Le Parc de l’Étrange 2026 : bien plus beau en photo qu’en vrai

Salut les sériephiles,

Il y a deux ans, je vous racontais ma découverte du Parc de l’Étrange, une promenade nocturne organisée pour Halloween dans le parc de Saint-Cloud. J’en étais ressorti plutôt content et, malgré quelques réserves sur les tarifs, j’y suis retourné l’an dernier aussi, avec le même plaisir. Deux ans plus tard, j’ai eu envie de renouveler l’expérience, d’autant que j’étais encore dans l’ambiance après mon excellente journée au Parc Astérix dont je vous parlais la semaine dernière. Oui, je profite beaucoup d’Halloween cette année !

Entre-temps, le Parc de l’Étrange a changé de lieu pour s’installer au parc André-Citroën, dans le 15e arrondissement de Paris. Un changement assez radical, puisque l’on quitte le cadre naturel de Saint-Cloud pour un environnement beaucoup plus urbain… Et ce n’est pas forcément une bonne nouvelle, parce que la déco n’a pas pris en compte ce changement de cadre.

Un très joli parc… quand on choisit bien son angle !

Le premier problème du Parc de l’Étrange cette année, c’est donc paradoxalement son cadre. Le parc André-Citroën est plus grand qu’il n’y paraît au premier abord et, malgré les efforts de décoration, il y a beaucoup trop d’espace pour ce qui est proposé. On passe ainsi d’un univers à l’autre en traversant parfois de grandes zones non décorées – le pire étant à mon sens le passage d’une zone Styx à une zone où le cours d’eau continue sans décoration. C’est franchement dommage, parce que certaines installations sont vraiment superbes… mais l’impression reste qu’une grande partie du parcours n’est pas décorée ! Il y a un joli travail sur les lumières, des décors réussis, mais l’immersion peine à fonctionner sur plus de la moitié du parcours : il faut toujours un peu de temps pour se mettre dedans, mais comme on nous en sort toutes les trente secondes, ben…

L’environnement urbain n’aide pas non plus. Qu’on ne se méprenne pas, St Cloud aussi, c’est urbain… mais la ville se fait plus discrète à l’arrière-plan ou est prise en compte dans les zones immersives. À Balard (car c’est là que se trouve le parc tout aussi lointain que ne l’est celui de St Cloud finalement), on aperçoit régulièrement les immeubles parisiens autour du parc. Et le sommet de la Tour Eiffel. Comme si ça ne suffisait pas, il y a surtout ce fichu ballon Generali ! Alors, je le trouve déjà très laid en temps normal, mais quand on essaie de photographier un décor d’Halloween et qu’il apparaît en arrière-plan, c’est quand même franchement agaçant. Cela casse complètement l’immersion d’avoir une publicité géante sur toute une partie du parcours.

Ceci étant, en choisissant bien ses angles, le résultat peut être magnifique. Vraiment. J’ai pris plein de photos que je trouve superbes et vraiment dans l’ambiance d’Halloween, au point de me dire que le Parc de l’Étrange rend cent fois mieux en photo qu’en vrai. C’est con, je ne mets pas trop à jour mon Instagram dernièrement…

Des comédiens qui font toute la différence

Heureusement, l’édition 2026 possède un véritable atout : ses comédiens ! Ils sont nettement plus nombreux que lors de ma précédente visite et contribuent énormément à rendre l’expérience amusante. On sursaute parfois, on rigole beaucoup en regardant les autres se faire piéger et, évidemment, on finit particulièrement agacé parce que certains dans les visiteurs en font des caisses pour pas grand-chose.

En fait, ça m’a suffisamment sorti du truc pour que personne ne réussisse à me faire vraiment peur. Oh, certains m’ont mis mal à l’aise quand même, mais une petite photo, et hop, on n’en parle plus. Quant aux autres visiteurs, ben… Je n’ai pas mis mes boules quiès car le son n’était pas si fort, mais les hurlements ont eu raison de mes oreilles et j’ai passé la nuit avec des acouphènes. Su-per.

Cela dit, le parc n’y est pour rien – au contraire, c’est même plutôt gage de qualité de réussir à faire peur, on va dire. Fuyez les groupes d’ados quand vous les voyez, ce sont les pires à courir partout au lieu de profiter. Enfin, peut-être qu’ils en profitent davantage comme ça, remarque, je suis juste un vieux con qui vieillit mal (je l’ai déjà dit en parlant de Peur sur le parc Astérix).

