Twisted Metal – S01E01 – WLUDRV – 14/20

J’avais peur de ne pas accrocher, et finalement, ça n’a pas été un problème du tout, grâce à une introduction plutôt bien maîtrisée. L’épisode a ses points faibles malgré tout, mais dans l’ensemble, c’est plutôt sympathique comme début de série – avec ce qu’il faut pour entrer dans l’histoire. J’ai encore un peu de mal à me faire au ton décalé de la série, peut-être parce qu’il ne l’est pas assez. Il faut que je me calibre sur leur humour pour pleinement apprécier, je pense. En tout cas, ça donne envie de continuer, c’est une bonne chose !

Spoilers

John se voit confier une nouvelle mission, en échange d’une récompense inattendue.

Twenty years ago, the world felt to shit. A big old apocalyptic dump.

Et si plutôt que de regarder tout ce que j’avais en cours, je commençais encore une nouvelle série ? C’est l’été, soyons fou (ça marche avec toutes les excuses du monde, oui). Et puis, j’étais un peu inquiet concernant la durée des épisodes, car ils ont diffusé les dix d’un coup, mais finalement, je vois que le premier épisode dure à peine 30 minutes. C’est une bonne chose, merci Peacock.

John Doe | New San Francisco | Un flic pas gentil | Lost Vegas

John Doe

OK. On ne va pas se mentir, les 20 premières secondes ont suffi à ce que j’accroche. J’espère que ça va être comme ça pour le reste de l’épisode et de la saison, mais l’accroche est excellente, avec le héros qui nous parle en voix off comme si l’on était ses potes, à nous parler de porno, et qui nous présente la situation de manière expéditive.

L’apocalypse ? Facile : un bug qui a fait planter internet et les écrans du monde entier. Et selon notre héros, sans porno facile d’accès, le monde part en vrille bien vite. Je ne suis pas convaincu que ce soit l’unique raison, mais eh, les premières secondes constituent une bonne mise en situation en vrai. Il y a ce qu’il faut d’humour dans la voix off et des effets spéciaux plutôt bons.

On enchaîne sur une course poursuite tout ce qu’il y a de plus classique. Le héros vient de nous expliquer qu’il y avait deux types de personnes : les insiders, qui restent à l’intérieur, et les outsiders, qui vivent en-dehors. Il fait partie de cette seconde catégorie et délivre des colis au premier. Simple, efficace. La course-poursuite ? On n’en sait pas grand-chose, mais on découvre notre héros plutôt assuré de ce qu’il fait.

Il est traqué par quelques tarés en voiture avec des flingues, ça tire dans tous les sens, mais il ne perd pas son sang-froid, se débarrassant méthodiquement de chacun d’entre eux tout en flânant dans le supermarché qu’ils sont en train de détruire. Tout ça pour une livraison à quelques insiders, donc.

La livraison se passe bien. On y découvre que notre héros s’appelle « John Doe », ce qui est on ne peut plus réfléchi comme nom de la part des scénaristes, on en conviendra. Il a ses habitudes, mais il rencontre un nouveau qui nous permet d’apprendre à le connaître un peu – son humour particulier de connaisseur du système, que l’on découvre aussi, surtout. Ouais, donc, il n’a pas le droit d’entrer dans les bases surprotégées des insiders, même si c’est lui qui effectue toutes les livraisons dont ils ont besoin pour vivre. Soit. Et oui, tant pis si la bouffe qu’il ramène est de la bouffe pour chiens, ce sera un festin tout de même.

Le début de la série est donc assez clair : John Doe se trimballe de base en base, grâce à Evelyn, sa voiture. Evidemment que sa voiture a un nom. Il vit d’échanges avec toutes les bases, qui ont parfois quelques aspects particuliers, du genre des esclaves en laisse avec un masque de chien, et est toujours prêt à l’action, même quand on saute sur le toit d’Evelyn sans prévenir. Il se défend avec quelques balles dans l’entrejambe, un classique.

La scène d’intro nous montre qu’il est aussi cannibale, prêt à bouffer quelques animaux échoués sur les plages, mais qu’il a tout de même un grand cœur, avec une photo d’enfance et un jeu d’ombre sympathique.

John Doe | New San Francisco | Un flic pas gentil | Lost Vegas

New San Francisco

La voix off pourra vite être épuisante, en vrai, avec des blagues un peu trop omniprésentes et pas franchement drôles. On a parfois l’impression d’entendre les commentaires d’un personnage de jeu vidéo, en vrai. Contre toute attente, quand il arrive à New San Francisco, il apprend que le leader de la ville souhaite lui parler. À l’intérieur.

