Reminiscence vaut-il le coup ? (#31)

Salut les cinéphiles,

Non, je ne vais à nouveau pas vous faire une liste de films vus comme il  y a deux semaines, mais bien vous parler d’un film qui sort en salles aujourd’hui et qui vaut le détour, je trouve. Enfin, en tout cas, un film auquel j’ai bien accroché grâce aux acteurs et au concept. Commençons par-là, donc.

Reminiscence - film 2021 - AlloCinéDans un futur (pas si ?) lointain, un homme (Hugh Jackman) a ouvert un business bien lucratif : celui de faire revivre des souvenirs aux personnes qui y mettent le prix. Oui, oui, il est possible en dormant d’accéder à nouveau à ses souvenirs et de les revivre – les revoir, les ressentir. Cela dit, il faut faire attention à ce que tout cela ne vire pas à l’obsession.

Reminiscence, c’est de lui qu’il s’agit, est un film très classique dans son scénario, et peut-être même dans son concept. C’est pourtant lui qui m’a accroché assez au film pour que j’en parle aujourd’hui, car j’ai trouvé sympathique la machine qui permettait de remonter dans ses souvenirs et les différentes utilisations que cela provoquait. Concrètement, on sent que le concept a été réfléchi et qu’il y aurait plein de possibilités pour en faire une bonne série. C’est peut-être une déformation de ma part, après.

Rebecca Ferguson — Rebecca Ferguson as Mae in "Reminiscence" (2021)

En revanche, du côté du film et du scénario… Ben, comment dire ? Comme souvent avec ce genre de film de science-fiction, l’histoire d’amour m’a paru un brin fade et énormément prévisible. Cela m’a posé un vrai problème de comprendre dès le début où on allait et, sans mentir, j’ai tout de suite su en voyant une scène du film quelle serait la toute dernière du film. Après, ce clin d’œil final fait partie de ce qui m’a plu dans le film…

Mais la vraie raison d’aller voir ce film n’est pas tellement dans le scénario – convenu, mais tout de même sympathique. Elle réside dans les acteurs d’une part, même si on a l’impression de revoir The Greatest Showman (le couple Jackman/Ferguson fonctionne toujours, au moins) ou d’être devant un épisode de Westworld par moments (au point où ce ne sont plus des coïncidences), et dans la réalisation d’autre part. Reminiscence's GIFs on TenorVraiment, c’est pas mal comme dose en attendant indéfiniment le prochain épisode de la série…

Je n’en attendais pas moins de la part d’une réalisatrice d’une de mes séries préférées – Lisa Joy de Westworld, donc – mais j’ai quand même été bluffé par certaines scènes. Il faut dire que l’équipe de production n’est pas aidée par ce synopsis qui nous plonge (littéralement) dans un monde où les grandes villes sont noyées par la montée des eaux, mais elle s’en sort à chaque fois pour nous rendre ce monde crédible.

Cela fonctionne ainsi très bien à l’image et donne de belles scènes d’action. Pour le reste, le film peine à passer le Bechdel Test, tente de le faire et se foire quelque peu sur le sujet… En 2021, c’est hyper problématique. J’ai fermé les yeux car c’est de la bonne science-fiction avec un concept qui fonctionne et des acteurs que j’aime, mais bon, pourquoi toujours nous foutre ce scénario de l’histoire d’amour dont personne n’a rien à carrer ? Surtout que là, je ne sais même pas si on peut parler d’amour…

hughjackmanedit Tumblr posts - Tumbral.com
Ils en font tellement trop dans la perfection de ce couple, d’ailleurs, c’en est presque drôle !

Je ne veux pas trop en dire pour ne pas spoiler, je vous laisse découvrir le film qui vaut le détour en salle pour ses plan magnifiques. Savourez-le bien si vous allez le voir. Il ne sera pas une référence incontournable du genre, mais il sera assurément un bon moment pour tous… en attendant de sortir des habitudes sexistes fâcheuses d’Hollywood !

A Monster Calls (#30)

Salut les cinéphiles,

Oui, finalement, je reparle à nouveau d’un film aujourd’hui, parce que j’ai terminé hier soir un film que j’ai beaucoup aimé, encore. Ce n’est pas exactement un coup de cœur car il a trop de longueurs à mon goût, même si les longueurs se justifient toutes dans les dernières scènes, mais j’en ai beaucoup aimé le message, assez original pour un film (partiellement) américain. Le partiellement a son importance, je cherchais à voir un bon film espagnol à l’origine – mais justement, un film d’origine partiellement hispanique avec Sigourney Weaver, ça a attiré mon attention.

