Quand la vie me fait un improbable poisson d’avril

Salut les sériephiles,

Ce n’était pas du tout l’article que j’avais prévu et ça va peut-être sentir quelque peu le réchauffé pour ceux qui me suivent sur Twitter, mais cette histoire est tellement invraisemblable que je ne peux pas ne pas l’évoquer sur mon blog – voyons cet article comme un pseudo journal intime qui n’en est pas un tant je vais raconter cette histoire à tout le monde.

Non, parce que, quand même, la vie a décidé de me faire un 1er avril. Et la blague n’était pas drôle du tout à vivre sur le moment – même si je vais vite m’en remettre pour un rire longtemps. Hier soir, je suis allé au cinéma voir un film qui commençait à 20h55. À 20h54, je regardais une dernière fois mon portable, pour le mettre en mode silencieux, devant le cinéma. A 22h20, je me rendais compte que mon portable avait disparu. Entre les deux, j’étais entré dans le cinéma – et c’est un petit cinéma, franchement, avec peu de passage – et dans une salle où se trouvaient à peine dix personnes. D’ailleurs, le film La Brigade mérite plus de spectateurs que ça !

Toujours est-il que mon portable avait disparu. 31 mars, 22h25, je commence à me rendre à l’évidence après avoir fouillé toute la rangée, inspecter le sol (jonché de popcorn des enfants venus voir Sonic, il paraît que c’est normal, bordel, éduquez vos mômes et apprenez-les à respecter votre argent ??) : on m’a volé mon portable. Quand même, je ne lâche pas l’affaire comme ça, allant voir à l’accueil du cinéma, espérant un bon samaritain pour le ramener là.

Fail. J’ai gagné le droit de retourner inspecter les mêmes rangées de siège avec une employée du cinéma, totalement désolée pour moi (c’est elle qui m’a expliqué que c’était toujours comme ça le sol dans les séances avec les enfants). Franchement, on a réinspecté les sièges à côté du mien, le sol, la rangée devant, la rangée derrière. Rien.

Sortie du cinéma, dépité, après avoir laissé des coordonnées. Bon. Il faut s’y faire : le portable a disparu. Maigre espoir : il n’y avait personne au guichet du cinéma à la fin de la séance, donc possiblement, quelqu’un a embarqué avec lui le téléphone pour le ramener le lendemain. Tordu, mais ça peut arriver, non ? Humph.

La suite ? Faire les restaurants de la rue autour du cinéma pour leur demander si quelqu’un a trouvé le portable. Non. Retourner au cinéma, réinspecter la salle dans le noir complet avec un flash d’un autre téléphone, au cas où, on sait jamais. Se maudire d’être en mode avion. Sortir du cinéma, vérifier les poubelles en désespoir de cause. Rentrer chez soi, avec un maigre espoir et un énorme problème.

Vous voyez, mon portable, c’est mon bébé, alors je l’ai mal pris de l’avoir perdu, surtout comme ça. Et puis, au-delà de ça, je n’avais pas sauvegardé mes photos. Pire encore : c’est mon accès internet, je n’ai pas de wifi, moi. Bon, je ne vis plus tout à fait seul, alors c’est un demi-problème. Reste que je n’ai pas de quoi me connecter ou contacter qui que ce soit pour le lendemain, ce fameux 1er avril du titre.

Je voulais me coucher tôt, parce que je devais commencer tôt au boulot aujourd’hui, et parce qu’ils annonçaient de la neige – genre, miracle de Noël un jour de printemps, vous êtes sérieux ? C’était une autre sorte de fail : il était 23h le temps de faire tout ça, et me voilà parti à déterrer mes anciens portables à la recherche d’une solution viable. Ce fut compliqué. Dans mon malheur, j’ai la chance d’avoir un forfait Free à 2€ que j’utilise parfois pour le boulot, donc j’avais déjà une carte sim à portée de main. Pas de bol, c’est une nano : elle n’est compatible qu’avec un portable que je n’utilise plus depuis six ans à peu près.

