Salut les sériephiles,
Il y a deux ans, je vous racontais ma découverte du Parc de l’Étrange, une promenade nocturne organisée pour Halloween dans le parc de Saint-Cloud. J’en étais ressorti plutôt content et, malgré quelques réserves sur les tarifs, j’y suis retourné l’an dernier aussi, avec le même plaisir. Deux ans plus tard, j’ai eu envie de renouveler l’expérience, d’autant que j’étais encore dans l’ambiance après mon excellente journée au Parc Astérix dont je vous parlais la semaine dernière. Oui, je profite beaucoup d’Halloween cette année !
Entre-temps, le Parc de l’Étrange a changé de lieu pour s’installer au parc André-Citroën, dans le 15e arrondissement de Paris. Un changement assez radical, puisque l’on quitte le cadre naturel de Saint-Cloud pour un environnement beaucoup plus urbain… Et ce n’est pas forcément une bonne nouvelle, parce que la déco n’a pas pris en compte ce changement de cadre.
Un très joli parc… quand on choisit bien son angle !
Le premier problème du Parc de l’Étrange cette année, c’est donc paradoxalement son cadre. Le parc André-Citroën est plus grand qu’il n’y paraît au premier abord et, malgré les efforts de décoration, il y a beaucoup trop d’espace pour ce qui est proposé. On passe ainsi d’un univers à l’autre en traversant parfois de grandes zones non décorées – le pire étant à mon sens le passage d’une zone Styx à une zone où le cours d’eau continue sans décoration. C’est franchement dommage, parce que certaines installations sont vraiment superbes… mais l’impression reste qu’une grande partie du parcours n’est pas décorée ! Il y a un joli travail sur les lumières, des décors réussis, mais l’immersion peine à fonctionner sur plus de la moitié du parcours : il faut toujours un peu de temps pour se mettre dedans, mais comme on nous en sort toutes les trente secondes, ben…
L’environnement urbain n’aide pas non plus. Qu’on ne se méprenne pas, St Cloud aussi, c’est urbain… mais la ville se fait plus discrète à l’arrière-plan ou est prise en compte dans les zones immersives. À Balard (car c’est là que se trouve le parc tout aussi lointain que ne l’est celui de St Cloud finalement), on aperçoit régulièrement les immeubles parisiens autour du parc. Et le sommet de la Tour Eiffel. Comme si ça ne suffisait pas, il y a surtout ce fichu ballon Generali ! Alors, je le trouve déjà très laid en temps normal, mais quand on essaie de photographier un décor d’Halloween et qu’il apparaît en arrière-plan, c’est quand même franchement agaçant. Cela casse complètement l’immersion d’avoir une publicité géante sur toute une partie du parcours.
Ceci étant, en choisissant bien ses angles, le résultat peut être magnifique. Vraiment. J’ai pris plein de photos que je trouve superbes et vraiment dans l’ambiance d’Halloween, au point de me dire que le Parc de l’Étrange rend cent fois mieux en photo qu’en vrai. C’est con, je ne mets pas trop à jour mon Instagram dernièrement…

Des comédiens qui font toute la différence
Heureusement, l’édition 2026 possède un véritable atout : ses comédiens ! Ils sont nettement plus nombreux que lors de ma précédente visite et contribuent énormément à rendre l’expérience amusante. On sursaute parfois, on rigole beaucoup en regardant les autres se faire piéger et, évidemment, on finit particulièrement agacé parce que certains dans les visiteurs en font des caisses pour pas grand-chose.
En fait, ça m’a suffisamment sorti du truc pour que personne ne réussisse à me faire vraiment peur. Oh, certains m’ont mis mal à l’aise quand même, mais une petite photo, et hop, on n’en parle plus. Quant aux autres visiteurs, ben… Je n’ai pas mis mes boules quiès car le son n’était pas si fort, mais les hurlements ont eu raison de mes oreilles et j’ai passé la nuit avec des acouphènes. Su-per.
Cela dit, le parc n’y est pour rien – au contraire, c’est même plutôt gage de qualité de réussir à faire peur, on va dire. Fuyez les groupes d’ados quand vous les voyez, ce sont les pires à courir partout au lieu de profiter. Enfin, peut-être qu’ils en profitent davantage comme ça, remarque, je suis juste un vieux con qui vieillit mal (je l’ai déjà dit en parlant de Peur sur le parc Astérix).