C’est la première fois qu’il se retrouve à l’intérieur d’une base et il découvre au passage qu’il faut savoir y faire un créneau. Quelle angoisse. On le sent galérer, mais pas tellement non plus – juste ce qu’il faut pour que ce soi-disant drôle. Une fois son créneau terminé, sa confiance en prend un coup lorsque la gardienne présente lui demande de se déshabiller.

Le but ? Une douche pour le désinfecter… L’occasion de s’assurer une audience au top avec les fesses d’Anthony Mackie, parfumé tant qu’à faire. En vrai, c’est à peu près le ton déjanté que j’espérais, même si ce n’est pas tout à fait ça pour l’instant. J’imagine qu’il faut que je me fasse au ton de la série pour vraiment rire ? Pour l’instant, on n’y est pas.

Bref, l’idée est en tout cas qu’à New San Francisco, il rencontre Raven, la dirigeante de la ville. Je n’aime pas trop cette actrice, mais bon, elle n’a pas vocation à être hyper présente, j’imagine ? Elle ne fait que donner sa mission à John – son vendeur de lait préféré. J’avoue que je ne suis pas ravi de ce surnom pour le livreur, parce que bon… Riverdale est passé là.

La mission de la saison pour John ? Se rendre à New Chicago, de l’autre côté des USA, pour aller chercher un colis. Il ne devra pas savoir ce qu’est le colis, par contre. Au départ, il refuse parce que c’est trop loin, mais Raven a des arguments de taille : elle lui promet un foyer à New San Francisco, assurant qu’elle est prête à faire de lui un citoyen dans sa ville apparemment parfaite. Bon, admettons, la vie d’aventure, ça doit avoir ses limites.

Elle lui offre en plus un avant-goût de ce qu’est une belle maison : elle lui présente son mari, son bébé et les fourchettes pour manger de la bonne viande. C’est merveilleux la vie de riches, quoi. Par contre, je ne comprends pas comment Raven peut se souvenir du moment où les colonies se sont fermées en excluant tous les criminels MAIS que John ne peut pas se souvenir de ce qu’est un bébé. Ah oui, le synopsis disait qu’il était amnésique… mais euh, faudrait le dire dans la série aussi, quoi.

Allez, quoiqu’il en soi, la saison est lancée : il a dix jours pour aller à New Chicago et en revenir – et pour ça, il a même une nouvelle fenêtre à sa voiture. Par contre, il a un peu trop confiance facilement : dès qu’il est parti, Raven révèle son vrai visage. Elle le manipule totalement : elle n’a pas de bébé et l’homme n’était pas son mari.

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Un flic pas gentil

Pendant ce temps, nous suivons également un couple qui a croisé la route de John en début d’épisode : ils essayaient de lui voler ses rétros, la femme (eh mais c’est l’actrice de Brooklyn 99 ??) lui a fait un doigt d’honneur quand il les a surpris. Enfin… Elle n’a plus de majeur. Bref, cela ne l’empêche pas d’être au cœur de l’action quand elle est poursuivie par des flics dans une autre course poursuite.

Alors que son mec et elle pensent s’en être sortis, une petite explosion les fait sortir de la route, et hop, les voilà au cœur d’un accident. Ils survivent, de justesse, pour avoir droit à un monologue du méchant policier qui dirige leurs ennemis. Humph. C’est un peu tôt pour un monologue de méchant qui ne nous apprend pas grand-chose.

Et contre toute attente, la série révèle qu’ils ne sont pas en couple : ils sont frères et sœurs. Cela ne change rien à ce qui les attend : le flic n’aime pas les hors-la-loi et il les punit. Ils sont donc condamnés à mort tous les deux… à moins que l’un d’entre eux ne se suicide pour sauver l’autre. S’ils semblent d’abord d’accord pour mourir ensemble, le frère prend finalement la décision de se suicider.

La sœur peut donc survivre. Elle est tout de même marquée par les flics, qui vont clairement être des méchants pour la saison. On sent aussi qu’il y a une mythologie qui se développe avec ce méchant, cette femme qui sera clairement une partenaire pour John et la révélation qu’elle vient d’Orange County.

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Lost Vegas

En parallèle, nous suivons aussi John se rendre chez un ami, Bobby. Bon, ami, le mot est peut-être fort : de ce que j’en comprends, il l’aide à se procurer ce dont il a besoin, y compris une carte vers l’est – le grand Est qui est présenté comme un danger incroyable. Bobby nous vend bien ce qui nous attend dans la série : des vautours attendent John, qu’ils soient du côté des hors-la-loi ou de ceux qui veulent remettre en place la loi.

