Besoin d’un résumé des Animaux Fantastiques et des Crimes de Grindelwald ?

L'affiche officielle met en avant Poudlard et le phénix - Les Animaux Fantastiques : Les Secrets de Dumbledore (actualité)Salut les cinéphiles,

En ce mercredi, Les Animaux Fantastiques : Les Secrets de Dumbledore sort au cinéma.

Et si le titre nous confirme bien que cette nouvelle saga n’a quand même pas grand-chose à voir avec Newt Scamander/Norbert Dragonneau et tout à voir avec Dumbledore/Grindelwald, je dois bien vous annoncer tout de suite que j’ai adoré ce troisième volet.

Je nuance immédiatement : il est meilleur que les deux premiers, mais tout de même plein d’innombrables défauts, à commencer par un manque de cohérence avec le matériel d’origine, la saga Harry Potter.

Vous passerez quand même un bon moment en allant le voir… si vous vous souvenez des premiers.

Des reports incessants

Fantastic Beasts: The Crimes of Grindelwald [Edizione: Regno Unito] [Import]: Amazon.fr: DVD et Blu-rayEt là, ça commence à blesser. Alors que les films devaient sortir à deux ans d’écart, cela fait quasiment quatre ans que Les Crimes de Grindelwald a été diffusé en salle. Bien sûr, il y a de bonnes excuses (ou pas) pour cela : le covid, principalement, mais aussi le scénariste des films Harry Potter embauché pour aider JK Rowling à écrire un film plutôt qu’un roman (un gros problème de rythme dans les premiers), les propos transphobes de JK Rowling, les acteurs du film qui critiquent ces problèmes et enfin les scandales autour de Johnny Depp, qui a finalement perdu le rôle de Grindelwald.

L’ironie du sort veut que son procès pour diffamation contre Amber Heard commence au moment de la sortie de ce troisième film… mais bon, il était peut-être temps d’arrêter de décaler la sortie.

Toujours est-il qu’au milieu de tout ça, vous êtes peut-être perdus et avez besoin d’un résumé pour vous rappeler où on en était, surtout que vous allez probablement lire que ce troisième volet est meilleur, donnant envie de s’y remettre.

Voilà donc dans cet article les informations essentielles dont il faut se souvenir, personnage par personnage, point par point ! Je regrette de ne pas l’avoir écrit avant : hier soir, juste avant le début du film, les gens derrière moi m’ont demandé un récap… J’ai fait le brouillon de l’article dans ma tête comme ça, mais c’est frustrant de ne pas avoir fait ma pub. N’hésitez pas à la faire pour moi, vous me connaissez :’)

Le résumé par personnage

Revealed: The Fantastic Beasts: Secrets of Dumbledore posters | Wizarding WorldNewt/Norbert est magizoologiste, c’est-à-dire qu’il s’occupe d’animaux fantastiques, les étudie et écrit des livres sur eux. Il s’est fait une bonne réputation grâce à son dernier bouquin. Proche de Dumbledore, il est embarqué par celui-ci dans une mission qui le rapproche sans cesse de la lutte contre Grindelwald. Il emmène avec lui ses animaux fantastiques dans sa valise magique qui ne le quitte jamais, à commencer par le Niffleur (un animal attiré par l’or) et Pickett (un Botruc, sorte de brindille connue pour être capable de crocheter les serrures)… mais il embarque aussi parfois son frère, Thésée/Theseus, avec qui il a une relation complexe (on en reparle plus bas), et Jacob, son… meilleur ami ?

Jacob est un moldu qui n’avait rien demandé (à part ouvrir sa boulangerie) mais s’est retrouvé embarqué par Newt dans une chasse aux animaux fantastiques en plein New-York.Why we can't help but root for Jacob and Queenie | Wizarding World Cela lui permet de faire la rencontre de Queenie, dont il tombe amoureux très rapidement. L’amour entre sorcière et moldu est toutefois interdit aux Etats-Unis, ce qui pose problème pour leur couple.

Les Animaux Fantastiques 2" : il faut que l'on parle des révélations finales
Bien sûr, l’acteur a changé pour ce troisième volet, et c’est un peu dommage que rien ne soit envisagé pour expliquer ce changement de visage dans les films.