L’autre bonne idée, c’est de proposer une expérience adaptée au public, avec un espace facultatif dans le parcours pour ceux qui veulent davantage de frissons. Le Parc de l’Étrange reste donc une sortie familiale, et c’est plutôt bien pensé ! Vous verrez quoi qu’il arrive des acteurs, mais ceux qui interagissent le plus ou sont les plus flippants (ah, les clowns, encore et toujours) sont à l’écart dans cette zone pour public averti !

Un final un peu décevant

Lors de mes précédentes visites, j’avais particulièrement apprécié le spectacle final, avec ses drones et ses feux d’artifice. Cette année, les feux d’artifice initialement annoncés ont finalement été remplacés par un spectacle moins convenu, nommé Les Voiles des Ombres. C’est joli comme titre.

Alors, comment vous dire ? C’est à la fois très beau, assez original et franchement… cheap. Le concept est intéressant : de grandes structures légères et lumineuses évoluent dans les airs pour composer une sorte de ballet nocturne – c’est un show de cerf-volant lumineux, quoi. Visuellement, c’est original, innovant et beau, mais je crois que trois ou quatre minutes auraient largement suffi pour en profiter. Au-delà (et ça dure 15 min quand même), le spectacle étire un peu trop une idée qui n’a pas grand-chose à montrer. Alors, oui, il y a de la fumée, des bulles, les cerf-volants qui se rapprochent. C’est beau, hein, mais ça ne fait pas un spectacle et surtout, surtout, ça n’a absolument RIEN d’Halloween, à part son titre qu’on tente de faire coller comme on peut. Dommage pour un événement centré sur cette fête…

Onéreux, mais sympa quand même

Reste la question du prix. Le Parc de l’Étrange n’est pas donné : les prix sont évolutifs selon les dates. Il est ouvert jusqu’au 31 octobre (32€90 en plein tarif pour le soir d’Halloween, contre 23€90 en semaine), et j’aurais du mal à affirmer que l’expérience justifie entièrement son tarif. C’est cher, tout simplement – comptez cinq euros de moins pour les tarifs réduits et les tarifs enfants, mais ça fait tout de suite un énorme budget pour un parcours qui dure moins d’une heure, en fait. Oui, même en comptant les 15 minutes de spectacle, je pense qu’on reste à moins d’une heure – mais là encore, ça dépend de votre degré d’immersion, si vous êtes un ado qui détale partout, ça durera peut-être 25 minutes ; si vous êtes un grand enfant qui s’arrête partout, vous vous rapprocherez peut-être de l’heure de parcours.

Par contre, je vais aussi être honnête : entre les installations, les effets, les comédiens et toute l’organisation nécessaire, je vois aussi difficilement comment proposer moins cher en plein Paris. C’est assez paradoxal, finalement, d’avoir l’impression de se faire avoir en payant cher pour un événement pas assez immersif, mais de savoir que c’est le prix que ça vaut. La vie à Paris !

On pourrait penser qu’avoir des partenaires publicitaires comme Shaun le mouton casserait un peu les prix, mais non (on remarquera aussi la fenêtre allumée du bâtiment juste derrière, histoire d’être bien immergé, hein)

En revanche, si je leur pardonne le tarif d’entrée, j’ai nettement moins de compréhension pour la restauration sur place : le rapport qualité-prix est franchement misérable, avec une nourriture assez moyenne (bon, OK, je n’ai testé que les frites, mais elles n’étaient pas bonnes) à des tarifs abusifs.

Bref, mangez avant d’y aller – ou après. Par contre, c’est chouette, le carrousel du parc est gratuit pendant l’événement. OK, vous aurez payé cher l’entrée, mais si vous avez des enfants avec vous, c’est toujours ça de pris (même si là encore… ben rien à voir avec Halloween, quoi, mais on prend ce qu’il y a à prendre là où on peut le prendre, voilà).

Dans tout ça, je suis donc un peu partagé. Je me suis amusé, j’ai apprécié les interactions avec les comédiens et j’ai trouvé certaines installations vraiment chouettes. Le Parc de l’Étrange permet de passer une soirée sympathique entre amis ou en famille, avec quelques frissons et une petite ambiance Halloween.

Est-ce que je regrette ma visite ? Non, certainement pas.

Est-ce que je vous conseillerais de vous précipiter pour acheter un billet ? Pas forcément non plus.

À vous de voir ce que vous attendez d’une telle sortie… mais j’espère que ce n’est pas une immersion complète !

Pourquoi VisionQuest est une (petite) déception ?

Salut les sériephiles,

Je crois que je me suis porté la poisse. En août dernier, dans mon article sur la D23, j’expliquais que j’avais peur d’en attendre trop de VisionQuest et devinez quoi ? J’avais raison : ce n’est pas à la hauteur de ce que j’espérais. Il faut dire qu’après WandaVision et Agatha All Along, deux énormes coups de cœur, j’avais forcément beaucoup d’espoir pour cette troisième série. Eh bien, nous voilà à la moitié de la saison et je suis un peu déçu.