C’était assez clair avec l’autre segment de l’épisode de toute manière. En attendant, il est l’heure du cliffhanger : John va devoir passer par Lost Vegas, où un clown fou semble régner. Eh, le camion à glace avec sa petite musique et la danse du clown, c’est efficace pour nous l’introduire. Le cliffhanger du premier épisode est hyper efficace lui aussi : John croise celle qui deviendra sa partenaire, c’est très clair, mais ils sont encore ennemis à ce stade.

Elle tente de le braquer, probablement pour récupérer Evelyn. Seulement voilà, alors que la tension escalade entre eux et qu’ils se braquent l’un l’autre avec un flingue, le clown débarque avec son camion à glace. Alors que John comprend qu’elle est blessée et qu’elle a perdu son partenaire – la reconnaissant grâce à son majeur amputé – les deux décident dans un accord tacite de se tourner vers le camion qui arrive dans leur direction.

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NCIS – S20E15 – Unusual Suspects – 14/20

Un épisode tout ce qu’il y a plus de classique et de prévisible, avec un peu d’humour et un message moralisateur à nous faire passer. On a vu beaucoup mieux, mais on est clairement dans le ventre mou de la saison, quand les épisodes s’enchaînent parce qu’il faut bien en faire 22, mais que les scénaristes ne veulent pas trop s’avancer non plus dans les fils rouges pour garder des éléments par la suite. Bref, ça se regarde avec plaisir.

Spoilers

L’enquête de la semaine mène le NCIS à la maison de retraite.

Une enquête prévisible | La maison de retraite

Une enquête prévisible

L’équipe enquête sur la mort de Sam Vega, un officier de première classe qui semble s’être suicidé en voiture. Cependant, l’examen du corps (et la première scène de l’épisode d’ailleurs) révèle qu’il a été drogué avec une aiguille, prouvant que c’était un meurtre. Les enquêteurs commencent alors à chercher des indices pour savoir qui aurait pu vouloir tuer Sam – sachant que nous, on a bien vu son meurtrier, mais on ne sait pas encore qui c’est pour autant.

Comme je le disais dans le résumé bref plus haut, l’enquête mène l’équipe à la maison de retraite où Sam avait travaillé et où il avait rencontré Marilyn, une vieille dame charmante qui s’est avérée être une femme d’affaires impliquée dans des activités criminelles. Les preuves montrent que Marilyn avait embauché Sam pour l’aider à gérer ses affaires, mais on pense d’abord qu’il avait possiblement une liaison avec elle, parce que c’est ce que pense sa vraie petite-amie à défaut de connaître l’âge de Marilyn.

Ils ont des mails un peu salaces après tout… Seulement, la relation entre eux était plutôt celle d’un petit-fils avec sa grand-mère. Sauf que pas n’importe quelle mamie non plus : Sam avait découvert ses activités illégales, du trafic d’art, et avait menacé de les dénoncer. Marilyn a donc commandé sa mort à son amant… Bien sûr.

On va dire que ça soulève des questions sur la façon dont les personnes âgées peuvent être exploitées et comment la technologie peut être utilisée pour soutenir des comportements préjudiciables, parce que clairement l’application utilisée par les personnages pour se rencontrer est critiquée à plein de moments. Bien que la morale de l’histoire soit louable, certains éléments de l’épisode sont décevants.

Comme souvent, l’intrigue est beaucoup trop prévisible, j’ai immédiatement su que Marilyn serait la coupable, il n’y avait zéro suspense. J’ai aussi eu l’impression que les personnages manquent de crédibilité… Je veux dire, ce bon samaritain de marines qui se fait 10 000$ d’héritage, les joue, remporte le pactole et le dépense pour améliorer la maison de retraite anonymement… Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier alu aussi ?

Une enquête prévisible | La maison de retraite

Le NCIS et les retraités

L’histoire secondaire sur le trafic d’art n’apporte pas grand-chose à l’intrigue principale et le personnage du père de Parker semble sorti de nulle part. Déjà, Parker semble totalement oublier ce qui est arrivé dans l’épisode précédent, personne n’évoque son pétage de plomb, et la relation père/fils est super clichée. Elle n’apporte pas vraiment quoique ce soit à l’épisode… J’en attends peut-être trop, je ne sais pas, mais ça m’a déçu. Comment Parker a-t-il le temps de tout faire, en plus, quand on nous sort qu’il joue une fois par semaine avec son père en plus de l’ornithologie, la bière et tout le reste ?

