Orphan Black Echoes – S01E01 – Pilot – 15/20

La foudre peut-elle frapper deux fois au même endroit ? Ce n’est pas sûr. C’est un premier épisode qui prend son temps et auquel il manque vraiment un ingrédient pendant un long moment, mais une chose est sûre : j’ai très envie de voir la suite et d’en savoir plus. Bref, la série a réussi à m’accrocher, mais il faut encore qu’elle fasse ses preuves pour me convaincre à 100%.

Spoilers 

Une femme se réveille sans se souvenir de qui elle est.

Why don’t I know who I am.

Le réveil | 2052 | Traquée | Ado

Le réveil

Des bruits d’animaux et un gros plan sur un œil qui s’ouvre, la série semble construite pour donner des points d’anciennes éditions de Bingo Séries. L’œil qui s’ouvre ? Celui de l’héroïne qui se réveille, même si elle ne dormait pas vraiment, totalement amnésique. Et elle a un grain de beauté juste à côté de l’œil, qui pourrait avoir son importance pour la suite.Elle est capable de répéter des mots, mais pas de dire l’année en cours ou son nom. Ou de reconnaître un bébé sur une photographie.

On peut comprendre qu’elle se mette à s’énerver bien rapidement, mais ça paraît tout de même un brin rapide, justement. J’imagine que ça doit être flippant de ne se souvenir de rien et d’avoir une médecin faussement compatissante en face de nous. Par contre, je dois le souligner immédiatement, outre « Was I asleep ? », j’ai trouvé que le jeu de l’actrice faisait énormément penser à celui d’Eliza Dushku dans Dollhouse. Les parallèles me font rire, en plus, parce que la série de la Fox aussi a été lancée post grève des scénaristes avec bien peu de promo. Tout le monde critiquait le jeu d’Eliza, mais voilà qu’on se retrouve avec le même type de mimiques quinze ans plus tard (outch).

Bref. Il est peut-être temps de me concentrer davantage sur ce qui se passe dans ce premier épisode, non ? Si on est loin de l’incroyable pilot d’Orphan Black et de Sarah Manning qui découvre une femme lui ressemblant comme deux gouttes d’eau, le côté mystérieux prend bien dès ce début d’épisode. On se demande forcément où est cette femme et ce que les scientifiques ont bien pu lui faire.

Elle semble être dans une maison toute sympathique – mais méfiez-vous des apparences. Après une longue lutte avec tous les éléments, les portes, les vitres blindées et tout ce qui l’empêchait de sortir de la pièce chaleureuse dans laquelle elle était enfermée, notre héroïne découvre subitement qu’elle est en fait dans un hangar. Et au sein de cet hangar, il y a un petit préfabriqué lui faisant croire qu’elle est dans une chouette maison de banlieue.

Bon, je trouve que la sécurité n’est vraiment pas ouf si ce n’est pas fait exprès : elle n’a pas tellement de mal à s’enfuir de la pièce dans laquelle elle était enfermée et se retrouve bien trop vite dans un laboratoire attenant au hangar. Par contre, OK, je dois avouer que je suis pris à fond dans le mystère de ce début d’épisode – et de série. Je me demande ce que seront les échos au projet des clones, forcément, et on voit bien qu’on repart bien vite dans un mystère d’expériences scientifiques sur des humains. On espère juste que ce sera un peu plus clair et moins confus que la série d’origine.

Bref, l’héroïne finit par tomber sur une machine de taille humaine avec un étrange liquide fluorescent ressemblant beaucoup à ce qu’elle a sous les ongles. À l’intérieur de ce liquide, il y a un corps qui flotte. La médecin débarque alors à nouveau pour révéler à l’héroïne qu’elle a été créée – imprimée – à partir de cette machine. On s’en doutait un peu, mais ça retire une grosse partie du mystère. Cela n’empêche pas l’héroïne de s’enfuir et de découvrir bien vite qu’elle est à proximité d’une ville très futuriste.

Le réveil | 2052 | Traquée | Ado

2052

Le générique est sympathique, mais un peu trop vite expédié à mon goût. Il n’a pas non plus la classe addictive de celui d’Orphan Black, malgré un look très similaire. Post-générique, nous découvrons (trop rapidement à mon goût) que nous sommes en 2052 – deux ans après le réveil de l’héroïne. Par conséquent, elle a désormais une vie bien rangée – une voiture, une maison de campagne, tout qui va bien… mais aussi des bribes de souvenirs étranges, avec clairement la supposition qu’elle est une meurtrière.

Pourtant, nous n’en saurons pas plus pour l’instant. On découvre juste bien vite qu’elle a une fille adorable, muette et parlant en langue des signes. Forcément. La relation Kira/Sarah était un énorme point fort de la série d’origine, alors ça ne devrait même pas m’étonner que l’héroïne soit de nouveau une maman. Elle s’occupe bien de sa gamine et la relation qui nous est montrée entre eux est vraiment chouette.

Oui, ça commence par un moment où elle doit l’engueuler parce qu’elle a fouillé ses affaires, mais en vrai, ce n’est absolument pas dérangeant : bien au contraire, ça montre à quel point ils s’entendent. La gamine n’est peut-être pas son fils pour autant : quand le père débarque, elle l’appelle Lucy. Ou alors, la gamine sait qu’il ne s’agit pas de sa mère biologique. À ce stade de la série, le puzzle semble se mettre en place avec l’idée que la mère biologique est morte et qu’on a imprimé un clone pour la remplacer. Charmant.

Lucy et la fille s’entendent en tout cas super bien et font quelques projets scientifiques ensemble. Le papa ? La définition du DILF, mais il est surtout le propriétaire de la maison de Lucy en fait. Reste donc à savoir si la gaine a un lien avec la photographie montrée à Lucy à son réveil – elle ressemble au bébé qu’on voit dessus – et à comprendre les relations entre ces personnages. Devant la gamine, Lucy et le père font comme s’ils étaient amis. Dès qu’elle est couchée, ce sont eux qui couchent ensemble. Allez, on en est à la quinzième minute de la série, il était temps d’avoir l’inévitable scène de sexe pour la retirer du cahier des charges. C’est cela dit bien plus prude que la série originale !

