Wizards of Baking… Obviously.

Salut les sériephiles,

Aujourd’hui, je vous parle d’une émission qui n’aurait jamais existé il y a quelques années mais qui, aujourd’hui, semble étrangement inévitable… Harry Potter: Wizards of Baking. Si, si. Sortez vos baguettes et enfilez vos tabliers.

Un concept qui surprend

On connaît tous l’engouement autour de l’univers d’Harry Potter, qui s’étend désormais bien au-delà des livres et des films originaux. Wizards of Baking exploite cette même magie mais la transpose dans un environnement qui pourrait sembler, au premier abord, très terre-à-terre et loin de tout ça : une cuisine. Cette compétition culinaire (une de plus !), diffusée à partir d’aujourd’hui sur Food Network (et disponible en streaming sur Max), réunira neuf équipes de pâtissiers professionnels, prêtes à rivaliser de créativité pour revisiter des recettes inspirées de la saga, des Chocogrenouilles aux Mandragores en sucreries. Ce qui démarque vraiment l’émission, c’est l’utilisation de décors originaux des films, une touche immersive qui fait rêver et qui ravive la magie. Puis, on ne va pas se mentir, ça donne envie de tester des trucs…

L’animation de l’émission est confiée à James et Oliver Phelps, connus pour leurs rôles de Fred et George Weasley dans les films Harry Potter. Leur humour et leur complicité naturelle apportent vraiment la touche qui donne envie de tester l’émission (j’avais eu la chance de les voir à Paris il y a cinq ans et je les avais adorés… j’en parlais par ici, et oui, pour une fois, c’est pas sur le blog !). Bien sûr, c’est devenu compliqué Harry Potter avec JK Rowling et je n’ai pas envie d’aller lui redonner de l’argent… Mais les jumeaux Phelps sont vraiment des acteurs chouettes et sympathiques. Ils sont coincés dans des rôles qu’ils ne dépasseront probablement jamais, et c’est leur gagne-pain après tout. Je suis content de les revoir à l’écran, ça aide tellement à vendre le concept ! J’aurais préféré que ça se fasse sans le nom « Harry Potter », je crois (mais est-ce qu’après tout la magie n’est pas aussi ce qui m’attire ?).

Des défis ou un sort ?

Les défis proposés aux pâtissiers dans la bande-annonce rappellent Poudlard, avec des mandragores en bonbons, des potions en cupcakes ou encore des gâteaux reproduisant la cabane de Hagrid. Pas sûr que ça donne vraiment envie de tout tester et tout reproduire chez soi (surtout que les recettes risquent d’avoir un côté très british). N’empêche que ! Les pâtissiers vont a priori devoir se doter d’un esprit créatif pour transforme chaque défi culinaire en une occasion de montrer leur talent, et rien que ça, ça me donne envie de voir ce qu’ils peuvent proposer.

Pour juger ces merveilles culinaires, l’émission réunit des experts du monde de la pâtisserie, mais également quelques invités spéciaux. Parmi eux, des acteurs emblématiques de la saga viennent jouer les goûteurs, ajoutant inévitablement une note de nostalgie qui donne envie de la regarder : Bonnie Wright (Ginny Weasley), Evanna Lynch (Luna Lovegood) ou Warwick Davis (Flitwick) sont ainsi annoncés.

JK Rowling a peut-être ch*é sur mon enfance ces dernières années, mais ces acteurs non. Les revoir à l’écran, les revoir ensemble ? Ca me vend du rêve. Je me demande inévitablement à quel point Rowling en tirera des bénéfices, mais j’ose croire que ce ne sera pas trop le cas comme elle a revendu pas mal de ses droits à Wizarding World.

Alors, est-ce que je regarderai ?

Je ne peux pas mentir : je ne suis pas encore décidé. Je suis vraiment partagé : je n’en regarde jamais des compétitions comme ça, c’est une vraie perte de temps et, vraiment, même si Harry Potter est une partie de moi que je ne peux pas faire taire quoique je fasse (c’est mon enfance, c’est dans mon ADN cette saga, je sais que je vois le monde à travers un prisme potterhead), les propos de JK Rowling sur Twitter me dérangent trop pour que je sois totalement apaisé.

