High School Musical The Musical The Series – S04E05 – Admissions – 19/20

Cette série continue de me surprendre en proposant des scènes vraiment bien écrites. Le casting est impressionnant à tous les niveaux et l’écriture me choque trop souvent par sa maturité inattendue sur une série pour ados. Après, faut pas m’en vouloir, mon point de comparaison, c’est Riverdale… Et si les twists sont parfois à la hauteur, c’est traité avec tellement plus de recul et d’évolution cohérente des personnages que… Wow. Et si vous vous demandez pourquoi ce n’est pas un 20, et bien, malheureusement, une fois de plus : les chansons. Elles sont sympathiques, mais cette saison n’est pas à la hauteur des précédentes, je trouve.

Spoilers

Il est temps pour les Wildcats de se choisir un futur et de régler leurs affaires de cœur.

Did we just have the most beautiful breakup in history ?

Bon, le cliffhanger de l’épisode précédent est vite résolu, merci la vignette Disney + ! Mais bon, tant pis, je vais reprendre la critique comme si de rien n’était, surtout que c’est littéralement la première scène de l’épisode.

Ricky & EJ | Gina | Miss Jenn & Carlos | Big Red & Ash | Kourtney

Ricky & EJ

En effet, on découvre Ricky en train de se perdre dans la fac du coin. Et comme n’importe quel débutant, il se perd juste devant un énorme panneau indiquant qu’il est exactement là où il voulait. Reste à savoir si c’est exactement ce qu’il veut ! Et pour ça, il a la chance d’obtenir l’aide d’EJ. Ouais, EJ est de retour dans la série, enfin.

Bon, malheureusement, les scénaristes n’ont pas fini de torturer le personnage avec un look absolument horrible. On découvre qu’il ne parle plus à son père, qu’il est toujours avec Val qui l’aide énormément et qu’il fait un tas de choses à la fac. Et même s’il n’est plus à Salt Lake City, il continue de faire tout ce que Miss Jenn lui dit. Forcément.

C’est pour cela qu’il accepte de venir en aide à Ricky. En aide ? Bon, il est supposé lui donner une idée de ce que c’est la fac pour décider quoi faire, mais ce n’est pas gagné. J’aime pourtant l’amitié improbable qui surgit entre EJ et Ricky dans ces scènes. Ils ont passé bien du temps à se détester, mais les voilà qui se mettent à chanter ensemble une des compositions d’EJ et… wow. Ce casting, vraiment, la série va me manquer.

Et contre toute attente, quand Ricky se met à péter un câble sur le fait que Gina est en train d’embrasser Mack sur les réseaux sociaux, EJ est encore prêt à l’écouter. Bon, là-dessus, les scénaristes font un peu un faux pas parce que ce n’était pas tellement le caractère d’EJ, mais en même temps, le passage du lycée à la fac… bien sûr qu’en deux mois on change du tout au tout et que ça peut être aussi radical.

En parallèle, les angoisses de Ricky paraissent si légitimes quand on voit ses quatre saisons à perdre des gens et à voir tous les moments de bonheur ne durer même pas un épisode que bon, on peut comprendre qu’EJ soit à l’écoute. En plus, EJ a ses regrets et j’aime beaucoup ce que ça donne en fin de journée : il explique à Ricky que s’il fait tant de choses à la fac, c’est parce que le lycée lui manque – et les Wildcats encore plus. C’était une bonne chose d’avoir EJ qui ouvre un peu les yeux de Ricky sur la merde qu’il fait quand il se cache et s’enfuit chaque fois qu’il a un problème.

C’est étonnamment mature pour une série visant les adolescents et racontant la vie d’adolescent. J’aurais aimé grandir autant au lycée et avoir de telles révélations sur la vie, mais ça vient plus tard, non ? Et c’est aussi un peu grandiloquent comme manière de faire, mais eh, c’est de la télé.

Finalement, EJ offre une de ses guitares et un câlin à Ricky qui ne comprend pas pourquoi ils n’étaient pas plus amis que ça au lycée. Mouais, bon…

Ricky & EJ | Gina | Miss Jenn & Carlos | Big Red & Ash | Kourtney

Gina

Pendant ce temps, Gina continue le tournage du film et n’a pas le temps de se poser des questions sur sa fac. Malheureusement, elle surprend aussi une conversation terrible entre Miss Jenn et le principal : ce dernier veut voir huit lycéens au cours de Miss Jenn le soir-même, ou il annulera tout le spectacle, faute de budget. Voilà qui est dit.

C’en est trop pour Gina : elle refuse de voir ça arriver, parce qu’elle veut absolument tenir sa promesse. Elle a affirmé qu’elle ferait le spectacle avec Ricky et elle compte s’y tenir. Pour cela, elle veut finir au plus vite le tournage du film pour être de nouveau disponible. Ce n’est pas évident, mais elle parvient à convaincre Quinn de speeder le tournage de ses scènes. Pour se faire, elle peut compter sur Mack : il est prêt à tout pour elle.

L’idée pour simplifier les choses auprès de Quinn : lui rappeler sa rivalité avec une autre productrice qui aurait speedé son tournage, elle. C’est excellent comme idée, parce que ça colle avec le peu qu’on connaisse du personnage de Quinn. Voilà donc qui est décidé : le tournage se passe à toute vitesse. En vrai, le script de ce HSM4 a l’air super fun, avec de l’inclusif et de l’alchimie entre ces héros. J’espère qu’on aura un aperçu de ce que ça aurait pu donner dans le dernier épisode, parce que tous les petits tournages qu’on voit là sont déjà bien marrants. Par contre, Quinn semble ravie de l’alchimie entre Gina et Mack, au point d’envisager un autre film avec.

