Dear White People (S01)

Synopsis : Samantha White en a marre de son campus où le racisme est, comme partout ailleurs, beaucoup trop présent pour elle.

Saison 1 | Saison 2 | Saison 3

Pour commencer, cela fait un moment que je voulais tenter cette série Netflix, mais je n’étais pas là le week-end où ils l’ont lancé et comme ils ont eu la bonne idée d’enchaîner les sorties chaque semaine depuis mars, c’est un peu dur de garder le rythme. Enfin bon, je ne vais pas m’attarder sur Netflix trop longtemps après l’annulation de Sense8 qui m’a beaucoup trop énervé.

Pour en revenir à Dear White People, il était dur de passer à côté d’une série annoncée comme un évènement. À de multiples reprises, la série a été au cœur de polémiques, étant principalement accusé d’un racisme qu’elle ne cautionne pourtant vraiment pas. Au contraire, l’approche est extrêmement intéressante, proposant plusieurs points de vue (contrairement à ce que je pensais à l’origine) et sans apporter forcément une réponse concrète. Disons que je l’ai trouvée bien fichue de ce point de vue-là, où elle apporte une éclaircie sur des questions trop souvent taboue.

Sans aller jusqu’à dire que la série propose une solution de vivre ensemble, car ce serait mentir, j’ai aimé que cette saison embrasse des problèmes quotidiens en proposant une explication de plusieurs points de vue. Reste désormais à savoir s’il y aura une saison 2.

Note moyenne de la saison : 15,5/20

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Capture d'écran 2017-06-02 12.20.50.pngChapter I – 15/20
What CW show are we in?

Le ton de la série est dès le début très différent de ce que j’en attendais. En effet, l’ambiance initiale n’est pas sans me rappeler les Orphelins Baudelaire, avec un narrateur tout ce qu’il y a de plus classique qui apporte un certain humour. Pourtant, je ne me fais pas leurrer pour autant : nous sommes sur Netflix, ses comédies sont rarement purement comiques, surtout quand je sais d’avance que le sujet de fond est le racisme. C’est plus que sérieux pour se permettre de rater des questions avec de l’humour.

Le premier épisode nous introduit donc le personnage de Samantha White, la bien nommée, qui détient sa propre émission de radio sur le campus de Winchester. Son émission ? Dear White People, évidemment. Et ça fait polémique, au point de lancer une soirée « Dear Black People » pour Halloween, où les blancs se déguisent en noir avec des blackfaces. Oh. Cela commence donc fort en polémique.

Toutefois, ma plus grosse surprise ne vient bien sûr pas de cette soirée mais du personnage de Gabe, le copain de Sam. Celui-ci est blanc, ce qui me paraît être une excellente chose pour désamorcer l’inévitable vague de « mais c’est une série raciste, l’héroïne déteste les blancs ». C’est triste d’en arriver là, mais il est un peu évident que ça aurait été la critique la plus récurrente. Ma surprise, c’est donc que Sam subit une pression incroyable à cause de son copain blanc. Nous ne sommes pas loin d’assister à du « slut shaming » pour son choix d’un blanc comme amoureux, et ça en dit long sur la neutralité de la série, je trouve.

Loin de se contenter d’une réflexion primaire pour nous dire que « bouh les blancs sont méchants et racistes », la série s’aventure sur un terrain plus glissant avec des problématiques plus larges. La réflexion en devient presque dérangeante, dénonçant finalement des situations problématiques des deux côtés. Cela permet aussi de conforter le choix de l’actrice principale : Sam est amoureuse de Gabe et ça se voit dans le jeu de l’actrice.

Dans les choses que j’ai moins aimé, je dois dire que je ne vois pas bien l’intérêt des « cadres » qui apparaissent fréquemment pour nous situer l’endroit où se déroule la scène. J’ai détesté la réaction des amis de Sam par rapport à Gabe, mais je pense qu’il était important de nous montrer le rejet de Gabe pour en arriver à l’excellente tirade finale de Sam.

Oh, et bien sûr, du côté de ce que j’ai adoré, il y a cette parodie de Scandal. J’en avais entendu parler sur Twitter, mais je ne m’attendais pas à ça. Il n’y a aucun doute possible vis-à-vis de la série parodiée et c’est extrêmement bien joué de la part des scénaristes. C’est vraiment drôle, peut-être la partie la plus sympathique de l’épisode de ce côté-là.

Cela dit, c’est étrange : cet épisode semble avoir déjà bien fait le tour de la question et je ne sais pas trop s’il y a matière à toute une série avec ces personnages. Je ressors du visionnage avec l’impression d’une histoire complète et pas forcément l’envie d’une suite. Cela tombe bien : mon RER est quasiment arrivé à Paris. La série est sympathique, pas plus drôle que ça et aborde des sujets complexes d’une jolie façon. C’est meilleur qu’Atlanta de ce point de vue-là, mais bon, je ne suis pas non plus impatient de continuer.

Capture d'écran 2017-06-02 12.21.39.pngChapter II – 18/20
Trust me, find your label.

Trois jours plus tard, je me relance dans la série, sur le chemin du retour cette fois, après un long week-end.

Je pense que ma note suffit à faire comprendre que j’ai adoré cet épisode qui m’a énormément surpris, notamment du côté de la forme. Je pensais vraiment que la série continuerait de suivre Sam, et en fait non. Cet épisode se concentre sur Lionel, le journaliste geek et plutôt cool déjà introduit dans le premier épisode. Je ne m’y attendais pas et, rien que ça, ça m’a remotivé pour le reste de la série. J’aime bien Sam, mais je doutais vraiment qu’elle ait les épaules (et la matière) pour dix épisodes.

L’autre bonne surprise sur le point formel est la chronologie de la série. Cet épisode revient en arrière et nous montre le point de vue de Lionel sur les mêmes événements. Cela sera peut-être long s’ils passent dix épisodes à faire ça, mais pour ce second volet, ça fonctionne très bien.

Bon, pour en revenir à l’épisode, il s’éloigne un peu de la thématique du racisme pour explorer celui de la sexualité et de l’affirmation de son homosexualité. En effet, Lionel est totalement paumé de ce côté-là : il fantasme assez clairement sur son colocataire, Troy, mais ne s’affirme pas comme homo pour autant. En fait, il refuse tout étiquette, contrairement à ce que lui conseille son supérieur au journal, Silvio.

Clairement, j’ai trouvé les dynamiques entre les personnages parfaitement écrites. Lionel paraît vraiment réaliste, et pourtant, ce n’est pas un personnage facile à écrire. C’est en tout cas un personnage qu’on voit rarement évoqué à la télévision, timide mais journaliste, dans le placard mais avec une opinion ferme, et avec un double combat d’affirmation (sa sexualité + sa couleur de peau).

C’est du coup un personnage complexe avec lesquels les scénaristes s’amusent, notamment lors de la fête à laquelle Silvio l’a invité. Lionel vit une succession de moments gênants qui sont assez drôles (les urinoirs, le téléphone oublié) et permettent de dédramatiser un peu sa situation. Par ailleurs, Silvio a beau avoir semblé le draguer un peu, il lui pose finalement un lapin, et ce n’est pas plus mal car je n’ai pas eu l’impression que Lionel était plus attiré que ça.

Bon, cet épisode y va en revanche un peu trop fort sur les scènes sexuelles, avec un bon gros plan sur un sexe féminin. Je retiens que quand Rhomin dit que ça va pour le train, sauf une scène ou deux, ça veut dire que ça ne va pas pour le train. M’enfin, la rame de RER était vide heureusement, c’est l’avantage du dimanche matin. Et puis, surtout, j’ai trouvé que ce plan n’était pas inutile du tout, me rappelant un peu le zoom sur un pénis dans la saison 2 de The Affair. La réaction de Lionel est en effet excellente, elle montre bien sa curiosité sans excitation, affirme son homosexualité dans sa gêne et lui-même finit par l’affirmer sans problème grâce à presque plan à 3 avec Conner et Becca.

J’ai trouvé ça parfaitement géré, jusque dans la manière dont il casse le plan à trois. Fort de cette première affirmation, il va prévenir Sam qu’il a un scoop sur elle et ça paraît tellement plus logique que dans le premier épisode d’avoir ce point de vue. Cet épisode réussit parfaitement à expliquer le personnage sans y aller lourdement pour autant et en jouant beaucoup avec l’implicite. J’ai adoré.

La dernière scène voit Lionel faire son coming-out, à deux reprises, à son colocataire. A priori, Troy devrait faire l’objet du prochain épisode du coup, mais j’ai adoré sa réaction, qui est de continuer à lui couper les cheveux comme si de rien n’était. Vu le personnage, je m’attendais à un rejet violent, alors que là, nous sommes juste dans une amitié bien écrite.

Capture d'écran 2017-06-02 12.24.52.pngChapter III – 14/20
Troy became the man of the moment.

Bof, cet épisode m’a moins convaincu, mais il était dur de passer juste après l’excellence du chapitre sur Lionel. Sans surprise et en toute logique, les scénaristes se concentrent sur Troy, avec un épisode plus court, car il y a évidemment moins à dire. C’est donc une bonne chose qu’ils n’étirent pas inutilement cet épisode.

La chronologie dépasse le cadre du premier épisode et c’est une bonne chose. Je pensais qu’on aurait encore un ou deux épisodes sur la même période de temps, mais finalement c’est plutôt positif d’avancer, surtout que je ne sais pas s’il y avait grand-chose à dire sur Troy.

Troy est donc le fils du doyen et après la coupe de cheveux de Lionel, il voit Sam se faire engueuler par son père. Lui-même n’est pas exactement en bon terme avec Sam : ils voient la lutte contre le racisme de manière bien différente. Sam est clairement dans l’opposition au système, de manière violente s’il le faut (d’où son lancement de l’invitation pour « Dear Black People »), alors que Troy cherche à se faire élire à la tête des étudiants de Winchester.

Bon, c’est une intrigue sympa mais ce n’est pas franchement passionnant. Il se présente, veut être élu, mais il vote malgré tout pour quelqu’un d’autre. On apprend également qu’il a une copine et une maîtresse, cette dernière étant une prof. Pas de bol pour lui, Kurt, qui dirige Pastiche lui fait donc du chantage par rapport à ça. Cela sert de cliffhanger, atténuant énormément la mort de Thane Lockwood, un étudiant américain tout ce qu’il y a de plus cliché.

L’épisode ne m’a vraiment pas enthousiasmé plus que ça, ou alors c’était la fatigue, mais ça m’a déçu après le chapitre sur Lionel.

04.pngChapter IV – 14/20
This bitch autotuned me?

Je n’ai repris que quelques jours pour plus tard, en soirée, pour tout voir d’un coup et finir la saison d’une traite. Oui, je suis comme ça. Cet épisode débute par nous faire croire qu’il va se concentrer sur Thane, un blanc complétement crétin stéréotype de tous les films et séries américains, qui vient donc de mourir à la fin de l’épisode 3 (je ne sais pas si j’assume, mais j’avais oublié la fin du troisième épisode).

Au lieu de ça, le scénario s’intéresse plutôt à Coco qui est l’exact opposé de Sam… alors qu’elles étaient pourtant amies deux ans plus tôt. Et effectivement, le délire de « Dear White People » était à l’origine entre elles dans leur chambre. L’épisode se concentre donc sur cette amitié après une moquerie de Sam dans son émission.

