînante et plonge dans une atmosphère à la fois inquiétante et onirique, c’est parfait pour un thriller. Franchement, je suis convaincu par les dix premières minutes de la série.

Après le générique, l’intrigue peut donc commencer : on part sur quelque chose d’assez simple, avec la professeur en psychologie qui vient interroger Danny en prison. Elle a une heure pour faire le tour de la question et l’évaluer, tout en cherchant à savoir ce que sont devenus Ariana et Yitzhak (le propriétaire).

Rya commence par poser des questions de base sur Ariana et Yitzhak, puis sur le passé de Danny. Cela ne semble pas évident de le cerner, parce qu’il ne souhaite pas vraiment être dans la coopération. Pourtant, assez vite, il finit par expliquer comment il s’est retrouvé dans la maison où la police l’a arrêté : cela se fait inévitablement à coup de flashbacks.

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Une famille formidable

On commence par un flashback où on le découvre vivre dans une maison américaine bien typique, avec un (beau-)père qui sent bon l’alcoolisme et la violence – même si on ne le voit pas boire – et qui s’énerve parce que Danny prend des douches trop longues. Il s’énerve aussi sur sa femme, gentille épouse en train de préparer le bacon du petit déj. Elle est jeune, bien plus que lui, non ?

Bordel. C’est trop basique, trop cliché, pas bien passionnant. La réalisation sauve un peu les choses, même si le filtre jaune n’est pas des plus agréables et que les mouvements de caméras sont particuliers. On nous confirme rapidement que l’homme est violent et est le beau-père de Danny, puis nous suivons Danny dans une journée typique au lycée.

Ce n’était pas forcément ce que j’imaginais pour cette série. Heureusement, la caméra bouge vite, ce qui permet d’être plongé dans l’intrigue et de ne pas voir le temps passer. Il faut dire aussi que les scènes s’enchaînent assez vite. On nous présente ensuite le personnage de Johnny, le meilleur ami de Danny. Comme il ne va pas en cours avec lui et que la caméra se concentre à nouveau sur des très gros plans où les deux personnages sont ensemble, le doute ne peut que s’immiscer : Johnny existe-t-il vraiment ? J’ai un gros doute.

J’imagine qu’on le saura tôt ou tard et en attendant, j’ai essayé de m’accrocher au fait que Danny se rendait à une soirée étudiante dans un jardin. Il y retrouve un autre ami qui parle à Johnny. Soit il a deux amis imaginaires, soit Johnny existe donc. Pas le temps de vraiment se poser la question qu’on enchaîne sur une scène où Danny aperçoit une certaine Anabelle Stone, dont il tombe immédiatement sous le charme.

Puis, tous les étudiants semblent être bourrés et/ou drogués, avec des danses lascives et pas bien loin de l’onirisme. Quand la nuit tombe, ils ont aussi des bâtons pour faire des étincelles et plein de lucioles autour d’eux dans le jardin… Vraiment, c’est une ambiance étrange. Rapidement, parce que tout va rapidement dans la série apparemment, Anabelle se pointe auprès de Danny pour lui parler et se présenter.

Je ne la trouve pas si magnifique que ça, d’ailleurs, surtout quand on sait que Tom Holland est avec Zendaya, hein. Il perd au change dans la fiction. Finalement, Anabelle et Danny sont interrompus par l’arrivée d’une de ses amies, alors qu’Anabelle espérait pouvoir se droguer avec Danny. Pas de chance, ni l’un i l’autre n’ont un joint. La série s’embarque ensuite dans un petit montage musical de la fête et de la joie de Danny d’avoir parlé à cette jolie fille… mais ce n’est absolument pas ce pour quoi je suis là, moi.

Je m’attends à une série plus sombre, et je sais que je ne me trompe pas. Danny peut donc vite perdre son magnifique sourire quand il rentre chez lui pour mieux tomber sur son beau-père qui l’attendait. Celui-ci est clairement en train de l’espionner pour s’en prendre à lui, mais ce n’est pas ce qu’il se passe : Danny voit en effet une voiture se garer devant la maison fantôme au bout de la rue. De celle-ci sort le fameux Yitzhak, et c’est donc pour cela qu’il raconte tout ça à sa Rya.

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La drogue

Elle lui demande forcément à quel moment il l’a rencontré précisément, et c’est le lendemain que ça s’est fait, avec Johnny et Mike. Les trois garçons se présentent à ce nouveau voisin qui explique venir d’Israël, mais il n’y a toujours pas trace d’Ariana. Et bien sûr, on nous complexifie le récit autant que possible avec quelques allers-retours aux questions de Rya et des aperçus d’autres moments de la vie de Danny. La série introduit plein de pistes et de mystères comme ça… avant de mieux se concentrer sur la vie d’ado de Danny.

C’est un drôle de rythme franchement. Et puis, ce n’est pas passionnant forcément d’avoir la vie banale d’un ado américain avec ses amis idiots. Je veux dire… Johnny leur propose d’acheter de la drogue, encore, parce que c’est l’obsession de tous les jeunes, évidemment. Et je dois bien dire que j’ai décroché de la scène un moment, parce que bon, ça ne me passionnait pas.

Pourtant, on nous proposait un débat passionnant pour savoir si c’était une bonne idée de voler de l’argent au beau-père de Danny. La nuit, celui-ci se décide à aller fouiller la chambre pour découvrir et retenir le code secret d son beau-père, puis il se retrouve à devoir lui prendre son porte-feuille de la poche arrière de son jean alors qu’il dort. Et tout se passe bien pour Danny, évidemment. Il se retrouve ainsi à utiliser la carte de son beau-père pour retirer de l’argent sans autorisation et être bien riche. Youpi !

