Épisode 5 – Genre – 16/20
C’est la première fois, je crois, que j’ai tant de mal à accrocher à un épisode de la série : j’ai eu l’impression de ne jamais tout à fait rentrer dedans, probablement à cause de son jeu sur les genres. Pourtant, il y avait de très belles idées et une réalisation vraiment incroyable encore cette semaine. Les producteurs retrouvent des thèmes qui leur sont chers et qui étaient sous-exploités jusque-là dans la série… D’un côté, ça donne l’impression qu’on avance à grands pas vers la fin, d’un autre côté, j’ai l’impression que ça casse quelque peu l’originalité de la série.
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Spoilers

Mon frère était sui generis. Il était son propre genre.
Genre on est déjà au milieu de la saison ? Ouais, genre, comme le titre de l’épisode, exactement. Et genre, ça parle en français dès le début. C’était inévitable avec un nouveau méchant qui est français. Enfin, méchant, je ne sais pas trop : c’est un humain après tout… Un humain avec une histoire de fou, bien triste : après la destruction de Paris, il ne restait plus une personne qui avait entendu parler de lui et son frère.
C’est grâce à ce dernier qu’il a survécu, grandissant dans un monde courant à sa perte – une intrigue d’autant plus gênante qu’elle s’appuie sur des images d’archives plutôt que sur de la fiction. Face à tout ce chaos, ils ont décidé ainsi de créer un nouveau monde, avec un nouveau Dieu. Et c’est ainsi qu’est venu au monde le fameux robot qui intéresse Dolores depuis le début de saison : Rehoboam. Soit.
Le but de cet épisode est de nous raconter la genèse de cette saison, et notamment la création du robot. Le grand-frère est donc celui qui a négocié la création de son intelligence artificielle -alors appelée Solomon – avec le père de Liam, le PDG d’Incite.
Il s’appelle Dempsey et il est à la tête d’une compagnie possédant déjà toutes les données du monde, alors ce n’est pas surprenant. Toutefois, il n’est pas très intéressé par le plan des frères Serac, considérant que la machine qu’ils mettent au point n’est, justement, pas au point. Il change rapidement d’avis quand les frères lui font une démonstration efficace en s’appuyant sur la Bourse et les prévisions mathématiques de leur machine capable de les faire s’enrichir bien rapidement.
Ils passent ainsi de 5 millions de dollars à cent milles, en un rien de temps. Le problème, c’est que le plan brillant des deux frères a ses limites : Dempsey est tellement intéressé qu’ils perdent le contrôle de ses demandes, alors que le frère d’Enguerrand – Jean-Mi d’après les sous-titres officiels, j’ai tellement ri – est considéré comme imprévisible par la machine… ce qui le fait devenir complétement fou.
En attendant, Dempsey encaisse de jolies sommes pendant dix ans, ignorant tout de ce dans quoi il trempait vraiment. Par crainte de son désir de pouvoir, toutefois, Enguerrand a décidé de le gérer lui aussi. Il l’invite donc dans l’hôpital psychiatrique où se trouve son frère et au-dessus duquel il a un bureau où il explique à son invité que Jean-Mi est une expérience pour lui. Ayant compris grâce aux médicaments anti-radiations de quand ils étaient petits qu’il était possible d’éditer les gens.
Dès lors, Enguerrand a créé un tout nouveau projet de vie : changer les gens pour contrôler peu à peu le futur. C’est vrai que ça fait envie présenté comme ça. Enfin, ce n’est pas un monde comme ça qui me fait envie, c’est son pouvoir. Et ça me fait envie, mais si je l’avais, je serais bien incapable de le supporter ou d’en faire quoique ce soit. D’ailleurs, c’est le problème de Dempsey dans un dernier flashback : il est terrifié de voir qu’Enguerrand veut manipuler l’humanité quitte à tuer de potentiels « agitateurs ». Tu m’étonnes.
C’est d’autant plus un problème que Dempsey lui-même est un agitateur : dans toutes les simulations de Rehoboam, il finit par informer le grand public, ce qui mène à l’Apocalypse. C’est pour cela qu’Enguerrand décide de venir à bout de lui, et à mains nues, après avoir tué son frère et fait se crasher le jet de Dempsey pour sauver les apparences et ne pas être reconnu coupable. Et oui, c’est un vrai grand-méchant finalement.
Du français au portugais, il n’y a qu’une réplique : Enguerrand est en plein rendez-vous avec un portugais, qui s’avère au cours de la conversation être un président.
