Agents of S.H.I.E.L.D. – S01E02 – 0-8-4 – 15/20

Je crois que j’aime encore plus ce deuxième épisode que le premier, même si je reste sur un 15/20 parce que faut pas déconner, c’est loin d’être parfait. C’est encore un peu lourd dans la manière de construire l’équipe et de nous faire comprendre que tout le monde doit apprendre à travailler ensemble, mais j’adore justement la manière dont c’est écrit : les équipes qui apprennent à bosser ensemble, c’est mon dada. Et puis, dès les premières minutes, il y a la musique de la série en fond et purée, je ne savais pas à quel point elle m’avait manqué.

Spoilers 

Pour sa première mission avec l’équipe, Skye accompagne Coulson et les autres au Pérou afin de récupérer un mystérieux 0-8-4.

Usually one person doesn’t have the solution. But 100 people with 1% of the solution, that’ll get it done.

Skye vient à peine de monter dans le Bus que Ward fait déjà comprendre à Coulson qu’il n’est pas ravi de sa présence. Il faut dire qu’elle a hacké le S.H.I.E.L.D. quelques jours plus tôt et qu’elle n’a absolument aucune formation, ce qui ne l’empêche pas Coulson de l’engager comme consultante. Après tout, Tony Stark aussi est consultant du S.H.I.E.L.D., alors pourquoi pas Skye ? J’aime assez que l’épisode enchaîne immédiatement avec une première mission, parce qu’il n’y a pas vraiment de temps à perdre pour voir si cette équipe peut fonctionner. Quant au name dropping de Tony Stark, c’est fou comme la série veut absolument jouer dans la cour des grands. On sent que c’est dans le contrat de bien être rattaché à l’univers des films !

Direction le Pérou, où un 0-8-4 a été découvert dans un ancien temple inca. Le terme désigne simplement un objet d’origine inconnue, ce qui laisse beaucoup de possibilités dans cet univers, mais comme le dernier, c’était le marteau de Thor, wahou, c’est excitant. On se moque de nous, vraiment, à tout survendre comme ça !

Sur place, FitzSimmons découvrent qu’en ce qui concerne ce 0-8-4, c’est simplement d’une vieille arme HYDRA alimentée par l’énergie du Tesseract et bourrée de radiations gamma qu’il s’agit. C’était un peu drôle quand ils ont tous reculé d’un pas, d’ailleurs. Je fais ma critique dans le désordre, j’en suis pas là, pardon.

L’armée péruvienne ne tarde pas à débarquer avec à sa tête Camilla Reyes, une ancienne connaissance de Coulson. Une très ancienne connaissance, même, à en juger par leurs retrouvailles. Je me souvenais juste assez de l’épisode pour m’attendre à ce qu’elle finisse par le trahir – ou alors c’est simplement hyper prévisible, parce que dès qu’elle apparaît, on sent quand même bien qu’elle ne va pas monter dans le Bus, boire un verre avec Coulson et repartir gentiment chez elle. Je n’avais pas aimé ce personnage à l’époque, je ne l’aime toujours pas aujourd’hui. C’est lourd.

Avant ça, tout le monde doit néanmoins faire équipe lorsque des rebelles attaquent le site. C’est assez chaotique et c’est précisément le problème : Ward veut donner des ordres à tout le monde, FitzSimmons ne pensent qu’à protéger leur matériel, Skye fait ce qu’elle peut et May finit par prendre les choses en main. Tout le monde survit et parvient à rejoindre le Bus avec le 0-8-4, mais personne ne fonctionne vraiment encore comme une équipe : le reste de l’épisode va bien faire en sorte de les faire devenir une équipe.

C’est lourdement souligné ensuite avec une dispute générale à bord, mais j’aime beaucoup l’idée derrière, parce que c’est hyper whedonien dans l’écriture – et parce que ça colle avec Coulson qui a déjà fait ça pour les Avengers. Chacun est compétent dans son domaine et pourtant, mis ensemble, ils sont incapables de communiquer. Coulson les laisse plus ou moins s’engueuler parce qu’il sait bien qu’ils vont devoir comprendre seuls comment faire fonctionner tout ça.

