13 Reasons Why (S01)

Face à une telle saison, je ne peux qu’ajouter ici un lien officiel de prévention face aux crises suicidaires. Parlez-en, communiquez, ne disparaissez pas.
(11/04/17) : J’ai participé hier soir à un podcast sur la série.

Avis : 13 Reasons Why, c’est la série qui n’a a priori rien pour me plaire, mais qui m’attire quand même énormément. Série Netflix, elle a déjà le gage d’une qualité certaine : les productions du géant de streaming sont rarement décevantes, malgré quelques défauts constants, comme la longueur. Avec des épisodes oscillant entre 50 min et 1h, 13 Reasons Why n’en sera sûrement pas à l’abri.

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Côté casting, on retrouve Dylan Minette dans le premier rôle. C’est un acteur que je suis depuis Lost où il jouait un gamin énervant. Et le pire, c’est que c’est le cas de tous ses rôles ! Du coup, je ne l’aime pas vraiment, mais il a le don de jouer dans d’excellentes productions. Alors forcément, ça me fait regarder ses séries, même s’il m’énerve !

Quant à celle-ci en particulier, je n’en sais pas grand-chose, si ce n’est que c’est une série qui se centre sur le suicide d’une lycéenne et les raisons de cet acte, qu’elle envoie par cassette audio à son meilleur ami. Je m’attends à une espèce de Veronica Mars avec plus de budget et de flashbacks pour nous expliquer le comment du pourquoi du suicide (et j’espère que ça en sera bien un, et que ça sera convaincant).

Comme beaucoup de séries Netflix, j’ai décidé de la binge-watcher aussi vite que possible. Sortie le 31 mars, je compte bien me la terminer pour le 1er avril ! En plus, elle est parfaite pour entrer dans le cadre du Week-end en Séries, alors j’aurais tort de me gêner.

Attention, spoilers dans les critiques ci-dessous, écrites après visionnage des épisodes. Je me sens aussi obligé d’ajouter un « Trigger warning », il va être question de suicide, de harcèlement, de viol, de beaucoup de problématiques de ce genre et j’y laisserais forcément aussi une trace de mon opinion sur ces sujets-là, même s’il est fort possible qu’on ne soit pas tous d’accord. Je ne suis pas fermé, si vous le souhaitez, le débat est bienvenu dans les commentaires ou en privé sur Twitter, tant qu’il se fait de manière posée et polie.

Note moyenne de la saison : 16,5/20

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01.jpgÉpisode 1 – Tape 1, Side A – 18/20
– What is it again?
– #NeverForget

C’est parti pour une série à l’esthétique déjà très sympa au bout de quelques secondes, avec un générique à la Netflix, forcément, et une intro en voix off de la part d’une jeune lycéenne qui s’est suicidée. Bonne nouvelle, je suis déjà fan de sa voix, et, assez vite, j’ai la confirmation de ce que je pensais : la série oscille entre présent et flashback sur l’amitié entre Clay et Hannah, qui s’est suicidée.

Les parents débarquent au lycée et je découvre que Kate Walsh joue la mère d’Hannah. C’est un peu étrange à dire, mais ça me fait drôlement plaisir de la retrouver, même si ce rôle ne la met pas forcément en valeur. J’ai dû le savoir, mais j’avais oublié.

Cet épisode est surtout une bonne et longue introduction des personnages, de la relation Clay/Hannah (qui bossaient ensemble au cinéma), des autres lycéens (Tyler, le type un peu chelou du Yearbook, Courtney, la fille sympa uniquement suite au drame, Tony, le bon pote un peu plus âgé, etc.) et bien sûr de l’intrigue : Clay reçoit les fameuses cassettes sans savoir d’où elles proviennent. Pardon, des K7 (ça va plus vite à écrire et c’est un nom d’usage reconnu). Outch, coup de vieux, j’ai un poste radio très similaire, mais j’ai adoré le voir oublier que ça se branchait et galérer à le faire fonctionner. Sans y parvenir. Il se rend donc voler le walkman de Tony (eh, j’ai un walkman moi aussi !) et commence à écouter les K7.

Le mystère s’épaissit car il ne comprend pas pourquoi il reçoit cette K7 où Hannah l’accuse d’être une des raisons de son suicide. Et nous voilà embarqués dans la série, à l’esthétique un peu ancienne : K7, carte routière, vélo. C’est Stranger Things, mais de nos jours. Il y a bien sûr un accident sans conséquence, une fête en flashbacks chez Kat (c’est déjà mon personnage préféré) et une première K7 à propos de Justin Foley.

Kat est un super personnage, mais elle disparaît aussitôt après déménagement et avant la rentrée, laissant derrière elle Hannah (dont elle était la seule amie) et Justin, son ex, dont Hannah tombe évidemment amoureuse. J’aime beaucoup la manière dont les choses sont amenées dans cette série : de la K7 où Hannah parle directement aux personnes auxquelles elle en veut à son amitié avec Clay. J’aime la manière dont ça passe de sa narration à la vie de Clay. J’aime l’humour d’Hannah et j’aime beaucoup trop d’autres choses dans cette série.

Sa romance avec Justin est plutôt sympa et l’on finit par comprendre que ses K7 sont une manière de rétablir la vérité sur de bien trop nombreuses rumeurs et photographies d’elle. Et bien sûr, Clay stresse d’être sur les K7.

Il y a tout de même quelques longueurs, pour un esprit comme le mien formaté aux 42 minutes, qui justifie cette note qui ne monte pas au maximum. Et puis, je n’en suis qu’au premier épisode et même si j’aime le casting, la musique, la qualité générale de l’écriture, je reste toujours prudent sur un pilot. Je suis en tout cas accroché à cette histoire et je suis pressé de voir comment tout le monde constitue une pièce du puzzle, de Tony qui en sait apparemment beaucoup à Courtney, dont il est suggéré qu’elle sait quelques petites choses également.

NB : Pour la simplicité du calcul du temps du challenge et parce qu’il était très cool, j’ai écouté l’ensemble du générique de fin, et je pense le faire à chaque épisode.

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Capture d'écran 2017-04-03 20.34.59.pngÉpisode 2 – Tape 1, Side B – 16/20
F.M.L forever.

Oh là, l’introduction de cet épisode va beaucoup trop loin et en dit beaucoup trop !

Nous reprenons la vie de Clay à peu près au même moment pour découvrir que ses parents sont toujours très imposants (surtout sa mère) et lui propose même des pilules.

Peu importe, cela dit, le suspense est surtout de savoir qui sera au cœur de la deuxième face de cette première K7. Et l’on finit par savoir que c’est au tour de Jessica Davis, une autre amie d’Hannah, que nous ne connaissions toujours pas. Bon, c’est un peu décevant, mais pourquoi pas. Et puis, on apprend assez vite la manière dont elles se sont rencontrées, qui est à mourir de rire, chez la psy de l’école. Leur addiction au chocolat chaud est par ailleurs une super idée, et je comprends tout à fait l’idée. Moi aussi, j’adore le chocolat chaud et j’approuve l’idée que ça fait s’enfuir les problèmes.

Clay est également subitement ami avec une autre fille, Sheri, qui se dit aussi être une amie d’Hannah. Qu’à cela ne tienne, on en saura plus lors de sa K7.

Clay a tout un tas de problème dans sa journée au lycée, découvrant peu à peu les gens autour de lui grâce aux K7 d’Hannah. Sur la face B, Clay entend également parler d’Alex, un autre nouveau, de même que Hannah et Jessica. Cette dernière passe un peu pour une idiote et Alex est totalement bizarre, ce qui met en valeur Hannah. J’imagine qu’elle n’est pas vraiment une narratrice de confiance, car elle déforme tout selon sa perspective.

En plus, elle ne doit pas vraiment les porter dans son cœur : l’un comme l’autre l’abandonnent, et tout ça pour finir en couple. Le côté couple en moins, je trouve que c’est une évolution de groupe assez crédible concernant les nouveaux d’une école, alors j’aime beaucoup ça, car c’est rare de voir aborder de manière réaliste dans des séries les relations au lycée. La pauvre Hannah est laissée de côté par ses potes et se venge en les faisant payer leur place de ciné, j’approuve.

Et soudainement, Kevin Bacon apparaît, allez comprendre pourquoi. Le casting se confirme comme bon jusque dans ses seconds rôles (bon et en même temps, je suis fan sans l’être, disons que j’ai vu tout The Following).

Bon, de ce deuxième épisode, je ressors toujours aussi intrigué et un peu frustré par le développement de cet épisode qui perd un peu de temps. Le côté lycée américain est un peu chiant par moment (la cérémonie avec les cheerleaders là) et l’enchaînement flashback/présent n’est pas toujours des plus clairs, de même que les moments où Clay écoute les K7. C’est un peu moins bon que dans le premier, mais ça reste une beaucoup trop bonne histoire.

J’aime surtout la manière dont Jessica remet en cause tout ce que dit Hannah, confirmant l’idée qu’Hannah n’est pas forcément une narratrice de confiance. En revanche, j’aime moins la manière dont elle connaît le contenu des K7 mais ne le dévoile pas à Clay, de même que Tony. C’est un peu chiant, même si nécessaire pour le bon déroulement de l’histoire. Seulement, je suis curieux de voir si on aura une vraie justification expliquant ce silence de tous.

Et je suis pressé de savoir le rôle de Tony dans tout ça, surtout qu’en plus, il connait hyper bien les parents d’Hannah, au point d’avoir un câlin de Kate Walsh. Oui, je suis jaloux, évidemment.

De son côté, Justin s’enferme chez lui loin de sa copine (Jessica, forcément) qui finit malgré tout par le retrouver et nous rajouter une petite couche de suspense sur quelque chose que Justin aurait fait. Le mystère reste entier et les épisodes de plus de 42 minutes trop longs. Sachez-le !

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Capture d'écran 2017-04-03 20.40.56.pngÉpisode 3 – Tape 2, Side A – 16/20
We all killed Hannah Baker.

Cet épisode se concentre sur Alex, et je dois dire que ce n’est pas vraiment une surprise après le second épisode. La liste aperçue à la fin de l’épisode précédent dans la chambre d’Hannah venait donc d’Alex. Le truc, c’est que si la K7 est sur lui, l’épisode passe beaucoup de temps avec Justin (surtout, et en pleine dépression) et Jessica, faisant varier sa narration de manière plutôt agréable. Quant au psy, il semble lui aussi avoir des secrets à cacher.

Olivia, la mère d’Hannah, vient au lycée pour obtenir des infos, mais tout ce qu’elle y trouve, ce sont le refus du proviseur, incapable de lui donner des infos surtout qu’elle a porté plainte contre le lycée, des insultes sur les murs des toilettes et un autel en l’honneur de sa fille que sa fille aurait probablement détesté. Kate Walsh livre une performance de dingue pour le deuil de sa fille, ça fait bizarre de la revoir comme ça après la mauvaise sitcom Bad Judge qui est la dernière chose que j’ai vu d’elle.

Je suis impatient de voir un épisode sur Tyler, le photographe, car il m’a l’air d’être un nerd et je sens qu’il en sait beaucoup trop, et plus que ce que l’on sait de lui pour l’instant.

Dans les flashbacks, on continue de voir Clay et Hannah se rapprocher et devenir de bons amis, et surtout Clay n’être pas capable de l’embrasser quand elle n’attend que ça. C’est aussi l’épisode qui nous explique le bordel provoqué par la liste d’Alex qui compare les fessiers d’Hannah (le meilleur) et de Jessica (le pire). C’est problématique.

Pas aussi problématique que Netflix et sa nudité gratuite un peu inexplicable dans cette série. C’est étrange en plus : ils sont censés être en seconde ou première, d’après l’histoire, alors quoi, c’est pédoporno maintenant ? En début d’épisode, on a Justin en caleçon et on ne voit rien, mais une fois dans les vestiaires des mecs, c’est un festival de culs, et je ne sais toujours pas bien pourquoi. Peut-être pour rétablir les choses par rapport à la liste ? C’était intrigant par rapport au reste de la série, en tout cas, mais tout à fait digne de Netflix après tout.

Pour en revenir à notre histoire, Alex a la meilleure réaction du monde quand il accepte un RDV avec Clay : il lui demande comment il fait pour attendre si longtemps entre chaque K7. La réponse des crises de panique fonctionne plutôt bien (et puis, il faut bien une série), mais c’est clair que par rapport à moi qui m’enchaîne les épisodes, tout est dit. Bon, l’épisode nous introduit aussi une autre lycéenne déjà sacrément tatouée qui a le béguin pour Clay, et je me demande forcément son rôle dans toute l’histoire.

Quant à la série elle-même, elle a la sympathie d’aborder des thématiques vraiment intéressantes sur le sexisme, la sexualisation, le male gaze, la mauvaise influence, l’alcoolisme et tellement plus. C’est assez rare dans les séries que ce soit si bien abordé. Bon après, la série a ses problèmes de cohérence quand même (encore un lycéen qui se déplace où il veut quand il veut, de jour comme de nuit et qui en vélo est capable de pister une voiture après avoir bu). Cela permet d’épaissir le mystère Tony, de me faire stresser quand Alex tombe dans la piscine (merde, je l’aime bien malgré tout je crois) et de rire de la punition de Clay, aussitôt contourné par celui-ci.

Quant au cliffhanger, il est intéressant, mais on sent que les scénaristes ont prévu le coup pour une pause dans le visionnage.

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Capture d'écran 2017-04-03 20.46.03.pngÉpisode 4 – Tape 2, Size B – 16/20
You just ask yourself over and over: what happened?

L’épisode a pour première scène la dernière du précédent : il est assez clair que les scénaristes ont prévu une pause dans la série, mais tant pis. Je suis assez content de cet épisode puisque c’est la K7 de Tyler ! Je l’avais bien dit qu’il y aurait droit, et qu’il soit un stalker n’est juste tellement pas surprenant. Nous apprenons aussi que Marcus a sa K7 (ça commence à faire beaucoup) mais que lui n’a pas tout écouté. Alors lui, je le comprends encore moins que Clay sérieux !

Bon, Clay passe sa nuit à espionner les gens à leurs fenêtres, Tyler d’abord, puis les parents d’Hannah. L’épisode s’intéresse ensuite au stalker qu’était (est) Tyler et à l’aide qu’Hannah trouve auprès de Courtney. C’est assez prévisible malheureusement, et les photos trouvées par Clay n’arrange rien car l’on sait directement comment ça finit.

Dans le présent, le lycée est en effervescence avec une réunion de parents qui tourne mal grâce à Olivia révélant ce qui s’écrit sur les murs des toilettes et à un concours de costumes d’Halloween qui agite tous les adolescents. Justin et Jessica le gagnent et Tyler tente de sympathiser avec Clay. Il faut dire qu’il lui a révélé qu’il aimait Hannah. Bon, franchement, c’est facile comme intrigue, et c’est surtout hyper prévisible, mais il faut bien reconnaître que ça fonctionne.

Dans les flashbacks, Clay continue d’être le plus gros des idiots à draguer Hannah sans oser aller plus loin quand il semble évident qu’elle n’attend que ça. Cela n’a pas échappé non plus à Tyler qui le fait bien remarquer à Clay. Pourquoi pas, mais ça commence à accuser un peu trop de longueurs (c’est toujours le problème d’enchaîner les épisodes) et de moments prévisibles. Et puis, il y a aussi l’incohérence de cette photo d’Hannah et Courtney que personne ne reconnaît alors que bon, quand même ! Courtney encore, pourquoi pas, mais Hannah ? Sinon, sympa le Tyler de partager la photo pour se venger de son râteau.

