Dead of Summer (S01)

Avis : C’est l’été et qui dit été, dit ambiance ensanglantée nécessaire, avec une savante dose de musiques creepy et de jump scares. Après Preacher ou Outcast (plus adultes) et après Scream (plus ado), il est donc temps d’accueillir sur scène la dernière nouvelle dans le genre diffusée cette semaine : Dead of Summer.

Avec Elizabeth Mitchell au casting, cette série m’a conquis en un rien de temps et j’ai su que je ne voudrais pas passer mon chemin. Côté technique, écriture et création, je retrouve de grands noms, notamment de LOST, comme Adam Horowitz, Edward Kitsis ou Ian B. Goldberg. Forcément, ça attire. Le rôle-titre est par ailleurs tenu par l’excellente Anna de la saison 4 de Once Upon a Time. Quant au titre, il vend un pur produit à consommer pendant les nuits interminablement chaudes d’été, avec le chant des cigales et à la lueur vacillante d’une bougie. Allez, je me sens déjà en vacances quand je regarde la fiche technique sur IMDB.

Bon, y a quand même un énorme bémol : c’est du Freeform, donc je n’attends pas non plus quelque chose d’énorme (je me souviens de ma réaction face à Shadowhunters), mais cette série dans un camp des années 80 promet du bon divertissement à se mettre sous la dent.

Le résultat du premier épisode est mitigé, il va falloir regarder comment ça se développe, parce que c’est parti pour être très, très, réchauffé de ce qui a pu se faire ailleurs. Le casting peine surtout à se démarquer de celui de Scream, qui apparaît déjà comme une grande sœur : on a l’héroïne blonde un peu neuneu (et en plus, elles se ressemblent), le bon pote, le mec faire-valoir, la bonne copine totalement garce, la bonne copine plus sympa, etc. Bref, tout pour faire un slasher, mais pas forcément encore les ingrédients de la réussite…

C’est parti pour mon avis à la semaine, sur chaque épisode, avec spoilers.

01Épisode 1 – Patience – 12/20
I want to make Stillwater as special for everyone else as it was for me.

Le manque flagrant d’originalité dans le synopsis de base est criant, c’est donc sans surprise que Freeform nous livre un pilot très convenu et pas franchement novateur. L’ambiance camp d’été fonctionne plutôt bien, c’est fait pour être regardé la nuit (les ¾ de l’épisode se déroulent dans le noir) après une chaude journée de bronzette et la météo ne me permet pas encore de le faire. L’épisode introduit ses personnages, en se centrant sur Amy, la blonde principale (hop, hop, cliché), qui a même droit à tout un tas de flashbacks dans lesquels sa meilleure (petite ?) amie décède (ou pas ?) dans l’accident le plus con du monde. Perturbée psychologiquement, elle en arrive à convaincre que les hallucinations qu’elle a viennent de ce traumatisme pendant que Joel filme des fantômes sans que cela ne le perturbe plus que ça. J’ai beaucoup aimé l’ambiance musicale de ce pilot et la réapparition d’Elizabeth Mitchell sur mon écran, mais ça s’arrête là pour le moment. Le mystère ne me traumatise pas plus que cela et les premières relations sont très prévisibles… Si ça poursuit sur cette voie, ce sera juste un Guilty pleasure de plus pour l’été, et c’est un peu dommage, même si ça peut suffire.

Semaine 25 : du 20 au 26 juin

Bonjour à tous !

Un nouveau dimanche est à notre porte et quel dimanche ! Une grande partie de nous était devant sa télé cet après-midi, à déprimer pendant 45 minutes et à faire la fête pendant les 45 suivante, après une longue pause de 15 minutes. Bref, la France a gagné son huitième de finale avec un joli 2-1. Cela dit, le foot et moi ne sommes pas de si grands amis que ça… Je vous rassure donc : j’ai largement eu le temps de voir tout un tas de choses cette semaine encore !

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Les inédits de la semaine

Le second épisode de BrainDead m’a totalement fait revoir ma copie sur la série tandis que l’absence de Roadies cette semaine me fait douter un peu de l’efficacité de ce show sur le long terme. Pas le temps de vraiment s’en inquiéter toutefois avec la suite toujours à la hauteur d’UnREAL et surtout la fin de Person of Interest. Difficile de trouver encore de la saveur au reste de la semaine une fois cet épisode visionné, parce que la fin d’une série est toujours un moment un peu difficile. Heureusement, Wrecked (photo ci-dessus) a su trouver les blagues pour m’alléger le cœur et tout ça s’est terminé sur un épisode d’Outcast brillant. En un trois mots comme en cent, le résumé de la semaine : roller-coaster qualitatif.

Vous pouvez consulter les critiques de chaque épisode en cliquant sur le lien ci-dessous :

Silicon Valley (3×09), 16/20
Preacher (1×04), 15/20
Unreal (2×03), 19/20
Scream (2×04), 14/20
BrainDead (1×02), 16/20
Wrecked (1×03), 18/20
Person of Interest (5×13), 20/20
Containment (1×09), 18/20
Cleverman (1×04), 10/20
Another Period (2×02), 15/20
Outcast (1×04), 16/20

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La performance de la semaine

 Sur le modèle de certains blogs américains (et de TVline), j’ai décidé de me mettre en quête du meilleur acteur de la semaine.

Je sais, c’est la deuxième fois que je mets Person of Interest à l’honneur en quatre semaines… C’est aussi malheureusement la dernière fois puisque l’épisode final vient d’être diffusé. Du coup, je me suis dit qu’il était temps de saluer le travail de Michael Emerson, fantastique Harold Finch tout au long des 103 épisodes de la série.

Je ne crois pas qu’il y ait vraiment grand besoin de présenter cet acteur, révélé par son rôle puissant d’Henry Gale dans LOST lors d’une tirade sensationnelle et incroyablement brillante qui s’achevait pourtant sur la question la plus stupide du monde… You guys got any milk ?

Attention, je spoile l’ensemble de LOST : De ce rôle totalement faible d’Henry Gale a émergé la figure de Benjamin Linus, redoutable leader des Autres qui en pinçait pour Juliet. Sans broncher, Michael Emerson a joué toute une palette d’émotions avec beaucoup de justesse sur l’île, de l’amour contrarié à l’amour paternel, de la joie au deuil de sa fille, du calcul froid à l’espoir d’une quête de sens. On quitte le personnage sur l’île où il aide Hurley à diriger pendant des années, acceptant une place de second qui lui correspond bien mieux que celle de leader. En flash-sideways, Ben n’est pas encore prêt à passer de l’autre côté, car il lui faut encore retrouver Alex et probablement Rousseau.

