Culte – S01E05 – Les Responsables – 20/20

Tout mène tranquillement à la conclusion de la série, mais j’insiste vraiment sur le format qui aurait été encore plus passionnant si on avait eu un épisode par semaine de jeu. Tout le monde nous parle du Loft et tout tourne autour de ce qu’il s’y passe, mais nous n’avons que la vision des coulisses et, en vrai, qu’un focus sur Loana au détriment de tous les autres candidats, tous les autres dramas à gérer. Parce qu’il y en a eu. Bref, la série fait des choix ; notamment en ajoutant une part de fiction pour la critique. Ce sont des choix qui fonctionnent et qui rendent la série excellente. Difficile de décrocher !

Spoilers

L’inspection du travail se mêle du Loft, les galères financières s’accumulent.


C’est la fête des mères ?

Isabelle reçoit l’inspection du travail en l’absence de Philippe et Raphaël qui ne lui répondent pas. Elles tentent bien, avec Elena, de les garder à la porte, mais ça ne marche pas comme ça ; surtout qu’ils sont insistants et assurent que l’émission est illégale. Isabelle se débrouille comme elle peut et plutôt bien : elle refuse de reconnaître que les candidats sont des employés, parce qu’ils participent à un jeu. Ils n’ont pas de contrat de travail et ne sont forcés à rien, ils ne sont que filmés. Bien sûr que ça pose problème.

C’est marrant, je n’ai pas souvenir que ça a posé problème si vite à l’époque. Peut-être que ça avait été un peu enterré tout ça si ça a eu lieu, peut-être que la série manipule un peu la réalité pour prendre quelques années d’avance. En tout cas, la rhétorique d’Isabelle et Elena est vraiment bonne face aux inspecteurs. Elle est tout de même obligée de les faire entrer. Qu’à cela ne tienne : ils veulent rencontrer les lofteurs, ils vont devoir les rencontrer en passant à la télévision. C’est une bonne idée qui lui vient face au regard inquiet d’une des inspectrices. C’est excellent et ça fait qu’elle se fait applaudir par son équipe.

Karim est en pleine dépression, au point de ne plus s’occuper de sa sœur et de devenir violent avec sa mère. Il finit par confesser à Isabelle qu’il veut démissionner et qu’il vole les médicaments de sa sœur, ce qui pose problème. Isabelle ne peut pas se passer de lui mais l’envisage, sauf qu’un coup de fil (encore un) va tout changer : Guillermo la prévient en effet qu’un article va sortir durant le week-end pour annoncer au monde entier que Loana a un enfant.

Voilà qui n’était pas prévu, surtout que personne dans la production n’est au courant. Isabelle confronte Loana en off, pour être sûre que ce soit vrai. Une fois que c’est vérifié, il est temps de relire les contrats, et de se trouver une défense : les candidats n’ont pas le droit de participer s’ils ont des enfants à charge, mais ce n’est pas le cas de Loana, puisque sa fille est à la DDASS.

C’est assez incroyable de voir à quel point tout a été monté à l’arrache dans cette émission. En quatre mois, ils n’ont pas anticipé tous les problèmes et ont eu à gérer une sacrée pression. C’est un envers du décor qui ne fait pas forcément rêver, mais les personnages s’en sortent si bien. OK, le patron d’M6 les menace d’un procès si le CSA fait interdire l’émission quand ils se réveillent enfin (juste pour l’histoire du gosse), mais Philippe dit merde au CSA quand même. Envisager de sortir Loana, comme Raphaël le souhaitait, n’est pas envisageable.

Peu à peu, Raphaël comprend que Philippe manigance dans son dos : l’inspection du travail, ça vient de lui et c’est pour ça que Philippe l’a empêché de répondre au téléphone. Il veut tout faire saboter parce qu’ils sont grillés auprès de la profession et qu’il veut stopper les frais. Personne n’est prêt à racheter sa boîte, ils sont ruinés malgré le succès, et c’est une faillite en direct qui se profile. Pas facile d’assumer toute la pression. Raphaël fait donc un malaise en retournant au boulot. Son garde du corps le pousse ensuite à aller à l’hôpital – et Raphaël lui fausse donc compagnie sans passer par la case hôpital.