Elle fait même la promo de ce couple sur Instagram… avant de découvrir qu’ils sont mineurs et que ce que Gina lui a demandé est impossible. Il leur reste en effet en fin de journée seulement cinq minutes pour tourner la dernière scène et les voilà qui réussissent l’impossible. Gina a en effet l’idée d’un plan séquence qui fonctionne comme par hasard très bien.

Malheureusement, Gina prend la décision de ne pas aller à la répétition de théâtre en fin de journée. Elle est libre à temps, mais sa mère débarque sur le plateau de tournage, la félicite et invite Mack à diner. Quelle angoisse ! Evidemment, Mack insiste pour que ça se fasse et Gina craque. La scène est alors super gênante, avec la mère qui insiste pour faire comprendre à sa fille que Mack est un super type pour elle.

Et elle se plante tellement sur ce que sa fille veut que ça permet de manière bien efficace à Gina d’enfin lui avouer la vérité sur sa vie, alors qu’il se met à pleuvoir des cordes dehors. Et elle fait bien de le faire : Ricky débarque ensuite sous la pluie. Bon, il a d’abord le cœur brisé et une tête de chien battu en voyant que Mack est là… mais par chance, Gina le voit sous la pluie et sort l’embrasser après lui avoir dit qu’elle a tout raconté à sa mère. C’est merveilleux. Le couple est donc enfin prêt à passer les derniers épisodes ensemble et s’embrasse au son de leur chanson – Maybe this time – sans les paroles. Très, très sympa.

Ricky & EJ | Gina | Miss Jenn & Carlos | Big Red & Ash | Kourtney

Miss Jenn & Carlos

Toujours est-il que Miss Jenn est en plein stress car le principal menace son spectacle. Carlos débarque alors au théâtre et on découvre ainsi à quoi il ressemble après s’être fait tromper par Seb : à peu de choses à vrai dire. Cela permet un peu d’humour au moins et ça les mène à un après-midi de déprime devant des films.

A une heure des répétitions, Miss Jenn se retrouve donc à prendre conscience qu’ils sont dans la merde. Malgré tout, elle prend le temps de réconforter Carlos et de lui faire prendre conscience qu’il est temps d’arrêter de se cacher. J’ai bien aimé la scène sur les peurs de Carlos : il a peur de savoir pourquoi Seb l’a trompé… S’il savait ! Parce que oui, à ce stade, nous on sait et au secours !

Big Red & Ash !

Mon cœur a fait un arrêt cardiaque pendant cet épisode : Big Red donne rendez-vous à Ash et… bordel, j’ai à peine reconnu l’acteur avec ses lunettes qui déforment totalement ses yeux. Cela lui donne un sacré coup de vieux aussi ! L’arrêt cardiaque n’est toutefois pas là : il annonce à Ash qu’il l’a trompée pendant l’été. Je trouvais ça lourd et répétitif comme idée après Seb, mais pas un instant je ne me suis dit que ça allait être avec Seb qu’il l’avait trompée.

J’aurais pourtant dû le voir venir, puisque Big Red avait annoncé avec un peu trop d’entrain sa bisexualité… Mais là, vraiment. Wow. Bon, après, on reste dans une série pour lycéens : se tromper n’est donc finalement qu’un petit bisou accidentel au cinéma – mais on sent que ça a duré un peu plus longtemps que prévu et que ça a fini par les perturber. Pour Seb, ça ne représentait rien… Pour Big Red, en revanche, c’était le début de la bisexualité.

La scène est magistralement écrite cependant : j’adore qu’Ash soit énervée et choquée par ce qu’a fait Big Red non pas à cause d’elle, mais à cause de Carlos. C’est Carlos qu’elle défend plus que son propre honneur, avant d’en profiter pour enfin faire son coming-out à Big Red – en parlant d’abord de Val. Elle enchaîne avec Maddox et obtient aussitôt le soutien de Big Red. Et là, vraiment, chapeau bas aux scénaristes : la réplique d’Ash résumant « la plus belle rupture de l’histoire » est un peu gnangnan, mais en vrai, ils réussissent à rendre crédible cette rupture et à la fluidifier sans que ça ne fasse d’éclat.

Big Red n’est de retour que pour cet épisode apparemment, pour l’anniversaire de sa grand-mère, et ça suffit à voir qu’il a changé et que son couple avec Ash n’a plus tellement de raisons d’être. Et pourtant, ils étaient une telle surprise ! Ils allaient si bien ensemble en saison 2 ! C’est juste suffisamment bien écrit pour que ça passe. Des lycéens matures, où va le monde ?

Et ça termine par chacun se donnant un conseil : Ash doit ainsi rappeler Maddox pour savoir ce qu’il en est de ce presque baiser qui lui donne des feux d’artifice dans le ventre et Big Red doit s’excuser auprès de Carlos.

Tout tourne mal avec ces idées malheureusement. Carlos prend évidemment très mal la révélation que Big Red a embrassé Seb – surtout qu’il ne l’apprend pas de Seb – et Ash appelle Maddox pour mieux tomber sur Madison. Aaaaah. Ils veulent que je m’arrache les cheveux. Je sais, j’en ai beaucoup, mais tout de même ! Que de cœurs brisés en fin d’épisode (heureusement que ça termine par ce magnifique plan de Gina et Ricky sous la pluie pour nous le faire oublier) !