Des conflits régionaux avec des séparatistes posent toutefois problème à Enguerrand… mais ces conflits n’existent pas encore, alors ils prennent au dépourvu le président. D’accord, c’est assez clair tout ça, on finit par le savoir : avec Rehoboam, Enguerrand peut prévenir le futur ou, en tout cas, le manipuler pour faire en sorte qu’il se déroule à sa guise. Et sa guise est une petite crise économique pour le pays menant à un coup d’état, histoire d’obtenir ce qu’il voudra une semaine plus tard avec un nouveau président.
Il se barre donc du pays en jet privé, au sein duquel il apprend que ses petites affaires sont compromises plus vite que prévu par Dolores : Liam Dempsey a disparu, et c’est dérangeant pour ses affaires. Tout ça est le moyen de faire lien entre Enguerrand et le reste des intrigues de cette saison, et comme toujours avec la série, tout nous est révélé au compte-goutte et à l’envers. Sinon, ce ne serait pas drôle.
A Los Angeles, Liam est bien avec Dolores et Caleb, mais pas pour longtemps. Après une rapide confrontation avec « Lara », il comprend qu’il est foutu : elle veut juste récupérer un énième code d’accès de sa part de manière à faire tomber Serac, en gros, mais Liam n’est pas spécialement motivé par cette idée. Il décide donc de manipuler Caleb de manière s’échapper : Dolores n’est pas une proie facile, d’autant que ses lunettes connectées ne possèdent aucune information sur elle.
À l’inverse, il est rapidement capable d’obtenir l’arrière-plan de Caleb et notamment ses années à l’armée. Il lui implante alors une puce qui nous bouleverse Liam avec un petit flashback : il s’agit d’une drogue nommée « Genre » et ça, Dolores ne l’avait pas vu venir apparemment. Caleb est dans un sale état en tout cas : il finit par voir le monde en noir et blanc, donnant à la ville des allures du film Sin City. Vraiment.
En plus, on est vraiment dans l’ambiance avec des héros qui cherchent à traverser la ville mais qui sont poursuivis par d’autres voitures à cause du système de Liam. Cette fois, Dolores n’arrive étonnamment pas à se débarrasser des occupants ou à désactiver les sécurités de sa propre voiture, ce qui était tout de même étonnant.
Si l’ensemble est sympathique au niveau de l’intrigue, on entre dans de l’action pure qui change vraiment de tout ce qu’on a habituellement dans cette série. Une série où ça tire partout sans grand enjeu sur la survie des personnages, c’est dommage. Mais j’ai aimé la plaque d’immatriculation très LOST de leur voiture.
Quant à Caleb et à sa drogue Genre, j’ai trouvé le concept intéressant sans être fan de la réalisation, parce que c’était un peu gonflant de passer à la couleur au noir et blanc tous les deux plans. Que m’arrive-t-il à critiquer Westworld comme ça ? Bon, Dolores finit par reprendre le contrôle de la situation en donnant un flingue à Caleb pourtant clairement mal en point. Celui-ci est bien chanceux car personne n’arrive à le toucher malgré des tirs fournis du côté de ses opposants.
Un petit coup de bazooka plus tard, on a de magnifiques explosions de voitures ennemies et Dolores qui s’éclate à tirer sur des voitures futuristes au son d’une petite musique classique toute douce. On est très, très loin des premières saisons, tout en étant en plein dedans avec encore un mâle fou de Dolores, non ? C’est la faute de la drogue : il est désormais dans le genre romantique apparemment.
Heureusement pour Caleb, il a encore des amis capables de lui venir en aide pour le tirer d’affaire de cette fusillade périlleuse. Très rapidement nos héros et leurs deux nouveaux alliés se retrouvent ainsi dans le métro. Bien. Le métro futuriste n’a rien de très réjouissant : c’est le même qu’aujourd’hui, avec des pubs pour Incite en plus. C’est à peu près tout. En même temps, c’est le but de l’épisode de nous dire que le futur n’est pas réjouissant : prenons les nouveaux alliés de Dolores par exemple… Il y en a un qui a pour destin de mourir dans un fossé, au mieux, et l’autre qui a pour destin de voir son petit frère devenir pire qu’elle alors qu’elle lui souhaitait un beau destin.
Il n’y a pas vraiment besoin d’une machine pour savoir ça cela dit, un peu d’observation sociale suffirait. Mais bon. En tout cas, cette saison me rappelle beaucoup trop la machine de Person of Interest. C’est un peu dommage de retomber sur ce dada des producteurs, parce que ça semble très répétitifs. Et Incite n’est pas aussi cool que Finch, quoi.