Attention, je spoile l’ensemble de POI : Après LOST, pas le temps de se reposer, Michael Emerson enchaîne aussitôt avec Person of Interest, où il incarne le personnage d’Harold Finch, un riche philanthrope ayant inventé une Machine révolutionnaire capable de prédire les prochains crimes ordinaires. Le rôle est à des décennies de celui qu’il avait dans Lost, ne lui permettant pas vraiment d’exprimer tout son jeu d’acteur. Pourtant, au fur et à mesure de la série, Finch prend de l’épaisseur et se voit attribuer un passé douloureux, avec un amour perdu pourtant encore en vie. Bref, les scénaristes nourrissent enfin l’acteur, lui laissant la possibilité de faire ce qu’il sait faire de mieux.

Dans cet épisode final, il joue donc la performance de la semaine sans le moindre problème : du sacrifice personnel finalement bafoué à l’amour retrouvé, de la douleur de voir sa Machine mourir à petit feu à celle de voir son allié et désormais ami mourir sous ses yeux à sa place, de la culpabilité de ces morts au soulagement d’avoir battu Samaritan, Harold Finch en voyait de toutes les couleurs cette semaine. Et puisque tout ça n’était pas suffisant, il se prenait également une balle pour rajouter encore à sa douleur. Tout ça aurait facilement pu tomber à plat ou être surjoué, mais Michael Emerson a vraiment su trouver les tons et la justesse nécessaire à ces scènes difficiles à voir.

Brillant d’un bout à l’autre de sa carrière, cet épisode est l’occasion ou jamais de saluer un grand acteur, qui a réussi à ne pas s’enfermer dans un seul rôle malgré l’icône qu’il représentait dans LOST. J’espère avoir l’occasion de le revoir dans une autre brillante série un jour !

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Les autres actus du blog

Si vous ne l’avez pas encore compris avec le début de cet article, je ne sais pas quoi faire de vous, mais Person of Interest s’est achevée cette semaine. J’en ai profité pour tirer un grand et long bilan des cinq saisons qui ont su devenir brillantes en partant de (très) loin. Sobrement intitulé « du Bad Code au God Mode », ce qui est une référence à la série, cet article fait le point sur ce qui ne marchait pas et ce qui me hantera encore après la fin de la série. C’est disponible par ici, n’hésitez pas à me laisser votre avis 😉

Par ailleurs, j’ai dégagé, sans trop savoir comment, suffisamment de temps pour me voir l’intégrale de la saison 3 de That 70’s show au cours de ces sept derniers jours. Tout aussi magiquement, la note moyenne de ces 25 épisodes est elle aussi de 15,5, comme pour la 1 ou la 2. Magistrale et constante, cette sitcom est une vraie réussite !

Voilà, c’est tout pour cette semaine ! Je préviens d’avance que les jours à venir sont chargés pour moi et que par conséquent les critiques et avis seront peut-être un peu retardés cette semaine. Pas d’inquiétude, je verrais tout quand même, je suis beaucoup trop accro pour éteindre mon ordi !

À dimanche prochain pour un autre article résumant la semaine 😉

Retrouvez par ici les articles des semaines précédentes

That ’70s show (S03)

Avis : Je viens tout juste de finir la saison 2, c’est vrai, mais j’enchaîne directement sur la 3, parce qu’au rythme où j’allais pendant le mini-défi, c’est difficile de s’arrêter comme ça. Et puis, c’est plutôt rapide de se sentir avancer dans le #ChallengeSeries2016 avec une sitcom, car les saisons s’engloutissent plus vite qu’un drama. Et puis bis, il y avait quand même un sacré cliffhanger en fin de saison 2, même s’il était évident qu’il serait vite résolu : Steven en prison, Jackie amoureuse de lui.

La saison 3 repart sur cette base prometteuse dans un épisode où Red découvre que son fils se drogue lui aussi et qu’il faut qu’il soit plus strict. Ça promet.

Note moyenne de la saison : 15,5/20

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Épisode 1 – Reefer Madness – 16/20
I don’t love you, I don’t like you, I can barely look at you.

Hello Wisconsin ! Excellent premier épisode qui pose les bases d’une nouvelle saison où rien n’a vraiment changé, si ce n’est que Red sera plus autoritaire (au moins pour 3 épisodes, j’imagine). C’est plutôt sympa, notamment l’aspect flashback aux premiers jours de leur consommation de drogue. Jackie continue de péter des câbles toute seule, mais c’est définitivement comme ça que je la préfère. L’épisode est parvenu par ailleurs à resituer l’ensemble du casting de manière vraiment rapide… ce qui a fonctionné pour moi vu que j’ai enchaîné, mais ça aurait pu être galère si j’imagine une pause de deux mois entre les épisodes.

Épisode 2 – Red Sees Red – 17/20
Well isn’t this a happy house ?

Il semblerait que j’ai été optimiste : Red ne sera trop strict que pour deux épisodes. Cela dit, ça fonctionne plutôt pas mal dans cet épisode qui le voit péter un nouveau câble et tenter d’empêcher tout le monde de sortir ou de faire quoique ce soit. Cela provoque des scènes hilarantes, notamment lorsque Donna se retrouve coincée dans la chambre de Laurie avec Kelso, sous le lit. C’est marrant, et ça mène une scène où Kitty s’impose sur Red, scène finale génialissime.

Épisode 3 – Hyde’s Father – 15/20
I sure hope so… Dad.

Dans cet épisode Hyde retrouve son père, sorti de nulle part, et se réconcilie avec lui dans les 10 minutes qui sont consacrées à cette intrigue, au point de quitter le sous-sol des Forman pour aller vivre avec. Rien que ça, sérieux. Un peu énorme comme intrigue. Du côté de l’intrigue B, Donna découvre que les garçons ont tous des magazines pornos sous leur lit, ce mythe américain que je ne comprendrais jamais (car franchement, d’après les sitcoms, tous les mecs ont la même planque et tout le monde est toujours surpris). Bref, tout cela donne un épisode moyen qui peine à faire rire.

Épisode 4 – Too Old to Trick or Treat, Too Young to Die – 19/20
                What if Naked Midge was in the bag?