Il n’a plus qu’à aller au parc pour acheter de la drogue à un certain Angelo. Rien de plus simple, même s’ils croisent quelques flics au passage. Par contre, rien de plus simple, certes, mais aussi rien de plus inutilement long. Comme prévu, l’épisode durant cinquante minutes, il faut bien des longueurs. Les longueurs viennent aussi de la structure même de la série : on nous met Danny en danger quand le dealer est violent, mais on sait bien qu’il ne lui arrivera rien.

Bon, l’ado a en tout cas sa dose d’adrénaline, Johnny reste en arrière pour choper la drogue et hop, on peut enchaîner sur le plan le plus stupide de l’histoire, avec Johnny qui promet de vendre la drogue au lycée. Le but est évidemment pour eux de s’enrichir en revendant la drogue. Ils en ont acheté plein… mais un après-midi suffit à ce que Johnny vende tout. Bien.

Fort de ce succès, Mike parvient même à convaincre Danny d’aller parler à Anabelle. Cette dernière lui présente Eden, qui ne lui dit pas bonjour et est odieuse avec lui, mais ça ne désarme pas totalement Danny. Il raconte toute la drogue qu’il a dans son casier et en profite pour inviter Anabelle à un rencard. Elle accepte et tout, mais elle joue clairement sur deux tableaux quand on voit ensuite Bill, le stéréotype du quaterback, débarquer et être bien proche d’elle. Il est pourtant en couple avec Eden.

Cette dernière, bien sûr, n’a pas hésité à raconter tout ce qu’elle venait d’apprendre sur la drogue dans le casier de Danny à Bill, et hop, le voilà qui se retrouve face à un contrôle de casier de la part du principal. Par chance pour lui, Johnny et Mike veillent au grain et ont pris soin de déplacer et vendre toute la drogue avant ce contrôle. Humph.

C’est plutôt marrant comme mise en scène, avec Bill qui se fait ensuite engueuler par le principal, mais ça me fait inévitablement me poser quelques questions pour savoir qui existe vraiment ou non autour de Danny. Dur d’en être sûr à ce stade de la série. En tout cas, je n’ai pas trop de doute sur Anabelle pour l’instant. On assiste comme prévu au rencard de ces deux-là, avec un joint bien évidemment et avec une étrange manière de Danny de pousser Anabelle sur la balançoire. Qui se met devant la balançoire pour ça, sérieux ?

Bon, l’essentiel, c’est que tout se passe bien pour Danny : il se retrouve bien vite à embrasser Anabelle qui savait ce qu’il voulait de toute manière. Le soir, il peut ainsi la peindre pour lui envoyer son portrait en cadeau. Il met ensuite un joint dans l’enveloppe, parce que pourquoi pas, et l’emmène au lycée, ce qui pue la mauvaise idée au moins autant qu’un joint sent mauvais.

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La fuite

Le problème, c’est qu’Anabelle n’a plus du tout envie de sortir avec Danny après ce premier rencard. Je n’ai bien suivi pourquoi – peut-être n’était-ce qu’un défi ? C’est étrange. Les ados sont étranges de toute manière. Elle n’est pas foutue de l’annoncer elle-même à Danny, préférant envoyer Eden faire le sale boulot. Cette dernière, qui déteste Danny apparemment, n’y va pas de main morte et n’hésite pas à envoyer valser au sol l’enveloppe que Danny lui tend pour qu’elle la remette quand même à Anabelle, qui voit tout ça.

Pour ne rien arranger, le principal passe par-là à ce moment-là et voit un joint rouler hors de l’enveloppe. Voilà donc Danny qui se met à fuir le lycée en courant, comme si ça pouvait suffire à lui éviter les problèmes. Pour ne rien arriver, quand il y arrive, il entend son beau-père laisser un message sur le répondeur pour accuser sa mère de lui avoir volé de l’argent.

Danny décide donc de se barrer de la maison… mais c’est une mauvaise idée : Bill l’y attend, avec quelques-uns de ses amis, pour venir le tabasser, parce qu’il s’est fait virer du lycée à cause de lui. Bien sûr, oui. Cela me paraît excessif d’être viré du lycée juste pour un petit mensonge comme ça, mais c’est surtout complètement con de s’en prendre à Danny comme ça. M’enfin, ça se saurait si les harceleurs étaient malins.

Ils sont rapides en tout cas et n’ont aucun mal à rattraper Danny quand celui-ci court pour leur échapper. S’ils commencent à le tabasser, ils n’ont pas l’occasion d’aller jusqu’au bout : Yitzhak débarque à temps pour les arrêter et tabasser d’abord Bill, puis ses potes. C’est intéressant, parce que ça veut dire que Danny a possiblement réussi à se débarrasser de tous les ados d’un coup.

C’est intéressant aussi parce que ça permet à Danny de rencontrer une nouvelle fois Yitzhak. Ce dernier sait exactement comment le soigner et l’invite également à entrer chez lui où Danny croise pour la toute première fois Ariana. On apprend de plus, en sortant du flashback, que Danny n’est ensuite jamais rentré chez lui, restant plutôt dans cette maison qu’il a considéré ensuite comme une maison.

L’épisode peut alors se terminer sur quelques interrogations de Rya, qui veut savoir où les gens autour de Danny disparaissent tous les uns après les autres, y compris Adam, son meilleur ami d’enfance. C’est une bonne intensité dramatique de fin d’épisode, mais ça n’empêche pas qu’il y a eu des longueurs et qu’on manque, pour l’instant, de perspective pour que l’histoire soit totalement réussie à mon goût.