On se calme tout de suite, c’est loin d’être catastrophique, mais… je ne suis pas accro, loin de là ! Et ça m’agace d’autant plus que je ne comprends pas vraiment pourquoi je n’accroche pas davantage. Enfin, j’ai bien quelques pistes, sinon, je n’écrirais pas un article, évidemment.

Trois séries, trois ambiances ?

En 2021, j’avais publié un article intitulé « C’est si bien que ça WandaVision ? » parce que je n’arrivais plus à attendre la fin de la saison pour en parler. J’étais complètement accro, je faisais des théories chaque semaine et je voulais absolument être au vendredi suivant pour découvrir ce que Marvel nous réservait. Je n’étais pas le seul dans cet état : tout le monde postait énormément sur la série, mon fil Twitter était plein de théories et images de la série. Il faut bien avoir conscience que VisionQuest est la dernière partie d’une trilogie et a été vendue comme telle – elle n’est pas une série indépendante et c’est compliqué (pas impossible, cela dit) de la regarder sans avoir vu WandaVision.

Cinq ans après WandaVision, je découvre donc VisionQuest, et je n’ai pas du tout cette impatience – impatience que je ne ressens pas non plus. Certes, les algorithmes changent et il y a un tel bordel politique que mon fil Twitter (tss, X) est parasité par plein de dingueries, mais je vois passer très peu de choses sur la série. Résultat des courses, ça fait deux semaines que la série est diffusée et je peux passer plusieurs jours sans y penser, là où il était impensable de ne pas me jeter sur WandaVision à chaque épisode. C’est quand même frustrant, non ?

Ce qui me plaisait énormément dans WandaVision, c’était son originalité. Les sitcoms, les changements de décennies, les génériques… Tout cela était génial, mais surtout, tout avait une raison d’être, qui se dévoilait peu à peu. Ces références à la télévision nous permettaient de comprendre Wanda et ce qu’elle traversait, la série avait un vrai commentaire à faire sur la télévision, tout en faisant évoluer ses personnages et en déroulant une intrigue qui fonctionnait incroyablement bien. Les personnages secondaires étaient également géniaux, évidemment.

Dans une moindre mesure, la série suivante, Agatha All Along, répondait aux mêmes codes : les différentes épreuves de la Route étaient tout aussi intéressantes pour explorer les personnages. C’était encore une fois une série complètement différente de ce qu’on avait pu voir auparavant, mais chaque épisode avait sa structure, on sentait que ça avait été écrit comme une série à épisode.

Avec VisionQuest, je retrouve des tentatives des mêmes procédés, mais pas forcément ce qui les rendait si pertinents. On passe d’un manoir anglais des années 1920 à une parodie de série policière, avec même une séance d’exorcisme informatique au passage. Pourquoi pas ? Les idées sont là, les décors sont excellents et les acteurs s’éclatent visiblement. Le problème, c’est que je ne ris pas beaucoup. Je comprends les blagues, je vois bien le détournement des codes et ce que les scénaristes essaient de faire, mais ça ne prend pas sur moi. Pire, je trouve parfois que cet humour ne correspond pas tellement aux personnages que je connaissais dans les films. Quant à la structure de la série, eh bien… Je ne sens pas une écriture qui sait qu’elle fonctionne par épisodes.

C’est ça qui est embêtant : VisionQuest reprend les procédés qui faisaient l’originalité de WandaVision, mais sans retrouver ce qui les rendait pertinents ou les codes méta qui fonctionnaient si bien. Il n’y a pas de logique structurelle quand on passe d’une simulation à l’autre ; là où Wanda et Agatha avaient chacune une structure claire. Autrement dit, VisionQuest essaie d’avoir sa propre identité et je trouve qu’elle échoue un peu là-dessus, parce qu’elle ne respecte pas autant les codes de la télé que ses deux grandes sœurs. Ce n’est donc pas tellement que je lui reproche de ne pas ressembler aux deux autres séries de la trilogie, c’est plutôt qu’elle ne réussit pas complètement à être ce qu’elle veut et devrait être pour faire partie de la trilogie.

Le problème Ultron

J’ai tellement à dire sur Ultron, mais j’ai envie de commencer par son introduction dans la série. Cela ne ressemble tellement pas à Vision d’avoir un programme informatique qui l’étiquette « asshole » ! Au-delà de ça, parce que ce n’est jamais qu’un détail, Marvel a tellement insisté sur son retour dans la promo qu’il n’y a du coup aucune surprise – ni dans sa présence, ni dans son évolution au cours des quatre épisodes. On savait qu’il serait là, on savait qu’il finirait forcément par redevenir le grand méchant et, sans surprise, c’est exactement ce qui arrive à la fin du quatrième épisode. Difficile de s’enthousiasmer pour un retournement de situation qu’on voit venir depuis le début, surtout quand Vision prend la décision complètement débile de lui laisser le contrôle de son corps hyper rapidement.