Elle permet aussi de développer un peu le personnage de Lucy, avec une cicatrice dont elle ignorerait la provenance, et celui de son mec, un ancien paramédic militaire – à qui je ne fais pas confiance. Lucy aussi commence à se poser des questions sur son mec apparemment, parce que ça fait un an qu’elle est en couple avec, mais il ne parle toujours pas de sa relation à Charlie, la fille. Le monsieur contourne vite la question, préférant poser les siennes. En vrai, ça se comprend : il souhaite comprendre pourquoi elle a quitté la ville si précipitamment pour venir s’installer à la campagne… Avant d’en faire la belle-mère de sa fille, c’est plutôt logique de vouloir découvrir les mystères qui entourent Lucy.

Lui, il s’appelle Jack. Alors que l’ambiance s’échauffe à nouveau entre eux, on a droit à un magnifique cut qui nous montre que Lucy fait quelques cauchemars de son passé. C’est un passé sanglant dans une salle de bain qui ressemble un peu au complexe du début d’épisode.

Elle passe la nuit à réfléchir à son cauchemar, à le dessiner et forcément, le lendemain, elle s’en confie à une de ses collègues. Comme elle parle espagnol, on peut en déduire qu’elle doit être proche du Mexique. Une chose est sûre : elle est parfaitement bilingue. Cela dit, ses capacités mentales ne l’empêchent pas d’être bouleversée quand elle se retrouve avec un liquide fluo sur les mains. En fait, elle est tellement bouleversée qu’elle se prend une voiture dans la tronche.

Le réveil | 2052 | Traquée | Ado

Traquée

Si Lucy demande à ne surtout pas aller à l’hôpital, c’est parfaitement impossible après s’être pris une voiture dans la tronche. La voilà donc qui se réveille là-bas, en parfaite santé. En fait, d’après son médecin, elle est parfaitement normale et les résultats d’examen n’indiquent rien d’étrange. Lucy a bien du mal à le croire et s’interroge aussitôt sur son état. Pour une nana qu’elle veut être discrète, elle pose aussi une question bien étrange, demandant à sa médecin si elle est capable de voir avec les tests si Lucy a déjà accouché ou non.

Par chance pour Lucy, Jack débarque avant que la médecin ne puisse pousser les questions qu’elle se pose plus loin. Jack embarque Lucy chez elle, à sa demande, et lui propose de vivre avec lui désormais. Ben oui, la peur de la perdre, tout ça, tout ça. Le seul problème, c’est que le scan à l’hôpital attire évidemment l’attention des créateurs de Lucy.

La médecin du début d’épisode est bien heureuse de la localiser et envoie aussitôt un type la chercher. Et ça va vite : à l’hôpital, il se fait passer pour son frère (beaucoup trop souriant pour quelqu’un inquiet pour sa sœur, hein) et hop, il est capable de la traquer jusqu’à chez elle. La scène tourne très vite à l’agression, avec un détective qui sait parfaitement ce qu’est Lucy et qui souhaite évidemment la ramener avec lui.

On note au passage qu’une lumière bleue permet de révéler des inscriptions sur le bras de Lucy, ça aura probablement une importance plus tard. En attendant, elle se bat avec le type et parvient de justesse à s’échapper, non sans être aperçue par Charlie avant. Lucy s’échappe dans un champ juste à côté et pense vraiment s’en tirer, mais ce n’est pas le cas. Son agresseur la retrouve bien vite dans le champ et s’apprête à la tuer avec un flingue.

Pas de chance pour lui : Charlie tient vraiment beaucoup à Lucy. Il n’en faut pas plus pour qu’elle décide de les rejoindre et n’hésite pas à tirer dans la gueule de l’agresseur de sa belle-maman préférée. Je veux bien que ce soit de la légitime défense, mais elle aurait pu viser ailleurs, tout de même. En tout cas, la situation change radicalement pour Lucy d’un coup : elle comprend qu’elle doit fuir, et elle veut fuir avec Charlie et Jack, tant qu’à faire. Ce dernier ne voit pas tout à fait les choses ainsi et s’engueule en toute logique avec sa copine. Voilà, fallait percer les mystères de ta copine avant de te mettre avec, c’était sûr ça !

Malgré tout, quelques scènes plus tard, il accepte de partir avec elle et de changer complètement de vie. Finie la vie à la campagne, voilà Charlie et Jack qui se rendent chez Tina, une amie de Jack, histoire qu’ils soient à l’abri le temps que Lucy règle son problème. Elle a en effet décidé de riposter pour pouvoir mener à présent sa vie tranquillement. Soit.

Par chance pour elle, elle a encore des amis en ville : elle se rend donc auprès d’un ami qui a apparemment beaucoup d’informations. On apprend assez vite qu’il a des ressources, mais qu’il est aussi quelqu’un de bien généreux : il a aidé Lucy à se construire une vie quand il l’a retrouvée dans la rue et qu’elle ne savait pas qui elle était. Je trouve tout de même que c’est un peu confus comme début de série, avec l’impression qu’il me manque quelque chose pour accrocher à fond. En plus, l’ambiance ressemble tellement à Jessica Jones, c’est perturbant.

Lucy est toutefois moins badass que Jessica, hein. Elle a des connaissances techniques intéressantes, lui permettant de tracer le GPS du portable de son agresseur, malgré un portable qui n’arrêtait pas d’effacer toutes les données.

Avec ces informations, on comprend que Lucy avance dans une enquête qui ne fait que commencer, mais surtout que nous allons avoir plus d’informations sur ceux qui la traque. Il s’agit donc d’une société nommée « Additive », qui jure dans sa com qu’elle a la vie humaine en valeur de base. C’est toutefois difficile pour la patronne de convaincre son interlocuteur (Reed Diamond !) quand celui-ci est convaincu que Lucy a tué son homme de main et possiblement Jack et Charlie au passage.

Allez, Reed Diamond sera donc un méchant, tandis que la patronne d’Additive est une semi-méchante – elle est pleine de bonnes intentions, mais c’est de ça qu’on pave l’Enfer paraît-il. Si elle paraît très assurée lors de sa réunion, un détour dans les toilettes nous la montre bien plus fragile et complètement catastrophée par ce qui est en train de se passer. Difficile de savoir si on doit accrocher à elle ou non, mais par principe, j’aurais tendance à dire que non…

Malheureusement pour moi, le cliffhanger m’a retourné le cerveau et remis à fond dans la série, en révélant que cette médecin un peu odieuse, peu sûre d’elle et si énigmatique n’était autre que Kira. La fille de Sarah. Qui appelle Cosima au secours. WHAT. THE. FUCK. OK, ce spin-off a le moyen d’être efficace s’il joue efficacement cette carte par la suite.

