Mon avis à chaud sur Spider-man No Way Home (#52)

Salut les cinéphiles,

Critique du film Spider-Man: No Way Home - AlloCinéJe suis sorti il y a à peine trois heures de la salle de cinéma bondée (irk cluster party) où j’ai vu Spiderman No Way Home et j’ai déjà envie d’y retourner. En fait, j’ai dû me faire violence pour ne pas aller à la séance d’après – trop de choses prévues pour le reste de la journée, notamment la rédaction de cet article. Pas de bol, c’est déjà trop tard pour faire un article aussi détaillé que j’aimerais… mais en même temps, le stress a du bon et peut parfois me faire accoucher d’articles plus intéressants.

Par contre, les amis, on ne va pas y aller par quatre chemins. Vous avez compris que j’ai adoré le film, et je n’en dirais pas beaucoup plus dans ce paragraphe avant d’enchaîner sur le suivant qui va être plein de spoilers. J’étais vendu d’avance avec la présence de Tom Holland et Zendaya au casting, parce que je suis fou amoureux des deux. Ils confirment tout le bien que je pense d’eux avec ce troisième volet, Tom Holland réussissant toujours à me tirer des larmes et Zendaya à me faire fondre d’amour et de rire avec ses mimiques. Voilà, allez le voir si ce n’est pas déjà fait. Si c’est déjà fait, ben, bienvenue, on va en parler plus longuement, en restant sur mon avis à chaud évidemment.

SPOILERS

Non, sérieux,

SPOILERS.

Vous êtes prévenus,

SPOILERS.

OMG. Je ne sais même pas par où commencer tant le film était génial et pondait tout ce que j’avais envie de voir. Une grosse partie des surprises était évidemment atténuée par les innombrables rumeurs autour du film, mais comme je n’avais pas vu la bande-annonce (meilleure idée du monde maintenant que je l’ai vue et que je sais ce qui est dedans, putain, l’abus), je ne m’attendais pas du tout à voir les méchants débarquer.

https://media.melty.fr/article-4700626-raw/media.gifConcrètement, je savais que Dr Strange serait de la partie, mais je ne m’attendais pas à le voir avoir ce rôle de Tony Stark bis avec Peter. La relation qui se tisse entre eux dans le film est une suite logique des opus précédents et je l’aime vraiment bien, parce que ça permet de découvrir une nouvelle facette du personnage de Strange. Et puis le combat entre Peter et lui était visuellement super beau et fluide, j’ai beaucoup aimé (mais ça ne valait pas le bus de Shang-Chi par contre).

Toujours aussi inconsidéré, Strange accepte donc de lancer un sort qui va nous dérailler tout le film et je trouve ça sacrément intéressant de découvrir que Peter est responsable de ce qui lui arrive dans ce film. C’est clairement l’une des intrigues les plus poussées du film, et c’est bien normal de vouloir faire évoluer le personnage ayant le rôle-titre. Spider-Man has never made his girlfriend nearly die!La culpabilité de Peter est un moteur pour l’ensemble du film, parce qu’il apprend ce que c’est d’entrer dans l’âge adulte et de devoir faire quelques sacrifices. Cela marche complètement tout au long du film, jusqu’à sa conclusion venant justifier le titre de manière un peu brouillonne.

Avec un nom pareil, je m’attendais à voir Peter être perdu dans d’autres univers, pas à voir Peter être confronté à l’arrivée du multivers sur Terre. C’est intéressant comme concept ici, mais ça fait que le titre semble un peu mal choisi cette fois-ci. Ce n’est pas si grave, après, et la conclusion où tout le monde oublie Peter est très intéressante tout de même. Oui, j’avais dit que ça spoilerait, si vous n’êtes pas contents, vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous-même.

9 Questions We Have After SPIDER-MAN: NO WAY HOME's 2nd Trailer - Nerdist

Je n’ai pas tellement aimé cette fin pour un tas de raisons, d’ailleurs : je sens que ça va nous limiter la participation de Spiderman dans la création de la prochaine équipe d’Avengers finalement et ça me laisse vraiment perplexe sur ce que les personnages savent ou non. Grosso modo, ils se souviennent de l’existence de Spiderman, mais pas de Peter, et ça… c’est bizarre. Oublier le lien entre eux serait plutôt logique, mais comment l’histoire se réécrit-elle pour MJ, par exemple, si elle passe son lycée sans Peter Parker ? Et comment Ned et elle peuvent-ils être amis sans Peter ? Et comment Happy peut-il connaître May sans savoir qui est Peter ? C’est déroutant comme choix, et c’est encore pire que le retour du claquement de doigts pour la cohérence logique de l’ensemble.