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The Crowded Room (S01)

Synopsis : Danny Sullivan est arrêté suite à son implication dans une fusillade à New York en 1979. Son interrogatoire mené par Rya Goodwin révèle des éléments mystérieux de son passé, bouleversant sa vie de manière inattendue.

Pour commencer, permettez-moi de vous dire que je suis très enthousiaste à l’idée de regarder la série, principalement parce que Tom Holland incarne le rôle principal de Danny Sullivan et que cette information justifie à elle seule le fait que je vais encore commencer une nouvelle saison (la troisième cette semaine) au lieu de rattraper toutes celles que je n’ai pas encore terminées. La vérité, c’est qu’aucune ne me donnait envie là tout de suite…

En même temps, celle-ci non plus, a priori. On ne peut pas dire que l’histoire de Sullivan, impliqué dans une fusillade à New York en 1979, m’intrigue au plus haut point. Je suis curieux de voir comment Tom Holland apportera son talent d’acteur à ce personnage complexe, certes, mais c’est à peu près tout. Sans lui en tête d’affiche (bon, et le restes du casting, d’accord), j’aurais à 100% passé mon chemin.

Avant de me plonger dans la série, j’ai donc une certaine appréhension, parce que les épisodes durent une heure. Certes, la série est jouée par un casting talentueux et je ne m’inquiète pas pour l’alchimie entre les personnages ou les performances, mais j’ai peur que la série soit trop longue et ne parvienne pas à rester captivante à vouloir trop proposer une atmosphère pesante.

J’espère que la série saura tenir ses promesses et nous offrir un vrai divertissement, porté par les performances de l’ensemble du casting, et en particulier de Tom Holland. Je suis impatient de voir comment cette histoire complexe se déroulera et comment elle bouleversera la vie de ses protagonistes… mais j’ai quand même pris plusieurs semaines avant de me lancer dans la série, parce que le travail s’en est mêlé.

The Crowded Room – S01E01 – Exodus – 16/20

Ce n’est pas le coup de cœur que j’aurais aimé avoir, mais ce n’est pas non plus une série trop ennuyeuse comme je le craignais. Elle a ses longueurs, mais le casting est formidable et la réalisation sauve pas mal de choses à elle seule. J’aime bien l’ambiance qui se dégage de ce premier épisode,…

The Crowded Room – S01E02 – Sanctuary – 17/20

J’aime beaucoup l’ambiance qu’instaure la série et tous les jeux qui se mettent en place pour savoir ce qui peut être réel ou non. Sans ça, ce serait une histoire pas extraordinaire portée par un casting exceptionnel. Avec cet implicite dont on ne sait pourtant encore rien hors de la promotion de la série, je…

J’ai revu la saison 2 de Desperate Housewives (et ça vieillit moins bien ?)

Salut les sériephiles !

Aujourd’hui, je vous emmène dans un voyage nostalgique à Wisteria Lane avec mon rewatch de la saison 2 de Desperate Housewives. C’est encore plus nostalgique que prévu, parce qu’à l’heure où j’écris cette ligne, j’en suis au fait premier épisode de la saison… 4 ! Ouais, ça fait un mois qu’on a parlé de la saison 1, j’ai pris du retard dans l’écriture et la mise en page de cet article sur la seconde saison, normal.

Voir aussi : J’ai revu la saison 1

Avec cette saison 2, la série continue de captiver avec ses intrigues, ses personnages attachants et ses thèmes sociaux plus ou moins audacieux. Ironiquement, j’ai trouvé qu’elle vieillissait un peu moins bien que la première saison, mais ça ne l’empêche pas évidemment pas de rester très emblématique. Tour d’horizon rapide (ou pas) de ces quelques épisodes…

Les évolutions des personnages | Un double fil rouge | Les thèmes sociaux | En bref

Les évolutions des personnages

Dans cette saison 2, les habitantes de Wisteria Lane continuent leur parcours tumultueux, dévoilant des facettes inattendues de leur personnalité. Plus qu’en saison 1, je trouve que l’anatomie de la saison est très visible dès le départ : chacune des ménagères a sa propre intrigue à explorer et c’est un schéma qui sera valable jusqu’à la fin de la série, de mémoire.

Si en saison 1, cela mettait un peu plus de temps à arriver, cette saison, c’est visible dès le départ : chacune a sa trajectoire et même si elles se croisent régulièrement, les intrigues peuvent assez schématiquement être résumées par personnage :

Susan | Bree | Lynette | Gaby

Susan ou la multiplication des triangles amoureux

Susan Mayer, toujours aussi maladroite et attachante, nous offre une saison riche en émotions et porte sur ses épaules une grosse partie des intrigues sentimentales de la série.

Sa relation avec Mike Delfino, qui a laissé un goût amer de trop peu à la fin de la saison 1, continue de faire des vagues. Je ne me souvenais pas à quel point leur relation était sans cesse contrecarrée. C’est à se demander ce qu’ils font à s’obstiner à rester ensemble !

Leur amour non résolu est un fil conducteur tout au long de la saison, ponctué de moments de tension et de tendresse permanent. Je me souvenais évidemment de la scène où Susan s’effondre en robe de mariée dans la rue, mais je ne me souvenais plus exactement pourquoi : avec le recul d’un revisionnage, c’est tout de même largement attendu et mérité comme scène. Par contre, c’est fou que ça intervienne si tôt dans la série quand plein d’autres auraient attendu une mi-saison ou une fin de saison pour faire ça !