Queenie est une sorcière legilimens : elle est capable de lire les pensées des autres, ce qui lui donne un côté loufoque et une réputation de folle qui peut souvent la blesser. Malgré sa capacité à lire les pensées, elle se laisse convaincre par le discours de Grindelwald : celui-ci jure qu’il ne veut pas de mal et n’a que des bonnes intentions. Il insiste notamment sur le fait qu’il souhaite la paix et l’amour, ce que les Moldus ne peuvent permettre : dans Les Crimes de Grindelwald, il utilise sa capacité à voir des images de l’avenir pour parler de bombes nucléaires et de la folie des Moldus. C’était là toute la force du film : son discours d’extrême était parfaitement rôdé.

Grindelwald est donc plutôt en position de force au début du troisième film. Il est toujours recherché internationalement comme criminel et meurtrier, bien sûr, mais il a de plus en plus d’adeptes prêts à tout pour lui. Fantastic Beasts 2': Credence Barebone Twist Explained – The Hollywood ReporterParmi ceux-ci, il y a Credence/Croyance.

– Ce dernier décide en effet de laisser de côté Nagini (qui est une Maledictus destinée à se transformer définitivement en serpent… de Voldemort) et Paris, afin de faire confiance à Grindelwald, qui s’occupe à nouveau de lui. Grindelwald y voit son intérêt : il affirme à Credence qu’il est Aurelius, le frère caché d’Albus Dumbledore, puisque le phénix de la famille Dumbledore est venu à lui.

Fantastic Animals 3″: reveal scene of the blood pact between Dumbledore and Grindelwald - Pledge TimesSi ça intéresse tant Grindelwald, c’est aussi parce qu’il souhaite que Credence tue Dumbledore. Le mage noir ne peut en effet s’en charger lui-même : il a passé un pacte de sang avec Dumbledore, de manière à s’assurer protection mutuelle. Quand ils étaient jeunes, ils étaient en effet des amis très, très proches (bon, JK Rowling a dit qu’ils étaient amoureux, hein, mais elle peine à nous le montrer dans les deux premiers films…) et ont passé un pacte, contenu à présent dans un collier. Credence, lui, a les pouvoirs de tuer Dumbledore : c’est l’un des plus vieux Obscurial connu dans le monde de la magie – un Obscurial étant une manifestation magique des pouvoirs d’un sorcier les ayant réprimés trop longtemps, une sorte de jumeau maléfique destructeur et tuant son hôte.

Fantastic Beasts Fan-theory regarding Credence and Tina : r/FantasticBeastsCredence était également proche de Tina, qui l’avait pris en affection lorsqu’il était dans un orphelinat anti-sorciers… Mais bon, ça n’aura pas tellement pas d’impact pour la suite.

Voilà pour le tour des principales choses à se rappeler avant ce troisième film, je pense. Bien sûr, je laisse de côté des aspects importants, mais bon, c’est à peu près tout ce qui me vient comme essentiel à la compréhension des Secrets de Dumbledore.

Les Animaux Fantastiques 2" : une suite sombre qui n'hésite pas à choquerJ’y ajoute tout de même le mystère qui était au cœur du deux : celui de la famille Lestrange. Leta Lestrange, grand-tante (par alliance) de Bellatrix (Black, avant de se marier à un Lestrange), mais surtout amour de jeunesse de Newt et fiancée de Thésée (je vous avais bien dit qu’ils avaient une relation complexe un peu), a ainsi révélé qu’elle avait tué par accident son frère, Corvus, en l’échangeant dans un bateau en direction des Etats-Unis avec… Credence. Oui, un Dumbledore et un Lestrange auraient dû arriver le même jour aux Etats-Unis, croyez-y ou non. Animaux Fantastiques 2 : une promotion axée autour de Yusuf KamaSon grand demi-frère, Yusuf Kama, semble la croire et comprend qu’il ne peut plus venger sa mère en tuant Corvus (pour blesser son père). Leta, elle, se sacrifie pour permettre à Newt et Thésée de s’enfuir face à Grindelwald, leur adressant un dernier « Je t’aime » (mais à qui parlait-elle ? Mystère).

Fantastic Beasts: The Secrets of Dumbledore (2022) - IMDbD’autres choses pourraient aussi être ajoutées à ce résumé, notamment en ce qui concerne les livres et l’histoire familiale de Dumbledore qui a aussi une sœur, Ariana, morte très jeune… mais c’est réexpliqué dans le film, ne vous inquiétez pas, et je trouve que cet article est déjà bien long !