Le réveil | 2052 | Traquée | Ado

Ado

En attendant, Lucy continue son enquête, et ça commence à être beaucoup mieux pour nous impliquer dans ce qu’il se passe. Alors qu’elle est en train d’essayer de trouver un moyen d’entrer dans le bâtiment localisé par les données GPS (dans une scène bien écrite et jouée, je trouve, c’est crédible), elle se retrouve nez à nez avec une adolescente qui lui dit vraiment quelque chose. Et pour cause : c’est exactement à ça qu’elle ressemblait lorsqu’elle adolescente.

Bim. Il n’en faut pas plus pour que Lucy essaie d’en savoir plus sur cette adolescente un peu terrifiée d’être abordée dans la rue par une inconnue un peu cinglée. Quand Lucy fait tomber malgré elle le casque de l’adolescente, elle remarque que la musique qui s’en dégage est sa chanson préférée, mais aussi que l’adolescente a la même cicatrice qu’elle. Mieux que ça : elle repère une autre femme à proximité, qui semble totalement être là pour surveiller l’adolescente. La Paul version 2023, quoi.

Assez vite, une course poursuite s’engage entre l’adolescente, Lucy et cette femme qui essaie de vérifier que Lucy ne fasse pas tout capoter. Autant dire que c’est évidemment ce qu’il se passe : Lucy parvient à prendre en otage l’adolescente, comprenant bien qu’il s’agit de son clone. Elle se barre donc en voiture avec elle en fin d’épisode et, j’avoue, ce double cliffhanger me rappelle le mindfuck qu’Orphan Black savait provoquer à l’époque. Je suis eu.

Le réveil | 2052 | Traquée | Ado

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The Irrational – S01E03 – The Barnum Effect – 15/20

Il s’agit à mes yeux du meilleur des trois épisodes, et pourtant le fil rouge est bien laissé de côté cette semaine. Seulement voilà, on développe un peu plus les personnages secondaires – j’apprends enfin quelques noms ! – et on nous laisse tester les expériences scientifiques proposées pour une fois. Elles n’inventent rien, ne sont pas surprenantes mais c’est efficace.

Spoilers

Pourquoi un excellent pilote d’avion verrait-il son avion se crasher ?


This is the time when we need to let Alec do his thing.

Mieux vaut tard que jamais ? Il faut bien dire ce qui est, ce procédural n’est pas aussi bon que ce que je l’espérais. Pour autant, j’ai envie de le continuer pour voir vers quoi il se dirigera pour l’instant. De là à sacrifier un peu de sommeil (et beaucoup de travail) dès mardi matin ? Eh bien, non. Mais bon, en ce jeudi matin, je me suis dit qu’il était peut-être temps de m’y remettre.

Marisa | L’avion | Rizwan

Marisa

La sœur d’Alec est de nouveau le prétexte pour ouvrir cet épisode. On voit bien la routine qui se met en place pour la série : le matin, Alec part de chez elle, alors on aura droit à quelques petites scènes à chaque épisode. Et inévitablement, je me mets à me dire qu’elle pourrait être un choc facile pour les scénaristes : faisons-en une méchante dans les épisodes à venir.

Bon, nous n’en sommes pas là. Pour l’instant, elle tire les cartes histoire de nous faire les clichés les plus simples du tarot – la Tour, notamment, le Fou quand il est question de Marisa… Rien de bien incroyable. Je me suis demandé quand ça avait été tourné, aussi, parce qu’on aurait vraiment dit un tournage avec distanciation (cf. la photographie ci-dessus). Bien sûr, le but est aussi de faire un point sur la situation du fil rouge. L’enquête va enfin être rouverte, ce qui fait que Marisa lui demande de venir au FBI. C’est l’occasion de commenter aussi le fil rouge romantique entre ces deux-là : la sœur voulait que son frère laisse de la place à Marisa, mais voilà qu’Alec est convoqué par Marisa maintenant.

On ne voit pas bien pourquoi elle le convoque, d’ailleurs. Franchement, je veux bien qu’il soit un témoin clé et que son souvenir permette de relancer l’enquête, mais en quoi est-ce que c’est censé justifier de lui filer toutes les infos ? C’est cool d’être consultant. D’ailleurs, Marisa ne peut plus se passer de lui-même si elle a soudainement quelque chose à lui dire : leur conversation est interrompue par une urgence, et il est évident que cette urgence sera l’affaire de cette semaine.

Pendant tout l’épisode, Marisa garde donc son secret gênant qu’Alec finit par comprendre de lui-même : elle sort avec Jace, son collègue. Cela sort un peu de nulle part après trois épisodes. Je trouve que ça aurait été plus intéressant de l’avoir dès le premier épisode. Peut-être que ça aurait aidé à retenir certains prénoms.

La réaction d’Alec ? Il se concentre sur l’enquête dès qu’il l’apprend. Seulement, il ne peut pas échapper à sa sœur qui veut tout savoir de sa vie et est hyper nosy quand elle s’y met. Elle lui fait reconnaître qu’il a mal interprété les signes que Marisa lui envoyait en lui demandant de le voir si souvent. Soit. Cela ne fait que prouver qu’on a notre vision du monde et une perception qui n’est pas toujours la bonne. J’aime bien l’idée… mais à voir où ça mènera.

Marisa | L’avion | Rizwan

L’avion

Pendant ce temps, il faut tout de même lancer l’enquête, et j’avoue que je suis parti un peu sur une fausse piste concernant Rizwan. Pas grave, je vous laisse la critique telle que mes notes me permettaient de l’écrire. On découvre que l’étudiant d’Alec – un personnage que je suis censé aimer et dont je découvre le prénom, Rizwan, dans cet épisode – est un chauffeur Uber assez insupportable à monologuer sur sa fascination d’Alec. Je plains un peu son passager qui se trouve ensuite a priori détourné : l’étudiant voit un avion se crasher et est tout traumatisé. Il se rend sur place – mais son passager disparaît au passager.