Camilla, elle, a une solution beaucoup plus simple : prendre le contrôle de l’avion et voler l’arme. L’équipe se retrouve donc enfermée dans la soute pendant que Camilla prévoit de ramener le 0-8-4 au Pérou. Et c’est là que l’épisode me plaît vraiment, parce que la résolution repose exactement sur ce qui ne fonctionnait pas jusque-là. Aucun d’entre eux ne peut sortir seul de cette situation. Fitz a ses petits drones, Simmons comprend la dangerosité de l’arme, Ward connaît la sécurité du Bus, Skye se souvient des canots de sauvetage au bon moment et May peut évidemment se libérer, puis se battre. Chacun apporte un morceau du plan et, en les mettant tous ensemble, ils trouvent une solution : c’est exactement ce que disait Skye plus tôt avec Ward. D’ailleurs, aaaah, Skye/Ward. J’ai envie de shipper quand ils partagent ce verre. Tss.

Ce n’est pas d’une subtilité folle pour un épisode 2 qui doit nous expliquer que « regardez, ils deviennent une équipe », mais ça marche super bien. Ils déclenchent l’arme pour faire exploser une partie du Bus, la dépressurisation permet d’ouvrir les portes et tout le monde peut reprendre le contrôle de l’avion. Skye parvient même à sauver Ward in extremis grâce au canot de sauvetage vu sur le prospectus de sécurité qu’il lui avait montré au début de l’épisode. La boucle est bouclée, ils ont tous servi à quelque chose et l’équipe commence réellement à exister.

Le 0-8-4 peut finalement être envoyé dans l’espace pour terminer sa course dans le soleil, ce qui paraît effectivement un peu plus sûr que de laisser traîner une arme HYDRA au Tesseract quelque part. Quand il en parle avec May, Ward accepte de s’occuper de la formation de Skye. Cette scène entre eux… Spoiler, mais effectivement, il y a déjà des petits trucs qui me font regarder Ward et May différemment. Je n’avais pas relevé ça du tout au premier visionnage.

Skye ? On pourrait presque croire qu’elle est désormais complètement intégrée au groupe. Sauf que…. Elle reçoit un message du Rising Tide et fait ce petit pas en arrière avant de répondre discrètement qu’elle est infiltrée. C’est tellement dramatique pour pas grand-chose, presque ridicule avec le recul, et en même temps… iconique. J’adore. Pourtant,

Post-générique (purée, je n’ai pas le « We’ll return in a moment » sur mes DVDs, c’est trop triste), Samuel L. Jackson en personne vient engueuler Coulson parce qu’il a déjà réussi en six jours à faire un énorme trou dans son avion flambant neuf et lui rappeler que Skye représente un risque. La scène est marrante et, en 2013, c’était forcément un énorme moyen de dire aux spectateurs : regardez, cette série compte vraiment dans le MCU ! Avec le recul, c’est presque énervant.

Ce début de saison s’est tellement appuyé sur les liens avec les films pour attirer le public qu’il a aussi créé une attente impossible à tenir. On nous balance Maria Hill dans le pilot, Fury dès l’épisode 2, des Chitauris, le Tesseract, HYDRA, … forcément que les gens attendaient ensuite que la série reste constamment branchée sur les films. Tout ça pour qu’elle finisse progressivement par s’éloigner du MCU…

> Saisons critiquées sur le blog | À ne pas manquer

Photographie promotionnelle de l’épisode — ABC Studios / Marvel Television

Agents of S.H.I.E.L.D. – S01E01 – Pilot – 16/20

Je ne vais pas faire semblant que la nostalgie n’entre pas en ligne de compte pour cette note. En vrai, c’est un très solide 15/20 auquel j’ajoute volontiers un point pour le plaisir de retrouver la série et ses personnages treize ans après. Le pilot a vieilli sur quelques détails, il présente énormément de choses en quarante minutes et certains personnages me paraissent aujourd’hui beaucoup trop jeunes pour être totalement crédibles dans leurs fonctions, mais ça reste une introduction hyper efficace à l’univers. Et surtout, j’avais oublié à quel point Agents of S.H.I.E.L.D. cherchait dès son premier épisode à s’inscrire directement dans le MCU. Ça fait plaisir à revoir.

Spoilers 

Après la bataille de New York, Phil Coulson constitue une petite équipe du S.H.I.E.L.D. pour retrouver Mike Peterson, un homme ordinaire qui vient mystérieusement d’acquérir des super-pouvoirs.

With great power comes… a ton of weird crap that you are not prepared to deal with.