Le lendemain, Philippe n’est pas là parce qu’il veut que Raphaël rachète ses parts et le laisse tranquille, Raphaël est introuvable et Isabelle se retrouve seule à gérer la situation Loana. Elle propose donc de renverser l’histoire qui est racontée pour éviter le CSA. Facile : un article dans Paris Match pour défendre Loana et la faire passer pour une victime sauvée par le Loft suffirait à tout renverser.

Cela plaît à M6, alors Karim est envoyée à Nice pour s’occuper de convaincre la mère de Loana de faire l’interview. Loana, elle, elle est coupée du monde extérieur. Elle accepte l’article, mais pas n’importe comment : elle refuse notamment qu’une photo soit publiée. Pourtant, il y en a une qui le sera : la journaliste de Paris Match est forte et parvient à manipuler facilement la mère de Loana. Un peu de champagne, beaucoup d’argent, un séjour à l’hôtel et hop la mère de Loana cède les photos de Mindy à Paris Match. C’est beaucoup d’argent pour elle, mais voilà, ça fout PPP dans la merde. Comment voulez-vous passer pour des héros permettant à Loana de récupérer la garde de sa fille quand le père, qui pensait l’enfant mort, s’est reconnu et a demandé un test de paternité ? Le patron d’M6 n’est vraiment pas ravi.

Guillermo non plus : il reproche à Isabelle de manipuler des gamins et d’être plutôt monstrueuse. Il l’avait prévenue pour qu’elle aide Loana, pas pour la détruire davantage. C’est précisément ce qu’il se passe : Loana se sent utilisée quand elle apprend ce qu’il s’est passé ; d’après la série en tout cas. Karim observe tout ça, en tout cas. Il est toujours amoureux d’elle, se débarrasse du courrier des fans pour elle et inquiète même Elena qui voit bien qu’il a développé des sentiments pour elle. Et ce n’est pas très sain.

Rien n’est sain avec le Loft de toute manière. La preuve, même Charlotte se met dans des états pas possibles : elle pleure la mort du grand-père de Jean-Edouard, se plaint de reconnaître les candidats au bruit qu’ils font en se brossant les dents et se drogue avec Karim. Celui-ci va mal, essaie de l’embrasser et quand ça ne fonctionne pas, il s’enfuit.  Il passe par un couloir de régie et décide de se masturber devant Loana. Ben tiens. Y a toujours eu des rumeurs sur la question.

Bien sûr, Charlotte prévient Isabelle qui le retrouve et le vire sur le champ, provoquant un scandale en hurlant quand Elena lui demande de se calmer. Loana entend qu’il se passe quelque chose et tout le monde va donc savoir ce qu’a fait Karim – ou ce qu’il n’a pas fait selon lui.

En parallèle de tout ça, la vie perso de chacun continue encore. Isabelle se rend ainsi compte que c’est la fête des mères grâce à une caricature peu flatteuse de Charlie Hebdo – et elle comprend qu’elle est supposée être chez ses parents et qu’elle a oublié. En passant par l’assistante de son père, elle découvre que toute la famille est au restaurant, sans elle. Elle a beau s’incruster, ça tourne assez mal quand ça commence à parler du Loft, parce qu’elle est une déception pour son père. Il a de jolis mots pour parler du vide qu’est cette émission – et de la réponse qu’elle est pour tous les bas instincts. Certes.

Isabelle quitte le repas de famille et pas de bol, quelques jours plus tard, son père se fait agresser à un vernissage… Précisément à cause du Loft. Il est vrai que cela va trop loin.