Ce qui est sûr, c’est que quand j’ai vu passer le concept la première fois, j’ai rigolé et suis passé vite à autre chose. La deuxième fois, j’ai regardé la bande-annonce d’un oeil que je pensais distrait… et qui finalement a été happé. Avec des créations magnifiques et des guests que j’aime, l’émission sait déjà surprendre et émerveiller avant même d’être diffusée.

Cela ne m’étonnerait donc pas qu’elle devienne rapidement un fond sonore – et qui sait ? Elle m’inspirera peut-être pour le repas de Noël… La période choisie pour la diffusion est franchement idéale. Moi qui ne regarde jamais ce genre d’émissions, je sens que je vais me faire avoir par ce marketing tout pété et tout Potterhead.

Elemental : feu d’artifice ou pétard mouillé ?

Salut les cinéphiles,

Après une semaine chargée et interminable, avec en prime quelques émotions, j’ai décidé de me détendre en regardant le dernier film d’animation de Pixar, Elemental – ou Elémentaire en VF. Et je dois dire que c’était une belle manière d’entamer mes vacances – laissez-moi y croire, je ne fais plus cours, j’ai décidé que j’y étais même si c’est entièrement faux !

L’avis sans spoiler

Pour ceux qui ne connaissent pas encore, Elemental nous emmène dans un monde où les éléments naturels vivent en ville. Le film suit l’histoire d’Ember Lumen, un élément de feu, et Wade Ripple, un élément d’eau, dont la rencontre va tout bouleverser – ou au moins bouleverser leur vie. Le film explore leur relation, ainsi que leurs interactions avec leur environnement et leur famille.

C’était très sympathique, très beau à voir, mais pas forcément aussi percutant que je l’aurais souhaité en ce qui concerne l’intrigue et les messages du film. Elemental est un film visuellement époustouflant qui aborde des thèmes importants, mais il y a plusieurs messages et c’est peut-être le problème : c’est un peu brouillé et il est difficile d’être pleinement embarqué dans les émotions tant le film joue sur plusieurs tableaux.

Malgré tout, Elemental reste un film à voir, ne serait-ce que pour sa beauté visuelle et son univers original. Et puis, c’est un film qui peut être apprécié par tous, quel que soit l’âge ou la situation. Que vous soyez en famille, seul, en couple ou célibataire, ce film a quelque chose à offrir. Il est parfait pour un rendez-vous amoureux, avec son mélange d’aventure, de romance et de moments touchants, mais il est aussi assez simple et divertissant pour être apprécié par les enfants…

Allez, si vous l’avez déjà vu, on peut continuer d’en parler ensemble histoire que je vous donne un avis plus détaillé… Attention, vous l’aurez compris, dans la suite de cet article, il y a quelques spoilers !

Une animation époustouflante

Le film est une véritable merveille visuelle, avec de superbes paysages et des moments marquants entre les personnages. C’est un véritable spectacle visuel. Des scènes comme la découverte de la ville, le tour en montgolfière, l’opposition eau/feu lorsqu’Ember et Wade se touchent, l’exploration sous l’eau avec la floraison et tous les moments avec du verre soufflé sont particulièrement marquantes. La technique et les effets spéciaux sont impressionnants, au point où j’ai même eu l’impression de voir une photo plutôt qu’un dessin animé lors de la scène du barrage qui cède, par exemple. C’est déstabilisant et impressionnant à la fois !

Un autre point positif est que l’univers est original tout en étant facile à comprendre – et facile à mettre en place. En fait, c’est peut-être la plus grande réussite du film : la mise en place de l’univers est impressionnante, avec beaucoup de décors et détails pour un dessin animé ! À cet égard, le générique de fin est un vrai plaisir à regarder, parce qu’il permet de voir la quantité de travail effectuée pour que cet univers regorge de détails (et de jeux de mots faciles et stupides, mais j’en suis friand, vous vous en doutez !).

Au-delà d’Ember et Wade, il y a aussi toute une galerie impressionnante de personnages secondaires : on sent qu’il y a là des pistes à explorer pour de futurs courts-métrages, et je ne doute pas qu’ils le feront. En attendant, c’est un film qui stimule beaucoup l’imagination et ça fait du bien ! Cela dit, malgré ces nombreux personnages et comme dans beaucoup de Disney ou Pixar, les couples (à la fin notamment) semblent un peu forcés et provoqués par manque de choix. Si je n’aime pas les triangles amoureux, là on a un peu l’impression que Wade est le seul prétendant crédible pour Ember, parce que le petit qui la harcèle avec ses fleurs sous les aisselles, c’est marrant, certes, mais ça ne risquait pas de la faire vibrer !

