Bingewatcher The Good Wife (S01)

Salut les sériephiles,

Il y a des séries qu’on sait qu’on regardera un jour sans jamais vraiment trouver le bon moment et j’en ai une liste longue comme le bras. The Good Wife faisait clairement partie de celles-là pour moi. Elle est disponible sur Prime Video, ça faisait des années que je savais avoir envie de la voir et il aura finalement suffi que la plateforme lance le premier épisode avec son algorithme de lecture automatique pour que je m’y mette. Vingt-trois épisodes plus tard, me voilà donc à publier un article sur une série diffusée en 2009. Tout va bien.

Ça raconte quoi ?

Pour ceux qui seraient passés à côté eux aussi, The Good Wife suit Alicia Florrick, épouse d’un procureur de Chicago que l’on découvre en plein scandale politique et sexuel. Après treize années passées loin des tribunaux, elle reprend son métier d’avocate pour faire vivre ses deux enfants, tout en restant mariée à un homme qui tente, depuis sa prison, de prouver qu’il a été victime d’un complot. Chaque épisode apporte donc son affaire judiciaire, tandis que la série déroule en parallèle un fil rouge sur les conséquences du scandale, les intrigues politiques et tout ce qui se joue au cabinet.

Et comme toute bonne série, c’est sacrément addictif.

Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ?

À l’origine, The Good Wife ne me tentait absolument pas. Je crois même que les affiches avaient leur part de responsabilité : ironique pour une série qui allait s’avérer aussi intéressante dans son écriture des femmes, mais son actrice principale qui nous montre ses jambes (l’affiche ci-contre, littéralement) n’était visiblement pas la meilleure manière de me vendre le programme. Je me souviens tellement d’avoir des magazines avec ce visuel…

Quand, quelques années après, j’ai commencé à entendre beaucoup de bien de la série, le problème était devenu tout autre : je regardais déjà Suits. Deux séries judiciaires en même temps, c’était trop. C’est idiot, je sais, et c’est une excuse un peu conne car j’ai bien regardé How to get away with murder. Cela dit, c’est un peu la même raison qui fait que j’ai regardé finalement assez peu d’autres séries médicales depuis Grey’s Anatomy : quand j’ai déjà ma dose d’un genre, j’ai tendance à ne pas aller voir ailleurs, quitte à passer à côté de pépites comme The Good Wife. Oui, parce que si j’écris cet article, c’est que j’ai adoré.

Alicia Florrick est une sacrée bonne héroïne

Je comprends évidemment pourquoi la série a fonctionné aussi bien. Alicia n’a peut-être pas immédiatement l’aura incroyable que pouvait avoir une Olivia Pope dans Scandal, mais c’est justement son mélange de forces, de faiblesses et d’hésitations qui la rend rapidement attachante.

Le choix de la faire rester avec Peter après tout ce qu’il lui a fait subir est particulièrement risqué, mais ça rend la série fascinante et plus adulte. La série aurait facilement pu transformer son histoire en grande émancipation spectaculaire avec divorce, nouvelle vie et grand discours dès le pilote… Si on était sur ABC.

Sur CBS, on choisit quelque chose de beaucoup plus compliqué et, franchement, ça fonctionne. Alicia peut être excellente au tribunal, complètement perdue dans sa vie personnelle, étonnamment pédagogue avec ses enfants puis faire un choix qui me donne envie de lui demander ce qui lui passe par la tête.

Autour d’elle, le casting est tout aussi efficace. Peter m’agace énormément parce que la série ne cherche heureusement jamais à faire de lui un homme parfait : il est peut-être victime d’un complot, mais il reste coupable de beaucoup de choses. En vrai, Will m’intéresse davantage par son ambivalence. Alicia l’adore et les premiers épisodes nous le présentent justement comme l’homme parfait, avant que les avertissements sur ses méthodes et son passé commencent à s’accumuler. J’ai ensuite surtout eu envie de découvrir ses parts d’ombre… avant de le regretter un peu, parce que goujat.

Diane, en revanche, m’a demandé un peu plus de temps – la suite du paragraphe est spoiler. C’est lorsque Kalinda commence à enquêter autour de l’homme qu’elle fréquente que quelque chose se débloque pour moi : elle devient plus drôle, plus humaine et beaucoup plus intéressante. Christine Baranski est de toute façon excellente.