L’épisode commence loin du S.H.I.E.L.D., puisqu’on découvre Mike Peterson avec son fils Ace avant qu’une explosion ne secoue un immeuble. Mike se précipite à l’intérieur et en ressort avec une femme dans les bras en utilisant une force clairement surhumaine. Il est filmé par Skye, qui appartient au Rising Tide et semble bien décidée à prouver au monde que les super-héros existent et que le S.H.I.E.L.D. cache tout un tas de choses au public. Après Avengers, ce n’est plus forcément le scoop du siècle de dire que des gens avec des pouvoirs existent, mais l’idée est plutôt de savoir combien d’autres sont encore dissimulés. C’est une scène d’intro dont j’avais oublié le côté voix off, mais à part ça, elle ne vieillit pas si mal !

Pendant ce temps, Grant Ward est en mission à Paris et… j’avais COMPLÈTEMENT oublié la Tour Eiffel dans ce pilot. Je ne sais pas comment c’est possible alors qu’elle est quand même bien visible, mais voilà l’une des premières surprises de ce rewatch, on est à Paris. Ward récupère un objet d’origine Chitauri et on comprend rapidement que s’il est très bon sur le terrain, beaucoup moins avec les gens. Maria Hill lui apprend ensuite qu’il va devoir intégrer une équipe chargée de gérer les phénomènes étranges qui se multiplient depuis la bataille de New York. Il lui parle alors de Coulson, mort, ce qui permet évidemment à ce dernier de surgir derrière lui.

L’entrée est toujours aussi cool et fonctionne. C’est assez fou de revoir le pilot aujourd’hui et de constater à quel point il s’appuie sur les films. Les Chitauris, la bataille de New York, Maria Hill, la mort de Coulson… Agents of S.H.I.E.L.D. n’essaie pas du tout d’exister dans un coin du MCU sans trop faire de bruit : au contraire, elle veut clairement être la série qui raconte ce qu’il se passe entre les films. Elle était vendue comme ça, il y a PLEIN de réfs discrètes, c’est top.

Quant à Coulson, son retour reste assez simple : il a survécu, il s’est reposé à Tahiti et c’était un endroit magique. Voilà, voilà. Je connais suffisamment la suite pour sourire à chaque fois que le sujet revient, mais le pilot sème déjà très lourdement l’idée qu’il y a un truc qui cloche dans cette histoire, avec la réplique qui revient deux fois. J’étais passé à côté au premier visionnage et je me demande comment maintenant. Ward accepte en tout cas de rejoindre cette nouvelle équipe et Coulson part ensuite récupérer Melinda May, qui travaille derrière un bureau et n’a visiblement aucune envie de retourner sur le terrain. C’est assez amusant de la revoir ainsi quand on sait ce qu’elle va devenir dans la série.

Et puis arrivent Fitz et Simmons. MON DIEU QU’ILS SONT JEUNES. C’est probablement ce qui me choque le plus dans ce rewatch pour le moment. Tout le monde paraît jeune, mais FitzSimmons particulièrement. On nous présente quand même deux scientifiques capables de comprendre à peu près tout ce que les technologies humaines ou extraterrestres peuvent leur balancer à la figure, et ils ont presque l’air de sortir du lycée. Ce n’est pas hyper crédible vu comme ça. Cela dit, leur dynamique fonctionne déjà immédiatement : ils parlent beaucoup trop vite, souvent en même temps, se complètent sans avoir besoin de réfléchir et donnent vraiment l’impression d’être un seul personnage coupé en deux. Quel plaisir de les revoir comme ça au tout début.

Il manque encore Skye à l’équipe, et elle n’a pour le moment aucune envie d’en faire partie. Elle tente plutôt de retrouver Mike Peterson, dont elle a découvert l’identité, pour le convaincre de révéler au monde ce qu’il lui est arrivé. Mike, lui, aimerait surtout que ses pouvoirs changent enfin sa vie. Il a perdu son travail, galère financièrement et veut pouvoir offrir quelque chose de mieux à son fils. On comprend assez vite qu’il ne s’agit pas d’un super-héros caché mais d’un homme qui a accepté de servir de cobaye à un projet mystérieux parce qu’il n’avait plus beaucoup d’autres solutions.

Le S.H.I.E.L.D. finit par récupérer Skye et l’embarque dans le Bus, où elle refuse évidemment de coopérer. Coulson a alors une méthode assez particulière pour gagner sa confiance : plutôt que de lui injecter le sérum de vérité qu’il menace d’utiliser, il l’injecte à Ward et la laisse lui poser les questions qu’elle veut. C’est complètement absurde comme manière de mener un interrogatoire, mais j’adore la scène parce qu’elle dit déjà beaucoup de Coulson. Il comprend que forcer Skye ne servira à rien et préfère lui prouver qu’il peut lui faire confiance. Bon, Ward apprécie un peu moins la technique. Moi, j’avais oublié alors que ça aurait dû me marquer, surtout que c’est le genre de surprise dont Joss Whedon raffole. On sent sa patte dans tout l’épisode, c’est parfois un peu lourd, mais je crois vraiment qu’il y a eu aussi des consignes d’au-dessus parfois.