Dans le même esprit, il semble peu probable que l’équipe de NCIS ait le temps de prendre soin des personnes âgées après l’affaire comme on nous le montre. On nous fait la morale en mode « c’est important de le faire vous aussi », mais est-ce que les agents y retourneront une deuxième fois ? Probablement pas. C’est bien mignon cette culpabilité soudaine de nos personnages mais on sait que les agents n’y retourneront jamais, alors ça tombe à l’eau.

Allez, il y a tout de même du positif : le marine impliqué est un personnage sympa, malgré les soupçons qui pèsent sur lui, et Torres montre une sensibilité envers sa grand-mère, ce qui est toujours un plus parce que j’aime voir le personnage de Torres être développé vers plus de sensibilité… bon, c’est totalement ce qui a aidé à être sûr que Marilyn serait coupable, mais c’est autre chose ça.

Ah, je ne peux pas conclure sans évoquer la relation entre Jimmy et Jessica qui est également bien développée, sans être envahissante ! Ils sont au travail après tout… J’aime ce couple, définitivement !

Une enquête prévisible | La maison de retraite

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Life in plastic ? Barbie’s fantastic !

Salut les cinéphiles,

Cette semaine, j’ai été confronté à un dilemme cinématographique : Barbie ou Oppenheimer ? Deux films aux antipodes l’un de l’autre, l’un nous plongeant dans l’univers rose et pailleté de la poupée la plus célèbre du monde, l’autre nous invitant à explorer les méandres sombres et complexes de la création de la bombe atomique. Mon cœur penchait pour Barbie, attiré par une campagne de communication brillamment menée qui a su éveiller ma curiosité.

Ma solution ? Voir les deux, bien sûr ! Initialement, Barbie devait ouvrir le bal dès mardi soir, mais suite à un contretemps, je n’ai pas pu me rendre à l’avant-première dans les délais. C’est donc finalement Oppenheimer qui a eu l’honneur de ma première séance de cinéma de la semaine, et de mon premier article disponible juste ici. Le lendemain, j’ai eu le plaisir de voir Barbie, un film qui m’a réconcilié avec le cinéma après les défauts du film de Nolan. Pas besoin de se demander où étaient les femmes avec Barbie, au moins !

Un monde parfait

Dans ce film, Barbie est une poupée humaine qui vit dans un monde parfait : Barbieland. Cependant, elle se retrouve dans notre monde réel après une suite d’événements, et elle y découvre qu’être unique et authentique est plus important que la perfection.

Il faut savoir que s’il était impossible de passer à côté du phénomène Barbie et de ses nombreuses opérations com, j’avais réussi à être très peu spoilé sur le film : de la bande-annonce, je ne connaissais que le plan déjà culte des pieds de Margot Robbie quittant les chaussures à talon pour rester sur des pointes, et du film, je ne connaissais que les affiches présentant Margot Robbie et Ryan Gosling. Quel plaisir de découvrir totalement le film ! Si je le dis autrement : je ne savais même pas qu’America Ferrara était au casting alors que j’adore l’actrice, j’ai donc eu mon lot de bonnes surprises très rapidement !

Barbieland m’a tout de suite enchanté, dès le début du film. On sent le détail apporté aux costumes (purée, ils sont incroyables, tous, ça donne envie de refaire sa garde-robe pour l’été… mais bon, j’ai tenté de faire les soldes pour la dernière démarque aujourd’hui, et wow, la surconsommation et les prix excessifs, ça calme), mais aussi aux décors. J’adore la manière dont les maisons ressemblent à de vraies maisons de poupées : il y a plein de détails pour nous rappeler qu’on est dans un monde de jouets ; avec des pièces minuscules, des maisons disproportionnées ou des décors en papier-peint.

Non, vraiment, on est dans un monde parfait et d’illusion peu réaliste, mais ça participe à créer une ambiance unique pour le film. J’ai lu qu’ils avaient beaucoup joué sur les proportions et les lumières, et ça ne m’étonne absolument pas. C’est une bonne idée pour donner l’impression de suivre une Barbie qui évolue dans un univers qu’on connaît – parce qu’on connaît tous l’univers de Barbie. Enfin, tous. J’avais deux grandes sœurs, difficile d’y couper !