C’est déjà l’épisode d’Halloween dans cette saison, et ça fonctionne plutôt pas mal : c’est un épisode parodique, à nouveau, de grands classiques, pour une fois. On a donc du côté de Fez, un rapide Horror Picture Show qui termine avec Fenêtre sur Cour, et du côté de Laurie et Kitty Les Oiseaux. Et c’est une vraie réussite, car en plus des parodies, Eric se voit doté d’un vertige gênant et Kelso se fait un remake de la douche de Psychose avec Laurie. C’est juste brillamment drôle !

Épisode 5 – Roller Disco – 14/20
When I get angry I just, I laugh it out : ahahaha !

Cet épisode était plutôt moyen, revenant sur l’obsession de Jackie pour le Roller Disco et la faisant prendre pour partenaire (inévitablement) Fez. Celui-ci hésite à coucher avec elle quand elle boit un peu trop avec la victoire, mais sans surprise, c’est voué à ne pas se faire. De son côté, Red est conduit en justice par Earl, l’employé qu’il a viré en saison 2… parce que oui, Eric et Red bossent toujours ensemble d’ailleurs. Quelques intrigues de la série restent définitivement trop en plan sur plusieurs épisodes, mais bon, je commence à y être habitué après deux saisons.

Épisode 6 – Eric’s Panties – 17/20
I’ve never really thought of Eric as a guy, he’s more like a very masculine girl. Yeah, kinda like you.

Red est force de se mettre au régime pour son propre bien, et ça le rend dingue, mais pas trop encore. En revanche, Donna devient totalement dingue quand elle retrouve une petite culotte dans la voiture d’Eric, et que ce n’est pas la sienne. J’ai honte, mais cette intrigue m’a fait mourir de rire, particulièrement le moment où Midge débarque au Hub pour déclarer qu’il s’agit de sa propre culotte. C’est totalement con, mais ça m’a mis le smile tellement c’est ridicule. Comme quoi, il en faut parfois peu !

Épisode 7 – Baby Fever – 17/20
You are gonna be so cool staying home with our children

Jackie détruit littéralement l’arrière du van de Michael, mais tout le monde s’en fout parce qu’après tout elle lui a payé tellement de trucs quand ils étaient ensemble que c’est lui qui lui est redevable. Mouais. Voilà un bien horrible raisonnement, qui paraît être un simple prétexte pour foutre Kelso en slip, mais bon. De leur côté, les Forman accueillent un bébé à la maison, ce qui pousse Kitty à vouloir un nouvel enfant, puis des petits-enfants. Laurie, totalement dégoûtée au départ finit par ne plus vouloir se séparer du bébé et Eric commet la bourde d’expliquer à Donna qu’il attend d’elle qu’elle s’occupe de leurs futurs enfants. C’est vrai que j’en oubliais presque les années 70 étaient un autre monde. L’intrigue est du coup bien écrite, avec une problématique qui résonne encore et encore.

Épisode 8 – Jackie Bags Hyde – 16/20
Oh my god, he called me a bitch and you hit him and that’s what happened, isn’t it?

Double intrigue dans cet épisode, autour du Veteran’s Day. D’un côté, nous avons le barbecue des parents d’Eric qui s’oppose à celui des parents de Donna, qui le font pour la première fois parce que Bob va être forcé de fermer de son magasin. De l’autre, l’épisode s’intéresse à Jackie et Steven, ainsi que leur possible relation amoureuse. C’est plutôt intéressant d’avoir un épisode qui fait avancer l’intrigue générale : la fermeture du magasin était annoncée depuis près d’une saison et Jackie/Hyde est une intrigue qui traîne depuis longtemps.

Épisode 9 – Hyde’s Christmas Rager – 14/20
Oh you’re caroling! That is so odd!

C’est Noël et Hyde décide d’organiser une soirée chez son père, que l’on oublierait presque tellement il est peu mentionné depuis son arrivée. Qui dit soirée, dit masse d’alcool et les filles s’échappent de cette soirée qui ne correspond pas tout à fait leurs attentes. Ce n’est pas une si bonne idée puisque Jackie se retrouve à draguer un ex de sa mère. Normal. Pendant ce temps, Eric se prend la cuite de sa vie et vomit sur les chaussures de Red au retour. Tout cela nous donne un épisode pas si drôle (à part pour le cadeau de Noël d’Eric) et pas franchement dans l’ambiance Noël pour une sitcom. Un peu décevant.

Épisode 10 – Ice Shack – 16/20
– See Donna, size doesn’t matter.
– You don’t have to tell me.

Drôle d’épisode que celui-ci : les ¾ du groupe se retrouve à pécher, quand Kelso souhaitait juste un double date. L’épisode nous fait croire jusqu’au bout que Jackie et Michael vont peut-être se remettre ensemble, à travers une partie amusante d’un jeu qui ressemble en tous points aux Zamour, aïe, dont Fez est le présentateur. C’était marrant, mais du coup ça laisse le reste du casting un peu paumé. Les parents d’Eric s’inquiètent pour l’avenir de Laurie (totalement random) et Hyde se retrouve avec le drogué dans sa voiture et craint de retourner en prison. Bref, les storylines B & C ne ressemblent à rien et c’est dommage.

Épisode 11 – Who Wants It More? – 14/20
Life is too short to spend it with people who annoy you.

Cet épisode remet Donna & Eric au centre, ou plutôt il remet leurs histoires de cul au centre de la série lorsqu’ils décident l’un et l’autre, suite à une dispute, de ne plus coucher ensemble. Cela se poursuit tout l’épisode avec une métaphore pas subtile sur les relations US/URSS pendant la Guerre Froide. Pendant ce temps, Kelso croit avoir vu un OVNI et c’est encore une intrigue moyenne par rapport à ce que peut faire la série en d’autres occasions.

Épisode 12 – Fez Gets the Girl – 15/20
Boy, I never get tired of hearing your sarcasms.

Laurie continue ses nouvelles études de coiffeuse/esthéticienne pendant qu’Eric se voit nommer employé du mois. Évidemment, ça tombe mal car Donna a des tickets de concert pour le soir de l’inventaire et ne peut donc y aller avec lui. Pas grave, pendant que tout le monde se bat pour y aller avec elle, elle les donne à Fez et à la fille dont il rêve, Caroline. Évidemment. C’est déjà très prévisible comme construction, mais en plus le titre dévoile le twist final et Netflix spoile complétement l’épisode avec son résumé. C’est dommage, j’aurais peut-être apprécié un peu plus autrement.