SU-PER. Au moins, ça fonctionne pour les SMS. Commence un autre problème : ça ne fonctionne que pour les sms et les appels, mais moi, j’ai besoin d’un peu plus pour mon trajet en train – idéalement une application pour vérifier l’état du trafic avant de partir sans avoir à réveiller personne ou, bon, de la musique. Pour ça, il faut des applications. Pour ça, il faut le playstore, et donc, il faut un compte Google.

Là, j’ai découvert la plus grosse des failles de sécurité : la putain de double authentification de mes deux. Pardon, je deviens vulgaire, mais sérieusement ? Mon compte Google est protégé par un mot de passe assez long, avec des caractères spéciaux, des majuscules, des minuscules, des chiffres, pas forcément dans cet ordre précis et cohérent. Je CONNAIS mon mot de passe, et c’est une petite fierté.

Comme la connexion est suspicieuse parce qu’elle se fait depuis une connexion et un appareil inhabituels, on me dit alors qu’on va m’envoyer un SMS pour confirmer que c’est moi. Merci, mais non merci ? Frustrant. Finalement, en luttant un peu avec les possibilités, on me dit m’envoyer un mail de confirmation sur une adresse de sécurité. Ah, parfait.

Je vais sur l’adresse mail secondaire, tout va bien, j’ai le mail, je clique et… « Merci de patienter 72h le temps de confirmer que c’est vous ». WTF. Super la sécurité qui empêche de te connecter. Quand j’ai réussi à mettre un compte Gmail secondaire sur le téléphone ? Impossible de télécharger les applis. Bon. Qu’à cela ne tienne, je prends mon autre ancien portable – le plus récent, changé parce que la batterie ne chargeait plus vraiment.

Il fonctionne à peu près, 38% de batterie, mieux que rien. J’ai mes applis dessus, alléluia. Lol. Snapchat ? La connexion est suspicieuse, merci de cliquer sur le SMS qu’on vous envoie. AAAAAAH. Bref. Spotify, Twitter, Messenger, merci de ne pas être trop pète-couilles. Snap ? J’ai compris que j’avais failli te perdre définitivement dans cette affaire.

Autant vous dire que mon premier avril, parce qu’il était minuit passé, commençait bien. Rapidement, il fut une heure du matin et l’heure d’aller se coucher en mettant en charge deux téléphones, en priant pour que les réveils fonctionnent parce que bon, ça faisait un moment que je n’avais plus utilisé ces portables, et en espérant un miracle pour le retour de mon téléphone.

L’insomnie n’a pas tardé à frapper par contre : l’adrénaline de la perte, l’angoisse, le fait de se repasser en boucle tout ce qu’on a fait et l’endroit où l’on a pu « perdre » son téléphone en se le faisant voler. Hautement improbable dans ce cinéma avec douze personnes sur mon chemin, à tout casser. Hautement frustrant aussi.

1h30 : ah, demander à quelqu’un de vérifier les groupes et pages Facebook de la ville, on ne sait jamais. Insupportable, impossible de dormir.

7h20 : vingt-cinq minutes avant le réveil, c’est bon, marre de tourner en rond, se lever, se motiver pour aller faire cours quand même, dans des conditions pas idéales de sommeil manquant et d’absence de connexion à internet. Je suis parti vingt minutes plus tôt que d’habitude de chez moi, bravant le -2 degrés avec joie (non) et… regardant à nouveau les poubelles dans la rue du cinéma, ON NE SAIT JAMAIS.

L’espoir toujours, le froid surtout. J’arrive en gare trois minutes avant le train qui précède celui que je prends habituellement. Je vois un train partir : celui d’encore avant, suffisamment en retard pour que je puisse le voir partir. Mauvais signe. La SNCF trolle ce premier avril avec un incident voyageur, une panne de signalisation et un colis piégé en même temps sur le message qui n’a ni queue ni tête.