Ailleurs dans Los Angeles, Bernard est escorté par Dolores dans le corps du garde du corps de Liam. Bien sûr, ce dernier a toujours un bouton pour gérer les faits et gestes de Bernard, alors il n’y a rien de bien difficile dans cette mission. Ils sont à proximité de Rehoboam et récupèrent grâce à Dolores la clé d’accès de Liam. Comme la technologie semble toutefois prendre du temps à s’attaquer à « Enguerraund » (bah alors, on ne vérifie pas le travail du stagiaire ?), Bernard en profite pour éclaircir ce qu’on avait déjà tous déduit de Dolores en Charlotte : affecter une identité à un robot du parc change ses perspectives. Vivre plusieurs vies, ce n’est pas si simple.
En vivre une seule non plus : demandez aux gens dans le métro autour de Dolores et Caleb. Chacun reçoit un message avec les prédictions de la machine pour son futur, et ce n’est clairement pas super réjouissant de savoir comment ils risquent de mourir apparemment. Il faut dire que les exemples qu’on nous montre sont terrifiants, avec une enfant destinée à se suicider ou juste un homme détesté par tous ses collègues. J’ai beaucoup aimé la scène en tout cas, surtout qu’il est révélé ensuite que le monde entier a reçu un SMS avec ses informations.
C’est bien beau tout ça, mais le simple fait de recevoir ce genre de messages change absolument toutes les données prévues. Et Dolores en est déjà à nous créer une apocalypse que l’humanité a provoqué toute seule. Mieux qu’une épidémie, mieux qu’une guerre : la réalité des données collectées par les grandes firmes capables de prévenir le futur. Charmant.
Caleb est décontenancé par sa nouvelle réalité, mais ce n’est que le début : Dolores s’interpose entre lui et deux assassins qui voulaient l’avoir par surprise. Il découvre donc qu’elle est pare-balles la madame. Quant à Liam, il est dépité de voir qu’il a tout perdu : il n’a plus d’argent, plus de données et même plus de données puisqu’Ash, l’alliée de Caleb, lui vole. C’est la goutte d’eau pour Liam qui décide donc de révéler que c’est à cause de criminels comme eux que le monde est foutu, parce que le système ne parvient pas à les changer.
Ash le prend plutôt mal et décide de tuer Liam avant de se barrer, alors que les souvenirs reviennent petit à petit à Caleb concernant l’ami qu’il a vu mourir. Clairement, on nous cache pas mal de choses concernant le passé Caleb : il est censé être le pire de tous les criminels et les flashbacks nous montrent qu’il est bien plus manipulé qu’il ne le pensait jusque-là. A priori, je dirai qu’il est l’un des cobayes d’Enguerrand, mais il faudra attendre encore pour en savoir plus.
De son côté, Bernard est sauvé de justesse par Stubbs qui maîtrise Dolores. Celle-ci, toujours dans le corps du garde du corps, justement, demande à Bernard et Stubbs de s’enfuir au plus vite : selon lui, Bernard est le seul qu’on ne peut pas remplacer et il est hors de question qu’ils tombent aux mains des français qui débarquent justement à Incite sous les ordres de Serac (qui d’autres ?).
Ce dernier débarque en hologramme pour essayer de dialoguer avec Martin, le garde du corps, mais c’est peine perdue : Dolores/Martin se suicide dans un attentat qui explose une partie du sommet d’Incite. C’est compliqué pour Stubbs de se mettre à jour de tout ce qu’il s’est passé dans cet épisode, clairement.
C’est compliqué aussi pour moi, car je ne sais pas pourquoi, j’ai eu du mal à suivre toutes les subtilités de cet épisode. Après s’être renseigné sur Dolores pendant tout l’épisode, Enguerrand se décide à lui rendre une visite en hologramme toujours, où il est révélé que c’est à elle qu’il racontait toute son histoire. Concrètement, la scène permet surtout de réaffirmer leurs différents et de nous montrer que Dolores est très heureuse de l’apocalypse qu’elle a mis petit à petit en place. Elle le réaffirme elle aussi à Caleb, lui rappelant que les gens ont le droit de savoir, tout comme lui qui voulait savoir. Et à son affirmation qu’il n’est peut-être pas comme les autres, elle répond simplement qu’elle non plus, laissant l’épisode se terminer sur une très bonne chanson : Emerge de Fischerspooner. Plus que trois épisodes pour tout conclure de cette saison, ça va être compliqué, là, elle vient juste de commencer franchement.
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