Voir aussi :

Les Animaux fantastiques : récap express & review du premier film

Les Crimes de Grindelwald

Les Mondes Magiques Harry Potter & Les Animaux fantastiques

La Magie du Cinéma #4 : Les Crimes de Grindelwald

Bon film à tous !

Morbius est-il si raté que ça ?

Morbius - film 2022 - AlloCinéSalut les cinéphiles,

Oui, je propose un troisième article cinéma cette semaine, mais c’est parce que j’ai envie d’en parler, parce que je n’ai pas envie de parler du sujet de la soirée ; parce que ça aurait dû être l’article de mercredi dernier et parce que sur la semaine qui arrive, je vais plutôt parler Animaux fantastiques. Bref, c’était aujourd’hui ou dans trop longtemps ; la décision est prise.

Vendredi, j’ai donc ENFIN pris le temps d’aller regarder Morbius en rentrant du boulot. Ça a été déjà compliqué de trouver où le voir d’ailleurs… Le film est un flop en salle et auprès des critiques, ce qui fait qu’il a déjà disparu de pas mal de salles. La concurrence est super rude en 2022… et en même temps, même moi, je vous conseille plutôt d’aller voir En Corps, malgré son jeu de mots en titre qui n’est pas si exceptionnel.

Un flop plutôt justifié pour un scénario creux (spoilers)

En effet, le scénario est au mieux creux, au pire bancal. Nous suivons donc l’histoire de Morbius, un homme atteint d’une maladie dont on ne sait pas grand-chose, mais qu’il n’est pas le seul à avoir. Grosso modo, le sang est mal géré par son corps, alors il a l’idée d’aller utiliser de l’ADN de chauve-souris buveuse de sang pour améliorer son propre ADN. Oui, parce que c’est un docteur super intelligent et calé sur le sujet, même qu’il a créé un sang de synthèse figurez-vous.

L’idée scientifique en elle-même pose probablement débat, mais le vrai problème est que l’idée est amenée bizarrement, avec une première scène à laquelle on ne comprend pas tout – même une fois le film terminé. Pourquoi les chauve-souris ne l’attaquent-elles pas ?

Trop souvent, des questions se posent et n’ont pas de réponse. Trop souvent, le rythme du film est haché, voire bâclé : on avance à toute vitesse et tant pis si certains enjeux n’ont pas tellement de sens. Pourquoi le meilleur ami se laisse-t-il déborder par sa soif de sang quand Morbius arrive si bien à la maîtriser ? Mystère, d’autant qu’il semblait bien plus posé que Morbius ?

Et puis, il est évidemment question de vampires puisqu’une fois transformé, Morbius doit boire du sang… Mais toutes les références aux vampires semblent tomber comme un cheveux sur la soupe et n’avoir aucun sens. A aucun moment Morbius n’est un vampire au sens traditionnel du terme, alors pourquoi des scientifiques iraient-ils voir ce que disent les textes littéraires sur le sujet ? Et pourquoi (bon, je répète : spoilers sur la fin du film cette fois) parvient-il à transformer sa petite-amie aussi parce qu’elle est clairement transformée ?

Des performances plutôt fades

Bien sûr, Martine, la petite-amie, sauve le film comme elle peut, mais… Jared Leto, que se passe-t-il ? Je ne connais pas vraiment l’acteur, mais bon dieu, sa performance était loin d’être incroyable. Je ne sais pas si le problème vient du scénario ou de l’acteur en lui-même, mais il y a plein de moments où j’avais l’impression de décrocher des émotions du film parce qu’il les gérait mal.

Le problème ne s’arrête pas à lui, cependant. Matt Smith lui-même est loin d’être à son avantage ici, et ses meilleurs moments à l’écran sont ceux où il fait peur… grâce aux effets spéciaux uniquement. C’est gênant pour l’acteur, tout de même.

De jolis effets spéciaux 

Finalement, je retiens surtout du film la réussite de ses effets spéciaux. S’ils ne suffisent pas à sauver le film d’un flop plutôt mérité, ils atténuent beaucoup l’ennui : le film est joli à regarder à plusieurs reprises et j’ai bien aimé l’ambiance que ça instaurait. C’était beau, il y avait des choses à regarder… et ça finit par être illisible dans certains moments d’action, dommage.