Épisode 13 – Dine & Dash – 16/20
I love our friends

Kelso piège toute sa bande d’amis en leur faisant croire qu’il payera pour le resto, quand il n’a en fait pas les moyens de le faire. Tout le reste de l’épisode tourne autour de leur fuite du restaurant sans payer, puis de la vengeance de Donna & Eric qui se sont laissés avoir par tous leurs amis en leur faisant confiance. De leur côté, les parents se retrouvent pour un dîner et Bob en veut à Red de ne pas lui avoir proposé un job. Rien d’exceptionnel ou d’original, mais des blagues qui fonctionnent bien malgré une morale douteuse. C’est sympa.

Épisode 14 – Radio Daze – 17/20
Fine, you have a boyfriend. So has Elton John.

Donna décroche un job à la radio locale et entame une nouvelle vie cool, pendant qu’Eric se met à être paniqué à l’idée qu’elle se présente comme célibataire sur les ondes. Red, lui, se débrouille pour faire virer Earl de son nouvel emploi et cela entame le début de ses ennuis pour cet épisode. Les différents gags provoqués par ces situations fonctionnent plutôt pas mal, mais pas autant que Michael qui essaye de racheter la voiture de Leo, finalement donnée à Hyde. C’était un bon épisode plein de gags qui montre que la série ne perd pas son humour même au cours de sa troisième année.

Épisode 15 – Donna’s Panties – 16/20
I love being your girlfriend. If you ever leave me, I’ll kill you.

Eric parvient à se brouiller avec Donna pour la St Valentin en lui baissant son pantalon pendant une partie de basket… Bien joué. Fez, de son côté, continue à flirter avec Caroline, qui se révèle être une grande psychopathe jalouse. L’épisode est sympa, même s’il tourne une nouvelle fois autour des sous-vêtements de l’un de ses personnages. Ça donne un côté un peu répétitif à la série, mais en même temps, ça fait une écriture maîtrisée d’un bout à l’autre. Je suis mitigé sur ce point.

Épisode 16 – Romantic Weekend – 18/20
And by “super hot sex” I mean “let’s talk about your sad problems”

Eric & Donna partent passer un week-end romantique à l’hôtel, où ils tombent sur Red qui est là avec Kitty, pendant que Kelso a de légers soucis érectiles. L’épisode est une vraie réussite, même s’il laisse sur le côté Fez et Hyde. Les personnages sont tous crédibles dans leur rôle et leurs storylines, c’est vraiment sympa à regarder et c’est le genre d’épisode qui fait bien évoluer les relations de chacun, avec une acceptation des parents bien plus poussée qu’avant et un Kelso qui capte enfin ce que Jackie représentait vraiment pour lui.

Épisode 17 – Kitty’s Birthday (That’s Today?!) – 18/20
We were meant to be together she just doesn’t know it yet.

D’un côté, nous avons Kelso qui fait tout pour récupérer Jackie, sans que celle-ci ne comprenne vraiment à quoi il joue. Elle se laisse donc berner par le grand plan de Michael de devenir son ami (friend), dans l’espoir d’un jour redevenir son boyfriend. C’est drôle sans plus, mais ça a le mérite d’être assez bien écrit quand elle lui dit qu’il est la « girlfriend » qu’elle n’a jamais eu parce que Donna s’habille comme une camionneuse. L’autre intrigue est tout aussi juste lorsqu’Eric et Red oublient tous les deux l’anniversaire de Kitty, contrairement à Steven. Les quiproquos sont bien joués et crédibles, l’humour présent.

Épisode 18 – The Trials of Mr.Kelso – 19/20
If you get back with Kelso you better have him tested.

Jackie décide de tester Michael pour savoir si elle peut ou non se remettre avec maintenant qu’il s’est excusé et qu’il est si mature… c’est-à-dire intéressé par elle. De leur côté, Bob et Midge organisent une fête sans inviter leurs voisins, ce que Kitty ne peut tolérer. Enfin, Fez se fait agresser, ce qui justifie d’aller dévaster les vestiaires de l’équipe… des filles, comme Eric, Steven et Fez le découvrent trop tard après avoir été enfermé dedans. Quant à Bob et Midge, leur soirée était une soirée nudistes. Forcément, ça ne donne pas envie d’inviter Red. Et finalement, enfin, Jackie et Michael se remettent ensemble. Oui, enfin. Comme tout le monde j’imagine, j’étais un grand partisan de leur rupture, mais c’est cool de les revoir ensemble en fait. Aucune crédibilité.

Épisode 19 – Eric’s Naughty No-no – 15/20
Aunt Paula, you look great. And so pink.

Les garçons vont voir un film porno au cinéma – triste les années 70 – et Paula, la sœur de Kitty dont nous n’avons jamais entendu parler avant débarque, après avoir finalement réussi sa vie suite à des années de galère où elle a emprunté beaucoup d’argent à Red. Kelso se lance dans une quête de l’honnêteté avec Jackie, pour garder sa conscience tranquille. Quant à Eric, le film porno lui donne des idées qui ne plaisent pas vraiment à Donna. Tout dans cet épisode hurle la banalité et les clichés de sitcoms, c’est assez dommage, bien que marrant à voir. On s’ennuie un peu quand même, mais il y a juste assez de divertissements pour garder l’attention.

Épisode 20 – Holy Craps – 15/20
Word of advice, kid : never marry your high school sweetheart

Kitty embauche Red, Eric, Kelso et Steven à la paroisse, ce qui s’avère être une mauvaise idée quand chacun s’avère plus intéressé par son profit personnel que par les petits vieux dont ils ont la charge, quelle surprise. C’est plutôt marrant sans être révolutionnaire, surtout du côté d’Eric qui apprend pourquoi il ne doit pas se marier avec Donna. De son côté, celle-ci apprend à connaître Caroline en compagnie de Jackie. Les filles se rendent compte à leur tour que Caroline est totalement psychopathe et que Fez ferait mieux de la larguer… Et ça, c’est une intrigue vraiment drôle ! J’adore cette actrice qui est à fond dans son rôle, ça marche très bien et c’est hyper crédible… seulement l’arrivée de cette blonde me fait percuter que ça fait un moment qu’on n’a pas vu Laurie, et c’est vraiment dommage la manière dont elle a disparu du paysage. J’espère qu’on la reverra.