Le plus frustrant, c’est que James Spader est bon dans le rôle. J’aime bien l’idée de retrouver Ultron, son cynisme et ses petites réflexions sur les humains, mais je ne trouve pas le personnage si passionnant que ça quand il feint d’être gentil et coincé dans la tête d’un autre. Les discussions philosophiques avec Vision tournent un peu en rond, son humour ne fonctionne pas du tout sur moi et j’ai surtout l’impression que les scénaristes comptent énormément sur sa présence pour rendre les scènes intéressantes… Sauf que si j’aime le grand méchant, je n’accroche pas du tout au bouffon qu’il est dans ces épisodes (bouffon au sens « là pour faire rire », hein).

Et quand je pense à tout ce que la série aurait pu faire de plus surprenant avec les intelligences artificielles dans la tête de Vision, je trouve ça dommage qu’elle se repose autant sur lui… Jarvis, Friday ou même Edith auraient été des persos secondaires plus intéressants à développer. D’ailleurs, je m’ennuie beaucoup moins quand Jarvis et Friday sont là que quand il y a Ultron à l’écran. Edith, par contre, c’est un autre problème : j’y vois toujours Jennifer de 12 monkeys et je la trouve trop lourdingue ici pour être pleinement comique.

Heureusement, il y a Tommy

Bon, j’aime quand même la série et tous les persos secondaires ne sont pas à jeter. Ce serait plus simple si je la trouvais mauvaise, mais non. Déjà, je suis ravi de retrouver toutes ces références à l’univers Marvel, Jarvis ou le méchant Ultron notamment (j’ai hâte de voir l’épisode 5).

Surtout, il y a Tommy qui vaut vraiment le détour. Je le préférais déjà à Vision dans les comics, et ça se confirme ici. L’acteur est excellent et j’adore ce que la série construit entre lui et son père. C’est probablement là qu’elle me convainc le plus, quand elle laisse tomber les intrigues de méchants pour s’intéresser à ces deux personnages qui essaient de comprendre qui ils sont. En fait, tout le flashback de l’épisode 2 qui se centre sur lui me donne envie de suivre une série sur Tommy (et Billy) plutôt que VisionQuest.

Le problème, c’est que tout le reste me semble parfois bien plus classique et qu’une énorme partie de l’histoire de Tommy n’est pas surprenante parce qu’on a déjà suivi ce qui était arrivé à Billy. Une fois de plus et au risque de me répéter : les rebondissements sont souvent prévisibles, certaines situations se résolvent beaucoup trop facilement et j’ai du mal à m’intéresser à Paladin et sa traque. Il y a des choses intéressantes, bien sûr, mais je reste beaucoup plus convaincu par les personnages que par l’intrigue prévisible qui force certains événements de manière bien visible. Et lourde.

Cela en fait des raisons d’être déçu…

Bref, je suis partagé. Je ne vais pas faire semblant de ne pas attendre la suite : j’ai déjà envie de retrouver Tommy et de voir où la fin du quatrième épisode va nous mener. Cependant, je m’attendais à retrouver une série Marvel capable de me rendre complètement accro, et pour le moment, j’ai surtout l’impression de regarder une bonne série de super-héros – ou pire, le fameux schéma habituel du film découpé en plusieurs épisodes pour faire semblant d’être une série. Je déteste ça, car un film, ça se regarde au ciné, mince alors.

Bien sûr, l’article serait incomplet si je ne terminais pas aussi par une dernière critique que vous attendiez sûrement si vous me lisez régulièrement : je crois sincèrement que la diffusion de deux épisodes par semaine n’aide pas. J’ai vu la moitié de la saison en moins de vingt-quatre heures et je n’ai pas eu le temps de digérer comme il faut entre deux épisodes. Au-delà de ça, deux épisodes d’un coup, ça limite les théories entre les épisodes et les réflexions postées sur les réseaux sociaux. C’est dommage pour une série qui reprend justement autant de codes de WandaVision, dont j’avais adoré la diffusion hebdomadaire.

Bon, après, il reste toujours quatre épisodes pour me faire changer d’avis et me rendre aussi accro que lorsque je regardais Agatha All-Along… J’ai envie d’y croire, mais je n’ai pas aussi hâte que ce que je devrais d’être à mercredi pour les prochains épisodes.