Ricky & EJ | Gina | Miss Jenn & Carlos | Big Red & Ash | Kourtney

Kourtney

Oh, et en parallèle de tout le reste (ouais encore), on a aussi Kourtney qui visite une autre fac. Sa mère la traîne à Lewis College où elle rencontre Harper qui lui fait visiter le campus… mais… Je ne sais pas bien à quoi ça servait dans l’épisode. En revanche, dans la saison, c’est une bonne chose : il est temps que Kourtney prenne des décisions et c’est bien de la voir se faire une nouvelle amie loin d’East High.

Cela permet aussi la deuxième chanson de l’épisode, où on part sur un étonnant gospel dans la chapelle de la fac avec des étudiants parfaitement inconnus qui lui font les chœurs en étant fascinés par elle. OK, c’était vraiment déconnecté du reste de la série tout ça, mais la voix de Kourtney, wow. Et elle permet en plus un joli montage sur chaque personnage oubliant de se rendre à la répétition de Miss Jenn. La pauvre, il n’y a qu’Emmy pour s’y pointer. Au moins, Kourtney a trouvé sa place !

Par contre, HSM3 est annulé. Forcément.

Ricky & EJ | Gina | Miss Jenn & Carlos | Big Red & Ash | Kourtney

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Twisted Metal – S01E03 – NTHLAW1 – 17/20

L’histoire se révèle davantage, avec un épisode qui prend le temps d’élargir sa mythologie de tous les côtés et des personnages qui se connaissent de mieux en mieux – et qu’on connaît de mieux en mieux. L’équilibre est trouvé, l’humour est plutôt bon, l’ambiance post-apocalyptique bien dosée. Ce ne sera pas la série de l’année, mais franchement, ça fonctionne très bien sur moi. Content de m’être motivé à y jeter un œil – j’hésitais vraiment à l’origine.

Spoilers

John et Quiet sont arrêtés.

Look, this mouth has gotten me out of a lot of sticky situation.

Apocalypse | L’interrogatoire | La torture | Stu

Apocalypse

Il y a moyen de bingewatcher et je n’ai pas envie de m’arrêter après le deuxième épisode. Je continue donc avec le troisième épisode qui commence par un flashback en 2002 où un flic s’arrête pour parler à deux adolescentes rebelles s’apprêtant à fumer des cigarettes. Bon, 2002, c’est pas l’éclate niveau mode et harcèlement de rue, hein. Au moment où elle appelle sa mère soi-disant avocate pour se débarrasser de ce flic collant et un brin harceleur, l’adolescente est étonnée de découvrir que son portable ne fonctionne plus. Les écrans s’arrêtent tous autour d’eux et on comprend que c’est le début de l’apocalypse.

Celle-ci se déroule à toute vitesse : tous les écrans lâchent, les distributeurs balancent des billets gratuitement et… la NASA balance des missiles tout aussi gratuitement. Oups. C’est une apocalypse plutôt fun, mais je ne m’attendais pas à autre chose de la série. Et nous voilà donc avec l’agent Stone qui se demande comment survivre à cette apocalypse.

Et autant dire qu’il ne trouve pas la réponse tout seul. Il faut d’abord qu’il se fasse braquer par sa voisine enceinte et son copain amateur de ses magazines porno pour qu’il prenne conscience que le monde comme il le connaissait est terminé. Pour autant, quand un autre voisin vient lui demander de l’aide et joue avec ses sentiments, Stone se reprend : il vole les décorations et titres de son père, l’agent Stone, et accepte de venir en aide pour reprendre le contrôle d’une ville qui part en cacahuète. Cela ne semble pourtant pas très évident quand il se retrouve à devoir faire face à des terroristes armés dans le restaurant du voisin pris d’assaut.

Heureusement pour lui, les terroristes sont juste des pères de familles gentils qui veulent voler de la nourriture pour nourrir des enfants. Ils vont vite le regretter par contre : l’Agent Stone n’arrive pas à avoir autorité sur eux puisqu’il n’est qu’un flic de supermarché. Tourné au ridicule par un des pères de famille, il finit par s’énerver et tirer. Et bim, il tue tous les pères ensuite, avant de leur reprocher : ils n’avaient qu’à ne pas enfreindre la loi après tout.

Apocalypse | L’interrogatoire | La torture | Stu

L’interrogatoire

On avait quitté nos deux héros en plein moment gênant pour eux et c’est exactement là où on les retrouve, avec nos deux héros au sol. Quiet en profite pour phaser et voir en John au sol le cadavre de son frère, ce qui n’arrange rien à la situation. Assez vite, toutefois, ils sont arrêtés par Stu et Mike qui ont ordre de les emmener au bout de la ligne violette.

On comprend vite que c’est mieux que la ligne rouge, qui semble mener à la mort – ou en tout cas à la torture. Quant à l’endroit où ils sont exactement, ça ressemble à un aéroport quand ils entrent dedans. Quiet l’identifie comme un « DMV » et on comprend assez vite que ça a pour but de leur donner un permis de circuler… sans en connaître encore la contrepartie.

En tout cas, Quiet et John sont mis dans une salle d’interrogatoire où on les abandonne assez longtemps pour que John déprime du silence de son alliée. J’aime bien l’idée de ces deux personnages complètement antithétiques, et il faut bien dire que c’est un duo efficace car les acteurs sont géniaux. J’aime bien voir cette actrice dans un nouveau rôle comme elle était l’une des rares qui me faisait accrocher à Brooklyn 99. Et côté humour de personnage silencieux, elle gère. Anthony Mackie n’est pas en reste – le gag de la paille était sympa ; j’aime comme il ne se prend pas au sérieux. On va dire que ça le change de Marvel.

