Je ne suis pas aussi hypé que je l’espérais quand j’entendais parler de la série, mais je vois tout le potentiel qu’elle a rien qu’avec ce pilot. L’épisode m’a paru un peu long par moment, parce qu’il introduit plein de pistes et de choses différentes. Il est plutôt inattendu dans ses twists et je ne vois pas du tout vers où ils se dirigent. Si vous en doutiez, si, c’est une bonne chose : la surprise est la bienvenue, l’ambiance est intéressante. J’attends juste d’accrocher davantage aux personnages, maintenant, je crois que c’est ce qu’il va me manquer malgré le casting excellent.
Spoilers
Widow’s Bay est frappée par un phénomène étrange en pleine nuit : coupure de courant et tremblement de terre.
Why are you mayor of this town if you hate everyone this much ?
Etonnant début pour une série qui s’est attirée les faveurs de plein de sériephiles : j’ai l’impression d’être devant Les Dents de la Mer. On voit un vieil homme dans un bateau en train de papoter à la radio avec un autre type tout aussi âgé, probablement dans un phare. Toutefois, l’ambiance change radicalement très rapidement : l’homme aperçoit ainsi plein d’oiseaux qui s’affolent dans le ciel, une bonne brume arrive, le radar s’affole et tout est d’un coup super sombre. OK. On va dire que ça pose une ambiance.
Tout est sombre, oui, et ce n’est que le début. A quelques miles de là se trouve une petite île qui, à 2h06, perd toute l’électricité subitement. On enchaîne sur un tremblement de terre qui réveille le maire en pleine nuit. Tom, c’est son nom, se précipite dans la chambre de son fils, qui n’est pas là – trop occupé à se droguer dans sa voiture.
J’aime bien l’introduction qui nous montre directement une situation de crise pour le maire, mais j’ai un peu de mal à repérer les personnages à ce stade. À la mairie, il y a donc une certaine Rosemary et une Ruth, Rosemary a parlé à Mitch à propos des pannes de courant. Le courant met du temps à revenir jusqu’à la mairie, mais ça finit par être le cas. Soit.
Un tremblement de terre sur une petite île qui n’est pas habituée à ça, c’est étonnant. C’est une catastrophe pour Tom, surtout qu’il sait qu’un journaliste doit arriver bientôt pour faire un article sur son île – et c’est un article déterminant pour la survie de l’île, qui a besoin de son tourisme estival, apparemment.
J’avoue que j’ai eu du mal à accrocher à ce début (Ruth, l’assistante âgée, a l’air amusante), mais soit : le journaliste, Arthur, finit par arriver et Tom lui fait la pub comme il peut. Il n’est pas aidé : le ferry arrive en avance et est conduit par un homme qui assure au journaliste qu’il se passe d’horribles choses sur l’île, Tom essaie de faire un cours d’histoire positif sur l’île, mais le musée le contredit : celle qui le tient lui rappelle qu’il y avait 43 colons à la base et un article de journal encadré rappelle que dans l’histoire de l’île il y a du cannibalisme.
Voilà une île qui ne donne pas forcément envie de passer de bonnes vacances. En fait, je serais le journaliste, je crois que je prendrais la décision de me barrer au plus vite. Ce serait encore plus vrai si je savais que le maire tenait une réunion avec ses conseillers pour leur demander de me surveiller 24h/24. Et si en plus pendant cette réunion, il était question d’un brouillard qui fait disparaître des gens… Ouais, je me barre.
Heureusement pour nous, il ne s’agit que d’une série alors j’aime bien l’idée : Wyck, l’homme du phare si je ne me trompe pas, vient voir le maire pendant la réunion pour expliquer que l’île est maudite et que ça a commencé. Selon lui, le brouillard de la nuit précédente a fait disparaître Shep, l’homme sur le bateau, et ce n’est que le début avant que la malédiction ne s’abatte sur tous les habitants de l’île.
Bien sûr, le maire est hyper rationnel et ne croit pas à cette théorie. Il n’en faut pas plus pour que j’y adhère… sauf que le shérif appelle au même moment pour annoncer que Shep a été retrouvé. C’est du moins ce que dit le maire à ses conseillers et à Wyck. Malheureusement, ce n’est pas le cas : il ne fait que mentir à tous ses collaborateurs pour gagner du temps.