Une construction réussie

Le film propose une structure narrative assez commune pour un voyage initiatique de ce genre, mais je n’aurais pas forcément aimé qu’il s’aventure vers autre chose. Là, on passe un vrai bon moment sans se prendre trop la tête car on devine les étapes très simplement, sans s’ennuyer pour autant.  L’idée d’une narratrice (on n’a jamais trop su qui elle était) fonctionnait très bien, surtout avec la chanson. La reprise de la chanson le second matin ? Un régal.

Tout le film m’a semblé être une suite de bonnes idées et de moments humoristiques vraiment sympathiques. Le film réussit à sortir totalement du cliché pour entrer dans une histoire originale. Il y a des défauts, bien sûr, mais dans l’ensemble, ça fonctionne tout du long. La BO est géniale – les Spice Girls pour la Weird Barbie (une si bonne idée de l’inclure, on l’a tous connue… surtout que j’étais le petit frère !), c’était si nécessaire et si bien trouvé – même si ça manque d’Aqua (on ne l’a que pendant le générique de fin), les personnages secondaires sont amusants, l’histoire a ses bons moments.

D’ailleurs, le générique de fin est vraiment à regarder, je suis encore en train de maudire, quatre jours après, tous ces idiots qui se sont levés et m’ont empêché de le regarder. Vu l’affluence en salle encore aujourd’hui pour le film (c’est dingue, c’est un raz-de-marée !), je vais attendre la sortie streaming juste pour me revoir le générique de fin. C’est faux, je reverrai probablement le film. J’ai adoré, c’était un petit bonbon acidulé et exactement ce que j’en attendais sans savoir que je l’attendais !

Y avait même de l’émotion, de la vraie, avec le personnage d’America Ferrera. Pour moi, c’est celle qui vole le film par surprise, parce que son personnage est super touchant (spoiler, mais le moment de la révélation que ce sont ses états d’âme qui affectent Barbie était grandiose) et a les meilleures répliques. On lui regrette juste de ne pas avoir une meilleure conclusion, mais c’est bien que son couple ne soit pas du tout au cœur du scénario et qu’elle existe en dehors de celui-ci. Bref, malgré une structure classique, le film s’évite des écueils !

Un casting brillant

Margot Robbie est une actrice incroyable, ce n’est plus à prouver. Même si je n’ai pas vu Harley Quinn (et si, c’est possible), je suis fan de son jeu, rien que pour sa performance incroyable dans Babylon (pour moi, elle a sauvé ce film qui n’a finalement rien marqué du tout avec le recul de quelques mois). Une fois encore, elle signe avec Barbie une prestation quasi sans fausse note. Quasi ?

La seule est volontaire car souligné par le scénario du film : non, ce n’est pas une bonne idée de caster Margot Robbie pour dire qu’elle se trouve moche et imparfaite. On sent que l’actrice s’éclate dans son rôle de Barbie stéréotypée et qu’elle aime être là pour passer son message.

Dans le même genre, Ryan Gosling s’amuse tout au long du film avec le personnage de Ken. Je suis beaucoup plus mitigé sur le personnage en lui-même, j’y reviendrai, mais l’acteur est génial. Malgré ce duo iconique, une autre tire évidemment son épingle du jeu : c’est finalement America Ferrara qui a les moments les plus marquants du film. Son discours sur ce que c’est d’être une femme en 2023 ? C’était poignant et incroyable dès la première fois, parce que la carte utilisée est celle de l’humour, mais d’un humour grinçant, qui dérange en tant que spectateur. L’actrice est géniale. Cela me donne envie de me remettre à Superstore parce que je n’ai jamais terminé la série…

Enfin, les autres personnages apportaient tous quelque chose, vraiment ; à part peut-être les Barbie et Ken sirènes… Mais franchement, toutes les poupées Barbie m’ont fait rire, les Ken étaient sympathiques (même si, bien sûr, j’ai eu mon préféré, sinon ce ne serait pas drôle), les humains apportaient une touche d’humour supplémentaire et (spoiler) même la mamie m’a intrigué juste ce qu’il fallait. Cela fonctionnait bien dans l’ensemble. Après, c’est sûr que j’ai eu plus de mal avec l’intrigue (et l’omniprésence) des Ken…

Un message ambigu

Le film est vendu comme étant là pour transmettre un message sur l’authenticité et l’unicité dans un monde de stéréotype, mais je ne suis pas sûr de l’interpréter comme cela. Barbie fait toute une quête initiatique pour en arriver à la conclusion qu’elle a envie de ne plus être un stéréotype et d’être humaine. Je comprends donc bien la scène finale qui nous prouve à quel point elle est humaine désormais, avec un gag final réussi… mais en même temps, ce gag m’a un peu dérangé suite aux discours d’America Ferrara. Finalement, Barbie se frotte à un monde où le patriarcat domine et elle ne change pas les choses, ce qui est un peu triste, surtout que ce gag final ne fait rien d’autre que l’objectifier une fois de plus en renvoyant à l’entre-jambe de la poupée devenu vagin… Je ne sais pas, ça m’a fait bizarre de finir là-dessus : oui, elle n’est plus un objet, mais eh, on la sexualise de nouveau ?