Pourquoi pas, mais c’est un peu étrange d’avoir un épisode qui se passe autant dans le passé. C’est sûr que la série ne pouvait passer dix épisodes sur la même journée, mais tant qu’à faire, j’aurais préféré qu’on continue d’avancer dans la chronologie comme dans l’épisode autour de Troy.

Troy, justement, qui drague Coco dès le départ avant de changer d’avis pour draguer Karen. Coco se sent tellement rejetée qu’elle finit par s’enfoncer dans une drôle de spirale où elle s’éloigne de plus en plus de Sam (enfin pas tout de suite, il faut d’abord qu’elles se droguent ensemble, quand même, on est sur Netflix, donc tous les personnages cools doivent se droguer – vive Lionel).

C’est assez triste de suivre l’histoire de Coco qui se fait rejeter par tout le monde malgré ses efforts d’intégration. Elle a bien sûr rejeté Sam à la première occasion, avant de comprendre que sa sororité ne lui apportait rien de bon non plus. Ensuite, il lui restait à voir Sam s’affirmer et devenir plus populaire qu’elle. Franchement, comment ne pas avoir de la peine ?

Peut-être en revenant dans le présent où Coco est devenue la fille populaire de base qui prend sa revanche sur Karen en ne la laissant pas rentrer dans une soirée. Elle accepte le chalumet de la paix offert par Sam, le fumant alors que Troy s’occupe d’elle.

Cet épisode était intéressant, mais je regrette un peu qu’il passe autant de temps sur le rejet de Coco sans pour autant nous expliquer comment elle s’est finalement intégrée sur le campus. Bref, il manque quelque chose pour qu’il soit exceptionnel. C’est un bon épisode, ni plus, ni moins. On nous tease malgré tout la mort de Thane, sans nous dire exactement ce qu’il s’est passé, donc tout n’est peut-être pas perdu. Au choix, la série se concentrera là-dessus ou l’ignorera totalement. Si elle l’ignore, ça peut mener à des choses intéressantes et montrer à quel point ces deux mondes sont opposés.

05Chapter V – 17/20
I like you but fuck you.

L’épisode se centre sur le meilleur ami de Sam, Reggie, qui lance carrément une application type Tinder pour que les étudiants se notent entre eux afin de savoir qui est « réveillé » sur les problèmes raciaux de l’université. Wow. Faut quand même y songer !

Bon, certes, on nous le présente comme le meilleur ami de Sam, mais il est clairement à fond sur elle, à la stalker et la critiquer dans son dos avec Jo, qui est censée être la meilleure amie de Sam. Voilà qui est fait.

Il est un peu dur de se sentir proches de ces persos qui s’autoexcluent du campus par leur attitude et utilisent Lionel pour ne pas attendre au cinéma, sans compter son altercation avec Gabe dans le premier épisode. C’est un peu moyen quoi. Il y a de bonnes critiques sur le cinéma et j’ai aimé l’introduction de l’asiatique (arf, je n’ai pas retenu son nom) qui squatte le groupe comme si de rien n’était. Clairement, la série prend le choix de montrer la rupture existant sur le campus entre blancs et noirs, se servant de Thane comme catalyseur. C’est une excellente chose, mais j’aimerais que ce soit un peu plus mis en avant.

De même, j’ai adoré voir le début de relation entre Jo et Reggie, même si je trouve ça absolument triste de le voir se « contenter » d’elle à défaut de pouvoir avoir Sam. J’exagère à peine, vu le jeu des acteurs.

Cet épisode est absolument dingue, parce qu’il voit Reggie s’embrouiller avec un de ses amis blancs (présenté comme tel quand même) pendant une soirée. Les choses dégénèrent extrêmement vite, au point d’avoir un gardien qui lui demande à lui (et pas à l’autre, blanc, donc) de montrer sa carte d’étudiant. Devant son refus d’obtempérer, le garde sort carrément un flingue. OK, ça refroidit l’ambiance.

L’escalade paraît un chouilla trop rapide, franchement, mais en même temps, quand on lit les infos sur ce genre d’histoire, l’escalade est toujours beaucoup trop rapide. Cela me laisse perplexe, mais c’est clairement un « woke moment » pour tout le monde à la soirée… Et ça tombe bien, car on voit justement tout le monde : Lionel, Coco, Troy, Sam, Gabe, Jo, Reggie. Tout le monde a le droit de stresser avec le téléspectateur, car oui, c’est conçu comme un moment d’éveil pour le téléspectateur aussi. Cela peut partir en vrille beaucoup trop vite et « dear white people », c’est le quotidien pour les personnes noires d’avoir cette peur d’un moment qui dérape. C’était déjà évoqué dans l’épisode précédent de manière futile à la télé, histoire que tout le monde l’ait bien en tête devant cet épisode. C’est donc bien joué et surtout bien écrit de la part des scénaristes.

Et pour la première fois, je me demande où l’on va avec cette série qui à force de nous montrer la haine s’enraciner à Winchester pourrait très bien déraper sur son final. Le regard de Kurt et de l’ami de Reggie en dit long, entre pouvoir et peur.

06.pngChapter VI – 16/20
Who cares if you’re woke or not… if you’re dead?

Sam vient rendre visite à Reggie après les événements traumatiques de la veille, mais il ne lui ouvre pas. Hop, on repart sur Sam dans cet épisode, mais après ça, tous les étudiants sont enfin unis. C’est dingue qu’il faille ce genre de choses pour unir les gens, mais c’est tout à fait réaliste, malheureusement.

Côté formel, je ne m’attendais pas à revenir si vite au personnage de Sam, car beaucoup de personnages secondaires n’ont pas eu droit à leur épisode (j’aurais notamment aimé en avoir un sur Jo par exemple). Cela dit, nous sommes au milieu de la saison, donc pourquoi pas.

Bien sûr, Coco est parfaitement touchante à évoquer son passé difficile, Kurt est le parfait idiot à vouloir bosser avec Sam seulement maintenant (mais en même temps, Sam étant Sam, elle refuse de mettre son orgueil de côté) et Reggie passe l’épisode à tenter de digérer ce qu’il s’est passé. Seulement, ce n’est pas si simple, avec tout le monde qui politise immédiatement la cause. J’ai d’ailleurs adoré l’amie de Gabe en psycho, l’explication est simple et efficace.

Oh, oui, Gabe présente ses amis à Sam dans cet épisode, parce que malgré tout, il semble que la vie continue. C’est bien joué de la part des scénaristes de construire cette relation et de l’approfondir de cette manière, tout en développant en parallèle une vraie relation entre Sam et… Reggie.

Et oui, Sam parvient finalement à récupérer Reggie et savoir ce qu’il pense lors d’une soirée à micro ouvert où il se lance dans un rap particulièrement poignant. Clairement, l’épisode a beau être sur Sam, c’est lui qui le vole. Leur relation est au cœur de l’intrigue, mais Sam est juste tellement politisée avec son plan d’organiser une manifestation qu’elle passe à côté de ses vrais sentiments.

Celui-ci est donc forcé de lui déclarer sa flamme d’une bien jolie manière et, alors qu’elle s’apprête à craquer, il la rejette finalement une dernière fois, avant de lui proposer implicitement de rentrer dans sa chambre. Ce n’est toujours pas fini : Gabe appelle Sam, qui rejette l’appel et semble bien hésitante. Boum, on s’arrête là et c’est un cliffhanger hyper frustrant.

Ce sixième chapitre parvient à rendre Reggie beaucoup plus sympathique et humain qu’il ne l’était dans les premiers épisodes où il passait vraiment pour une caricature. Sa déclaration à Sam est magnifique, mais je ne peux m’empêcher d’être vraiment déçu de la tournure des événements, parce que Sam/Gabe proposait quelque chose d’intéressant (et que j’ai peur de voir la série mal tournée avec un Gabe qui péterait un câble).

07.pngChapter VII – 15/20
I love… you. Fuck! I love you.

Oh, un épisode sur Gabe ? Je m’attendais à reprendre le même ordre qu’en début de saison avec Lionel (surtout qu’on l’a peu vu dans le chapitre 6 et que Sam lui confie une mission importante). Bien sûr, il y a vraiment de quoi faire avec Gabe qui, comme prévu, se sent un peu trop victime parmi le groupe d’amis de Sam. Il passe une bonne partie de l’épisode à complétement psychoter sur la relation entre Sam et Reggie.

Sam envoie finalement Gabe travailler avec Joelle. C’est une idée bizarre sur le papier, mais ça fonctionne à merveille de voir ces deux-là sympathiser en contactant les dirigeants des groupes de minorité pour protester lors d’un forum sur les problèmes racistes de l’université (j’imagine qu’on tient là le final de la saison).

À sympathiser autant, Gabe finit par apprendre que Jo en pince pour Reggie et que Reggie est à fond sur Sam. Fort de cette nouvelle confiance entre eux deux, Gabe avoue aussi à Jo que c’est lui qui a appelé les flics. Oh, ça craint.

Avec autant de problèmes, les choses finissent par éclater entre Gabe et Sam… qui se disent « je t’aime ». Humph, toujours rien de concret sur le cliffhanger de l’épisode précédent, c’est vraiment frustrant. Il semble assez clair que les deux ont beaucoup trop de secrets entre eux pour que ça fonctionne.

Et en effet, dès le lendemain matin, Sam découvre un message de Lionel qui lui permet d’apprendre que Gabe est celui qui a appelé les flics. Elle se barre malgré ses excuses, et Gabe passe le reste de l’épisode à la chercher. Il aurait peut-être mieux fait de ne pas la trouver : elle est dans le hall avec le reste du casting qui a découvert que Gabe a appelé les flics.

Et sans grande surprise, il semblerait que Sam et Reggie soient maintenant en couple et que tout ce que Gabe peut avoir à dire pour sa défense ne mène à rien.

Je suis vraiment à fond dans cette histoire, mais je trouve que ça aligne quand même quelques facilités un peu dérangeantes par moment. En tout cas, niveau écriture, il n’y a pas à dire, la saison se tient et reste palpitante de bout en bout, même si les craintes de Gabe matérialisées en parodie m’ont laissé de marbre. Je ne sais pas, je pense qu’elles étaient là pour faire rire, mais ça n’a pas fonctionné.

Difficile de ne pas avoir envie d’enchaîner en tout cas !

08.pngChapter VIII – 16/20
In fact, Lionel’s life had become an endless comment section.

Yes, voici l’épisode sur Lionel (et son t-shirt « bad choices make good stories ») que j’attendais en chapitre VII.

Sans grande surprise, il culpabilise en silence de ce qui arrive à Gabe. Bien sûr, il s’excuse auprès de lui, mais Gabe n’est pas près de lui pardonner, et il a bien raison.

Dès qu’il s’agit de Lionel, il s’agit bien sûr d’un épisode sur l’affirmation de soi et ça marche drôlement bien vu que c’est déjà le sujet de la série. Le voilà qui se bat donc avec sa vocation de journaliste : son éditeur lui interdit de faire l’article qu’il souhaite faire sur Troy. Ah Troy, évidemment qu’on en revient à sa fascination malsaine pour Troy…

Les deux passent beaucoup de temps dans cet épisode ensemble. Je trouvais leur amitié super sympathique jusque-là, mais la manière dont Troy finit par utiliser Lionel dans cet épisode pour passer son test anti-drogue me fait revoir ma copie. Bon, la majorité de l’épisode consiste à les voir sympathiser et c’était super à voir, même si ça ne sert pas vraiment l’intrigue de la série, pas plus que de savoir que la prof que Troy se tape est fiancée à une femme. De toute manière, le chantage de Kurt semble s’être noyé avec Thane, puisqu’il n’en est plus question.