Pendant ce temps, May et FitzSimmons fouillent les restes du laboratoire qui a explosé au début de l’épisode – avec plein de références à Blanche-Neige, tiens, on est sur une scène Disney. Le S.H.I.E.L.D. récupère suffisamment d’éléments pour comprendre qu’il se passe quelque chose de beaucoup plus important autour de Mike. Et là encore, j’avais oublié à quel point le MCU est utilisé dans l’intrigue elle-même : le dispositif Centipede mélange de la technologie Chitauri, des radiations gamma, le sérum du super-soldat et Extremis. En gros, ils ont pris à peu près tout ce que les films Marvel avaient présenté jusque-là et décidé de faire une soupe avec.

Le problème, évidemment, c’est que le mélange est instable. Un précédent cobaye est justement responsable de l’explosion du laboratoire et FitzSimmons comprennent que Mike risque de subir exactement le même sort. En parallèle, Mike commence déjà à perdre le contrôle. Il retourne voir son ancien employeur pour demander à récupérer son boulot, se fait rejeter et l’agresse en utilisant ses nouveaux pouvoirs. On reste dans quelque chose de plutôt schématique sur le mec qui se croit soudain tout permis parce qu’il est devenu plus fort, mais J. August Richards (je l’adore !) parvient à rendre Mike assez attachant pour qu’on ait surtout envie qu’il s’en sorte. Il veut être un héros aux yeux de son fils et se retrouve progressivement à faire exactement l’inverse.

On apprend aussi que la femme qu’il a sauvée lors de l’explosion travaille en réalité pour le projet Centipede. Elle lui fait comprendre que les gens derrière tout ça ne vont certainement pas apprécier qu’il expose ainsi leurs expériences au grand jour. Mike, lui, continue de se persuader que ses pouvoirs sont son « origin story » et qu’il peut enfin devenir quelqu’un. Forcément, ça ne va pas du tout se passer comme prévu.

Skye finit par donner son identité au S.H.I.E.L.D. pour qu’ils puissent l’aider, mais Mike la retrouve avant eux. Il assomme May, embarque Skye avec lui et l’oblige à effacer toutes les informations permettant au gouvernement de les retrouver, lui et son fils. Skye trouve heureusement le moyen de prévenir discrètement Coulson et les autres, ce qui mène tout le monde à Union Station pour le final.

Et là, l’épisode réussit plutôt bien à réunir tout ce qu’il a mis en place jusque-là. Mike devient de plus en plus instable et risque littéralement d’exploser, Skye essaie toujours de le convaincre qu’il peut être aidé, un homme envoyé par Centipede tente de le supprimer pour effacer les traces du projet, May se retrouve déjà obligée de retourner sur le terrain et FitzSimmons cherchent une manière de neutraliser Mike sans le tuer. Ward, lui, attend simplement d’avoir une cible.

Coulson refuse pourtant de considérer Mike comme une cible. Il tente de lui rappeler qu’avoir des pouvoirs ne fait pas de quelqu’un un héros et que ce sont ses choix qui comptent. C’est un discours assez classique, surtout dans une série Marvel, mais il fonctionne bien parce qu’il correspond parfaitement au personnage de Coulson – et puis, il faut bien marquer ce pilot et donner un message à la série.

Ward finit par tirer sur Mike, mais, surprise, ce n’est pas pour le tuer : le tir permet de le neutraliser et de stabiliser son état grâce à une arme mise au point par FitzSimmons. L’assassin envoyé par Centipede est également maîtrisé par May et tout le monde s’en sort. Pour une première mission, l’équipe improvisée fonctionne déjà étonnamment bien alors que la moitié de ses membres ne voulait même pas en faire partie quelques heures plus tôt. Il ne reste plus qu’à récupérer Skye. Coulson lui propose de rejoindre l’équipe et lui laisse quelques secondes pour réfléchir parce qu’une nouvelle mission les attend déjà : un 0-8-4. Et comme s’il fallait encore une dernière petite touche Marvel / espionnage / gadget avant le générique, Lola, la voiture, se met à voler.

J’avais pas oublié ça, quand même.