Clay s’arrange un peu malgré lui pour finir embarqué par la mère d’Hannah à l’intérieur de la maison. Il se présente comme une connaissance amicale d’Hannah, et forcément Olivia veut en savoir beaucoup plus. Malheureusement pour elle, il s’enfuit, mais je doute que cela s’arrête là. En plus de tout, son mari est déprimé par son magasin qui perd ses clients pour Walplex, le supermarché du coin.

Bref, cet épisode est un peu déconstruit et on perd pas mal de vue les K7 pour se concentrer sur les histoires auxiliaires que ces K7 nous font découvrir. En même temps, passer plus de temps avec Kate Walsh me convient très, très bien, car elle est juste époustouflante dans ce rôle. Cela me réconcilie vraiment avec elle.

La conclusion qui voit Clay se faire justice soi-même est toutefois intéressante, surtout qu’il ne sait toujours pas ce qu’il en est de sa K7. À sa place, je ferais attention quand même. Il aurait pu envoyer la photo à Tyler seulement, cela lui aurait servi de leçon sans faire de Clay un Tyler bis, parce qu’il fait finalement à Tyler pire que ce qu’il avait à Hannah…

Oh et en parlant de faire attention, est-ce que les K7 ne devraient pas servir de leçons pour ces lycéens ? Les volets, c’est une bonne idée ! Surtout Tyler quoi ! Il sait qu’il y a des gens qui viennent régulièrement à sa fenêtre pour balancer des pierres et il se fout tranquillement nu dans sa chambre devant la fenêtre en question ? C’est une drôle d’idée et je ne trouve pas du tout étonnante l’idée de Clay. Le plus étonnant, c’est encore que personne ne l’ait fait avant lui.

En plus, on voit ça dans à peu près toutes les séries américaines, les ados qui se changent devant leur fenêtre ouverte. Ils sont bizarres ces gens.

Je continue de passer un vrai bon moment devant cette série, mais c’est un peu tiré par les cheveux par moments, donc je ne me vois pas remonter la note tout de suite. On verra par la suite comment ça évolue, mais sans cette conclusion avec Clay qui se rebelle, j’aurais peut-être descendu la note. Un dernier point sur la nudité dans la série, vu que je m’en plaignais à l’épisode 3 : ici, ce n’est pas le cas. Cela sert vraiment l’histoire, donc ça se justifie beaucoup plus, et même, ça se comprend. Tout en posant pas mal de questions d’éthique sur le voyeurisme, mais bon, ça explique peut-être la scène de vestiaire dans l’épisode précédent, histoire de nous prévenir de ce qui arrivait.

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Capture d'écran 2017-04-03 20.51.47.pngÉpisode 5 – Tape 3, Side A – 16/20
I mean we could just jump together

Cet épisode débute par un rêve de Clay qui vire au cauchemar et à une terreur nocturne. Malgré toutes ces sueurs froides, il décide de ne pas prendre de douche, ce qui manque pas du tout de crédibilité. Le but est d’espionner Courtney, qui a désormais droit à sa propre K7. Moui, on vient déjà d’avoir un épisode bien centré sur elle quand même.

On découvre toutefois qu’elle a deux pères et qu’elle est moins violente qu’une bonne partie du casting qui veut agir contre Clay. Il semblerait bien que le contenu de sa K7 soit quand même plus gentil que celui des autres, puisqu’ils flippent tous qu’il les dénonce. Pourtant, vu ce qu’il vient de faire à Tyler, il est tout autant dans la merde.

Tyler doit gérer les conséquences de la photo de nu de lui qui circule, et ça n’est pas si simple. Tout le monde s’en prend à lui, au point de le déshabiller dans les couloirs et de le rejeter quand il veut se venger.

Les flashbacks nous ramènent au bal de promo : Hannah s’y rend avec Courtney, avec qui elle vient juste de se réconcilier. On note au passage le côté américain de la chose, avec les parents qui change de voiture juste pour le bal de promo, bien sûr. Jessica se fait draguer par Justin. Elle finit complètement bourrée grâce à lui et Hannah la ramène. C’est enfin le moment de comprendre que le rêve de Clay avait une bonne part de réalité. Le problème, c’est que ça manque parfois de cohérence dans la manière de passer d’un flashback au présent. Bref, il a dansé avec Hannah et n’était pas loin de conclure, mais ça ne s’est une fois de plus pas fait. Vivement cette fête de Jessica dont on nous parle tant !

Il est à noter aussi qu’il est très largement suggéré que Tony est gay, puisqu’il se fait draguer par le type gérant le journal du lycée. Tony est celui qui fournit la première K7 à Hannah et leur amitié débute par une banale panne (c’est ça de laisser ses phares allumés en arrivant au bal…) et une playlist. Oui, c’est sympa.

Plus on avance, plus tout ça paraît de plus en plus teen néanmoins. Courtney refuse ainsi d’avouer son homosexualité pour éviter que ses pères ne souffrent des remarques et des préjugés et des insultes et des connards et des homophobes etc, etc. Pourquoi pas ? Le problème, c’est que je pense « Pourquoi pas ? » de plus en plus d’intrigues. Cela reste vraiment cool bien sûr et c’est une bonne série, mais c’est un peu dommage, surtout que dès la première scène avec les pères, j’ai compris vers quoi ça se dirigeait (mais je leur reconnais que j’étais sur une toute autre piste juste avant).

Le groupe finit par s’en prendre à Clay, mais rien ne se passe pour autant, puisqu’Alex est protégé par son père, un flic. Le vrai coup dur pour Clay et les parents Baker, c’est que la mère de Clay est embauchée par l’école dans le procès qui vise à enfoncer Hannah. Cela ouvre de nouvelles perspectives passionnantes.

Pour conclure, et parce que je ne l’ai pas encore dit, cette série me réconcilie totalement avec Dylan Minette : son personnage me tape sur le système, comme toujours avec lui, à plein de moments, mais il a vraiment la carrure pour ce rôle et ça me surprend de le voir gérer si bien.

Je remercie bien fort Netflix pour sa grande lucidité, une fois de plus, de nous foutre une image spoilant la dernière scène de l’épisode en couverture. En toute logique. Promis, je ne vous fais pas ça, et pourtant, je considère que vous avez probablement vu l’épisode si vous regardez la photo qui accompagne la critique…

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Capture d'écran 2017-04-03 20.56.21.pngÉpisode 6 – Tape 3, Face B – 16/20
You were thinking of Hannah.

Après Halloween, c’est parti pour la St Valentin (et un retour de Sheri !) en flashbacks. Et donc les étudiants de ce lycée remplissent un sondage pour savoir avec qui ils

Dans le présent, l’épisode débute surtout par un bon fight entre Alex et un dont je n’ai pas encore retenu le nom (Montgomery de la Cruz, donc) qui a failli l’écraser. Cela sort un peu de nulle part, mais ça fonctionne toutefois au niveau de l’histoire, relançant un peu l’intrigue autour d’une nouvelle histoire de harcèlement. C’est surtout une bonne occasion de faire des sous-entendus et des conversations de sourds quand le conseil de l’école (des élèves !) est réuni et que les trois quarts de celui-ci est touché par les K7.

Clay décide de se changer les idées en aidant Sheri (quand je vous dis qu’elle est de retour) avec son devoir d’anglais et cela nous permet d’apprendre qu’il a été tuteur pour Jeff, expliquant leur amitié sortie de nulle part dans l’épisode précédent. En même temps, le personnage de Jeff me semble sorti de nulle part, alors soit je n’ai pas été assez attentif, soit il y a une information à en déduire (mais je ne suis pas sûr de vouloir la déduire car j’aime bien le personnage).

Ils finissent par enfin nous dévoiler que Marcus est la cassette du jour, mais clairement, l’épisode ne passera pas trop de temps avec lui, vu le temps qu’ils mettent à nous le dévoiler. Mais bon… On apprend donc qu’il fixe un RDV de St Valentin à Hannah, pour mieux la planter. Quant à Hannah, elle aurait clairement préféré passer sa St Valentin avec Clay, mais bon, ce type est un tel boulet qu’il ne lui a pas proposé alors.

Marcus finit par la retrouver avec une heure de retard et surtout quatre de ses amis. Aussi drôle soit-il, il n’est surtout pas bien subtil et tente de la convaincre de brûler toutes les étapes. La pauvre subit donc une nouvelle agression sexuelle, et ça commence à faire beaucoup puisque j’ai enchaîné ces six épisodes en une soirée.

Clay passe son épisode avec Sheri et tout le monde les étiquette comme un couple, Skye (la serveuse tatouée du Monet qui avait un crush sur lui), Tony (qui a donc bien un copain, plus âgé apparemment) et la mère de Clay (en même temps, ramener une nana chez lui, il cherche). Et tout le monde semble avoir raison, parce qu’ils finissent effectivement par s’embrasser.

Pas de bol, la gentille Sheri cache évidemment elle aussi un noir secret : elle a une cassette rien que pour elle et ne veut pas que Clay les écoute. Partant de là, il pète un peu son câble (mais on le comprend).

Sa mère finit par le confronter, mais cet imbécile continue de ne rien dire et elle reste sacrément passive face aux conneries que lui sort son fils.

Sur une note plus accessoire : Jessica et Justin s’embrouillent une nouvelle fois et celle-ci décide donc de se saouler un bon coup pour oublier tout ça. C’est du beau. Quant à Alex, son étrange père le félicite pour son comportement. Ben oui. L’épisode s’achève de manière bien dépressive cette fois.

J’accroche toujours, mais ces deux derniers épisodes m’ont paru un peu en-dessous le reste de la saison, étirant l’histoire de manière pas toujours subtile et accusant toujours plus de personnages pour le principe d’accuser d’autres étudiants.

Il est bien tard et j’arrête là mon premier marathon, d’autant qu’il n’y a pas de cliffhanger, donc ce n’est pas insoutenable. S’il n’était pas si tard, je continuerais probablement à regarder, car je suis vraiment pris dans l’intrigue malgré tout et j’ai de nombreuses questions en tête !

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Capture d'écran 2017-04-03 21.01.01.pngÉpisode 7 – Tape 4, Side A – 16/20
That girl was too much

Cet épisode commence par nous dire qu’il sera un peu moins percutant, c’est sympathique comme idée. C’est un épisode sur la solitude qu’Hannah nous propose, c’est sympa et ça promet, avec la mère de Clay qui dès le départ gaffe en décrivant la mort d’Hannah devant son fils.

Au lycée, Clay tombe sur une nouvelle qui utilise le casier d’Hannah. Ah un nouveau personnage qui n’a rien à voir avec les K7, ça peut être sympa. Du côté des K7, Clay sent qu’il écoute enfin la sienne, mais Hannah garde secrète l’identité de la personne qu’elle compte dénoncer. Pourtant, il est assez vite évident que ce n’est pas Clay qu’elle vise, mais Zach. C’est effectivement le cas et du coup Clay se décide à écouter plus rapidement que d’habitude l’enregistrement d’Hannah. C’est une bonne chose.

Zach se présente donc comme un type plutôt charmant qui prend soin d’Hannah après l’agression de Marcus. Seulement, c’est intéressé et Hannah pète un câble, ce qui est plus ou moins légitime (disons que vu les sept premiers épisodes, ça l’est, mais qu’elle canalise pas mal de haine contre Zach qui jusque-là n’a pas franchement fait grand-chose de mal ; à part être maladroit).

Jess continue de partir en vrille sur l’alcool, poussé au vice par Clay. Mon dieu, il y a beaucoup trop d’interactions entre tous ces gens qui n’avaient rien à voir dans le pilot ! En même temps, c’est plutôt une bonne chose pour le réalisme de cette histoire, parce que je ne connais aucun lycée où tout le monde ne finit pas par se mélanger comme ça.

Quant à Clay, plus les épisodes avancent, plus il dérape. Chaque destinataire des cassettes devient l’objet de sa haine et de ses hallucinations. Et en plus, il est encouragé par Skye dans sa colère. Le vrai problème de celle-ci, c’est que si sa K7 l’attaque, il va être fichu de s’en prendre à lui-même. Surtout qu’on sait bien qu’il a eu des problèmes psychologiques aussitôt par le passé. Allez, il nous enregistre des K7, se suicide et on a une saison 2 avec Skye qui s’en prend à tout le monde. Non ?

Bon OK, Zach balance Clay qui a rayé sa voiture de riche et Clay se retrouve une fois de plus puni (mais quand on voit l’effet des punitions sur lui de toute manière). Évidemment, Hannah se trompe sur Zach en le mettant dans son viseur alors qu’il est définitivement un gars bien incapable d’agir correctement. Il a en fait gardé la lettre qu’elle lui avait écrit et qu’elle lui reprochait d’avoir jeté. Une fois de plus, Hannah nous est présentée comme une narratrice avec ses défauts, sans grande surprise.

Du coup, Clay rend les K7 à Tony et finit par péter un nouveau câble lorsqu’il fait visiter le lycée aux nouveaux. Il en dit beaucoup trop, présentant Hannah et accusant l’école de pousser ses étudiants au suicide sans s’en préoccuper. Parfait.

Cela relance la série et est clairement le cliffhanger de mi-saison que j’ai eu la présence d’esprit d’éviter hier soir quand il était 2h du matin et que je n’aurais pas été sérieux d’enchaîner.

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Capture d'écran 2017-04-03 21.04.07.pngÉpisode 8 – Tape 4, Face B – 16/20
It’s about protecting ourselves.

Porter, le psy de l’école, a donc un entretien avec Clay, pendant que de leur côté, les lycéens présents dans les K7 en font autant. Par la suite, Tony embarque Clay dans sa voiture et l’on comprend assez vite qu’il va lui révéler son lien avec Hannah. Son but est de lui faire grimper une falaise pour lui faire découvrir quelque chose sur Hannah. Passionnant. Bon, on nous fait du vieux suspens comme s’ils allaient tomber, mais on sait bien que non quoi. Tout cela nous permet de découvrir enfin le rôle de Tony dans cette histoire. Puisqu’il a toujours été sympa avec elle, elle lui a simplement filé les K7 sans sonner chez lui, et il aurait pu l’arrêter mais il ne l’a pas fait. Quand il a compris ce dont il s’agissait, il était déjà trop tard.

Ce que j’ai préféré dans cette intrigue reste le coming out de Tony qui semble plus surprendre Clay que la révélation sur le suicide d’Hannah. Cela m’a bien fait rire de voir à quel point Clay était encore plus à l’ouest que moi qui n’ait compris qu’il y a quelques épisodes. Il est en tout cas confirmé que Ryan et Tony ont eu une histoire, avant qu’il sorte avec Brad, son copain actuel. Et ben.

Ce n’était autrement pas hyper intéressant dans la mise en place, surtout cette histoire de falaise à grimper pour être prêt. Ils tentent de se justifier alors que… non, mais bon.

De son côté, la mère de Clay découvre qu’il n’est pas à l’école quand elle interroge M. Porter et ça ne lui plaît pas du tout. Elle part en vrille à son tour.

En flashback, on découvre Hannah se rendre compte à un groupe d’écriture où elle retrouve Ryan, le journaliste du lycée. Enfin, elle le retrouve : elle n’était pas au courant pour autant. C’est une fois de plus l’occasion de la voir interagir avec ses parents. Kate Walsh vole un peu la vedette dans cette série, elle n’a pas un rôle principal mais chacune de ses apparitions est parfaitement gérée, particulièrement dans le présent où elle est en deuil.