Kalinda, évidemment

Mon personnage préféré reste cependant Kalinda, et assez largement. Elle avait déjà beaucoup d’humour au début de la saison, le 1×04 montre vraiment ce qu’elle peut apporter à la série lorsqu’on lui donne davantage de place. J’adore ses certitudes, son efficacité, son look absolument incroyable et toutes les petites failles qui commencent progressivement à apparaître derrière son assurance.

Et à partir de maintenant, spoilers sur toute la saison 1.

Concernant Kalinda toujours, j’aime aussi énormément la manière dont sa sexualité est amenée. La série ne donne pas immédiatement toutes les réponses et laisse les informations arriver naturellement. Pour une série diffusée sur CBS en 2009-2010, je suis même assez surpris de la place accordée à sa bisexualité. Bon, le fameux baiser du final (je sais qu’il est fameux sans rien avoir à chercher) entre deux femmes filmé en ne montrant pratiquement que leurs jambes, c’est quand même du foutage de gueule. Il ne faudrait pas non plus traumatiser l’Amérique.

Kalinda est parfois sous-exploitée dans cette première saison, mais chaque épisode qui la met davantage en avant gagne immédiatement quelques points. Le 1×14, notamment, est un bonheur.

Mon autre chouchou est peut-être Cary, mais c’est plus difficile à assumer et pas forcément pour les bonnes raisons. Il fonctionne presque à l’inverse de Kalinda : il m’agace très régulièrement et je trouve ça génial. Il est faussement gentil, parfois vraiment gentil, possède un sourire beaucoup trop mignon pour son propre bien et peut passer en quelques secondes de petite tête à claques à collègue auquel on aurait envie de tout pardonner (parce que le sourire, mais va-t-il arrêter de sourire enfin ?). Son comportement dans la dernière ligne droite face à Alicia est délicieusement mesquin. J’aurais aimé qu’il digère sa défaite avec un minimum d’élégance, mais le voir finir par passer chez l’ennemi est évidemment bien plus intéressant (et prévisible) pour la suite.

Une série procédurale… que j’ai pourtant binge-watchée

Le principal défaut de cette saison vient aussi directement de son format : The Good Wife est une série procédurale. En binge-watching, enchaîner les nouvelles affaires peut devenir un brin répétitif. Il faut également survivre au défilé de juges tous plus barrés les uns que les autres, avec leurs règles impossibles et leurs exigences absurdes. J’aime beaucoup que certains reviennent, mais plusieurs m’ont donné envie de lever les yeux au ciel.

Toutes les affaires ne se valent pas non plus. Le 1×09 est probablement l’épisode qui m’a le moins convaincu : Stern y est franchement imbuvable, les associés se déchirent façon mauvais épisode de Suits, la grand-mère (que j’aime bien autrement) jette tranquillement des preuves importantes et Alicia ne croit pas une prostituée qui dit pourtant la vérité. Cette mi-saison m’a étonnamment moins plu.

À l’inverse, quand la série exploite vraiment son format judiciaire pour réfléchir à quelque chose, elle peut être excellente. Le 1×06 et sa réflexion sur la reconnaissance faciale des suspects par des témoins, biaisée notamment par la couleur de peau, fonctionne remarquablement bien encore aujourd’hui. Le simple échange des photographies en fin d’épisode suffit à rendre toute la démonstration limpide.

Le 1×10 m’a aussi beaucoup plu malgré son énorme détour autour de la femme du juge et d’une tentative assez douteuse de justifier son racisme par un supposé viol. Le retournement final et l’histoire de pots-de-vin fonctionnent parfaitement pour rétablir la course de cette intrigue. Enfin, le 1×18 avait quant à lui une excellente idée en adoptant davantage le point de vue des jurés… malheureusement parasitée par une dose de romance dont je commençais sérieusement à me passer.

Vingt-trois épisodes, de vraies intrigues et des messages : qu’est-ce que ça manque aujourd’hui !

Une amitié professionnelle simple et efficace, je veux des collègues comme ça (enfin, j’en ai, en vrai)

C’est probablement ce qui m’a le plus frappé en regardant cette saison aujourd’hui : elle possède 23 épisodes, des affaires bouclées chaque semaine, une intrigue autour de Peter qui progresse régulièrement, des personnages secondaires développés et encore suffisamment de temps pour laisser respirer tout ça. Quelle époque qui me manque, vraiment !