Quelques déceptions

Bref, le film représente aussi quelques déceptions et n’invente pas l’eau chaude. Ainsi, les designs des personnages m’ont laissé parfois sceptique, à l’image de l’intrigue. Par exemple, j’ai une petite déception pour les nuages et le vent, assez basiques et très peu développés. Pas fan non plus des scènes de sport aérien… Tout le monde n’est pas capable d’inventer aussi bien que le Quidditch de toute évidence !

Ember et Wade sont des personnages très intéressants séparément, mais leur dynamique n’est pas toujours crédible. Leur romance semble un peu précipitée et forcée, comme si Wade était le seul prétendant crédible pour Ember. C’est un peu décevant, surtout dans un film qui par ailleurs brise certains clichés sexistes avec un personnage masculin qui n’hésite pas à montrer ses émotions – les torrents de larmes finissent même par être un running gag lourd… ce qui les empêche d’avoir la dimension émotionnelle attendue dans une des scènes de fin en ce qui me concerne. Ainsi, l’évolution d’Ember est certes très efficace, mais je regrette qu’en 2023, il lui faille un copain pour enfin s’affirmer. Certes, Wade est un garçon qui casse beaucoup les clichés sexistes à évoquer ce qu’il ressent, mais il reste le sauveur de la demoiselle en détresse (et de la flamme) qui aurait pu, il me semble, s’en sortir sans lui.

En parlant de déceptions, parlons d’ailleurs de l’intrigue. Bien que classique, elle aborde des thèmes importants comme l’immigration, l’identité et le sacrifice. Le film parle d’immigration de manière originale avec la famille d’Ember qui représente en fait l’immigration asiatique aux USA. Si cela reste un point fort du film, j’ai trouvé décevant que ce soit fait avec moins de subtilités et nuances que d’autres films récents, comme Turning Red ou même Over the Moon de Netflix. J’aurais aimé voir ce dernier au cinéma d’ailleurs… Là où je me dis qu’Elemental aurait pu être vu sur mon canapé sans que ça me dérange car j’ai une télévision HD (un peu comme pour Soul).

Le début du film est néanmoins très touchant, montrant l’évolution de la famille d’Ember, ce qui rappelle le film haut (d’ailleurs mis à l’honneur par un court-métrage sympathique juste avant la projection). La dynamique familiale reste efficace pour l’héroïne, avec une volonté de plaire à/d’être acceptée par son père qui se voit durant tout le film. C’est l’inverse de Wade, à la famille très réussie aussi mais avec une dynamique différente (plutôt famille nombreuse, riche et libérale, ouverte d’esprit sur la relation entre Wade et Ember). Malgré tout le positif, tout ça n’est pas vraiment exploré autant que ça le devrait, donnant l’impression de rester souvent à la surface – un comble pour ce film.

Après c’est un film qui aborde beaucoup la notion de sacrifice – sacrifice personnel sur le moment pour le bien sur du long terme – alors c’est peut-être normal de sacrifier certains aspects présentés pour en mettre d’autres en avant. Cependant, comme je le disais en introduction, ça a fini par me poser problème, en donnant l’impression que le film voulait trop en faire. À jouer sur tous les tableaux, Elemental finit par manquer d’âme et d’émotions à certains moments-clés – ou plutôt, moi, en tant que spectateur, je n’ai pas réussi à ressentir ce qu’on voulait me faire ressentir.

Pour finir cette partie sur mes déceptions, terminons sur une note musicale. La bande sonore, composée par Thomas Newman, est très bien, même si elle ne m’a pas spécialement marquée. En fait, je dirais même que j’en retiens surtout le générique de fin qui est sympa – la chanson est très bien et finira dans ma playlist Spotify du mois de juin – mais bon, il n’est pas par Thomas Newman. La majorité du temps, la musique originale du film est effacée ou mise de côté pour des chansons. C’est un choix qui fonctionne… mais un peu décevant pour un film d’animation, dont je retiens souvent l’univers musical habituellement.