Cet épisode laisse de côté les K7 puisque Clay ne les écoute pas, pourtant les flashbacks continuent eux. Ryan et Hannah deviennent donc de bons amis, ce qui est une surprise puisque rien ne le suggérait jusqu’ici. En ce qui concerne l’écriture, Hannah est juste une ado un peu dépressive comme les autres, sans surprise mais assez portée sur le sexe tout de même. Ryan adore et le publie dans le journal du lycée, contre son gré. Bien sûr, Hannah le déteste pour ça, et je la comprends, même si les arguments de Ryan ne sont pas faux pour autant.

Enfin, dans le présent, les relations entre Jessica et Justin continuent d’être bien compliquées, surtout quand il s’agit de sexe. Oh le secret entre eux est en train de les pourrir, c’est intrigant.

La conclusion de l’épisode est toute douce après tout ce bazar, mais j’aime d’autant plus ! Clay apporte le poème d’Hannah à Olivia, qui est hyper touchée de retrouver l’écriture de sa fille. Je ne suis pas sûr qu’Hannah serait ravie de savoir que ses parents lisent son poème, mais c’est effectivement touchant, surtout que Kate Walsh m’a encore déchiré le cœur dans cet épisode, à prétendre que sa fille est en vie au restaurant.

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Capture d'écran 2017-04-03 21.07.59.pngÉpisode 9 – Tape 5, Face A – 17/20
I lied. I did know Hannah Baker.

Oh la, cet épisode débute par un avertissement « scènes dérangeantes ». Je crains le pire.

L’épisode débute par un flashback sur la pause d’été et ces imbéciles d’élèves américains qui balancent leur cours dans les airs. Ce sont de belles images, mais purée, ces cours peuvent encore leur servir quoi !

Après l’été, Hannah revient les cheveux courts, et purée ça lui va bien, pourquoi Clay ne dit-il rien ?

Dans le présent, l’alcoolisme de Jess continue encore et toujours. Clay a écouté la K7 suivante sur la fameuse fête de Jessica, mais putain pas nous ! Il est clairement question d’un viol, et ça explique les réactions de Jessica autant que celles de ces « amis ». Le plus étonnant, c’est encore que Marcus annonce à Clay que le pire est à venir avec sa K7.

Le pire, c’est surtout ce qui arrive quand les autres s’en mêlent. Marcus achète donc de la drogue pour piéger Clay. Cela fonctionne évidemment et sa mère est beaucoup trop sympa avec lui. Bon, elle finit par s’énerver un peu, et Clay lui balance une bonne partie de la vérité pour ça. Imaginons ce qu’il se passerait s’il avait une mère normale, qui se serait énervée dès le départ ou inquiétée de la disparition de son vélo. Bref, elle finit par se demander la responsabilité de Clay dans le suicide d’Hannah et je n’ai qu’une chose à lui dire : bienvenue au club !

De son côté, le père d’Hannah n’apprécie pas trop la publication du poème apporté par Clay : il considère que l’école aurait pu comprendre que sa fille était suicidaire. Il le montre donc à Porter, ce qui ne plaît pas trop à Olivia qui comptait sur cet argument pour gagner le procès. En même temps, les flashbacks apportent pas mal de nuances à la perfection de son personnage, car cette fois on la voit négliger sa fille. Ce poème provoque un certain nombre de remous, puisque Ryan se voit interdit de publier son journal. Sympa.

Les flashbacks nous révèlent donc surtout la fête de Jessica, où Hannah découvre que l’hôte sort avec Justin. Et effectivement, Jessica se fait bien violer, une fois qu’elle dort, sous le regard impuissant d’Hannah, par… Bryce. Enfin, impuissant, elle aurait pu réagir probablement, mais c’est vrai qu’on ne sait pas trop comment elle aurait fini quand on voit comment Bryce vire Justin de la chambre. Cela remet en perspective le rapprochement Bryce/Jessica des derniers épisodes.

L’écoute de la K7 par Clay remue bien les choses et il confronte donc Justin qui a laissé Bryce violer sa copine. Justin dit qu’il protège simplement Jessica qui serait dévastée par la vérité. Bien vu. Elle finit en larmes dans ses bras malgré tout.

Le pire dans tout ça, c’est qu’il y a d’autres histoires sur cette fête de Jessica. En tout cas, il était intéressant d’avoir enfin les révélations sur cette intrigue. Cela faisait un moment que le viol de Jessica était évident, mais l’absence de révélation bloquait un peu la série.

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Capture d'écran 2017-04-03 21.10.17.pngÉpisode 10 – Tape 5, Side B – 15/20
Did I kill Hannah Baker?

Bon, l’épisode commence par nous teaser un accident de voiture auquel Clay a assisté. Cela fait clairement suite à la fête de Jessica.

Cette fois, c’est au tour de Sheri de passer en K7. Et pour cause : elle propose de ramener Hannah en voiture. Bien que non-soule, elle a quand même un petit accident et renverse un panneau stop, qui provoque à son tour un plus gros accident, forcément. Bon, ceci explique la culpabilité de Sheri quelques épisodes plus tôt, mais je m’attendais à plus grave vu le reste des K7.

Bon, seulement, pour Sheri, c’est la chose la plus grave de sa vie. Elle s’en tire bien par rapport aux autres, mais Clay la gave quand même car le chauffeur responsable de l’autre accident est reconnu coupable pour avoir trop bu. Admettons que ce n’est pas cool, à première vue, ça ne justifiait pas non plus la place de Sheri sur les K7. On ne se suicide pas pour ça, si ?

Oui, mais en fait, si : le chauffeur alcoolique, c’était Jeff, l’élève du tutorat de Clay. Ceci explique pourquoi il n’est jamais présent en-dehors des flashbacks, au moins, mais comme tout le monde parle d’Hannah sans jamais proposer la moindre référence à Jeff, j’imaginais un déménagement ou quoi. Edit : On vient de m’apprendre que Porter parle de deux morts d’étudiants dans les premiers épisodes. J’ai juste raté la réplique.

Bon alors bien sûr, Sheri est une nana bien qui aide bien le vieillard qui est l’autre victime de l’accident. N’empêche tout le monde pense que Jeff était bourré au moment de sa mort, mais Clay sait que non et il l’avoue à ses parents. Clairement, il remue plus la merde qu’autre chose, une fois de plus, mais c’est une histoire utile. Cela ne colle pas trop avec l’épisode précédent où Clay disait ne pas avoir vu de scènes de crime. Certes, un accident n’est pas un crime, mais bon, c’est tout comme vu la violence que ça a dû être de trouver Jeff.

En parallèle et une fois de plus, Justin fuit ses responsabilités envers Jessica. Pourtant, celle-ci essaye vraiment de savoir ce qu’il s’est passé. Elle pète progressivement un câble, ce qui devient de plus en plus inquiétant pour le personnage et la fin de saison qui approche inévitablement.

Elle se rapproche une fois de plus de Bryce, mais cette fois, c’est plus louche qu’autre chose, surtout quand elle lui montre les flingues de son père.

Enfin, l’intrigue sur le procès continue, avec une confrontation parfaite entre les mères d’Hannah et Clay. Les deux actrices sont brillantes en même temps.

Bon, et je devais m’arrêter là dans mon visionnage, mais on arrive enfin à la K7 de Clay et Tony vient de lui dire qu’il avait tué Hannah alors je pense que je ne peux pas vraiment m’arrêter ici. Pourtant, l’épisode 10 n’était pas franchement le meilleur, alors j’étais préparé… mais là, ce cliffhanger envoie du lourd.

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Capture d'écran 2017-04-03 21.12.47.pngÉpisode 11 – Tape 6, Side A – 20/20
Why didn’t you say this to me when I was alive?

Cet épisode est tout de suite bien plus intense car il apporte enfin les réponses autour de Clay, mais il est surtout frustrant car on revoit Jeff en flashbacks, et c’était un personnage cool. Peu importe, le point central reste Clay, qui s’enfuit avec Tony, apprenant aussi de sa mère les derniers « rebondissements » du procès. J’aime beaucoup la manière dont l’intrigue du procès est gérée du côté de la prof et de Porter d’ailleurs, c’est assez réaliste. Enfin, Clay se fait tirer les cartes par Skye et se brouille un peu avec elle. Rien de transcendant… mais le reste de l’épisode l’est assez pour justifier cette note.

Jessica continue son rencard étrange avec son violeur, dont elle se souvient de plus en plus, en plus. C’est étrange et délicat comme intrigue, révoltant au possible. Justin, lui, se fait virer de chez lui par sa mère. Il finit chez Alex, mais bien sûr quand il apprend ce que fait sa copine, il change d’avis et décide d’aller chez Bryce. Forcément.

Cela permet une confrontation Jessica/Justin absolument affreuse où celle-ci le supplie, à demi-mot, de lui avouer la vérité. Après un moment de déni et d’attente interminable, il finit par le faire évidemment, traitant clairement Bryce de violeur devant tout le monde. Le jeu d’actrice de Jessica est tout simplement criant de vérité, sa détresse est clairement visible et il est tout simplement horrible de supporter cette scène ou celle, plus tard dans la nuit, du SMS de Bryce prenant de ses nouvelles. La thématique n’est pas évidente, elle était abordée depuis quelques épisodes, mais cette fois, on se prend les effets destructeurs en pleine face.

S’il n’y avait que ça, cet épisode serait déjà dur à encaisser, mais il est aussi temps de découvrir enfin les raisons pour lesquelles Clay devrait se sentir coupable, et on va toucher des sujets sensibles là, je sens.

Côté flashbacks, l’ensemble de la soirée recommence et cette fois, Hannah raconte sa perspective de la soirée. Assez vite, oui, on comprend pourquoi elle en veut à Clay : c’est un tel boulet ! Il enchaîne les gaffes avec elle, et ce n’est franchement pas possible d’être aussi à l’ouest, si ? Enfin, au moins, ça rétablit la balance de tous ses ados héros de séries pour qui tout est toujours méga simple.

Le problème, c’est qu’il est incapable de comprendre ce qu’Hannah attend de lui, même si Jeff tente de lui expliquer. Seulement, la simple présence de Jeff dans l’équation dérange Hannah. Cela peut se comprendre, mais justement, je trouve qu’Hannah n’est pas forcément compréhensive avec lui. Elle attend énormément de lui, comme elle attend énormément de tous les gens autour d’elle. Finalement, ce que cette série raconte, c’est l’histoire d’une jeune fille fragile qui attend des autres une perfection qu’ils ne peuvent lui apporter et qui la déçoivent en étant tous, plus ou moins, bourrés de défauts.

Le défaut qu’elle reproche à Clay, néanmoins, est certainement le moins justifiable de tous : elle lui reproche simplement d’être humain, d’être inexpérimenté, de ne pas la comprendre. Et c’est là que j’ai beaucoup de mal avec la série – et avec Twitter, et avec la vie, en général.

Le point central de cet épisode, ce sont les baisers et le début d’une relation intime entre Clay et Hannah. Et alors que tout se passe bien, cette dernière sent subitement les différentes agressions sexuelles dont elle a été victime lui revenir. Incapable d’en parler ni de continuer, elle demande à Clay de s’arrêter et de s’enfuir.

Et il s’enfuit, sans comprendre ce qu’il se passe et probablement tout aussi détruit qu’Hannah par ce revirement de situation.

Pour la défense de Clay, je veux souligner que ses deux scènes de presque-sexe (avec Sheri, avec Hannah) dans la série ont commencé par une demande de consentement de sa part : « Is this OK ? ». C’est tellement rare de voir ça à la télévision alors que c’est d’une importance sans nom. C’est donc à tous les égards un type bien, et il n’a pas le syndrome du Nice guy ni quoique ce soit de ce genre que Twitter nous étiquette toujours. Non, c’est juste un ado normal qui découvre les choses de la vie, vraiment.

Et Hannah le sait. Mieux, elle le dit elle-même. Pourtant, Tony, a l’épisode précédent, considère que c’est Clay qui a tué Hannah. Clay lui-même semble en arriver à cette conclusion. Mais non. Ce qui tue Hannah, c’est qu’elle est incapable de communiquer. Sur cette scène en particulier, la réécriture est assez clair : Clay aurait pu faire quelque chose pour lui parler. Oui, il aurait pu. Cela dit, pourquoi le devrait-il, après tout ? Comment pouvait-il le savoir (étant donné son âge, son expérience, etc.) ? Et surtout, comment Hannah peut-elle en attendre autant de lui sans chercher à savoir son point de vue ?

Ce qui m’énerve le plus, c’est la culpabilité que ressent Clay, au point d’envisager lui-même le suicide. Ce qui m’énerve, c’est qu’à aucun moment Clay a fait quelque chose de mal, il a simplement respecté ce qu’elle lui demandait. On arrive à un cas où un « non, va-t’en » serait un « oui, reste ». Un non est un non, et Hannah qui lui reproche de l’avoir respecté est vraiment dérangeant. Clay qui se sent coupable, et qui est entretenu dans sa culpabilité par Tony (et par les autres personnages considérant que « ce sera pire quand il en sera à sa K7 »), c’est une aberration.

Responsable, mais pas coupable.

Et encore, responsable ? Ce n’est pas si évident. Les problèmes de communication rencontrés par Clay n’ont pas à être reproché à celui qui voulait être le plus proche d’elle. OK, il déconne en n’étant pas parfait, mais l’attente d’Hannah était juste irréaliste.

Cependant, du point de vue de Clay, cette scène n’est-elle pas aussi dévastatrice ? La fille que tu aimes qui te rejette sans raison explicite, avec violence et qui fuit les explications par la suite, au point d’aller se suicider (bon, il reste une cassette cela dit), c’est hyper destructeur aussi. Je la trouve bien plus coupable du mal qu’elle peut faire à Clay que Clay n’est coupable du sort d’Hannah.

Alors, certes, il aurait pu être là pour elle. Il aurait pu la comprendre. Il aurait pu trouver les mots pour la faire parler et les choses auraient été différentes. Cependant, je ne vois toujours pas en quoi il est une raison de son suicide. Elle n’a jamais été capable de lui dire tout ça en vrai ? Pourquoi enregistrer treize putain de K7 quand elle aurait pu aller (lui) parler ?

Si Clay avait eu une personnalité un peu plus fragile (et on sait qu’il a pris des médicaments avant quand même), il aurait pu tout autant souffrir de la situation, au point d’aller se suicider aussi, non ?

Sans pour autant être dans un cycle de victimisation constante, Hannah s’isole d’elle-même dans la majorité des situations. Les gens disent d’elle qu’elle cherche et provoque le drama et, d’une certaine manière, ils n’ont pas tort. Elle est incapable de communiquer sur ses besoins et désirs, elle se renferme sur elle à tous les problèmes et enchaînent les quiproquos avec tout le monde.

Bien sûr qu’elle ne cherche pas ce qui lui arrive, qu’elle ne le mérite pas, ni qu’elle le provoque volontairement, c’est un peu exagéré de dire ça. Seulement, son manque de communication, elle en est responsable autant que les gens qu’elle vise, et ça m’a vraiment dérangé, car finalement, ces harceleurs n’ont pas toujours entièrement tort. Sans même s’en rendre compte, Hannah attire à elle les emmerdes et choisit de les voir selon la mauvaise perspective.

Du coup, cette scène de révélations est révoltante, ce résumé d’épisode plus long que les autres, mais il y a tant de choses à en dire ! Pour la note, j’ai longuement hésité, mais finalement, il faut bien reconnaître que les scénaristes gèrent la chose à merveille : l’écriture est puissante, bien mise en place et ne laisse pas indifférent. Cet épisode est dérangeant, mais il reflète une réalité que je n’aime pas, qui est que des Hannah, il en existe des tas, des Clay, aussi ; et des dérapages, des suicides, ça s’explique aussi comme ça.