J’ai attendu trente minutes de pouvoir partir de la gare, heureusement dans un train. Oui, oui, trente minutes : comment avoir dix minutes de retard quand on a vingt minutes d’avance ? Prenez le RER à Paris, vraiment.

Bien sûr, mon RER arrive à destination une minute après le départ officiel du bus. Pourtant, depuis le train, je vois que le bus est en retard. J’ai beau courir, y a des travaux sur mon chemin et je le rate, de si peu. Bim, retard, bim démerde-toi pour appeler ton boulot alors que tu n’as pas le numéro sur ton ancien portable (merci maman). Et ensuite ? Marche vingt minutes coco, comme tous les jours où il n’y a pas de bus aux horaires pratiques. Et mange-toi ton retard au passage. Et puis, on est le premier avril, alors c’est le moment pour qu’il se mette À NEIGER BIEN SÛR.

Comme une envie de faire un snap, MAIS TU PEUX PAS.

Non, vraiment, toute la journée au bout du bout. Les élèves qui tentent les poissons, en plus, mais vous croyez vraiment que c’est le jour pour ça ? Je suis assez fier de moi, j’ai quand même tenu la journée de cours complète, alors que je pensais en arrivant le matin que bon, j’allais m’absenter l’aprèm et tant pis. Je n’ai pas fait mes meilleurs cours, mais ce n’était pas une catastrophe non plus. Je n’ai insulté personne en route, j’ai gardé mon calme face à ces farces de la vie et sur mon chemin du retour, je suis retourné au ciné au cas où.

Bon, fail à nouveau. Comme la veille, rebelotte les appels commissariat et police. Pour rien. Il était temps de se rendre à l’évidence : plus de portable. Au ciné, on me dit quand même qu’après la séance en cours – finissant à 20h25 – on irait réinspecter la salle. Comme si ? On s’est tapé la salle pendant trente minutes la veille et un autre employé y est passé l’après-midi pour vérifier ; sans compter l’équipe de ménage le matin…

La police conseille quant à elle de rappeler le mardi, alors qu’on est vendredi, parce que « ça peut mettre du temps à arriver quand même ». Bon. Les lueurs d’espoir sont faibles, tout de même. C’est parti pour bloquer la ligne et pour… se chercher un nouveau téléphone. Ben oui, il m’en faut un tout de même. Et je suis allé loin, jusqu’à considérer de me délester de quasi un demi-salaire parce que ça peut coûter cher ces conneries quand on vise la qualité.

Au moment d’appuyer sur le bouton pour commander ce nouveau portable, et je ne plaisante pas, vraiment, ça s’est joué à trente secondes près, un coup de fil d’un numéro inconnu. Le numéro inconnu ? L’employée du cinéma : il est 20h58 et 24h après le dernier moment où j’ai vu mon portable, on m’annonce qu’il est retrouvé.

Où donc ? DANS LA PUTAIN DE SALLE DEPUIS TOUT CE TEMPS. Improbable. Le téléphone était donc coincé derrière un accoudoir, contre les dossiers de deux sièges, suffisamment enfoncé pour qu’on ne le sente pas en passant la main, pas assez tombé pour qu’on puisse le voir sous le siège. Personne ne l’a vu là de la journée, pas même les gens assis sur le siège en question.

Conclusion ? Ne perdez pas espoir, on ne sait jamais ce que la vie nous réserve. C’était un sacré premier avril tout de même ; c’est totalement dingue, croyez-moi. Deuxième conclusion : la double authentification, c’est de la merde. J’ai modifié autant que possible les mesures de sécurité, mais pour Google comme pour Snap, on ne peut pas vraiment s’en passer. Genre, sur snap, je n’ai pas activé la double authentification, mais elle se fait quand même. J’ai ajouté une adresse mail de secours, espérant que ça puisse aider… Dernière conclusion : demain, je fais toutes mes sauvegardes, promis.

