I’m gonna leave you anyway – You’re the worst est terminée

Salut les sériephiles,

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La scène qui m’a fait rester cinq ans

Pas de liste de films aujourd’hui, et pas avant un moment je crois, parce que je me suis préparé un petit planning d’articles à la semaine. Non, aujourd’hui, j’avais envie de revenir sur les cinq saisons de You’re the worst. La série s’est terminée pour de bon hier et, contre toute attente, j’en ai bien aimé la fin. Je ne pense pas qu’elle restera dans le panthéon de mes séries préférées où elle était pourtant à un moment… mais eh, au moins, elle fera partie des séries que j’ai vu entièrement, de la saison 1 à la saison 5, et en cinq ans s’il vous plaît.

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Sunday Fundaaaaaay

Saison 1 – L’originalité

C’est fou quand on voit le nombre de sitcoms qui existent sur le même modèle depuis, mais You’re the worst a le parti pris de nous montrer un couple qui n’est pas fait pour aller ensemble, tout en l’étant parce qu’ils sont des sortes de anti-héros enchaînant les insultes, grossièretés et coups d’un soir. Pour ma part, c’était ma première sitcom de ce genre au cours de la décennie. Cela permettait une vraie originalité et une fraicheur du propos qui me faisait mourir de rire : la saison 1 mélange sexe et désir d’amour, en nous présentant deux personnages qui ont tout pour être détesté… mais auxquels on s’attache pour leurs défauts.

Résultat de recherche d'images pour "you're the worst saison 1"Jimmy et Gretchen sont attachants et finissent la saison en reconnaissant leur amour, Edgar et Lindsay, les meilleurs amis fidèles semblent avoir une vie mieux rangée et révèlent finalement que leur existence n’est pas vraiment plus glorieuse. Tout ça fonctionnait bien et la saison 1 a rapidement rejoint la liste de mes séries préférées.

Depuis ? Ben… LOVE, Master of None, Catastrophe ou dans une moindre mesure Atlanta sont autant de sitcoms qui sont sur le même schéma de la comédie plus « jeune adulte paumé dans sa vie, ses sentiments, sa sexualité débridée ». Et ça m’a blasé, ça fonctionne beaucoup moins bien aujourd’hui.

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Saison 2 – Humour et dépression

Tout ça nous mène sans trop de surprise vers une saison 2 qui perd de vue l’humour pour se concentrer sur un message à faire passer. C’est bien beau de dire qu’ils sont les pires, Jimmy et Gretchen, il faut encore nous expliquer pourquoi. On ajoute donc des backstories en veux-tu, en voilà : Gretchen est dépressive – et c’est possiblement la meilleure représentation de la dépression dans une série, Edgar a un stress post-traumatique, Lindsay n’a pas de cerveau et Jimmy… ben Jimmy est anglais, c’est déjà beaucoup.

Résultat de recherche d'images pour "you're the worst saison 1"Bon plus sérieusement, Jimmy, il veut juste ne pas travailler et il est mal entouré, finalement. Cette saison 2 en a perdu certains, je sais bien, mais c’est celle que j’ai préférée, justement pour son message et sa très bonne représentation de la dépression. Avec le recul, je me rends compte aussi que c’est là qu’ont commencé à apparaître les défauts de la série ; mais l’humour était encore là.

L’autre chose qui était encore là et que j’adore dans cette série, c’est la prise de risque côté réalisation : épisodes spéciaux, plan-séquence, écriture parfois un peu méta… il y a eu du très bon de ce point de vue-là dans chaque saison.

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Saison 3 – Jamais deux sans trois.

La saison 3, c’est marrant, mais c’est celle dont je ne me souviens pas vraiment. Je sais qu’elle me faisait toujours rire, je sais que le message continuait d’être intéressant, mais dans l’ensemble, on voyait bien qu’ils se perdaient peu à peu. Cela est particulièrement visible dans l’évolution des personnages sidekick, à savoir Edgar et Lindsay. Cette dernière, notamment, n’était déjà plus que l’ombre d’elle-même dans cette saison. Il n’y a pas que l’humour qui est perdu de vue dans cette série, il y a aussi les personnages…

Résultat de recherche d'images pour "you're the worst saison 3 cliffhanger"Et à cet égard, le cliffhanger de la saison est sacrément parlant. Sinon, le côté méta a commencé à se perdre vraiment avec un épisode sur les personnages secondaires, qui reviendra chaque saison derrière. L’idée est pas mal en elle-même, mais ces personnages n’ayant pas les épaules pour un tel épisode, c’est souvent du temps de perdu, et c’est dommage, parce qu’à chaque fois, ils auraient pu être zappées, en plus.

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Saison 4 – La séparation de trop… La saison de trop.

Là où la série m’a définitivement perdu et où j’ai arrêté de la considérer comme une de mes séries préférées, c’est sur cette saison 4 qui prend le parti de séparer Jimmy et Gretchen après une demande en mariage. Sur l’idée en elle-même, pourquoi pas, même si je trouve que le point de vue de Jimmy n’était pas assez développé. Sur le plan pratique, c’était raté, parce que ça a duré toute la saison et que là, clairement, chaque personnage n’était plus que la caricature de lui-même.

Résultat de recherche d'images pour "you're the worst season 4"Je n’ai pas accroché à la narration de la série qui en faisait trop, tout le temps. Tout ça n’avait aucun sens sur du long terme. Justement, tout le problème tient dans ces deux mots : long terme. Plus on avance dans la série, moins il est crédible que ce groupe de quatre amis passe encore tant de temps ensemble. Les histoires ne tenaient plus debout.

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Saison 5 – Sortir la tête de l’eau

Et enfin, la saison 5 a eu le difficile rôle de conclure tout ça de manière crédible. Large tâche que la conclusion d’une série, on le sait, mais sur une série qui a toujours voulu être audacieuse du point de vue technique/écriture, mais dont les personnages sont des caricatures de ce qu’ils étaient au départ, c’est compliqué.

Ce n’est pas réussi à 100% parce qu’il y a des personnages qui étaient bien trop irratrapables (je veux dire, Lindsay a perdu son cerveau en saison 2 ou 3, alors qu’est-ce que vous voulez en faire ?), d’autres qui ont été malmenés (Edgar, cette année, c’était pas ça après le focus qu’on a eu sur lui les années précédentes… à la rigueur, ils ont déconstruit ces progrès, quoi) et d’autres pour qui, tout bien considéré, c’est bien mené (Becca, par exemple… mais ni Paul, ni Vernon).

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Oui, l’ensemble est bien mené parce qu’il aboutit à un épisode final plutôt crédible et vraiment beau en terme d’écriture, et de technique. Ce n’était pas gagné après l’errance de la saison 4 – errance littéralement parlant en ce qui concerne certains personnages. Bizarrement, ça fonctionne plutôt bien, même s’il y a des points qui me dérangent dans l’épisode final (eh, spoiler, mais Gretchen qui parle de « tonton Edgar » alors que la dernière interaction qu’on a vu entre eux était « I hate you », mouais, hein).

Enfin bon, la vraie conclusion de la série, c’est qu’ils ont réussi à sauver de justesse le couple Jimmy/Gretchen d’une fin ratée, et c’est tout ce qu’on leur demandait encore à ce stade. Au passage, j’ai bien aimé la conclusion pour Edgar… Quant à Lindsay, je l’avais sacrifiée il y a quelques années déjà et franchement, je crois que les scénaristes aussi vu ce qu’ils en ont fait en dernière saison.

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Le moment exact où elle m’a perdu définitivement.

Dommage… mais eh, Gretchen et Jimmy vont vraiment me manquer, alors que je ne pensais vraiment pas écrire ça un jour.

13-3
Et malgré tout ça, et après tout ça… je les aime encore. Joli travail des scénaristes.

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It’s Handled : 7 ans de Scandal

Cet article suit l’ordre chronologique de la série et peut donc être lu si vous n’avez pas encore fini la série : j’indiquerai clairement le passage d’une saison à l’autre pour éviter les spoilers. Il suffit de vous arrêter où vous en êtes. Évidemment, malgré sa longueur, il ne peut être tout à fait exhaustif et je suis plus qu’ouvert à la conversation dans les commentaires pour débattre, échanger nos opinions et peut-être même modifier l’article !

Olivia Pope a retiré son beau chapeau blanc taché plus d’une fois pour nous saluer une dernière fois, il est donc temps pour moi de renouer avec une tradition perdue du blog, celle de la synthèse globale d’une série. Je n’en ai pas écrit depuis Person of Interest, alors qu’il s’agit pourtant d’un article que j’adore écrire. Le problème, c’est que c’est long à mettre en place et aussi long à lire, mais pour tous les nostalgiques ou pour tous ceux qui auraient décroché en cours de route, ça peut être une lecture sympathique. Ne vous attendez pas à en avoir un par série annulée cette année (il y en a malheureusement trop pour lesquelles je crains le pire), mais quand j’aurais le temps, je rédigerai peut-être un petit quelque chose. Trève de blabla, installez-vous confortablement, l’article est long, très long !