En fait, ce revisionnage me fait me demander pourquoi j’aimais tant Susan. Teri Hatcher est une actrice excellente, mais son personnage est imbuvable : elle passe son temps à mentir et manipuler les autres par égoïsme, avant de se plaindre de ce qui lui arrive. Dans cette saison, elle se retrouve tout de même à payer Zack pour qu’il se barre… Pas étonnant que Mike rompe ensuite avec elle.

Par contre, c’est chiant, car ça ralentit beaucoup le rythme pour la suite de la saison. Une fois Mike séparé de Susan, on se retrouve avec un nouveau triangle amoureux qui se forme entre Susan, son ex-mari Karl et la toujours géniale Edie Britt.

Je ne me souvenais absolument pas que Karl avait autant d’importance en saison 2, et c’est un personnage vraiment marrant finalement. Il apporte une fraîcheur et un renouveau bienvenue. Si bien sûr, je souhaitais toujours voir Susan et Mike finir ensemble, il faut bien reconnaître que Susan et Karl sont deux égoïstes qui vont bien ensemble.

Cette nouvelle dynamique du triangle amoureux apporte son lot de complications et de rivalités, et les conséquences de ces intrigues amoureuses se font sentir jusque dans les amitiés de Susan avec les autres femmes de Wisteria Lane. Par contre, ça ne met pas en valeur le personnage d’Edie Britt, et c’est bien dommage. Comme en saison 1, je me retrouve à regretter de voir son personnage être si négligé quand elle est en réalité l’une des plus intéressantes à voir évoluer… On peut penser ce qu’on veut d’Edie, mais il me semble que jusqu’à présent, c’est celle qui ment et manipule le moins. Elle est ainsi bien plus attachante (enfin, jusqu’à ce qu’elle détruise la maison de Susan sans trop de raison, en vrai) !

… Contrairement à Susan, qui vient détruire son couple sans trop de scrupule, tout en détruisant le sien au passage. Bon, certes, elle a une rate qui se balade et elle n’est pas responsable des conneries monumentales que fait Karl tout au long de la saison, mais tout de même, elle a sa part de responsabilité. De là à lui exploser sa maison… Putain, c’est non !

Susan | Bree | Lynette | Gaby

Bree ou la descente aux enfers

Bree Van de Kamp, toujours aussi impeccable en apparence, traverse une période sombre avec la mort de Rex et la révélation qu’il la soupçonnait de l’avoir tuée. C’est absolument horrible de savoir que Rex est mort en pensant qu’elle l’avait empoisonnée, mais ça permet à Marcia Cross d’être incroyable de justesse et de révéler tout son talent d’actrice. Je me souvenais particulièrement du début de saison avec la mère de Rex et le double enterrement particulièrement marquant à chaque fois, pour des raisons différentes.

Le personnage de Bree est hyper complexe et nuancé, et c’est facilement l’un des plus intéressants à suivre. Sa relation toxique avec George Williams a des conséquences dévastatrices sur sa vie, inévitablement, et c’est un plaisir de suivre cette intrigue et de détester de plus en plus George. Je ne me souvenais pas tellement de la conclusion de cette intrigue, mais j’ai trouvé que c’était sympathique de terminer cette intrigue sur un presque meurtre.

En plus, ça permettait de remettre en avant les problèmes liés à Andrew, qui se multiplient cette saison.  Entre luttes intérieures face aux doutes sur sa propre culpabilité et conséquences tragiques de sa dépendance à l’alcool, brillamment interprétée et paradoxalement drôle (la routine ménage + verre de vin blanc !), Bree nous offre une descente aux enfers aussi dramatique que captivante. Par contre, difficile d’être toujours fan d’elle quand on la voit tenter désespérément de ramener Andrew dans le « droit chemin ». Là encore, j’ai redécouvert plein de choses sur la manière dont la série abordait l’homosexualité. Le fait que Justin reste si longtemps dans la série, ça m’a surpris, je le pensais bien plus anecdotique que ça !

Susan | Bree | Lynette | Gaby

Lynette ou la desperate working girl

Lynette Scavo incarne cette saison la lutte de la femme moderne qui tente de concilier sa vie professionnelle et sa vie familiale… mas de fait, elle n’est plus vraiment une « housewife » à proprement parler. Il y a un vrai déséquilibre qui se dessine cette saison entre elle et les autres ; et parfois même des déséquilibres pour la série : on ne voit pas bien comment elle trouve encore le temps d’être chez certaines de ses amies, apparemment en plein milieu de semaine… Mais bon, ce n’est pas grave.

Comme en saison 1, Lynette est un personnage que je redécouvre totalement. Ce n’est pas une surprise : j’ai toujours soupçonné que si je me décidais à revoir la série, ce serait celle qui me surprendrait le plus et ça se confirme. Les défis auxquels Lynette est confrontée en tant que mère dévouée et femme ambitieuse sont nombreux, mais tous plus intéressants les uns que les autres. Je trouve que les intrigues sur sa vie professionnelle apporte un humour nouveau et des dynamiques intéressantes. Surtout, c’est le travail permanent sur son couple avec Tom qui me plaît. Ils sont cette saison un véritable exemple de couple solide et un exemple pour naviguer face aux difficultés. Les pressions sociales et les sacrifices nécessaires pour réussir dans sa carrière mettent à l’épreuve sa relation avec son mari, mais ils trouvent toujours un terrain d’entente.