Lionel s’inscrit aussi sur un site de rencontre où il est repéré d’ailleurs par le barman du bar dans lequel il se rend avec Troy, qui est aussi, ben voyons, l’ex coloc de Troy. Deux colocataires gays ? C’est qu’il convertit drôlement bien les garçons, le monsieur.

Non, l’intrigue de la série avance peu dans cet épisode, mais elle avance malgré tout quand Lionel surprend une dispute entre Sam et Reggie qui semble indiquer qu’ils ne sont pas en couple finalement. Je pense que nous n’en saurons pas plus sur le cliffhanger de l’épisode 6 avant la fin de saison désormais, c’est un peu abusé. Ce suspense permet en tout cas d’avoir envie de continuer, même si cet épisode est détaché du reste de la saison.

Il y a bien sûr Kurt qui fait de la merde également avec Pastiche et la fin d’épisode qui promet quelques remous encore. En effet, Lionel rédige finalement son article sur Troy, mais il est loin d’être aussi élogieux que prévu, insistant surtout sur les failles que celui-ci lui a montré par amitié. Cela risque de poser quelques problèmes.

Bref, comme pour le second chapitre, Lionel semble évoluer en marge de tout le monde, mais j’ai aimé qu’on nous le décrive comme un personnage qui ne s’affirme que par l’écrit. C’est sûrement parce que je préfère écrire que dire, moi aussi, sans pour autant être aussi marginal que lui, car Lionel l’est un peu trop je trouve. C’est en tout cas celui que je considère le plus intéressant et intriguant dans cette saison, probablement parce que c’est aussi le plus complexe de tous, même s’il reste assez cliché.

09.pngChapter IX – 15/20
No, not even. You like the idea of us.

Cet épisode repart sur Coco et le passé. Moui. Pour le coup, l’introduction n’est pas franchement passionnante mais permet de comprendre que Coco ne considère pas que Troy est le bon pour elle. Voilà tout de suite le suspense de base qui s’installe pour l’épisode : il est centré sur leur relation et il reste à savoir si elle décidera en fin d’épisode qu’il est le bon ou pas. C’est en tout cas comme ça que j’ai perçu l’épisode et, à partir de là, il est dur d’être à fond dedans. Comme pour l’épisode précédent, j’ai eu le sentiment que les scénaristes comblaient un peu trop la saison pour ne pas aller tout de suite au forum conservé pour la fin de saison.

Le cas de Lionel est rapidement traité avec une Coco qui s’énerve contre lui et un Troy qui n’en a rien à faire car son père s’est montré beaucoup gentil avec lui. En effet, il l’a invité à un événement beaucoup trop classe pour lui et Coco. Le problème, c’est que là-bas, ils sont des accessoires pour montrer que les étudiants noirs ne sont pas tous sur le point de protester contre l’université, histoire de garder les donateurs.

L’autre problème, c’est que Coco comprend aussitôt qu’elle la voit que Troy a une liaison avec sa prof. Et ça, ça craint pour elle. Elle confronte Troy après avoir tenté de lui dire qu’il fallait absolument qu’il arrive à convaincre Sam de ne pas protester.

Finalement, elle s’y rend elle-même et il la rejoint, non pas volontairement. Pof, tout cela mène à une rupture qui leur pendait clairement au nez et qui n’a absolument rien de surprenant, même si effectivement, elle a abandonné sa perruque pour lui (et ça lui va tellement mieux, d’ailleurs).

L’épisode est un peu trop prévisible du début à la fin, mais j’ai aimé voir Troy comprendre que tout ce que Coco lui trouvait, c’était l’image de leur couple. Cela en dit long sur le personnage qui n’est qu’une image pour tous, y compris Lionel, qui finalement n’a pas hésité à lui pondre un coup bas.

Bref, j’ai aimé l’épisode, mais il n’était pas non plus aussi sensationnel qu’il aurait pu l’être.

10.pngChapter X – 16/20
We pay tuition to this place! Get your guns out of my face.

Et voilà, c’est la fin de saison, déjà et c’est l’heure pour un épisode centré sur… Tout le monde. C’est une bonne idée, je trouve : on commence par le triangle Reggie/Sam/Gabe, puis on enchaîne sur Coco/Troy/Lionel dans une scène de téléphone bien drôle.

Hop, pendant que Sam s’explique avec Gabe, Jo montre à Reggie comment se servir du micro de Sam pour l’émission. Reggie se lance donc dans son rap à la radio alors que Sam s’excuse auprès de Gabe de ne pas avoir réagi lorsque tout le monde lui est tombé dessus. Cela ne suffit pas bien sûr, parce qu’elle a effectivement couché avec Reggie pour savoir si elle aimait vraiment Gabe.

Outch. Son couple en pâtit bien évidemment. Comment pourrait-il en être autrement ?

Pas le temps de s’attarder sur elle, la narration s’intéresse à Lionel qui apprend via Sam que Coco et Troy lui ont demandé de ne pas faire sa manifestation. Après une rapide enquête, il découvre que les grands méchants riches ne sont autres que ceux qui payent le journal. Pas le temps de s’attarder sur cette histoire non plus, donc.

Hop, le forum arrive et les protestations avec. Coco déchire absolument dans sa soif de pouvoir et réussit à évincer Troy en arrivant avant lui, puis en manigançant pour qu’il soit dehors au moment où tout commence, le laissant affronter non pas une, mais deux manifestations, la seconde étant bien sûr sur le binge-drinking qui a tué Thane (un événement totalement secondaire par rapport à la série, ce qui en dit long d’ailleurs : finalement, on se concentre bien sur les problèmes que l’on veut).

En parallèle de tout ça, Gabe se décide également à aller parler à Sam, alors que Lionel réussit à poser la dernière question du forum. OK. Je vais avouer que j’ai fait pause à ce moment-là, parce que, d’un coup, je ne l’ai pas senti.

C’est assez bien joué de la part des scénaristes de se servir de Lionel comme ça : c’est lui la pierre angulaire de la série. Il n’a jamais osé parler et la question est désormais assez simple : osera-t-il créer le scandale ? Coco est sûre que non, moi, beaucoup moins qu’elle.

À l’extérieur, Kurt débarque avec ses propres manifestants, pour se plaindre d’avoir des choses à réclamer lui aussi. À l’intérieur, Lionel l’ouvre et pose toutes les questions gênantes (merci Coco pour le fou rire à lui retirer le micro).

Lionel prend la parole, y compris contre Silvio, qui du coup l’embrasse. Gabe et Sam trouvent le temps de parler dans tout ce bordel, et Gabe rompt avec Sam, car tout cela est beaucoup trop compliqué. Troy comprend qu’il est manipulé, une fois de plus, et trouve le moyen de péter les portes du forum. Il n’en faut pas plus, bien sûr pour qu’il se fasse arrêter et bonjour le stress.

Tout ça se termine devant la parodie de Scandal : Lionel et Silvio voient l’épisode ensemble, en couple (c’est mignon, mais un peu précipité pour Lionel : certes, Silvio l’a dragué toute la saison, mais il n’a jamais été réceptif), Jo et Reggie le regardent ensemble, se rapprochant donc, Sam le voit avec Coco, les deux se réconciliant ainsi et Kelsey annonce le kidnapping de Sorbet, son chien. Bon gag final, c’est la première fois de la saison que Kelsey me fait vraiment rire !

Bonus.png

EN BREF – Une fois de plus, Netflix a su proposer avec Dear White People une série de qualité, abordant des thématiques complexes de manière parfaitement maîtrisée. J’ai eu mes coups de cœur pour certains personnages (Lionel & Jo en tête), j’ai eu du mal avec d’autres (Reggie surtout), mais dans l’ensemble, les épisodes étaient bons et l’intrigue de la saison parfaitement maîtrisée. Plus que pour d’autres séries Netflix, j’ai eu l’impression que chaque chapitre avait son indépendance, que nous étions moins poussés à enchaîner les épisodes.

Je l’ai déjà dit, mais j’ai eu l’impression tout de même, côté écriture, que ça reprenait beaucoup les codes des Orphelins Baudelaire (le narrateur) ou de 13 Reasons Why (un perso/ép), on sent que la production sait ce qui fonctionne ou non sur le géant du streaming. Dans l’ensemble, j’ai aimé la série qui a su me surprendre à plusieurs reprises et surtout qui réveille bien les consciences sur les problèmes de racisme, notamment avec l’éternel cas du flic et du flingue. Ah, ces américains à la gâchette facile !

Finalement, ils ne virent pas dans le drama à tuer un de leur personnage avec un flingue et c’est tant mieux, car ils se sont contentés de représenter la peur face à l’arme à feu. Le climat d’insécurité est palpable dans le dernier épisode, donc c’est bien joué. De même, Thane est totalement ignoré de la série, je trouve ça intéressant comme parti pris pour montrer le décalage entre les deux mondes. Dans le dernier épisode, Sam lève les yeux au ciel et, à vrai dire, nous aussi. Pourtant, le bingedrinking est un vrai problème également et je suis sûr qu’on aurait pu nous faire une saison autour de Shane qui aurait mené à lever les yeux au ciel face à la manifestation de Sam.

Au fond, ce que j’ai le plus aimé dans cette saison est donc la multiplicité des points de vue évoquées avec justesse sur des thématiques taboues et/ou compliquées.

La série peut s’arrêter là si Netflix décide une fois de plus de faire de la merde en ne renouvelant pas une excellente série. La fin n’est finalement pas si ouverte que ça et le message est passé. Je serais déçu de ne pas avoir de suite cependant, donc je serais de retour pour une éventuelle saison 2, car il y a encore beaucoup à faire.

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Still Star-Crossed (S01)

Synopsis : Après les morts de Romeo & Juliet, les Capulet et les Montaigu décident de s’allier à travers l’union (forcée) des cousins du couple mythique. Le problème, c’est qu’eux, ils ne s’aiment pas.

Ci-dessous, retrouver mon avis sur les trois premiers épisodes de la série uniquement. Elle en compte huit et ne possède pas de fin. À vous de juger si vous pensez que ça vaut le coup (a priori, non).

Pour commencer, si nous n’étions pas au beau milieu d’une trêve des séries, je ne serais clairement pas devant cette série pour la critiquer. Oui, mais il n’y a plus vraiment d’inédits en ce moment et, malgré son côté historique incontournable, Still Star-Crossed m’intrigue pour deux raisons.

Déjà, parce que j’ai un profil littéraire (même si ça ne se voit pas toujours puisque je ne relis pas mes articles et laisse quelques coquilles honteuses se glisser dans mes lignes). Par conséquent, la pièce de Shakespeare, je l’ai lue plus d’une fois et c’est un vrai modèle. Qu’elle soit source d’inspiration encore en 2017 (bon, 2016 en vrai) pour lancer une série est incroyable (il s’agit toutefois d’une adaptation d’un livre). Je suis curieux de voir ce que ça peut donner.

Ensuite, c’est une série créée par l’inégalable Shonda Rhimes, qui surproduit en masse et dirige à peu près la moitié de la grille d’ABC désormais. Le Shondaland s’exporte désormais ailleurs que le jeudi soir et ça m’intrigue. Je ne me fais pas trop de films : il y a eu des hauts et des bas pour la productrice, avec des séries très réussies comme Grey’’s Anatomy, Scandal ou HTGAWM et d’autres qui furent de vrais flops, comme Off the Map ou plus récemment The Catch. Oui, mais… Cette dernière était particulièrement mauvaise en saison 1 et a su s’améliorer en saison 2. Autrement dit : avec elle tout est possible.