10-2

En sept saisons, la série a eu le temps de bien évoluer. Son synopsis d’origine était tout simplement celui d’une série racontant la vie professionnelle et personnelle d’une experte en relations publiques, Olivia Pope, réputée pour sa gestion de crise. La série proposait également de suivre la vie de ses associés, des simples avocats au hacker tueur en série. Elle s’est terminée en saison 7 (spoiler dans la fin de ce paragraphe, donc) sur la vie professionnelle et personnelle de la chef de cabinet du président des USA et sur d’innombrables complots et coups d’état politiques qui n’avaient plus rien à voir avec les enquêtes initiales.

Si je n’ai jamais raté un épisode, j’ai décroché plus d’une fois face à la série qui m’a perdu en cours de route. Qu’importe, cet article se veut une synthèse générale de l’évolution de la série et de ses grandes étapes, pour le trip nostalgique autant que pour s’y retrouver en cas de rewatch ou lorsque je chercherai des passages précis de la série.

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I want to be a Gladiator in a suit
(S01 & 02)

Spoilers saison 1

Une intro ultra-efficace

Si je suis soulagé de voir la série se terminer car son évolution m’a blasé, il faut quand même reconnaître que dès la première scène, je me suis retrouvé happé dans l’univers d’Olivia et c’est bien pour ça que je suis resté sept saisons (et six ans pour ma part, car je suis arrivé en cours de route). Harrison recrutant Quinn dans un bar bondé, c’est une intro osée, qui n’a aucun sens et ne donne qu’un quart des informations nécessaires, mais ça donne immédiatement envie d’en savoir plus : le rythme, le suspens, les questions qui surgissent… Tout y est pour donner envie d’être un Gladiateur en costume… Et pour mythifier Olivia Price Pope. Si, si, à l’origine elle devait s’appeler Olivia Price, même si ça paraît totalement inconcevable aujourd’hui, c’était dans le pilot d’origine, disponible sur internet.

L’arrivée de l’héroïne est retardée dans la série, alors qu’elle est omniprésente dans le synopsis et c’est une bonne chose. Cela permet d’attirer un peu plus la curiosité. Très vite, la série se met en place sur une formule ultra-efficace : une enquête par épisode, oui, mais aussi un fil rouge global sur la politique américaine avec une question qui revient en boucle (qui a tué Amanda Tanner ?) et des histoires personnelles.

Rapidement, on fait le tour de l’équipe, des problèmes de chacun, de la loyauté qu’ils ont tous pour Olivia et de leurs techniques pour sauver du pétrin leurs clients. On sort souvent de la légalité, mais on a toujours l’impression que nos personnages sont du bon côté de l’Histoire ; et quand on gratte un peu la surface, on se retrouve avec des histoires personnelles pour chaque personnage hyper intrigante : Abby et son passé qui la pousse à voir Olivia en messie, Quinn et son changement d’identité, Huck dont on ne nous dit pas encore comment et pourquoi il est ours bourru… C’est passionnant, ça fonctionne.

La saison 1 est extrêmement courte et ça joue également en sa faveur, avec un rythme haletant. Il se passe plus de choses en un épisode de Scandal qu’en cinq de Grey’s Anatomy, et les rebondissements ne sont pas toujours prévisibles car on n’a pas le temps de les voir venir. En cela, la saison 1 était une sorte de rush permanent – et c’était très chouette à bingewatcher.

Spoilers saison 2

Une série reposant sur des concepts forts 

Dès la première saison toutefois, la série s’est mise l’air de rien à introduire deux ou trois grands concepts qui se sont inscrits dans son ADN de manière définitive : la fidélité « over a cliff » du personnel d’Olivia Pope & Associates, l’importance de la politique américaine dans la vie d’Olivia et l’importance de porter un chapeau blanc… autant de choses qui sont au programme des tous premiers épisodes et qui définissent le cadre de la série.

La fidélité ? Elle nous pousse à vouer une admiration sans borne à Olivia. Il faut dire que le personnage a de quoi plaire à toujours s’en sortir sans le moindre souci de tous les problèmes auxquels elle est confrontée. Je pense qu’on a tous rêvé à un moment ou un autre d’être aussi efficace qu’elle dans notre boulot ou nos situations persos. Tout aussi iconique, sa sonnerie de portable mythique est d’ailleurs toujours un petit rush d’adrénaline après sept saisons : elle annonce souvent des problèmes qui se règlent en un claquement de doigts.

Il faut dire aussi que ce n’est pas compliqué pour Olivia de tout gérer : elle a ce fameux Chapeau Blanc. L’origine est évidemment les westerns américains où les gentils ont toujours un chapeau blanc alors que les méchants en ont un noir (eh coucou Westworld !). Après les gladiateurs en costume, voici donc le western moderne qui fait d’Olivia un cowboy pas si solitaire capable de toujours discerner le bien du mal, ce qui lui offre la possibilité à mettre de temps en temps un orteil du mauvais côté.

La série est toutefois précautionneuse tout du long : jamais Olivia ne se salit directement les mains, elle se contente de donner les ordres. Forcément ! C’est l’héroïne de la série, donc en tant que telle, il faut bien qu’elle soit irréprochable quand tous les autres tombent peu à peu dans l’illégalité, pour elle. C’était un parti pris intéressant des premières saisons et il y a beaucoup à dire de la fascination des personnages pour Olivia et son chapeau blanc. Ils lui font une confiance aveugle car elle les a sauvés, et finalement, on repère qu’Olivia a toujours su bien s’entourer.

OPA est rapidement un lieu où Olivia réunit ses seuls amis, qui ne sont pas des amis mais des marionnettes. Et elle a beau dire qu’ils sont en famille, elle en veut le contrôle total, parce qu’Olivia a tout de même un gros défaut : la soif de pouvoir.

Pas étonnant par conséquent que la Maison Blanche joue un rôle si important dans la série. Outre le pouvoir personnel sur ses amis, le pouvoir politique préoccupe énormément Olivia, au point qu’elle se jette dans une relation adultère avec le président des États-Unis. Oh, Fitz… Oh, Olitz…

Voilà un couple que je n’ai jamais trouvé séduisant : leur alchimie est loin de me frapper, c’est un couple adultère (même si Mellie avait tendance à être aussi transparente qu’une vitre au départ) que l’on est supposé célébrer et ils sont ensemble pour toutes les mauvaises raisons. Oui, OK, c’est un amour interdit à plus d’un titre, c’est beau, ça fait souffrir les personnages, blablabla. Oui, mais non. Même si je ne les aime pas particulièrement, je reconnais toutefois que sur les deux premières saisons, ça pouvait apporter de bonnes intrigues secondaires.

Jumping the shark : et soudain, tout dérape  

Sur le moment, je ne m’en suis pas rendu compte, mais en rétrospective, je pense que tout est parti en vrille pour Scandal assez tôt dans son existence. Toute l’intrigue Defiance a commencé à la faire déraper. L’intrigue Defiance, c’est celle qui nous explique que Fitz n’est pas le président élu démocratiquement, mais un président élu sur un trucage des voix.

Un cercle fermé est au courant de ça, et côté cohérence et crédibilité, la série a commencé à souffrir. Cela passait encore : c’était un bon rebondissement, ça faisait des bons épisodes et ça donnait l’impression d’un complot transcendant les enquêtes personnelles d’Olivia.

Comme bien souvent, la série nous a endormis un moment en faisant l’exact inverse et en jouant directement sur l’adrénaline : juste après l’éclatement de la lumière sur Defiance, Fitz se fait tirer dessus. Un attentat sur le président des USA ? C’est osé, presqu’improbable, et c’est un sacré scandale qui m’aura fait crier devant mon écran à l’époque. Peut-être qu’à le présenter comme ça, le gros défaut de cette saison 2 (on en est alors au huitième épisode) apparaîtra plus évident, mais la série est passée beaucoup trop vite dans la surenchère.

À une intrigue qui aurait pu nous occuper déjà deux saisons s’est ajouté un attentat rajoutant plein de questions. L’emballement de la première saison exigeait de garder le rythme en saison 2, mais dans les faits, la qualité narrative a commencé à partir en vrille. La saison 2 parvient malgré tout à tenir à peu près la barre… Jusqu’à l’épisode 19.

Au cours de celui-ci, on en apprend subitement plus sur le passé de Huck. Après deux ans, il était temps d’enfin nous révéler les raisons de son caractère. Il est donc une victime d’un groupe secret, le B613, qui s’est servi de lui avant de le torturer et de l’abandonner. Pourquoi pas. On approche d’une fin de saison, ça peut être un élément intéressant pour la fin de la saison. Et pour la saison suivante, à la rigueur. Mais pas pour cinq ans… Or, c’est malheureux, mais le B613 va devenir le centre de la série qui dès lors laisse totalement tomber la moindre crédibilité : le B613 a tout pouvoir sur les USA, il manipule le Président, il est au-dessus des lois, au-dessus du FBI, il entraîne des super-espions.