Cela dit, plus la saison avance, plus il est évident qu’il faut arriver à la conclusion de cette intrigue : une fois Tom embauché avec Lynette, je trouve que la série patine énormément avec les deux personnages et ne sait plus trop quoi proposer. En plus, voir Tom en ménagère, c’était une idée sympa, mais elle est trop vite mise de côté pour se concentrer uniquement sur Lynette.

Susan | Bree | Lynette | Gaby

Gabrielle ou la plus problématique de mes coups de cœur d’enfant

Gabrielle Solis, je l’ai toujours aimée. Cette saison l’a fait évoluer de la bimbo superficielle à la mère aimante, en théorie. En pratique, c’est le début d’un long parcours où son évolution n’arrête pas de tourner en rond et de faire des virages peu réussis à 180°. Gaby est de plus en plus égoïste, tout en étant a priori prête à devenir mère.

La perte de son bébé suite à la chute dans l’escalier, c’était horrible ; la scène du ballon, elle m’avait marquée à l’époque et elle continue d’être sacrément efficace aujourd’hui. En revanche, j’ai toujours un problème avec le traitement de sa grossesse qui n’a pas mentionné l’avortement ; son mariage avec Carlos est l’exemple même d’un couple toxique à fuir absolument (et puis, toute cette partie en prison, bordel, que de clichés qui s’accumulent !), et les moments émouvants ne compensent pas trop les défauts. Bien sûr, cette saison dévoile une autre facette de son personnage complexe, mais Gaby m’a surtout tapé sur le système.

Tout l’inverse de quand j’étais enfant, donc. Après, comme pour Susan, il faut noter qu’elle est toujours aussi belle, qu’Eva Longoria est géniale et que le personnage a les répliques les plus cinglantes – et donc souvent les plus drôles ! Bref, je suis partagé…

Susan | Bree | Lynette | Gaby

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Un double fil rouge : les Applewhite et les conséquences de la saison 1

Dans cette saison 2, deux intrigues majeures se dessinent en parallèle, liées à la saison précédente et aux personnages clés. D’une part, une famille intrigante vient s’installer à Wisteria Lane, les Applewhite. D’autre part, nous explorons les conséquences des événements de la saison 1, avec les conséquences de l’intrigue du suicide de Mary-Alice qui continuent de hanter la série… sans parvenir à être aussi captivantes.

Les Applewhite | Les Young

Les Applewhite : un mystère qui tombe à l’eau

En théorie, un mystère s’installe dans cette saison avec l’arrivée des Applewhite à Wisteria Lane. Cette famille énigmatique composée de Betty, Matthew et Caleb cache des secrets qui promettent d’apporter du suspense à la saison. Malheureusement, le fait que ce soit un revisionnage a cassé pas mal de choses. Autant j’avais oublié bien des détails de l’histoire de Mary-Alice, autant je me souvenais de tout ou presque concernant les Applewhite.

Il faut dire que cette intrigue est beaucoup moins développée que celle de Mary-Alice en fait : tout est très vite dévoilé (notamment la présence de Caleb), un sentiment renforcé par un revisionnage rapide. Finalement, ce qui devait être le mystère de la saison n’apporte pas grand-chose de mystérieux et les personnages n’arrivent jamais vraiment à se mêler à la vie du quartier.

Il y a un sursaut en cours de route quand Betty fait du chantage à Bree et globalement, j’adore le personnage de Betty qui fait tout pour le bien-être de ses enfants en les traitant super mal… mais l’ensemble manque vraiment d’une morale et de vrai mystère. OK, il y a des twists sympathiques, seulement l’intrigue permet juste de découvrir que Danielle est encore plus psychopathe que sa mère.

Quant à la conclusion concernant Matthew, elle est toujours aussi brutale et horrible ; surtout pour Betty qui ne peut que porter sa culpabilité loin de Wisteria Lane sans qu’on ne nous explique jamais ce qu’elle devient après de tels événements traumatiques.

De même, à voir ça en 2023, on se dit que c’est dingue que personne ne parle plus que ça du racisme ou des violences policières. Il semble vraiment évident que les flics auraient pu tirer ailleurs que dans son cœur…

Autrement dit, bien que l’intrigue des Applewhite promettait d’être fascinante, elle a été malheureusement sous-développée et résolue rapidement. Les opportunités de développer davantage les personnages de Betty, Matthew et Caleb ont été manquées tout au long de la saison, laissant un sentiment d’inachevé et de frustration.

Les Applewhite | Les Young

Les conséquences de la saison 1 : Paul, Zack et Felicia

Les répercussions des événements de la saison 1 sur la vie de Zack Young et sa relation avec ses proches sont au cœur de cette saison, et ça, sincèrement, je l’avais complètement oublié ! Cela ne fait que me confirmer que je n’aimais pas trop ces personnages enfant. Maintenant que je suis adulte et bien… Je ne les aime toujours pas, mais en tout cas, je trouve qu’ils apportent tout de même quelque chose à la série.

Les secrets dévoilés autour de Zack, son lien avec Felicia Tilman et l’impact sur sa vie et celle de sa famille sont autant d’éléments qui ajoutent une couche de complexité à l’intrigue : très vite, ça vient briser le bonheur de Susan et Mike et très vite, le retour de Paul en rajoute pile comme il faut. Les tensions et les manipulations sont constantes entre ces personnages, et ça permet souvent d’apporter des moments de légèreté malgré le drama.