En attendant, j’ai demandé la réactivation de ma ligne il y a 2h30 et ce n’est toujours pas fait alors qu’on me disait que ça prendrait deux heures. Je serre les dents, manquerait plus que ça coince encore là, flemme. On verra demain matin, là, c’est l’heure de dormir pour se remettre de ce premier avril, je crois.

Désolé, cet article est beaucoup trop long, mais, vraiment, c’était toute une aventure, vous n’imaginez pas le mix d’émotions quand la vie se fout de votre tronche à ce point. Je vais m’en souvenir de ce premier avril, en tout cas. Et du film La Brigade aussi, c’est une séance originale au moins (un peu déçu par la fin du film, mais il est vraiment sympathique, si vous hésitiez à aller le voir, allez-y). Bonne nuit !

Sept clichés TV sur… le cinéma

Salut les sériephiles,

Je passe de plus en plus de temps à me triturer le cerveau pour trouver mes prochains thèmes de « sept clichés sur », mais chaque fois que je pense avoir fait le tour, je finis par trouver de nouvelles idées. Après quelques séances de cinéma, me voilà donc assez logiquement à revenir sur le lien entre séries TV et cinéma. Ce n’est pas toujours évident, car les deux formes de divertissement sont parfois mises en concurrence pour de mauvaises raisons, mais eh, les personnages vont quand même au cinéma parfois. Petit tour d’horizon des clichés dans ces cas-là.

This is us : la série a-t-elle perdu son élan ? - News Séries à la TV - AlloCiné

  1. Tout le monde achète des popcorns et bavarde au cinéma, comme dans This is us

Si les personnages de votre série sont dans une salle de cinéma, vous pouvez être à peu près certains qu’ils auront des popcorns et/ou des sodas avec eux. C’est un truc que l’on voit dans plein de séries et la première qui m’est venue en tête est celle-ci, parce qu’on voit Jack les acheter et que c’était marrant. Pourtant, aux avant-premières de Kevin, ils n’en ont pas toujours, mais c’est plus l’exception qui confirme la règle, je crois. Par contre, je commence par un cliché qui va diviser : perso, c’est FAUX, je suis radin et pas forcément fan de popcorn. À la rigueur, j’achète des bonbons parfois, et encore, vu le prix. Je sais cependant que certaines personnes achètent des popcorns à chaque séance ou presque… Sinon, pour les bavardages, c’est inévitable : si on voit les personnages dans un cinéma, il faut bien les voir parler aussi. Pour la réalité… Ouais, si, il y a souvent des bavardages, tout de même.

  1. On décide d’aller au cinéma avant de choisir un film, comme dans Plus belle la vie

Un truc qui me marque souvent dans les séries, c’est que les personnages proposent d’aller au cinéma sans avoir la moindre idée du film qu’ils iront voir. Au prix que coûte la séance, ça paraît assez dingue, surtout pour des personnages qui ne semblent pas y aller souvent. Cela permet ensuite d’avoir la traditionnelle scène où les personnages débattent pour savoir quel film (ou quel genre de film) ils iront voir. Perso, je n’ai jamais fait ça, c’est FAUX. Je repère les films et je propose d’aller les voir au cinéma, les gens me disent oui ou non, mais ça me paraît prendre le problème à l’envers de se dire « tiens, on va au ciné, mais je ne sais pas pourquoi ».

30 ans et célibataire? Voici 30 films à se mater en solo!