L’avion qui se crashe ? Les effets spéciaux sont plutôt bons à vrai dire ! J’ai beaucoup aimé la manière de le voir dans le reflet de la vitre. Cela fait des économies, mais ça fonctionne. En plus, on voit tout de suite que Rizwan est touché par ce qu’il se passe ; mais on ne saura pas tout de suite pourquoi.

Il faut d’abord commencer par la base : Marisa appelle Alec à l’aide pour comprendre pourquoi l’avion s’est crashé, parce que ce n’est pas logique. Le pilote de l’avion est censé être un pilote impeccable, il n’a jamais eu le moindre incident et le voilà qui soudainement ne suit plus les protocoles et s’écrase. Et meurt dans le choc.

C’est con. Les passagers s’en sortent évidemment, mais maintenant, il faut se demander ce qu’il se passe avec ce pilote. Au passage, on nous rappelle qu’il est plus probable de mourir dans un accident de voiture que dans un crash d’avion, parce que ces derniers sont rarissimes. On le sait, mais c’est vrai qu’on voit tellement de crash d’avions à la télévision et dans les films qu’on peut avoir tendance à l’oublier. De là à ce que 40% des gens développent une peur de l’avion aux USA ? Je ne m’y attendais pas.

Bref, reprenons l’enquête, peut-être ? Alec est envoyé dans la maison du pilote – Lucas – pour essayer de déterminer son état d’esprit. Le problème, c’est que rien n’indique qu’il était suicidaire et qu’il ne comptait pas rentrer chez lui le soir même.

Son frère assure d’ailleurs qu’il est certain que ça ne peut pas être un suicide. J’ai bien aimé l’introduction du frère, parce que c’était marrant et parce que c’est cool d’avoir une explication rationnelle sur le sexe post-deuil. Bon, mais malgré l’assurance du frère que ce n’est pas un suicide, on a toutefois un problème : tout indique que le pilote menait une double vie, avec même des mails supprimés. Cela n’est pas convaincant pour Alec, même si ça semble être suffisant pour le FBI.

On a bien compris que ce sera la dynamique habituelle entre eux de les voir être en désaccord. La science devra à présent donner raison à Alec. J’ai bien aimé l’expérience du jour, qui se concentre sur une trend TikTok un peu insupportable sur les hallucinations auditives : on entend ce qu’on lit, mais la même bande-son peut nous induire en erreur. On peut entendre deux choses différentes sur le même audio.

L’expérience est menée en classe par Alec, et elle fonctionnait plutôt bien (même si jamais de la vie les étudiants ont le temps d’écrire la phrase sur Bart Simpson si vite !). Après un audio connu pour être une hallucination auditive, Alec décide de tester la boîte noire de l’avion. Alors que le FBI entendant Lucas crier un crédo de groupe extrémiste, une grande partie des étudiants entend totalement autre chose : un pilote qui panique et qui indique qu’il perd de l’altitude.

Aussitôt, Alec se rend au FBI pour tout expliquer. Au passage, Emma, une collègue de Marisa qu’on n’a jamais vue avant, lui donne une carte avec une adresse – mais elle le fait discrètement, alors qu’elle se barre en courant. On sent bien qu’elle en sait trop, et le reste du FBI va vite s’en rendre compte : Emma est portée disparue, sa maison visitée par des cambrioleurs, c’est la merde.

Les soupçons du FBI se portent aussitôt sur Owen, un type qui bossait avec eux et qui est super louche. En plus, ils le retrouvent alors qu’il est sur le point de partir à Mexico. Chelou le type, mais il assure n’avoir rien à se reprocher et demande évidemment un avocat. À partir de là, le FBI ne peut plus l’interroger – et Alec non plus. Marisa accepte donc de relâcher Owen pour qu’Alec puisse « faire son truc ». Mouais. C’est pas un super-héros non plus !

Et pourtant, ça fonctionne bien : il interroge Owen pour essayer de comprendre ce qu’il en est. La conversation n’est pas hyper passionnante, mais avec un peu de bluff, Alec finit par faire admettre à Owen qu’il savait qu’il y avait un problème informatique. Et bim, le voilà qui se fait arrêter. Le vrai responsable ? Il a laissé Emma vivre, parce qu’Emma s’est barrée à temps. Il se fait finalement arrêter alors qu’il allait s’en prendre au frère du pilote, grâce à une bonne idée de Phoebe et Rizwan.

Marisa | L’avion | Rizwan

Rizwan

Alors qu’Alec mène l’enquête de son côté avec Marisa et le FBI, nous continuons d’explorer la dynamique Phoebe/Rizwan. On sent qu’il y a un passif pour Rizwan avec les crashs d’avion, mais ça met du temps à arriver. Comme il refuse d’en parler et de demander de l’aide, Phoebe (l’autre étudiante qui joue mal, je rappelle) lui laisse de l’espace et se concentre sur le frère de Lucas.

Celui-ci est aussi pilote. Elle demande donc à ce frère de les aider dans leur enquête. Rizwan et Phoebe montent donc une simulation de pilotage pour que le frère puisse aider à comprendre ce qu’il s’est passé. Malheureusement, ça enfonce le couteau dans la plaie de Rizwan. Finalement, il n’y a pas de passé à découvrir apparemment : Rizwan est juste traumatisé d’avoir assisté au crash d’un avion. Ma foi, c’est vrai qu’on a tendance à sous-estimer ce genre de traumatisme après tout.

Bon, avec le simulateur, le frère de Lucas comprend ce qu’il s’est passé et se met en danger malgré lui en avouant au vrai responsable du crash ce qu’il s’est passé. Alec appelle juste à temps en facetime pour éviter que la situation se tende et termine mal.

On peut alors en revenir à Rizwan. Il ne voulait pas parler de son problème avec Alec, mais Phoebe le convainc de le faire car leur professeur est déjà au courant de toute manière. C’est plutôt sympa, ça permet à Alec de jouer les psys avec Rizwan et de lui permettre de trouver le positif dans la situation. Dès lors, c’est un happy end qui se dessine : Lucas est mort, certes, mais c’était un héros et grâce à lui une partie des passagers a pu survivre. Il n’y est pour rien dans le crash.