Et pire que tout, il est géré par le père d’Olivia. Alors attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : c’était une excellente révélation et un rebondissement que je n’avais même pas vu venir (pourtant, ça paraît évident). Pourquoi alors dire que c’est le moment où la série jump the shark ? Parce que c’est le moment où la série décide d’intégrer la vraie famille d’Olivia et donc de prendre des allures de soaps politiques plutôt que celle d’un procédural efficace à fil rouge. La saison 2 redéfinit totalement la formule d’origine de la série et c’était un choix risqué. Ça passait, ou ça cassait. Et a posteriori, je me rends compte que pour moi, ça a cassé.

Avant de continuer l’article avec les trois saisons suivantes, celles qui m’ont perdu, revenons un peu sur le personnage d’Olivia Pope en-dehors de la série. En effet, au terme de la saison 2, Olivia Pope a réussi à devenir une référence culturelle immédiatement reprise dans de nombreuses autres séries : si certaines cite le titre de la série (comme Chelsea Lately ou Parks and Rec), c’est souvent celui d’Olivia Pope qui revient comme un moto et comme une vraie interrogation de comment gérer sa vie ou une situation de crise. Dès 2013, Happy Endings et Hopital central la prenne en exemple, en 2014, on la retrouve dans Faking it, Undateable, Forever et Brooklyn Nine-Nine, et la liste est longue. Nombreuses sont les productions à parler d’Olivia Pope ou de Scandal.

Olivia Pope est rapidement devenue une référence : Scandal n’avait pas de super audiences en saison 1, mais la série cartonnait sur Twitter où beaucoup s’identifiait à l’héroïne ou affirmait leur désir d’être elle. Ajoutons aux qualités du personnage les questions de représentation et de manque de personnages noirs à l’écran et on comprend subitement pourquoi un tel engouement pour ce personnage vraiment original.

Et non, cette transition n’est pas un hasard, car ce succès fou du personnage qui fait immédiatement son entrée dans la pop-culture va en définitive desservir la série dans son ensemble. En tout cas, c’est comme ça que je vois les choses et je vous invite à continuer à lire pour que je m’explique !

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You Can’t Take Command
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Spoilers saison 3

La famille d’Olivia Pope

Arrivé en saison 3, on comprend vite que la série, qui s’est toujours centrée sur Olivia, part dans une nouvelle direction avec une insistance sur sa famille et sur le B613. Finie les intrigues hyper-crédibles, tout est directement liée à elle désormais. Olivia Pope est partout dans la série, aidée par une interprétation toujours magistrale de Kerry Washington, il faut bien le dire. C’est à souligner, parce que la pauvre est partie d’un personnage sans faille et extraordinaire à un personnage avec tellement de défauts que la transition n’a pas dû être facile tous les jours.

Déjà, c’en est fini de son beau chapeau blanc. On a bien compris à présent qu’Olivia a déconné plus d’une fois pour ce qu’elle dit être ses idéaux et ne sont en fait qu’une soif de pouvoir (là encore, parlons de Defiance). Ensuite, son père est un cinglé tout aussi assoiffé de pouvoir. Finie l’image d’Olivia qui a réussi par elle-même à acquérir un empire : c’est son père qui l’y a poussé. Oh, oui, elle a pris le pouvoir toute seule, mais bon, on comprend qu’elle y a passé sa vie et pas du tout par envie de faire le bien, mais par envie d’abord de plaire à son père, puis de le défier. Certes, elle n’est pas au courant pour le B613, mais l’introduction d’Elie Pope est très claire sur ce point : il a poussé sa fille à devenir quelqu’un d’importance.

En soi, pourquoi pas. Où est le problème alors ? Eh bien, la série nous ramène ensuite sa mère qui s’avère sans surprise être en vie et être une terroriste. Oh, ça fait beaucoup d’un coup, mais au point où on en est, on a l’habitude des rebondissements improbables dans la série. Ils fonctionnent toujours sur le point de la surprise, mais ils ne sont plus efficaces sur le long terme car on sait désormais que la série n’a pas de limites. Après le trucage des élections, après un attentat contre le président, après le B613, ils auront beau nous surprendre, on saura toujours qu’il ne s’agit que d’une fiction improbable.

Et quand je disais en transition que l’importance d’Olivia finit par perdre la série, je trouve que ça commence à se sentir en saison 3 et que ça se poursuit jusqu’à la cinq. Ces trois saisons sont hyper floues pour moi, j’ai une vague notion de l’intrigue principale et d’où elles ont commencé/terminé, mais elles sont surtout associées à un énorme défaut : l’ignorance totale des associés d’Olivia, justement.

Ils ne sont plus qu’un outil pour qu’elle parvienne à ses fins au milieu de tout ça. Pourquoi pas, en soi, mais ça joue sur la qualité globale de la série. Elle ne se concentre plus que sur Olivia, quitte à rapidement tourner en rond parce qu’un personnage, surtout aussi original mais donc forcément un peu caricatural, on en fait vite le tour… Et ce n’est pas avec son passé familial hyper cliché que les choses s’améliorent. La seule chose qui lui manque encore à ce stade de la série, c’est une jumelle maléfique adoptée il y a des années. Pour compenser, elle a des parents qui tuent le fils de son amant, accessoirement président des États-Unis, donc elle ne s’en tire pas si mal, j’imagine.

Spoilers saison 4

Vermont vs. Sunny Island : le ventre mou de la série ?

On en arrive alors à la saison 4 où Olivia en a elle aussi eu marre d’elle-même (et du meurtre du fils de Fitz totalement oublié ou presque dans le reste de la série, comme toujours avec les gosses dans l’univers de Shondaland). Je crois sincèrement que les scénaristes se sont rendus compte de quelques-unes de leurs erreurs et ont voulu rectifier le tir en la mettant sur une île avec Jake, troisième sommet de l’inévitable triangle amoureux que la série s’est infligée lorsqu’elle a basculé dans le soap – et pour nous montrer une nouvelle facette d’Olivia, finalement totalement similaire à la précédente.

Pas aidés par les frasques de l’acteur interprétant Harrison menant à sa mort dans la série, les scénaristes ont pris la décision de recentrer une nouvelle fois la série sur Olivia. Après Olivia et associés, Olivia à la Maison Blanche et Olivia et sa famille, nous débarquons alors dans Olivia et ses amoureux. Une grosse partie de la saison 4, ou en tout cas une grosse partie de ce que je m’en rappelle, consiste à voir Olivia tourmentée entre Jake et Fitz.

Elle avait choisi Jake pourtant, avec qui elle passe de jolies vacances en exil sur une île coupée du monde, mais la mort d’Harrison la pousse à revenir à Washington et à retomber sur Fitz et ses promesses de maison calme dans le Vermont (ça paraît classe comme ça, mais appliqué à la France ça donnerait un truc du genre « viens, quand je suis plus président, on se fait une maison dans la Creuse » et je n’ai rien contre la Creuse, mais ça ne m’envoie pas trop du rêve après une vie hyper connectée et remplie comme la leur). Notons donc que les scénaristes sont passés de concepts moraux et politiques (white hat, over a cliff, White House…) à des pseudo-concepts d’idéaux romantiques (le Vermont, l’amour à la plage au soleil) censés nous vendre du rêve. Allez, l’intro du Vermont, pour rire un coup :

Le problème, c’est que je ne trouve pas trop d’alchimie à Olitz (clairement préférés par les scénaristes tout du long et qui finiront de toute manière ensemble parce que nous sommes dans une série et que les personnages finissent toujours la série en couple avec la même personne qu’au tout début quand c’est possible) et que je me retrouve à espérer qu’elle finisse avec Jake, ce qui n’est pas possible pour le bien général de la série et de ses audiences dont une grosse partie est effectivement accrochée à Olitz. Et aussi accessoirement parce qu’il a tué James en saison 3 et que les scénaristes savent bien qu’on ne lui pardonnera jamais. Bon, dans les faits, on a tous oublié à un moment ou un autre, je crois, mais je me suis surtout souvenu que je n’aimerai jamais le personnage.

La série est passée d’une suite d’affaires politiques critiques résolues avec brio par Olivia à une suite d’affaires et complots qui la font être yoyo entre les deux amours de sa vie. La série est passée d’une galerie de personnages intéressants à un ensemble de personnages-outils à la vie perso parfois explorée au troisième plan pour… ben pour combler en fait.

De là à dire que je n’ai aucune idée de ce qu’il s’est vraiment passé en saison 4 parce que les rebondissements successifs n’avaient plus aucune cohérence, ni impact global sur le reste de la série, il n’y a qu’un pas que je franchis allégrement.

Spoilers saison 5

Heavy is the Head : une campagne électorale rythmée.

Durant les saisons 3 et 4, les gladiateurs disparaissent peu à peu à l’arrière-plan, ils ne sont plus qu’un outil pour servir Olivia et son ascension dans les hautes sphères. Ils se retrouvent avec des intrigues totalement improbables, à coucher entre eux (ci-dessous pour le fun) ou avec 150 personnages qu’on oubliera bien vite, et c’est bien dommage. La saison 5 nous fait croire que ça va changer avec sa première scène qui fait écho au début de saison 1… pour ne rien modifier à sa formule.