Et j’ai fini cet épisode dans le bus puis le RER, je ne vous explique pas mon état d’énervement. Heureusement, j’avais une bonne pause avec mes meilleurs amis ensuite.

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Capture d'écran 2017-04-03 21.16.52.pngÉpisode 12 – Tape 6, Face B – 17/20
Did you rape Hannah Baker?

J’ai donc repris la série seulement le lendemain. Et c’est tant mieux. J’aurais autrement enchaîné et peut-être pas digéré les informations de la même manière. J’étais surtout énervé à la fin du onzième, alors que j’étais un peu plus compréhensif en reprenant le lendemain. Le message était passé. La raison d’Hannah, je l’entends, mais je ne l’approuve pas. C’est la sienne, elle a vécu avec et elle l’impose aux autres. De là à voir Clay comme un bourreau, je n’y arrive pas, mais il faut reconnaître qu’il a été incapable de l’aimer comme il aurait fallu.

Il se passe encore beaucoup de choses dans cet épisode, que j’ai commencé dans le bus, pour changer. Justin se confronte de nouveau à Jessica, qui ne lui pardonne pas son silence. Oh, bien sûr les raisons de Justin s’entendent, mais elles sont toutes ridicules par rapport à la gravité du viol. Justin a merdé sur le moment et a merdé en cherchant à se protéger lui-même plus qu’il n’a protégé Jessica. C’est tout. Nous sommes loin de la demi-teinte du Clay/Hannah, mais bien dans la culpabilité pure et simple. Là encore, la série vise juste : le personnage de Justin est crédible, mais il n’est pas excusé, ni repenti. Il doit apprendre à vivre avec son erreur et grandir de celle-ci, en sachant qu’il a ruiné Jessica au passage.

Maintenant qu’elle sait la vérité, celle-ci arrête de se détruire avec l’alcool. Il lui reste encore à se reconstruire et en un épisode, ce n’est pas gagné.

Pour ne rien arranger, tous les lycéens sont rattrapés par le cliffhanger de l’épisode précédent : il est temps pour eux de recevoir des convocations à aller témoigner. Ils se réunissent une nouvelle fois au Monet. C’est plus ou moins censé être un truc secret et, dans tous les cas, ça aborde un sujet sensible, mais ils font ça au calme dans un café désert où la serveuse est une lycéenne comme eux. C’est un peu abusé. La scène est néanmoins plutôt bonne, avec une absence de Sheri qui préfère se dénoncer et une Courtney qui n’assume toujours pas son homosexualité, préférant encore nier l’évidence du viol de Jessica.

Courtney ne s’arrange pas dans cet épisode et elle fait tout autant de dégâts que les autres dans le harcèlement à nier l’évidence. Cette fois, pourtant, elle est corrigée par les autres et ça fait du bien, même si je n’aime pas la manière dont elle canalise leur haine. Elle finit par faire son coming-out à son père, même si on n’en sait pas beaucoup plus.

Pendant ce temps, les parents d’Hannah continuent de se déchirer et de ne pas se remettre, ce qui est toujours aussi dur à voir et extrêmement bien joué par les deux acteurs. Olivia tente de comprendre pourquoi Tony est sur la liste de sa fille, qu’elle a trouvé à l’épisode précédent et que l’on sait être la liste avec laquelle elle a réussi à faire ses cassettes. Clay se rend dans leur épicerie pour acheter du vernis, hmm.

En flashback, nous reprenons la vie d’Hannah après tout ça, et elle ne va pas super bien, forcément. Elle s’engueule rapidement avec ses parents, puis finit par aller faire une marche dans son quartier. Seulement, elle marche des heures et des heures, parce qu’elle ne va pas bien et qu’elle n’a toujours personne à qui parler. C’est là le plus grand mal d’Hannah et la vraie raison de son suicide : sa solitude, ce silence dans lequel elle est isolée.

De son silence, elle est sortie par les sirènes des bruits d’une fête. Chez Bryce. Bien joué. Elle le dit elle-même : elle devrait savoir qu’il ne faut pas y aller. Oui, mais elle y va quand même, parce que c’est comme ça, il y a toujours l’envie d’un bon moment entre amis, malgré l’alcool, malgré les dysfonctions existantes.

Les choses prennent un mauvais tournant : elle accepte de se rendre dans le jacuzzi avec les autres et finit par s’y retrouver seule avec Bryce. Oh, je le sentais venir, surtout que le nom de celui-ci est entouré plusieurs fois sur la liste d’Hannah. Je le sentais venir et je le sentais mal, mais en même temps, sur mon téléphone portable, je n’ai pas eu d’avertissement en début d’épisode, donc je me rassurais en me disant que je l’aurais eu si l’histoire se dirigeait par là.

Et bien non, Netflix ne prévient pas, mais oui, il y a un viol dans cet épisode. Et puisqu’il se produit sans le moindre avertissement, je l’ai trouvé plus violent à voir que celui de Jessica. Je ne dis pas que celui d’Hannah est plus violent, un viol est un viol. Seulement, pour celui de Jessica, en tant que téléspectateur, on a le temps de s’y préparer, on le devine plusieurs épisodes avant, on s’attend à ce que ça arrive, on est prêt à être horrifié – de manière cathartique.

Pour Hannah, je trouve qu’il n’est pas vraiment annoncé avant, qu’il constitue la goutte d’eau finale.

Dans le présent, Clay se rend donc chez Bryce avec l’excuse qu’il veut acheter de la drogue, quand tout ce qu’il cherche est l’aveu de celui-ci. Il y va fort avec ses questions, et ça sent l’enregistrement, puisqu’il se laisse tabasser pour avoir cet aveu de viol.

L’aveu est peut-être la scène la plus dure de la série jusque-là, plus que les deux viols précédents et la K7 de Clay, parce que Bryce refuse de l’appeler un viol. Pour lui, il n’a fait que répondre à la demande d’Hannah, qui après tout était en sous-vêtements dans son jacuzzi. Le personnage est à vomir, mais le plus terrifiant est encore qu’il sonne juste et crédible, réel. Violent.

Et comme si cela ne suffisait pas, on voit Tyler acheter ce qui ressemble à un flingue et le cliffhanger final nous révèle qu’un ado est entre la vie et la mort, suite à une blessure par balle au crâne.

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Capture d'écran 2017-04-03 21.19.14.pngÉpisode 13 – Tape 7, Face A – 18/20
It’s powerful. And painful.

C’est déjà le dernier épisode, et je ne suis pas prêt si je suis sincère. Entre la série qui affronte des sujets durs et violents, mon challenge qui patine un peu et le fait que j’adore vraiment, alors je n’ai pas envie de dire au revoir à ces personnages.

L’épisode nous montre désormais les dépositions de chacun (enfin pas Ryan il me semble, je le trouve incroyablement mis de côté depuis le début) et je comprends assez vite qu’il s’agit là de conclusions pour eux. Je suis très mitigé sur ce point, car je trouve que ça ne développe pas assez les conséquences de tous leurs actes. Tyler qui balance l’existence des K7 est une excellente chose, de même que le mensonge de Jessica qui nie les avoir eues.

J’ai aimé avoir enfin une scène où Justin prend ses responsabilités en main et décide d’arrêter de parler à Bryce, qui se découvre dans la merde. C’était nécessaire. Justin se voit offrir une conclusion assez satisfaisante.

En parallèle et sans surprise, Clay a bien enregistré les confessions de Bryce, c’était assez évident. D’un point de vue technique, je n’ai pas trop aimé le maquillage de Clay dans cet épisode, j’ai eu l’impression que ses contusions au visage bougeaient un peu en fonction des scènes et ça cassait l’effet de réel. Enfin, bon. Le début de l’épisode est moins prenant, ce qui est dommage pour une fin de saison (et peut-être bien de série).

Pourtant, ça avance mieux quand on arrive enfin à la 13e raison pour laquelle Hannah décide de se suicider : Porter. Ils ont d’abord tenté de nous faire croire à une histoire d’argent perdu, mais bon, ce n’est finalement qu’un détail par rapport à Porter (mais chaque détail à son importance, cela dit).

En flashback, on la voit venir se confesser à Porter, qui avait tous les éléments en main depuis le début. Quel connard ! C’était probablement prévisible et obligé, mais je n’y ai jamais réfléchi à ce point, vu que j’ai tout enchaîné.

Et forcément, en très mauvais psy, il se comporte comme s’il voulait faire parler Hannah, mais se contente de blâmer la victime d’un viol avoué à demi-mots. Une fois de plus, Hannah ne parvient pas à communiquer, à mettre les mots sur les choses et cela se retourne contre elle. Seulement, cette fois, elle a raison : c’est à l’adulte d’agir en conséquence par rapport aux aveux qu’elle lui fait. Et non, il lui fait du slut shaming, pose toutes les mauvaises questions et finit presque par un « you can move on ». Non, justement, elle ne peut pas passer au-dessus de son viol. Car c’est bien un viol, même si elle n’a pas dit non (en même temps, elle a cherché à s’enfuir et a dit « stop », pour moi, c’est un non, contrairement à Hannah qui répond qu’elle n’a pas dit non et s’arrête là).

Bref, cet épisode possède encore une scène beaucoup trop violente à voir, où Porter s’avère être l’un des pires personnages finalement. Cela apporte une nuance appréciable, il n’y a pas que les ados qui sont perdus dans cette série, les adultes sont tout autant à blâmer, incapables de contrôler ce qu’il se passe sous leurs yeux.

Sur une note plus terre à terre, Tony fournit quand même un excellent micro à Hannah et Clay, parce que moi perso, si j’essaie de faire ça avec le micro dans le sac comme ils font, ça ne fonctionne pas. Et aussi, c’est le genre d’appareil qui fait un bruit d’enfer normalement, mais bon.

De son côté, Tony décide de donner les fichiers audio aux parents d’Hannah, comprenant que ce n’est pas sain de les garder secrets et qu’il faut que la vérité sorte. La performance de Kate Walsh est une fois de plus exceptionnelle dans cet épisode, que ce soit dans son attente de l’écoute, dans son refus de forcer Jessica à parler (mais elle avoue malgré tout à son père son viol en fin d’épisode) ou dans la découverte du corps de sa fille.

Oh. Oui. Hannah se suicide dans cet épisode et nous avons droit aux images douloureuses. Et après tout ça, après découverte de toutes ses raisons, des valables (Bryce, Porter) aux moins valables (Clay, Zach), je ne peux m’empêcher de remarquer que je ne comprends toujours pas. J’aurais envie de l’empêcher de se suicider et je suis frustré de tous les non-dits qui entoure la mort de ce personnage. La violence de la scène du suicide est incroyable, il est cru, on en voit beaucoup et il n’y a pas le moindre regret de la part d’Hannah.

Et la découverte du corps par les parents me file encore des frissons.

J’adore la décision finale de Clay qui laisse les K7 à Porter en lui laissant choisir ce qu’il souhaite en faire ensuite. Il a fallu que la production parvienne ensuite à m’achever avec l’utilisation de la reprise d’Only you. Je lui préfère la version originale de Yazoo, mais cette reprise par Selena Gomez (qui produit la série quand même) me porte de manière tout aussi juste.

Et puis, Clay qui décide de parler à Skye, de communiquer enfin, c’est un beau message porteur de pas mal d’espoir pour tous ces lycéens incapables de parler. Une fois de plus, la conclusion m’apparaît évidente : pour désamorcer tout ça, rien ne vaut le dialogue.

Nous en arrivons alors à la fin, que je n’ai pas aimé du tout. On apprend qu’Alex est entre la vie et la mort. C’est inattendu, mais c’est lui qui s’est pris une balle dans le crâne. Le montage suggère que c’est Tyler qui s’en est pris à lui, mais ce n’est pas clair. Pourquoi commencer par Alex, qui reste l’un des moins connards de la série ? Et surtout pourquoi ce flashback du moment où il est sympa avec Tyler plutôt que du moment où il l’envoie chier ? Je n’ai pas trop aimé cette ouverture. Edit : Je viens de visionner le reportage « Beyond the Reasons », également sur Netflix, et il y est confirmé qu’Alex fait une tentative de suicide. Je continue d’être intrigué par le choix de ne pas le montrer à l’écran et par celui de finir sur Tyler qui retire sa photo. J’ai l’impression qu’il y a une piste volontairement ouverte pour une saison 2 ?

De manière générale, je n’ai aimé aucune des ouvertures de la série qui ne prend pas le temps de traiter les conséquences. On a l’histoire des K7, mais pas celles des personnages qui ont pourtant pris le pas sur l’écoute des K7 (la voix d’Hannah n’étant plus vraiment fil conducteur sur les derniers épisodes). Les parents écoutent les K7, c’est bien, mais ça n’apporte rien comme conclusion, pas plus qu’on ne voit les conséquences judiciaires pour Bryce ou pour Sheri, ou les conséquences du coming-out de Courtney, etc.

C’est exactement la raison pour laquelle je déteste les films habituellement : on nous développe des histoires qui ont énormément de potentiel pour une suite, mais on s’arrête une fois qu’on est investi. Là, la série ne fait pas autre chose : on s’investit dans ces personnages (et ils sont nombreux) et il faut tourner la page comme ça. Tourner la page, oui, après tout, c’est adapté d’un livre. Cela ne m’aurait pas dérangé pareil venant d’un livre, c’est vrai, je suis plus tolérant avec un livre. Seulement, j’attends d’une série qu’elle me raconte toute l’histoire.

J’aime les fins ouvertes, si les pistes sont claires et que j’ai l’impression d’avoir fait le tour des personnages. Ce n’est pas le cas ici : il y a des choses non explicitées et des personnages dont on n’a fait qu’explorer la surface. Et j’écris tout ça en envisageant cette fin de saison comme une fin de série. C’est adapté d’un film et je ne sais pas s’ils oseront proposer une saison 2, alors je le vis pour l’instant comme une fin.

Une fin à la Roswell, avec Skye, Clay, Tony et le copain de ce dernier dans une voiture. Mouais.

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Saison 1 | Saison 2 | Saison 3Saison 4

Capture d'écran 2017-04-03 21.19.45.png

EN BREF – 13 Reasons Why est une excellente série avec des performances de dingue. Malgré quelques longueurs, la série reste de qualité constante, aborde des sujets compliqués et le fait bien. Les adolescents mis en scène sont déjà confrontés à des problèmes d’adultes. La fin est néanmoins trop ouverte et je serais presque partant pour une saison 2, même si je doute qu’il y ait matière à faire ça.

Ce que j’en retiens surtout, c’est l’agilité à traiter de sujets que je ne vois que rarement abordé de manière aussi juste. Ces épisodes ressemblaient beaucoup à un long fil twitter un peu rageux. Le point de vue d’Hannah ne peut être le mien, son manque de communication, sa solitude qu’elle s’impose, sa vision noircie des choses ne sont pas la manière dont je souhaite voir le monde. Seulement, des gens comme Hannah existent, les problématiques auxquelles elle est confrontée existent et qu’une série se propose d’y réfléchir comme ça est une excellente chose. Vraiment. C’est une belle ouverture au débat et à la dénonciation de problèmes de société. Allez, je m’arrête là, cette conclusion s’appelle « en bref », et ceci est quand même ma treizième page Word. Oui, 13 pages pour développer les 13 raisons du suicide d’Hannah, ça ne s’invente pas.

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Imaginary Mary (S01)

Ci-dessous, mon article sur les huit neuf épisodes de cette série, semaine après semaine.

Avis : Oui, je sais. Encore une nouvelle série. Je sais que je n’ai pas fini certaines saisons en cours, que je n’ai pas non pris le temps d’entamer la saison 2 de Love ou les nouveautés Netflix que je me garde pour le #WESéries à 19h, mais voilà, j’ai envie de tester Imaginary Mary.