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The Irrational – S01E02 – Dead Woman Walking – 13/20

Comme de nombreuses séries procédurales, celle-ci peine à surprendre dans l’enquête principale de l’épisode que j’avais résolu 35 minutes avant le héros. C’est gênant sur un épisode de 41 minutes. Cependant, j’accroche bien au fil rouge et à certains aspects de la série, les commentaires sur la nature humaine étant généralement plutôt sympathiques. Il y a de nombreux axes d’amélioration, une actrice que je commence déjà à ne plus supporter et des grosses ficelles trop visibles, mais c’est un divertissement qui fonctionne comme il se doit. Et bordel, la structure en fil rouge sur une saison complète me manquait.

Spoilers

Pourquoi utiliser l’un des poisons les plus rares du monde sur l’une des seules personnes capables de le reconnaître ?


Are you seriously playing with fire ?

Non contente d’être la seule série de network diffusée en ce moment, la série s’offre aussi un long résumé du premier épisode avant d’entamer le second, histoire qu’on soit bien sûrs de ne rien avoir oublié de l’épisode. C’était un peu trop répétitif, mais bon, je vais l’effort de supporter pour l’instant : j’ai envie de croire en la possibilité que représente cette série.

Fil rouge | Poison | Enquête | Diversion | Narcissisme

Le fil rouge

L’épisode reprend d’abord par le fil rouge de la saison, et c’est bien normal : l’explosion de l’Eglise. Alec ne s’en souvient toujours pas précisément, alors il tente de recréer les conditions de l’explosion. Il se souvient avoir senti les flammes, forcément, mais aussi un parfum floral. Le voilà en pleine recherches avec son eau de Cologne pour se souvenir de détails supplémentaires. Pour cela, il faudra attendre la fin de l’épisode : pendant son enquête, il va trouver la bonne fleur par pur hasard (et on s’en doutait dès le départ de l’épisode).

Ainsi, en fin d’épisode, il retente son expérience de brûler la fleur et l’odeur lui débloque un de ses souvenirs – la voiture du terroriste avait des jantes particulièrement laides, mais reconnaissables. C’est un détail de plus pour la suite de la saison, et j’avoue que je tombe dans le piège de ma propre curiosité sur ce fil rouge. J’espère qu’on en saura vite plus.

En attendant, il faut se taper une enquête trop facile à démêler et la conséquence du cliffhanger précédent : les caméras de surveillance n’ont que le dos de l’homme. Pff. On vous croit les gars. Bref, la première expérience matinale d’Alec est un échec, donc il se rend ensuite au boulot. J’adore ces personnages de séries qui ont toujours le temps de mener toute une vie avant d’aller au boulot – mais en même temps, je regarde cet épisode avant d’aller au boulot, donc je suis comme eux.

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Le poison

À peine arrivé à l’université, Alec tombe sur une vieille amie qui n’est pas là pour une visite sociale. Elle souhaite au contraire obtenir l’aide d’Alec pour résoudre… son propre meurtre. Rien que ça ! Elle s’est rendue compte qu’elle était empoisonnée avec une substance mortelle, généralement utilisée pour tuer des espions russes.

Lui, il aimerait plutôt l’aider à se soigner – mais les antidotes sont trop expérimentaux pour cette amie qui refuse de voir son cerveau réduit en bouillie dans l’affaire. C’est un peu osé de nous introduire un perso cool voué à mourir dès le deuxième épisode de la série. Cela dit, j’aime bien cette manière de nous présenter une nouvelle enquête, et c’est suffisamment original pour ne pas avoir un sentiment de répétitions dans les épisodes suivants. J’imagine qu’il vaut mieux viser haut dans l’originalité des premiers épisodes pour marquer les esprits avant que ça ne devienne trop routinier.

En tout cas, l’enquête semble un peu simple : CJ, la femme empoisonnée, a déjà un suspect qui aurait un mobile et un accès au poison. Toutefois, elle doute tout de même, se disant qu’elle pourrait être un dommage collatéral et que la victime aurait pu être cet homme.

Après, quand on apprend qu’elle a un partenaire d’écriture, Jean (je crois ? Gene ? Who cares ?), on sent bien que l’intrigue va avoir un petit peu de fun à nous proposer pour finalement l’accuser. Par contre, c’est trop gros qu’Alec ne pense même pas à le soupçonner un quart de seconde – et ça en faisait aussitôt le coupable idéal.

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L’enquête

L’enquête prend une tournure bien différente de l’épisode de la semaine dernière. Marissa ne souhaite pas trop que son mari soit si impliqué, mais c’est trop tard : c’est CJ elle-même qui le pousse à enquêter après tout. Il me reste un problème avec Alec : je ne vois pas pourquoi il aime tant se mettre en danger. En attendant qu’il le fasse, on le voit mener l’enquête. Et en fait, il ne fait rien du tout, se reposant à 100% sur ses étudiants.

J’ai bien aimé leur petit brainstorming pour attirer à eux l’un des principaux suspects de l’empoisonnement de CJ. Grosso modo, c’est facile : il suffit de le leurrer avec un produit gratuit. Bon, autant le brainstorming était sympa, autant le résultat était un peu ridicule ! L’étudiante totalement 100% amoureuse de son prof envoie un simple message Whatsapp pour un échiquier gratuit et hop, ça fonctionne ? Qui répond à ce genre de messages sur des trucs gratuits venant d’un inconnu là ?

Je veux bien qu’il soit fan d’échecs, mais s’il est fan du site, il doit bien se rendre compte que c’est une arnaque. Bon, on va passer sur cette faille dans le scénario et en arriver au moment où Alec se met en danger, fixant un rendez-vous avec son suspect principal. Il s’y rend seul, avec une Marissa évidemment en retard pour que le suspense soit plus grand. Quand il rencontre le suspect, il vient de se faire tuer par ce qui ressemble à un tueur professionnel.

Et c’est parfaitement irrationnel de voir Alec tenter de s’en sortir en plongeant dans l’eau. J’ai aimé le moment où il raisonne avec le tueur comme il peut, mais c’est vraiment pas terrible de le voir ensuite prendre un chemin à découvert pour s’enfuir alors que clairement il y avait une solution pour plonger sans risquer de se prendre une balle.