À l’inverse, Barbieland se masculinise un peu en fin de film, avec une place plus grande accordée aux Ken qui découvrent ce qu’ils veulent… Et je ne sais pas quoi penser du message final que ça nous laisse. Entre Allan qui a priori reste coincé là-bas malgré ses souffrances et Ken qui prend un temps d’écran incroyable à Barbie, est-ce qu’on est vraiment dans du Girl Power ou encore dans un film avec les mecs qui tirent tout à eux ? Bien sûr que c’est le message de nous faire comprendre que les hommes – et le patriarcat – prennent toute la place, mais même quand on en arrive à la conclusion du film, je trouve que Ken prend trop de place. Ceci étant dit, je suis fan de sa garde-robe et j’ai tellement envie de m’acheter certains articles (ce pull final est incroyable).

Il n’empêche que je n’ai rien compris à la bataille des Ken à la fin. Le plan de base des Barbie – les retourner les uns contre les autres – est excellent et est une très bonne idée, surtout quand on sort d’Oppenheimer où on voit bien jusqu’où va le ridicule des hommes et des concours de taille de b…ombes – mais finalement, elles passent d’un Ken à l’autre sans qu’on ne suive une logique, puis les Ken se retrouvent en deux camps sans qu’on ne sache trop ce qu’ils représentent. J’imagine que le flou est volontaire… mais ça mène à une scène où on ne comprend pas pourquoi ils se battent, ni pourquoi ils arrêtent de se battre, ni pourquoi il n’y a finalement que Ryan Gosling qui est en pleine crise existentielle à la fin.

Et surtout, tout ça prend un temps d’écran fou, au détriment de l’évolution de Barbie qui semble comprendre beaucoup plus vite où est sa place en dehors de sa boîte. Pour un film qui s’appelle Barbie, on passe beaucoup de temps avec ce Ken égocentrique et détestable malgré lui – tout en étant adorable.

Concernant les messages problématiques qu’il me reste à la sortie du film, il est difficile de ne pas parler également… d’Allan. Ouais, il est totalement oublié à la fin, et c’est très bien comme ça puisqu’on est là pour Barbie, mais comme il a été intégré au scénario… Ben, j’ai des questions.

Que représentait-il au juste ? J’ai eu l’impression d’un mauvais cliché des années 90 de personnage homosexuel parfois… sans que ça ne soit assumé, parce que les LGBT n’existent pas réellement dans ce film. C’est un peu dérangeant de nous vendre un Mattel de plus en plus ouvert d’esprit avec ce film, tout en nous montrant des personnages stéréotypés et macho à la direction de Mattel et aucun personnage LGBT. Je sais, je sais, j’en demande beaucoup alors que Barbie est une marque incroyablement ouverte d’esprit depuis des décennies… mais la représentation est importante ; le film le rappelle et j’ai trouvé que ça manquait. L’agenda LGBT, tout ça, tout ça…

En bref

Je recommande chaudement ce film ! Il est vraiment à voir pour se faire son avis, mais aussi pour les performances des acteurs, pour l’humour (incroyable de voir toutes les poupées que Mattel a pu mettre en vente) et pour le scénario qui est super bien écrit. Les dialogues sont savoureux, il y a de vrais bons moments (j’aurais aimé revoir la mère d’élève à l’école !) et des échanges franchement réussis… avec même certaines répliques et tournures de phrases qui me rappelaient des épisodes de Buffy. Vous ne pensiez tout de même pas que j’allais finir l’article sans en parler au moins une fois ?

Oppenheimer : trois longues heures (qui valent quand même le coup)

Salut les cinéphiles,

Cette semaine, comme tout le monde, j’étais face à un dilemme cinématographique de taille : Barbie ou Oppenheimer ? Deux films aux antipodes l’un de l’autre, l’un promettant une plongée dans l’univers rose et pailleté de la poupée la plus célèbre du monde, l’autre nous invitant à explorer les méandres sombres et complexes de la création de la bombe atomique. Ma solution ? Voir les deux, bien sûr ! Initialement, Barbie devait ouvrir le bal dès mardi soir, mais suite à un contretemps, je n’ai pas pu me rendre à l’avant-première dans les délais. C’est donc finalement Oppenheimer qui a eu l’honneur de ma première séance de cinéma de la semaine.