En parallèle, Stu et Mike se retrouvent à fouiller Evelyn, récupérant au passage le papier toilette de John, sa photo cramée (que Stu laisse) et ses provisions de bouffe. Mike, lui, s’acharne en vain sur le coffre, tout en expliquant un peu l’origine de la situation, avec son chef qui a fait tout ce qu’il pouvait pour sauver sa ville. Par contre, et c’est bien malheureux, Mike devient un peu trop pote avec leur boss, le bras droit du flic.

Celui-ci débarque malheureusement à temps pour voir Stu avec la carte de John. Et ça semble le choquer de la voir si détaillée. Il la remet aussitôt à l’Agent Stone, le méchant flic et boss, qui se rend tout aussi vite interroger John et Quiet. Enfin, il interroge surtout John, puisque Quiet ne dit pas un mot. La scène me fait accrocher un peu plus au personnage de John, sacrément bavard, il faut bien le reconnaître, mais de manière efficace.

On comprend vite, en tout cas, que le but de l’Agent Stone est de comprendre comment John a eu une carte si détaillée de ses points de contrôle – avec une route permettant de les éviter. Il aurait mieux fait de suivre la carte, donc. Et il aurait mieux fait aussi de ne pas être avec Quiet qui n’hésite pas à cracher à la figure de l’Agent Stone.

Apocalypse | L’interrogatoire | La torture | Stu

La torture

C’était plutôt marrant, parce que ça mène à une scène où les héros se retrouvent abandonnés pour quelques heures par l’Agent Stone. Si nos deux héros continuent d’apprendre à se connaître, avec un dialogue toujours savoureux, ils sont vite rejoints par Stu et Mike, chargés du job de bourreaux. Et bordel, ça fonctionne à fond : j’ai adoré les voir tenter d’être effrayants avec de simples formulaires administratifs à remplir. En trois exemplaires.

Stu est amusant à vouloir être terrifiant sans en être capable le moins du monde, et l’acteur gère vraiment bien l’humour lié à son personnage. Quant au reste, la torture est absolument géniale : les mains attachées, la taille du stylo, Barbie Girl à fond, le teste ophtalmo ? Eh, je viens juste d’en faire un moi-même, et de remplir ce genre de formulaire (et d’écouter Barbie Girl, oui, j’avoue, c’est la mode en ce moment), alors c’est une torture qui me semble… drôlement efficace, en vrai. Pas besoin d’aller chercher de la douleur physique.

Quiet m’a bien fait rire avec son « Fuck u », les blagues suivantes aussi, en vrai. Non, vraiment, la série commence à être sacrément efficace… malheureusement, on se demande quand même bien pourquoi John protège tant que ça Bobby. Il explique que c’est parce qu’il le connaît depuis longtemps, mais bon, on n’en sait rien nous !

Quant à savoir pourquoi l’agent Stone s’acharne à la fois sur John et Quiet en même temps alors qu’elle ne sait clairement rien, ça reste un mystère. Une chose est sûre, l’Agent Stone a peur que d’autres cartes existent et il y a désormais un QG au-dessus de lui. Avant de condamner à mort Quiet et John, il révèle toutefois que le frère de Quiet s’est suicidé pour elle et qu’elle a gâché la chance qu’il lui avait donné.

C’est un moment où John apprend à la connaître vraiment, et ça marche tellement bien ! Ils se retrouvent ensuite dans une salle d’attente à attendre la peine de mort, ce qui leur permet d’avoir enfin une vraie conversation. Quiet reconnaît donc ce qu’il s’est passé avec son frère alors que John lui explique qu’il n’a aucun souvenir de sa famille.

C’est touchant, dis donc. Cela manquait un peu comme scène jusque-là et ça avait pile le bon timing pour ne pas verser dans l’ennui.

Apocalypse | L’interrogatoire | La torture | Stu

Stu

La suite est un peu trop prévisible : c’est Stu qui est chargé par le bras droit de les mener au bout de la ligne rouge. Seul. Il aurait été avec Mike, au moins, il y aurait eu un peu de suspense, mais là, il se retrouve seul avec John et Quiet. Le premier parle aussitôt autant qu’il peut pour apprendre à mieux connaître Stu et tenter de l’amadouer, et ça finit par fonctionner.

Alors que John et Quiet sont censés se suicider, ils forcent Stu à leur tirer dessus… ou à les aider à s’enfuir. Comme il est incapable de les tuer, c’est finalement ce qu’il se passe, avec de bons moments comiques (John qui ne se tait jamais ou le bonbon à la menthe pour son haleine, ça fonctionnait bien). D’autres moments sont plus dramatiques : Quiet a promis de se venger et de retrouver Stone, et c’est exactement ce qu’elle se met en tête de faire après avoir retrouvé la veste de son frère.

Malheureusement pour elle, Stone est déjà parti vers son QG. Elle l’apprend de la bouche de son bras droit qui se fait avoir comme un bleu alors qu’il était en train de se masturber. Et j’adore ce qu’elle lui dit avant de lui éclater la tronche et de le tuer de manière bien violente. J’ai même eu de la peine pour lui, parce que c’est clair que ce qu’elle dit est vrai…

Une fois que c’est fait, elle découvre sur une carte l’emplacement du QG, puis retourne auprès de Stu et John, entendant que l’alarme sonne et qu’il est désormais su par tous les gardes qu’ils se sont évadés. Et elle a du bol : John et Stu sont encore là car la voiture ne démarre pas à cause d’un problème de batterie.