Photographie promotionnelle de l’épisode — ABC Studios / Marvel Television

> Saisons critiquées sur le blog | À ne pas manquer

Agents of S.H.I.E.L.D (S01)

De quoi ça parle ?

Depuis la bataille de New York, le monde sait que les super-héros existent et le S.H.I.E.L.D. a encore un paquet de choses à gérer dans l’ombre. Phil Coulson, pourtant laissé pour mort après les événements d’Avengers, est de retour et chargé de constituer une petite équipe capable d’enquêter sur les phénomènes étranges, les technologies dangereuses et les individus aux capacités inhabituelles qui commencent à se multiplier.

Ce que j’en attends

Cela fait des années que je répète à qui veut l’entendre qu’Agents of S.H.I.E.L.D. est une série géniale, que ses personnages sont extraordinaires, que son évolution est impressionnante et qu’elle mérite beaucoup plus de reconnaissance qu’elle n’en a eue. À force, il faut peut-être quand même que je la revoie pour vérifier que je continue de penser tout ça et que je ne suis pas simplement en train d’idéaliser mes souvenirs.

J’ai surtout énormément envie de retrouver les personnages. Ils me manquent, tout simplement. FitzSimmons et Skye en te^te, mais même May ou Coulson. Ou Ward, quitte à souffler fort. J’ai passé sept saisons avec cette équipe et je suis curieux de voir ce que ça fait de revenir au tout début, quand ils ne se connaissent presque pas encore et que je sais désormais tout ce qui les attend. Il n’y a pas de critiques des premières saisons sur le blog, je me dis que c’est aussi l’occasion d’y revenir !

Enfin, je suis curieux de voir comment la série a vieilli, notamment dans sa manière de s’intégrer au MCU. À l’époque, le simple fait d’avoir Coulson, Maria Hill, les conséquences d’Avengers ou des références aux films suffisait à rendre l’ensemble assez excitant. Aujourd’hui, l’univers Marvel est devenu tellement énorme et s’est tant détaché de la série que revoir cette période où tout semblait encore connecté d’une manière relativement simple risque d’être assez amusant. Ou frustrant. On verra. Bref, je ne cherche pas vraiment à savoir si je vais aimer cette saison. J’espère surtout vérifier que j’avais de bonnes raisons de l’aimer autant.

Note moyenne de la saison : –/20 

Affiche promotionnelle — ABC Studios / Marvel Television

Daredevil Born Again – S02E08 – The Southern Cross – 14/20

J’aime assez le terrain choisi pour la bataille finale de cette saison, parce que c’est cohérent avec le personnage de Matt Murdock. Il y a des parallèles assez évidents cette saison avec ce qu’il se passe et s’est passé aux USA et c’est intéressant de ce point de vue-là, mais je trouve quand même que l’épisode reste schématique et un brin prévisible. Les pistes ouvertes à la fin promettent toutefois une saison 3. Je me demande à quoi bon quand je vois ce qu’ils font de leur potentiel !

Spoilers 

Le procès de Karen prend une tournure inattendue pour la ville.

She didn’t need a mask, she hid behind Daredevil’s.

C’est enfin la fin de saison et bon dieu, il était temps ! Cela me déçoit d’avoir dit tant de mal d’une série que j’ai envie d’aimer. J’aime les super-héros, j’aime Marvel, j’ai envie que ce soit bien et je me retrouve malgré moi dans un hatewatch. Il y a trop de petits défauts pour que je supporte sans rien dire.

L’épisode commence pourtant plutôt bien avec une petite scène de rêve dans laquelle Matt et Karen sont tranquillement au restaurant, comme si tout était terminé et qu’ils pouvaient enfin vivre une vie normale. Évidemment que non : Matt est en réalité toujours blessé et Jessica est en train de le rafistoler. Au moins, cela explique son retour après son départ de New York dans l’épisode précédent : elle a décidé de revenir parce que la situation avec Fisk est beaucoup trop grave pour laisser Matt se débrouiller tout seul.

Celui-ci arrive donc en retard au procès de Karen, qui le pensait mort et est forcément soulagée de le voir. S’il est en retard, il est là pile à temps pour défoncer l’évaluation psychologique d’Heather. Celle-ci se ridiculise un peu, mais bon, que peut-elle faire d’autre à ce stade ? Elle assure notamment ne jamais avoir frappé Karen, ce qui est assez drôle après l’épisode précédent, et Matt s’appuie sur ses propres théories sur les justiciers pour la pousser à admettre que Karen n’avait pas besoin de masque puisqu’elle se cachait derrière Daredevil. Il lui suffit ensuite de retourner l’accusation contre Heather et de lui faire remarquer qu’elle se cache derrière l’administration Fisk. Voilà pour son expertise.