Un scénario éclaté…

Oppenheimer se veut, comme son nom l’indique, une exploration de la vie de J. Robert Oppenheimer, le scientifique qui a joué un rôle-clé dans la mise au point de la bombe atomique pendant la Seconde Guerre mondiale. Un sujet lourd, complexe, qui promettait une plongée dans l’une des périodes les plus sombres et controversées de notre histoire…

Christopher Nolan, fidèle à lui-même, nous propose pour cela un film inutilement compliqué. Après Tenet, j’étais content de voir qu’il s’attaquait à un sujet historique : au moins, je connaissais un peu le sujet d’origine cette fois et j’avais quelques références, j’espérais donc être moins perdu que d’habitude. C’est sa marque de fabrique de tenter de nous perdre, et ça ne manque pas cette fois encore.

Malheureusement, je ne suis pas fan de cet aspect, surtout pour un film comme celui-ci. J’ai trouvé qu’il était nécessaire d’avoir quelques connaissances préalables sur le sujet parce que le film est un bordel sans nom avec des flashbacks et plusieurs timelines présentées en parallèle, sans qu’on nous donne les dates ou les noms des personnages à chaque fois.

Disons que ça nous demandait beaucoup de concentration pour tout retenir et je n’ai pas compris l’intérêt de cette approche non-linéaire. Parfois, on a certes du noir et blanc pour nous aider à nous repérer… mais sur un premier visionnage, on oublie inévitablement ce qui était en noir et blanc ou pas deux heures plus tôt, et comme il nous reste une heure à ingérer, ça finit par être juste un sacré bordel.

Un spectateur éclaté (de fatigue)

Parfois, ça fonctionne, notamment quand des scènes sont annoncées par des effets sonores parce que le personnage s’en souvient mais qu’on ne l’a pas encore vu, mais la plupart du temps, ça fait pétard mouillé (sans jeu de mot pour la bombe H promis) car on ne sait plus quand est… quand ?

Parfois, c’est donc une catastrophe. Ainsi, la dernière scène du film est retombée un peu trop à plat parce que je n’avais pas compris qu’elle se situait après un autre moment du film où le personnage principal parle à la même personne, et c’est donc franchement dommage. Peut-être que le problème venait de moi : j’y suis allé le mercredi soir, j’avais bossé une partie de la journée, je n’étais peut-être pas assez attentif. Mais bon, il me semble quand même qu’on est, comme toujours, très peu guidé dans ce film complexe qui dure 3h… J’en suis sorti extrêmement fatigué, pour pas grand-chose.

Un petit plus, tout de même : j’étais extrêmement soulagé par le mixage du son ! Dans Tenet, je l’avais trouvé horrible (je n’ai même jamais revu le film) car j’étais obligé de lire les sous-titres tout du long : on n’entendait pas les répliques des personnages. Dans Oppenheimer, au contraire, le son est bien géré, on entend toutes les répliques et le son d’ambiance est extrêmement réussi pour glacer le sang quand il le faut.

Des performances d’acteurs remarquables

Pour autant, et c’est évident avec un film de cette envergure, tout n’est pas à jeter, loin s’en faut. J’ai passé de bons moments au milieu de ces trois heures. Bien sûr, l’acteur principal, Cillian Murphy, est tout bonnement excellent, comme tout le reste du casting. Il s’en tire vraiment bien, je trouve, et propose un rôle qui nous fait oublier tous les autres. J’ai particulièrement aimé son duo avec Matt Damon, ce dernier sachant très bien comment s’effacer pour laisser briller son collègue. Un vrai plus dans ce casting cinq étoiles.

Dans le même genre, Robert Downey Jr est méconnaissable et prouve qu’il n’a pas besoin de l’humour d’Iron Man pour être un acteur génialissime. Il est loin du personnage de Tony Stark (même s’il y a des points communs dans cette quête et soif de pouvoir), et c’est tant mieux. Cela fait du bien de le retrouver dans un rôle très différent et j’espère qu’il continuera à proposer des performances où on ne l’attend pas.