Je n’ai absolument aucune raison de le faire, aucun nom qui ne m’a attiré l’œil dans le casting ou la production. Cela dit, je trouve le concept de l’amie imaginaire intéressant et potentiellement créateur de bons gags pour la suite. Du coup, je me lance et on verra bien.

Le premier épisode me laisse un peu sceptique, oscillant entre un bon humour et des moments gênants tant cela tente d’être drôle sans toujours y parvenir.

Attention, spoilers.

Note moyenne de la saison : 14,5/20

01.pngÉpisode 1 – Pilot – 13/20
That will never be me.

Cette série commence bien avec du Katy Perry et une voix off omniprésente mais efficace pour nous introduire le personnage d’Alice. Cette petite fille que l’on voit bien vite grandir au divorce de ses parents s’invente une amie imaginaire : Mary.

Et Mary a beaucoup à faire une fois Alice adulte : cette dernière rencontre Ben, un mari divorcé père de trois enfants et craque totalement pour lui. Quelques mois plus tard, elle se retrouve à accepter de rencontrer les dits enfants, Andy, un ado mal dans sa peau, Dora, sa sœur un peu trop bien dans la sienne, et Bunny, la petite dernière. Le stress lui fait revoir son amie d’enfance, qui à partir de là lui donne le conseil de fuir et devient cette petite voix dans sa tête qui lui donne tous les pires conseils et répliques imaginables – c’est-à-dire tout ce qui lui viendrait le plus naturellement mais qu’elle ne peut pas dire.

Le reste du pilot se concentre sur la rencontre avec les enfants, qui se passe évidemment mal, et sur ses difficultés à assumer ce nouveau rôle de mère de substitution. Bon, c’est loin d’être révolutionnaire et hyper drôle pour le moment. L’amie imaginaire est sympa, mais un certain nombre de moments essaient trop d’être drôles pour l’être vraiment, devenant ainsi un peu gênant à regarder (principalement tous les moments où Alice et Mary sont bourrées). Le personnage de Mary est un dessin plutôt marrant et je sens bien que le concept pourrait apporter quelque chose, mais il va falloir du boulot pour vraiment me convaincre.

Il y a bien des blagues qui fonctionnent (la dance mom), le problème est qu’elles étaient toutes dans la bande-annonce, comme toujours. Il est du coup dur de savoir si le rythme y est ou non, comme bien souvent dans les pilots de comédie.

Le reste du casting est bon sans être excellent, l’alchimie entre le couple principal est tout ce qu’il y a de plus banale. Les enfants sont susceptibles d’apporter un bon humour néanmoins, mais ils ont besoin d’être encore approfondis pour que cela se confirme ou non. La conclusion constitue une famille dysfonctionnelle un peu rapidement, mais c’est le rôle d’un pilot de nous créer une situation qui pourra être exploitée pour le reste de la saison.

C’est pour l’instant sans plus, mais à regarder d’un œil distrait pour voir comment ça évoluera.

02.pngÉpisode 2 – The Mom Seal – 15/20
Kidnappers do it everyday! How hard can it be?

Bon, allez, ça fait fait deux semaines et je n’ai pas spécialement eu envie de continuer. J’ai un peu de temps ce soir, alors autant les regarder et me faire une opinion plus précise sur la série.

Cela reprend mal je dois dire, avec Ben qui n’arrive pas à gérer ses enfants et demande à Alice de s’occuper de sa fille. Celle-ci accepte contre l’avis de Mary et se retrouve à demander de l’aide à ses collègues pour savoir quoi faire. Mouais, ça enchaîne les clichés, mais il y a quelques répliques drôles.

J’ai un gros problème malgré tout avec Mary : sa voix finit par me saouler tellement elle crie trop. C’est un problème de taille, je sais. En plus, Mary a tendance à disparaître de certaines scènes sans vraie explication… mais bon, c’est le principe des budgets limités.

Du côté des ados, Andy refuse de passer le permis et Ben se dispute avec lui pour qu’il le passe. Il finit par lui donner des leçons. Là encore, il y a des répliques percutantes, mais l’ensemble continue de me laisser perplexe. L’intrigue n’est pas géniale, mais les répliques le sont. C’est un bon début.

Je tiens à dire aussi que j’adore l’idée de la glace au micro-ondes et que la relation entre Andy et Alice est une bonne réussite de la série pour le moment. Dans tout ça, je suis totalement mitigé, parce que je ris plus que devant d’autres séries au même stade, mais simplement par moments. C’est genre beaucoup d’ennui et une bonne blague qui remonte carrément le niveau, quoi. THIS GIRL IS ON FIRE.

03.pngÉpisode 3 – The Parent-y Trap – 17/20
You’re being super parent-y.

Je continue d’être perplexe, mais j’enchaîne avec le 3. Un de mes problèmes reste que le jeu d’Alice n’est en fait pas si dingue, surtout quand elle parle à Mary. L’actrice n’avait clairement aucune idée d’à quoi ressemblerait son amie imaginaire…

L’intro est plutôt marrante avec le concert de flûte de Bunny et le reste de sa classe, et cela lance l’idée principale de l’épisode. En effet, Alice s’y moque de Ben qui pleure devant le talent de sa fille (qui est juste absolument une mauvaise joueuse de flûte). Du coup, le reste de l’épisode va s’attarder à transformer Alice en mère elle aussi.

Andy et sa sœur se disputent à propos de Grease. En effet, il veut auditionner pour un rôle dans la comédie musicale du lycée. Bien sûr, il est hyper mauvais acteur, parce que ce personnage est mauvais pour tout. Alice décide donc de l’aider… et il semblerait bien que les scénaristes choisissent une fois de plus de centrer leur épisode sur ces deux-là. C’est un peu embêtant quand les scénaristes se rendent compte que la meilleure alchimie de la série est Andy/Alice… mais au moins ça fonctionne à merveille.

Ben passe l’épisode à essayer de se mettre en travers de leur route, Dora (sa sœur) écrit une pièce anti-Grease (et donc pro-féministe) et Bunny est contaminée par Grease.

Sans grande surprise, Andy rate son audition, mais sa soeur lui donne son premier rôle sans la moindre hésitation. Et quand la pièce a enfin lieu dans le garage familial, Alice est en larmes à son tour. Du coup, elle est presque trop rapidement transformée en belle-mère. La série se piège un peu à aller si vite en besogne, mais c’est une bonne évolution pour l’instant.

C’était de loin le meilleur épisode pour le moment et je me sens pris au piège de cette série qui arrive à me faire rire alors que tout paraît… peu drôle, en fait. Comme c’est étrange. En plus, j’ai apprécié les trois enfants dans cet épisode (avec toujours une nette préférence pour Andy, puis Bunny, malgré tout), d’où la très bonne note.

C’est finalement Ben qui est le personnage le moins intéressant pour l’instant. C’est un peu con pour un personnage principal.

04Épisode 4 – Prom-Com – 18/20
You tried to trick me with the Andy Rule!

C’est un peu tôt dans la saison pour déjà nous parler de bal de promo, mais l’introduction de l’épisode est très réussie, de même que le reste. Je n’étais vraiment pas convaincu par les premiers épisodes, mais en fait, je suis bien forcé de reconnaître que ça me file le smile semaine après semaine. Oui, ce sourire débile des comédies.

Le problème ? Ce n’est clairement pas Mary qui me le file. Pire que tout, je considère de plus en plus qu’elle ne sert à rien. Elle n’est littéralement qu’un accessoire même plus si comique et un peu ennuyeux, qui surgit de temps à autres (et franchement dans cet épisode, à peine trois fois).

Bref, hormis Mary, et ça m’embête vraiment de le dire, j’ai adoré cet épisode. C’est frais, léger, pas prise de tête et marrant. Andy fait de la merde, comme toujours, mais finit par avoir son rencard pour le bal de promo avec Clara, l’asiatique de l’épisode précédent. Oh, je sais que c’est idiot, mais ça donne presque envie de les shipper tellement ils sont marrants ensemble. Bien sûr, c’est trop simple pour être réaliste, mais tant pis, ça m’a fait rire. Surtout le « Clara, do me ? ».

De son côté, Dora a également un prétendant, Gabe, qui passe l’épisode à chanter la même chanson pour l’inviter au bal. Un peu lourd, parfaitement américain, mais très réussi.

En parallèle de tout ça, on voit Alice gérer son rôle de belle-mère et permettre à Andy d’un peu lâcher prise sur ses gosses, une constante de plus en plus visible dans la série. C’est donc tout simplement des thèmes classiques traités de manière classique, mais ça fonctionne à merveille.

Le pire, c’est que ce n’est même pas forcément bien joué (Dora ne gère clairement pas la crise de larmes adolescentes sur la tristesse, mais vraiment sur la comédie). Je ne sais pas trop ce qui m’accroche tant dans cette série, mais ça m’accroche, alors je ne vais pas mentir ! C’est peut-être la musique, parce que chaque semaine voit l’utilisation d’une excellente soundtrack.

Et la dernière scène m’a fait énormément rire, avec les danses du casting au bal. Difficile d’en attendre plus d’une comédie de cette envergure. Cela me fait un peu penser à ce que je ressens devant un épisode de Life in Pieces, sauf que ça a surgit beaucoup plus tôt avec Imaginary Mary.

05Épisode 5 – In a World Where Worlds Collide – 12/20
Don’t try to talk me out of it

Bon, je confirme que l’humour apporté par Mary ne fonctionne pas sur moi, sa relation avec Alice étant juste bizarre. Je veux dire, c’est juste une actrice jouant avec un aspirateur quoi. Du coup, quand dans cet épisode elle demande ce qu’elle fait, j’ai juste envie de répondre que je ne sais pas, en le criant à ma TV. Enfin bon…

Andy s’ennuie depuis le départ de son meilleur ami, Jeff, dont on n’a jamais entendu parler auparavant (je crois). Passionnant. L’épisode ne passe pas assez de temps avec les enfants, ce qui explique qu’il est sacrément moins drôle. Bunny passe sa vie en-dehors de la maison chez ses amies et Dora n’ose pas demander à son frère de l’accompagner, catastrophée de ce qui risquerait d’arriver.

Elle finit par le faire malgré tout. C’est probablement la partie la plus marrante de l’épisode, qui retombe très vite, surtout avec la conclusion sur Cher quoi…

Non, le point central de l’épisode, c’est que Ben demande à Alice de rencontrer ses amis… Parce que oui, elle a des amies, notamment Nathalie Morales qui est déjà consolée de la fin de Powerless où elle était également un rôle secondaire avec une coupe de cheveux improbables. Bon, donc, Alice ne veut pas mélanger ses mondes. Je la comprends, pour l’avoir fait une fois ou deux avec des conséquences aléatoires. De là à craindre de finir célibataire, c’est un peu abusé.

Bon, elle finit par les faire se rencontrer, tentant d’inventer toutes les excuses du monde pour qu’ils ne se parlent pas, y compris sur place. Cela finit par se passer à merveille, du coup, Alice veut rencontrer les amis de Ben… mais il ne lui présente que des connaissances et des collègues. Elle se met alors à stresser quand il est assez évident qu’il est exactement comme Andy et n’a pas d’amis. Il a trois enfants, merde, évidemment qu’il n’a pas le temps d’avoir des amis.

Bref, cet épisode était prévisible, passait trop de temps avec Ben et pas assez avec les enfants, les gags tombaient à côté et c’est très exactement ce que je craignais… Dès qu’on s’éloigne d’Andy et Dora, la série (re)devient plate. Cela va être dur à compenser…

Je conseillerais de regarder l’épisode 9 à ce moment de la saison : c’est un épisode qui a été tourné grosso modo par là vu son intrigue, mais qui n’a été diffusé qu’après le final. Attention, ma critique de l’épisode 9 spoile le final dans ses deux premiers paragraphes.

06.pngÉpisode 6 – Alice the Mole – 12/20
Are we strangers again?

Dans cet épisode, nous apprenons que Mary ne peut rien sentir. Pourquoi a-t-elle peur de l’aspirateur alors ? À une qualité d’intrigue assez moyenne, la série ajoute déjà des soucis de cohérence interne et de crédibilité, ça part mal. Et franchement, ça me déçoit !

Zut quoi, la série a déjà perdu de son charme et de sa fraîcheur, je crois. Elle réussissait bien à faire rire en chansons et en se concentrant sur Andy et Dora, mais cet épisode a beau tourner autour d’eux, j’ai eu du mal à éclater de rire. Il y a plusieurs problèmes évidents avec les deux intrigues du jour, et c’est ce qui provoque ce sentiment de déception. Au lieu de rire, je m’ennuie, c’est bien dommage !

L’ennui, c’est justement le point de départ d’une des intrigues de cette semaine. Bunny s’ennuie, parce qu’elle est la plus petite. Jusque-là, on est dans du convenu et, même, dans du réaliste. Pour l’occuper, Ben demande à Andy de s’occuper d’elle. Déjà, là, on commence à s’éloigner un peu d’un truc crédible. Du coup, Andy l’emmène avec lui pour draguer Melissa, une fille dont on n’a jamais entendu parler avant et qui sort de nulle part. Quant à sa petite-amie des épisodes précédents, elle n’est pas évoquée. Hop, une intrigue à la trappe.

Comme pour le fait que Mary peut ou non sentir les choses, ce n’est pas l’important, l’important c’est de divertir, de faire rire, en occupant du temps d’écran avec des gags plus ou moins réussis. C’est très dommage, car pour moi, l’un n’empêche pas l’autre normalement.

La deuxième intrigue s’en sort à peine mieux dans la cohérence générale. Après nous avoir martelé le cerveau tout au long de l’épisode 4, le copain de Dora a lui aussi mystérieusement disparu, remplacé par des étudiants de l’université qui la font fantasmer. Franchement, pourquoi pas ! À l’adolescence, les choses bougent vite. Pourquoi pas aussi, puisque l’épisode nous annonce en intro que les choses bougent vite dans la vie de Dora. Mais… aucun suivi, aucune trame en-dehors de la famille, c’est dommage. Alice n’a même plus de travail dans cet épisode.

Elle n’a plus d’amis non plus, car elle devient pote avec Dora. Cette intrigue voyait quelques scènes marrantes, notamment dans sa relation avec l’ado ou le faux coup de fil aux parents de l’autre fille.

En définitive donc, les scènes vraiment légères manquent encore cette semaine, le fil conducteur est tombé à l’eau et les gags peinent à décoller. Bref, la série s’empêtre dans des voies qui ne sont pas les meilleures qu’elle pourrait suivre… C’est frustrant, car elle pourrait faire mieux.

Capture d'écran 2017-05-10 14.36.19.pngÉpisode 7 – The Ex X Factor – 14/20
We can’t be sick on the same day, it raises suspicions.

Alice rencontre l’ex-femme de Ben cette semaine, ce qui n’annonce rien de bon parce que ça se concentre de nouveau sur le couple. Cela dit, cela a merveilleusement bien fonctionné rien que grâce au casting, parce que j’étais très heureux de retrouver l’actrice, déjà vu dans Grey’s Anatomy (entre autres). En plus, elle a encore une blouse blanche dans cette série.

Bien sûr, Alice fait de la merde sans s’en rendre compte et même avant de la rencontrer, laissant Bunny regarder les femmes au foyer alcooliques. Pour se rattraper, elle fait semblant d’avoir l’habitude de jardiner avec Bunny, ce qui se retourne immédiatement contre elle. En tout logique. Franchement, il est difficile de ne pas être de l’avis de Renée, Alice enchaînant les merdes depuis sept épisodes.