Épisode 21 – Fez Dates Donna – 14/20
I had to be pretty crazy to talk to myself

Un épisode moyen qui voit tout le monde parier sur la prochaine dispute entre Michael et Jackie, pendant que Kitty et Red doivent supporter une autre extravagance de Bob et Midge. Le vrai centre de l’épisode réside toutefois dans les rencards entre Fez et Donna qui visent à faire fuir Caroline, ce qui finit par marcher quand Fez confirme qu’il ne l’aime pas. En bref, c’est un autre épisode qui renforce le couple Donna/Eric, ce qui est sympa mais plus vraiment indispensable à ce stade de la série…

Épisode 22 – Eric’s Drunken Tatto – 13/20
Hi, hello, I didn’t do anything and you look pretty

Et donc on peut reprendre la dernière phrase de mon avis sur l’épisode précédent et l’appliquer à celui-ci, car le principe est malheureusement le même : Eric lit le journal intime de Donna et décide de devenir plus bad boy pour lui plaire, ce qui fait qu’il se retrouve avec un tatouage de piaf jaune sur les fesses. OK. Le grand classique du tatouage dans une sitcom. En parallèle, on nous sert des intrigues un peu longuette sur Jackie entendant Kelso rompre avec elle dans son sommeil (mais en fait non) et sur Kitty & Red qui invite le prêtre à manger avec eux. Moui, sans plus.

Épisode 23 – Canadian Road Trip – 15/20
Hey you found me, you win a beer.

Un autre épisode plutôt moyen à l’approche de la fin de saison (mais bon, de toute manière les fins de saisons dans cette série…). Les garçons s’en vont tous acheter de la bière au Canada, ce qui permet de faire de bonnes blagues sur le pays du grand Nord, un classique des sitcoms américaines. Pendant ce temps, Donna empêche Jackie de se faire arnaquer par une « agent » qui se moque d’elle et Red ne parvient pas à se servir de son magnétoscope puisqu’il oublie de mettre la cassette dedans. Ah les magnétoscopes… Me voilà nostalgique. Rien d’inoubliable, rien de vraiment drôle non plus.

Épisode 24 – Backstage Pass – 16/20
Hey! I’m her full-time gig.

On remonte lentement la pause avec cet épisode qui nous montre une fois de plus l’affirmation de Donna en tant que femme, au plus grand déplaisir d’Eric qui aimerait pouvoir maîtriser tout ce qu’elle fait. Cela se fait par le retour de son travail à la radio, totalement oublié pendant plus d’un épisode. Bon, on s’amuse bien avec Jackie et Kelso qui décident d’avoir une semaine romantique avant de recoucher ensemble et encore plus avec les parents d’Eric se rappelant de leur première fois. Épisode top donc.

Épisode 25 – The Promise Ring – 17/20
We’re together now, isn’t that enough?

Et bien voilà une fin de saison réussie. Michael et Jackie sont plus amoureux que jamais, mais Donna et Eric volent la vedette à l’ensemble du casting, une fois de plus, quand Eric comprend qu’il voit les choses un peu trop grand pour son couple. Donna est effrayée par la bague qu’il lui offre, se sentent enfermée en pleine jeunesse. À quoi bon en écrire des lignes et des lignes quand c’est le sujet d’une infinité d’épisodes de sitcoms et dramas ? On sort totalement de la comédie dans une scène irréaliste de rupture entre deux personnages qui s’aiment pourtant encore. Cette rupture permet de remettre les choses à plat pour la saison 4, qui débutera j’imagine avec une séparation douloureuse et l’envie de remettre les personnages ensemble. Jolie conclusion de saison, même s’il est dommage de voir le reste du casting laissé de côté, une fois de plus.

Person of Interest : du Bad Code au God Mode

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C’est triste, mais il faut bien s’y résoudre : Person of Interest est désormais terminée, nous n’aurons plus jamais un seul inédit à nous mettre sous la dent. Il est donc (déjà) l’heure de faire un grand bilan/analyse sur la série et de se demander ce que l’on retiendra de POI.

Cet article est un peu dans la même veine que celui que j’avais écrit sur The Following, il s’adresse avant tout aux grands nostalgiques (de maintenant… ou qui passeront dans un an). En ce qui me concerne, je n’ai commencé la série qu’en mars et autant dit qu’avoir englouti autant d’épisodes en si peu de temps, ça marque. Il fallait bien que j’en parle.

Dans cet article, je reviens donc sur les cinq saisons de cette série et j’essaye de montrer pourquoi la série m’ennuyait tant à ses débuts (Bad Code) et comment elle est devenue aussi parfaite sur sa fin (God Mode). C’est donc une méga-synthèse des différents articles que j’ai déjà pu rédiger sur la série (vous trouverez les liens dans l’article, n’hésitez pas à y jeter un œil si vous êtes vraiment en deuil de la série), à l’exception bien sûr de l’article marathon, qui n’est jamais qu’un jeu (d’alcool).

 Oui, l’article va évoquer les cinq saisons et les ultimes minutes de la série, mais j’indiquerai au fur et à mesure des paragraphes les saisons dont il est question, pour éviter les spoilers 😉

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Une lente mise en place

Person of Interest a débuté en septembre 2011, dix années tout juste après les terribles attentats du 11 septembre et l’obsession sécuritaire qui s’est emparée des États-Unis, marquant profondément le pays. Il n’est pas donc si étonnant de voir cette série sur une machine surpuissante débarquer à la télévision américaine, dans un contexte qui en fait une Machine (avec la majuscule s’il vous plaît) capable de protéger les citoyens. Bon, on ne va pas se mentir, si vous n’avez jamais regardé la série, il est temps d’arrêter votre lecture. Pour les autres, on va pour l’instant longuement parler de la saison 1, parce que c’est un peu la base, accrochez vos ceintures !

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Numbers of the week : un procedural post-attentat

Il faut dire les choses comme elles sont : la saison 1 (dont j’ai commenté les épisodes dans cet article) n’est pas franchement des plus réussies, ni des plus abouties. Les idées sont là, mais la partie science-fiction n’est pas traitée, mise de côté la majorité du temps au profit d’une enquête de la semaine. Il y a bien sûr le suspens interminable et répétitif de savoir si le « client » de la semaine est du côté des gentils (victim) ou des méchants (perpetrator) et il y a quelques trames de fond (Elias, le passé de John) dont les graines sont plantées ici et là au hasard des épisodes. Cependant, aucun doute possible : l’idée n’est pas de prendre la tête du spectateur avec des problématiques complexes, juste de lui permettre de voir une intrigue complétée en quarante minutes, à la manière des Experts ou de NCIS (cette dernière s’étant, elle aussi, complexifiée avec le temps dans des intrigues par saison).