  1. Le cinéma va occuper une place centrale de la vie des persos, comme dans Charmed

Souvent, lorsqu’une série se donne la peine de faire un épisode où les personnages vont au cinéma, c’est pour en faire le thème central de l’épisode : les personnages vont en parler dans tout l’épisode, un enfant va s’enfuir pendant que le père dort… ou alors le film va devenir soudain réalité quand on est dans une réalité fantastique. Bon, ce dernier point, ça ne marche pas, mais les deux autres, ma foi, j’imagine que le cliché est plutôt VRAI ? Quand je vais au cinéma, il y a toujours un ou deux moments où j’en parle ensuite – que ce soit avec la personne avec qui je l’ai vu, sur le blog, avec des collègues, etc.

  1. Les personnages vont au cinéma… en drive-in, comme dans That ‘70s show

Gros cliché des séries des années 90, et surtout des séries pour ados : les fameux cinémas plein-air où l’on vient en voiture assister à la projection d’un film. Je continue d’être bouche bée à chaque fois que je vois ça à l’écran, parce que le concept me paraît super bizarre. Une voiture, c’est pas hyper confortable ; c’est toujours au milieu de champs qui doivent regorger de moustiques et ça se passe mal quasiment à chaque fois. Vraiment, c’est un concept que je ne connais pas et qui m’épate. Ni vrai, ni faux, mais c’est un cliché que je ne pouvais pas ignorer.

Le cinéma où a travaillé Hannah Baker et Clay Jensen dans 13 Reasons Why | Spotern

  1. Il y a toujours une belle file d’attente quand on va au cinéma, comme dans 13 Reasons why

Bon, les personnages de la série travaillent dans un cinéma, je ne sais pas si ça compte, mais il semble y avoir toujours du monde à attendre quand ils vendent des tickets – genre y a quelqu’un avant et quelqu’un après. Alors désolé de casser l’ambiance, mais c’est FAUX, il y a plein de cinémas dans lesquels il n’y a pas tant de monde que ça, surtout dans les petites villes.

  1. Le cinéma est une référence commune, comme dans Community

C’est un cliché facile et vérifiable un peu partout, parce qu’il est VRAI : évidemment que tout le monde a entendu parler des « boring-ass Marvel movies » (cette réplique m’a traumatisé à ce point, oui) et peut faire des références à Star Wars. Les films qui sortent au cinéma sont le sujet de conversation entre des personnages qui ne vont peut-être pas au cinéma ensemble, mais tout de même. La culture se partage donc, et ça, même sur le petit écran.

Abed From Community Quotes. QuotesGram

  1. Le cinéma est mort, plus personne n’y va, comme dans Grey’s Anatomy

Il est possible que je me plante et j’attends de voir si Aurélien passera par ici pour me contredire, mais il me semble vraiment que sur les dix-huit saisons de Grey’s Anatomy, on n’a pas eu de scène où les personnages allaient au cinéma. S’il y en a eu, ce n’était pas marquant et ça ne changera pas ce que je veux dire avec ce point : il est super rare de voir des personnages aller au cinéma finalement. Pourtant… Ben, je sais pas, j’y vais tout le temps moi ? Difficile de ne pas constater par contre que c’est plutôt VRAI, surtout avec le covid : les séances sont de plus en plus désertes tout de même.

Goliath : un pavé dans la mare

Salut les cinéphiles,

Goliath - film 2021 - AlloCinéDimanche dernier, je me suis rendu à une avant-première du film Goliath, et j’étais tout content de me dire que j’allais pouvoir en profiter pour publier cet article dès ce matin. Gros succès de ma part encore ! Après, ça ne change rien de ce que j’ai à dire sur ce film qui va probablement beaucoup fonctionner. De toute manière, quand il y a Pierre Niney, c’est toujours gage de qualité – ou en tout cas de succès. Je crois. Pas de contre-exemple, en tête !

Que raconte Goliath ? Le synopsis officiel ne me paraît pas refléter le film que j’ai vu, alors le voici à ma sauce : le film raconte l’histoire de plusieurs personnages dont les destins se croisent autour d’un scandale portant sur l’utilisation de la Tétrazine, un pesticide controversé car beaucoup utilisé alors que classé comme cancérigène. L’intérêt du film réside dans sa force d’écriture qui nous propose des personnages de tous bords et horizons politiques – on a ainsi un lobbyiste placé au même niveau qu’une militante dans le scénario.