Le fil rouge justifie parfaitement le titre de la série et m’a réellement fait douter à plusieurs reprises. La confrontation entre Childs et Alicia dans le 1×11 fait enfin avancer franchement les révélations sur la conspiration et l’épisode se permet en plus un cliffhanger hilarant autour de l’identité supposée de la lesbienne cachée du cabinet. C’est mon fou rire série de l’année pour le moment, je crois ! Voir Diane désignée alors qu’Alicia jette un regard absolument pas discret vers Kalinda m’a fait mourir de rire.

La série sait aussi apporter de vraies réflexions sur la justice, le racisme ou l’inclusion. Elle est parfois en avance sur son temps, à un point où ça peut faire peur, d’ailleurs : elle a tout un épisode sur une caricature religieuse qui n’est pas sans rappeler Charlie Hebdo… Mais bien avant.

Il y a en plus quelque chose d’assez fascinant à voir une série de 2009 aborder certains sujets aussi frontalement. Je ne suis pas sûr que ça se ferait aussi facilement dans le climat politique actuel aux États-Unis. Cela dit, je dis tout ça, mais c’est avec tout de même une sacrée contradiction : le casting principal est incroyablement blanc. La série parle beaucoup de discriminations raciales alors qu’aucun personnage noir ne fait réellement partie du groupe principal de cette première saison. Quelques personnages prennent progressivement davantage de place autour de Peter et dans les intrigues secondaires, mais le contraste reste frappant.

Les adolescents, eux, me plaisent nettement moins. Le 1×07 est particulièrement chargé en ados écrits de manière très schématique et la copine de Zach m’a rapidement épuisé. La voir essentiellement servir à vendre du sexe, fantasmer sur Peter et pousser Zach à faire des conneries… aaaah. Heureusement, elle fait partie des (nombreux) personnages secondaires qui disparaissent en cours de saison. C’était parfois un peu agaçant de voir des persos évincés comme ça, d’ailleurs… Mais pas elle.

Le grand rendez-vous des acteurs de 2009

Regarder The Good Wife aujourd’hui apporte également un plaisir classique sur ce genre de marathon : reconnaître une guest star par épisode en moyenne. Community, Desperate Housewives, Scandal, Grey’s Anatomy… j’ai passé la saison à pointer l’écran devant des acteurs que j’ai vus ailleurs depuis.

La saison se termine même avec Amy Acker, parce qu’Amy Acker est dans le dernier épisode évidemment. Pourquoi Amy Acker apparaît-elle toujours dans le dernier épisode des saisons 1 ? Je vais vraiment finir par avoir fait le tour complet de sa filmographie, par contre. Et pfiou, ça me rend triste, parce que qu’est-ce qu’elle est parfaite. Je l’adore.

Au rang des guests que j’ai adoré, l’avocate Nyholm, enceinte pour sa première apparition, fait notamment partie de ces personnages que j’espère vraiment revoir parce qu’elle me fait mourir de rire. Et puis Elsbeth débarque, bien sûr, et éclipse tout le monde. Je ne pensais absolument pas qu’elle arrivait aussi tôt dans The Good Wife, et je viens donc apparemment de signer pour trois séries différentes simplement parce que Prime Video a décidé un soir de lancer automatiquement l’épisode 1. Comme tout le monde, je crois, je l’ai adorée dès son apparition, évidemment.

Trop de romance par contre

Ma principale réserve, notamment sur la dernière partie de saison, concerne le triangle Alicia / Peter / Will, qui finit par prendre beaucoup trop de place à mon goût. Je n’accroche pas tellement aux relations amoureuses de la série, en fait ; je ne sis pas là pour ça.

Le 1×17 résume assez bien mon problème : Alicia couche avec Peter alors qu’elle est clairement troublée par Will et j’ai beaucoup de mal à comprendre cette décision – je sais que c’est un moyen de fuir ce qu’elle ressent, mais je n’approuve pas trop ça. Julianna Margulies joue remarquablement tout ça et les hésitations d’Alicia donnent quelques scènes amusantes (le demi-tour une fois dans le parking !), mais je ne suis déjà pas spécialement client du couple Will/Alicia, alors voir ça comme ça… C’est frustrant. Prends tes décisions et agis en conséquence.