Clairement, ABC n’a pas su quoi faire de ce drama historique qui risque d’avoir une bonne dose de teen drama. Le projet semble plutôt être du CW que du ABC, mais nous ne sommes jamais à l’abri d’une bonne surprise. Grey’s elle-même n’avait pas grand-chose à faire dans la grille de la chaîne et avait été reléguée en série d’été histoire de combler la grille. C’est là qu’elle avait connu le succès.

Nul doute que c’est le destin que tout le monde espère pour Still Star-Crossed, mais il faut bien dire qu’avec un nom pareil, j’ai plutôt tendance à être pessimiste sur l’avenir de la série. Nous verrons bien !

01.pngÉpisode 1 – In Fair Verona, Where We Lay Our Scene – 08/20
It has been a bloody summer.

La première scène ne se fout pas de nos gueules sur le décor et le nombre de bougies excédant celui de la maison en bougies de Grey’s. La série débute ainsi sur le mariage de Romeo et Juliet et se lance dans une représentation bâclée et réécrite de toute la pièce pendant plus de la moitié de l’épisode. Était-ce bien utile de revenir sur une histoire universellement connue pour introduire la série ? J’aurais préféré que ça commence directement par l’enterrement, surtout que celui-ci lance vraiment la série, avec des combats et la mise en place d’une intrigue amoureuse. Franchement, toute la promo ayant été faite sur « l’histoire après Roméo & Juliet », tout le début de l’épisode était hyper décevant, inutile et ennuyeux. Rien que ça, oui. En même temps, vu ma note, vous deviez bien vous douter qu’il y avait un problème.

Je leur reconnais néanmoins une ambiance magnifique, avec des combats à l’épée réussis, des paysages de fou, des costumes plus ou moins originaux (Benvolio ressemble beaucoup trop à Hook de OUAT pour que ce soit une coïncidence) et des effets spéciaux plutôt beaux… qui contrastent avec des jeux d’acteurs pas si exceptionnels. Je ne sais pas si c’est l’anglais un peu travaillé qui les fait galérer, mais la moitié du casting ne s’en sort pas, y compris le premier rôle (Rosaline) dans la première moitié de l’épisode. La scène de la mort du père d’Escalus est ainsi ridicule à souhait (mal écrite, mal jouée, rien ne va).

La première moitié de l’épisode s’avère donc hyper décevante et soporifique, au point qu’il est dur de s’accrocher à la série. Heureusement, la suite de l’épisode se rattrape, y compris du côté des jeux d’acteurs. Finalement, c’est peut-être que ça faisait chier aussi la production de devoir se taper l’histoire de Romeo et Juliet ?

Le personnage de Rosaline prend toute son importance à la mort de sa cousine et devient un peu le point d’ancrage de la série qui se dirige vers le Prince Escalus ordonnant le mariage forcé de Rosaline avec Benvolio (le cousin de Romeo, donc) avec qui elle a, en plus, une super alchimie (il lui a même sauvé la vie, dis donc). Cependant, ce mariage est aussitôt remis en question par le triangle amoureux un peu grossier Escalus/Rosaline/Benvolio. Oui, c’est l’amant de Rosaline qui la force à se marier avec un Montague, parce que son papa lui a demandé de faire passer Vérone par dessus tout. Ah Shonda et son amour des dramas…

Il faut également noter la présence de la sœur de Rosaline, Livia, qui semble elle faire le nécessaire pour s’entendre avec la mère de Juliet, contrairement à Rosaline. Livia est OK pour un mariage arrangé, par exemple, alors que sa sœur veut vivre un vrai amour et garde un secret bien mal gardé en aidant à sauver la vie de Paris, celui-là même qui aurait dû mourir de la main de Romeo sans cette réécriture un peu grotesque.

Bref, ce premier épisode ne nous apprend presque rien sur la série que nous ne savions pas déjà avant de lancer l’épisode, tant la promo (datant d’il y a un plus d’un an) nous a tout révélé avant. Autrement dit, il faudra revenir la semaine prochaine pour découvrir ce dont il est question.

Le cliffhanger (le triangle amoureux dont il est un sommet est découvert par Benvolio) n’est pas franchement suffisant (pire même, il fait tomber à plat un des seuls suspenses de la série) pour donner envie et le casting est tellement large que je ne sais pas bien qui est la moitié des personnages. Côté acteurs, je suis néanmoins content de retrouver Zuleikha Robinson de LOST et Anthony Head de Buffy, bien sûr.

La période de diffusion choisie est excellente : comme il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent, je regarderais probablement la suite, par curiosité. Cela dit, je m’attends vraiment à une annulation, à moins que Shonda ne réussisse à faire opérer sa magie habituelle à temps. C’est mal barré pour le moment.

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Épisode 2 – The Course of True Love Never Did Run Smooth – 14/20
You will take the fall

Ils osent nous faire un résumé d’une minute trente sur le premier épisode où l’on revient encore sur Romeo et Juliet. C’est bon, ON SAIT. Un petit flashback inutile nous explique également pourquoi le prince ne peut se marier à Rosaline. Sans grosse surprise, celui qui est devenu roi annonce ensuite que le mariage va continuer comme prévu. Notre pauvre Rosaline se retrouve enfermée dans la chambre de Juliet à attendre son mariage, c’est beau. Elle refuse bien sûr que ça arrive.

L’épisode propose donc de repartir sur son triangle amoureux tout en développant enfin ses intrigues politiques. Cela fonctionne plutôt bien et clairement mieux que la semaine dernière, me redonnant un peu d’espoir pour la série. Je doute qu’elle soit renouvelée, mais si la saison 1 peut proposer un truc complet et fermé, je serais satisfait. En plus, ça fait toujours du bien d’entendre du bel anglais, et dans le fond, on est plutôt sur du langage soutenu avec cette série.

Au cours de l’épisode, Livia est un peu plus développée que la semaine dernière. La sœur de Rosaline devient sa servante, mais l’essentiel à retenir de son personnage est qu’elle réussit à sauver Paris, étant assez clairement un intérêt romantique pour le personnage. Pourquoi pas.

Loin des idées de romances, Benvolio Montaigu est présenté comme aussi détestable que possible. Bien que promis à Rosaline, il profite de son temps libre pour aller fréquenter des prostituées. Cela ne plaît pas trop à son oncle qui l’envoie plutôt enquêter sur les Capulet et l’arrêt de la construction de leur cathédrale. C’est là le début des intrigues financières : les Capulet sont clairement en difficulté et Benvolio l’apprend à temps pour que son oncle annonce que le mariage se déroulera dans la cathédrale une fois qu’elle sera construite. Si ce n’est pas merveilleux.

Sir Capulet se retrouve donc dos au mur, surtout que sa femme crise un peu : elle n’est pas franchement heureuse du mariage avec un Montaigu, ni de la mort de Juliet (dont elle est désormais persuadée que le suicide a été provoqué par Rosaline). Plutôt que d’admettre sa ruine, Capulet tue donc son architecte, dans une scène qui m’aura bien fait rire.

Pendant ce temps, Rosaline fait tout ce qu’elle peut pour empêcher le mariage. Elle parle ainsi à Isabella, la sœur du roi Escalus, pour la convaincre de persuader son frère de renoncer à ce projet de mariage. Moi, perso, ça me fait un point du bingo cadeau. Cela fonctionne un temps : Escalus et Rosaline se retrouvent même à passer la nuit dans la même chambre (en tout bien tout honneur), ayant pris la décision de ne pas la marier à un Montaigu. Malheureusement, durant cette même nuit, la tombe de Romeo est saccagée, de même que le corps de notre amant maudit préféré, alors Escalus rechange d’avis.

Il faut dire que le roi n’a pas la vie simple non plus : il doit affirmer son autorité, ce qu’il fait à coup de condamnations à mort et de fourchettes (décidément, c’est la semaine où les américains veulent me dégoûter des couverts !). Plus l’épisode passe, plus il devient froid et « méchant », ne s’adoucissant qu’en présence de Rosaline. Ah, l’amour…

En définitive, c’était plus entraînant que la semaine dernière, mais ça reste très convenu. J’aime déjà mieux les intrigues lancées par ce second volet, mais je n’arrive pas à imaginer la série être un succès ou obtenir une saison 2. C’est un peu dommage. Il faut noter aussi que j’ai eu l’impression que le budget suivait déjà moins cette semaine, notamment au niveau des lumières et de certains effets spéciaux. Il faudra voir si cette qualité, qui était l’une des forces principales de la série la semaine dernière, continue de décliner.

Oh, un dernier point sur l’ambiance musicale qui elle est très réussie !

Capture d'écran 2017-06-24 18.29.32.pngÉpisode 3 – All The World’s A Stage – 12/20
It’s quite a change of heart

Si vous me suivez sur Twitter, vous savez que j’ai quelques jours de retard dans le visionnage de cet épisode non pas parce que cette série est mauvaise, mais bien parce que je n’avais plus de WiFi (et que cette série étant mauvaise, je n’allais pas lui sacrifier ma 4G).

L’épisode repart sur le mariage forcé et des changements d’avis d’Escalus et Rosaline. Je n’en attendais pas moins venant d’eux. Le mariage est bien sûr avancé après toute la merde des épisodes précédents. Cela ne réjouit pas trop Rosaline, mais sa sœur est aux anges rien que d’imaginer la situation. De son côté, Benvolio est à peu près aussi joyeux que Rosaline de voir sa vie privée lui être confisquée. Du coup, il lui propose de rentrer dans les ordres histoire que tout s’arrange. Vu comme ça, c’est sûr que c’est plus simple. Cela n’empêche pas Benvolio d’avoir le temps de déprimer de la mort de ses amis et de son futur déjà contrôlé par son oncle alors que lui voudrait juste vivre avec une prostituée. Ben voui, c’est ça l’amour.

Pendant ce temps, Livia continue de flirter avec Paris qui lui apprend à enfreindre les règles et cherche à l’embrasser. Si ce n’est pas magique tout ça, je crois que l’on tient une Capulet et un Montaigu amoureux l’un de l’autre pour la fin de saison. En attendant, non ce n’est pas exactement magique. En plus, Rosaline change encore d’avis : elle décide de se marier en échange de la liberté de sa sœur. L’idée d’entrer dans les ordres, c’était juste pour révolter les féministes et s’assurer de combler un peu de temps d’épisode avec un twist. Twist d’ailleurs pas du tout crédible, qui plus est, car les revoilà devenues meilleures amies quand la mésentente cordiale entre elles était assez claire dans l’épisode précédent). C’est donc mal écrit, en plus de tout ? Hum…

Les deux vieux Capulet/Montaigu continuent de se mettre des bâtons dans les roues, et ça en devient presque drôle. Bon, côté Capulet, notre Anthony Head préféré est hanté par de biens mauvais flashbacks, mais c’est drôle quand même, je vous dis. Il vire peu à peu fou et l’acteur n’est plus aussi bon qu’avant, le personnage disant même qu’il pense Juliette encore en vie par moment dans une scène où la performance est loin d’être réussie. N’empêche qu’il déprime lui aussi, mais face à ses comptes. Et en parallèle, Montaigu n’a pas trop de problèmes pour le moment et c’est lui qui propose de payer un nouvel architecte. Comme par hasard.