Pin en Tattoos and body artLes connaisseurs et les plus cinéphiles sauront déjà que je parle de A Monster calls. Ceux qui ont lu le titre de l’article aussi. En espagnol, le film à un titre encore plus juste : Un Monstruo Viene a Verme. En français en revanche, on perd tout le délire du monstre pour éviter d’être dans la catégorie film d’horreur, et ça s’appelle Quelques minutes après minuit. Quand on voit le film, ça a du sens, mais franchement, dans le genre trahison de l’intention originale, ça se place là. Et en parlant d’intention originale, il faut noter que tout ça est inspiré d’un roman… Que je n’ai pas lu. Peut-être un jour, cela dit, ça m’intrigue.

Bon, l’histoire du film, peut-être ? Il est question de Conor, un petit garçon dont la mère est malade – même si on ne sait jamais exactement la maladie qu’elle affronte. Pour fuir les difficultés de sa vie, Conor fait appel bien malgré lui à un monstre, un arbre gigantesque, qui vient l’aider… en lui racontant des histoires.

A Monster Calls [Quelques minutes après minuit] en VOD. Film de J.A. BAYONA  - en Streaming et à Télécharger.Très clairement, la meilleure partie du film, ce sont ces histoires racontées par l’arbre. Elles sont magnifiques, tout simplement : si le film est en live-action, les histoires sont des passages animés, et les animations sont belles. Les histoires racontées sont aussi très intéressantes, parce qu’elles sont à la fois des contes très classiques, mais aussi très surprenants : l’arbre a une manière de les raconter qui nous fait voir que tout n’est pas toujours aussi simple que ce qu’un enfant voudrait. Et c’est là tout l’intérêt du film, à vrai dire.

Nous suivons Conor dans sa vie de tous les jours (et ce n’est pas forcément passionnant à première vue d’ailleurs), mais l’arbre parvient toujours à faire des parallèles très intéressants entre ses histoires et ce qu’il se passe dans la vie de Conor. Inévitablement, tout cela finit par apporter des leçons de vie importantes à Connor, mais aussi à la personne qui regarde le film et se retrouve piégé à attendre les histoires de minuit sept, encore et encore.

Quelques minutes après minuit : bande annonce du film, séances, streaming,  sortie, avisC’est un film que je trouve vraiment intéressant pour le message qu’il porte sur le deuil, la maladie, la manière de faire face à la perte d’un proche. Nous suivons les conséquences psychologiques sur le fils de la mère malade, et c’est assez violent quand l’on prend conscience que tout est lié, que des ramifications sont à faire entre chaque branche du film. Par contre, le film nous laisse nous débrouiller pour cela : jamais pris par la main, nous sommes confrontés scène après scène à des vérités qu’il faut être capable d’entendre et déduire de nous-mêmes.

C’est très étonnant, donc, et c’est ce qui m’a donné envie d’écrire un article dessus, parce qu’il est rare, quand je finis un film, que je revienne dessus aussitôt pour revoir certaines scènes. Et pourtant, j’ai revu chacune des quatre histoires du film pour bien comprendre la progression logique proposée et le message du film. Attention, je spoile ce message juste après, parce qu’il est important à mes yeux – si vous n’avez pas vu le film, regardez-le avant de lire le dernier paragraphe !

Le message du film est donc que la vérité est parfois bien plus douloureuse que les histoires qu’on se raconte, mais qu’il est nécessaire de se raconter des histoires à cause de la vérité. C’est d’une simplicité désarmante quand on voit la complexité narrative du film, mais tout le but du film est de nous faire arriver à cette conclusion en même temps que son personnage principal. Juan Antonio Bayona - AlloCinéNous voilà donc à la place de l’enfant, forcés d’écouter ce monstre, de s’attacher à lui tout en le détestant et en le craignant. Belle métaphore de la vie et de la mort, donc.

Sinon, j’ai découvert après coup que le réalisateur de ce film était Juan Antonio Bayona. Il faut que je me fasse une raison : j’adore l’ensemble de son œuvre, je crois. On lui doit également un de mes films préférés, The Impossible, un de mes coups de cœur de l’an dernier, Le Secret des Marrowbone, mais aussi un volet de Jurassic World (un de mes préférés, le cinquième, avec le volcan) ou le classique indétrônable qu’est L’Orphelinat. Sacrée carrière, le type !