Forcément, quand le grand cliffhanger final repose sur cette relation, je suis moins emballé. Cela dit, sa demande m’a donné envie de crier « enfin ! ». Heureusement, la fin de saison a d’autres cartes à jouer. J’aime beaucoup plus ce qui se passe autour de Kalinda. C’est ce genre de choix (et de trahison, pourquoi tu fais ça Kalinda ?) qui me donne réellement envie de lancer la saison suivante : pas uniquement savoir avec qui Alicia va finir, mais voir jusqu’où tous ces personnages sont prêts à aller lorsqu’on commence à gratter derrière l’image qu’ils donnent.

Je ne parle pas assez d’Eli Gold dans cet article… Quel acteur, quel personnage dont je me méfie à fond !

En bref, c’est une excellente première saison, à laquelle je mets un solide… 17/20

La moyenne est peut-être un peu haute, je sais, mais je me suis fait avoir : The Good Wife est extrêmement bingeable. Tout n’est pas parfait. Certaines affaires sont moins engageantes, quelques personnages secondaires sont trop caricaturaux, la romance devient envahissante alors que bof et regarder autant de procedural à la suite finit forcément par produire un peu de lassitude. Pourtant, j’ai avalé les 23 épisodes avec une facilité assez remarquable, alors bien sûr que la note doit être haute !

Surtout, j’ai envie de retrouver Alicia, Diane, Will, Cary et évidemment Kalinda. J’ai envie de savoir ce que cache réellement Will, jusqu’où Peter peut aller, ce que Cary va devenir de l’autre côté et pourquoi tout Internet semblait déjà connaître Elsbeth alors que je viens à peine de la rencontrer.

Dix-sept ans pour commencer The Good Wife, donc. J’aurais peut-être pu me décider un peu plus tôt, mais je ne regrette pas de la découvrir maintenant car elle n’a rien perdu de sa superbe. Et vous, vous l’aviez regardée lors de sa diffusion ou vous l’avez découverte bien plus tard ? Surtout : quel était votre personnage préféré à ce stade de la série ? Parce que pour détrôner Kalinda chez moi, il va maintenant falloir travailler très fort – mais chut, ne me racontez rien de la suite !

Daredevil Born Again – S02E08 – The Southern Cross – 14/20

J’aime assez le terrain choisi pour la bataille finale de cette saison, parce que c’est cohérent avec le personnage de Matt Murdock. Il y a des parallèles assez évidents cette saison avec ce qu’il se passe et s’est passé aux USA et c’est intéressant de ce point de vue-là, mais je trouve quand même que l’épisode reste schématique et un brin prévisible. Les pistes ouvertes à la fin promettent toutefois une saison 3. Je me demande à quoi bon quand je vois ce qu’ils font de leur potentiel !

Spoilers 

Le procès de Karen prend une tournure inattendue pour la ville.

She didn’t need a mask, she hid behind Daredevil’s.

C’est enfin la fin de saison et bon dieu, il était temps ! Cela me déçoit d’avoir dit tant de mal d’une série que j’ai envie d’aimer. J’aime les super-héros, j’aime Marvel, j’ai envie que ce soit bien et je me retrouve malgré moi dans un hatewatch. Il y a trop de petits défauts pour que je supporte sans rien dire.

L’épisode commence pourtant plutôt bien avec une petite scène de rêve dans laquelle Matt et Karen sont tranquillement au restaurant, comme si tout était terminé et qu’ils pouvaient enfin vivre une vie normale. Évidemment que non : Matt est en réalité toujours blessé et Jessica est en train de le rafistoler. Au moins, cela explique son retour après son départ de New York dans l’épisode précédent : elle a décidé de revenir parce que la situation avec Fisk est beaucoup trop grave pour laisser Matt se débrouiller tout seul.

Celui-ci arrive donc en retard au procès de Karen, qui le pensait mort et est forcément soulagée de le voir. S’il est en retard, il est là pile à temps pour défoncer l’évaluation psychologique d’Heather. Celle-ci se ridiculise un peu, mais bon, que peut-elle faire d’autre à ce stade ? Elle assure notamment ne jamais avoir frappé Karen, ce qui est assez drôle après l’épisode précédent, et Matt s’appuie sur ses propres théories sur les justiciers pour la pousser à admettre que Karen n’avait pas besoin de masque puisqu’elle se cachait derrière Daredevil. Il lui suffit ensuite de retourner l’accusation contre Heather et de lui faire remarquer qu’elle se cache derrière l’administration Fisk. Voilà pour son expertise.