Le mariage tant attendu a enfin lieu, mais bien sûr, comme nous sommes encore en début de saison, il ne peut être accompli comme il se doit ! Les scénaristes n’y vont pas de main morte et proposent carrément un attentat pour s’assurer que la guerre continue à Vérone. L’attaquant parvient à s’enfuir, mais c’est sans compter sur le couple Benvolio/Rosaline qui le poursuit, de manière totalement crédible, bien sûr. Le couple comprend que quelqu’un qui n’est pas de leurs familles respectives s’ingénue à faire en sorte que la vieille rivalité continue. Cela nous donne une perspective pour la fin de saison avec un couple plus uni qu’il n’y paraît et un ambassadeur de Venise qui meurt (seule vraie victime de l’attentat, comme par hasard), ce qui ne fait pas les affaires de la ville et particulièrement d’Isabelle, qui est une bien meilleure dirigeante que son frère pourtant roi. Enfin, le cliffhanger voit Lord Capulet halluciner sa tendre Juliette lui dire de faire attention, allez savoir pourquoi/à quoi ça sert…

Bon, il ne faut pas s’étonner que les audiences soient catastrophiques. Tout est énorme, les ficelles scénaristiques sont aussi visibles que prévisibles et le vieil anglais ne parvient pas à tout sauver malheureusement, cassant même la crédibilité de certaines scènes avec un côté bien trop théâtral (là encore, c’est de la faute d’Anthony Head, pourtant un bon acteur à l’époque). Ce n’est même pas un bon guilty pleasure, même si certains moments sont agréables et que l’ensemble reste très beau, esthétiquement parlant.

Je vous aurais bien donné RDV mardi pour l’épisode suivant, mais les audiences sont tellement mauvaises qu’ABC a décidé d’arrêter le massacre et diffusera désormais la série le samedi soir, laissant de nouveau une semaine s’écouler avant le prochain épisode. On se retrouvera donc dimanche prochain, peut-être, parce que je ne sais pas si je regarderais le dimanche pour autant. Le dimanche, il y a Orphan Black et Still Star-Crossed fera bien pâle figure à côté !

Tellement pâle figure, d’ailleurs, que je n’ai pas continué la série. ABC a décidé d’annuler la production alors que la saison 1 se termine sur plusieurs cliffhangers. J’ai donc décidé de ne pas continuer. Je pourrais accrocher aux cinq épisodes qu’il me reste, et j’aurais l’air malin à ne pas avoir de fin. Bref, oui, oui, vous êtes Still Star-Crossed, effectivement. Avec un titre pareil, pas étonnant que la série soit annulée.

Chewing-Gum (S01)

Synopsis : Tracey a 24 ans, est en couple depuis six ans et est… vierge.

Pour commencer, ce synopsis m’a laissé un peu perplexe sur le sujet de cette comédie. Clairement, il est question de surfer sur un sujet qui ne pourra être étiré sur le trop long terme. Cela tombe bien, la première saison de cette comédie britannique ne comprend que six épisodes, ça limite les perspectives de répétition.

A priori, la série a tout pour me blaser bien vite et n’est vraiment pas celle de ma liste de séries à voir cet été que je comptais commencer en premier. Oui, mais… ma meilleure amie est tombée amoureuse de la série et m’a imposé de vite rattraper les cinq premiers épisodes, histoire que l’on puisse voir ensemble la suite. Par conséquent, je suis exécuté bien gentiment, parce que eh, j’ai un point alcool du bingo séries à valider moi. Oh, la fausse (bonne) excuse pour regarder une série !

Note moyenne de la saison : 15,5/20

01.pngÉpisode 1 – Sex and Violence – 15/20
I’m trying to pray with my life partner

Je lance donc le premier épisode assez sceptique de ce que pourra donner la vie de Tracey, cette vierge de 24 ans. L’introduction est assez rapide, mais efficace, avec tout de suite une mise en place du ton décalé de la série, qui est bien la seule chose qui me plaît pour l’instant.

Et oui, à part le 4e mur brisé et quelques bons comiques de situation, je n’accroche pas plus que ça. Le personnage de Tracey est marrant, mais elle paraît surtout être terriblement cliché avec son ennui dans sa vie et son désir d’autre chose complétement inassouvi. La bonne chose de cet épisode est qu’il n’hésite pas à tout de suite jouer avec cette carte, qui est pourtant celle qui avait servi à la promo de la série, en la dévergondant bien rapidement. Non, Tracey finit quand même l’épisode vierge mais oui, son mec, Ronald, finit l’épisode célibataire après s’être pris une voiture en pleine face, une constante dans les séries anglaises, je crois.

Je ne vais pas m’en plaindre, je l’ai vu venir, je l’attendais et le timing est bon, j’ai même ri. Grosso modo, ce qui fait rire dans ce pilot, c’est surtout la gêne de voir Tracey dans des situations assez improbables pour tenter d’assouvir ses envies. Elle finit ainsi dans les bras de Connor, qu’elle a rencontré un peu plus tôt.

En parallèle, on nous développe également le personnage de Candice et ses envies masochistes ainsi que celui de Cynthia, qui est à l’opposé de Tracey et Candice, ne demandant qu’à vivre chastement. Du coup, c’est marrant, mais ça propose surtout de se moquer des personnages. C’est un parti pris qui fonctionne, d’autant que le décalage proposé dans le ton de la série est super (j’ai bien aimé la musique comme métaphore du désir ou ses saignements de nez à répétition) . À voir, ça risque d’être lassant sur le long terme quand même.

02Épisode 2 – Binned – 16/20
I don’t know if he’s my partner now, I’ll confirm it.

Tracey retombe sur Connor, mais n’assume pas trop ce qu’il s’est passé. Elle demande aussitôt de l’aide à Candice au magasin, puis à ses clients, des gens du quartier voués à devenir des personnages réguliers puisque ça fait deux épisodes que nous les voyons.

En se rendant chez Connor, elle tombe sur sa mère, qui a tenté de voler des affaires au magasin et est plutôt occupée à créer son profil sur un site de rencontres sexuelles. C’est un très bon personnage qui permet d’ajouter une bonne dose d’humour, interrompant Tracey et Connor en pleine séance de masturbation et faisant croire un instant à Tracey qu’elle est la première de Connor. Elle était déjà annoncée dans le premier épisode et c’est plutôt réussi.

Enfin bon, Tracey se met à stresser d’être enceinte sans trop de raison mais étant clairement bien peu informée sur les choses de la vie et testant des remèdes totalement idiots. Elle comprend ensuite grâce à Candice qu’elle doit rompre avec Ronald dont elle comprend enfin/évidemment qu’il est gay. C’était tellement prévisible ! Enfin, bon, tout se termine bien dans une poubelle entre Tracey et Connor après quelques péripéties. La mère de celui-ci s’avère avoir des fétichismes bizarres et cet épisode a moins le parti pris de se moquer des personnages, même si une bonne partie de l’humour repose sur l’ignorance de Tracy.

Du coup, je vois en quoi certains comparent la série à Unbreakable Kimmy Schmidt parce qu’on est dans le même type de décalage ignorant, mais Chewing Gum est une série britannique, elle est donc beaucoup plus osée et trash, abordant directement (et uniquement) la question du sexe.

03Épisode 3 – Posession – 14/20
I just am special

L’intro de cet épisode est tellement farfelue que je ne sais trop en quoi penser, même si c’était marrant à voir. L’idée était d’introduire une intrigue de sex toys pour Candice et sa grand-mère.

Tracey, elle, se déniche une offre d’emploi imprévue grâce à une ancienne connaissance d’école. C’est une catastrophe ambulante, ce qui était un peu prévisible vu la série. C’est marrant, mais pas autant que Cynthia forcée de garder le magasin et d’être confronté à la clientèle pervertie de son quartier. Si elle savait que pendant ce temps sa sœur est en train de laver des sextoys de pénis et de chercher à acheter de la drogue pour un collègue de son ancienne amie persuadée qu’elle est un dealer.

Elle finit par se droguer par accident, forcément, et ruine totalement la soirée professionnelle de Meisha et Josh, les deux qu’elle connaît, donc… Et qui doivent bien regretter de la connaître.

Pendant ce temps, Candice et sa grand-mère organisent une vente de sextoys avec stripteaser du copain de Candice. Tout cela pourrait bien se passer si on ne le forçait pas à sucer les jouets déjà usagés. C’était clairement l’intrigue marrante de l’épisode, parce que Tracey qui se drogue, c’était juste beaucoup trop perché (et le grand classique des séries qui se sentent forcés d’utiliser de la drogue pour combler leur scénario. Mouais, ce n’était pas ça.

Il y a un bon humour, mais ce ne sera pas un coup de cœur pour moi et ça me déçoit après tout le bien que j’en avais entendu. Peut-être qu’on me l’avait survendu justement.

04Épisode 4 – The Unicorn – 14/20
Hello, penis.

Connor n’est pas spécialement excitée par Tracey et ça commence à poser problème dans leur relation. Comme toujours, elle court demander de l’aide à Candice, beaucoup plus avancée sur le sujet qu’elle, au point de parfois donner des informations bien étranges. Bref, Tracey n’est pas très avancée dans sa vie sexuelle. Elle finit par envisager un plan à trois grâce à l’application 3zup. Et bien sûr, elle trouve assez vite de quoi répondre à sa demande.

Le problème, c’est que la nana qu’elle trouve a juste un joli herpès bien dégueulasse et que tout ça est supposé se passer dans un « hôtel » qui s’avère être une boucherie, dans tous les sens du terme. Pas hyper excitant pour Connor donc. Cependant, ça reste suffisamment excitant apparemment, alors que c’est totalement gênant et horrible. Toute la scène, je n’ai pas pu m’empêcher de me focaliser sur les boutons de « Sacha », la « licorne » trouvée sur l’application, et l’angoisse d’imaginer les deux en train de s’embrasser.

Alors quand en plus Sacha se révèle stopper toute envie sexuelle de Tracey et Connor, je ne sais plus quoi penser (mais j’ai ri, je leur reconnais ça).

Pendant ce temps, Cynthia découvre les joies du porno en ligne et c’est beaucoup trop drôle. Elle finit par tomber sur un mec qui menace de se suicider quand elle ne reste pas en ligne avec lui. En fait, c’est juste un drôle de pervers qui aime se pendre pour se masturber. Ah les joies d’internet.

L’épisode était aussi gênant que drôle, c’est un humour quand même bien particulier et je ne suis pas sûr d’être tout à fait convaincu. En même temps, je suis encore là, parce que je ris de tout ça malgré tout.

05Épisode 5 – The Last Supper – 18/20
My mom’s coming, get away from me

La vie de Tracey est enfin parfaite maintenant qu’elle a un copain comme Connor… à moins que ? Connor est loin d’être le type parfait quand même, et en plus il est accro aux jeux vidéo et particulièrement stupide. Forcément. La vie n’est pas si parfaite, quoi. Même ses amies finissent par se moquer d’elle, alors elle décide d’emmener son poète sur scène.

C’est la pire des idées : ça se passe mal et en plus Ronald est là pour voir ça, histoire de se foutre de sa gueule. Magique.

De manière un peu déconstruite arrive alors Boy Tracy dans le quartier. Et heureusement, parce qu’il sauve l’épisode dans sa relation avec Tracey qui est à mourir de rire. Il décide alors de se révéler comme un amant potentiel pour elle avec la technique du Naked Man (oh HIMYM, tu me manques) et la harcèle sexuellement pour le reste de l’épisode. Le pire, c’est que ça me fait rire malgré tout, surtout que Connor débarque chez Tracy pour le repas de famille. C’est magique.