C’est plutôt drôle de les voir pousser la voiture tous les trois sans que personne ne débarque dans le parking, mais ça ne l’est pas pour ce pauvre Stu qui se prend le coffre de la voiture dans la tronche quand elle démarre enfin. Ainsi, il est abandonné par John et Quiet qui n’ont pas trop d’autres choix. Le pauvre se réveille face à un Mike en colère de savoir qu’il n’est pas avec eux. C’en est fini de leur belle amitié, je crois.

À l’inverse, celle de John et Quiet semble bien partie pour durer. Dommage qu’elle soit fondée sur un mensonge : Quiet assure qu’elle veut se rendre à Topeka pour y commencer une nouvelle vie dans une ville qui serait comme celles d’antan… alors qu’on sait que c’est en fait l’emplacement du QG. Oupsie.

Apocalypse | L’interrogatoire | La torture | Stu

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Life in plastic ? Barbie’s fantastic !

Salut les cinéphiles,

Cette semaine, j’ai été confronté à un dilemme cinématographique : Barbie ou Oppenheimer ? Deux films aux antipodes l’un de l’autre, l’un nous plongeant dans l’univers rose et pailleté de la poupée la plus célèbre du monde, l’autre nous invitant à explorer les méandres sombres et complexes de la création de la bombe atomique. Mon cœur penchait pour Barbie, attiré par une campagne de communication brillamment menée qui a su éveiller ma curiosité.

Ma solution ? Voir les deux, bien sûr ! Initialement, Barbie devait ouvrir le bal dès mardi soir, mais suite à un contretemps, je n’ai pas pu me rendre à l’avant-première dans les délais. C’est donc finalement Oppenheimer qui a eu l’honneur de ma première séance de cinéma de la semaine, et de mon premier article disponible juste ici. Le lendemain, j’ai eu le plaisir de voir Barbie, un film qui m’a réconcilié avec le cinéma après les défauts du film de Nolan. Pas besoin de se demander où étaient les femmes avec Barbie, au moins !

Un monde parfait

Dans ce film, Barbie est une poupée humaine qui vit dans un monde parfait : Barbieland. Cependant, elle se retrouve dans notre monde réel après une suite d’événements, et elle y découvre qu’être unique et authentique est plus important que la perfection.

Il faut savoir que s’il était impossible de passer à côté du phénomène Barbie et de ses nombreuses opérations com, j’avais réussi à être très peu spoilé sur le film : de la bande-annonce, je ne connaissais que le plan déjà culte des pieds de Margot Robbie quittant les chaussures à talon pour rester sur des pointes, et du film, je ne connaissais que les affiches présentant Margot Robbie et Ryan Gosling. Quel plaisir de découvrir totalement le film ! Si je le dis autrement : je ne savais même pas qu’America Ferrara était au casting alors que j’adore l’actrice, j’ai donc eu mon lot de bonnes surprises très rapidement !

Barbieland m’a tout de suite enchanté, dès le début du film. On sent le détail apporté aux costumes (purée, ils sont incroyables, tous, ça donne envie de refaire sa garde-robe pour l’été… mais bon, j’ai tenté de faire les soldes pour la dernière démarque aujourd’hui, et wow, la surconsommation et les prix excessifs, ça calme), mais aussi aux décors. J’adore la manière dont les maisons ressemblent à de vraies maisons de poupées : il y a plein de détails pour nous rappeler qu’on est dans un monde de jouets ; avec des pièces minuscules, des maisons disproportionnées ou des décors en papier-peint.

Non, vraiment, on est dans un monde parfait et d’illusion peu réaliste, mais ça participe à créer une ambiance unique pour le film. J’ai lu qu’ils avaient beaucoup joué sur les proportions et les lumières, et ça ne m’étonne absolument pas. C’est une bonne idée pour donner l’impression de suivre une Barbie qui évolue dans un univers qu’on connaît – parce qu’on connaît tous l’univers de Barbie. Enfin, tous. J’avais deux grandes sœurs, difficile d’y couper !

Une construction réussie

Le film propose une structure narrative assez commune pour un voyage initiatique de ce genre, mais je n’aurais pas forcément aimé qu’il s’aventure vers autre chose. Là, on passe un vrai bon moment sans se prendre trop la tête car on devine les étapes très simplement, sans s’ennuyer pour autant.  L’idée d’une narratrice (on n’a jamais trop su qui elle était) fonctionnait très bien, surtout avec la chanson. La reprise de la chanson le second matin ? Un régal.

Tout le film m’a semblé être une suite de bonnes idées et de moments humoristiques vraiment sympathiques. Le film réussit à sortir totalement du cliché pour entrer dans une histoire originale. Il y a des défauts, bien sûr, mais dans l’ensemble, ça fonctionne tout du long. La BO est géniale – les Spice Girls pour la Weird Barbie (une si bonne idée de l’inclure, on l’a tous connue… surtout que j’étais le petit frère !), c’était si nécessaire et si bien trouvé – même si ça manque d’Aqua (on ne l’a que pendant le générique de fin), les personnages secondaires sont amusants, l’histoire a ses bons moments.

D’ailleurs, le générique de fin est vraiment à regarder, je suis encore en train de maudire, quatre jours après, tous ces idiots qui se sont levés et m’ont empêché de le regarder. Vu l’affluence en salle encore aujourd’hui pour le film (c’est dingue, c’est un raz-de-marée !), je vais attendre la sortie streaming juste pour me revoir le générique de fin. C’est faux, je reverrai probablement le film. J’ai adoré, c’était un petit bonbon acidulé et exactement ce que j’en attendais sans savoir que je l’attendais !