Raphaël ? Il quitte la capitale pour se rendre devant chez son père avec qui il ne parle plus trop. Et pour cause : il a refait sa vie apparemment. Y a un autre enfant en tout cas. C’est triste, ma foi. Il met vite de côté son père et retourne auprès de son père adoptif – Philippe. Il lui demande de convaincre le CSA de ne pas arrêter l’émission, en vain. Pour lui, PPP est terminée, surtout que TF1 ne renouvelle pas le Bigdil et Exclusif. Cela fait mal, forcément, au point de le faire évoluer : il va désormais à l’hôtel avec sa femme plutôt que ses prostituées. Ecoutez, chacun voit le progrès où il veut.

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Culte – S01E04 – Les Ordures – 19/20

On entre bien plus dans le vif du sujet et des décisions radicales qu’il faut prendre souvent en dernière minute – ou après la dernière minute. Gérer un tel succès d’audience, faire en sorte de le faire grandir, anticiper les problèmes… Clairement, la vie d’une production n’est pas simple. Certaines sous-intrigues plus fictives semblent tout droit sorties d’Unreal, mais franchement, c’est une belle série.

Spoilers

La scène de la piscine provoque bien des remous.


Ben ils savent qu’il y a des caméras.

Difficile de décrocher de sa télévision, même si on sait déjà tout ce qu’il s’est passé en 2001. Vingt secondes de sexe à la télévision, c’est long. À la radio, on en parle et ça fait stresser Raphaël et Philippe qui envisagent déjà de virer Isabelle. Elle sait qu’elle a déconné, mais en même temps, voilà que le patron d’M6 a un discours totalement inverse et improbable : il est très content de l’émission. Le Parisien a titré sur Jean-Edouard et Loana, ça va donc rapporter de l’argent et surtout de l’audience. C’est exactement ce qu’ils cherchent.

La quotidienne est donc montée avec juste assez pour qu’on sache ce qu’il se passe entre eux… et ça fonctionne, toute la France en a parlé d’une manière ou d’une autre. En vrai, seulement 32% d’audience. C’est suffisant pour que les parents d’Isabelle ne soient pas contents du tout (« J’ai pas rejoint le FN, on va s’calmer » est une réplique si géniale, j’adore… mais comment on a fini où on en est ?) que leur nom soit associé à ce programme. Si ça peut se comprendre, en vrai, elle va redonner une célébrité et pas mal d’argent à leur nom, hein.

En attendant, il faut gérer tout le drama autour de la piscine : faire retirer les photos d’internet (à l’époque déjà, oui), les gens qui se demandent si ce sont des comédiens, le public qui fait de plus en plus d’actions un peu folles contre les bureaux de production, les associations qui déposent des plaintes… C’est quelque chose, tout de même, et les annonceurs se retirent. Tout le monde y met du sien pour pourrir le loft et l’équipe cherche alors des alliés plus intellectuels pour les défendre, parce qu’Isabelle résume bien les choses : ceux qui les font chier, c’est un petit cercle bobo très parisiens finalement.

Quand il s’agit de supprimer les photos et vidéo de la piscine, Elena galère : il y a toujours des gens pour la remettre en ligne. Et pour cause : Raphaël comprend qu’il y a du côté des locaux de TF1 une vraie haine et un mouvement qui se met en place pour les détruire. Ce sont eux qui appellent les annonceurs pour qu’ils se retirent les uns après les autres et c’est le patron de TF1 qui fait une déclaration dans les médias pour les traiter de télé-poubelle. Je suis un peu inquiet pour ma propre santé mentale de connaître si bien la déclaration d’ailleurs – même si ça a un peu été un bout de mes études, il y a des phrases que j’étais capable de dire en même temps que l’acteur, ça m’inquiète, cherchez pas. Le CSA dans tout ça ? Ils sont décrits comme des vieux incapables de faire quoique ce soit si ce n’est toucher leur salaire et… outch. Ils ne font que demander moins de cigarettes à l’écran.

Le rythme s’emballe en tout cas : il y a des actions avec des ordures vidées devant les locaux d’M6 et des tentatives d’invasion du loft… mais bizarrement, la série se contente de reprendre les images des médias de l’époque sans vraiment nous présenter les réactions des personnages. Cela change lorsqu’Isabelle reçoit par la poste un… œil. Arraché, donc. Comme ça va trop loin, décision est prise de leur attribuer des gardes du corps.