Bien sûr, Alec survit et cela permet de relancer l’enquête dans une nouvelle direction. Au passage, on nous fait aussi un petit aparté sur la curiosité qui est un moyen précieux de piéger les gens et de les pousser à faire des choses. C’est pas faux, ma foi. J’aime vraiment ce petit côté faussement scientifique et la manipulation que propose la série. C’est pour moi la force de cette série procédurale et j’espère qu’elle va s’en rendre compte pour réduire d’autres scènes moins intéressantes.

En attendant, on en revient donc à l’enquête, où CJ explique qu’elle pense avoir été empoisonnée pendant un déjeuner au restaurant. Par chance, il y a eu une demande en mariage ce jour-là, donc il existe une vidéo. Avec sa sœur, Alec la visionne et finit par remarquer que la théière a été échangée sur la table. Cela frustre énormément CJ quand elle l’apprend, parce qu’elle est sûre d’être quelqu’un qui remarque tout, tout le temps.

Alec lui prouve que non avec une autre expérience et… putain, mais ils recommencent ! Exactement comme la semaine dernière, ils nous privent de l’expérience qui serait pourtant sûrement marrante à vivre. Je veux dire, il lui prouve qu’en se concentrant sur un détail, on en oublie de regarder ce qu’il se passe en général… mais nous, on ne nous montre pas l’expérience. Par conséquent, on n’a aucune chance de savoir si on aurait remarqué ou non l’ours qui passe en arrière-plan. Et j’ai du mal à croire qu’on puisse le manquer.

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Diversion

C’est totalement naze de nous faire ça. En tout cas, ça relance l’enquête dans une nouvelle direction : Alec comprend que la demande en mariage était une diversion. Et il a raison : il s’agit en fait de deux acteurs embauchés pour l’occasion. Reste à savoir qui a bien pu les engager pour ça, parce que c’est tout de même une drôle de manière de planifier un meurtre. Soit. Cela fonctionne plutôt bien : Alec comprend vite qu’il tient un nouveau suspect, parce qu’un ancien employé des acteurs est une entreprise sur laquelle CJ et Jean ont écrit un article peu flatteur.

C’est ce qu’on appelle un mobile. Partant de là, Alec prend la décision d’organiser un faux entretien d’embauche avec l’aide de ses étudiants – encore et toujours. Cela lui permet de piéger un homme de l’entreprise, parce qu’il sait qu’à un entretien, on a tendance à se vanter. Soit. On a aussi tendance à mentir un peu pour se mettre en avant, non ?

Bon, en tout cas, ça permet à Alec d’avoir plein d’informations. En parallèle, ses étudiants décident de faire dans le social. Même si CJ ne veut pas que sa fille soit au courant de son empoisonnement, les deux étudiants font ce qu’ils font pour la prévenir. C’est un développement secondaire qui permet de mieux connaître ces deux personnages et, ma foi, je pense que je vais les apprécier s’ils enchaînent les théories et débats comme ça à chaque épisode. Il y a tout de même un problème avec cette théorie : j’ai beaucoup de mal avec le jeu de l’actrice. Beaucoup, beaucoup. Elle est jolie, hein, mais son jeu n’est pas exactement une réussite.

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Narcissisme

L’étudiante nous partage un peu plus son passé (ou pas ? Une part de moi n’a pas pu s’empêcher de penser que c’était de la manipulation) avec une mère décédée quand elle était en froid avec, et ça finit par convaincre la fille de CJ. Je retiens de la scène le sens de l’observation des deux étudiants, c’était sympa. Sinon, ben, ce n’était pas de la manipulation : en fin d’épisode, Alec prend le temps de parler avec son étudiante de la culpabilité qu’elle ressent encore concernant la mort de sa mère. Je ne sais pas pourquoi, mais je ne fais pas confiance à cette étudiante – oui, même si on la voit sur la tombe de sa mère. C’est peut-être parce qu’elle joue mal, je ne fais jamais confiance aux acteurs qui jouent mal. Après, c’était une bonne scène pour apprendre à connaître le personnage que de la voir se confier avec Alec.

Avant d’en arriver là, Alec mène l’enquête pour de vrai et se rend compte d’une évidence élémentaire : il n’a pas soupçonné Jean. Genre, le type que j’ai soupçonné au moment où on nous a introduit son existence est évidemment le coupable. Alec en a la certitude, mais doit encore le prouver. Il décide donc de le piéger en jouant sur son désir d’être reconnu comme un mastermind de criminel. Evidemment, il le fait en mentant : il lui explique que le tueur est un génie qui voulait simplement battre CJ à son propre jeu, mais que c’est lui qui se fait avoir car il ne verra jamais sur le visage de CJ sa victoire.

C’est débile, mais ça fonctionne. Jean veut aussitôt aller se vanter auprès de CJ et lui dire qu’il est parvenu à la battre. Sauf que ce n’est pas le cas : CJ n’est pas dans le coma comme Alec l’a prétendu, et elle filme les aveux. Hop, hop, hop, on en arrive à la fin de l’épisode. Et c’est presque un happy end où CJ accepte finalement le traitement expérimental pour tenter de survivre et revoit sa fille.

Alec prend le temps de papoter avec son étudiante, puis prépare tout un cours sur le cas de CJ. Cette dernière a carrément écrit un article sur le crime imparfait de Jean et sur son narcissisme. Oui, oui, il s’est fait arrêter par narcissisme et par volonté que le monde entier sache ce qui lui est arrivé. Une enquête pas dingue, mais une réussite tout de même pour Alec. Allez.

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The Irrational – S01E01 – Pilot – 14/20

La série n’invente rien dans sa formule, mais elle joue ses cartes plutôt intelligemment. De la diffusion maligne alors qu’aucun network ne propose de série en cette rentrée faute de grève à la manière dont est gérée l’enquête, en passant par les premiers éléments de fil rouge, tout permet de s’accrocher juste assez pour avoir envie de voir la suite. Ce ne sera pas la série de l’année, mais ça va se regarder à défaut d’avoir autre chose à se mettre sous la dent.

Spoilers

Pourquoi confesser un meurtre alors qu’on n’est pas le meurtrier ?


People are irrational. But predictably so.