Y avait même de l’émotion, de la vraie, avec le personnage d’America Ferrera. Pour moi, c’est celle qui vole le film par surprise, parce que son personnage est super touchant (spoiler, mais le moment de la révélation que ce sont ses états d’âme qui affectent Barbie était grandiose) et a les meilleures répliques. On lui regrette juste de ne pas avoir une meilleure conclusion, mais c’est bien que son couple ne soit pas du tout au cœur du scénario et qu’elle existe en dehors de celui-ci. Bref, malgré une structure classique, le film s’évite des écueils !

Un casting brillant

Margot Robbie est une actrice incroyable, ce n’est plus à prouver. Même si je n’ai pas vu Harley Quinn (et si, c’est possible), je suis fan de son jeu, rien que pour sa performance incroyable dans Babylon (pour moi, elle a sauvé ce film qui n’a finalement rien marqué du tout avec le recul de quelques mois). Une fois encore, elle signe avec Barbie une prestation quasi sans fausse note. Quasi ?

La seule est volontaire car souligné par le scénario du film : non, ce n’est pas une bonne idée de caster Margot Robbie pour dire qu’elle se trouve moche et imparfaite. On sent que l’actrice s’éclate dans son rôle de Barbie stéréotypée et qu’elle aime être là pour passer son message.

Dans le même genre, Ryan Gosling s’amuse tout au long du film avec le personnage de Ken. Je suis beaucoup plus mitigé sur le personnage en lui-même, j’y reviendrai, mais l’acteur est génial. Malgré ce duo iconique, une autre tire évidemment son épingle du jeu : c’est finalement America Ferrara qui a les moments les plus marquants du film. Son discours sur ce que c’est d’être une femme en 2023 ? C’était poignant et incroyable dès la première fois, parce que la carte utilisée est celle de l’humour, mais d’un humour grinçant, qui dérange en tant que spectateur. L’actrice est géniale. Cela me donne envie de me remettre à Superstore parce que je n’ai jamais terminé la série…

Enfin, les autres personnages apportaient tous quelque chose, vraiment ; à part peut-être les Barbie et Ken sirènes… Mais franchement, toutes les poupées Barbie m’ont fait rire, les Ken étaient sympathiques (même si, bien sûr, j’ai eu mon préféré, sinon ce ne serait pas drôle), les humains apportaient une touche d’humour supplémentaire et (spoiler) même la mamie m’a intrigué juste ce qu’il fallait. Cela fonctionnait bien dans l’ensemble. Après, c’est sûr que j’ai eu plus de mal avec l’intrigue (et l’omniprésence) des Ken…

Un message ambigu

Le film est vendu comme étant là pour transmettre un message sur l’authenticité et l’unicité dans un monde de stéréotype, mais je ne suis pas sûr de l’interpréter comme cela. Barbie fait toute une quête initiatique pour en arriver à la conclusion qu’elle a envie de ne plus être un stéréotype et d’être humaine. Je comprends donc bien la scène finale qui nous prouve à quel point elle est humaine désormais, avec un gag final réussi… mais en même temps, ce gag m’a un peu dérangé suite aux discours d’America Ferrara. Finalement, Barbie se frotte à un monde où le patriarcat domine et elle ne change pas les choses, ce qui est un peu triste, surtout que ce gag final ne fait rien d’autre que l’objectifier une fois de plus en renvoyant à l’entre-jambe de la poupée devenu vagin… Je ne sais pas, ça m’a fait bizarre de finir là-dessus : oui, elle n’est plus un objet, mais eh, on la sexualise de nouveau ?

À l’inverse, Barbieland se masculinise un peu en fin de film, avec une place plus grande accordée aux Ken qui découvrent ce qu’ils veulent… Et je ne sais pas quoi penser du message final que ça nous laisse. Entre Allan qui a priori reste coincé là-bas malgré ses souffrances et Ken qui prend un temps d’écran incroyable à Barbie, est-ce qu’on est vraiment dans du Girl Power ou encore dans un film avec les mecs qui tirent tout à eux ? Bien sûr que c’est le message de nous faire comprendre que les hommes – et le patriarcat – prennent toute la place, mais même quand on en arrive à la conclusion du film, je trouve que Ken prend trop de place. Ceci étant dit, je suis fan de sa garde-robe et j’ai tellement envie de m’acheter certains articles (ce pull final est incroyable).

Il n’empêche que je n’ai rien compris à la bataille des Ken à la fin. Le plan de base des Barbie – les retourner les uns contre les autres – est excellent et est une très bonne idée, surtout quand on sort d’Oppenheimer où on voit bien jusqu’où va le ridicule des hommes et des concours de taille de b…ombes – mais finalement, elles passent d’un Ken à l’autre sans qu’on ne suive une logique, puis les Ken se retrouvent en deux camps sans qu’on ne sache trop ce qu’ils représentent. J’imagine que le flou est volontaire… mais ça mène à une scène où on ne comprend pas pourquoi ils se battent, ni pourquoi ils arrêtent de se battre, ni pourquoi il n’y a finalement que Ryan Gosling qui est en pleine crise existentielle à la fin.

Et surtout, tout ça prend un temps d’écran fou, au détriment de l’évolution de Barbie qui semble comprendre beaucoup plus vite où est sa place en dehors de sa boîte. Pour un film qui s’appelle Barbie, on passe beaucoup de temps avec ce Ken égocentrique et détestable malgré lui – tout en étant adorable.