Olivia est toujours le cœur de la série et des évolutions qui auraient pu être chouettes sont négligées pour en revenir encore à Olivia : Quinn est devenu une espionne serial killer et tout le monde s’en fout, Huck a recontacté puis reperdu sa famille et tout le monde s’en fout, Abby… non ben Abby tout le monde s’en fout tout court en fait, et c’est pourtant peut-être qui a le plus d’évolution : elle passe sa vie à être certaine d’elle et de ce qu’elle affirme, mais elle change d’avis à chaque saison ou presque, trahissant ou aidant Olivia selon le moment et le job. La saison 5 propose sûrement la meilleure version d’Abby, mais il a fallu souffrir un manque de cohérence énorme dans la psychologie, les relations et l’évolution du personnage pour en arriver là.

C’est d’autant plus frustrant que j’aimais les personnages d’Olivia, Quinn et Abby à l’origine (bon Huck, j’ai toujours eu du mal, j’étais plutôt du genre à aimer Harrison). Parlons-en d’Harrison justement ! Puisqu’il est mort, il faut bien le remplacer et il me faut quand même noter que la série s’est permis le truc le plus honteux vu depuis un moment à la télé : elle a remplacé Harrison par Marcus… même physique, même caractère, Marcus s’intègre drôlement vite à OPA et donne l’impression d’avoir toujours été là. Sa réintroduction en saison 5 (il était un mini perso en saison 4) se fait à la manière de celle de Quinn, mais personne ne s’est jamais occupé de le développer outre mesure.

Cela dit, malgré tout, la saison 5 parvient à se rendre de nouveau intéressante en proposant une intrigue qui résonne avec l’actualité : la campagne présidentielle. Les scénaristes savent dans quoi il s’engage : en saison 4, ils ont proposé l’épisode The Lawn Chair, introduisant justement le personnage de Marcus, dans lequel ils reprenaient huit mois après des événements réels avec la fusillade par des policiers d’un jeune homme noir. Cet épisode reprenant toute l’affaire de la fusillade de Ferguson lui avait permis en saison 4 de faire 1) une pause dans son intrigue, 2) la Une de tous les médias, avant même la diffusion de l’épisode, grâce à une promo efficace (mais la série a toujours eu une promo efficace).

En toute logique, les scénaristes ont compris la tendance et propose une saison 5 sur la campagne électorale pour le président juste avant le lancement de la vraie campagne électorale puis en parallèle de celle-ci. C’est ainsi que l’on voit fleurir dans la série une critique politique de plus en plus évidente : on sait de longue date que Fitz est le plus libéral de tous les républicains et que Shonda Rhimes ne porte pas vraiment les idées conservatrices dans son cœur, mais cette saison nous le confirme.

Ce numéro de « Olivia Pope et l’élection américaine » divise plutôt l’audience, certains regrettant des prises de parti trop importante et une campagne qui bouffe trop le côté vie perso de la série, mais personnellement, c’est une réussite. Les discours politiques (et notamment celui de prenant la défense de Lisa Kudrow, guest-star pour quelques épisodes), le fonctionnement de l’élection, les débats, les interviews… cela donne un aperçu de la politique américaine et c’était super intéressant. J’ai retrouvé un peu d’intérêt pour cette partie de la série, quand le reste était de toute manière en pleine errance depuis trop longtemps.

En fin de saison 5, la série n’est plus qu’une suite de rebondissements avec quelques passages plus marquants que d’autre : dans ceux que je n’ai pas encore cité, il y a l’enlèvement d’Olivia en mi-saison 4 qui permet à Fitz de partir en guerre (histoire de porter à son apogée la comparaison entre Olivia et Hélène de Troie, souvent faite auparavant dans la série et les critiques…), l’avortement d’Olivia (plutôt bien géré par les scénaristes d’ailleurs) et puis bien sûr, le meurtre d’Andrew Nichols en mi-saison 5. S’il l’avait bien cherché, c’est la première fois qu’Olivia se salit les mains, au point d’être pleine de sang en plus, parce qu’elle n’y va pas de mains mortes en le tuant à coups de chaise.

S’il restait encore des doutes à qui que ce soit sur sa belle morale et son chapeau blanc (pour le coup, chapeau si vous y croyiez encore), il n’y en a plus aucun. Dans les deux cas, nous sommes sur des moments où j’ai voulu y croire, des moments où la série s’est redéfinie en repoussant encore ses limites… ce qui n’était finalement pas une bonne idée : comment s’en sortir de la crédibilité en allant toujours trop loin et encore plus loin ? Oui, ça apportait du souffle pour un ou deux épisodes, et puis on retombait dans la routine.

La série est une référence ? Oui, mais pas toujours pour le meilleur. Pour le pire, difficile de ne pas penser au cas de Dear White People. La série Netflix a carrément proposé une parodie de la série que les personnages suivent avec autant d’assiduité que de dépit de la voir avoir mal tourné : ils l’ont commencée en étant heureux de la représentation et du personnage principal qui déchirait tout… avant d’être particulièrement dégoûté par le soap ridicule diminuant le personnage.

Oui, parce que pour ne rien arranger, quand il est question de Fitz, Olivia a tendance à se rabaisser constamment. Même quand elle clame avoir tout pouvoir sur la relation et ses décisions, Fitz trouve toujours un moyen de l’affaiblir ou de la convaincre de recoucher avec lui grâce à leur attirance imparable que je n’ai jamais réussi à voir (et vous aurez compris si vous en êtes là que le problème ne vient pas de Kerry Washington pour moi ; et que je considère le personnage de Fitz parfaitement méprisable).

Bref, avec sa parodie et sa critique très explicite de Scandal, Dear White People met le doigt sur un paquet de problèmes de Scandal et en fait une excellente synthèse, certainement plus rapide et tranchante que cet article.

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Over a cliff
(S06-07)

Spoilers saison 6

Election Night… again!

Forcément, plus on se rapproche d’aujourd’hui, plus c’est facile pour moi de me souvenir des saisons dont parle. Pour autant, à part me souvenir que c’était bien ficelé et hyper répétitif avec un retour constant à la même soirée de l’élection, j’ai du mal à me souvenir de cette saison 6. Comme les autres, elle est perdue dans un grand flou parce que dans le fond, il se passe toujours la même chose dans un épisode, à savoir 150 scènes avec Olivia, deux à trois rebondissements/retournements de situation plus ou moins scandaleux et deux ou trois scènes pour faire avancer ceux qui ne sont pas Olivia. Bon, et Cyrus accusé du meurtre de Vargas :

Tout le problème de la série est finalement de n’avoir jamais réussi à se rendre intéressante pour autre chose qu’Olivia – à n’avoir jamais trop considéré les autres personnages comme des stars elle aussi. C’est excellent d’avoir toute cette importance accordée à Olivia, mais ça l’a fait passer des dizaines de fois par les mêmes cases.

Je critique énormément… mais force est de constater que j’étais encore là. Pourquoi ? Parce que Kerry Washington propose des interprétations exceptionnelles, parce qu’il y a quelques épisodes sortant du lot qui donnent envie d’y croire, parce que j’étais curieux de voir ce qu’ils allaient encore inventer, parce que finalement moi aussi je suis prêt à suivre Olivia au fond du ravin. D’ailleurs, je crois qu’on a heurté le sol et continué de creuser par moment, mais bon.

La saison 6 avait comme intention très clairement de nous servir « Olivia et l’accession au pouvoir » et on ne va pas se mentir, elle le fait plutôt bien. Cette accession est aussi l’occasion de proposer quelques développements pour les autres personnages, notamment Quinn qui termine la saison sur une demande en mariage et une grossesse parce que l’actrice a eu la chance que sa grossesse soit intégrée à la série, contrairement à Kerry Washington, qui a juste eu la chance de devoir tourner moins d’épisodes, donc d’être moins payée hein. En même temps, faire Scandal sans elle aurait été compliqué vu son omniprésence dans chaque scène.

La saison 6 est définitivement celle dans laquelle les scénaristes réaffirment leurs idées politiques et un féminisme exacerbé, et ça fait une ligne directrice plutôt bienvenue. En revanche, il est encore question d’un attentat sur un président, et ça ne donne pas trop envie de vivre dans leur monde. Je crois qu’il n’existe pas une série ayant proposé une nuit électorale où tout se passe bien depuis l’élection de Trump de toute manière, et Scandal propose aussi son drama en le faisant bien : leur nuit électorale a eu lieu six jours après la prise de pouvoir officielle de Trump.

Débarrassée de ses soucis de cohérence et crédibilité depuis longtemps, Scandal a réussi à proposer une saison plutôt efficace qui faisait enfin tomber le B613… pour mieux le recréer immédiatement avec Olivia à sa tête. Et c’est là que je me suis rendu compte à quel point le B613 était le jump the shark de Scandal : la série n’a jamais réussi à s’en débarrasser. Cela aurait fait le sujet d’une saison et ça aurait été génial. Seulement, de la même manière que Papa Pope a survécu toutes ces années parce que l’acteur est excellent et que personne ne voulait le virer, le B613 s’accroche et reste tout au long de la série, l’empêchant de reprendre son envol et de respirer. Parfois littéralement, si on prend le cas de cette pauvre Luna ayant tué son mari :

Chaque fois qu’une intrigue a paru réussir à s’en dégager, l’association est revenue au cœur des problématiques. Alors certes, ça donne une cohésion globale à la série à partir de sa saison 2 (et puis après tout le B613 était là sans qu’on le sache en saison 1), mais cette cohésion se fait au détriment de la qualité. La série aurait beaucoup gagné à réussir à se détacher de l’organisation secrète bien plus tôt : dès la saison 4, on sent bien que cette omniprésence tire vers le bas la série… Et ça n’a jamais arrêté ensuite.