Irrationnel | Alec | Dylan | Le fil rouge

Irrationnel

La série commence plutôt pas mal, même si c’est avec une scène aussi prévisible que ce que la voix-off nous explique : les gens sont irrationnels, mais de manière prédictible, avec des décisions qui sont prises par instinct plutôt que par logique. C’est un constat simple, mais plutôt vrai, qui est mis en avant par plusieurs exemples plutôt marrants – la fastfood, les achats compulsifs, tout ça, tout ça. C’est une bonne manière d’introduire le héros de cette série qui explique que c’est suite à plusieurs décisions faites par instinct que l’on a besoin de lui, parce qu’on a enchaîné trop de mauvaises erreurs.

Franchement, c’est fluide et je vois mal comment on aurait pu introduire différemment le personnage central de la série, Alec, donc. Enfin, si, je vois : on aurait pu nous donner son nom autrement que dans le synopsis, surtout que le générique (inexistant) nous informe qu’il sera omniprésent pour la série. Bref, c’est prévisible, c’est un procédural NBC, mais pourquoi pas ?

Je suis là pour me laisser convaincre, après tout. J’aime bien la première intervention de l’épisode qui nous introduit Alec comme un négociateur dans les prises d’otages. Nous le suivons donc alors qu’il essaie de convaincre un père de famille de ne pas tirer sur sa femme ou sur son bébé. Pour se faire, il décide de le faire réfléchir à ses choix et ses envies du moment, pour qu’il se rende compte que c’est une mauvaise idée.

Evidemment, on est sur un pilot alors notre héros parvient à faire en sorte que le personnage ne tue pas tout le monde. On voit toutefois que ses méthodes ne sont pas convaincantes pour tous les gens sur place – à commencer par les policiers. Il n’y en a qu’une qui semble lui faire confiance, Marissa, et pour cause : on apprend rapidement qu’elle est la femme du héros.

Bon, par contre, ils ont rompu. Ils ne sont pas divorcés (pas encore, en tout cas), mais ne vivent plus ensemble. C’est un peu lourd comme duo, mais ce sera parfait pour nous faire un will they/won’t they un peu différent des autres séries. Leur alchimie est plutôt chouette, en plus, et on comprend bien que la rupture vient du fait que le héros dissocie trop les émotions de la réalité, se contentant de la logique et de l’irrationnel, enfin de l’instinct, pour tout expliquer.

Irrationnel | Alec | Dylan | Le fil rouge

Alec

Cette introduction faite, il nous faut plonger un peu plus précisément dans ce qui a rendu Alec comme cela. Nous découvrons donc qu’il est professeur de fac et nous suivons son premier cours face à de nouveaux étudiants, pour vraiment apprendre à le connaître. Il a donc un passé un peu sordide, avec des brûlures dans le cou qui viennent d’un accident. Ce sont ses brûlures qui ont fini par le rendre comme il est aujourd’hui : il explique que les infirmières retiraient brutalement ses bandages et que ça lui faisait bien plus mal que si elles y allaient lentement.

Cette décision fondée sur l’instinct l’a beaucoup fait réfléchir : c’est comme cela qu’il est devenu ce qu’il est, parce qu’il a fini par comprendre que les infirmières géraient la douleur d’infliger de la douleur comme cela. Et les brûlures ? On a quelques flashbacks précipités pour nous faire comprendre qu’il y aura quelque chose à creuser un jour de ce côté-là. Mais pas aujourd’hui. En effet, le héros ne se souvient pas exactement de tout ce qu’il s’est passé, alors il invente une fausse excuse – ce qu’il explique ensuite à son assistante. Bon. Un mystère pour la suite, c’est vraiment une série procédurale.

Irrationnel | Alec | Dylan | Le fil rouge

Dylan

On tombe alors dans la série procédurale tout ce qu’il y a de plus classique avec une enquête de la semaine, enquête un peu précipitée inévitablement. L’épisode doit forcément accélérer les choses puisqu’il y avait toute la partie introduction au départ. Bref, c’est la maire qui fait appel directement à Alec pour qu’il prouve l’innocence (ou la culpabilité d’ailleurs) de Dylan, un étudiant qui affirme avoir tué sa copine (Jasmine). Seulement voilà, ça n’arrange pas la maire parce que c’est le fils d’un sénateur.

C’est gênant comme situation, alors hop, Alec débarque pour tenter de régler ce qu’il se passe. J’aime bien l’idée de l’épisode, mais je me demande vraiment comment cette série va pouvoir tenir sur une vingtaine d’épisodes sans être répétitive dans les schémas proposés. Il faudra que les personnages soient vraiment chouettes, et ce n’est pas encore le cas.

En ce qui concerne l’enquête, Alec assiste à l’interrogatoire de la police et pose des questions étranges, comme les positions dans lesquelles Dylan et Jasmine ont bien pu coucher ensemble. Son but ? Démontrer qu’il affirme avoir tué Jasmine mais qu’il ne s’en souvient pas précisément : on se souvient des choses par image, mais ce n’est pas le cas dans le cas du meurtre. Cela l’interroge sur la raison pour laquelle il confesse, et ce sera le cœur de l’enquête.

Après, il n’y a pas d’enquête tant qu’il n’y a pas de corps, hein. Voilà donc Alec qui se rend sur la scène de crime. Pour pouvoir y entrer, il fait appel à Marissa qui lui donne ses accès sans problème. Ils rencontrent ensemble l’enquêtrice sur le cas, ce qui permet de perturber celle-ci. Elle était sûre que l’affaire était réglée parce que Dylan avait confessé… seulement voilà, s’il avait confessé être innocente, elle aurait mené une enquête.

Bref, Alec lui rappelle qu’elle a un métier à faire et que ce serait mieux de le faire correctement. Pour la convaincre qu’il est possible de confesser de quelque chose qu’on n’a pas fait en étant sûr de l’avoir fait, Alec met aussi en place une expérience à la fac. J’ai trouvé dommage que cette expérience soit présentée en moins d’une minute : je trouve que la série passe à côté de quelque chose. Après tout, on est là pour ce que la science pourrait apporter – un peu comme dans Numb3rs où on venait pour les maths. Or, là, la science est mise de côté avec juste la révélation du résultat de l’expérience – ils mentent tous quand on leur dit qu’ils ont été filmés en train d’abîmer du matériel lors d’un moment où ils devaient aller vite à un autre endroit – parce que c’est ce qui permet à l’épisode d’avancer.