Andy & Dora font semblant d’être malades pour rater les cours, finissant devant Buffy. N’est-ce pas magique ? Déjà qu’ils étaient mes personnages préférés, si en plus ils se mettent à regarder ma série préférée, c’est magique.

Bon, malheureusement pour Andy, il sèche pour rien. Il voulait simplement éviter un tournoi sportif, reporté au lendemain pour cause météorologique. Dora l’apprend, mais ne lui dit rien car elle veut sécher le même cours. Il est vexé, mais Dora décide de se rattraper en participant à la course avec lui. C’est mignon, même si hyper prévisible. Andy est effectivement le plus lent des coureurs.

Bon, sans être hilarant, cet épisode remonte un peu la pente grâce à une excellente guest-star, un bon montage musical et quelques blagues, mais ce n’est toujours pas aussi bon que ça ne l’était il y a quelques semaines. Je suis déçu, j’en attends trop, je pense.

08.pngÉpisode 8 – Last Dance with Mary – 15/20
The whole reason you came back was to get me to this point and I’m ready to do it.

Bon. Je commence cet épisode alors que je suis triste pour des raisons personnelles et furax d’avoir été spoilé sur twitter. A priori, je suis déjà dans la bonne ambiance pour voir la fin de cette série, déjà. Oui, les audiences n’ont pas suivi, c’est annulé.

L’anniversaire des six mois de relation de Ben et Alice approche, du coup, celui-ci lui achète une bague de fiançailles. Bien sûr, Alice la trouve assez rapidement par pur hasard. Mary comprend alors qu’elle disparaîtra si la demande en mariage a lieu. Elle fait tout pour empêcher Alice d’accepter.

Pendant ce temps, Dora et Andy entrent en compétition pour voler les vêtements de toute la barraque et les donner pour un projet scolaire de charité. Bien sûr, Dora récupère les chaussures dans lesquels son père a caché la bague.

Du coup, celui-ci ne peut pas faire sa demande à Alice qui déprime et décide de s’enfuir en avion. Moui, c’est un peu radical quand même, mais pourquoi pas, cela permet de combler un peu le final avec pas mal de suspense pendant que Ben cherche la bague à l’école, ses enfants mis au courant de son grand projet.

Bien sûr, tout finit bien pour la petite famille : Mary culpabilise et révèle à Alice qu’il faut qu’elle retourne auprès de Ben pour le demander en mariage, Ben retrouve sa bague, la double demande a lieu, avec ce qu’il faut de quiproquo et d’humour.

Ce n’est vraiment pas l’épisode le plus drôle de cette courte saison, mais il a ses bons moments, autant dans l’humour que dans la tristesse. Sans grande surprise, Mary a disparu seulement un temps. Alice est beaucoup trop déprimée sans elle pour continuer et, du coup, Mary revient, après un petit détour de son interprète vocal à l’écran.

C’est une jolie conclusion de saison. On sent bien que les scénaristes aimeraient continuer mais, en même temps, c’est une conclusion de série avec une boucle bouclée et aucune scène qui ne relance pour la suite. Pas de cliffhanger, une conclusion qui fait la série part sur une jolie révérence.

Capture d'écran 2017-05-31 18.02.31Épisode 9 – The Sleepover – 15/20
Did grandpa died again?

WTF? La série est annulée et tout le monde en a annoncé la fin avec l’épisode 8. L’épisode lui-même avait tout d’une fin de saison. Et pourtant, voilà, ce matin, j’ai reçu une notification de TV Time pour me dire qu’un nouvel épisode était dispo.

Bon, la chaîne doit se débarrasser de tout ce qu’elle a en stock j’imagine, mais je ne comprends pas bien pourquoi ils n’ont pas diffusé dans l’ordre d’écriture/tournage. Clairement, cet épisode n’a rien à faire là : ni Alice, ni Ben n’ont leur bague. Il aurait donc fallu le voir bien plus tôt dans la saison.

Cet épisode voit Alice vouloir rester dormir chez Ben car elle en a marre de passer une heure à rentrer chez elle. Le problème, c’est que les enfants sont atroces avec leur père et l’empêche de dormir toute la nuit. Je veux dire, admettons pour Bunny, mais les deux autres, c’est un peu exagéré. Les ronflements et le somnambulisme sont des problèmes difficiles à éradiquer, mais personne ne semble y faire grand-chose.

Alice se rend compte du problème et trouve des solutions à la Alice qui se retournent contre elle. C’est beaucoup trop drôle et ça fait regretter la série : l’épisode est plutôt sympathique et a des moments drôles qui confirment que la série avait quand même son rythme. En plus, la fin touche même à la corde l’émotion. Quel dommage, cette annulation !

fin

EN BREF – La série n’aura pas fait long feu, mais cela aura été suffisant pour me marquer positivement. L’équilibre des intrigues était incertain, mais il y avait de quoi s’amuser dans certains épisodes et surtout un vrai sentiment de feel good qui se dégageait des scènes en musique. Cela manque un peu à la télé en ce moment dans ce que je regarde, je suis donc forcément déçu de cette annulation si rapide.

Cependant, il faut bien dire ce qui est, la série était inégale et les audiences vraiment absentes. Tant pis, au revoir Imaginary Mary, ces deux derniers mois étaient un plaisir.

 

Legion (S01)

Spoilers

Ci-dessous, mon avis sur chaque épisode de la première saison de cette série, écrit après visionnage.

Avis : Encore une série basée dans un univers de superhéros ? Vraiment, mais pourquoi je me fais ça ? Et bien, parce que j’adore ça, déjà, et ensuite parce que le projet est plutôt cool sur le papier : il est assez déconnecté de l’univers X-Men pour avoir son identité propre et la hype autour n’a cessé de grandir au cours des derniers mois.

Cette série est donc inspirée d’un comic que je n’ai jamais lu, chez Marvel. David est un schizophrénique qui, pour ses 30 ans, est de nouveau en hôpital psychiatrique. Comme c’est du Marvel, il s’avère qu’en fait, les voix dans sa tête ne sont rien d’autre qu’une manifestation de son pouvoir…

Alors certes, mon jeudi est suffisamment plein comme ça, mais voilà, j’avais un peu de temps samedi en faisant la cuisine, donc j’ai lancé, car ce synopsis m’intriguait. Ce n’est pas forcément la meilleure des idées de faire autre chose devant cette série, mais elle m’a suffisamment convaincu pour que je vous en parle et surtout pour que je la suive !

Note moyenne de la saison : 17/20

Capture d'écran 2017-02-11 13.42.39.pngChapter 1 – 18/20
How does that make you feel?

Wow, je comprends toute la hype autour de cette série : un casting impeccable, une image léchée et une post-prod soignée font qu’on a plutôt l’impression d’être devant un film Marvel à gros budget que devant une série. Pas étonnant que la saison soit réduite à huit épisodes, car ils doivent individuellement coûter bien cher. Pas vraiment une série classique donc, on est bien sur la mode des mini-saisons éclatant tout le budget de l’année en très peu de temps. Qu’à cela ne tienne, les effets spéciaux sont magistraux.

Parmi les premiers défauts qui me viennent en tête sur cet épisode, je relève toutefois l’extrême lenteur des plans. Cela a l’avantage de bien introduire l’univers (il ne faut pas longtemps pour comprendre que le parti pris est de nous perdre autant que ne l’est le personnage), mais a aussi ses inconvénients car l’épisode est long et il y a des moments où on se demande quand est-ce que ça va avancer.

Toutefois, c’est plutôt une grosse réussite : l’épisode nous présente deux timelines autour du personnage de David et de sa rencontre avec Syd, une femme mystérieuse qui s’avère avoir elle aussi des pouvoirs. Il y a de bonnes blagues (la sœur qui retire l’outil de jardinage du sous-sol), des répétitions infernales et tout est fait pour nous perdre. Un peu trop, peut-être, car on sort de cette heure sans trop savoir vers quoi la série se dirige, il faudra donc revenir pour le savoir.

Côté casting, c’est impeccable, et j’ai adoré retrouver Aubrey Plaza dans un rôle bien différent de celui qu’elle avait dans Parks & Rec (qu’il faudra que je finisse un jour), mais qui lui va tout aussi bien. J’ai adoré aussi retrouver Hamish Linklater dans une série… même si c’est de courte durée puisqu’il finit cramé à la fin de l’épisode. J’étais dégoûté, c’était un méchant parfait, et c’est rare de connaître ce genre d’extrême sur un pilot.

Bref, beaucoup de hype autour et c’est dur de ne pas en faire partie pour le moment, car c’était vraiment prenant et immersif comme épisode. Je reste un peu plus sceptique sur le long terme, mais il faudra voir la semaine prochaine ce que ça donne !

Le logo final donne une bonne indication de l’univers qui nous attend, et j’ai aimé que ce soit la seule référence évidente à l’univers X-Men pour l’instant.

02.pngChapter 2 – 15/20
I’m not an easy guy to…

Wow, le début de cet épisode m’a totalement perdu dans ces premières minutes, mais je pense que c’est un peu l’idée, de donner l’impression d’une explication alors qu’en fait non. Cela finit par passer quand on plonge dans le passé et les souvenirs de David. Son histoire commence à prendre forme, puisque son enfance se met en place.

En revanche, la chronologie de la série est totalement floue, mais là encore c’est clairement volontaire. J’aime beaucoup le personnage de Ptonomy (nom que j’ai chopé sur TVshowtime, j’avoue) qui permet toute cette confusion cette semaine avec son pouvoir.

En revanche, je ne vois pas bien ce que la série cherche à développer, ni si un fil rouge existe, mais l’impression qui persiste est que oui. Du coup, c’est un peu étrange à suivre, mais les relations entre personnages sont assez fortes pour donner envie de poursuivre et voir vers où ça va, surtout en ce qui concerne Syd et David.

La photographie et la réalisation restent heureusement au top et le mystère est complet, surtout avec le personnage du père (Xavier, donc) toujours dans l’ombre. Il y a tellement de choses qui sont suggérées, c’est d’un frustrant !

Je me sens presque comme la sœur de David, Amy, qui apprend que son frère n’a jamais été dans l’hôpital psychiatrique où elle lui rend visite depuis des années. Brillant, surtout qu’elle finit l’épisode au bord de la torture.

Oh, et aussi, j’en ai juste marre de cette journée. J’ai vu énormément d’épisodes et beaucoup d’acteurs se trouvaient dans deux à la fois. Cette fois, c’est un rôle secondaire de l’épisode de Suits du jour qui est aussi dans cet épisode de Legion (le psy, et franchement, des oreilles comme ça, ça ne s’oublie pas !). Sérieux, quoi.

Bon, en gros et quitte à me répéter (après tout cette série le fait sans complexe, pourquoi pas moi ?), cet épisode continue de me paumer dans sa chronologie, dans son fil rouge, dans ses explications et je suis méga frustré de pas voir ce que je sens que je devrais voir pour comprendre le tout. Ouais, je me sens bon pour l’hôpital psychiatrique moi aussi à ce stade, et le générique final (excellent) ne m’aide pas non plus…

L’épisode est très bon parce qu’il réussit à provoquer le sentiment qu’il veut, mais je ne peux taper dans l’excellente note car il maque quelque chose, définitivement.

03.pngChapter 3 – 17/20
« Control » may be an overstatement

C’est reparti pour le grand mystère qu’est cette série et la scène d’introduction commence fort, avec toute une succession de plans me montrant bien que je suis toujours autant paumé. Parfait.

On recommence ensuite à se balader dans l’esprit de David, et son esprit est toujours aussi cinglé lui aussi : on en apprend un peu plus sur la scène de la cuisine, impressionnante dans le pilot… impressionnante encore dans cet épisode. Cette fois, cependant, David aperçoit un « monstre » qui ressemble au dessin de la semaine dernière et téléporte tout le monde (Paul, Mélanie et lui) ailleurs. Normal. Et vite expédié.

On continue aussi de suivre le développement de David et Syd. C’est marrant et mignon, même si leur conversation sont hyper lentes et perchée. Je ne comprends pas trop ce qui me fait trouver ça cool ou me donne envie de rester, mais en tout cas ça fonctionne.

Les tests reprennent sur un moment stressant (un épisode d’Halloween) et David part en vrille de nouveau, vers la dernière intrigue de l’épisode : Amy, la sœur de David, se fait torturer pour que d’autres récupèrent des infos sur son frère. Les corps astraux de David et Syd parviennent à lui rendre une petite visite, mais se font repérer par les méchants, dont Oliver. Je me note son nom là, j’imagine que ça me sera utile.

Les choses sont un peu plus développées à leur retour, avec des explications, mais même ces explications restent un flou total pour moi. En plus, ça mène à la première non dispute entre Syd et David, qui se réveillent en pleine nuit et partagent un peu de temps dans les douches communes. Et non, c’est moins fun que ça ne le paraît quand je le raconte, mais leur réconciliation est touchante.

On retourne une dernière fois dans la tête de David et c’est voué à partir en vrille maintenant que Syd est là aussi. Bien sûr, puisqu’elle peut toucher David dans ses souvenirs, il va sans dire que David est là en tant qu’enfant, soit disant parce que le sédatif ne lui permet pas d’être adulte. MOUAIS, on repassera pour l’explication, mais c’était rigolo. J’aime beaucoup l’actrice, même si je ne cerne pas encore le personnage.

Le côté cauchemar qui tourne mal, avec changement de format de l’image est une excellente chose, avec des plans qui par moments me rappellent Channel Zero et à d’autres la saga Insidious. Bref, on vire un peu du côté de l’horreur gentillette, et je ne m’y attendais pas en commençant la série.

Quoiqu’il en soit, cet épisode propose une fois de plus des choses très sympas, surtout du côté de la réalisation et des effets spéciaux, avec la concrétisation des pouvoirs de David via effets spéciaux très réussis.

Niveau écriture, je suis paumé, mais je suis aussi drôlement accroché et le cliffhanger de David ne se réveillant pas est efficace. Il est bon aussi de savoir que même blessés, les autres se réveillent des souvenirs de David sans séquelle physique ou que Syd voit les mêmes choses que David, quand les autres y sont aveugles.

Beaucoup de questions restent posées sans l’ombre d’une réponse, en tout cas.

04.pngChapter 4 – 18/20
What was real? That was the mission.

Double dose de mystères et de prises de tête cette semaine où je rattrape mon retard en séries des quatorze derniers jours. Il faut bien. Et comme je ne comprends rien à Legion, je me réserve une bonne soirée.

Sans surprise, les trois premières minutes de cet épisode ne dérogent pas à la règle, alors qu’un présentateur nous expose de longues idées sur la science et la nature humaine. C’est parfaitement inutile a priori, mais bien sûr la suite de l’épisode vient apporter un nouvel éclairage à cette scène.

On enchaîne ensuite avec un David inconscient qui ne se réveille pas, perdu dans ses souvenirs et dans des flashbacks. Il n’est pas en mort cérébrale, mais son esprit n’est pas là non plus. Paul, Syd et Kerry (la laborantine jusque-là inutile) sont envoyés en mission pour essayer de comprendre ce qu’il s’est passé avec le docteur. Et nous avec. Le problème, c’est que les éléments ne sont pas tous à notre portée.

Les scénaristes nous proposent donc un développement de la pensée de Syd, puis de Kerry. Il s’avère qu’elle vit à l’intérieur du scientifique, qu’ils sont liés d’une manière ou d’une autre, comme des jumeaux d’âges différents qui partagent un même corps mais peuvent aussi se dissocier l’un de l’autre. C’est un pouvoir vraiment intéressant, comme tout ceux choisis jusqu’ici par cette série, car c’en est un que l’on ne voit jamais exploité à la télévision. En plus, sa personnalité qui est de vouloir de l’action à tout prix est vraiment sympa.