Autrement, Buck débarque dans le bureau de Fisk après son énième meurtre. Il lui confirme simplement que Daniel n’a pas livré BB et Fisk comprend très bien ce que cela signifie. Il n’a toutefois pas vraiment le temps de pleurer son employé, puisqu’il apprend que Matt a survécu. Sa priorité reste donc de régler ce problème-là et il e fait bien comprendre à son subalterne.

L’essentiel de l’épisode se déroule toutefois au tribunal, où Fisk est carrément convoqué comme témoin par Matt. Fisk est persuadé que cette décision est une forme de suicide professionnel et accepte avec grand plaisir de venir faire son petit discours sur l’ordre, la sécurité et tout ce qu’il apporte de merveilleux à New York. En parallèle, il a tout de même prévu un plan B : l’AVTF est présente en masse et un faux Bullseye est installé avec un fusil de précision pour abattre Matt. Comme ça, si le procès tourne mal, autant faire accuser Poindexter. Pas de bol, le vrai Bullseye n’a aucun mal à éliminer cet imposteur et ses collègues avant de prendre sa place. J’aime bien, même si ça aurait mérité de nous dire d’où il sort encore Poindexter et comment il a su…

Fisk doit donc faire face aux questions de Matt et j’ai beaucoup aimé leur échange, qui serait un peu pénible à résumer entièrement ici. Je ne m’attendais pas à ce que la fin de saison se déroule autant au tribunal. Il n’y a pas de grosse confrontation physique entre les deux pendant toute cette première partie, juste de la justice, des questions gênantes, des réponses interminables de Fisk et plein d’« objection » pas toujours retenues. Pour une série sur Daredevil, c’est finalement assez logique de revenir au métier d’avocat de Matt pour le grand affrontement.

La ligne de questions de Matt est assez vite évidente et déjà sous-entendue dans l’épisode précédent : pour faire tomber Fisk, Matt décide de se faire tomber lui-même. Avant ça, il diffuse toutefois le témoignage enregistré de Savva, qui confirme le trafic d’armes du Northern Star et implique Fisk. Comme Fisk continue de tout nier et que le tribunal réclame une preuve permettant de donner du poids au témoignage, Matt est capable de fournir le témoin parfait : lui-même. Il révèle ainsi publiquement être Daredevil. Puisque les mots ne suffisent évidemment pas, il fait une petite démonstration avec sa canne pour prouver qu’il est bien capable des prouesses du justicier. C’est un sacrifice énorme, mais c’est aussi la meilleure carte qu’il pouvait jouer : Daredevil était présent sur le Northern Star et peut confirmer ce qu’il s’y passait.

Le procès de Karen n’a alors plus vraiment de raison de continuer et les charges contre elle sont abandonnées. Tout est bien qui se termine bien pour Karen, un peu moins pour Matt, qui vient quand même de reconnaître publiquement des années d’activités illégales.

Jessica et la gouverneure débarquent aussi au tribunal sans crier gare pour lui apporter un soutien supplémentaire, alors que l’AVTF semblait avoir bouclé les lieux. Bon. Contrairement à ce que je pensais d’abord, elles ne sont pas là comme témoins : McCaffrey profite surtout de la situation pour annoncer à Fisk qu’elle lui retire le statut particulier du Freeport qui lui permettait de faire à peu près ce qu’il voulait sur son île. En prime, l’homme envoyé pour la tuer a survécu et peut témoigner contre lui. Disons que la journée de Fisk commence à sérieusement se gâter.

Au moment de quitter la salle d’audience, nos héros sont confrontés à l’équipe de méchants de Fisk. Matt entend Powell donner l’ordre au sniper de tirer sur lui, mais comprend aussi que le sniper n’est plus celui que Powell croit. Bullseye tire bien, seulement, ce n’est finalement pas Fisk qui prend la balle : Buck s’interpose et se fait tirer dessus. Il ne me manquera pas s’il devait mourir.

Cela mène à un petit huis clos dans le tribunal puisque Fisk ordonne aussitôt de boucler entièrement le bâtiment. Heather veut soigner Buck et réclame la veste du procureur pour le réchauffer. Celui-ci refuse parce que, vous comprenez, c’est du Canali. C’est plutôt rigolo de la voir gérer ce connard comme il le mérite, mais je n’arrive toujours pas à accrocher au revirement d’Heather en tant que méchante. D’ailleurs, quand Hochberg commence à comprendre que Fisk est foutu et propose de se barrer avec elle, Heather l’envoie chier assez violemment. Elle a vraiment choisi son camp.