Toutefois, le parti pris est très rapidement évident, avec un déséquilibre certain : les personnages anti-OGM sont bien plus nombreux, ce qui les rend plus visibles. Ce n’est pas tellement dérangeant en ce qui me concerne, au contraire. Du côté des points positifs, le film est extrêmement prenant, avec des scènes bouleversantes, des moments poignants, une galerie de personnages attachants ou en tout cas assez réalistes pour qu’on puisse croire à ce qu’on voit. C’est inévitable d’y croire de toute manière : le film s’inspire d’une histoire vraie.

Si Pierre Niney et Gilles Lellouche sont impeccables dans les rôles qu’ils incarnent, j’ai eu beaucoup plus de mal avec Emmanuelle Bercot. Sur le début du film, elle joue une professeur d’EPS on ne peut plus stéréotypée et une militante à l’énervement peu crédible. Elle s’en sort étonnamment beaucoup mieux sur les scènes très complexes de la fin, et c’est tant mieux, car ça permet de terminer le film sur des moments vraiment marquants.

Le but du film est clairement de relancer la polémique, le débat et la réflexion sur l’utilisation des OGM et des pesticides. Tous les arguments des deux côtés sont là, et on a tendance à voir la balance penchée d’un côté… sans pour autant avoir la solution pour arranger le problème. J’ai beaucoup aimé cette idée, même si j’ai tout de même eu un gros problème pendant le film. En effet, Goliath ne cache jamais qu’il traite des faits réels, avec une grosse part de fiction.

Mon problème vient justement de la part fictive : il est parfois difficile de démêler le vrai du fictif dans ce film, et c’est dommage. Du moins, je suis partagé là-dessus aussi : je l’ai terminé avec une forte envie de faire des recherches pour savoir ce qui était inspiré de faits réels et ce qui était totalement inventé pour le film. J’ai trouvé ça frustrant, mais c’est peut-être une volonté de la part du réalisateur de nous faire nous poser des questions sur ce qu’on vient de voir pour qu’on agisse un peu plus.

Dans le fond, le film le souligne bien : nous restons extrêmement passifs face à des situations qui pourtant nous concernent tous. Goliath agit comme une claque, pour nous rappeler qu’on nous crache à la figure en comptant sur notre consommation de masse – et tant pis si l’on en tombe malade. Glaçant par moments, jamais ennuyant, le film est ainsi plutôt réussi. Un bon moment de cinéma !

Interminable The Batman (2022)

Salut les cinéphiles,

Evidemment, aujourd’hui, j’avais prévu de faire le bilan des films vus en février, mais puisque c’est toujours les vacances scolaires, j’ai pris le temps d’aller voir Batman au cinéma ce matin. Oui, vraiment, j’ai pris le temps, parce que les trois heures que ça représente, on les sent passer tout de même. J’avais quand même envie de me faire une idée sur le film avant de me faire spoiler.

Une intrigue classique ?The Batman - film 2022 - AlloCiné

Côté synopsis, le film sert à introduire une nouvelle version du personnage : on oublie donc les films précédents… mais les scénaristes semblent partir du fait que l’on connaît déjà bien le personnage et sa double identité. Nous suivons donc Batman deux ans après ses débuts de justicier quand Gotham est en pleine période d’élections (ça nous rappelle des choses), troublée par The Riddler. Pourquoi pas.

Attention, spoilers pour la suite de l’article.

Je ne sais pas trop par où continuer mon article, car j’ai énormément de choses à en dire. Forcément, ça dure trois heures.

Bon, si on commence par le début, sachez que les premières vingt minutes du film nous font bien comprendre pourquoi ça va durer trois heures. Les plans sont pour beaucoup plus longs que nécessaires et l’introduction retardée du personnage a beau être intéressante, elle n’était absolument pas nécessaire.