C’est de loin le meilleur épisode : Connor apporte des chocolats alcoolisés avec lui et c’est Cynthia qui les mange, tous, révélant ainsi qu’elle est fiancée avec… Ronald, l’ex de Tracey, qui est toujours gay mais dans le placard. Franchement les quiproquos s’enchaînent dans la moitié de l’épisode qui n’a même plus besoin d’une B-story. C’est excellent, Tracey finit par péter un câble sur tout le monde, mais c’est déjà trop tard : sa mère la vire en effet de chez elle.

C’était un bon épisode, qui jouait bien des situations mises en place auparavant et des dynamiques entre les personnages. Comme quoi, il ne faut jamais désespérer devant une série. De sympathique, elle est passée au stade de très drôle avec cet épisode. Il me reste à espérer que ça continue dans le sixième, que je ne verrais pas immédiatement alors que j’aurais bien enchaîné.

Capture d'écran 2017-05-26 18.42.21.pngÉpisode 6 – Toilet Road – 17/20
He’s gay. He’s gay. He’s gay.

Tracey est donc virée de chez elle et atterrit chez Candice et son copain. C’est une bonne cohabitation qui fonctionne plutôt bien côté humour et qui fait du bien à la série. Le meilleur dans cet épisode reste la détermination de Cynthia à ignorer sa sœur pour se marier coûte que coûte et au plus vite. Bien sûr, le mariage a lieu dans cet épisode, qui est aussi le dernier de la saison.

En parallèle, Connor réussit à se faire embaucher dans un magasin, ce qui n’est qu’une sous-intrigue rapidement traitée dans l’épisode. En fait, le simple but est de le faire virer de chez lui par sa mère hystérique, histoire qu’il soit à la rue lui aussi. Lui aussi, oui, car Tracey est tellement insupportable avec Tracey, son copain et Esther qu’elle est de nouveau mise à la rue. Candice reste mon personnage préféré dans la série, elle est beaucoup trop drôle.

Tracey est bien insupportable avec eux, car elle veut avant tout empêcher le mariage de Cynthia et Ronald. Elle a beau répéter qu’il est gay, ça ne fonctionne pas, alors elle demande au copain de Candice d’aller draguer Ronald pour avoir une preuve de l’homosexualité de son ex. Bien vu.

Seulement Ronald ne mord pas à cet hameçon, ce qui rend jaloux le mec de Candice. Je trouve que c’est bien joué, ça apporte un bon humour jusqu’au coming-out conclusif qui est une excellente scène. Légèrement moins drôle que l’épisode précédent, ces 22 minutes sont plutôt bien gérées avec pas mal d’humour, même si la fin est typiquement anglaise : ouverte, mais pas trop, et même un peu décevante. Tracey et Connor, après une rapide rupture, se remettent ensemble et jouent les SDFs ensemble.

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EN BREF – Ce n’est vraiment pas un coup de cœur car une bonne partie de l’humour de la série consiste à se moquer des personnages et de leur ignorance. Je dois bien dire que ça fonctionne, mais sans aller jusqu’à dire que je culpabilise de rire, je trouve ça un peu bizarre de se reposer là-dessus.

Heureusement, sur les deux derniers épisodes, ça change. La formule repose bien plus sur un côté sériel en jouant avec tous ces personnages pour mener au mariage final, c’était bien plus cool. Les moments gênants ont eu tendance à moins se multiplier qu’au début pour enfin proposer quelque chose s’appuyant plutôt sur la dynamique entre les personnages que sur les multiples manières de les ridiculiser et nous gêner.

Autrement dit, j’ai bien aimé, mais sans plus. Je continuerai très probablement, surtout que je suis chez ma meilleure amie tout le week-end et que nous n’avons même pas bu devant l’épisode 6. Tout se perd !

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Girlboss (S01)

Avis : Après m’être enchaîné la moitié des épisodes de la saison 2 de Love sur mon trajet aller vers la Vendée, et parce que je m’étais englouti l’autre moitié sur place, il m’a fallu trouver une série de remplacement pour le trajet retour. Et comme je ne pouvais toujours pas télécharger en mode hors ligne les épisodes d’Iron Fist, j’ai opté pour la dernière petite nouvelle des écuries Netflix : Girlboss.

Alors a priori, cette série n’a rien de particulier pour m’attirer, hormis qu’elle est étiquetée Netflix. Jai vu la bande-annonce il y a quelques temps et je n’en ai pas retenu grand-chose, si ce n’est que ça avait tout de l’humour à la Netflix. Netflix, Netflix, Netflix. Promis, je ne touche rien quand je parle d’eux, je leur fait de la pub gratuite, c’est tout…

Plus sérieusement, ce qui m’attire surtout dans cette série, c’est l’univers de l’entreprise à la très cool tel qu’il était décrit dans la bande-annonce, le rêve américain à portée de main, un rythme endiablé pour tuer l’ennui du voyage et la perspective d’enfin valider la référence à une marque de vêtements dans une série pour mon bingo. Enfin, j’en ai vu quelques-unes dans Love, mais aucune n’était citée explicitement.

Bon allez, je me lance sinon je serais encore en train d’écrire cet avis préalable que je serais déjà arrivé à la maison.

Attention, spoilers ci-dessous (logique).

Note moyenne de la saison : 17/20

Capture d'écran 2017-04-26 19.13.20.pngÉpisode 1 – Sophia – 17/20
You’re not exactly acting like an adult

Cela commence très bien : l’histoire est inspirée de faits réels, ce que je ne savais pas, datant de 2006. Tout cela me plaît d’avance, parce que c’est une période que j’ai connue et que je n’enregistre pas encore comme appartenant au passé (et pourtant, c’était y a dix ans). Et l’héroïne a 23 ans (enfin, c’est ce qu’elle dit) alors que j’en ai 24, c’est tout à fait le type de série qui a tout ce qu’il faut pour m’accrocher, finalement.

Je reconnais que je m’accroche tout à fait aux détails inutiles, comme les possibles anachronismes qu’ils évitent assez bien (le texto ahaha), contrairement aux clichés. La rencontre entre Sophia et Shane, par exemple, est totalement téléphonée, vue et revue. Le début de leur relation l’est un peu moins et sent bon le romantisme fait pour durer.

Les dix premières minutes fixent assez bien la situation de la nana fauchée avec la meilleure pote Annie sortant avec le barman et un nouveau love interest. Il faut ensuite enchaîner avec la scène où elle se fait virer de son boulot, qui était hilarante. Il faut bien reconnaître quelques longueurs de scénario à la Netflix, mais la série s’en tire extrêmement bien avec son pilot. En plus, il y a Jim Rash, et je n’étais pas au courant avant (ou si, probablement, encore un truc que j’avais oublié pour me faire une bonne surprise). J’adore ce genre de surprise, parce que Community.

Bon, il est surtout question dans ce pilote de nous présenter l’héroïne, Sophia, la nana totalement paumée dans la vie de base. C’est efficace et, pour lancer la série, les scénaristes la confrontent à son père qui lui fait prendre conscience qu’elle n’a aucune idée de ses rêves. Bref, ça va être la classique histoire d’apprentissage vers le succès à l’américaine.

Ah, le rêve américain à base de vente sur Ebay…

Sur la série elle-même, il faut bien reconnaître que j’en adore le rythme et la soundtrack, de même que Sophia qui est véritablement attachante. Par contre, il faut bien reconnaître que pour une comédie, elle n’est pas si drôle. Ce n’est pas du Kimmy Schmidt, mais bon, je décide de ne pas attendre un éclat de rire toutes les 2 minutes pour privilégier l’histoire générale et on verra bien. Excellent pilote.

Capture d'écran 2017-04-26 19.16.00.pngÉpisode 2 – The Hern – 16/20
You think you’re responsible enough to rule a business?

La joie de Sophia est de courte durée quand elle se découvre une étrange infection au vagin. Elle choisit néanmoins de l’ignorer, contre les conseils d’Annie, pour aller faire une virée shopping en friperies avec 21,6$. Cela ne s’invente pas. Elle finit par retrouver Jim Rash et c’est parfait car c’est lui qui lui remet le sens des réalités en face.

Cet épisode explore assez bien les hauts et bas de sa vie en yo-yo tout en introduisant un peu mieux Lionel, son voisin totalement perché. Bref, la jeunesse américaine des années 2000. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas vu une série traiter ce sujet, mais elle fait plutôt très bien.

À suivre la vie de Sophia comme ça, la série accuse quelques longueurs, ne pouvant trop se permettre de s’éloigner d’elle pour suivre un autre personnage. Le problème, c’est que toute une journée dans la vie d’un personnage ne peut être passionnante tout du long. C’est toutefois intéressant de vivre un peu l’ennui de Sophia également. Ces premières longueurs pourraient être bien pires et sont pour le moment très digérables. Il faudra voir comment ça se développe par la suite.

Quoiqu’il en soit, Sophia découvre dans cet épisode qu’elle a une hernie et que son opération va coûter un max. Comme ce sont les États-Unis, si elle veut s’en tirer, il lui faudra un job et une assurance maladie. Ce n’est pas gagné vu qu’elle passe son épisode à simplement racheter de vieilles fringues à une riche décédée (suicide à cause de la solitude)…

Malgré de premières longueurs donc, cet épisode réussit à maintenir l’intérêt pour le personnage et à intriguer sur le développement de ce qui est à venir. C’est donc plutôt une réussite pour Girlboss.

Capture d'écran 2017-04-26 19.16.19.pngÉpisode 3 – Thank you, San Francisco – 16/20
My San Francisco comes back to defeat your San Francisco.

Sophia se retrouve à travailler à l’accueil d’une université, le bon plan pour ne rien faire (c’est assez réaliste) et travailler pour sa page Ebay. Il faut toutefois qu’elle lui trouve un nom. C’est le bon moment pour un montage assez brillant avec quatre ou cinq Sophia. Heureusement que je n’ai pas tant galéré à trouver le nom de ce blog, j’aurais vite abandonné sinon, je vous le dis.

Cet épisode s’intéresse à la relation Sophia/Shane qui ont un peu leur premier rencard dans ce troisième volet, utilisant des verres coca volés pour boire du vin et parcourant San Francisco à la découverte des sensations fortes de la ville. Enfin, cela dit, Sophia finit par lui faire remarquer que ce n’est pas un rencard.

J’aime beaucoup le principe du personnage de Sophia, qui n’en a juste rien à faire d’absolument tout. C’est très cool à voir et vivre, cela donne bien le sentiment de la jeunesse perdue, sans toutefois partir en vrille à la Netflix (yep, je leur fais encore de la pub) avec trop de scènes de drogue (pourtant, c’est San Francisco) ou de cul. C’est pile le bon dosage de la vie à la bohème.

Malgré cette journée purement romantique avec son nouveau crush, Sophia n’oublie pas qu’elle cherche un nom pour sa page eBay. C’est aussi et surtout l’occasion de bien planter le décor, avec la ville possédant son propre rôle dans cet épisode. C’est une bonne chose de prendre le temps d’en faire autant sur San Francisco, car on sent que ça fait partie de l’ADN du personnage et de sa réussite à venir, tout de même. J’adore cela.

Franchement, à voir cet épisode, on oublie la misère de sa vie et on se dit que c’est finalement facile de réussir : pas besoin de travailler, juste d’aller à la fête foraine acheter un Rubik’s Cube. Et alors que tout va pour le mieux, elle ruine tout en ayant subitement une révélation sur la nullité du nom qu’elle vient de trouver.