Diecisiete (#29)

Salut les cinéphiles,

En ce mercredi, il est plus que temps pour moi de venir vous parler d’un film – parce que ça y est, je n’arrive plus à poster dès 9h apparemment. À dix-sept ans - film 2019 - AlloCinéPlus sérieusement, je voulais continuer cette semaine de faire le tour des autres films vus en 2021, mais il s’avère que j’ai finalement trouvé plus important à évoquer avec vous : un nouveau coup de cœur ciné. Et il a eu lieu sur Netflix par un hasard quasi-total.

J’ai vu cette semaine le film Diecisiete réalisé par Daniel Sanchez Arévalo, et j’ai adoré. Sorti en 2019, ce film raconte l’histoire d’Hector, un jeune qui se retrouve dans un centre de détention pour mineurs après une multitude de crimes qu’il a commis pour de bonnes raisons – en tout cas à ses yeux, puisqu’il voulait venir en aide à sa grand-mère malade. Le twist est ainsi qu’Hector voit le monde à sa manière et selon sa propre logique, au désespoir de son grand-frère.

Je n’ai pas envie d’en dire plus, même si le synopsis officiel en raconte encore davantage pour nous convaincre de le voir. Seventeen (2019) - IMDbJ’espère que le reste de l’article suffira à vous convaincre, sans avoir à lire toute l’histoire avant de la découvrir dans le film. Impossible tout de même de ne pas évoquer au moins la présence de chiens au casting de ce film, donc si vous aimez les chiens, vous serez probablement très touchés par ce film. Si vous ne les aimez pas, vous serez touchés aussi, parce qu’il n’y a pas que ça. Par contre, vous n’avez pas de cœur si vous n’êtes pas attendris par cette histoire de chien(s).

J’en dis déjà trop ! Ce film a été un coup de cœur parfaitement inattendu, et pas seulement parce que j’adore entendre parler espagnol – bien sûr que je l’ai vu en VO. Je le trouve très mal nommé – en VF, ça donne « À 17 ans » – alors qu’il aurait été hyper facile de le titre Tarapara. Seventeen' Netflix Review: Stream It or Skip It?Ce n’est pas du spoil, c’est simplement un mot qui est utilisé dans le film et qui, en gros, signifie à la fois « le chemin » en Hindi et « dire quelque chose en un minimum de mots »… C’est tout à fait ce que fait le film : nous suivons le chemin et le voyage du personnage principal, Hector, alors même que le film délivre bien des messages sans jamais les exprimer avec des mots.

Netflix Rolls on Daniel Sanchez Arevalo's 'Seventeen' - VarietyHistoire de famille, d’amitié, de liens à son chien, d’acceptation de la différence surtout, d’argent rapidement, Seventeen est un film dans lequel je suis bien vite entré par la porte de l’humour, mais qui traite finalement de nombreux sujets sous un angle un peu différent de ce qu’on voit d’habitude.

Assurément, le chemin est sympathique et l’histoire racontée ici est une belle ode à la vie – un peu à la Little Miss Sunshine, peut-être, parce qu’il est important de s’accepter aussi, d’accepter les différences, de vivre avec la différence. C’est un film très particulier à présenter, parce qu’il m’a vraiment plu, mais je ne saurais vous dire exactement pourquoi. Il manque d’un personnage féminin développé, c’est sûr, ou de représentation, aussi, mais… les personnages sont assez attachants, je me suis retrouvé embarqué avec eux.

Cette histoire était prenante et entraînante, je ne me suis jamais ennuyé car il n’y a pas vraiment de temps morts dans l’histoire d’Hector et son frère. Je ne peux que vous conseiller de voir ce film, il est doux, original, dépaysant, sympathique et réussi. Tarapara.

Ces autres films vus en 2021 (#28)

Salut les cinéphiles,

Je regrette parfois d’avoir laissé tomber mes articles sur les films tels que je les proposais en 2020, avec la liste de tout ce que j’avais vu. Comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et comme j’ai fait le tour des films dont j’avais envie de parler en un seul article (pour l’instant), revoilà une liste de films vus en 2021 mais dont je n’ai pas encore parlé sur le blog. Il s’agit donc de films qui ne sont pas des coups de cœur ou des sorties récentes, ou de films que j’ai fini par oublier… Mais tout de même, j’ai envie d’en garder une trace ici. 