Un Batman trop… plat ?

Si l’introduction de Batman en tant que justicier est ainsi marquante, ça n’empêche que celle de Bruce Wayne est bâclée, voire ratée.

The Batman : le film avec Robert Pattinson réussi ? L'avis des critiquesC’est embêtant car c’est le héros derrière le masque, et on ne le voit que peu en tant que Bruce. Le peu de fois où on le voit, on peine à s’attacher à lui, parce que le côté misanthrope de Bruce ressort énormément et on a peu l’occasion de percer cette carapace. C’est bien dommage : on peine à comprendre pourquoi il est comme ça, car rien ne vient nous l’expliquer, si ce n’est notre connaissance préalable du personnage. Cela doit arranger les affaires de Robert Pattinson après.

Je l’ai déjà dit plus d’une fois, avec cet acteur, j’ai l’impression que c’est pile ou face : il y a des films où je l’ai adoré, d’autres où je l’ai détesté. Ici, on est plutôt sur la deuxième partie de la phrase, malheureusement.

Le tournage n’a pas dû être drôle tous les jours parce que Robert Pattinson passe son film à tirer la gueule.

Bien sûr, ça fait partie du personnage, mais ça fait que j’ai eu du mal à accrocher à son interprétation. Quand il était sans masque, j’ai aussi eu une forte envie de prendre une paire de ciseaux (oui, ça vient de moi, ironique je sais) et une bouteille de shampoing. Bref, cette version du personnage n’est pas des plus convaincantes. En revanche, quand je dis qu’il est plat dans mon titre plus haut, soyons d’accord : l’acteur a bien bossé pour avoir la carrure de son personnage, hein.

Des personnages secondaires pas assez osés

The Batman avec Robert Pattinson est à couper le souffle - NumeramaDans le même genre, j’ai eu la bonne surprise de voir débarquer Catwoman. N’ayant rien suivi de la promo du film, je ne savais pas qu’elle serait là et j’ai bien aimé la manière dont c’était amenée. Je l’ai trouvée mieux introduite que le personnage de Batman… mais j’ai tout de même regretté la timidité du studio concernant sa sexualité. Et partant de là, je n’ai pas réussi à accrocher à son « couple » avec Batman, parce que ça semble venir trop vite, de nulle part pour aller… vers son propre film, probablement. Hâte de la revoir à l’écran donc, mais dans un rôle plus conséquent.

Je regrette l’absence de personnages féminins (enfin, on en a deux quoi, de quoi je me plains ?) dans un monde peuplé d’hommes blancs, mais des efforts sont faits dans le scénario pour tenter un peu plus de diversité et féminisme. On se croirait parfois sur CBS tellement c’est fait avec bien-pensance mais sans jamais être efficace.

The Batman : plus fort et plus sombre que The Dark Knight ? (Critique sans  spoilers) - Superpouvoir.comDans le même genre, j’ai adoré l’antagoniste de ce film. The Riddler fait un excellent méchant pour un film d’introduction, et j’ai aimé les nombreuses devinettes qui peuplaient le film. Rien de trop compliqué, mais une bonne construction avec quelques moments pour nous aveugler sur la suite. J’aurais aimé qu’ils aillent au bout de ce qu’ils teasaient et je ne vois pas comment Batman s’en sort avec une identité secrète alors qu’il était inconscient dans une salle pleine de flics, mais bon, si je me concentre uniquement sur le méchant, il était brillamment écrit.

L’introduction du Joker en fin de film est un peu lourde, en revanche. C’était bien de faire un film sans lui – et l’annoncer comme ça pour la suite, je ne sais pas, ça tombe à plat après le récent et excellent film sur le personnage (qui ne sera pas à rattacher à ce Batman apparemment ?).