Après, il est possible aussi que ce que j’ai aimé, ce soit l’ambiance qui flirtait parfois avec le film d’horreur. Un peu comme la tentative de The New Mutants, on sent que l’idée est de s’éloigner du Marvel grand public pour tenter un truc plus sombre. C’est loin d’être purement réussi, car ce n’est pas du tout ambitieux ou assumé jusqu’au bout, mais ça apporte un point positif au film malgré tout.

Et au sein du MCU ?

Bref, vous l’aurez compris : je n’ai pas passé un horrible moment, mais de n’était pas non plus complètement incontournable. Je pensais naïvement qu’il s’agissait d’un film Marvel Studios. Quand j’ai vu dès le début du film le logo WB, j’ai rapidement compris tout le mal que j’avais pu en lire. Vraiment, la WB ne réussit pas à s’en sortir avec les super-héros ?

La fin du film et ses scènes post génériques me laissent bien perplexe en plus. Est-ce qu’on va nous proposer un autre Spiderman, encore ? Ce serait du réchauffé d’avoir Tom Holland confronté à nouveau au même méchant.

Puis, le film a tenté tout du long de faire de Morbius un gentil pour conclure sur le fait qu’il devenait une menace ? Pas maîtrisé tout ça. Je ne vois même pas encore comment ils justifieront le délire de multivers qui semblent déranger absolument personne ?

Perplexe. Pas incontournable en tout cas. Je ne suis pas déçu de l’avoir vu, c’était mieux que Venom 2 (pas bien difficile), mais pas inoubliable non plus. Ca ne marquera pas l’année.

Magnifique moment de cinéma : En Corps

Salut les cinéphiles,

En corps - film 2022 - AlloCinéJ’avais promis la publication de cet article ce matin, mais j’ai finalement eu d’autres priorités, à commencer par aller voter. Difficile de trouver ce que je voulais vraiment d’ailleurs, mais c’est pas le sujet. Evadons-nous plutôt pour parler du magnifique En corps de Cédric Klapisch. 

Je le teasais hier bien sûr : j’ai adoré ce film et je vous le recommande fortement pour un tas de raisons.

C’est dur de savoir par où commencer sans spoiler, mais voilà les principales raisons pêle-mêle :

Des personnages plus vrais que nature

C’est tout l’avantage des personnages de Klapisch : les répliques sont incroyables de justesse et sonnent toujours hyper vraies. Cela permet de nous offrir des personnages cohérents et complets, qui donnent cette impression qu’on pourrait les croiser dans la rue, les aborder, les fréquenter. C’est un sentiment toujours étonnant quand ça arrive, mais j’ai eu l’impression que le film parlait de la vie de certains amis.

En ce qui me concerne, c’est un point positif non par nombrilisme, mais parce que ça permet d’identifier plus vite chacun d’entre eux et d’en évaluer les discours. Parfois, le discours est volontairement parodique, mais dans le fond, on sent que c’est pour faire passer l’humour et que le message ne se perd pas.

C’est un autre bon point du film : il ne fait jamais dans le misérabilisme grâce à son humour percutant.

Et pourtant, il y aurait de quoi faire dans le misérabilisme : l’héroïne voit son rêve brisé par une blessure à la cheville alors qu’elle est danseuse classique – non, ce n’est pas du spoil, c’est le synopsis. Cela dit, méfiez-vous des spoilers dans la suite de l’article.

Un scénario finement pensé

Je partais vraiment sceptique sur le scénario on ne peut plus classique, mais finalement, la réaction de l’héroïne est ce qui va apporter l’originalité au film : en effet, le but est plutôt de nous montrer une héroïne qui apprend à rebondir et à faire une citronnade quand la vie lui donne des citrons (comme dirait l’autre).

Concrètement, le passage de danse classique à danse contemporaine se fait très naturellement dans le film, et la transition est à la fois crédible et attachante. Il est difficile de ne pas s’attacher à l’héroïne et à ses doutes tant l’interprétation est bonne.

Des performances réussies 

C’est évidemment mon point suivant : le film est une réussite grâce aux interprétations de tous les acteurs. J’étais un peu déçu de voir débarquer Muriel Robin. Autant je trouve que l’actrice n’est pas mauvaise, autant on a du mal à oublier qu’elle est elle, et c’est un peu dommage dans ce genre de film qui repose beaucoup sur le sentiment de vrai.