Bien sûr, Fisk fait ensuite un petit discours télévisé. Une énième fois, il met New York en état d’urgence et attise la haine en ville. Il dresse un portrait négatif des justiciers et se présente encore comme le seul homme capable de sauver la ville. Au même moment, BB décide d’entrer en jeu aussi : elle révèle publiquement qu’elle est derrière City Without Fear et encourage les New-Yorkais à reprendre leur ville. Bon. On tourne en rond, je ne compte plus le nombre de scènes où toute la ville de New York semble se réunir et provoquer des émeutes anti-Fisk dans cette saison uniquement et tout le monde tombe un peu trop le masque dans cet épisode.

Cette fois, cependant, c’est efficace. Tous les persos secondaires du côté de Matt (Cherry, Mahoney et Angie Kim) se retrouvent face à l’AVTF devant le tribunal et Powell donne à un collègue, Cole North d’après le résumé officiel, l’ordre de tirer sur eux. Angela et Soledad débarquent alors pour lui rappeler ce qu’il s’est réellement passé avec Hector Ayala. Depuis tout ce temps, Cole croyait qu’Hector avait volontairement tué un policier parce que Powell le lui avait affirmé. Face aux contradictions de Powell et surtout quand celui-ci lui demande carrément d’abattre des collègues policiers (Cherry), Cole commence enfin à comprendre qu’il a été manipulé. Il refuse d’exécuter l’ordre. Powell veut donc s’en charger lui-même et Cole finit par le mettre KO avant d’ordonner à l’AVTF de laisser passer tout le monde. Plus c’est gros, plus ça passe ? Il avait déjà des doutes dans l’épisode d’avant, allez, ça passe.

La foule peut donc entrer dans le tribunal et chercher à s’en prendre à Fisk. Au même moment, le procureur général lui propose une sortie : démissionner, renoncer à sa citoyenneté, quitter New York et partir en exil en échange de l’abandon des poursuites. Sheila lui conseille évidemment d’accepter. Fisk refuse parce qu’il est Fisk et que l’idée même de ne plus être le roi de New York lui est insupportable.

Impatient de mettre un terme à tout ça, il décide donc d’aller à la rencontre de ses fans. Il n’hésite pas à utiliser toute sa force pour s’en prendre à la foule. Mourir suite à un coup de poing, ça ne donne vraiment pas envie. Fisk n’a aucun mal à traverser les premiers rangs et tue même plusieurs personnes en essayant de se frayer un chemin jusqu’à la sortie. Malheureusement pour lui, en parallèle, Daredevil, Jessica et Angela font de même avec les derniers hommes de l’AVTF qu’ils parviennent à maîtriser. Les deux camps finissent donc par se rejoindre dans le hall et une foule de New-Yorkais en rouge se jette sur Fisk. Pour le coup, même le Caïd ne peut plus faire grand-chose : ils sont trop nombreux et commencent à le massacrer au sol.

Ce n’est pas le plan de Daredevil. Une énième fois, il choisit donc de sauver Fisk. Il demande à la foule de s’arrêter parce qu’ils valent mieux que lui, puis parvient avec l’aide de Jessica à sortir Fisk du lynchage. C’est assez cohérent avec tout ce que raconte la série sur Matt depuis le début : il refuse toujours de tuer, même quand absolument tout l’encourage à le faire.

Il ne propose d’ailleurs pas vraiment un nouveau marché à Fisk : il lui demande d’accepter celui du procureur général. Soit Fisk refuse et toute cette guerre recommencera tôt ou tard, soit il accepte de partir pour offrir enfin un peu de paix à la ville qu’ils prétendent tous les deux aimer. Matt parle même de grâce, ce qui rend évidemment Fisk complètement dingue parce qu’il ne supporte pas que Matt puisse être celui qui la lui accorde. Pourtant, il est acculé : le chauve finit par capituler officiellement.

Tant qu’il sera en vie, il trouvera cependant un moyen d’être un serpent et de revenir, alors ça me soule un peu. Pourtant, après tout ça, Karen et Matt semblent vraiment penser pendant leur rencard que tout est terminé et qu’ils s’en sont sortis. Nous retrouvons ainsi une scène du début de l’épisode, fantasmée par Karen, mais pour de vrai cette fois. Ils essaient d’imaginer ce que pourrait être une vie normale à deux et c’est presque mignon.