En bref

Malgré quelques défauts, Elemental est un film que je reverrais probablement, surtout pendant une période de vacances. Il a tous les éléments d’un bon film de Noël : une histoire touchante, des personnages attachants et une animation, je le redis, époustouflante. Je le recommande donc à tous ceux qui ont l’occasion de le voir.

Cependant, bien que l’expérience du cinéma ajoute toujours quelque chose de spécial, je ne pense pas que ce soit nécessaire pour apprécier ce film si vous avez un bon écran HD chez vous. Que vous le regardiez sur grand écran ou en blu-ray/streaming à l’occasion dans quelques mois, Elemental est une expérience à ne pas manquer pour une soirée où vous aurez envie de passer un bon moment avec un brin de féérie. Bref, pas un pétard mouillé, mais pas le feu d’artifice du 14 juillet non plus !

Quibi ou l’histoire d’un échec ?

Salut les sériephiles confinés !

Vous avez remarqué que pour le 28e jour de confinement officiel, Macron a proposé 28 nouveaux jours de confinement ? C’est beau, d’une certaine manière. Il n’empêche qu’il est temps pour nous de considérer ce qu’on va faire de ces nouvelles longues journées coincées chez nous. Je n’ose imaginer le pic de déménagement qui va suivre cette période, mais moi, ça m’a juste confirmé que j’étais heureux de mon choix d’appartement.

Qu'est-ce que Quibi? Date de lancement, prix, fonctionnalités et ...

S’il y en a qui doivent regretter leur sort, en revanche, c’est bien les décisionnaires derrière Quibi : la nouvelle plateforme de streaming, lancée aux États-Unis et soi-disant en France le 6 avril dernier, n’est pas du tout adapté au confinement. Et pour cause : l’application est nommée ainsi car elle propose des « Quick Bites », des « bouchées rapides » d’épisodes et d’émissions à consommer. Oui, oui, à consommer : des morceaux de moins de dix minutes chaque jour, c’est vraiment de la société de consommation de base.

D’ailleurs, c’est tellement la société de consommation que l’idée était surtout d’accompagner les personnes qui prennent le train régulièrement dans leur déplacement : ainsi, le vrai plus de cette application par rapport à une autre est qu’on peut la regarder uniquement sur son portable, et qu’elle s’adapte à la manière dont on tient le portable. Ainsi, on peut voir les vidéos au format paysage ou portrait. Ca change. Le côté visionnage en portrait, c’est très gadget, mais c’est vrai que ça peut s’avérer pratique.

CES 2020: C'est quoi Quibi, le service de streaming qui veut ...
Concrètement, on perd des choses en mode portrait, mais pour quiconque ayant déjà regardé une vidéo dans les transports ou dans la rue, vous savez que ça peut être utile. Après, c’est totalement gadget et surtout totalement « temps de cerveau disponible ». Mieux vaut être prudent et regarder ce qui nous entoure, franchement !

En revanche, si c’est un vrai plus quand on voyage, c’est totalement naze quand on est confiné. Le vrai problème, c’est que c’est visible « uniquement » sur portable : impossible de le voir sur plus grand écran. Et c’est là que c’est un vrai problème, parce que quel intérêt quand on est coincé chez soi de voir tout ça sur petit écran. En plus, les programmes proposés sont les mêmes que ce qui passe à la télé : la luminosité est loin d’être exceptionnelle, donc on décharge complètement les batteries à mettre la luminosité du portable au maximum… Sans parler des notifications d’autres applications qui continuent inévitablement d’apparaître à l’écran si vous êtes du genre, comme moi, à être harcelé par Whatsapp, Snapchat, Twitter, Messenger, Facebook, Instagram… OK, je cherche un peu !

Il y a des gros défauts sur lesquels il faudra que Quibi se penche, parce qu’on est plus frustré de ne pas pouvoir les voir sur nos grands-écrans avec lesquels on est confiné. Cela dit, la plateforme marque de cette manière un sacré bon point : les pirates du streaming ne se sont pas encore adaptés et les épisodes sont introuvables en-dehors de son application. Ca ne durera pas… Un peu comme Quibi, si vous voulez mon avis le plus sincère.