Il y en a une qui commence à s’inquiéter tout de même, surtout qu’elle a elle-même vécu un événement traumatisant par le passé quand le Croquemitaine est venue chez elle pour la tuer. Voilà autre chose. Elle semble vraiment convaincue, contrairement à Tom.
OK, il y a énormément de pistes ouvertes pour une saison de dix épisodes là, mais l’introduction n’est toujours pas terminée : Tom rentre chez lui et trouve son fils en train de se faire un bon joint dans le jardin. Décidément, c’est un gamin insupportable, ça promet. Bon, il s’agit d’un ado défoncé, mais Tom essaie quand même de le raisonner et de lui parler sérieusement. En vain.
Je commençais à décrocher, mais la sirène d’alarme de l’île se met à sonner pour réveiller mon attention. C’est Wyck qui lance l’alarme, et tant pis pour le journaliste du New-York Times qui est venu écrire sur l’île. Tom le prend mal – et le prend personnellement – mais il décide tout de même d’aller parler avec Wyck.
Il semblerait qu’il soit l’ancien maire vu la tournure de leur conversation, mais bon, je ne le garantis pas. Ce qui est sûr, c’est que Wyck n’aime pas Tom, qu’il voit comme un énorme couard, et qu’il a plein d’infos sur le passé de l’île. Il promet donc une malédiction qui se réveille avec le tremblement de terre. C’est déjà arrivé en 1846, avec une brume mangeant les âmes et une terrible maladie s’emparant de tous les habitants de l’île, puis en 1873, avec un bateau crashé volontairement par le maire de l’époque qui convoitait la jeune épouse du capitaine.
Oddly specific, right ? Patricia a les meilleures questions, et ça me tue de la voir s’embarquer dans des explications délirantes sur la différence d’âge. La série avance toutefois rapidement vers autre chose, avec l’arrivée de Shep dans le bar où sont réunis nos personnages.
Il a passé la journée à être recherché par tous, mais il redébarque dans le bar. Tout va bien, donc. Il est emmené à l’hôpital où il reste dans le coma et où Tom vient le veiller. Pendant qu’il lit son dossier médical, Tom ne voit pas que Shep a les yeux blancs – un des premiers symptômes de la maladie en 1846. Oups.
Shep se réveille finalement pour tenter d’étrangler le maire, puis il fait un arrêt cardiaque avant d’y arriver. Cette fois, quelque chose me dit que Tom va commencer à croire à la malédiction. L’acteur est toujours aussi incroyable, en tout cas, et c’est un rôle qui va lui permettre de révéler tout son talent. Il essaie encore de rester dans son déni, pourtant : il fait la morale à Patricia qui laisse les gens l’influencer, mais on comprend bien que c’est une morale qu’il pourrait se faire à lui-même. J’aime la tournure que ça prend, à vrai dire.
Pendant son repas avec le journaliste, il oublie un temps la brume qui s’approche de l’île très clairement sur le radar, parce qu’Arthur préfère lui parler d’une autre légende urbaine : les habitants nés sur l’île seraient incapables de la quitter – et ceux qui le feraient, couic, morts. Le journaliste a vérifié le témoignage improbable de sa source, en plus, et même si c’est inconcevable, ça plante suffisamment de doute en nous pour que la série tienne la route.
J’aime bien l’idée en tout cas. Pour la suite, on repart sur du plus classique : Tom voit le brouillard s’installer en ville et flippe que son fils soit dehors. Quand les plombs sautent à nouveau, il essaie d’empêcher les clients du bar de sortir, hurle qu’il y a quelque chose dans le brouillard et… La lumière revient. Plus de brouillard. Aha. Le journaliste comprend que le maire lui joue un tour pour être le nouveau Salem. Le gag fonctionne bien.
Au-delà du gag, le doute s’installe plutôt bien, parce que le personnage de Tom est rationnel et critique les doutes qu’on veut lui imposer, mais aussi parce qu’il y a quelques fausses pistes et d’autres mystères inexpliqués, comme cette chaise de torture dans le sous-sol du bar. C’est un cliffhanger inattendu, ma foi.