C’est un rencard express cependant, parce que des voitures de police débarquent rapidement. Matt vient d’avouer publiquement être Daredevil, il fallait bien que ça ait quelques conséquences. Il est arrêté pour agressions, tentatives de meurtre et une longue liste de crimes commis sous le masque. L’arrestation est sympa, même si je me suis dit que le coup de ne pas se faire lire les droits, ça risquait de mener à un vice de procédure quelconque derrière. Matt et Karen ont tout juste le temps de se dire qu’ils s’aiment avant qu’il soit emmené en prison. Il fallait bien garder un cliffhanger pour la saison prochaine.

La fin consiste donc à déplacer une dernière fois toutes les pièces sur l’échiquier. L’AVTF est démantelée et plusieurs de ses membres, dont Powell et Cole, finissent derrière les barreaux. BB hérite presque symboliquement de la place de son oncle en étant accueillie au New York Bulletin. J’aime bien cette conclusion pour elle, surtout après tout le temps passé sur son intrigue cette saison… mais est-ce que ça méritera vraiment une suite ? Pas sûr.

Luke Cage rentre enfin auprès de Jessica et Danielle dans les nouveaux locaux d’Alias Investigations. J’ai envie de voir les saisons qu’il me manque sur ces personnages maintenant. Luke confirme qu’il en a terminé avec le mystérieux boulot que lui faisait faire Charles à l’étranger, parce que celui-ci a trouvé quelqu’un d’autre pour le remplacer. Franchement, il y a plein de pistes ouvertes pendant que Matt va en prison. On note particulièrement Heather qui enfile le masque de son agresseur et semble désormais prête à devenir elle-même Muse. Je ne sais pas si j’avais vraiment besoin de ça, mais enfin, soit. Charles, lui, pense probablement avoir bien géré ses affaires dans son avion… alors que son nouveau collaborateur n’est autre que Poindexter. Je ne sais pas si mettre Bullseye à son service est une idée brillante ou la pire décision de sa vie, mais ça promet.

Fisk ? Il a accepté l’exil et finit tranquillement sur une plage, seul avec le souvenir de Vanessa, pendant que Matt est dans une cellule. Y a pas de justice dans ce monde, ma bonne dame !

En bref

Cette saison 2 avait tout ce qu’il fallait pour me plaire et c’est probablement ce qui me frustre le plus quand je me rends compte que ça ne l’a pas fait du tout. Le premier épisode fonctionnait bien, la guerre contre Fisk pouvait offrir un vrai fil rouge, l’AVTF apportait des parallèles franchement intéressants avec les dérives politiques actuelles aux États-Unis et j’étais content de retrouver Matt, Karen ou les chorégraphies de combat de cet univers. Seulement, Charles, Heather, Daniel, BB, Angela, la gouverneure, le Northern Star, la résistance, les prisonniers, Vanessa, Fisk, Buck, Poindexter, Jessica… EH STOP.

C’est trop. Il y a trop de personnages, trop d’intrigues, trop de choses déconnectées les unes des autres. Avec seulement huit épisodes, ça donne une saison à la fois trop remplie qui expédie totalement ses histoires et… bizarrement lente, parce qu’elle semble constamment garder ses meilleures cartes pour plus tard.

Au moins, le dernier épisode remet enfin Matt Murdock au centre de tout ça et utilise ce qui le différencie d’un paquet d’autres héros Marvel : c’est un avocat. Pour faire tomber Fisk et sauver Karen, il choisit de révéler publiquement qu’il est Daredevil et transforme le procès en démonstration des mensonges du maire. Ce serait presque une victoire parfaite si Matt ne finissait pas en prison pour tous les crimes qu’il vient lui-même de reconnaître.

Je reste donc très mitigé. Il y a eu de très bonnes scènes, des idées que j’aime vraiment et suffisamment de personnages auxquels je tiens pour que je continue évidemment la série, mais je n’ai jamais retrouvé l’excitation que me promettait le cliffhanger de la saison 1. Même les retours de Jessica Jones et Luke Cage (si on peut dire qu’il est de retour, lui…) perdent une partie de leur impact parce qu’ils avaient été annoncés bien avant et qu’on passe la saison à les attendre. C’est dommage parce que lorsque Daredevil: Born Again se pose, elle a une excellente saison potentielle… noyée par un surplus de persos et d’intrigues mal gérés.

> Saisons critiquées sur le blog | À ne pas manquer