À nouveau, cette obsession de l’intrigue bouclée est assez facilement rattachable à l’obsession sécuritaire post-attentat. Il est cool de se dire que notre destin est surveillé par une Machine et une équipe (un duo, aidé d’un flic corrompu) qui ne perd jamais (ou si peu). Et la série s’enferme là-dedans sur l’ensemble de sa première saison, sans particulièrement chercher à sortir du schéma du procedural, qu’elle maîtrise parfaitement. Oui, mais voilà, elle a le potentiel d’être beaucoup plus que cela, ça se sent, et ça donne une impression de gâchis par moment – et encore plus quand on voit ce qu’elle devient ensuite (mais eh ! j’ai dit que je préviendrais en cas de spoilers, donc hop, passons au paragraphe suivant !).

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Des personnages sous-exploités ?

Cela pourrait suffire à servir une série un peu moyenne, mais le problème ce que bien souvent les personnages sont sous-exploités dans la série. Ils sont là, c’est vrai, mais leur personnalité est assez « plate ». Ce n’est probablement pas le bon mot, je devrais peut-être en resté à « convenue ». Ces personnages ne surprennent pas, n’échangent pas vraiment sur leur vie (combien d’épisodes avant qu’Harold et Reese n’entretiennent une relation amicale ?). Carter les traque sans qu’on en découvre beaucoup plus sur elle (jusqu’à cet épisode où l’on découvre qu’elle a un fils qui sera ensuite toujours éclipsé et laissé de côté, un peu comme pour Fusco), Fusco justement n’est qu’un flic corrompu pris dans un engrenage qui le dépasse totalement, John est le super-héros américain que rien n’arrête et qui réussit toujours tout ce qu’il entreprend (y compris la drague, sinon c’est pas drôle) et Harold est le plus mystérieux, mais est souvent réduit au personnage du geek. Le vrai problème dans tout ça, c’est que les personnages n’ont que peu l’occasion de se rencontrer et le sentiment d’équipe n’est du coup pas du tout créé au cours de cette saison : nous avons des loups solitaires avec une mission commune, mais ça s’arrête là.

Lors de rares occasions, les personnages se voient un peu plus développés, le plus souvent par des cliffhangers ou le retour de « réguliers », comme Zoe Morgan. Seulement, ça ne dure jamais plus d’un épisode, la série fait souvent marche arrière. Ce qu’il manque surtout, c’est un enjeu un peu plus grand que le numéro de la semaine et des dialogues bien travaillés… Ce qui arrive ! Attention, nous allons maintenant passer à la fin de saison 1… et début de la 2.

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La mise en place de la sérialité : comment Root a sauvé la série

Le premier épisode qui introduit Root dans Person of Interest est très mystérieux : il ne s’agit alors que d’une hackeuse particulièrement douée qui connaît l’identité d’Harold… et qui est oubliée pendant un peu moins d’une dizaine d’épisodes après son introduction. Elle revient enfin pour le dernier épisode de la saison et en constitue le twist final, qui laisse John perdu dans la rue à décrocher le téléphone à la place de la Machine. Je ne sais pas bien si c’est conscient de la part des scénaristes, mais dès lors le personnage de Root devient iconique : sans être méchante, elle parvient à mettre nos héros si parfaits en échec. Et c’est tout ce dont avait besoin la série : un antagoniste à la hauteur, mais vraiment à la hauteur.

Avec elle, Root introduit surtout une grosse part de la mythologie de la série. Elle prend la Machine pour une déesse, la considérant comme une entité à laquelle on peut parler et dont on peut se servir – ou plutôt dont elle peut être le corps. Les premiers épisodes de la saison 2 (commentés par-là) sont plein de concepts autour de la Machine et du fameux « bad code », qui permettent de totalement changer la dynamique de la série… et surtout d’en faire une série, avec des épisodes qui se suivent (les deux premiers de cette saison notamment). Cette sérialité nouvelle permet aussi de développer au mieux les personnages, notamment Finch qui se voit attribuer un passé romantique.

Malheureusement, les producteurs ont vendu un procedural et c’est donc à cette forme qu’ils se tiennent. Attention, il n’y a théoriquement pas de mal à faire un procedural, c’est juste pas du tout mon type de série et, du coup, pas du tout les meilleurs moments de la série. Oui, sauf que les scénaristes semblent être un peu de mon avis et chaque fois que Root revient c’est en amenant avec elle un humour que la série n’a pas habituellement et tellement, tellement de bons moments qui transcendent les intrigues de la semaine qu’on nous sert habituellement. Dit autrement : elle sauve littéralement la série de l’ennui et de la routine dans lequel elle s’était installée malgré elle, au même titre que Zoe Morgan et Leon Tao… mais seulement elle le fait mieux, parce qu’elle parle à la Machine, parce qu’elle a son God Mode et que la Machine semble la comprendre et lui répondre…

Dans la suite de l’article, je vais traiter des saisons 2 et 3, vous êtes prévenus, arrêtez-vous si vous n’êtes pas à jour.

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Faire de la Machine un personnage

Ce sont au cours des saisons 2 et 3 que la série parvient à accomplir ce qu’elle avait toujours tenté de faire sans jamais y parvenir : devenir une série suivie, tout en gardant assez le format du procedural pour continuer de convaincre la chaîne. Tout cela se fait parce que la Machine n’est plus simplement une entité neutre qui nous permet d’accéder au passé, mais parce qu’elle devient peu à peu un personnage central d’un show qui se réinvente.

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Tirer un trait sur le passé

Cependant, pour parvenir à se réinventer de la sorte, la série a dû faire quelque chose de bien difficile : tirer un trait sur le passé. Cela a commencé par les disparitions de Zoe et Leon, ou plutôt par leur absence de plus en plus prolongée. Puis, toute une intrigue s’est terminée autour du passé de John, sans crier gare. La série s’est peu à peu développée pour devenir autre chose, grâce à Root et au développement qu’elle a apportée concernant la Machine. La Machine est en effet devenue un personnage à part entière, avec ses caprices et bugs. La série était donc prête pour l’introduction d’un nouveau personnage, de la manière la plus étrange qui soit : un épisode spécial.