L’autre bonne idée, c’est de proposer une expérience adaptée au public, avec un espace facultatif dans le parcours pour ceux qui veulent davantage de frissons. Le Parc de l’Étrange reste donc une sortie familiale, et c’est plutôt bien pensé ! Vous verrez quoi qu’il arrive des acteurs, mais ceux qui interagissent le plus ou sont les plus flippants (ah, les clowns, encore et toujours) sont à l’écart dans cette zone pour public averti !
Un final un peu décevant
Lors de mes précédentes visites, j’avais particulièrement apprécié le spectacle final, avec ses drones et ses feux d’artifice. Cette année, les feux d’artifice initialement annoncés ont finalement été remplacés par un spectacle moins convenu, nommé Les Voiles des Ombres. C’est joli comme titre.
Alors, comment vous dire ? C’est à la fois très beau, assez original et franchement… cheap. Le concept est intéressant : de grandes structures légères et lumineuses évoluent dans les airs pour composer une sorte de ballet nocturne – c’est un show de cerf-volant lumineux, quoi. Visuellement, c’est original, innovant et beau, mais je crois que trois ou quatre minutes auraient largement suffi pour en profiter. Au-delà (et ça dure 15 min quand même), le spectacle étire un peu trop une idée qui n’a pas grand-chose à montrer. Alors, oui, il y a de la fumée, des bulles, les cerf-volants qui se rapprochent. C’est beau, hein, mais ça ne fait pas un spectacle et surtout, surtout, ça n’a absolument RIEN d’Halloween, à part son titre qu’on tente de faire coller comme on peut. Dommage pour un événement centré sur cette fête…
Onéreux, mais sympa quand même
Reste la question du prix. Le Parc de l’Étrange n’est pas donné : les prix sont évolutifs selon les dates. Il est ouvert jusqu’au 31 octobre (32€90 en plein tarif pour le soir d’Halloween, contre 23€90 en semaine), et j’aurais du mal à affirmer que l’expérience justifie entièrement son tarif. C’est cher, tout simplement – comptez cinq euros de moins pour les tarifs réduits et les tarifs enfants, mais ça fait tout de suite un énorme budget pour un parcours qui dure moins d’une heure, en fait. Oui, même en comptant les 15 minutes de spectacle, je pense qu’on reste à moins d’une heure – mais là encore, ça dépend de votre degré d’immersion, si vous êtes un ado qui détale partout, ça durera peut-être 25 minutes ; si vous êtes un grand enfant qui s’arrête partout, vous vous rapprocherez peut-être de l’heure de parcours.
Par contre, je vais aussi être honnête : entre les installations, les effets, les comédiens et toute l’organisation nécessaire, je vois aussi difficilement comment proposer moins cher en plein Paris. C’est assez paradoxal, finalement, d’avoir l’impression de se faire avoir en payant cher pour un événement pas assez immersif, mais de savoir que c’est le prix que ça vaut. La vie à Paris !

En revanche, si je leur pardonne le tarif d’entrée, j’ai nettement moins de compréhension pour la restauration sur place : le rapport qualité-prix est franchement misérable, avec une nourriture assez moyenne (bon, OK, je n’ai testé que les frites, mais elles n’étaient pas bonnes) à des tarifs abusifs.
Bref, mangez avant d’y aller – ou après. Par contre, c’est chouette, le carrousel du parc est gratuit pendant l’événement. OK, vous aurez payé cher l’entrée, mais si vous avez des enfants avec vous, c’est toujours ça de pris (même si là encore… ben rien à voir avec Halloween, quoi, mais on prend ce qu’il y a à prendre là où on peut le prendre, voilà).
Dans tout ça, je suis donc un peu partagé. Je me suis amusé, j’ai apprécié les interactions avec les comédiens et j’ai trouvé certaines installations vraiment chouettes. Le Parc de l’Étrange permet de passer une soirée sympathique entre amis ou en famille, avec quelques frissons et une petite ambiance Halloween.
Est-ce que je regrette ma visite ? Non, certainement pas.
Est-ce que je vous conseillerais de vous précipiter pour acheter un billet ? Pas forcément non plus.
À vous de voir ce que vous attendez d’une telle sortie… mais j’espère que ce n’est pas une immersion complète !








