Un monde en carton-pâte ?

La bande-annonce de Batman se retient de révéler le Riddler de Paul Dano  alors que les fans demandent pourquoi - ThePressFreeBon, allez, si je fais le point sur les derniers défauts qui me viennent spontanément, il y a aussi certains accessoires et costumes qui faisaient un peu cheap. Je sais bien que c’est souvent le cas avec les costumes de super-héros, mais là, il y a des moments où j’ai eu du mal. L’introduction qui n’en finit pas de la batmobile – jamais nommée – ou les bottes sur lesquelles on insiste comme si le caméraman était fétichiste, c’était dérangeant.

L’écriture du Riddler, ses enveloppes, ses énigmes et ses machinations… ce n’était jamais tout à fait convaincant, avec un côté parfois enfantin, un peu amateur et trop souvent une impression que ce n’était pas tout à fait réel. Même sa manière de se filmer en zoomant au maximum ne permettait pas de nous éblouir vraiment.

Et puis, bien souvent, l’obscurité faisait qu’on ne voyait pas les détails.

Fortement aidée par la musique, cette ambiance sombre est certes celle que l’on attend d’un Batman. Elle a ses défauts (la course poursuite en voiture sous la pluie est parfaitement illisible), mais c’est aussi un point positif je trouve. Oui parce qu’à me relire, j’ai l’impression que je n’ai rien aimé. Ce n’est pourtant pas le cas du tout, bien au contraire.

Une ambiance tout de même prenante

https://sf2.autoplus.fr/wp-content/uploads/autoplus/2022/02/1-87.jpgDans les points positifs du film, il y a donc cette ambiance qui se met en place assez subtilement, toujours rythmée par la même musique. Il y a tout un tas de petits détails bien sentis aussi, juste ce qu’il faut pour nous faire comprendre qu’on entre dans un nouvel univers étendu (il y aura une trilogie Batman, déjà) et un scénario vraiment bien ficelé.

C’est prenant : il y a des longueurs dans le film, je ne vais certainement pas dire le contraire après trois heures, mais en même temps, on ne s’ennuie jamais vraiment à fond. Il y a de quoi s’occuper pendant le film, de l’action comme on aime, des twists qui viennent au bon moment et une construction complexe qui fonctionne bien dans l’ensemble. Bref, je ne regrette pas du tout de l’avoir vu, je pense que j’irai voir la suite – mais je n’irai pas le revoir tout de suite pour autant car c’était long. Ouais, je suis tiraillé.

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Ah, j’ai d’ailleurs mon dernier point positif : autant je déteste dire ça en général, autant j’ai eu l’impression que ce film de trois heures était juste une compilation de plusieurs épisodes d’une mini-série. Je ne sais pas si c’est positif pour le grand public, mais ça l’est pour moi : la multiplication des personnages secondaires, les intrigues qui s’emboîtent, les scènes d’action régulières mais jamais interminables, tout criait la série devant ce film.

Un pari raté, mais un essai à confirmer

Poster, affiche The Batman 2022 | Cadeaux et merch | EuropostersA mon sens, le film rate son pari et n’arrive pas à être l’incontournable que DC voudrait qu’il soit. On aurait pu se contenter de la dernière trilogie. Ce Batman essaie bien d’apporter une touche moins manichéenne, notamment concernant les parents de Bruce, mais il est très long dans sa mise en place, interminable dans ces twists et peu mémorable dans la technique (allez, cette scène de fusillade dans le noir, à la rigueur). Bref, pas grand-chose de nouveau, mais un énième reboot de la franchise DC malgré tout, reboot déjà plus convaincant, mais ayant encore besoin de se trouver… Peut mieux faire, définitivement, parce qu’il y a le matériel pour. On se détache des habitudes DC du manichéisme trop gentil peu à peu, cependant, alors j’ai envie d’y croire.

Un essai à confirmer avec la suite de la franchise, donc.