C’est donc dans un bar à chanter Nasty Girl qu’elle découvre ce qu’elle veut et finit par embrasser Shane. Pas un rencard, mais c’est tout comme.

Bon, alors je sais que j’ai dit que j’adorais la soundtrack, mais Yelle en début d’épisode, on en parle ??

Capture d'écran 2017-04-26 19.17.15.pngÉpisode 4 – Ladyshopper99 – 19/20
I swear to God I’m gonna tear that fucking Nasty Gal apart.

La construction de l’épisode est marrante même si j’ai pour habitude de la détester. Tout commence sur un mariage où la mariée pète un câble car elle n’a pas la robe de son choix.

Sept jours plus tôt, nous découvrons que Sophia a déjà vendu la robe à ladyshopper99, mais que celle-ci lui a renvoyé, car elle était tâchée de café. J’aime bien le concept de l’épisode, mais je trouve que ça tombe tôt dans la série, car on ne sait pas d’où sort la robe. C’est un peu dommage.

Sophia rencontre aussi Nathan, un étudiant de l’université d’art où elle bosse à l’accueil. Celui-ci est le cliché de l’étudiant fauché qui est un étudiant incompris. J’aime plutôt pas mal son personnage, qui est plutôt drôle dans son cliché. Sophia se rend chez lui pour manger aussi avec sa mère et on dégomme le cliché encore un peu plus.

Cela dit, c’est surtout l’occasion de nous montrer le désespoir de Sophia vis-à-vis de sa famille. Elle sait comment plomber une ambiance dis donc, mais rien qu’un karaoké ne saurait arranger.

L’autre belle réussite est le spoil total de The OC, avec des extraits de l’épisode le plus marquant de la série. Mon dieu, 2006 est si loin. J’ai adoré l’idée de nous montrer ce détail qui en dit long sur le personnage de Sophia et qui prouve à quel point c’est inspiré de faits réels. C’est clairement l’anecdote qui marque la sériephile qu’elle est, le détail que tout le monde oublierait mais assure l’authenticité de la série.

Cet épisode a su me prouver que j’étais déjà beaucoup trop attaché au personnage de Sophia. En plus, la course contre la montre finale est juste à mourir de rire, la résolution sur le mariage également… et cette parodie de The OC avec la robe de mariée ! Inattendue, mais brillamment écrite.

Je surnote un peu je pense, mais j’ai eu un vrai bon feeling devant cet épisode, alors c’est pas grave, j’assume.

Capture d'écran 2017-04-26 19.17.44.pngÉpisode 5 – Top 8 – 14/20
How do you have 5000 Myspace friends?

Ah la technologie de 2006 ! Après Ebay, l’appareil photo numérique et Myspace. J’aime vraiment beaucoup les références à cette décennie déjà si lointaine J’avais totalement oublié le top 8 Myspace, mais voir Annie péter un câble comme ça, ça en dit long ! Ah le passé… Et tomber sur une période que j’ai connue qui est considéré comme le passé dans une série ! Outch !

L’épisode repart en arrière sur l’amitié Sophia/Annie ? qui se sont rencontrées en cellule lorsqu’elles avaient 18 ans et qu’elles vivaient 2001 de la même manière qu’elles vivaient 2006. Et si j’aime beaucoup la Annie qu’on nous présente depuis le début de la série, je trouve que celle de 2001 était encore plus comique, avec un look Britney absolument terrible. Ah les années 2000 !

Les débuts de leur amitié sont sympa et l’ensemble de l’épisode tourne autour de leur relation amicale. C’est intéressant, mais pas vraiment en rapport avec le début de la série. Et surtout, ça manque un peu d’humour. L’exploration est intéressante, mais c’est tout à fait le genre d’épisodes qui tombe un peu à plat, prolongeant la saison sans développer forcément son fil rouge. Je ne sais pas, c’est à la mode de proposer ce type d’approfondissement dans les séries depuis quelques années, mais je trouve que ça manque un peu d’intérêt sur le long terme.

C’est un bon épisode, mais il n’apporte rien à la série et c’est ce que je reproche souvent à beaucoup de séries qui nous perdent dans des pans de l’intrigue qui n’ont pas spécialement besoin de ce genre d’approfondissement.

En plus, toute la chronologie de leur épisode est dans le désordre, mais bon, ça donne un côté fil de pensées à suivre. Leur amitié est sympathique, mais j’ai rapidement décroché, surtout que la conclusion est prévisible dès le départ. Bref, j’ai faim et j’ai décroché, j’arrête et je vais manger pour me changer un peu les idées.

Capture d'écran 2017-04-26 19.18.38.pngÉpisode 6 – Five Percent – 15/20
Oh, you’re awake!

Bon, je reprends avec l’espoir de tomber sur une série qui saura se reprendre en main. Et ce n’est pas gagné avec la première scène qui nous montre Shane & Sophia le faire comme dans les films. Encore que, il y avait un bon humour méta par rapport à cette scène. Et ensuite ? Shane quitte la ville et part en tournée. Cela sort un peu de nulle part, mais bon.

Bref, l’aventure de Sophia, qui est censée être au cœur de cette histoire, a continué d’avancer sans nous au point qu’elle a désormais assez d’argent pour le répandre sur son lit. Cela fait déjà trois mois qu’elle bosse à la fac d’art et ça me fait tout drôle après la temporalité très lente de Love. Maintenant qu’elle est assurée, elle décide de démissionner, et Nathan est alors inspiré pour sortir de sa zone de confort artistique (je le sens mal, quand même).

Dax, le copain d’Annie avec qui Sophia est réconciliée, lui fournit quelques conseils très école de commerce. 5% seulement des compagnies qui débutent réussissent à survivre aux cinq premières années. En parallèle, Sophia comprend aussi que 5% des gens qui se font opérer d’une hernie meurt. Et c’est trop pour elle.

Seulement, sa hernie explose alors qu’elle-même est en pleine explosion de nerfs. Elle se retrouve ainsi hospitalisée, dans une scène très bien gérée. Le passage sur l’anesthésie est tellement réaliste, ça m’a rappelé des souvenirs de dents de sagesse. Le côté moins drôle, c’est que son père la récupère à l’hôpital et découvre le bordel qu’est son appartement (et sa vie). Il part alors dans un délire philosophique dont j’ai complétement lâché le fil (sans mauvais jeu de mot, promis), mais c’est intéressant de voir la relation développée un peu plus longuement que dans le pilot.

Son réveil d’anesthésie est donc violent, mais elle se décide enfin à quitter son job, laissant à Rick une lettre bien trop géniale où elle lui annonce qu’il est son meilleur patron, mais aussi le dernier. Elle a déjà beaucoup évolué en six épisodes, car cette fois, c’est sûr, elle démissionne et non l’inverse. Autrement dit, elle reprend sa vie en main… en laissant tomber tout ce qui en fait une vie normale, en fait. Ah le rêve américain, tout perdre pour tout gagner !

Oh, et comment ne pas dire que cet épisode est en parallèle sponsorisé par Starbucks, ce qui est marrant dans le principe et la critique du sourire forcé de ses employés.

Capture d'écran 2017-04-26 19.19.41.pngÉpisode 7 – Long Ass Pants – 16/20
They’re in lurve with me!

Les aventures de Sophia continuent et s’accélèrent, un peu sans nous malgré tout. C’est plus fort que moi, mais je remarque que chaque épisode semble se dérouler plusieurs jours (si ce n’est semaine) après le précédent, et c’est un peu frustrant de ne pas bien savoir ce qu’il se passe entre chaque chapitre de sa vie. Bon, et en même temps, on devine assez bien les infos non montrées à l’écran.

En plus, je fais cette réflexion sur le seul épisode qui nous propose un montage sur l’expansion de Nasty Gal. On ne voit pas bien comment cela fonctionne au point de lui payer son loyer chaque mois, mais pour la première fois nous découvrons qu’elle recycle les vieux vêtements en quelque chose de neuf. Et c’est très bien mis en avant dans l’épisode.

L’expansion de Nasty Gal veut surtout dire que Sophia a désormais des fans et des échos sur internet, ce qui veut dire… des haters. Cela donne lieu à quelques bonnes scènes comiques réussies et à l’arrivée dans sa vie de Gail, qui gère une page concurrente nommée Remembrances.

L’épisode nous montre comment ces deux-là parviennent à devenir amies malgré deux vues totalement différentes de la vie et surtout des fringues vintage. Sophia explique enfin concrètement ce qu’elle fait, à savoir recycler des vieux vêtements pour séduire ses consommateurs. Et cette explication est purement et totalement du marketing, donc on tombe en plein dans le business. J’aime beaucoup ce passage sur la création.

Aux antipodes, Gail s’avère aussi être une jolie créatrice, mais une créatrice d’histoires, d’où son intérêt pour la conservation des vêtements. J’ai adoré d’ailleurs le passage en noir et blanc : d’abord trop farfelu, j’ai fini par l’apprécier lors de son retour à l’écran. Moi, je me situe totalement dans l’entre-deux, grand nostalgique jusque dans les objets que j’aime conserver, mais tout aussi perché quand il s’agit de créer. En plus, Nasty Gal fait quand même des trucs cools, vu la robe finale.

Bref, l’amitié entre Sophia et Gail est bien réussie, c’est cool, comique et inattendu. Et ce n’est pas Jim Rash qui va détruire ça.

J’ai un peu plus de mal sur la fin : Sophia ruine une robe et Gail semble lui en vouloir, alors qu’elle lui laisse une note où elle lui recommande d’en faire ce qu’elle veut. Mouais, faut pas s’étonner aussi.

Capture d'écran 2017-04-26 19.20.10.pngÉpisode 8 – The Trip – 15/20
Wait, you really think you’re gonna meet Katie and Britney just wandering the street?

Sophia se rend voir Shane et fait un road trip direction Los Angeles avec Dax et Annie. Et ils parlent de la saison 1 de LOST, j’adore !

Les retrouvailles se passent plutôt très bien entre eux, alors que je m’attendais plutôt au contraire. Tant mieux, en même temps. Cet épisode s’éloigne un peu du principe de base qui était de suivre Nasty Gal, et je dois dire que c’est un peu décevant. J’aime bien le perso, mais plus que tout, j’aime sa manière de bosser en faisant la fête, pas de faire la fête pour faire la fête. Si je voulais voir une fête, je me bougerais et je ne resterais pas devant ma télé.

Enfin bon, le voyage ne se passe pas bien pour tout le monde. Si Sophia a le droit a sa propre chanson et sa partie de jambes en l’air, Annie se rend compte que Dax est beaucoup trop sérieux pour elle. Encore une qui est fan de drogue, on se croirait sur Netflix. Une suite d’événements les mène finalement à se droguer ensemble. Ils passent donc le reste de l’épisode en plein délire bien perché et ce n’est pas bien passionnant, ça m’a beaucoup rappelé un épisode de la première saison de True Blood.

Le lendemain, c’est donc l’inverse de la situation de base qui finit par se produire. Sophia est un peu blasée par Shane beaucoup trop motivé par ses fantasmes le matin, puis par la manière dont il se fait (mal)traité par ses boss. Lui finit par être énervé par la manière dont elle fait toujours ce qu’elle veut quand elle veut, et ils s’engueulent donc comme du poisson pourri. C’était une excellente scène qui avait tout de la rupture non assumée, alors qu’au même moment Dax déclare ses sentiments à Annie.