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Et alors que je m’apprêtais à publier l’article, j’ai reçu une notification Google (oui, encore un truc qui me harcèle) annonçant que Quibi envisageait justement de changer de stratégie pour qu’on puisse regarder aussi la télévision. Soi-disant, c’était prévu de longue date… Ils avaient juste oublié de prévenir !

Franchement, la plateforme propose actuellement trois mois gratuits, suivis d’un abonnement à 8 euros 99 par mois. 8€99 pour voir des vidéos sur son portable uniquement et avec un catalogue 100% original très peu fourni pour l’instant ? Hum… Les projets sont très intéressants, mais le prix est totalement excessif pour ce que c’est.

Surtout en France, d’ailleurs ! Vous vous souvenez probablement que j’ai écrit « soi-disant sortie en France le 6 avril » plus haut ? C’est que je trouve ça gros : oui, l’application est bien disponible sur le store, mais elle ne l’était pas encore quand j’ai regardé le matin de la sortie. Et maintenant qu’elle l’est, tous les programmes y sont disponibles en anglais, sans version française. Si ce n’est pas un souci pour moi, je trouve vraiment dommage que les sous-titres n’existent même pas en français. Les quelques rares programmes qui valent le coup d’œil ou sont intéressants pour des français ne connaissant pas vraiment les personnalités mises en avant dans certains programmes de la plateforme leur restent tout aussi inaccessibles.

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Du côté des émissions, j’ai repéré sans vraiment regarder une émission de télé-réalité culinaire mené par l’inoubliable Titus de Unbreakable Kimmy Schmidt : Dishmantled. Le concept est sympa : des candidats aux yeux bandés se font jeter de la nourriture à la figure et doivent reproduire le plat qu’ils pensent avoir reconnu comme ça, juste pour le fun. Pourquoi pas. Il y a aussi une émission avec plein de personnalités qui proposent 10 000 dollars à un lambda ayant changé leur vie, mais avec le twist qu’ils doivent à leur tour donner la moitié de la somme à quelqu’un d’autre, histoire de lancer une chaîne. Mignon tout plein.

Après, ce qui m’intéressait le plus, c’est évidemment tout ce qui concerne les séries. Les annonces étaient alléchantes, le résultat est décevant. Je trouve que les productions ne tirent pas du tout profit du format court des dix minutes, bien au contraire. Les scénaristes écrivent comme ils l’ont toujours faits, donc avec un format d’épisodes de 45 minutes (quand ce n’est pas un film)… ensuite redécoupées. Le problème, c’est que ça veut dire qu’on a parfois des épisodes hyper lents qui sont de véritables temps morts où l’on regarde le temps passer plus qu’autre chose alors que d’autres segments vont à toute vitesse.

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Je te donne une bonne raison de pleurer, pour une fois !

Il paraît que j’ai peut-être aussi eu un gros manque de bol : j’ai regardé Survive, dans laquelle je suis à jour ça y est, et Most Dangerous Game qui sont écrites comme ça. La première est un drama lent et psychologique qui mériterait d’être vue d’un coup, en fait, alors que la deuxième semble pour l’instant mieux partie pour tirer parti des épisodes de dix minutes. Il semblerait que d’autres programmes soient plus adaptées aux dix minutes, y compris dans les séries, notamment When the street lights go on… Dans les projets alléchants à venir, on a aussi une série d’horreur de Sam Raimi ou du Spielberg à voir uniquement la nuit (Spielberg’s after dark). Là aussi, le concept est très sympa et je le comprends bien… mais payer neuf euros pour ne pas voir le programme quand on veut ??

On verra bien, mais tout ça me paraît être la chronique d’un échec annoncé. La plateforme proposant 90 jours gratuits, et même avec ça, elle n’a attiré qu’1,7 millions de curieux. Pas terrible. Après cette période d’essai, j’aurais le temps de voir ça après Survive et Most Dangerous Game. Il semblerait que les saisons ne fassent que dix épisodes, alors en 90 jours, j’aurais eu le temps de les terminer un bon nombre de fois. Du coup, je n’ai pas envie de me lancer dans plus de deux séries à la fois, parce que finalement, des épisodes de 10 minutes qui s’accumulent chaque jour comme ça, ça a vite le potentiel pour me déborder totalement !!