La mission se poursuit ensuite avec l’ex petite amie de David et ses souvenirs tout aussi cryptiques de leur relation. Les mystères s’épaississent grâce à elle (et la jalousie de Syd) : Lenny (Aubrey Plaza) est un homme qui s’appelle Benny, par exemple. Notre équipe se retrouve alors piégé chez le psy, confirmant qu’il faut se méfier de tout dans cette série où aucune certitude n’est acquise. Sympa. Le piège voit Paul et Kerry se faire maîtriser en quelques secondes, et Syd changer de place avec le méchant qui les poursuit.

Mélanie possède quant à elle un secret bien gardé, Oliver, un homme dans un scaphandre. C’est vrai que cette série n’avait pas encore assez de mystères, merci. Cet homme est donc celui qui nous parlait directement (cassant le 4e mur) en début d’épisode et qui se trouve désormais en pleine conversation avec l’esprit de David, dans son esprit, ou allez savoir où. Cela permet en tout cas d’affirmer l’existence d’un monstre : tout ne se joue pas uniquement dans l’esprit de David. C’est en tout cas ce que j’en déduis, mais je peux tout autant me tromper pour ce que j’en sais.

De son côté, Amy est toujours retenue prisonnière contre son gré quelque part, en compagnie du docteur de son frère. Cela nous permet d’avoir quelques informations supplémentaires sur l’esprit de David. Il a parlé d’un chien à son docteur, mais il n’en a jamais eu. Super.

Finalement, nous sommes aussi paumés que lui, c’est désagréable de ne rien comprendre, mais c’est agréable de se sentir des points communs avec le personnage. Et surtout, on sait déjà que la série a une histoire bien définie à nous dévoiler, il suffit de se laisser porter finalement. Ce que je fais.

La scène finale voit ainsi David réussir à retrouver l’équipe après avoir été énervé par Lenny. Kerry se fait tirer dessus (non, putain !) donc Cary (le médecin/scientiste) tombe lui aussi et David comprend qu’il a arrêté Syd au lieu du méchant dont je ne connais pas le nom.

Complexe, mais j’ai l’impression de comprendre un peu mieux certains enjeux.

05.pngChapter 5 – 17/20
Who teaches us to be normal when we’re one of a kind?

L’épisode reprend le lendemain du précédent, avec une opération pour Kerry. Pendant ce temps, David apprend à Mélanie qu’il a parlé à son mari et à Syd qu’il a trouvé le moyen de la toucher autant qu’il veut : dans son esprit. L’une et l’autre sont bouleversées par ces nouvelles, et ça se comprend.

Mélanie espère ainsi pouvoir retrouver son mari et Syd comprend qu’elle va pouvoir lui faire l’amour, ce qui est aussi l’occasion d’un nouveau développement sur son passé et de nouveaux mystères sur les pouvoirs de David, car il y a des signes discordants dans ce paradis.

L’intrigue part bien vite sur tout autre chose, à savoir David voulant retrouver Amy. Seulement, il semble que le monstre prenne possession de David sur ce coup-là : il bute ainsi le monde entier. Et nous y voilà, les premières vraies explications nous viennent de Cary : il y a bel et bien un monstre, qui vit dans la tête de David et qui explique tout le bordel auquel on a le droit depuis le début. Ce monstre est comme un ver solitaire mental qui bouffe ses souvenirs et vit en lui depuis 30 ans, d’où la schizophrénie.

Tout le reste de la série semble soudain tellement plus clair maintenant qu’on a cette explication, et cet épisode est d’ailleurs plus facile à suivre.

Amy libérée, elle est amenée par David dans la maison parentale où elle lui révèle qu’il a été adopté. Bon, la révélation est un peu gâchée par le fait que la série a été annoncée depuis le début comme centré sur un personnage qui est « fils de », mais l’intensité dramatique est assez juste dans le jeu comme dans l’écriture.

Le reste du casting débarque alors pour retrouver David et l’aider, et l’on entre dans un épisode silencieux. C’est sacrément long et pourtant c’est une bonne idée sur le principe : seulement, il aurait fallu accélérer le rythme. Buffy l’a fait sans souci l’épisode silencieux. Peut-être que c’est le manque de musique qui n’aide pas non plus à trouver ça raisonnable. Toujours est-il que les choses s’accélèrent, l’action est simplement dingue cette fois, avec le monstre qui s’attaque à David et Syd, puis le méchant qui débarque pour leur tirer dessus et le passage dans la pièce blanche pile au bon moment, la nouvelle attaque du monstre et la fin totalement délirante où Syd se retrouve en psychothérapie de groupe. Tu parles d’un cliffhanger qui fait retomber toute la dimension dramatique !

C’est plutôt bien joué de la part des scénaristes, car c’est le contrepied total des habitudes que l’on peut avoir. En plus, ce n’est pas sans rappeler Inception ces enchaînements de situations.

Du coup, j’ai vraiment apprécié cet épisode car j’ai enfin l’impression de comprendre où la série souhaite aller, et en tout cas l’impression de savoir d’où l’on vient. C’est la première fois que j’ai pu suivre l’épisode sans sentir qu’il me manquait des infos. J’aime vraiment les différents mutants proposés, leur pouvoirs et leurs relations. Je suis curieux de voir ce que donneront les trois prochains épisodes, maintenant que toutes ces pièces maîtresses du puzzle sont dévoilées.

Il reste à résoudre cette énigme du monstre, mais aussi celle du mari de Mélanie, donc il y a de quoi faire ! Je suis pressé de voir la suite, même si ironiquement, la hype retombe un peu maintenant que je comprends mieux de quoi il en retourne…

06.pngChapter 6 – 17/20
Maybe this place, the hospital, maybe it’s a version of reality and not reality itself

L’introduction de cet épisode poursuit sur le cliffhanger dingue du dernier épisode : Lenny psychanalyse l’ensemble du casting, et le fait même plutôt bien. Difficile de démêler le vrai du faux, de savoir précisément où est le vrai, surtout quand des flashbacks viennent encore s’en mêler. Aubrey Plaza est juste géniale dans ce rôle de la psy.

En fait, Legion ne propose pas autre chose que le classique épisode qui fait croire à son héros qu’il est en hôpital psychiatrique, et c’est d’autant plus violent que les personnages de cette série ont commencé en hôpital psychiatrique.

On devine assez vite que la porte qui fascine Syd va avoir son rôle à jouer pour un retour vers la réalité, mais il est très cool en même temps de voir le détour que prend cet épisode avant d’y arriver, surtout quand il s’agit de voir la série partir en vrille sévère et Lenny danser dans les souvenirs de David (non, vraiment, Aubrey Plaza est brillante, je le dis d’épisode en épisode, mais c’est chaque fois un peu plus vrai).

Les développements de chacun dans l’hôpital psychiatrique sont sympathiques, mais pas hyper nécessaires puisque l’on sait bien que tout ça n’est qu’un énorme rêve de la part de Syd, qui est elle-même dans la tête de David. Enfin, on sait… plus l’épisode avance, et plus je me rends compte qu’il s’agit encore et toujours d’une supposition, car Legion ne prend pas le temps de s’expliquer.

Amy est ainsi une infirmière hyper violente avec ses patients, Kerry est harcelée et ne retrouve plus Cary, Paul est un patient, Melanie est accrochée à son ex-mari qui la mène dans la maison où Syd est sur le point de se prendre les balles dans le dos. Seulement, Mélanie ne peut rien faire. N’est pas Quicksilver qui veut.

En fait, il apparaît peu à peu clair que chacun, dans cet hôpital, se retrouve à vivre son pire cauchemar. Et c’est une bonne chose.

Finalement, ce sixième chapitre n’est qu’un énorme détour qui prolonge la série d’un épisode pour le plaisir de la prolonger et de partir dans un délire total. Tant mieux, de toute façon, elle est commandée pour une saison 2, alors le fil rouge devra être prolongé ! Je suis du coup partagé sur la note à mettre à cet épisode, parce que c’est une perte de temps hyper bien foutue et que cette série est faite pour le délire, de toute manière. De là à proposer un cliffhanger (le sort de Kerry) dans le cliffhanger (Syd qui imagine cet hôpital) du cliffhanger (Syd attaquée par le monstre) du cliffhanger (Syd sur le point de se faire tuer), c’est… osé. Si ce n’est plus.

Alors que le cinquième épisode me donnait l’impression de vraiment comprendre les choses, je me trouve à nouveau perdu grâce à celui-ci, qui complexifie tout. J’en retiens que le monstre est en train de réduire autant que possible la place laissée à l’esprit de David dans son corps, mais c’est d’une folie rarement atteinte dans toutes les séries que je regarde.

07.pngChapter 7 – 16/20
What did he do with it?

Pourquoi tester la drogue quand on peut regarder Legion ? C’est tout ce qui me vient quand je vois l’intro de cet épisode. Difficile de ne pas être totalement paumé devant cette série et, même si je sais que les scénaristes ont une idée assez précise en tête, je commence à être frustré de ne rien comprendre.

Les premières minutes de l’épisode exploitent sans résoudre le cliffhanger de la semaine dernière autour de Kerry, puis le monstre/Lenny interroge Amy sur le passé et celle-ci le raconte comme elle peut. Ce n’est pas bien clair et il est impossible de savoir où veulent en venir les scénaristes avec ces scènes.

Cary rencontre le mari de Melanie et prend les choses en main. Les explications viennent alors de Syd qu’il rejoint et libère de sa léthargie. Les transitions entre toutes les intrigues sont brillantes et magistrales côté effets spéciaux, mais c’est vraiment un casse-tête sans nom.

Melanie finit par retrouver Oliver, mais celui-ci ne se souvient pas d’elle, même s’il reconnaît en sa femme un visage familier. C’est déjà ça. Avec l’aide de Cary, Melanie tente de déplacer Syd et David de la trajectoire de la balle, sans succès. C’est finalement Oliver qui parvient à faire quelque chose avec son don, mais je ne suis pas sûr d’avoir saisi exactement comme il faisait… C’est tout le problème de Legion, j’ai l’impression de n’avoir aucune certitude, mais que des théories.

Dans l’esprit de David, Syd parvient à protéger un à un tous ses amis en leur mettant des lunettes qui leur fait voir la vie en noir & blanc. L’avantage, c’est qu’ils ne voient alors plus leur ennemis. Pourquoi pas ? C’est une autre partie de l’épisode qui manquait encore de vraie explication et d’approche concrète de la situation.

De son côté, David se créé un double pour comprendre un peu ce labyrinthe mental qu’est le sien. Là encore, la série se distingue par des effets spéciaux magistraux sur le tableau noir. David nous raconte son histoire, mais le vrai problème est que l’histoire qu’il raconte est ce que nous savions déjà. Cette fois, c’est lui qui reconstitue tout, et c’est ce dont nous avions besoin pour le voir tenter de reprendre le contrôle. En plus, ça confirme aussi un peu les théories que l’on n’oublie vite d’une semaine à l’autre.

De nouveau, la série propose une scène psychédélique, avec également un hommage aux films muets. Tout s’accélère au cours de celle-ci et chacun revient à la réalité : le méchant est tué par le monstre, David réussit à intercepter les balles par l’esprit et tout le monde s’en sort. Tout ça pour ça. N’empêche qu’il faut encore que David parvienne à tuer le monstre qui est dans son esprit, mais a priori sous contrôle grâce à une machine mise sur la tête de David par Cary.

Autre conséquence désastreuse : Oliver a disparu à cause du monstre. Il réapparaît en fait à l’institut où tout le monde se rend. Tout le monde, et même le personnage interprété par Hamish Linklater qui a finalement survécu au premier épisode où il avait fini brûlé vif. Oh putain, tellement heureux de retrouver cet acteur que j’en oublie presque le mal de crâne que m’a encore infligé cet épisode ! Cette fois, Hamish n’est pas venu seul et il ordonne à ses hommes de main de tuer tout le monde, sauf David.

C’est ce qu’on verra pour la fin de saison la semaine prochaine ! En attendant, il va encore falloir réfléchir à tout ça et théoriser sur ce que je viens de voir, car se laisser porter par la série n’est pas suffisant pour obtenir toutes les réponses. La satisfaction de la compréhension de l’intrigue n’est pas celle du simple visionnage, déjà très agréable grâce à la photographie léchée et à la bande-sonore impeccable.

Sept épisodes et je suis encore et toujours perdu.

08.pngChapter 8 – 16/20
You don’t have to be afraid

Le méchant est de retour et je suis on ne peut plus heureux de le savoir. On suit à présent sa convalescence passée, auprès de son mari et de leur fils. J’ai dû mal à y voir un grand intérêt, mais l’acteur est assez génial pour que je sois heureux de son temps à l’écran. Évidemment, il se lance dans une grande opération de vengeance et l’équipe technique s’arrange pour qu’on le voit au maximum de son bon profil.

Par la suite, on reprend sur le cliffhanger qui est vite expédié : David a tellement de pouvoirs qu’il parvient à se faire son chemin sans le moindre souci. Et moi, j’ai un gros problème, c’est que je n’accroche pas à cet épisode et je ne sais pas expliquer pourquoi. David nous fait soudainement une crise existentielle, encore une, avec ses pouvoirs dans lesquels il doute, pendant que notre méchant se fait emprisonner.

Bien sûr, il a une caméra dans son œil brûlé et retransmet tout à la Division 3, qui se régale des informations qu’elle obtient grâce à lui, notamment lorsque Mélanie l’interroge, après un rapide rapprochement avec Oliver. Quant à David, il a encore le monstre en lui et cela provoque un sale compte à rebours où le monstre tente de reprendre le contrôle. Pourquoi pas. C’est d’autant plus efficace qu’il hésite à lire son esprit.

De leur côté, Carry et Kerry sont toujours en pleine embrouille, c’est un peu dommage pour une fin de saison.

Le monstre s’en prend ensuite à Syd, directement dans son esprit, en utilisant la télépathie de David. C’est un rebondissement intéressant, surtout que le monstre insiste pour dire qu’il doit s’en aller de lui-même s’ils ne veulent pas faire de mal à David. Cela ouvre pas mal de perspectives, de même que Syd qui révèle tout ce qu’elle sait de son amoureux à la Division 3.

Pour virer le monstre, Carry fait une nouvelle tentative qui permet un nouveau bon gros délire dans l’esprit de David, sur de petits airs des Pink Floyd. Lenny s’avère une nouvelle fois un personnage passionnant et Aubrey Plaza une actrice beaucoup trop douée.

Tout s’enchaîne alors car David ne fait pas le poids face à son monstre. Syd décide alors de l’embrasser, échangeant aussitôt de place avec David. Puis, c’est Kerry qui est contaminée par le monstre et l’action semble ne plus pouvoir s’arrêter. Tout s’enchaîne violemment vers une confrontation David/Kerry, et un Oliver qui se barre en chantant après avoir été confronté à Kerry. Pas très clair tout ça, mais grosso modo, le monstre est en Oliver.

Au laboratoire, tout le monde est chaos, y compris Mélanie, même si je n’ai pas trop compris comment ni pourquoi. La victoire est en demi-teinte : David est libéré de son monstre, mais celui-ci est désormais avec Lenny en route vers le Sud. C’est con, parce qu’Oliver venait juste de se souvenir de Melanie.

Comme tout cela ne suffit pas, nous avons un cliffhanger post-générique (sérieusement, c’est odieux de faire ça aux séries !!) où David se fait enlever par un drone. J’étais déjà sûr de vouloir revenir pour la saison 2, mais cela me permet d’en être certain. J’aime beaucoup les perspectives ouvertes pour les prochains épisodes, que ce soit retrouver David ou retrouver Oliver, il y a de quoi faire !