Le 2×16 nous présente donc le personnage de Sameen Shaw, qui s’apprête à devenir l’un des éléments-clé de la composition de la série. Cet épisode se centre uniquement sur son personnage, introduisant relativement tard en son sein les personnages principaux. Et surtout, c’est un épisode qui fait en sorte que Shaw rencontre toutes les cartes importantes, y compris Root, dans une scène de torture au fer à repasser absolument magique (je ne pense pas qu’on puisse me contredire là-dessus). Ce nouveau personnage n’est pas immédiatement présenté comme une partie de l’équipe, elle va, elle vient, mais elle est toujours là quand on a besoin d’elle. Elle a son caractère bien trempé et bien à elle, mais aussi et surtout ses répliques cinglantes. Au même titre que Root, elle ajoute une bonne dose d’humour à la série qui en a bien besoin.

Tout cela n’est pas encore tout à fait suffisant pour faire peau neuve. Les scénaristes le savent bien… et ils décident alors de sacrifier le personnage de Carter, tout en marquant la fin de l’intrigue HR. Et ça fonctionne, d’autant plus que tout cela se fait en début de saison (épisodes 8 et 9, commentés dans l’article sur cette déjà bien meilleure saison 3), dans des épisodes généralement totalement banal et pas marquants à ce point. Ces deux épisodes sont absolument dingues et plein de surprises, jusqu’au couple Carter/Reese, qui aurait pu être attendu à une autre époque, mais que je ne voyais même pas ensemble quand il finit par arriver. Bref, avec cette mort violente, la série tourne définitivement la page du passé et se lance à la poursuite d’autre chose… ses racines (pun intended) « mythologiques » et totalement bercées par la SF !

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Shoot : un fil rouge efficace

Le reste de la saison 3 et le début de la 4 (attention spoilers et commentaires sur la saison 4) a alors été marqué par un relatif retour à la normal. Les enquêtes reprennent assez vite leur banalité une fois le meurtre de Carter élucidé. Oui, mais dès l’épisode qui suit cette fusillade imprévue en pleine rue, Shaw et Root reprennent leur flirt de manière plus flagrante encore que lors de leur rencontre autour d’un fer à repasser. Cela fait déjà une dizaine d’épisodes que ça dure, mais ça s’accélère quand il s’agit de venger Carter. La scène est marquante, Root avec ses deux pistolets, aidée de la Machine et encadrée par Fusco et Shaw… La série possède là une nouvelle base hautement sexy et beaucoup plus scénarisée à long terme.

Oui, Person of Interest décide de nous montrer deux personnages de femmes fortes qui, en plus, en pincent l’une pour l’autre, dans une relation toujours esquissée de manière subtile dans des dialogues de drague un peu lourde aux moments les plus inopportuns. À partir de là, l’attache aux personnages est totalement différente de ce qu’elle avait pu être auparavant : les interactions et dynamiques prennent le dessus sur les missions à de nombreuses reprises. Dorénavant, on assiste aussi à une évolution des relations entre les protagonistes de la série, qui ne se contentent plus de sauver simplement leur numéro du jour… Surtout en début de saison 4 où chacun est séparé et vit sous couverture.

En d’autres termes, le couple Shaw/Root devient un fil rouge que l’on retrouve dans une majorité d’épisodes et qui a une importance toute particulière, aux côtés des développements qui voient le jour avec Samaritan. Parce que, oui, avoir des personnages forts qui interagissent enfin ne suffisait pas et les scénaristes ont su renouveler la série avec un nouvel ennemi qui allait aider à définitivement renverser les bases de la série et la faire rentrer dans sa maturité la plus totale et la plus cool. Le renouvellement se fait aussi par ce principe des couvertures que doivent assurer les personnages et qui fait que seule la Machine reste un personnage inchangé en début de saison 4. Elle permet la transition vers une série très différente, avec une nouvelle base et un nouveau QG.

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La première simulation 

Cette intrigue et ce fil rouge nous amènent en effet à l’écriture du meilleur épisode de la série – ou en tout cas d’un des meilleurs, le 4×11. En effet, au cours de celui-ci, l’équipe Machine se retrouve dans une situation intenable lors de laquelle tout espoir semble perdu d’avance. Root demande alors l’aide de la machine qui va calculer tout un tas de simulations pour tenter de sauver ses alliés. Cet épisode démontre toute l’évolution de la série de la meilleure des manières possibles : la Machine est notre point d’entrée dans l’épisode. C’est le personnage principal de l’épisode, celui dont nous suivons le point de vue, de scènes en scènes, découvrant son désespoir de ne pouvoir gagner comme lors de cette partie d’échec contre Harold et son humour particulier (le baiser entre Root et Fusco).

Mieux encore, la simulation permet l’étude des relations humaines développées comme jamais avant dans les quatre saisons : la relation père/fille entre Harold et sa Machine, le couple Shoot, la relation de Reese avec ses co-équipiers, la place particulière de Fusco, tout est étudié minutieusement dans les simulations de la Machine.

Le calcul des probabilités nous fait trembler en tant que spectateurs car l’on sent bien que cet épisode n’est pas comme les autres : c’est la première fois qu’on découvre autant le fonctionnement de la Machine et la menace plane tout au long de l’épisode. Cela nous mène inévitablement à l’une des scènes les plus atroces (aux côtés de celle de la mort de Carter) où Shaw se sacrifie pour sauver l’équipe, après avoir finalement cédé aux avances de Root. Inattendu baiser attendu pendant des heures, cette scène nous retire tout le plaisir de voir ces deux personnages enfin ensemble et commence une ère bien sombre pour la série.

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« We might as well be a symphony »

Alors que la série a pris un temps monstre à se développer pour devenir autre chose, les audiences n’ont cessé de chuter. C’est peut-être pour ça que les scénaristes décident étrangement de faire ce qui s’apparente à une marche arrière dans la deuxième partie de la saison 4…

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L’interminable recherche de Shaw

Interminable est un euphémisme à ce stade ! Root passe deux ou trois épisodes à ne chercher que Shaw, révélant un côté vengeur qu’on ne lui connaissait pas encore si développé et gagnant définitivement le cœur des fans quand ce n’était pas encore fait. Oui, mais voilà, l’actrice est enceinte et ne peut pas revenir de sitôt. Samaritan la garde donc en otage et nous n’en saurons pas plus. Quant à Root, il est évident qu’elle continue à la chercher et à servir la Machine jusqu’à ce qu’elle ait ses réponses. Normal.