Isabelle passe par Guillermo pour avoir une interview qui lui permette de défendre l’émission et, contre toute attente dis donc, ça se termine mal. Evidemment que ça se termine mal : il fait son boulot de journaliste parce que ça existait encore à l’époque et appuie là où ça fait mal. Cela dit, ça motive Isabelle à prendre des décisions radicalement différentes pour la suite de l’émission.

De son côté, Karim vit de plus en plus mal ce qu’il se passe à la fois dans le loft et hors du loft. Hors du loft, il s’endort dans le RER et rentre tard chez lui, parce qu’il passe trop de temps au boulot. Il ment aussi à sa mère, lui expliquant qu’il a rencontré quelqu’un… et quelqu’un serait Loana. Bon. Il me semble assez clair que son personnage est là pour nous montrer un versant problématique de la télé-réalité où on s’attache trop à des personnalités ?

En tout cas, heureusement qu’il est amoureux d’elle pour surveiller ce qu’elle fait. Il se rend compte que c’est Loana qui bouffe les Chocapic de Steevy sans prévenir au beau milieu de la nuit, mais aussi qu’elle se brosse beaucoup de fois les dents. Inquiet, il en arrive à analyser que Loana se fait vomir. Isabelle refuse de regarder la fameuse caméra des toilettes (je reste à peu près sûr qu’il y a des gens qui regardent en vrai, mais bon), mais propose qu’elle puisse voir le psy.

On a le droit à une scène assez irréaliste où Loana rencontre effectivement le psy dans le garde-manger du loft. Sans micro, sans caméra, elle joue quand même le rôle qu’on veut qu’elle joue et en une scène, l’actrice parvient sans mal à faire transparaître le mal dans lequel Loana se trouve : d’un côté elle traite d’enfoiré Jean-Edouard, de l’autre, elle veut encore le séduire… et le psy fait un raccourci entre Jean-Edouard et la figure paternelle qu’elle déçoit, parce qu’elle les nomme de la même manière : l’enfoiré. C’est si dur. Loana accepte de revoir le psy et de suivre une thérapie, mais c’est tout ce qu’Isabelle en saura.

En attendant, Jean-Edouard et Aziz sont nominés, nommés, nominés ? La blague sur la décision qui est prise à l’arrache sans vérifier et qui lance une tradition de près de 20 ans du mauvais terme, c’est quelque chose. Karim y voit une opportunité de sauver Loana de son calvaire et d’être son prince charmant : il propose donc à Isabelle et Elena de manipuler l’émission. Si la dernière est contre, Isabelle se laisse convaincre et fait diffuser des magnétos anti-Jean-Edouard pendant le reste de la semaine.

Pourtant, le soir du prime, elle change d’avis : elle comprend suite à l’interview avec Guillermo qu’elle n’aura jamais le respect de la sphère intellectuelle parisienne et décide, en en parlant qu’à Raphaël et pas Philippe, de renverser la situation. Si elle atteint les 40% d’audience, les annonceurs s’aligneront avec elle et la peur règnera de leur côté, pas du sien. Elle décide donc de garder Jean-Edouard : huée au prénom d’Aziz, interview des proches de Jean-Edouard et arrêt des votes au moment opportun pour le garder, voilà les manipulations que nous propose la série.

De son côté, Raphaël trahit Philippe en direct en proposant à M6 de mettre le Loft Story en même temps que le Bidgil, histoire de bien les couler et parce qu’on ne les regrettera que cinq minutes. Ironique quand on sait qu’en 2025, le Bigdil fait son retour… et en même temps, l’une est plus culte que l’autre, quoi.