Autrement, Buck débarque dans le bureau de Fisk après son énième meurtre. Il lui confirme simplement que Daniel n’a pas livré BB et Fisk comprend très bien ce que cela signifie. Il n’a toutefois pas vraiment le temps de pleurer son employé, puisqu’il apprend que Matt a survécu. Sa priorité reste donc de régler ce problème-là et il e fait bien comprendre à son subalterne.

L’essentiel de l’épisode se déroule toutefois au tribunal, où Fisk est carrément convoqué comme témoin par Matt. Fisk est persuadé que cette décision est une forme de suicide professionnel et accepte avec grand plaisir de venir faire son petit discours sur l’ordre, la sécurité et tout ce qu’il apporte de merveilleux à New York. En parallèle, il a tout de même prévu un plan B : l’AVTF est présente en masse et un faux Bullseye est installé avec un fusil de précision pour abattre Matt. Comme ça, si le procès tourne mal, autant faire accuser Poindexter. Pas de bol, le vrai Bullseye n’a aucun mal à éliminer cet imposteur et ses collègues avant de prendre sa place. J’aime bien, même si ça aurait mérité de nous dire d’où il sort encore Poindexter et comment il a su…

Fisk doit donc faire face aux questions de Matt et j’ai beaucoup aimé leur échange, qui serait un peu pénible à résumer entièrement ici. Je ne m’attendais pas à ce que la fin de saison se déroule autant au tribunal. Il n’y a pas de grosse confrontation physique entre les deux pendant toute cette première partie, juste de la justice, des questions gênantes, des réponses interminables de Fisk et plein d’« objection » pas toujours retenues. Pour une série sur Daredevil, c’est finalement assez logique de revenir au métier d’avocat de Matt pour le grand affrontement.

La ligne de questions de Matt est assez vite évidente et déjà sous-entendue dans l’épisode précédent : pour faire tomber Fisk, Matt décide de se faire tomber lui-même. Avant ça, il diffuse toutefois le témoignage enregistré de Savva, qui confirme le trafic d’armes du Northern Star et implique Fisk. Comme Fisk continue de tout nier et que le tribunal réclame une preuve permettant de donner du poids au témoignage, Matt est capable de fournir le témoin parfait : lui-même. Il révèle ainsi publiquement être Daredevil. Puisque les mots ne suffisent évidemment pas, il fait une petite démonstration avec sa canne pour prouver qu’il est bien capable des prouesses du justicier. C’est un sacrifice énorme, mais c’est aussi la meilleure carte qu’il pouvait jouer : Daredevil était présent sur le Northern Star et peut confirmer ce qu’il s’y passait.

Le procès de Karen n’a alors plus vraiment de raison de continuer et les charges contre elle sont abandonnées. Tout est bien qui se termine bien pour Karen, un peu moins pour Matt, qui vient quand même de reconnaître publiquement des années d’activités illégales.

Jessica et la gouverneure débarquent aussi au tribunal sans crier gare pour lui apporter un soutien supplémentaire, alors que l’AVTF semblait avoir bouclé les lieux. Bon. Contrairement à ce que je pensais d’abord, elles ne sont pas là comme témoins : McCaffrey profite surtout de la situation pour annoncer à Fisk qu’elle lui retire le statut particulier du Freeport qui lui permettait de faire à peu près ce qu’il voulait sur son île. En prime, l’homme envoyé pour la tuer a survécu et peut témoigner contre lui. Disons que la journée de Fisk commence à sérieusement se gâter.

Au moment de quitter la salle d’audience, nos héros sont confrontés à l’équipe de méchants de Fisk. Matt entend Powell donner l’ordre au sniper de tirer sur lui, mais comprend aussi que le sniper n’est plus celui que Powell croit. Bullseye tire bien, seulement, ce n’est finalement pas Fisk qui prend la balle : Buck s’interpose et se fait tirer dessus. Il ne me manquera pas s’il devait mourir.

Cela mène à un petit huis clos dans le tribunal puisque Fisk ordonne aussitôt de boucler entièrement le bâtiment. Heather veut soigner Buck et réclame la veste du procureur pour le réchauffer. Celui-ci refuse parce que, vous comprenez, c’est du Canali. C’est plutôt rigolo de la voir gérer ce connard comme il le mérite, mais je n’arrive toujours pas à accrocher au revirement d’Heather en tant que méchante. D’ailleurs, quand Hochberg commence à comprendre que Fisk est foutu et propose de se barrer avec elle, Heather l’envoie chier assez violemment. Elle a vraiment choisi son camp.