De ce point de vue-là, le plus drôle est très clairement le retour de Felicia Tilman et son désir de vengeance, semant la peur et le chaos chez Paul. Son personnage, toujours aussi manipulateur et déterminé, est là pour apporter de la peur… mais finalement, elle m’a fait plus rire qu’autre chose. Pourtant, la conclusion de cette intrigue, avec Felicia qui se fait passer pour morte et Paul qui finit en prison, est sacrément terrifiante.

Il est difficile d’être du côté de Felicia, même si elle ne fait que venger la mort de sa sœur… Elle provoque un malaise partout où elle passe qui me fait rire, mais ça montre aussi les limites de l’intrigue proposée en saison 1 : on veut nous faire nous attacher à Paul, sauf que bon, c’est un criminel ; mais Felicia aussi ; et Zack est insupportable comme fils pour Mike… Non, sérieux, on veut juste que tout ce petit monde sorte de la série parce que les scénaristes ne peuvent plus rien en faire. Et on voit bien qu’ils le savent avec cette fin de saison 2, laissant des portes de sortie pour chacun d’entre eux.

Les évolutions des personnages | Un double fil rouge | Les thèmes sociaux | En bref

Les thèmes sociaux

Desperate Housewives ne se contente pas de divertir, elle aborde également des thèmes sociaux pertinents qui résonnent encore aujourd’hui… Mais pas toujours comme on aimerait. Voici quelques-uns des thèmes explorés dans la saison 2 :

Pression sociale | Violence | Discrimination

Maternité, pression sociale et conciliation travail-famille

La série met en évidence les défis auxquels les personnages sont confrontés en tant que parents, les pressions sociales liées à la maternité et les difficultés à concilier le travail et la vie de famille. Ces thèmes résonnent avec de nombreuses personnes qui jonglent avec les attentes de la société tout en élevant une famille : que ce soit Lynette qui se retrouve à culpabiliser de ne plus voir ses enfants (et bordel, l’acteur interprétant Parker est brillant !) ou Bree qui se rend compte qu’elle ne maîtrise plus ses enfants (bordel, l’abandon d’Andrew, c’est toujours aussi violent… et redécouvrir la raison pour laquelle elle le fait est tout aussi dérangeant !), la pression sociale vis-à-vis de la maternité est vraiment explorée sous tous ses aspects.

Dans une moindre mesure, Susan est l’exemple inverse : on peut difficilement la sentir victime de la pression sociale quand elle a une fille si parfaite, mais c’est finalement Julie qui se retrouve trop souvent avec le rôle de l’adulte.

La série est aussi super dérangeante par bien des aspects, surtout en ce qui concerne Gabrielle. Elle découvre dans cet épisode sa volonté d’être mère quand elle perd son bébé et je pense que le pire reste le racisme ambiant sur toute l’intrigue de fin de saison pour Gaby et Carlos. Ils auraient mieux fait d’en rester à la bonne sœur, ça au moins c’était culte… Parce que « sauver » une étrangère chinoise en situation illégale pour finalement l’employer (comme esclave !) et faire d’elle leur mère porteuse, c’était juste horriblement dérangeant ! C’est fou que ce soit passé à l’époque, une intrigue comme ça se ferait, j’espère, bien plus épingler aujourd’hui… Et ça dès qu’il est question d’aller acheter une maman.

Après, bien sûr, c’est terrible comme les deuils successifs que doivent faire Carlos et Gaby en tant que parents sont marquants. Dommage : ils semblent plus nous marquer nous que marquer les personnages…

Pression sociale | Violence | Discrimination

La violence conjugale

Desperate Housewives aborde de manière réaliste la violence conjugale et ses impacts émotionnels et psychologiques. À nouveau, difficile de ne pas penser à Gabrielle qui se fait maltraiter en permanence par Carlos. Je me souviens avoir été marqué enfant par Lynette qui me paraissait très violente avec Tom (pour ne pas utiliser le mot « castratrice »), mais en fait, la vraie violence vient du couple Gaby/Carlos ; et en permanence !

Les coups sont aussi bien psychologiques que physiques, et Gaby est certes victime, mais elle sait aussi se montrer une agresseuse redoutable. Ca ne fait que se confirmer quand elle se bat avec la sœur d’ailleurs. On dira que la série a sa propre vision de la religion, hein.

Vingt ans plus tard, en revanche, je regrette que la série ne prenne pas le temps d’aborder toutes ces questions de manière plus explicites. Les graines sont là, mais tout le monde ignore le problème et tourne le regard… C’est d’autant plus dérangeant que la voix off de Mary-Alice commente tout ce qu’il se passe et est censée apporter une réflexion acerbe et un point de vue ayant théoriquement le recul nécessaire pour critiquer ce qu’il se passe. Seulement, ça, elle ne le fait pas, parce qu’à l’époque, ça restait tabou. C’est étonnant de voir une série qui brise plein de tabous être bridée sur d’autres questions ; et on ne le voyait pas à l’époque.

Pression sociale | Violence | Discrimination

Discrimination et préjugés dans la société

La saison 2 soulève également, bien sûr, des exemples de discrimination et de préjugés auxquels les personnages sont confrontés. Que ce soit le racisme avec les Applewhite, l’homophobie avec Andrew ou d’autres formes de discrimination, la série nous pousse à réfléchir sur ces problèmes sociaux et leurs conséquences sur les individus concernés. Le fait qu’Andrew devienne un tel psychopathe obsédé par la revanche sur sa mère, notamment, fait froid dans le dos. Seulement, cette saison 2 ne parvient pas à apporter pour autant un vrai commentaire social sur tout ça. Elle se contente de le mettre en scène, sans vraiment le commenter.