Bref, dans cet épisode tout semble bien aller pour Isabelle alors qu’on s’approche de la fin. Elle peut tranquillement se faire passer pour Dieu en manipulant les votes et en faisant en sorte que Jean-Edouard reste au profit d’Aziz. Que c’est triste pour Aziz. Que c’est triste pour Karim aussi, qui s’énerve de plus en plus et va de plus en plus mal. Charlotte comprend qu’il prend plus de médicaments (il a été jusqu’à trafiquer pour se faire une fausse ordonnance !) et Isabelle finit par lui demander de prendre son week-end, histoire qu’il retrouve son calme. Elle garde Jean-Edouard pour l’audience, et elle fait bien : les résultats sont sans appel, elle atteint 41% d’audience et tout le monde ne parle plus que d’eux. Même l’inspection du travail. Beau cliffhanger.

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Culte – S01E03 – Les Amateurs – 18/20

C’est fou comme il se passe plein de choses dans cet épisode, l’air de rien. Il faut dire que le loft, ça a été vite. Le point d’orgue de la mini-série est donc LA scène la plus culte du Loft et ça paraît assez logique que cet épisode y arrive progressivement. Cela fonctionne plutôt bien dans la dynamique de la série, avec en plus les histoires qui s’entremêlent et le drama d’une série plus classique qui prend le dessus. Vraiment, c’est une réussite cette production. Il faut qu’on croire qu’on a bien fait de me la survendre, parce qu’elle est géniale.

Spoilers

Il faut sauver le Loft – et commencer à le diffuser.


Et d’ailleurs, nous vous donnons rendez-vous sur notre antenne dans… dans trois semaines.

Pourquoi cette direction du patron d’M6 ? Parce que des fleurs sont crevées sur sa terrasse de boulot. D’après le jardinier, le patron – qu’il ne connaît pas – s’est fait avoir par un bon vendeur qui a réussi à l’amadouer. Et bim. Il remet légitimement en question le contrat qu’il a passé avec PPP et décide de tout arrêter.

Isabelle le digère très mal, mais Elena ne se démonte pas pour autant. Raphaël non plus : une pub à la tv (décidément) lui inspire de se servir aussi d’internet pour le Loft. Il demande à Isabelle de lui faire une liste de journalistes ne vérifiant pas ses sources pour s’assurer que l’info soit partout sur Internet : M6 a signé pour Big Brother. Le lendemain matin, c’est fait, et c’est un problème pour le patron d’M6, parce que bien sûr, il a une conférence de presse pour son bilan annuel ce jour-là. On peut dire que ça tombe bien.

Je me demande à quel point c’est fictionnalisé, parce que ce serait un coup de génie cette affaire : les actions d’M6 remontent en flèche et surtout celles de TF1 commencent à baisser. Il n’en faut pas plus pour convaincre le patron de reconnaître que Big Brother sera adapté en France. Sans la moindre campagne de pub, il annonce l’événement comme ça, de but en but blanc : l’émission commencera dans trois semaines. The rest is history comme on dit.

Les trois semaines passent vite – et ne sont pas montrées. On nous montre alors l’arrivée de Loana à Paris. Elle est impressionnée par la Tour Eiffel, ne s’offusque pas du retard de Karim lorsqu’il vient la chercher, est déjà fan de l’émission parce qu’elle est présentée par le mari de Flavie Flament que sa mère adore. Elle passe tous les tests – médicaux et psys – et peut donc faire sa séance photo, toujours soutenue par Karim. Il est tellement amoureux d’elle, mais ça se comprend : Loana est incroyable, elle incarne une gentillesse profonde et une forme de naïveté qui a charmé la France en si peu de temps. Quel dommage que ça finisse comme ça ensuite.

Dans tout ça, l’émission se prépare donc. Philippe est déprimé tout de même : il a peur que ça se plante, il n’a plus tellement confiance en Isabelle dont le casting n’a pas convaincu M6 et surtout il sait que Raphaël a largement dépassé son budget. Le pauvre est pourtant sur tous les fronts. 26 avril 2001, lancement de l’émission, avec un Benjamin qui s’entraîne et un Karim qui est incroyable pour convaincre la mère de Loana d’être filmée (un faux autographe, c’est si simple) quand Elena galérait et Raphaël qui se retrouve à tondre la pelouse cinq minutes avant le directeur juste pour faire plaisir au patron de M6 qui, clairement, espère que tout ça va foirer. Et c’est un peu le cas : il n’y a pas grand monde pour accueillir les candidats et Karim découvre seulement à 5 minutes le passé familial de Loana avec son père qui lui faisait répéter qu’elle était une pute.