Qu’importe : sa performance est réussie elle aussi, et c’est bien le minimum. Ceci étant dit, les meilleures performances ne sont pas forcément les performances des acteurs en tant qu’acteurs. Non, ce qui fonctionne particulièrement bien dans le film, c’est la justesse des performances en danse. Elles sont éblouissantes et ça rend le film très sublime à regarder.

Il y a plusieurs numéros de danse et tous sont très beaux – de la danse classique à la danse contemporaine.

Bien sûr, ça peut être un peu long à regarder par moments, mais le film est construit intelligemment autour des performances de danse et de la transition d’un type de danse à l’autre – avec une performance de fin qui répond au spectacle du début. C’est peut-être là que je peux chipoter : la dernière danse du film mériterait d’être plus longue pour que toutes les émotions très justes qui passent puissent nous emporter encore davantage.

Un Paris sublimé

Normal, c’est Klapisch : la vision de Paris est magnifique à plusieurs reprises. Le film n’est pas enfermé dans la capitale bien sûr, mais chaque fois qu’on y passe, on y sent un amour de la ville en elle-même qui donne presque envie de sortir plus souvent dans les rues parisiennes pluvieuses. Je suis moi-même toujours admiratif de certains coins de la capitale, alors ce genre de vision fait plaisir.

C’est toujours bien de voir des personnages courir dans Paris de toute manière. Et plus sérieusement, le travail technique du film est bien là, avec des plans assez mémorables l’air de rien. J’ai des scènes qui me restent en tête.

Quant aux possibles longueurs qu’on pourrait reprocher au film, je trouve qu’elles se justifient assez bien. Oui, il dure une vingtaine de minutes de trop, mais en même temps, moi j’ai envie de retourner le voir, alors ce n’est pas si grave que ça.

Bref, vous aurez largement compris que le film vaut vraiment le détour !

Au cinéma en février/mars

Salut les cinéphiles,

Etrange titre, je sais, mais il y a plein de films que j’ai eu l’occasion de voir au cinéma sans prendre le temps d’en parler sur le blog en février et mars. Je me suis dit que comme j’avais un peu moins de coups de cœur ces derniers temps – et moins eu d’occasion pour aller au cinéma (je devais théoriquement parler de Morbius, mais vu les réactions générales, bon) – l’occasion était parfaite.

L’événement

L'Evénement en Blu Ray : L'Événement - AlloCinéJ’ai cru que j’avais raté définitivement les séances pour ce film, adaptation d’un roman d’Annie Ernaux que j’avais lu il y a plusieurs années. Je savais donc à quoi m’attendre en y allant, et il valait mieux pour une projection cinéma d’un sujet si sensible. Etonamment, j’ai trouvé le film plus marquant que le roman – probablement parce que je l’ai lu en étant trop jeune pour être pleinement traumatisé par ce qu’on me racontait.

Le voir au cinéma avec une héroïne faisant des études de lettres que j’ai désormais terminées, ça a joué sur la proximité. Malgré le décalage d’époque, certaines thématiques restent bien les mêmes aujourd’hui, notamment sur le regard de tous auquel on n’arrive pas à échapper. C’est assez fou.

Ce film n’a clairement pas fait assez parler de lui et je le recommande vraiment, même s’il n’est pas non plus à mettre entre toutes les mains. Âmes sensibles, il peut être compliqué à voir. Il s’agit d’un film résolument féministe, qui évoque la question de la grossesse non désirée, et donc de l’avortement, dans une France où l’avortement est encore illégal.

Un Autre Monde

Un autre monde - film 2021 - AlloCinéOn a fini par savoir que Sandrine Kiberlain avait vécu plus de la moitié de sa vie tellement la bande-annonce était matraquée au cinéma tout au long du mois du janvier. Le matraquage a fini par être efficace, le film m’a intrigué.

Il fait partie des moments de cinéma qui n’ont pas réussi à me marquer sur du très long terme, en revanche. Grosso modo, l’autre monde du titre, c’est celui de la sphère des PDG de PME, ceux qui font tout pour sauver leur usine ; en y consacrant toute la vie. La vie perso en bave, la situation reste on ne peut plus horrible : le personnage principal se retrouve confronté à un divorce, tout en étant tiraillé entre ses employés dont il veut éviter le licenciement et le groupe américain (représenté par une Léa Drucker drôlement efficace) qui a racheté sa compagnie.