Je pense que j’ai commencé à le voir et espérer qu’on s’en débarrasse en fin de saison 4/début de saison 5. Malheureusement la série a persisté longtemps et son démantèlement en fin de saison 6, de même que l’accession d’Olivia, Mellie, Quinn et Cyrus aux postes dont ils rêvaient depuis le début m’ont fait penser que nous tenions là la meilleure fin de série possible.

La série a déjà tiré sur la corde beaucoup trop longtemps à ce stade, et son centième épisode s’est même avéré être une catastrophe avec un épisode « et si ? » qui ne changeait finalement pas grand-chose. Oh oui, on a eu droit au mariage Olitz, OK, mais dans l’ensemble ce « et si ? » était du temps perdu avec une construction similaire au reste des épisodes… Et puis, c’était une jolie fin de série ça, non ?

Finalement, Scandal en fin de saison 6 était l’histoire d’une déception, d’une série qui a manqué d’oxygène beaucoup trop tôt et qui a voulu continuer à courir sans jamais prendre le temps de revenir à la base de ce qui avait fait son succès (et elle aurait gagné à le faire, parce que les audiences ont décliné tout du long quand même). Et puis, ne me lancez pas sur la manière dont la série a tenté de gâcher une fois de plus le personnage d’Abby en la faisant passer du mauvais côté tout en voulant humaniser de manière ridicule le personnage de Papa Pope avec une femme qu’il laisse se faire tuer. Il y avait tout de même des trouvailles sympas pour me faire rester : l’évolution de Mellie et son duo avec Olivia, l’intrigue autour de la mort possible de Huck (bien que prévisible), Mellie/Marcus… Ouais, je crois bien qu’on peut dire que Mellie a fini par être mon personnage préféré alors que j’étais loin de l’apprécier au début.

Spoilers saison 7

Allow me to reintroduce myself : une tentative de retour aux sources

Débarque alors la saison 7 qui commence sur une belle note d’espoir : pas de Fitz, un B613 géré par Olivia, une structure qui n’oublie pas totalement QPA, le nouvel OPA, et une Olivia qui rappelle celle de la saison 1, avec un contrôle parfait de tout ce qui lui arrive. J’étais très optimiste sur cette nouvelle saison qui semblait vraiment vouloir prendre un nouveau départ et conclure en effectuant un retour aux sources salvateurs avec des scandales, des vrais, à gérer, des manipulations politiques, l’absence de complot trop perchés, bref, un semblant de vraie vie avec ce qu’il faut de drama pour que ce soit intéressant quand même.

Et puis, très vite, la série est repartie sur ses mauvaises habitudes. Elle avait déjà fait le coup en début de saison 5 (qui recommence sur le pilot, mais avec Quinn embauchant Marcus), j’aurais dû m’en douter. À la place, on a droit à de nouveaux complots politiques qui n’ont aucun sens, avec Olivia qui va jusqu’à faire tuer un président qui est aussi le nouveau mec de Mellie. Dans quel monde Olivia assassine-t-elle un président franchement ? Autant le meurtre d’Andrew Nichols à coups de chaise s’expliquait merveilleusement bien, autant là, son désir de « protéger la République » n’a juste jamais été expliqué. Même sa soif de pouvoir n’a pas réussi à me convaincre qu’elle aille si loin.

La série a osé aller plus loin encore dans le ridicule : la saison 6 a vu Huck y passer et revenir à la vie ? Très bien, la saison 7 verra Quinn avoir exactement le même arc, mais former un duo improbable avec Papa Pope sur Baby one more time, juste parce que.

De toute manière, Joe Morton (l’acteur jouant Elie Pope) est tombé tellement bas avec cette saison que je crois qu’il n’a de toute manière plus aucun amour propre – il a quand même passé une partie de la saison à parler à des jouets en plastique pour récupérer des os de dinosaure, ce qui de manière incompréhensible l’a mené à menacer sérieusement de tuer une femme enceinte. Je veux dire, à un moment donné, on te donne ça à jouer, tu vois bien que ça n’a aucun sens et tu démissionnes, non ?

Et bien non. Scandal a donc réussi à tomber encore plus bas pour sa dernière saison (et pourtant !), le tout en pourrissant le personnage d’Olivia qui laisse sa meilleure amie se faire tuer histoire de conserver un semblant de pouvoir sur son père.

La rédemption du personnage qui suit est loin d’être salvatrice dans un premier temps (elle rend même  à son père les os de dinosaure alors qu’il vient de tuer Quinn – pourquoi, juste pourquoi lui rendre alors que le chantage est terminé ?), mais finit par faire du bien à la série. C’était improbable et pourtant, la série parvient à proposer un dernier arc qui remonte en qualité (et en même temps, vu d’où ils reviennent, tout ne pouvait que paraître bien).

Si le crossover avec How to get away with murder n’avait absolument aucun sens quand on voit le nombre de scandales politiques de la première série ignorée par les personnages de la seconde (alors que franchement, une politique aussi chaotique avec des attentats sur les présidents, et des accusés qui s’en sortent en permanence, j’ai du mal à croire que personne n’en parle quand il s’agit de ne pas se faire pincer pour ce qui seront de multiples meurtres), il permettait tout de même de relancer la série vers son dernier arc.

Comme en début de saison, les scénaristes prennent alors le soin de réintroduire le personnage d’Olivia, en s’assurant cette fois qu’elle récupère son chapeau blanc. On en arrive alors à un énième complot politique pour faire définitivement tomber Cyrus du mauvais côté, mais à ce stade, tout ce qu’on veut, c’est en finir. Étonnamment arrive alors l’avant-dernier épisode de la série qui semble rétrograder de plusieurs saisons : Cyrus fait ainsi le reproche à Olivia de ne jamais se salir les mains, quand on sait qu’elle a Andrew Nichols à son actif, Jake reprend son rôle de psychopathe de la saison 3 et Abby, Quinn & Huck sont tous d’accord pour soutenir Olivia quoiqu’il arrive.

Bref, l’avant-dernier épisode de la série aurait presque pu être diffusé tel quel en fin de saison 3 quoi. Olivia prend enfin la décision de faire tomber le B613 en révélant son existence. En finir avec B613 pour en finir avec la série ? Belle idée sur le papier, surtout que ça pouvait presque permettre une fin de série qui ne soit pas un happy end. Et après tout ça, c’est tout ce que j’espérais.

Spoilers épisode final

Un final à la hauteur

L’avant-dernier épisode de la série est pour moi une réussite précisément parce qu’il met enfin en place les intrigues que j’attendais depuis quatre ans. Mieux vaut tard que jamais. Le dernier épisode est dans cette même perspective et nous sort grosso modo du Scandal : les personnages secondaires sont majoritairement éclipsés au profit d’Olivia, qui comprend enfin qu’elle est la base de tous leurs problèmes. Effectivement, toute la série tournant autour d’elle, il est difficile de ne pas la suivre dans cet avis. La réaction de Fitz à cette prise de conscience ? « Retire tes vêtements ».

On n’est pas loin de la parodie de Dear White People et avec cette scène, Scandal enfonce le clou : chaque fois qu’elle aura mis le doigt sur ce qui n’allait pas, Olivia aura finalement servi à assouvir les fantasmes de Fitz (ou Jake). C’est un peu dommage, ça gâche une bonne partie du message féministe de la série, mais ça n’était même plus surprenant à force.

Message féministe ? Mais si ! La dernière scène est on ne peut plus claire sur le sujet, avec deux gamines admirant le portrait d’Olivia à la Maison Blanche et se sentant inspirées, prêtes à suivre ses traces. Chaque petite fille a le pouvoir de devenir une Olivia Pope elle-même – et force est de constater que le monde des séries a évolué sur les questions de lead féminins et d’actrices noires depuis les débuts de Scandal. La série aura marqué la télévision de ce point de vue-là, en étant pionnière à mettre une femme de couleur à la tête d’une série (depuis, on a eu HTGAWM évidemment, mais aussi Dear White People). Au-delà du féminisme et des questions de racisme, la série a aussi profité du final pour rappeler qu’elle portait un message politique. Ainsi, Mellie ne sert presqu’à ça dans l’épisode, étant rejetée à l’arrière-plan où elle réussit à faire passer une loi pour le contrôle des armes à feu, la fameuse loi qui fait débat depuis quelques années aux États-Unis et que Trump refuse de voir passer.