Concernant les messages problématiques qu’il me reste à la sortie du film, il est difficile de ne pas parler également… d’Allan. Ouais, il est totalement oublié à la fin, et c’est très bien comme ça puisqu’on est là pour Barbie, mais comme il a été intégré au scénario… Ben, j’ai des questions.

Que représentait-il au juste ? J’ai eu l’impression d’un mauvais cliché des années 90 de personnage homosexuel parfois… sans que ça ne soit assumé, parce que les LGBT n’existent pas réellement dans ce film. C’est un peu dérangeant de nous vendre un Mattel de plus en plus ouvert d’esprit avec ce film, tout en nous montrant des personnages stéréotypés et macho à la direction de Mattel et aucun personnage LGBT. Je sais, je sais, j’en demande beaucoup alors que Barbie est une marque incroyablement ouverte d’esprit depuis des décennies… mais la représentation est importante ; le film le rappelle et j’ai trouvé que ça manquait. L’agenda LGBT, tout ça, tout ça…

En bref

Je recommande chaudement ce film ! Il est vraiment à voir pour se faire son avis, mais aussi pour les performances des acteurs, pour l’humour (incroyable de voir toutes les poupées que Mattel a pu mettre en vente) et pour le scénario qui est super bien écrit. Les dialogues sont savoureux, il y a de vrais bons moments (j’aurais aimé revoir la mère d’élève à l’école !) et des échanges franchement réussis… avec même certaines répliques et tournures de phrases qui me rappelaient des épisodes de Buffy. Vous ne pensiez tout de même pas que j’allais finir l’article sans en parler au moins une fois ?

Oppenheimer : trois longues heures (qui valent quand même le coup)

Salut les cinéphiles,

Cette semaine, comme tout le monde, j’étais face à un dilemme cinématographique de taille : Barbie ou Oppenheimer ? Deux films aux antipodes l’un de l’autre, l’un promettant une plongée dans l’univers rose et pailleté de la poupée la plus célèbre du monde, l’autre nous invitant à explorer les méandres sombres et complexes de la création de la bombe atomique. Ma solution ? Voir les deux, bien sûr ! Initialement, Barbie devait ouvrir le bal dès mardi soir, mais suite à un contretemps, je n’ai pas pu me rendre à l’avant-première dans les délais. C’est donc finalement Oppenheimer qui a eu l’honneur de ma première séance de cinéma de la semaine.

Un scénario éclaté…

Oppenheimer se veut, comme son nom l’indique, une exploration de la vie de J. Robert Oppenheimer, le scientifique qui a joué un rôle-clé dans la mise au point de la bombe atomique pendant la Seconde Guerre mondiale. Un sujet lourd, complexe, qui promettait une plongée dans l’une des périodes les plus sombres et controversées de notre histoire…

Christopher Nolan, fidèle à lui-même, nous propose pour cela un film inutilement compliqué. Après Tenet, j’étais content de voir qu’il s’attaquait à un sujet historique : au moins, je connaissais un peu le sujet d’origine cette fois et j’avais quelques références, j’espérais donc être moins perdu que d’habitude. C’est sa marque de fabrique de tenter de nous perdre, et ça ne manque pas cette fois encore.

Malheureusement, je ne suis pas fan de cet aspect, surtout pour un film comme celui-ci. J’ai trouvé qu’il était nécessaire d’avoir quelques connaissances préalables sur le sujet parce que le film est un bordel sans nom avec des flashbacks et plusieurs timelines présentées en parallèle, sans qu’on nous donne les dates ou les noms des personnages à chaque fois.

Disons que ça nous demandait beaucoup de concentration pour tout retenir et je n’ai pas compris l’intérêt de cette approche non-linéaire. Parfois, on a certes du noir et blanc pour nous aider à nous repérer… mais sur un premier visionnage, on oublie inévitablement ce qui était en noir et blanc ou pas deux heures plus tôt, et comme il nous reste une heure à ingérer, ça finit par être juste un sacré bordel.

Un spectateur éclaté (de fatigue)

Parfois, ça fonctionne, notamment quand des scènes sont annoncées par des effets sonores parce que le personnage s’en souvient mais qu’on ne l’a pas encore vu, mais la plupart du temps, ça fait pétard mouillé (sans jeu de mot pour la bombe H promis) car on ne sait plus quand est… quand ?

Parfois, c’est donc une catastrophe. Ainsi, la dernière scène du film est retombée un peu trop à plat parce que je n’avais pas compris qu’elle se situait après un autre moment du film où le personnage principal parle à la même personne, et c’est donc franchement dommage. Peut-être que le problème venait de moi : j’y suis allé le mercredi soir, j’avais bossé une partie de la journée, je n’étais peut-être pas assez attentif. Mais bon, il me semble quand même qu’on est, comme toujours, très peu guidé dans ce film complexe qui dure 3h… J’en suis sorti extrêmement fatigué, pour pas grand-chose.

Un petit plus, tout de même : j’étais extrêmement soulagé par le mixage du son ! Dans Tenet, je l’avais trouvé horrible (je n’ai même jamais revu le film) car j’étais obligé de lire les sous-titres tout du long : on n’entendait pas les répliques des personnages. Dans Oppenheimer, au contraire, le son est bien géré, on entend toutes les répliques et le son d’ambiance est extrêmement réussi pour glacer le sang quand il le faut.