Bref, Sandrine Kiberlain est finalement bien peu présente par rapport à ce que j’en attendais en voyant l’affiche et la bande-annonce. Vincent Lindon, en revanche, crève bien l’écran comme il faut. Il est incroyable.

Critique sociale efficace, le film dresse le portrait d’un homme mis au pied du mur. Il est un homme que personne n’a envie de devenir, mais qui est coincé dans une vie qui ne lui convient pas. Sur le sujet du burn-out et de la vie atroce au travail, j’ai largement préféré À plein temps, mais les deux films peuvent se répondre et se compléter extrêmement bien.

La Vraie Famille

La Vraie famille - film 2020 - AlloCinéJ’adore le thème de ce film, qui est celui d’une famille d’accueil qui a pu recueillir un bébé lorsqu’il avait un an… mais je n’aime pas tellement son intrigue pour autant, et encore moins sa conclusion. S’il avait ses moments sympathiques, le film nous montre (encore ?) l’histoire d’une femme qui se retrouve mère d’un enfant qui n’est pas le sien, au moment où elle doit le rendre.

Là où il y aurait moyen de nous montrer toutes les difficultés évidentes que cela représente, en accentuant sur le don de soi que font les familles d’accueil parfois, on se retrouve dans un schéma qui ne me plaît que moyennement, avec une mère qui fait des erreurs certes très humaines et probablement réalistes… mais loin d’être ce qu’il doit réellement se passer ?

Je ne sais pas, j’ai l’impression de toujours voir ce genre d’histoires avec les familles d’accueil, et on file toujours ce rôle à la mère quand le père finit par être plus raisonnable, et ça m’a posé souci. Le film est pourtant très bon, les acteurs tous excellents, l’histoire jolie comme tout… mais… J’aimerais voir ce genre d’histoire décoller vers autre chose.

Les Meilleures

Les MeilleuresC’est marrant, ce film : je pensais qu’il parlait simplement d’adolescentes en cité après avoir vu la bande-annonce – mais je n’en avais pas du tout perçu/retenu la dimension LGBT lorsque je suis allé le voir. Ce fut donc une vraie surprise de voir un film français s’attaquer à l’épineux sujet des ados LGBT en cité et c’est avec plaisir que je peux dire que c’est une franche réussite. Les interprétations des acteurs – et particulièrement des plus jeunes – sont géniales et les dialogues vraiment savoureux. Je suis plus réservé contenant les échanges de SMS qui me paraissent assez peu réalistes, mais à l’oral, le tout passe très bien et forme une belle histoire.

Un bémol tout de même avec ce film : il a les yeux plus gros que le ventre. Il y a trop de problèmes à traiter, et beaucoup d’intrigues semblent se croiser sans jamais se rencontrer et surtout sans être résolues. Je suis sorti frustré de cette séance de cinéma, parce que j’aurais aimé que le film dure deux fois plus longtemps au moins pour au moins finir de traiter l’évolution de certaines relations (au minimum, avec la mère et avec l’ami d’enfance, si vous l’avez vu).

Certains problèmes sont pointés du doigt ou effleurés, sans être expliqués ou exploités pleinement. On nous montre beaucoup, on suggère certaines choses, ça laisse plein de pistes de réflexion, mais ça finit presque par être désespérant de se dire que la situation présentée comme problématique est insolvable.

Bref, je suis sorti frustré aussi parce que j’ai fini par me demander pour quel public était écrit ce film. Si c’est pour les jeunes (de cité ou non), il manque de certains messages (que ce soit une note d’espoir nécessaire ou de la prévention, notamment sur la sexualité ?). Si ce n’est pas pour eux, alors il passe à côté du sujet. Et dans l’ensemble, s’il n’a pas trouvé son public, c’est probablement parce qu’il était trop de niche. Trop en avance sur son temps ? Trop en retard ? Je ne sais pas. Passionnant, en tout cas ; mais frustrant. Je veux une suite, un jour.

 

Allez, je m’arrête là pour aujourd’hui, ça fait déjà quelques films tout de même, et j’ai vu les suivants en avril de toute manière.