Pour rétablir sa morale et son héroïne, la série ne fait pas dans la finesse : elle tue le dernier personnage qui n’avait à peu près rien à se reprocher dans la série, David Rosen. C’était évidemment nécessaire pour rebooster tout le monde et pour que Papa Pope aille témoigner contre le B613, mais ça en dit long sur le soi-disant chapeau blanc. C’est parce que David, le dernier vrai gentil de la série, meurt qu’Olivia prend conscience qu’elle se doit d’être de nouveau irréprochable. Il serait temps.

Tant pis si cela laisse Abby sans happy end, tant pis si on n’accorde pas dix secondes à Huck pour la conclusion – alors même que c’est un personnage dont le passé est intimement lié à l’ADN de la série quoi. Il faut dire qu’il y avait beaucoup à faire dans l’épisode : les scénaristes ont choisi de donner une vraie fin à Quinn, ce qui est assez logique puisque c’est la première que l’on voit dans la série. Même Marcus a finalement droit à un meilleur traitement qu’Huck et Abby puisqu’il finit avec Mellie (et a priori sénateur). Cela n’a aucune cohérence avec la dernière saison et un bout de l’avant-dernière, mais au moins, on nous le présente comme heureux.

Olivia et Fitz ? Ils recommencent une toute nouvelle relation, loin du pouvoir. J’imaginais une scène de retrouvailles dans le Vermont, mais la symbolique de le faire devant la Maison Blanche n’était pas si mauvaise. B613 ? Enterré avec Jake qui termine en prison. Il était assez clair que la série avait décidé d’en faire l’antagoniste de son dernier arc narratif. C’est triste, mais ça se tient comme conclusion pour le personnage, même si c’est quelque peu précipité.

Cela ne le sera jamais plus que la conclusion de Cyrus, qui se contente de démissionner alors qu’il a tué David. Une scène coupée du montage finale révélerait qu’en fait Cyrus reçoit plus tard la visite de Huck venu le torturer… Ce que je trouve encore pire car Huck n’aurait ainsi tellement pas d’évolution qu’il en reviendrait à ses premiers démons après sept saisons à s’en sortir grâce à Olivia ; et ce serait aussi le signe qu’il désobéit à Olivia ; ce qui va à l’encontre du personnage. Dans tous les cas donc, l’intrigue Cyrus finit d’une manière qui ne correspond pas avec mes attentes…

Parce que si on se contente de ce qui est diffusé, c’est certes une punition pour Cyrus de renoncer définitivement au pouvoir, mais pas de là à ce que ce soit présenté comme suffisant après la mort de David, évangélisé dans ce dernier épisode… Il faudra pourtant bien s’en contenter, de même qu’il faudra se contenter de voir Papa Pope s’en sortir une fois de plus après avoir reconnu l’ensemble de ses crimes. Comment s’en sort-il ? Eh bien, l’opinion public n’accepterait pas qu’un seul homme ait eu 30 ans d’impunité pour diriger le pays, pas plus que les hommes blancs au pouvoir n’apprécierait de savoir qu’un homme noir les a mené à la baguette tout ce temps. Du coup, le Sénat se contente d’accuser Jake.

Dans le genre expertise en relations publiques, là, on a tout de même un énorme what the fuck qui permet d’innocenter tout le monde – et Jake n’est même pas mené à la chaise électrique malgré l’assassinat d’un président étranger. J’ai comme un doute.

Bref, pour son épisode final, Scandal a fait du Scandal : on y retrouve le meilleur et le pire de la série, des beaux discours, des rebondissements, une morale discutable, une glorification des gentils et une non-punition des plus méchants ayant un jour été gentil, une héroïne sans cesse réifiée par son amant, des messages politiques, une cohérence mise à mal. La série s’achève avec la fin du B613 et l’assurance qu’Olivia laisse une trace dans l’Histoire, de même que Fitz et Mellie. L’héritage de ces trois-là et leur marque laissée dans l’Histoire a toujours été un sujet de préoccupation des scénaristes, donc ça se tenait. Quant aux enfants de Fitz qui auraient pu déjà être un beau symbole pour le passage de flambeau à une nouvelle génération, là, clairement, tout le monde s’en fout royalement, comme toujours !

Reste que la dernière scène est ouverte à l’interprétation : les portraits de la National Portrait Gallery sont celles des personnes marquant l’Histoire américaine, à commencer par les présidents (dans leur propre hall, qui ressemble à celui dans lequel est exposée Olivia)… Olivia a-t-elle fini présidente un jour ? Pour moi, il est sûr que non : elle sera entrée dans l’Histoire pour ses expertises et son rôle dans les administrations des deux présidents Grant – et pour son mariage avec Fitz dans le Vermont, aussi. Elle a toujours été présentée comme un personnage public reconnu (dès le pilot avec Quinn et jusqu’au crossover avec Michaela), donc ce n’est pas si surprenant de la voir finir là, surtout qu’elle a également permis de mettre fin à B613, un pouvoir de l’ombre. Après, c’est à chacun de se faire son avis car Shonda Rhimes a décidé de garder le mystère sur le sujet… Elle voulait juste surfer sur cette belle idée des petites filles regardant une femme noire au pouvoir, quoi, et je ne lui jetterai pas la pierre pour ça !

La scène est de plus inspirée de cette jolie photo d’une petite fille observant Michelle Obama.

Quant à Olivia présidente, ça ne tient vraiment pas avec le reste du final où elle tourne enfin le dos au pouvoir. En plus, ce serait un faux suspense : elle est encore bien jeune sur le portrait, ce qui signifierait qu’elle devient présidente peu de temps après la série… et il y a des chances que HTGAWM soit encore là d’ici là. Je préfère me dire qu’elle me prend sa retraite, ça lui va bien mieux.

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Cet article était un peu interminable, mais finalement que faut-il en retenir ? Que Scandal a duré trop longtemps pour son propre bien. Si elle était une véritable référence d’originalité et d’écriture maîtrisée durant ses premières saisons, la formule s’est vite essoufflée pour devenir au mieux pas crédible, au pire, incohérente. À trop se concentrer sur Olivia et le B613, la série s’est privée souvent d’opportunités avec le reste de son casting et a proposé une série pleine de défauts et imbuvable à plus d’une occasion.

Jamais je ne remettrai en question la qualité du casting (l’exceptionnelle Kerry Washington aurait mérité souvent qu’on lui serve un meilleur rôle) et la capacité de Scandal de faire quelques excellents épisodes à nous décrocher la mâchoire, mais j’en retiendrais surtout que c’est une série qui s’est perdue en route et a connu une errance beaucoup trop longue, avant de tenter de sauver les meubles pour sa dernière saison… trop tard.

The Fades (S01)

Avis : Le planning de mon challenge séries est un peu allégé ce mois-ci, puisque je suis simplement censé voir les six épisodes de The Fades et une saison de Supernatural. Bref, un jeu d’enfant ! Je ne sais pas grand-chose de cette série britannique, si ce n’est que son acteur principal est le génial Ian de Caestecker (Fitz d’Agents of S.H.I.E.L.D), que je ne m’attendais pas à retrouver si jeune. Le casting comprend aussi la géniale Natalie Dormer (mais non, je n’aime toujours pas Game of Thrones) et Jack Thorne a produit/écrit la série. De ce dernier, j’ai choisi de retenir le très bon travail sur How I live now plutôt que le médiocre Harry Potter and the Cursed Child.

Autrement dit, il y a du beau monde sur cette série, mais du beau monde qui est sur le point de se faire connaître, et non l’inverse. Cela fait quelques années déjà que je me dis qu’il faut que je regarde, je profite donc de ce challenge pour enfin m’y coller, en espérant ne pas être trop déçu.

Si vous voulez simplement savoir s’il y a une vraie fin ou non sans spoiler, continuez de lire ce paragraphe, autrement, passez votre chemin. La réponse est toute simple : la saison se conclue de manière ouverte, mais répond malgré tout à l’ensemble des questions qu’elle pose.

Note moyenne de la saison : 17,5

01.pngÉpisode 1 – 18/20
My dreams are coming true

Ce pilot introduit sacrément bien l’intrigue de la série en offrant d’un coup pas mal d’éléments de sa mythologie, mais en parvenant à créer un mystère savoureux qui se regarde et fait se poser pas mal de questions. On suit un ensemble de personnages, là où j’avais compris que Ian de Caestecker était l’acteur principal. Que ce ne soit pas le cas n’est pas vraiment une déception, car l’ensemble est très solide. Alors, certes, Paul est un personnage important : c’est notre point d’entrée dans l’univers fantastique et étrange de la série, celui qui voit des choses sans les comprendre, ni les savoir. C’est un ado un peu perturbé, le loser de base avec son meilleur pote (Mac), qui ne comprend rien au monde qui l’entoure, que ce soit celui des vivants (de sa sœur jumelle, Anna, notamment) ou celui des morts. Il s’oppose ainsi à Neil, Helen et surtout Sarah, qui eux en savent beaucoup trop et vivent dans un monde où les morts sont parfois coincés et frustrés de l’être. Ce sont les fades du titre, qui font aussi toute l’intrigue de cette série et que Neil introduit à peu près au trois quart de l’épisode, alors qu’on en a déjà vu un paquet auparavant, avec aussi un exorcisme et la mort de Sarah. Autant dit que quand je parle d’un ensemble solide, ça l’est, parce qu’il faut quand même réussir à le faire pour pondre un scénario crédible avec autant d’éléments. D’ailleurs, un dernier pan de l’intrigue se concentre sur Mark, l’ex-mari de Sarah, qui n’est autre que… Tom Eillis, que je retrouverais plus tard dans mon challenge avec Lucifer. Inattendu, mais ça boucle la boucle ! Bref, on est à fond dans le fantastique, et ça tombe bien, c’est un peu le fil rouge de mon challenge avec Supernatural. Ma plus grosse critique pour le moment serait les transitions pourries entre les actes, car vraiment, j’ai énormément accroché à ce pilot et ces nombreux mystères introduits les uns après les autres avec beaucoup de brio. Le cliffhanger est diablement efficace et donne envie de tout de suite enchaîner, ça tombe bien j’ai le temps. En tout cas, ce premier épisode a de quoi me faire regretter d’avoir presque six ans de retard !