Après, les 90 jours auraient pu être un bon moyen de nous rendre accro… mais là, quand bien même on prendrait des habitudes pendant le confinement, on serait prêts à les perdre en en sortant. Donc ouais, je reviens à mon titre d’article : Quibi va être un échec. Mais peut-être pas qu’à cause du confinement…

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Change de stratégie ! (bon, du coup, c’est ce qu’ils ont annoncé pendant que j’écrivais l’article, je suis devin !)

 

 

Un Netflix européen ?

Salut les sériephiles !

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Quel drôle de titre n’est-ce pas ? Et pourtant, c’est un projet bien français que de créer un « Netflix européen », et pour cause… Cela fait carrément partie du projet présidentiel d’un certain Emmanuel Macron. Sans surprise, la patronne de France Télévisions, Delphine Ernotte a de nouveau mis en avant cette idée (déjà évoquée avant son arrivée) dans un rapport remis à la ministre de la culture, Françoise Nyssen.

Rien que ça. L’idée est assez claire et le nom résume tout, mais ce Netflix européen serait donc une plateforme SVOD de projets européens, avec un partenariat entre les chaînes de France Télévisions… mais aussi de TF1, M5 et Canal +. Pour garantir son succès, ce nouveau projet s’appuierait sur Orange pour que la plateforme soit accessible via les box des utilisateurs de l’opérateur.

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Comment j’imagine les clients Orange découvrant ça.

Cocorico ! Comme il n’y a pas que la France en Europe, cette plateforme chercherait ensuite à signer avec d’autres chaînes européennes, et particulièrement les chaînes publiques du nord de l’Europe (ouf !). Ainsi, la plateforme pourrait mettre en avant des productions européennes de qualité, mais aussi proposer de nouvelles coproductions.

Le problème officiel de ce projet est la difficulté qu’ont les chaînes à se mettre d’accord, surtout qu’il y en a qui rêve de gloire solitaire (Canal + par exemple, puisque Vivendi veut créer sa propre plateforme). Le problème officieux qui me paraît évident pour le moment est le catalogue. Je ne me sens pas prêt à payer pour avoir accès aux productions françaises de la télévision : si je ne regarde pas la télé française, ce n’est pas pour rien. Certes, nous avons eu cette année, de jolies découvertes (Quadras notamment), mais pas de là à aller payer un abonnement.

Le côté « chaînes nordiques » devrait en convaincre déjà un peu plus, car leurs séries sont réputées. Et puis, s’ils arrivent à se choper Skam, peut-être qu’ils gagneront quelques abonnés. Enfin, a priori pas encore de quoi faire peur à Netflix !

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Et c’est un peu à ça que ça ressemble pour l’instant…

Enfin, un dernier problème flagrant dans tout ça, mais ça n’engage que moi, c’est le simple fait de parler d’un « Netflix européen ». Sérieusement ? Copier tant que vous voulez, vous n’égalerez pas si vous n’y mettez pas du vôtre ou de l’originalité. Si l’idée est de faire payer pour un contenu moins bon et une pâle copie d’un service désormais très au point, ça ne fonctionnera pas. Il fallait le faire avant l’arrivée du géant en France, sinon. Netflix s’est imposé en innovant, Disney s’imposera grâce à un catalogue de franchises déjà en place. Un projet européen n’a pas grand-chose pour lui en ce moment, et ce n’est pas l’étiquette « Netflix européen » qui sonne clairement comme « Netflix au rabais » qui arrangera tout ça.

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Coucou Yoda. Un jour, je regarderai Skam.

Plus inquiétant, toutefois, la loi française pourrait rapidement poser problème à Neflix si ce projet venait à voir le jour : elle impose en effet un pourcentage de production française dans le catalogue, et pour le respecter, Netflix s’appuie pour l’instant sur des productions France Télévisions… qui finiraient immanquablement sur cette nouvelle plateforme (on notera qu’Amazon Prime fait pareil et vient d’ailleurs de piquer à Netflix Fais pas ci, fais pas ça). C’est dommage, parce que ça fait une belle pub internationale à la production française d’aller sur Netflix.

Cependant, nous n’en sommes vraiment pas là et il y a encore du chemin à faire pour les chcaînes européennes… une affaire à suivre de loin, quoi. Et puis, après tout, je critique avant d’avoir mal, on ne sait jamais, peut-être que je serais surpris ou qu’un des acteurs du projet tombera sur cet article et rectifiera le tir (lol).