Tu m’étonnes qu’elle stresse à l’arrivée au loft. Elle n’ose pas sortir de la voiture, ce qui est pour le patron d’M6 une preuve de l’incompétence des équipes à qui il a donné bien trop d’argent. Il faut dire qu’ils ont mis de l’alcool à l’écran quand même, y a plein de choses qui ne vont pas. Heureusement, Isabelle est réactive, Karim aussi : il parvient à convaincre Loana de rentrer grâce à son test de QI. Allez.

L’émission est donc démarrée et le lendemain, chez PPP, on attend le résultat des audiences. 26,1% pour le premier soir. C’est moins que les 28 nécessaires pour avoir le bonus. Cela met de la tension inutile en plus pour tout le monde : Philippe envisage de revendre sa boîte et en parle à Raphaël, Karim a du mal à bien dormir parce qu’à la maison il continue d’apporter le loyer pour cinq et gérer les problèmes, Isabelle ment à ses parents et découvre que Guillermo ne lui est pas exclusif. C’est difficile tout ça. L’épisode fait traverser une vraie dépression à tous ses personnages, à part peut-être Elena, qui reste positive malgré les chutes d’audience.

Le loft est lancé et la série choisit de nous remettre en scène quelques moments clés (allez, j’ose : cultes) de l’émission en trame de fond. En revanche, elle se concentre bien sur la production : Isabelle qui cherche des idées pour booster l’audience (la soirée disco, par exemple), Karim qui prend les médicaments de sa sœur contre l’hyperactivité sur une mauvaise idée de Charlotte. Et c’est la soirée où tout va déraper, en plus.

Loana passe ainsi dans le confessionnal alors que Karim est en régie pour lui parler. Il est drogué et doit supporter qu’elle envisage Jean-Edouard comme un prétendant potentiel… quand lui, à l’inverse, n’est pas du tout attirée par elle, ce qu’Isabelle nous apprend (allez, là on sent à quel point c’est fictionnalisé, pour le coup). Et pendant que l’alcool monte progressivement dans le loft, Guillermo rappelle Isabelle et Philippe comme Raphaël rencontrent de potentiels acheteurs pas fans de télé-réalité alors que c’est l’anniversaire du jeune associé – bordel, il a 35 ans et est déjà si bien placé.

Dans la piscine du loft, Loana montre ses seins refaits aux candidats, tandis qu’Isabelle passe un moment merveilleux avec Guillermo. On sent qu’ils sont sur le point d’être en couple et que tout va bien pour elle – avec même des jeunes qui passent et parlent du Loft. Et là, Isabelle reçoit LE coup de fil : il se passe quelque chose dans le Loft, un vrai rapprochement entre Jean-Edouard et Loana.

Leur mise en couple peut sauver l’émission d’après toute l’équipe – au point que Raphaël ne veut plus vendre, surtout quand Loana retire son maillot de bain. Au départ, tout va bien. Isabelle se précipite dans les studios, Raphaël appelle M6, vraiment c’est bon, tout va bien et c’est incroyable. Malheureusement, ça dérape : Loana et Jean-Edouard ne s’arrêtent pas et commencent clairement à faire l’amour. En direct. Le temps qu’Isabelle le comprenne et fonce vers l’interrupteur pour tout stopper, il est trop tard, surtout qu’elle hésite encore à couper. 25 bonnes secondes sont diffusées d’après Karim. Un samedi, sur une chaîne du couple, à cette heure-ci, personne ne regarde d’après Elena. Et pourtant, dans l’épisode suivant, toute la France sera au courant.