La recherche de Shaw devient un fil secondaire de la saison 4, qui devient même par moment tertiaire. Nous revenons aux épisodes lambdas sur des numéros sauvés par un John et un Harold qui n’interagissent plus vraiment après la perte de leur(s) alliée(s). C’est extrêmement dur à supporter et regarder quand on sait ce que la série est capable de faire quand elle est en forme. Oui, mais voilà, c’est peut-être aussi un effet voulu de la part des scénaristes, de montrer que les bases de la série ne sont pas oubliées. Surtout, les scénaristes nous sèment des indices, exactement comme au cours des deux premières saisons, indices qui sont destinés à nous mettre sur la piste de ce que sera la dernière saison, qui a elle aussi son article consacré, évidemment.

Alors oui, la deuxième partie de la saison 4 est longue, mais elle permet aussi de se rendre compte des progrès de la série et du caractère essentiel de Shaw et Root dans l’équipe. John & Harold semblent galérer à tous les deux et le conflit avec Samaritan se profilent, étant toujours plus menaçant à l’horizon, horizon qui se rapproche bien vite sur la fin de saison.

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Une série qui exploite pleinement son potentiel

Tout cela nous fait arriver au début de la saison 5 dans laquelle la Machine est finalement cassée, non fonctionnelle. La situation se renverse totalement, c’est l’équipe qui s’occupe désormais de la Machine et non la Machine qui s’occupe de les envoyer en mission. Cela fonctionne très bien, malgré l’absence de Shaw toujours. Avoir ce but commun rapproche notre équipe qui sait mener un combat qui ne peut que mal finir pour eux.

C’est dans cette saison 5 que les scénaristes dévoilent tout le potentiel de ce qu’ils ont entre les mains avec l’affrontement de ces deux machines que sont Samaritan et la Machine. L’une et l’autre sont capables de calculs que le cerveau humain ne peut accomplir et permettent donc des simulations qui remettent tout en question et permettent toujours une exploration plus en profondeur des personnages. Le retour tant attendu de Shaw se fait selon ce principe de simulation, nous permettant de découvrir mieux que jamais la vision du personnage et ses sentiments, mais aussi de comprendre la torture qu’elle subit. De simulation en simulation, c’est son réel qui est détruit peu à peu, puisqu’elle se sent perdue dans une suite de simulation. Inception ? Un peu, oui.

Le spectateur est peu à peu perdu lui aussi dans les simulations que subit Shaw. Chacune de ses scènes est surplombée d’un énorme « ET SI ? » aussi désagréable qu’il est brillant. Les scénaristes jouent avec les possibilités, avec les scénarios, avec les personnages et tout cela est purement le « God Mode » qu’on nous vendait en saison 2. Oui, les scénaristes ont atteint le God Mode, ils peuvent nous amener où ils veulent, dans une direction que l’on veut voir (Shoot) pour mieux nous la retirer aussitôt. Tous les personnages se complètent à merveille dans cette saison, les sacrifices s’enchaînent et ne se ressemblent pas. L’ajout des simulations, découvertes en saison 4, à l’écriture de la série fait exploser son potentiel au grand jour.

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Le dernier arc : un renouvellement assuré.

La série se lance alors, lorsque Shaw retrouve enfin l’équipe dans un épisode qui paraît presque bâclé après tant d’attente et de simulations, dans son ultime arc. Évidemment, cet arc commence presque immédiatement par la mort de Root, que l’on sentait venir depuis le début de saison, une fin heureuse ne semblant pas trop crédible à la fois pour le personnage et la série. Cette mort permet de donner une voix à la Machine qui devient, encore plus qu’avant, un personnage à part entière du casting, avec ses motivations et ses secrets.

Les derniers épisodes nous révèlent alors que la Machine a mise en place une autre équipe (au moins) constituée des anciens numéros qui furent secourus par Reese et Finch tout au long des cinq saisons. Le renouvellement de la série est assuré : même en cas de défaite, le spectateur sait que la protection et le combat continuent. C’est une trouvaille parfaite, qui permet d’imaginer Zoe et Leon continuer à faire le même boulot de leur côté et de donner un peu d’espoir dans une fin très sombre.

Tout cela se fait sans perdre pour autant de vue les simulations qui ont permis de créer tant de suspens et de grands moments tout au long de la saison 5. Finch envisage d’arrêter définitivement sa machine et de dernières simulations nous permettent de découvrir ce que chacun aurait fait sans l’existence de la Machine, et ce n’est pas bien consolant de savoir qu’ils auraient tous mal fini. Harold désactive finalement son bébé et cela nous permet d’atteindre les adieux ultimes…

Sans grande surprise, le dernier épisode voit la Machine agoniser et l’équipe mener le dernier combat contre Samaritan, avec son lot d’adieux et de rebondissements. John finit par mourir, se sacrifiant pour la Machine, ce qui est la seule issue vraiment possible pour le personnage. Tous les autres terminent sur une note d’espoir : Fusco reprend sa vie et Harold retrouve enfin Grace, une scène que nous ne voyons pas vraiment mais qui est suffisante pour imaginer le bonheur à venir du personnage, dans une vie tranquille, au moins pour un temps. L’ultime combat contre Samaritan est remporté par la Machine et, contre toute attente, celle-ci est parvenue à survivre à sa destruction : le dernier épisode se termine donc sur la résurrection inattendue de la Machine qui contacte aussitôt Shaw. Root voulait être une symphonie avec elle dans l’univers des possibilités, c’est désormais chose faite : la Machine a conservé la voix de Root et contacte Shaw en priorité pour reprendre le travail. C’est la plus belle des fins ouvertes possibles, qui laisse place à la possibilité de spin-offs, remakes et de films, sans pour autant nous laisser frustrés ou dégoûtés.

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Ce sourire de Sarah Shahi est une conclusion merveilleuse aux cinq années de la série, il représente bien ma réaction à ce final, tout en montrant bien l’évolution de Person of Interest et de ses personnages. Certes, les débuts étaient clairement du Bad Code pour moi, mais il est tout aussi évident que tout cela se termine en God Mode. Ce n’est pas un adieu, c’est un au revoir en attendant la prochaine simulation ou la prochaine fois que je me replongerais dans les meilleurs moments.