Sinon, j’étais fasciné par leur incroyable Einstein et amusé de voir débarquer Devon Bostick (il est partout où je ne l’attends pas en ce moment, après la saison 2 de Most Dangerous Game) dans le casting. Par contre, quelle déception que son rôle soit si secondaire (clignez des yeux et vous le manquerez notre acteur de The 100)… Je ne sais pas à quoi je m’attendais en même temps. J’aurais aimé le même genre de présence que Rami Malek, mais chaque chose en son temps, il aura peut-être son heure de gloire au cinéma plus tard dans sa carrière.

Où sont les femmes ?

Autrement, je suis toujours aussi amoureux de Florence Pugh (comment ne pas l’être, surtout dans ce film ?). Par contre, mon plus gros reproche, comme souvent avec Christopher Nolan, c’est l’absence incroyable des femmes et des personnages féminins, qui sont super mal écrits. Oppenheimer est présenté comme un tombeur pourtant… mais non. Il y a des occasions manquées (plein !) : la femme d’Oppenheimer (Emily Blunt) est incroyable, elle a une scène d’une efficacité redoutable (et apporte l’une des rares touches d’humour du film), mais est complètement sous-exploitée. Florence Pugh ? J’ai l’impression que son personnage n’a été écrit que pour justifier de la présence de l’actrice nue dans le film. Elle doit vraiment avoir 90% de son temps d’écran nue, poitrine à l’air. En comparaison, Oppenheimer est nu (ou torse nu) à peine trois minutes…

En 2023, un tel déséquilibre ; un film qui ne passe pas le Bechdel Test et qui, en plus, se permet de nous montrer une scène où des scientifiques sont sexistes avec une femme qui s’en défend, comme pour nous montrer que eh, c’est parce que c’est à l’époque qu’il y a si peu de femmes… c’est juste non. Franchement, c’est dommage, surtout quand le film est en concurrence avec Barbie à côté (et que ça montre à quel point le propos de ce film est juste). Je sais bien que ça se justifie et que bien sûr, il y avait une majorité de scientifiques hommes, mais comme c’est souligné dans le film, les femmes ont également eu un rôle important à Los Alamos… Cela aurait pu être sympa de nous le montrer.

Un film qui peine à captiver

Non, désolé à tous les méga-fans de Nolan et/ou de ce film, mais ils n’ont pas réussi à captiver mon attention tout du long. C’est dommage d’ailleurs, parce que je l’attendais vraiment ce film et j’espérais que ça allait être le cas. J’ai trouvé la première partie très lente et longue à mettre en place. Une fois de plus, je me répète, mais il ne me semble pas que c’était un besoin de nous introduire le film avec des flashbacks enchâssés les uns dans les autres et sans que les périodes historiques ne soient mises en place.

3h, c’est long. Il y avait de quoi fournir 3h dans le film (et même plus), mais pour que ça fonctionne, il aurait fallu que ce soit plus limpide et fluide. C’est un style, on aime ou on n’aime pas. Sur des films comme Inception, j’aimais. Sur celui-ci… Je ne vois pas le besoin de compliquer le propos et de nous provoquer des migraines…

En revanche, une fois le premier essai de bombe passé, j’ai trouvé que le film accélérait vraiment son rythme et qu’il prenait toute sa dimension majestueuse. C’était à couper le souffle par moment, c’était incroyable dans l’enchaînement et extrêmement bien monté… mais en même temps, il était temps !

Faut-il le voir au cinéma ?

Oui, Oppenheimer est un film qui mérite d’être vu, malgré ses défauts. Au cinéma ? Je vous le conseille parce qu’il est beau côté esthétique et parce que ça nous plonge vraiment dedans… Disons que ce serait plus compliqué de se motiver à rester trois heures à fond sur son canapé – et que c’est le genre de film où on prend aussi le risque de passer plus de temps sur Wikipedia que devant le film quand on le regarde chez soi.

Pour autant, avais-je vraiment besoin de dire si je le recommandais ou non ? Tout le monde ira le voir de toute manière, et ce n’est pas plus mal pour se faire son avis. C’est un beau spectacle, c’est une réflexion glaçante sur notre propre humanité et sur l’homme en général (mais on ne s’attendait pas à autre chose et ça finit même par en être creux), on en ressort avec quelques frissons et la conviction que l’Homme est un idiot. Oppenheimer offre une réflexion intéressante sur l’humanité et la science. Cependant, attendez-vous à un scénario complexe et allez-y à tête reposée. Je douille vraiment pour ceux qui en ont fait leur vendredi soir. Ou pour ceux qui y sont en ce moment, parce qu’un dimanche soir ne me paraît pas idéal non plus !