Le traitement du handicap dans la saison 2 est un autrement élément important de l’intrigue des Applewhite qui, lui, est davantage réussi. Là-dessus, on sent que la série parvient à briser certains silences et tabous. Ainsi, la série aborde cette question de manière sensible, montrant les défis auxquels les Applewhite font face et la maltraitance que fait subir Betty à Caleb. Oh, après, bien sûr, c’est gênant que ce soit Matthew qui soit celui qui le dénonce le plus (quoique j’ai en tête une scène où Danielle le fait aussi, ouf) quand finalement il est tout aussi responsable de ce qui est en train de se passer. Et puis, la conclusion donne trop raison à Bree qui fait la morale à Betty, ce qui pose des problèmes de racisme à nouveau.

L’histoire des Applewhite met en lumière la volonté de Betty de protéger son fils Caleb et de veiller sur lui, tout en cachant leur situation aux yeux des autres… et on comprend bien que c’est finalement ce qui provoque un tas de problème.

Les évolutions des personnages | Un double fil rouge | Les thèmes sociaux | En bref

En bref

En revisitant la saison 2 de Desperate Housewives, j’ai retrouvé avec plaisir l’univers fascinant de Wisteria Lane et ses habitantes décidément attachantes, mais avec un recul nouveau : celui de la modernité qui fait vieillir certaines intrigues plus vite que d’autres. La saison 2 semble ainsi moins moderne que la première, et le fait de me souvenir des intrigues a parfois permis d’y réfléchir plus longuement.

Néanmoins, la série continue d’aborder des thèmes sociaux importants et de le faire avec audace en étant en avance sur son temps, ce qui la distingue toujours des autres comédies dramatiques. Si vous avez besoin d’une bonne dose de drame, de rires et de réflexion, je vous recommande vivement de vous replonger dans la série. Surtout pour l’humour, en fait ; elle fait vraiment rire en permanence et mérite ainsi d’être (re)découverte !

Quant à moi, j’ai donc continué mon visionnage et terminé avant-hier la saison 3… J’en parlerai prochainement sur le blog, mais je peux déjà dire que j’ai été surpris de voir Orson débarquer si vite en saison 2, et surtout de cette manière-là. C’était carrément inattendu de redécouvrir qu’il connaissait Susan avant Bree… mais j’aime toujours autant le début de leur relation à l’hôpital psychiatrique !

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Elemental : feu d’artifice ou pétard mouillé ?

Salut les cinéphiles,

Après une semaine chargée et interminable, avec en prime quelques émotions, j’ai décidé de me détendre en regardant le dernier film d’animation de Pixar, Elemental – ou Elémentaire en VF. Et je dois dire que c’était une belle manière d’entamer mes vacances – laissez-moi y croire, je ne fais plus cours, j’ai décidé que j’y étais même si c’est entièrement faux !

L’avis sans spoiler

Pour ceux qui ne connaissent pas encore, Elemental nous emmène dans un monde où les éléments naturels vivent en ville. Le film suit l’histoire d’Ember Lumen, un élément de feu, et Wade Ripple, un élément d’eau, dont la rencontre va tout bouleverser – ou au moins bouleverser leur vie. Le film explore leur relation, ainsi que leurs interactions avec leur environnement et leur famille.

C’était très sympathique, très beau à voir, mais pas forcément aussi percutant que je l’aurais souhaité en ce qui concerne l’intrigue et les messages du film. Elemental est un film visuellement époustouflant qui aborde des thèmes importants, mais il y a plusieurs messages et c’est peut-être le problème : c’est un peu brouillé et il est difficile d’être pleinement embarqué dans les émotions tant le film joue sur plusieurs tableaux.

Malgré tout, Elemental reste un film à voir, ne serait-ce que pour sa beauté visuelle et son univers original. Et puis, c’est un film qui peut être apprécié par tous, quel que soit l’âge ou la situation. Que vous soyez en famille, seul, en couple ou célibataire, ce film a quelque chose à offrir. Il est parfait pour un rendez-vous amoureux, avec son mélange d’aventure, de romance et de moments touchants, mais il est aussi assez simple et divertissant pour être apprécié par les enfants…

Allez, si vous l’avez déjà vu, on peut continuer d’en parler ensemble histoire que je vous donne un avis plus détaillé… Attention, vous l’aurez compris, dans la suite de cet article, il y a quelques spoilers !

Une animation époustouflante

Le film est une véritable merveille visuelle, avec de superbes paysages et des moments marquants entre les personnages. C’est un véritable spectacle visuel. Des scènes comme la découverte de la ville, le tour en montgolfière, l’opposition eau/feu lorsqu’Ember et Wade se touchent, l’exploration sous l’eau avec la floraison et tous les moments avec du verre soufflé sont particulièrement marquantes. La technique et les effets spéciaux sont impressionnants, au point où j’ai même eu l’impression de voir une photo plutôt qu’un dessin animé lors de la scène du barrage qui cède, par exemple. C’est déstabilisant et impressionnant à la fois !

Un autre point positif est que l’univers est original tout en étant facile à comprendre – et facile à mettre en place. En fait, c’est peut-être la plus grande réussite du film : la mise en place de l’univers est impressionnante, avec beaucoup de décors et détails pour un dessin animé ! À cet égard, le générique de fin est un vrai plaisir à regarder, parce qu’il permet de voir la quantité de travail effectuée pour que cet univers regorge de détails (et de jeux de mots faciles et stupides, mais j’en suis friand, vous vous en doutez !).