02.pngÉpisode 2 – 15/20
The world’s coming to an end… There’s nothing you can do.

La violence de cette série ne fait que commencer, apparemment, puisqu’après les morts de Sarah et Helen dans le pilot, ce deuxième volet démarre par la mort de toute la famille de Paul… Dans ses rêves. Forcément. Cet épisode m’a un peu moins fasciné que le pilot, car j’en ai trouvé le début long à se mettre en place et que c’est un peu gros que Sarah et Helen soient toutes les deux coincées sur Terre. C’est un peu le risque des séries qui démarrent trop fort (en rythme ou en écriture), la suite retombe forcément un peu. Pourtant, les scénaristes tentent de garder le rythme et le casting est vraiment excellent. Seulement, le côté vie adolescente qui continue malgré tout n’est pas aussi porteur que ce qu’ils essaient de nous faire croire. À cet égard, la métaphore finale (Superman) m’a fait lever les yeux au ciel assez violemment. Quelques scènes sortent clairement du lot, comme cette Sarah creepy à suivre Mark absolument partout, les cauchemars de Paul ou ce moment une morte sexy cherche à l’électrocuter. Malgré tout, je trouve qu’on ne fait plus forcément bien la distinction entre les rêves de Paul et la réalité et que sa relation avec Neil comme mentor est moins efficace que prévue. En revanche, la paranoïa qui commence à gagner Mark sur la mort de Sarah est plutôt du genre excellente. Enfin, je trouve le pari d’origine de la série plutôt risqué, puisqu’elle introduit une mythologie qui se contredit d’elle-même avec les morts qui peuvent désormais toucher notre monde et manger nos chairs. Le cliffhanger ne m’a pas donné spécialement envie d’enchaîner, ce qui est toujours un problème quand je me prévois une soirée de bingewatching, mais j’aime beaucoup la petite-amie de Paul.

03.pngÉpisode 3 – 16/20
I grow wings when I ejaculate.

Un jour, j’aurais tellement de temps libre devant moi que je ferais un article sur les anglais et l’art des scènes gênantes. L’intro de cet épisode qui voit Paul se masturber y figurerait en bonne place, croyez-moi, cette métaphore des ailes qui surgissent étant au moins aussi dérangeant que tout ce qui précède ! Le couple fonctionne heureusement plutôt bien, même si tout cela est fortement british et que moi, j’ai un peu de mal avec cette vision de la jeunesse et du traitement des pouvoirs/métaphores (oh j’imagine déjà Yodabor passer par ici et me dire que les style british, c’est chouette). Cela m’a beaucoup rappelé Misfits et un peu Skins. J’ai beau aimé ces séries, je ne les trouve pas aussi fun que beaucoup d’autres, ayant souvent du mal avec le décalage anglais (qui, ici, est frappant quand Paul coud la bouche de sa sœur devant Jay… scène qui m’a même pas vraiment de résolution logique proposée). Les sous-intrigues ados continuent donc de pas trop me passionner (même si j’ai aimé le concept du « birth-yester-day »), surtout que ça va un peu loin (l’escalade de l’arbre oh la la) et la trame générale me laisse perplexe, avec des visions de plus en plus fréquentes de la part de Paul. Bon, autrement, les choses s’annoncent plutôt cool pour mon challenge, car j’aime beaucoup le jeu d’acteur de Tom Ellis. Je prévoyais de voir Lucifer en y allant à reculons, car j’ai toujours du mal sur les séries capitalisant leur succès sur leur beau gosse de personnage principal, mais il semble fichu de gérer les nuances nécessaires à un rôle titre. Dans cet épisode, le perso de Mark commence par être totalement rongé de la disparition de son ex-femme avant d’apprendre que Neil voit son fantôme, puis d’être arrêté pour meurtres, au pluriel. Vu comme ça. La fin d’épisode rattrape un peu l’ennui initial de cet épisode, avec un Paul renforcé par un camion devant son meilleur ami, une Helen qui s’envole enfin vers d’autres cieux et un monstre évidemment beau-gosse qui vient au monde. Nu, tant qu’à faire.

04.pngÉpisode 4 – 18/20
Paul is braindead

Putain, les anglais aiment renverser les gens pour le fun, c’est pas possible ! S’ils roulaient dans le bon sens, ça irait peut-être mieux aussi. Et donc, la série nous tue Paul au beau milieu de sa saison 1, un truc que les anglais aiment bien faire aussi, ce qui a l’avantage d’être surprenant (autant que déprimant, c’est le héros bordel). Pas autant que la storyline autour de John, notre monstre à poil tout droit venu de Skins, au passé évidemment bien compliqué. Tout ça pour se faire buter en deux secondes.. Ce qui n’est pas bien grave, car il est évidemment immortel. C’était donc bien un grand méchant qui décime en une scène le clan de Neil. Pendant ce temps, Mark est accusé du meurtre de Sarah et passe pour un dingue à tenter de communiquer avec elle au beau milieu d’un interrogatoire. Il finit par lui demander d’arrêter d’être aussi curieuse avec lui et de se casser, une partie de l’intrigue dont je ne vois pas bien l’intérêt narratif pour le moment. Les scénaristes nous pondent alors, comme sorti de nulle part, une fin énorme. Un rituel qui permet de faire revenir Paul d’entre les morts parmi tout un tas de papillons. Fuck, j’aurais pas dit mieux. Faut pas s’étonner qu’ils n’aient pas de saison 2 avec des rebondissements pareils après. En plus, le côté teen qui avait envahi les épisodes précédents disparaît totalement ici avec un drame beaucoup trop important pour continuer dans cette légèreté initiale. L’épisode se conclue donc en beauté, mais c’est bien étrange et mieux vaut ne pas trop chercher à chipoter les détails de la mythologie.

052.pngÉpisode 5 – 19/20
He was dead and now he’s not. It makes him a zombie.

Paul revient chez lui en un rien de temps, car il va mieux depuis qu’il est sorti du « coma », c’est-à-dire de sa mort cérébrale. Cela ne demande pas vraiment de réadaptation, apparemment. Pendant ce temps, John continue de massacrer des victimes innocentes et parvient à convaincre Sarah de se joindre à son groupe de morts-vivants. Il faut dire qu’avec l’épisode précédent où Mark la chassait, c’était un peu obligatoire, mais ça ne peut pas annoncer de bonnes choses. La transformation se fait tranquillement dans l’épisode, préparant le terrain d’un épisode final qui s’annonce plutôt intéressant. De son côté, lui, Mark retrouve Vicky, son coup d’un soir… qui devient la bonne occasion de se prendre des coups de jour quand le gang de morts-vivants s’empare du centre de survie (le lycée, c’est pratique) pour tuer tout le monde. C’est une intrigue qui fonctionne bien et débute une jolie épidémie de zombies. L’épisode était sacrément bien foutu et monté à partir de là, avec même un plouf-plouf pour savoir qui allait mourir.La tension est palpable tout du long et il est dur de décrocher de l’écran tant la qualité y est, avec des interactions bien écrites entre les personnages. En même temps, je reste perplexe, car la série ne s’annonçait pas trop comme une invasion de zombies au départ : leur mythologie était plus complexe que cela quand même. Désormais, Paul est simplement devenu une arme capable de tuer les morts et même les relations sont prévisibles. Alors certes, ça fonctionne très bien, et bien mieux que (FearThe Walking Dead d’ailleurs, mais j’ai l’impression d’un potentiel perdu en cours de route. Et pourtant, je ne vois pas trop non plus vers quoi d’autre ils auraient pu se diriger. Bref, autant dire que je suis juste chiant et que j’ai savouré l’épisode, alors je devrais arrêter de me plaindre et me jeter sur la fin de saison, malgré ma peur d’une fin ouverte. De toute manière, je n’ai plus trop le choix.