Shane et Sophia se réconcilient finalement, mais on sent bien que les choses ne seront plus tout à fait comme avant après cette première engueulade.

On s’éloigne donc de la trame principale de la série sur le travail de Sophia mais, en même temps, la vie personnelle de celle-ci est toujours intimement liée à ses déboires, alors c’était nécessaire d’en passer par là.

Capture d'écran 2017-04-26 19.20.51.pngÉpisode 9 – Motherf*cin’ Bar Graphs – 17/20
What kind of bastard leaves a voicemail?

Sophia est de retour dans le dépotoir qui lui sert d’appartement, ce qui permet probablement la meilleure scène de la série lorsque son monde s’écroule au réveil. Elle se met alors à chercher son nouvel espace de travail. Elle est complétement perchée, mais c’est ce qui lui permet de trouver rapidement ce qu’elle souhaite.

Malgré tout, elle a quand même besoin d’un garant. Elle demande de l’aide à Dax pour savoir comment présenter son business à son père et à Lionel de se faire passer pour son proprio. Bien évidemment, c’est à son père qu’elle songe pour avoir un garant, même si elle aurait aimé trouver une autre solution.

Tout se passe bien, y compris lorsqu’elle fait en sorte que Shane rencontre son père. Le meilleur des mondes n’existe pas pour autant : son père veut bien être son garant, en théorie, mais en pratique, il préfère avoir le bail à son nom. Cela ne palît pas du tout à Sophia, qui a l’impression de redevenir une petite fille. Elle préfère donc s’enfuir en courant.

Bien lui en prend. Elle retrouve Annie et leur drôle de top model pour un shooting lors duquel elle défonce accidentellement (hum) la porte de son futur atelier. Sacré coup du sort. En bref, elle est vraiment le prototype même du rêve américain, avec une progression de sa page ebay qui est juste aussi dingue qu’impressionnante et des coups de chance tout au long du chemin. Ouais, ça fait rêver…

Et quand en plus la série en profite pour passer une bonne couche de pommade féministe, c’est tout juste !

Capture d'écran 2017-04-26 19.21.24.pngÉpisode 10 – Vintage Fashion Forum – 19/20
No. I quit this, us.

Oh mon dieu ! Ils ont représenté internet et les forums ! Je trouve l’idée géniale, elle aurait même dû arriver plus tôt dans la série. En effet, l’ensemble de son business est géré sur internet, il fallait bien que ça arrive à un moment ou un autre. En plus, ça fonctionne vraiment bien, avec la dictée des url et l’apparition des gifs.

L’épisode se concentre beaucoup sur Annie et sa carrière. C’est la première fois qu’on la voit travailler dans son magasin de maquillage, mais il semble assez vite clair qu’elle rêve de bosser avec et pour Sophia. Les choses ne sont pas si simples quand il s’agit d’argent et de travail. Inévitablement, leur amitié en prend un coup.

Annie, qui commence l’épisode par défendre sa meilleure amie sur le forum des cinglés vintage, finit par l’enfoncer en ligne. Dès lors, Sophia la confronte et les deux se balancent les pires vacheries du monde. L’épisode consacré à leur amitié, un peu plus tôt dans la saison, prend subitement tout son sens, vu l’impact émotionnel (et professionnel) que le départ d’Annie dans la vie de Sophia prend. C’est terrible, terrifiant et parait terriblement réel… Ce qui est logique, puisque c’est inspiré d’une histoire vraie.

J’ai adoré cet épisode, que ce soit ses détours sur internet (avec des voix aussi robotiques que possible=, l’amitié Sophia/Annie ou la conclusion terrifiante où Nasty Gal finit par se faire bloquer d’eBay. Outch. Méga OUTCH.

Il aurait pu être un peu mieux en incluant quelques autres personnages aussi, notamment Shane et en étant un chouilla moins prévisible autour d’Annie. Et en même temps, ce n’est jamais que la réalité.

Capture d'écran 2017-04-26 19.22.18.pngÉpisode 11 – Garbage Person – 18/20
Is she gonna fuck that jacket?

Sophia est en pleine déprime en période de Noël, c’est assez magique comme coïncidence, mais tristement éloquent. Son père et Shane s’inquiètent pour elle, mais elle passe l’épisode à dépenser tout son fric dans des voyages en avion.

Lors du premier voyage, elle retrouve et rachète LA veste du premier épisode. Lors du second, elle tente de faire peur à Gail, la menace et finit encore plus déprimée après que celle-ci frappe pile là où il ne fallait pas : l’abandon de sa mère. C’est horrible comment leur relation a évolué en trois épisodes seulement et quelques scènes ensemble.

Lors du troisième voyage, elle se décide donc à aller rendre visite à sa mère, une actrice dans un théâtre pas si génial. Leur relation est assez intéressante et se résumerait assez bien par un « telle mère, telle fille »… sauf que sa mère est moins regardante sur sa sexualité, coucher pour réussir ne la dérangeant pas plus que ça.

Les deux passent malgré tout un excellent moment au départ pour finalement en venir au cœur du problème. C’était une bien jolie scène sur l’abandon de Sophia et les traits de caractère clairement héréditaire. C’est très cheesy tout ça, mais ça fonctionne bien. Cela nous fait oublier un temps la catastrophe qu’est devenue la vie de Sophia.

Seulement, sa mère ayant exactement le même caractère, elle finit par envoyer paitre l’ensemble du casting de sa pièce et s’enfuir. Cette fois, Sophia comprend ce qu’elle doit faire. Elle reprend l’avion pour remercier Gail de lui avoir fait ouvrir les yeux : elle compte désormais ouvrir son propre site.

Un chant de Noël plus tard, elle prend un autre avion pour passer un peu de temps avec son père. Bien qu’il détruise ses rêves, il lui donne l’amour dont elle a besoin. Jolie conclusion de Noël, ma foi.

Je tiens à noter aussi le très bon casting, la mère de Sophia ayant très exactement les mêmes yeux (je sais, elles ferment toutes les deux les yeux sur ma photo) et un jeu parfaitement maîtrisé.

Capture d'écran 2017-04-26 19.22.53.pngÉpisode 12 – I Come Crashing – 18/20
Well you’re perfect. And a little off.

Joyeuse année 2008 ! Est-ce que la série vient de nous sauter un an ? Pas sûr, mais en tout cas Annie et Sophia se réconcilient à l’initiative de cette dernière. Annie devient bien une employée de Nasty Gal, sans grande surprise je dois dire. Leur première réunion est sacrément drôle, même si la fin de celle-ci est spoilée dans le trailer de la série. Je savais bien que j’y avais vu une ambiance de travail qui me plaisait ! Heureusement qu’entre-temps j’avais oublié tout ça.

Le soir, elle retrouve Shane au lit et l’on voit que leur couple a évolué de la plus géniale des manières, c’est absolument parfait. Il est à noter que le timing de leur relation est quand même incroyablement cool, c’est soit une liberté scénaristique soit que la vie est bien foutue.

Un montage permet de passer rapidement sur la période problématique où Sophia a travaillé pour de vrai afin de créer son site internet, pendant que Shane, lui, jouait de la batterie pour un groupe s’entraînant dur chaque jour. Il est particulièrement jouissif de les voir travailler enfin, après tant d’épisodes si bons à les voir si peu se démener. Le coup des lignes de code était marrant, surtout pour y avoir passé un peu de temps également.

L’épisode prend aussi le temps de nous ramener Nathan, même si je ne vois pas bien l’utilité de cette scène. Le 4 avril, date de lancement de NastyGal.com, approche et le stress s’intensifie, surtout quand le site est déjà occupé par un serveur porno et que Sophia découvre que sa nouvelle webmaster a trop bien fait son travail. Histoire de ne rien arranger, Sophia trouve aussi un magasin vendant des vêtements ressemblant beaucoup trop à ce qu’elle vend.

Bien sûr, la panique et la dépression l’emportent. Heureusement Annie est là pour la calmer et Kaavi aide bien aussi à ajouter un peu d’humour. Les dernières scènes sont atroces : Sophia découvre que Shane la trompe puisqu’il reçoit une pipe de la part d’une des membres de son groupe.

Cet épisode était une belle démonstration du stress à l’approche d’une date fatidique, j’ai adoré sa construction.

Capture d'écran 2017-04-26 19.25.10.pngÉpisode 13 – The Launch – 20/20
Holy shit ! My life looks so different.

Déjà le dernier épisode. Je devais arrêter au 10, mais me voilà devant le 13e. Oups.

Sophia commence la journée d’étrangement bonne humeur, mais elle est vite hantée par le groupe de Shane qu’elle entend partout. Dur. Elle ne le confronte pas pour autant et passe ses nuits à ses côtés, séparée loin de lui. C’est d’autant plus dur qu’on les a vus en cuillère tout au long de l’épisode précédent.

Elle met un peu de temps à se décider à le confronter, passant par Jim Rash et la grand-mère du pilote. Oh, la série prend le temps de nous rappeler ses débuts, ça sent vraiment la fin de saison, et ce n’est que le début, avec la fête de Nasty Gal en préparation.

Parce que oui, pendant ce temps, Annie se démerde pour organiser comme elle peut la soirée de lancement, en compagnie de Nathan, surgit d’un peu nulle part, et de Kaavi, qui est définitivement une superbe addition au casting, extrêmement drôle.

Sophia parvient quand même à dire clairement ce qu’elle pense à Shane, et c’est aussi hilarant que c’est destructeur de les voir comme ça. D’avoir vidé son sac, Sophia parvient finalement à l’oublier un moment le temps de lancer son site… Si le succès n’est pas immédiat, il ne faut pas moins d’une journée pour que tous les articles soient vendus.

La fête de lancement est donc censée être la plus belle réussite de Sophia, le moment le plus joyeux de sa vie… et Shane a tout détruit, car tout ce à quoi elle pense, c’est lui. C’est probablement la scène la plus atroce de la série. Sophia se laisse totalement détruire par son amour pour Shane, et c’est parfaitement injuste après treize épisodes de fun et de solitude enjouée. Ce n’est que le début de la dépression, avec encore une longue scène de courts moments volés au couple.

Wow, ces scènes atteignent une profondeur que je n’attendais pas de la série. Shane finit par s’en aller et Sophia par se mettre au travail… parce qu’elle a la masse de travail désormais.

Quelle claque !

Capture d'écran 2017-04-26 19.25.38.png

EN BREF – Oui, quelle claque ! Encore une fois, Netflix propose une série de qualité, qui instaure un univers, un délire, un personnage inspiré de faits réels, une ambiance musicale, un humour particulier mais efficace, une histoire qui vous happe. J’ai enchaîné les épisodes par tranche de 7, sans remords et sans culpabilité, avec l’envie d’en avoir plus à la fin.

Cette saison se suffit à elle-même, mais je serais présent pour une suite, si suite il y a. Le rêve américain était vraiment à portée de main dans Girlboss et il est dur de ne pas s’attacher à Sophia, même quand elle fait de mauvais choix ou est détestable. Cela vaut pour l’ensemble du casting, aussi bien Annie que Shane. C’est d’ailleurs ça qui rend le final si dur.

Bref, j’ai adoré, c’est l’une de mes meilleures découvertes de cette année ! Je me connais, je le regarderais probablement une seconde fois tellement elle est cool. C’est le genre de série qui donne envie de revenir, mais aussi celles qui te donnent envie d’avoir une vie au top. À voir.

EDIT 25/06/2017 : Netflix a officiellement annulé cette petite perle. Adieu, Sophia 😦