Bien sûr, Fisk fait ensuite un petit discours télévisé. Une énième fois, il met New York en état d’urgence et attise la haine en ville. Il dresse un portrait négatif des justiciers et se présente encore comme le seul homme capable de sauver la ville. Au même moment, BB décide d’entrer en jeu aussi : elle révèle publiquement qu’elle est derrière City Without Fear et encourage les New-Yorkais à reprendre leur ville. Bon. On tourne en rond, je ne compte plus le nombre de scènes où toute la ville de New York semble se réunir et provoquer des émeutes anti-Fisk dans cette saison uniquement et tout le monde tombe un peu trop le masque dans cet épisode.

Cette fois, cependant, c’est efficace. Tous les persos secondaires du côté de Matt (Cherry, Mahoney et Angie Kim) se retrouvent face à l’AVTF devant le tribunal et Powell donne à un collègue, Cole North d’après le résumé officiel, l’ordre de tirer sur eux. Angela et Soledad débarquent alors pour lui rappeler ce qu’il s’est réellement passé avec Hector Ayala. Depuis tout ce temps, Cole croyait qu’Hector avait volontairement tué un policier parce que Powell le lui avait affirmé. Face aux contradictions de Powell et surtout quand celui-ci lui demande carrément d’abattre des collègues policiers (Cherry), Cole commence enfin à comprendre qu’il a été manipulé. Il refuse d’exécuter l’ordre. Powell veut donc s’en charger lui-même et Cole finit par le mettre KO avant d’ordonner à l’AVTF de laisser passer tout le monde. Plus c’est gros, plus ça passe ? Il avait déjà des doutes dans l’épisode d’avant, allez, ça passe.

La foule peut donc entrer dans le tribunal et chercher à s’en prendre à Fisk. Au même moment, le procureur général lui propose une sortie : démissionner, renoncer à sa citoyenneté, quitter New York et partir en exil en échange de l’abandon des poursuites. Sheila lui conseille évidemment d’accepter. Fisk refuse parce qu’il est Fisk et que l’idée même de ne plus être le roi de New York lui est insupportable.

Impatient de mettre un terme à tout ça, il décide donc d’aller à la rencontre de ses fans. Il n’hésite pas à utiliser toute sa force pour s’en prendre à la foule. Mourir suite à un coup de poing, ça ne donne vraiment pas envie. Fisk n’a aucun mal à traverser les premiers rangs et tue même plusieurs personnes en essayant de se frayer un chemin jusqu’à la sortie. Malheureusement pour lui, en parallèle, Daredevil, Jessica et Angela font de même avec les derniers hommes de l’AVTF qu’ils parviennent à maîtriser. Les deux camps finissent donc par se rejoindre dans le hall et une foule de New-Yorkais en rouge se jette sur Fisk. Pour le coup, même le Caïd ne peut plus faire grand-chose : ils sont trop nombreux et commencent à le massacrer au sol.

Ce n’est pas le plan de Daredevil. Une énième fois, il choisit donc de sauver Fisk. Il demande à la foule de s’arrêter parce qu’ils valent mieux que lui, puis parvient avec l’aide de Jessica à sortir Fisk du lynchage. C’est assez cohérent avec tout ce que raconte la série sur Matt depuis le début : il refuse toujours de tuer, même quand absolument tout l’encourage à le faire.

Il ne propose d’ailleurs pas vraiment un nouveau marché à Fisk : il lui demande d’accepter celui du procureur général. Soit Fisk refuse et toute cette guerre recommencera tôt ou tard, soit il accepte de partir pour offrir enfin un peu de paix à la ville qu’ils prétendent tous les deux aimer. Matt parle même de grâce, ce qui rend évidemment Fisk complètement dingue parce qu’il ne supporte pas que Matt puisse être celui qui la lui accorde. Pourtant, il est acculé : le chauve finit par capituler officiellement.

Tant qu’il sera en vie, il trouvera cependant un moyen d’être un serpent et de revenir, alors ça me soule un peu. Pourtant, après tout ça, Karen et Matt semblent vraiment penser pendant leur rencard que tout est terminé et qu’ils s’en sont sortis. Nous retrouvons ainsi une scène du début de l’épisode, fantasmée par Karen, mais pour de vrai cette fois. Ils essaient d’imaginer ce que pourrait être une vie normale à deux et c’est presque mignon.