06.pngÉpisode 6 – 18/20
Well, that reaction I wasn’t expecting

Les enjeux étaient plutôt bien cernés par l’épisode précédent et cette dernière heure prend la forme d’un compte à rebours vers les visions de Paul et de la fin du monde. Paul cherche un moyen de sauver le monde sans avoir à tuer les morts (oh l’ironie) car il ne veut pas être un tueur. Il aurait mieux fait de protéger sa famille car Neil décide de s’en prendre à eux. Désespéré et fou à l’idée que Paul refuse de l’aider, il entend lui faire prendre conscience des choses en menaçant de tuer Jay. Sauf qu’il la tue. Putain d’anglais ! Il a la bonne idée d’enfermer Anna et Mac ensemble cela dit, ce qui tombe bien car les deux se sont beaucoup rapprochés dans l’épisode précédent. Sarah, elle, découvre les problèmes de son nouveau statut et s’en prend à un John déjà déstabilisé pour avoir des informations, alors qu’elle a à son tour des visions. Bizarrement, il y a moins de tension dans cet épisode que dans le précédent, même si elle finit par arriver lors de la confrontation entre Neil, John et Paul. J’ai aimé le soin que les scénaristes ont pris à apporter une fin à tout le monde dans le casting principal, surtout Mark qui termine donc avec Vicky. C’est moins vrai des parents, mais ce n’est pas la chose qui va me torturer non plus. Le but de cet épisode était bien de boucler la boucle, avec un retour au centre commercial désaffecté du pilot, qui me paraît dater d’il y a des années alors que j’ai pourtant enchaîné les six épisodes en une seule soirée (oh, le manque de sérieux). Les ailes de Paul réapparaissent donc pile au bon moment après une intervention tout aussi bien sentie de Sarah. Finalement, et contrairement à ce que je disais à l’épisode précédent, la mythologie de la série explose dans ce merveilleux épisode conclusif. Ils auraient pu choisir une vraie fin en faisant en sorte que Neil se trompe, mais non, la fin sera ouverte sur fond d’apocalypse, une autre des grandes modes anglaises. J’aurais adoré avoir une saison 2 sur l’apocalypse mais, en même temps, force est de constater que la série fonctionne bien sur ces six épisodes, sans avoir nécessairement besoin de plus.

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EN BREF – Difficile de ne pas employer le mot coup de cœur quand il faut parler de The Fades. La série se dévore hyper vite et l’on fait vite abstraction de ces défauts, qui n’en sont pas vraiment : le décalage de ton est purement anglais et on ne peut pas faire autrement que de l’accepter dès le premier épisode. Je n’ai pas insisté assez, je trouve, au sein de mes critiques sur l’énorme talent du casting : ce n’est pas un hasard si trois d’entre eux ont vu leur carrière exploser aux USA par la suite. Les prestations de Natalie Dormer et Ian de Caesteker dans le dernier épisode sont particulièrement marquantes à cet égard et contribuent aux critiques positives sur la série. Il est vraiment dommage que celle-ci ne soit pas plus connue, car elle gagne à être vue, c’est un vrai petit bijou. Dommage, il faudra faire sans suite et cantonner à imaginer la suite, comme avec tant de séries britanniques. C’est frustrant, mais au moins, les conclusions apportées sont satisfaisantes.

Containment : une expérience réussie

Commande de 13 épisodes de la CW, la saison 1 a été annoncée comme un tout dès le mois de juin, sans lui laisser le temps de s’installer pour autre chose. C’est donc un one-shot dans lequel s’est lancé le network et je l’ai assez vite considéré comme une expérience d’écriture. J’aurais bien aimé la voir se prolonger sur une saison 2, mais puisqu’elle est terminée, parlons-en un peu et sans spoiler ! Si vous ne l’avez pas encore vue, j’espère que cet article saura vous convaincre d’y jeter un œil 🙂

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Bon, déjà, ça raconte quoi ? Containment raconte les débuts d’une épidémie éclatant au beau milieu d’Atlanta et imposant très rapidement la mise en place d’une zone de quarantaine importante. La ville est alors divisée par un « cordon » : le centre est en quarantaine avec une maladie mortelle qui se propage rapidement et le reste du monde, en-dehors, a les yeux braqués sur eux avec l’espoir de trouver un vaccin. Évidemment cette affaire de cordon sépare la population, les couples, les familles…

C’est fait pour qui ? Contrairement aux apparences (et surtout à la chaîne, CW), la série n’est pas uniquement faite pour les adolescents, même si ça leur plaira sûrement. C’est fait pour tous les amateurs de chaos, d’ambiance apocalyptique, de virus, mais aussi de politique. Si, si. La série reproduit assez justement plusieurs atmosphères différentes qui lui offre une forme hybride, comme la grippe qui frappe ses personnages.

Et en détails ? La critique de chaque épisode est disponible par ici.

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Cette commande de treize épisodes semble être un peu une expérience pour la chaîne qui se lance ainsi dans la mini-série d’été et semble vouloir dépasser le simple cadre adolescent qui la caractérisait depuis un moment. En effet, Containment semble vouloir jouer un peu plus dans la cour des grands que ce à quoi nous a habitué la chaîne avec des séries comme Smallville. Il s’agit bien sûr d’une évolution logique après une décennie, mais il est tout de même agréable de la découvrir !

Une intrigue vue et revue ?

Oui, définitivement. Il est impossible de mentir là-dessus, le début n’a rien d’original et joue sur des peurs assez vielles, remises en avant par la grippe aviaire d’il y a quelques années. Côté série, ce n’est pas non plus une grande innovation… Je pense bien sûr à Helix, qui était certes plus du côté de la science-fiction, mais ça remonte loin ; un épisode de la saison 1 d’X-Files partait quand même de ce postulat de base, hein !

La différence avec une série aussi vieille qu’X-Files est bien sûr que la série va jouer sur des peurs contemporaines, à commencer par celle du terrorisme. Nous ne sommes toutefois devant un nouveau Quantico et le but n’est pas d’aller créer une ambiance anxiogène grâce au terrorisme, bien au contraire même. Assez vite, le complot semble plus vicieux que ce qui nous est présenté au départ et il est facile de se prendre au jeu en tant que téléspectateur.

Quant aux dramas, ils sont classiques : on a le couple qui se retrouve séparé, l’ado enceinte qui ne sait pas quoi faire, le flic au grand cœur qui est débordé par les événements, la maîtresse d’école coincée en quarantaine avec sa classe, la nana d’apparence froide et calculatrice qui doit gérer la crise… Vraiment, le pilot nous présente une galerie de personnages assez clichés avec des acteurs tous beaux et apparemment lisses.

Et pourtant, assez vite, les acteurs se dévoilent, les rôles se découvrent comme plus complexes que d’habitude, l’intrigue s’écarte des chemins habituels et des téléfilms de seconde partie d’après-midi sur M6. Vraiment. Quelques surprises se cachent tout au long de la saison, transformant une histoire que l’on pensait connaître en quelque chose d’un peu différent.

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Un divertissement efficace

 Pourtant, assez vite, la série s’avère jouer avec les attentes de ses spectateurs. Il y a d’abord une chronologie un peu éclatée : la série (et le générique) commence par une scène d’émeute qu’il faudra attendre pendant encore plusieurs épisodes. Cela nous permet de se poser pas mal de questions dès le départ sur le sort des personnages et ce qui les conduit à la situation dans laquelle nous les avons vus pour la première fois. Ce jeu de chronologie est devenu très habituel depuis LOST et a été maîtrisé à merveille par How to get away with murder, mais il n’empêche que ce premier jeu suffit à intriguer le téléspectateur.

L’efficacité vient aussi de quelques épisodes spéciaux : des huis-clos ou des émeutes, la série sait proposer des épisodes qui bouleversent la structure habituelle des quarante minutes. Bien qu’un fil rouge évident de recherche de vaccin se dégage de l’ensemble des épisodes, chaque personnage se voit confier ses propres attentes et intrigues qui avancent (ou non) dans des épisodes fermés. Containment n’est évidemment pas un procedural, mais chaque volet de cette saison se propose de résoudre un problème en 40 minutes. C’est ce qui permet d’être assez vite accrocher.

L’article reste sans spoiler, mais il me faut bien en parler un peu : la fin de la série est ouverte. Attention, il ne s’agit toutefois pas d’une ouverture insupportable, bien au contraire. Si une saison 2 serait la bienvenue pour examiner les conséquences de ce qui est du coup la fin de la série, les treize épisodes forment un tout assez cohérent et complet. Il faut considérer le voyage plutôt que la destination, ne pas s’attendre à voir tous les problèmes résolus. Le parti pris est de conclure les intrigues concernant les personnages : chacun suit un chemin et évolue. La trame de fin ne sera pas résolu après ces treize épisodes, mais tout sera satisfaisant du point de vue des personnages. La série étant de plus composée de scènes marquantes, c’est largement suffisant.

En conclusion, la CW semble s’être offert avec Containment une sorte d’expérience de ce qu’elle peut désormais proposer à ses téléspectateurs. Je l’ai déjà dit souvent de The 100, mais il semble de plus en plus évident que la chaîne souhaite s’écarter de son étiquette adolescente pour proposer des divertissements plus adultes qui ne tombent pas pour autant dans l’excès de sérieux et de nudité des productions à la mode. Un bon compromis qui permet à Containment d’être un divertissement qui ne révolutionne rien, mais qui est sacrément agréable à dévorer !