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Culte – S01E02 – Les Pionniers – 18/20

Faites-nous des saisons de 22 épisodes ! Que c’est frustrant d’avoir un rythme qui accélère soudainement et des ellipses de semaines entières, sans développer tout ce qu’il y aurait à découvrir sur les coulisses d’une émission de télé. Je vois bien que le parti pris est de suivre des personnages plus que de faire un documentaire, et c’est excellent… Mais pour une fois, j’aurais envie d’avoir un casting plus large et de tout voir. Tout voir ? Eh, c’est le Loft.

Spoilers

Quatre mois pour monter une émission, c’est court.


On parle des Daft Punk, hein, pas de Lorie.

Comme promis, l’épisode 2 se consacre au casting de l’émission. Loana rentre chez elle et sa mère regarde la télévision alors que la pub pour le casting de la prochaine émission événement de M6 se lance. Et hop, il n’en faut pas plus pour que le téléphone n’arrête plus de sonner après un temps de latence et de stress pour la prod.

Tout va très vite et la scène suivante nous montre une Isabelle débordée et extrêmement cassante avec les nouveaux collègues embauchés sur le projet. Les répliques cinglantes sont excellentes et permettent de mettre le contexte : ils ont 85 jours pour boucler un casting et ça laisse bien peu de temps pour éplucher toutes les candidatures. Pour autant, Isabelle a une vision : elle veut un casting qui représente la France dans sa diversité – parce que 98 est enfin passée par là. De nouveau : simple, efficace.

Malheureusement pour elle, elle est quand même embauchée simplement en CDD : il faudra continuer à faire ses preuves toutes les deux semaines… comme dans l’émission. C’est bâtard comme réplique ça, Raphaël. Et en même temps, Raphaël et Philippe sont aussi sous pression : la visite des studios avec le directeur d’M6 ne se passe pas au mieux, parce qu’il exige une piscine et les Daft Punk pour le générique, et tant pis pour les dépassements financiers que ça représente. C’est stressant, d’autant plus que Raphaël doit gérer les finances de Philippe et son banquier énervé. Le patron d’M6 ? Il est énervé parce que tous les animateurs de la chaîne refusent de présenter l’émission. Cela rend frileux, la télé-réalité quand ça n’a jamais été fait.

Je suis un peu frustré parce que la scène suivante est à J-53. Un mois d’écart d’un coup ? Eh ben. On enchaîne sur une tension entre Karim et Isabelle, et ça fait presque de la peine à voir. Il est désabusé, pas vraiment convaincu de réussir sa vie : il voulait être journaliste pour faire la différence, pas de la télé-réalité. Elle a beau lui vendre qu’ils feront la différence, il comprend bien que ça tourne mal cette histoire. Et en même temps, ils reçoivent des tas et des tas de candidatures, avec des sacs entiers de lettres livrés par la Poste. C’est la déprime totale pour l’équipe : ils sont six à devoir lire tous les dossiers.

Autant dire que les candidats sont finalement une aiguille dans une botte de foin. En parallèle, Raphaël, lui, galère sur le chantier du studio où le chef de chantier lui annonce qu’il va falloir faire un nouveau devis pour finir à temps, car il y a bien trop de fenêtres à percer. Il se débrouille pour avoir le numéro de Delphine Crozon, la directrice financière de TF1. TF1 ? AH. Le patron de TF1 comprend bien vite que l’avance demandée sur d’autres émissions signifie que M6 a signé pour Big Brother.

La scène suivante avance de nouveau trop vite dans le temps. À un mois de la deadline, il y en a un pour craquer dans le bureau d’Isabelle. Raphaël entend ça et décide de lui venir en aide en lui présentant Elena Valente, recommandée par le producteur de Big Brother. Elle n’est pas ravie du tout, mais on ne lui laisse pas vraiment le choix non plus… Angela Lorente est dans la place, allez ! C’est un rôle dur à assumer, mais elle apporte un bon humour et un second souffle pour le casting tout de même. Je n’avais pas tellement l’image d’une rivalité entre elles à la base, mais soit. J’aime bien les conseils avisés d’Elena en tout cas : on ne garde que les moins de 30 ans et ceux avec qui on a envie de coucher. Allons bon.