Voilà donc quelques films que j’ai pu voir en janvier 2021 et dont je n’ai jamais parlé puisque je suis passé aux films que j’aimais en ce moment lorsque j’ai eu fini de parler de 2020 – mieux vaut tard que jamais, donc :

The Call

Lorsqu’elle décroche le téléphone de la maison familiale, elle ne s’attend pas à parler à une jeune fille… vingt ans plus tôt. De quoi changer le passé pour le meilleur et pour le pire.

Il s’agit du premier film vu cette année et… ce fut une déception. Le jeu des actrices est génial, il a plein de qualité et il a tout pour me plaire avec son jeu temporel permanent… Seulement voilà, ce film laisse de côté bien des paradoxes.

C’est top pour un faire un thriller prenant et angoissant, mais moi, j’aime bien quand c’est impeccable du point de vue temporel les histoires de voyage dans le temps. C’était donc bien, mais pas autant que promis.

Take Shelter

On suit la vie d’un homme qui redoute l’arrivée d’une méga-tornade… Personne ne le croit, cependant, car son père aussi avait l’habitude de crier au loup pour de mauvaises raisons.

Je venais regarder un film catastrophe et ce n’est pas exactement ce que j’ai eu, ce qui fait que ça m’a provoqué plus de frustration que de plaisir. Le film n’a pas été un coup de cœur car il n’était pas ce que j’avais envie de voir, mais je comprends pourquoi il a eu une bonne note de la part des spectateurs ou de la presse… Parce que vraiment, c’est sympa.

Haute tension

Un film d’horreur français sous le format du slasher. Deux étudiantes se rendent chez la famille de l’une d’entre elles pour les vacances.

J’ai passé un bon moment devant le film qui fonctionne très bien du côté des frissons et de l’horreur. Malheureusement, ça ne tient pas debout du tout ce film ; j’ai détesté le rebondissement final qui ne colle pas avec ce qu’on a vu avant, même en forçant les choses comme ils tentent de le faire. 

Le pire, c’est que je l’ai vu venir en me disant qu’ils n’allaient pas oser. Ben finalement, si.

And then we danced

Merab est un danseur classique qui s’est toujours entraîné avec sa partenaire, Mary. Un jour, il rencontre Irakli, qui devient vite son rival sur la piste de la danse et sa plus grande obsession dans la vie.

Un film franco-géorgeo-suédois ? C’est audacieux. Quand en plus, c’est un film LGBT dans une langue dont je ne parle pas un mot et dans un pays dont je ne connais pas la culture, ce fut dépaysant. En vrai, j’aurais probablement pu écrire tout un article sur ce film dont la douceur était aussi sympathique et marquante que la violence qu’il met en scène.

J’ai du vouloir le garder pour juin, puis j’ai oublié… Un très bon film vu dès ce début d’année en tout cas, je recommande, ça se laisse regarder tout seul !

L’accusé

Un homme accusé du meurtre de sa femme qu’il jure ne pas avoir tué fait appel à une grande avocate et lui raconte son histoire.

Le synopsis n’est pas spécialement intrigant et pas forcément motivant, je sais bien… Mais regardez ce film. Mon argument ? C’est un film hispanique, donc vous pouvez être sûrs que ça partira en vrille à un moment avec une intrigue au rebondissement surprenant. 

Cela a bien pris sur moi, j’étais à fond dans l’enquête et je n’ai pas tout vu venir !

Il est très rare que je dise ça… mais vraiment, ne regardez pas ce film. J’ai voulu aller au bout pour comprendre de quoi il en retournait et j’ai absolument tout détesté… Je n’ai jamais réussi à rentrer dedans. Au cas où, le synopsis donne envie quand même : une fille fait appel à un medium pour retrouver son père disparu et le ramener dans le monde des vivants. M’enfin, ça se passe dans un Cuba hyper pauvre avec des traditions et rituels qu’on ne connaît pas bien, au sein d’une famille pauvre et au passé sombre et étrange.

Voilà pour aujourd’hui… mais j’ai vu six autres films en janvier, dont un qui mérite probablement un article plus complet à l’occasion. Je sens que ça va finir en plus d’un article par semaine sur le cinéma cette affaire !