Au-delà d’Ember et Wade, il y a aussi toute une galerie impressionnante de personnages secondaires : on sent qu’il y a là des pistes à explorer pour de futurs courts-métrages, et je ne doute pas qu’ils le feront. En attendant, c’est un film qui stimule beaucoup l’imagination et ça fait du bien ! Cela dit, malgré ces nombreux personnages et comme dans beaucoup de Disney ou Pixar, les couples (à la fin notamment) semblent un peu forcés et provoqués par manque de choix. Si je n’aime pas les triangles amoureux, là on a un peu l’impression que Wade est le seul prétendant crédible pour Ember, parce que le petit qui la harcèle avec ses fleurs sous les aisselles, c’est marrant, certes, mais ça ne risquait pas de la faire vibrer !

Quelques déceptions

Bref, le film représente aussi quelques déceptions et n’invente pas l’eau chaude. Ainsi, les designs des personnages m’ont laissé parfois sceptique, à l’image de l’intrigue. Par exemple, j’ai une petite déception pour les nuages et le vent, assez basiques et très peu développés. Pas fan non plus des scènes de sport aérien… Tout le monde n’est pas capable d’inventer aussi bien que le Quidditch de toute évidence !

Ember et Wade sont des personnages très intéressants séparément, mais leur dynamique n’est pas toujours crédible. Leur romance semble un peu précipitée et forcée, comme si Wade était le seul prétendant crédible pour Ember. C’est un peu décevant, surtout dans un film qui par ailleurs brise certains clichés sexistes avec un personnage masculin qui n’hésite pas à montrer ses émotions – les torrents de larmes finissent même par être un running gag lourd… ce qui les empêche d’avoir la dimension émotionnelle attendue dans une des scènes de fin en ce qui me concerne. Ainsi, l’évolution d’Ember est certes très efficace, mais je regrette qu’en 2023, il lui faille un copain pour enfin s’affirmer. Certes, Wade est un garçon qui casse beaucoup les clichés sexistes à évoquer ce qu’il ressent, mais il reste le sauveur de la demoiselle en détresse (et de la flamme) qui aurait pu, il me semble, s’en sortir sans lui.

En parlant de déceptions, parlons d’ailleurs de l’intrigue. Bien que classique, elle aborde des thèmes importants comme l’immigration, l’identité et le sacrifice. Le film parle d’immigration de manière originale avec la famille d’Ember qui représente en fait l’immigration asiatique aux USA. Si cela reste un point fort du film, j’ai trouvé décevant que ce soit fait avec moins de subtilités et nuances que d’autres films récents, comme Turning Red ou même Over the Moon de Netflix. J’aurais aimé voir ce dernier au cinéma d’ailleurs… Là où je me dis qu’Elemental aurait pu être vu sur mon canapé sans que ça me dérange car j’ai une télévision HD (un peu comme pour Soul).

Le début du film est néanmoins très touchant, montrant l’évolution de la famille d’Ember, ce qui rappelle le film haut (d’ailleurs mis à l’honneur par un court-métrage sympathique juste avant la projection). La dynamique familiale reste efficace pour l’héroïne, avec une volonté de plaire à/d’être acceptée par son père qui se voit durant tout le film. C’est l’inverse de Wade, à la famille très réussie aussi mais avec une dynamique différente (plutôt famille nombreuse, riche et libérale, ouverte d’esprit sur la relation entre Wade et Ember). Malgré tout le positif, tout ça n’est pas vraiment exploré autant que ça le devrait, donnant l’impression de rester souvent à la surface – un comble pour ce film.

Après c’est un film qui aborde beaucoup la notion de sacrifice – sacrifice personnel sur le moment pour le bien sur du long terme – alors c’est peut-être normal de sacrifier certains aspects présentés pour en mettre d’autres en avant. Cependant, comme je le disais en introduction, ça a fini par me poser problème, en donnant l’impression que le film voulait trop en faire. À jouer sur tous les tableaux, Elemental finit par manquer d’âme et d’émotions à certains moments-clés – ou plutôt, moi, en tant que spectateur, je n’ai pas réussi à ressentir ce qu’on voulait me faire ressentir.

Pour finir cette partie sur mes déceptions, terminons sur une note musicale. La bande sonore, composée par Thomas Newman, est très bien, même si elle ne m’a pas spécialement marquée. En fait, je dirais même que j’en retiens surtout le générique de fin qui est sympa – la chanson est très bien et finira dans ma playlist Spotify du mois de juin – mais bon, il n’est pas par Thomas Newman. La majorité du temps, la musique originale du film est effacée ou mise de côté pour des chansons. C’est un choix qui fonctionne… mais un peu décevant pour un film d’animation, dont je retiens souvent l’univers musical habituellement.

En bref

Malgré quelques défauts, Elemental est un film que je reverrais probablement, surtout pendant une période de vacances. Il a tous les éléments d’un bon film de Noël : une histoire touchante, des personnages attachants et une animation, je le redis, époustouflante. Je le recommande donc à tous ceux qui ont l’occasion de le voir.

Cependant, bien que l’expérience du cinéma ajoute toujours quelque chose de spécial, je ne pense pas que ce soit nécessaire pour apprécier ce film si vous avez un bon écran HD chez vous. Que vous le regardiez sur grand écran ou en blu-ray/streaming à l’occasion dans quelques mois, Elemental est une expérience à ne pas manquer pour une soirée où vous aurez envie de passer un bon moment avec un brin de féérie. Bref, pas un pétard mouillé, mais pas le feu d’artifice du 14 juillet non plus !