La détective sur l’affaire n’est pas trop convaincue pour autant que c’est la même chose que lors d’une confession de meurtre. Ce n’est pas grave : ça conforte Alec dans ses certitudes. Il décide donc de poursuivre l’enquête autant que possible : il se rend donc dans une réunion pour alcooliques anonymes où Dylan se rendait régulièrement. À partir de là, je tenais mon coupable : le parrain de Dylan.

Alec n’en arrive pas si vite à la même conclusion que moi, et pourtant, tout se dirige vers là avec un jeton de cinq ans de sobriété retrouvé sur la scène du crime, là où les deux protagonistes, Dylan et Jasmine, n’en sont qu’à quelques mois. Je trouve ça gros que personne ne cherche plus loin l’origine de ce jeton, pas même Alec.

Pour leur défense, ils sont perturbés par l’arrivée d’une influenceuse rivale de Jasmine dans l’histoire, parce qu’évidemment Jasmine était une influenceuse. Si elle ment et que la révélation du mensonge est marrante à suivre, on voit rapidement que c’est une fausse piste cette dispute entre influenceuses. Elle permet de prouver une fois de plus qu’Alec est malin et fait attention aux détails. Dans le même genre, à la réunion des AA, Alec est plutôt marrant à expliquer comment on fait soudainement attention au bruit de fond lorsqu’il est question de sexe ou d’un nom que l’on connaît. C’est comme ça qu’il attire l’attention de ceux connaissant le nom de Dylan. Et ça fonctionne.

C’est comme ça que moi j’ai trouvé mon coupable. Alec met du temps à s’en rendre compte, mais l’enquête le ramène une fois de plus aux AA où il finit par comprendre que Ray doit être le coupable bien planqué. Il lui rend son jeton de cinq ans de sobriété et fait aussitôt appeler Marissa pour qu’elle vienne sur place.

Il fait bien. Quand il confronte Ray, ce dernier sort aussitôt un flingue – l’arme du crime. Pour un personnage intelligent, il se met en danger sans raison là. Le voilà pris en otage, mais le genre d’otage que personne n’aimerait avoir : il papote tranquillement avec Ray et lui souligne toutes les mauvaises décisions qu’il est en train de prendre.

Ma foi, ce ne sera pas la série du siècle. Alors qu’Alec conduit, Ray lui donne des coups de poing et confesse peu à peu ce qu’il s’est passé. Nous n’avions pas besoin de tant de détails, en plus, parce que j’avais de toute évidence un coup d’avance sur le personnage. Ce n’est pas compliqué : Ray a donc tué Jasmine, puis s’est servi de la confiance que Dylan avait en lui pour le droguer, le faire rechuter et le faire accuser.

Simple et efficace. Une fois que la confession est faite, Marissa débarque en voiture, mais la série n’a pas le budget pour une vraie course poursuite. Voilà donc Alec qui provoque un accident volontaire de manière à neutraliser définitivement Ray. Dylan est alors relâché et tout est bien qui finit bien. On peut même nous vendre un triangle amoureux entre Alec, Marissa (son ex-femme beaucoup trop accrochée à lui) et la nouvelle enquêtrice qui semble vouloir bosser à nouveau avec lui. Je crois que son nom est Bowen… mais franchement, ils ne se sont pas trop souciés de nous faire apprendre les noms des personnages pour l’instant !

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Le fil rouge

En me concentrant sur l’enquête, j’ai volontairement mis de côté dans ma critique une grosse partie de ce pilot qui se concentre sur une intrigue qui sera en fil rouge et qui concerne le passé de notre personnage. En fait, c’est toute sa vie perso que j’ai mise de côté pour l’instant. On découvre donc qu’il vit désormais chez sa sœur, un personnage secondaire qui sera là pour le soutenir quoiqu’il arrive dans sa vie. Je l’aime bien, elle apportera une dynamique intéressante avec le personnage principal – elle le connaît par cœur, elle sait comment lui parler, elle le ramène au monde des émotions. En gros.

Des émotions, le personnage principal en a plein. Seulement, il veut les mettre de côté parce qu’il est aussi perturbé par son passé. Tout au long de l’épisode, on en découvre plus sur lui et ses brûlures. L’origine ? Une bombe a explosé dans une église. Il y a perdu un proche – son frère ? – et obtenu de grosses brûlures dans le cou. L’avantage, c’est que l’enquête menée par le FBI lui a permis de rencontrer Marissa. Oui, parce qu’elle est du FBI, en fait.

Aujourd’hui, son ex-femme a gardé la maison, mais elle est encore amoureuse de lui et pas encore divorcée. Bon, ça, je l’avais déjà dit. Et je crois que grosso modo, c’est tout ce qu’on appris sur le passé du personnage.

On en revient alors au présent et à de vraies questions pour la suite de la série : il fallait un fil rouge et on l’obtient quand le poseur de bombe, un certain Wes, demande à être libéré plus tôt que prévu. Lors de l’audience, tout se déroule à merveille et il est prêt à être libéré, mais il aperçoit alors quelqu’un dans le cadre d’une porte. Il n’en faut pas plus pour qu’il exprime aussitôt son souhait de commettre d’autres attentats.

Marissa et Alec ont beau courir vite (non), ils ne parviennent pas à rattraper l’homme qui se tenait dans le cadre de la porte. Ils n’ont soi-disant aucune piste pour le retrouver car Alec n’a pas retenu sa plaque, mais ils comprennent en tout cas que Wes n’agissait pas seul. S’il a un complice qui tire les ficelles, l’enquête doit être rouverte… De quoi nous garder Marissa et Alec proches l’un de l’autre un bon moment. Sinon, je vous présente le seul palais de justice de l’histoire des séries qui n’a pas de gardiens ou de caméras de surveillance. J’imagine qu’on nous dira que le chapeau cache l’identité du type – que je soupçonne très fortement d’être le frère d’Alec, pour le bien du drama. L’histoire nous le dira – parce que je pense que je vais continuer la série, elle met en place ses petits rituels déjà, ça va se regarder tout seul.

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