Isabelle s’inspire de ça et fait passer un casting à Guillermo qui lui donne le conseil de poser des questions visant l’intime plutôt que seulement la provocation voulue par Elena. En vrai, il faut un savant mélange des deux et même si elles ne s’entendent pas, elles font une bonne équipe. En dernière minute, Isabelle propose de nouveaux dossiers – dont celui de Loana. Et Loana, elle tombe directement dans le radar de Karim, parce qu’elle ne fait pas de fautes d’orthographe. Allons bon, un producteur amoureux d’une candidate ? On est foutu.

Bon, pas autant que l’équipe de production au sens large : la série nous présente enfin son Benjamin Castaldi, mais il négocie son salaire parce que TF1 lui propose une avance plus intéressante pour le garder. La fuite est donc connue et remonte vite jusqu’à Philippe, parce que le patron d’M6 est de nouveau énervé et envisage même d’annuler la diffusion, rien que ça.

Pour autant, personne ne se démonte. Isabelle se débrouille comme elle peut pour gérer aussi sa vie perso en parallèle : elle confie son lapin à sa mère qui rencontre au passage Elena. Isabelle et Elena ne sont pas encore amies et ne sont vraiment pas raccord sur ce qu’elles disent à la mère de celle-ci. Isabelle vend une émission sociologique en rapport avec la NASA, Elena finit par se dire assistante d’Isabelle.

Du côté de Loana, on se rend compte à quel point ce n’était pas gagné et à quel point rien ne la prédestinait la pauvre. Sa mère l’inscrit au casting sans la prévenir, elle galère à venir pour le casting, elle ne le fait qu’avec Karim ce qui n’est pas la procédure, elle dit non à tout ce qu’il propose… Elle n’arrive pas à convaincre qui que ce soit qui ne soit pas Karim – adepte des peep shows.

Charlotte, la collègue avec qui il doit faire les castings, lutte alors pour le faire sortir. Bordel, j’aime de plus en plus Charlotte : elle arrive en début d’épisode à ne pas savoir ce qu’est un NDA et se drogue, ce qui est relou OK, mais bordel qu’est-ce qu’elle m’a fait rire. Et le début des années 2000 ! Incroyable ces sons en boîte et son « t’es rebeu et pédé en même temps ». À pleurer. Tellement un portrait d’une époque ! J’aurais aimé avoir vingt ans à cette époque, tiens, mais je n’en avais même pas 10. Tant pis.

Bien sûr, Charlotte emmène Karim dans la boîte de nuit où Loana danse. Pendant que Charlotte se tape un inconnu parce que Karim n’est pas intéressé par elle (donc immédiatement gay à ses yeux), Karim papote donc avec Loana et est sûr qu’elle sera parfaite. Il essaie de la défendre coûte que coûte, mais Elena n’en veut pas.

Ce devrait donc être terminé pour Loana, mais toujours pas. Isabelle découvre le casting d’Elena, qui envisage absolument d’avoir des personnalités au détriment du groupe, quand Isabelle reste centrée sur le groupe. Isabelle se débrouille pour faire virer Elena, mais quand elle se retrouve à devoir gérer le casting toute seule, elle comprend soudainement le problème, grâce à la télévision. Il faut caster un groupe qu’on a envie de suivre, donc des personnages-types. Pas un groupe, pas une personnalité. Bordel, c’est exactement ça qu’il manquait sur les dernières saisons d’enfermement en France, non ? Je sais bien que ce type de casting, on les connaît par cœur… mais à ne viser que des personnalités, on va nulle part.

Isabelle et Elena montent en tout cas un casting qui finit par plaire à Raphaël avec ce nouveau concept – et c’est un casting de personnages que l’on connaît. C’est à cette occasion que Karim parle de « Love Story » et offre à Raphaël l’inspiration pour le titre. Tout est prêt et il ne reste plus qu’à le montrer à M6. Malheureusement, après une pause sur sa terrasse, le patron décide de tout arrêter.

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