En plus, je me suis rendu compte que j’avais commencé à m’attacher à plusieurs des personnages. Ce n’était pas gagné avec ce sentiment général de confusion permanente.

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EN BREF – Sacrée prise de tête que Legion, il m’aura fallu six épisodes et demi pour être à peu près certain de comprendre ce qu’il se tramait dans la série. Pourtant, pas un instant dans cette errance je n’ai eu le sentiment que les scénaristes ne savaient pas où ils voulaient aller.

La photographie et la réalisation sont impeccables, le casting excellent et les mystères extrêmement difficiles à percer : tout ceci rend la série sacrément solide pour une nouveauté. C’est un vrai plaisir que de se perdre chaque semaine devant cette série, même si c’est aussi un peu douloureux par moment de devoir tout remettre en question.

Le moins qu’on puisse dire c’est que la série aura su me dérouter et me surprendre par son originalité, à peu près dans chacun de ses épisodes. La qualité globale fait qu’on est forcé d’y revenir et les cliffhangers de fin de saison m’accrochent bien. À l’année prochaine, Legion !

 

 

The Fades (S01)

Avis : Le planning de mon challenge séries est un peu allégé ce mois-ci, puisque je suis simplement censé voir les six épisodes de The Fades et une saison de Supernatural. Bref, un jeu d’enfant ! Je ne sais pas grand-chose de cette série britannique, si ce n’est que son acteur principal est le génial Ian de Caestecker (Fitz d’Agents of S.H.I.E.L.D), que je ne m’attendais pas à retrouver si jeune. Le casting comprend aussi la géniale Natalie Dormer (mais non, je n’aime toujours pas Game of Thrones) et Jack Thorne a produit/écrit la série. De ce dernier, j’ai choisi de retenir le très bon travail sur How I live now plutôt que le médiocre Harry Potter and the Cursed Child.

Autrement dit, il y a du beau monde sur cette série, mais du beau monde qui est sur le point de se faire connaître, et non l’inverse. Cela fait quelques années déjà que je me dis qu’il faut que je regarde, je profite donc de ce challenge pour enfin m’y coller, en espérant ne pas être trop déçu.

Si vous voulez simplement savoir s’il y a une vraie fin ou non sans spoiler, continuez de lire ce paragraphe, autrement, passez votre chemin. La réponse est toute simple : la saison se conclue de manière ouverte, mais répond malgré tout à l’ensemble des questions qu’elle pose.

Note moyenne de la saison : 17,5

01.pngÉpisode 1 – 18/20
My dreams are coming true

Ce pilot introduit sacrément bien l’intrigue de la série en offrant d’un coup pas mal d’éléments de sa mythologie, mais en parvenant à créer un mystère savoureux qui se regarde et fait se poser pas mal de questions. On suit un ensemble de personnages, là où j’avais compris que Ian de Caestecker était l’acteur principal. Que ce ne soit pas le cas n’est pas vraiment une déception, car l’ensemble est très solide. Alors, certes, Paul est un personnage important : c’est notre point d’entrée dans l’univers fantastique et étrange de la série, celui qui voit des choses sans les comprendre, ni les savoir. C’est un ado un peu perturbé, le loser de base avec son meilleur pote (Mac), qui ne comprend rien au monde qui l’entoure, que ce soit celui des vivants (de sa sœur jumelle, Anna, notamment) ou celui des morts. Il s’oppose ainsi à Neil, Helen et surtout Sarah, qui eux en savent beaucoup trop et vivent dans un monde où les morts sont parfois coincés et frustrés de l’être. Ce sont les fades du titre, qui font aussi toute l’intrigue de cette série et que Neil introduit à peu près au trois quart de l’épisode, alors qu’on en a déjà vu un paquet auparavant, avec aussi un exorcisme et la mort de Sarah. Autant dit que quand je parle d’un ensemble solide, ça l’est, parce qu’il faut quand même réussir à le faire pour pondre un scénario crédible avec autant d’éléments. D’ailleurs, un dernier pan de l’intrigue se concentre sur Mark, l’ex-mari de Sarah, qui n’est autre que… Tom Eillis, que je retrouverais plus tard dans mon challenge avec Lucifer. Inattendu, mais ça boucle la boucle ! Bref, on est à fond dans le fantastique, et ça tombe bien, c’est un peu le fil rouge de mon challenge avec Supernatural. Ma plus grosse critique pour le moment serait les transitions pourries entre les actes, car vraiment, j’ai énormément accroché à ce pilot et ces nombreux mystères introduits les uns après les autres avec beaucoup de brio. Le cliffhanger est diablement efficace et donne envie de tout de suite enchaîner, ça tombe bien j’ai le temps. En tout cas, ce premier épisode a de quoi me faire regretter d’avoir presque six ans de retard !

02.pngÉpisode 2 – 15/20
The world’s coming to an end… There’s nothing you can do.

La violence de cette série ne fait que commencer, apparemment, puisqu’après les morts de Sarah et Helen dans le pilot, ce deuxième volet démarre par la mort de toute la famille de Paul… Dans ses rêves. Forcément. Cet épisode m’a un peu moins fasciné que le pilot, car j’en ai trouvé le début long à se mettre en place et que c’est un peu gros que Sarah et Helen soient toutes les deux coincées sur Terre. C’est un peu le risque des séries qui démarrent trop fort (en rythme ou en écriture), la suite retombe forcément un peu. Pourtant, les scénaristes tentent de garder le rythme et le casting est vraiment excellent. Seulement, le côté vie adolescente qui continue malgré tout n’est pas aussi porteur que ce qu’ils essaient de nous faire croire. À cet égard, la métaphore finale (Superman) m’a fait lever les yeux au ciel assez violemment. Quelques scènes sortent clairement du lot, comme cette Sarah creepy à suivre Mark absolument partout, les cauchemars de Paul ou ce moment une morte sexy cherche à l’électrocuter. Malgré tout, je trouve qu’on ne fait plus forcément bien la distinction entre les rêves de Paul et la réalité et que sa relation avec Neil comme mentor est moins efficace que prévue. En revanche, la paranoïa qui commence à gagner Mark sur la mort de Sarah est plutôt du genre excellente. Enfin, je trouve le pari d’origine de la série plutôt risqué, puisqu’elle introduit une mythologie qui se contredit d’elle-même avec les morts qui peuvent désormais toucher notre monde et manger nos chairs. Le cliffhanger ne m’a pas donné spécialement envie d’enchaîner, ce qui est toujours un problème quand je me prévois une soirée de bingewatching, mais j’aime beaucoup la petite-amie de Paul.

03.pngÉpisode 3 – 16/20
I grow wings when I ejaculate.

Un jour, j’aurais tellement de temps libre devant moi que je ferais un article sur les anglais et l’art des scènes gênantes. L’intro de cet épisode qui voit Paul se masturber y figurerait en bonne place, croyez-moi, cette métaphore des ailes qui surgissent étant au moins aussi dérangeant que tout ce qui précède ! Le couple fonctionne heureusement plutôt bien, même si tout cela est fortement british et que moi, j’ai un peu de mal avec cette vision de la jeunesse et du traitement des pouvoirs/métaphores (oh j’imagine déjà Yodabor passer par ici et me dire que les style british, c’est chouette). Cela m’a beaucoup rappelé Misfits et un peu Skins. J’ai beau aimé ces séries, je ne les trouve pas aussi fun que beaucoup d’autres, ayant souvent du mal avec le décalage anglais (qui, ici, est frappant quand Paul coud la bouche de sa sœur devant Jay… scène qui m’a même pas vraiment de résolution logique proposée). Les sous-intrigues ados continuent donc de pas trop me passionner (même si j’ai aimé le concept du « birth-yester-day »), surtout que ça va un peu loin (l’escalade de l’arbre oh la la) et la trame générale me laisse perplexe, avec des visions de plus en plus fréquentes de la part de Paul. Bon, autrement, les choses s’annoncent plutôt cool pour mon challenge, car j’aime beaucoup le jeu d’acteur de Tom Ellis. Je prévoyais de voir Lucifer en y allant à reculons, car j’ai toujours du mal sur les séries capitalisant leur succès sur leur beau gosse de personnage principal, mais il semble fichu de gérer les nuances nécessaires à un rôle titre. Dans cet épisode, le perso de Mark commence par être totalement rongé de la disparition de son ex-femme avant d’apprendre que Neil voit son fantôme, puis d’être arrêté pour meurtres, au pluriel. Vu comme ça. La fin d’épisode rattrape un peu l’ennui initial de cet épisode, avec un Paul renforcé par un camion devant son meilleur ami, une Helen qui s’envole enfin vers d’autres cieux et un monstre évidemment beau-gosse qui vient au monde. Nu, tant qu’à faire.

04.pngÉpisode 4 – 18/20
Paul is braindead

Putain, les anglais aiment renverser les gens pour le fun, c’est pas possible ! S’ils roulaient dans le bon sens, ça irait peut-être mieux aussi. Et donc, la série nous tue Paul au beau milieu de sa saison 1, un truc que les anglais aiment bien faire aussi, ce qui a l’avantage d’être surprenant (autant que déprimant, c’est le héros bordel). Pas autant que la storyline autour de John, notre monstre à poil tout droit venu de Skins, au passé évidemment bien compliqué. Tout ça pour se faire buter en deux secondes.. Ce qui n’est pas bien grave, car il est évidemment immortel. C’était donc bien un grand méchant qui décime en une scène le clan de Neil. Pendant ce temps, Mark est accusé du meurtre de Sarah et passe pour un dingue à tenter de communiquer avec elle au beau milieu d’un interrogatoire. Il finit par lui demander d’arrêter d’être aussi curieuse avec lui et de se casser, une partie de l’intrigue dont je ne vois pas bien l’intérêt narratif pour le moment. Les scénaristes nous pondent alors, comme sorti de nulle part, une fin énorme. Un rituel qui permet de faire revenir Paul d’entre les morts parmi tout un tas de papillons. Fuck, j’aurais pas dit mieux. Faut pas s’étonner qu’ils n’aient pas de saison 2 avec des rebondissements pareils après. En plus, le côté teen qui avait envahi les épisodes précédents disparaît totalement ici avec un drame beaucoup trop important pour continuer dans cette légèreté initiale. L’épisode se conclue donc en beauté, mais c’est bien étrange et mieux vaut ne pas trop chercher à chipoter les détails de la mythologie.

052.pngÉpisode 5 – 19/20
He was dead and now he’s not. It makes him a zombie.

Paul revient chez lui en un rien de temps, car il va mieux depuis qu’il est sorti du « coma », c’est-à-dire de sa mort cérébrale. Cela ne demande pas vraiment de réadaptation, apparemment. Pendant ce temps, John continue de massacrer des victimes innocentes et parvient à convaincre Sarah de se joindre à son groupe de morts-vivants. Il faut dire qu’avec l’épisode précédent où Mark la chassait, c’était un peu obligatoire, mais ça ne peut pas annoncer de bonnes choses. La transformation se fait tranquillement dans l’épisode, préparant le terrain d’un épisode final qui s’annonce plutôt intéressant. De son côté, lui, Mark retrouve Vicky, son coup d’un soir… qui devient la bonne occasion de se prendre des coups de jour quand le gang de morts-vivants s’empare du centre de survie (le lycée, c’est pratique) pour tuer tout le monde. C’est une intrigue qui fonctionne bien et débute une jolie épidémie de zombies. L’épisode était sacrément bien foutu et monté à partir de là, avec même un plouf-plouf pour savoir qui allait mourir.La tension est palpable tout du long et il est dur de décrocher de l’écran tant la qualité y est, avec des interactions bien écrites entre les personnages. En même temps, je reste perplexe, car la série ne s’annonçait pas trop comme une invasion de zombies au départ : leur mythologie était plus complexe que cela quand même. Désormais, Paul est simplement devenu une arme capable de tuer les morts et même les relations sont prévisibles. Alors certes, ça fonctionne très bien, et bien mieux que (FearThe Walking Dead d’ailleurs, mais j’ai l’impression d’un potentiel perdu en cours de route. Et pourtant, je ne vois pas trop non plus vers quoi d’autre ils auraient pu se diriger. Bref, autant dire que je suis juste chiant et que j’ai savouré l’épisode, alors je devrais arrêter de me plaindre et me jeter sur la fin de saison, malgré ma peur d’une fin ouverte. De toute manière, je n’ai plus trop le choix.

06.pngÉpisode 6 – 18/20
Well, that reaction I wasn’t expecting

Les enjeux étaient plutôt bien cernés par l’épisode précédent et cette dernière heure prend la forme d’un compte à rebours vers les visions de Paul et de la fin du monde. Paul cherche un moyen de sauver le monde sans avoir à tuer les morts (oh l’ironie) car il ne veut pas être un tueur. Il aurait mieux fait de protéger sa famille car Neil décide de s’en prendre à eux. Désespéré et fou à l’idée que Paul refuse de l’aider, il entend lui faire prendre conscience des choses en menaçant de tuer Jay. Sauf qu’il la tue. Putain d’anglais ! Il a la bonne idée d’enfermer Anna et Mac ensemble cela dit, ce qui tombe bien car les deux se sont beaucoup rapprochés dans l’épisode précédent. Sarah, elle, découvre les problèmes de son nouveau statut et s’en prend à un John déjà déstabilisé pour avoir des informations, alors qu’elle a à son tour des visions. Bizarrement, il y a moins de tension dans cet épisode que dans le précédent, même si elle finit par arriver lors de la confrontation entre Neil, John et Paul. J’ai aimé le soin que les scénaristes ont pris à apporter une fin à tout le monde dans le casting principal, surtout Mark qui termine donc avec Vicky. C’est moins vrai des parents, mais ce n’est pas la chose qui va me torturer non plus. Le but de cet épisode était bien de boucler la boucle, avec un retour au centre commercial désaffecté du pilot, qui me paraît dater d’il y a des années alors que j’ai pourtant enchaîné les six épisodes en une seule soirée (oh, le manque de sérieux). Les ailes de Paul réapparaissent donc pile au bon moment après une intervention tout aussi bien sentie de Sarah. Finalement, et contrairement à ce que je disais à l’épisode précédent, la mythologie de la série explose dans ce merveilleux épisode conclusif. Ils auraient pu choisir une vraie fin en faisant en sorte que Neil se trompe, mais non, la fin sera ouverte sur fond d’apocalypse, une autre des grandes modes anglaises. J’aurais adoré avoir une saison 2 sur l’apocalypse mais, en même temps, force est de constater que la série fonctionne bien sur ces six épisodes, sans avoir nécessairement besoin de plus.

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EN BREF – Difficile de ne pas employer le mot coup de cœur quand il faut parler de The Fades. La série se dévore hyper vite et l’on fait vite abstraction de ces défauts, qui n’en sont pas vraiment : le décalage de ton est purement anglais et on ne peut pas faire autrement que de l’accepter dès le premier épisode. Je n’ai pas insisté assez, je trouve, au sein de mes critiques sur l’énorme talent du casting : ce n’est pas un hasard si trois d’entre eux ont vu leur carrière exploser aux USA par la suite. Les prestations de Natalie Dormer et Ian de Caesteker dans le dernier épisode sont particulièrement marquantes à cet égard et contribuent aux critiques positives sur la série. Il est vraiment dommage que celle-ci ne soit pas plus connue, car elle gagne à être vue, c’est un vrai petit bijou. Dommage, il faudra faire sans suite et cantonner à imaginer la suite, comme avec tant de séries britanniques. C’est frustrant, mais au moins, les conclusions apportées sont satisfaisantes.