Des performances d’acteurs remarquables

Pour autant, et c’est évident avec un film de cette envergure, tout n’est pas à jeter, loin s’en faut. J’ai passé de bons moments au milieu de ces trois heures. Bien sûr, l’acteur principal, Cillian Murphy, est tout bonnement excellent, comme tout le reste du casting. Il s’en tire vraiment bien, je trouve, et propose un rôle qui nous fait oublier tous les autres. J’ai particulièrement aimé son duo avec Matt Damon, ce dernier sachant très bien comment s’effacer pour laisser briller son collègue. Un vrai plus dans ce casting cinq étoiles.

Dans le même genre, Robert Downey Jr est méconnaissable et prouve qu’il n’a pas besoin de l’humour d’Iron Man pour être un acteur génialissime. Il est loin du personnage de Tony Stark (même s’il y a des points communs dans cette quête et soif de pouvoir), et c’est tant mieux. Cela fait du bien de le retrouver dans un rôle très différent et j’espère qu’il continuera à proposer des performances où on ne l’attend pas.

Sinon, j’étais fasciné par leur incroyable Einstein et amusé de voir débarquer Devon Bostick (il est partout où je ne l’attends pas en ce moment, après la saison 2 de Most Dangerous Game) dans le casting. Par contre, quelle déception que son rôle soit si secondaire (clignez des yeux et vous le manquerez notre acteur de The 100)… Je ne sais pas à quoi je m’attendais en même temps. J’aurais aimé le même genre de présence que Rami Malek, mais chaque chose en son temps, il aura peut-être son heure de gloire au cinéma plus tard dans sa carrière.

Où sont les femmes ?

Autrement, je suis toujours aussi amoureux de Florence Pugh (comment ne pas l’être, surtout dans ce film ?). Par contre, mon plus gros reproche, comme souvent avec Christopher Nolan, c’est l’absence incroyable des femmes et des personnages féminins, qui sont super mal écrits. Oppenheimer est présenté comme un tombeur pourtant… mais non. Il y a des occasions manquées (plein !) : la femme d’Oppenheimer (Emily Blunt) est incroyable, elle a une scène d’une efficacité redoutable (et apporte l’une des rares touches d’humour du film), mais est complètement sous-exploitée. Florence Pugh ? J’ai l’impression que son personnage n’a été écrit que pour justifier de la présence de l’actrice nue dans le film. Elle doit vraiment avoir 90% de son temps d’écran nue, poitrine à l’air. En comparaison, Oppenheimer est nu (ou torse nu) à peine trois minutes…

En 2023, un tel déséquilibre ; un film qui ne passe pas le Bechdel Test et qui, en plus, se permet de nous montrer une scène où des scientifiques sont sexistes avec une femme qui s’en défend, comme pour nous montrer que eh, c’est parce que c’est à l’époque qu’il y a si peu de femmes… c’est juste non. Franchement, c’est dommage, surtout quand le film est en concurrence avec Barbie à côté (et que ça montre à quel point le propos de ce film est juste). Je sais bien que ça se justifie et que bien sûr, il y avait une majorité de scientifiques hommes, mais comme c’est souligné dans le film, les femmes ont également eu un rôle important à Los Alamos… Cela aurait pu être sympa de nous le montrer.

Un film qui peine à captiver

Non, désolé à tous les méga-fans de Nolan et/ou de ce film, mais ils n’ont pas réussi à captiver mon attention tout du long. C’est dommage d’ailleurs, parce que je l’attendais vraiment ce film et j’espérais que ça allait être le cas. J’ai trouvé la première partie très lente et longue à mettre en place. Une fois de plus, je me répète, mais il ne me semble pas que c’était un besoin de nous introduire le film avec des flashbacks enchâssés les uns dans les autres et sans que les périodes historiques ne soient mises en place.

3h, c’est long. Il y avait de quoi fournir 3h dans le film (et même plus), mais pour que ça fonctionne, il aurait fallu que ce soit plus limpide et fluide. C’est un style, on aime ou on n’aime pas. Sur des films comme Inception, j’aimais. Sur celui-ci… Je ne vois pas le besoin de compliquer le propos et de nous provoquer des migraines…

En revanche, une fois le premier essai de bombe passé, j’ai trouvé que le film accélérait vraiment son rythme et qu’il prenait toute sa dimension majestueuse. C’était à couper le souffle par moment, c’était incroyable dans l’enchaînement et extrêmement bien monté… mais en même temps, il était temps !

Faut-il le voir au cinéma ?

Oui, Oppenheimer est un film qui mérite d’être vu, malgré ses défauts. Au cinéma ? Je vous le conseille parce qu’il est beau côté esthétique et parce que ça nous plonge vraiment dedans… Disons que ce serait plus compliqué de se motiver à rester trois heures à fond sur son canapé – et que c’est le genre de film où on prend aussi le risque de passer plus de temps sur Wikipedia que devant le film quand on le regarde chez soi.

Pour autant, avais-je vraiment besoin de dire si je le recommandais ou non ? Tout le monde ira le voir de toute manière, et ce n’est pas plus mal pour se faire son avis. C’est un beau spectacle, c’est une réflexion glaçante sur notre propre humanité et sur l’homme en général (mais on ne s’attendait pas à autre chose et ça finit même par en être creux), on en ressort avec quelques frissons et la conviction que l’Homme est un idiot. Oppenheimer offre une réflexion intéressante sur l’humanité et la science. Cependant, attendez-vous à un scénario complexe et allez-y à tête reposée. Je douille vraiment pour ceux qui en ont fait leur vendredi soir. Ou pour ceux qui y sont en ce moment, parce qu’un dimanche soir ne me paraît pas idéal non plus !