C’est un rencard express cependant, parce que des voitures de police débarquent rapidement. Matt vient d’avouer publiquement être Daredevil, il fallait bien que ça ait quelques conséquences. Il est arrêté pour agressions, tentatives de meurtre et une longue liste de crimes commis sous le masque. L’arrestation est sympa, même si je me suis dit que le coup de ne pas se faire lire les droits, ça risquait de mener à un vice de procédure quelconque derrière. Matt et Karen ont tout juste le temps de se dire qu’ils s’aiment avant qu’il soit emmené en prison. Il fallait bien garder un cliffhanger pour la saison prochaine.

La fin consiste donc à déplacer une dernière fois toutes les pièces sur l’échiquier. L’AVTF est démantelée et plusieurs de ses membres, dont Powell et Cole, finissent derrière les barreaux. BB hérite presque symboliquement de la place de son oncle en étant accueillie au New York Bulletin. J’aime bien cette conclusion pour elle, surtout après tout le temps passé sur son intrigue cette saison… mais est-ce que ça méritera vraiment une suite ? Pas sûr.

Luke Cage rentre enfin auprès de Jessica et Danielle dans les nouveaux locaux d’Alias Investigations. J’ai envie de voir les saisons qu’il me manque sur ces personnages maintenant. Luke confirme qu’il en a terminé avec le mystérieux boulot que lui faisait faire Charles à l’étranger, parce que celui-ci a trouvé quelqu’un d’autre pour le remplacer. Franchement, il y a plein de pistes ouvertes pendant que Matt va en prison. On note particulièrement Heather qui enfile le masque de son agresseur et semble désormais prête à devenir elle-même Muse. Je ne sais pas si j’avais vraiment besoin de ça, mais enfin, soit. Charles, lui, pense probablement avoir bien géré ses affaires dans son avion… alors que son nouveau collaborateur n’est autre que Poindexter. Je ne sais pas si mettre Bullseye à son service est une idée brillante ou la pire décision de sa vie, mais ça promet.

Fisk ? Il a accepté l’exil et finit tranquillement sur une plage, seul avec le souvenir de Vanessa, pendant que Matt est dans une cellule. Y a pas de justice dans ce monde, ma bonne dame !

En bref

Cette saison 2 avait tout ce qu’il fallait pour me plaire et c’est probablement ce qui me frustre le plus quand je me rends compte que ça ne l’a pas fait du tout. Le premier épisode fonctionnait bien, la guerre contre Fisk pouvait offrir un vrai fil rouge, l’AVTF apportait des parallèles franchement intéressants avec les dérives politiques actuelles aux États-Unis et j’étais content de retrouver Matt, Karen ou les chorégraphies de combat de cet univers. Seulement, Charles, Heather, Daniel, BB, Angela, la gouverneure, le Northern Star, la résistance, les prisonniers, Vanessa, Fisk, Buck, Poindexter, Jessica… EH STOP.

C’est trop. Il y a trop de personnages, trop d’intrigues, trop de choses déconnectées les unes des autres. Avec seulement huit épisodes, ça donne une saison à la fois trop remplie qui expédie totalement ses histoires et… bizarrement lente, parce qu’elle semble constamment garder ses meilleures cartes pour plus tard.

Au moins, le dernier épisode remet enfin Matt Murdock au centre de tout ça et utilise ce qui le différencie d’un paquet d’autres héros Marvel : c’est un avocat. Pour faire tomber Fisk et sauver Karen, il choisit de révéler publiquement qu’il est Daredevil et transforme le procès en démonstration des mensonges du maire. Ce serait presque une victoire parfaite si Matt ne finissait pas en prison pour tous les crimes qu’il vient lui-même de reconnaître.

Je reste donc très mitigé. Il y a eu de très bonnes scènes, des idées que j’aime vraiment et suffisamment de personnages auxquels je tiens pour que je continue évidemment la série, mais je n’ai jamais retrouvé l’excitation que me promettait le cliffhanger de la saison 1. Même les retours de Jessica Jones et Luke Cage (si on peut dire qu’il est de retour, lui…) perdent une partie de leur impact parce qu’ils avaient été annoncés bien avant et qu’on passe la saison à les attendre. C’est dommage parce que lorsque Daredevil: Born Again se pose, elle a une excellente saison potentielle… noyée par un surplus de persos et d’intrigues mal gérés.

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