Ceci étant dit, le film reste mon préféré de la trilogie. J’ai pu le voir dans une salle bondée et j’en retire la même satisfaction qu’avec Endgame, à savoir l’angoisse que ça se passe mal complétement annihilée par les réactions d’un public à fond. Quel plaisir d’entendre les réactions de surprises et de joie à l’apparition de Daredevil, de Spiderman ou de Spiderman. Et les pleurs aussi pour May, parce qu’on sent bien que ça arrive, on connaît l’histoire, merde !

daredevil GIFs - Primo GIF - Latest Animated GIFsLà-dessus, Kevin Feige en avait trop dit (pour une fois que ce n’est pas Tom Holland), mais ça faisait tout de même plaisir. Daredevil est donc de retour dans le MCU, même si sa présence ne servait pas à grand-chose au milieu d’un début de film précipité enchaînant les scènes à un rythme soutenu pour le bien de l’humour. Curieux de voir ce que les studios ont en stock pour la suite de ce personnage – et il va falloir que je me regarde la saison 3 un jour, du coup.

Spiderman Tobey GIF - Spiderman Tobey Maguire - Discover & Share GIFsLes arrivées d’Andrew Garfield et Tobey Maguire étaient largement prévisibles à partir du moment où les premiers méchants débarquaient dans notre monde, mais la manière dont ça se produit est une vraie surprise. J’ai adoré le développement que ça permettait pour le meilleur ami trop souvent dans l’ombre du couple-phare, et j’ai adoré les voir interagir ensemble, évidemment. Tout est super fluide et fait avec beaucoup d’humour. Bon, même à chaud, je pose quelques questions sur la logique de leur présence – parce que l’arrivée des méchants, ça se tient avec le sort, mais eux… bon, ils savent qu’ils sont Spiderman, on va dire.

Non, mais, sérieusement : les interactions entre les trois Peter Parker, ça nous refait tout le film. La scène où Peter perd May est évidemment touchante, celle où MJ et Ned viennent le câliner aussi… mais bordel, celle où les trois Peter échangent sur les deuils qu’ils ont eu à vivre ? Horriblement crève-cœur… https://static.hitek.fr/img/up_m/450275256/anigifenhanced181713913883741.gifEt ce n’est RIEN par rapport à cette scène où MJ tombe de la statue de la liberté (putain, mais comment ont-ils osé mettre ça dans la bande-annonce ???) comme la MJ d’Andrew. Et… Andrew Garfield, mais quel acteur ! Amazing, effectivement.

Bref, je n’avais jamais été vraiment fan de Spiderman avant Tom Holland, mais j’avais vu tous les films à un moment ou un autre et, j’avoue, voir autant d’acteurs réunis sur le grand écran, ça fait du bien. Je veux dire, il y a vingt ans de films qui se croisent ici… Et les scénaristes savent en tirer partie dans toutes les scènes entre eux. Le travail d’équipe, les références aux combats que chacun a pu mener, les blagues entre eux (euh le coup de la toile qui sort par ailleurs que le bras, j’en ris encore moi, j’ai l’esprit mal placé, pardon), tout est parfait. C’est le film que les fans voulaient voir, tout simplement.

Et c’est le cas jusque dans la scène post-générique. Bon, je n’ai pas terminé Venom 2 tellement j’ai trouvé le film mauvais et chiant, mais je trouve ça sympa de le voir débarquer dans le MCU. Je ne comprends pas trop ce qu’il foutait là (comment il sait que Peter Parker est Spiderman lui ??) ni pourquoi une part du parasite résiste au sort de Strange, mais ça nous permettra de raccrocher les wagons pour un quatrième opus. Il y en aura un, il y a même un sixième d’annoncé, imaginez.

wolves & girls : ZENDAYA as MJ in Spider-Man: No Way Home (2021)...Il faudra bien que Peter Parker retrouve MJ, merde. Elle va le tuer pour son choix, pourtant logique, de briser sa promesse et de ne pas lui dire qui il est. L’évolution du personnage est dingue, il suit bien l’enseignement de sa tante, et c’est chouette à voir : il veut faire le bien, et il protège ainsi MJ en faisant le choix de ne pas affecter son destin. C’est cool, hein, mais laisse-lui le choix ducon. C’est probablement ce que dirait sa tante si elle avait pu survivre, la pauvre, elle était si sage ! Bref, dans tout ça, Peter n’y va pas à l’improvisation avec MJ à la fin et il fait le choix de la maturité, c’est top.

Et sur ce, je crois que j’ai fait le tour de mes réactions à chaud… Enfin, il reste bien une grosse déception de la deuxième scène post-générique qui était en fait une bande-annonce, mais bon, vais-je vraiment en parler ici ? Allez, oui, je suis hyper énervé en fait, je n’aime pas les bandes-annonces, et celle-ci ne déroge pas à la tradition. La scène qui nous montre Wanda, c’était top, celle où Strange lui parle, ça passe… Mais était-ce obligatoire de nous révéler le méchant probable de son film ? Et est-ce qu’il faudra donc finalement voir les séries pour suivre les films ?

Voir aussi : What if…? (S01)

https://media.melty.fr/article-4658275-raw/media.gifBon, probablement pas. Cela complète bien l’histoire, on va dire. Je me doutais que ce Dark Strange débarquerait à un moment ou un autre dans les films… Curieux de voir ce que ça donnera, mais je suis sûr qu’ils peuvent l’introduire sans en faire des caisses. C’est déjà le cas dans ce film : il y a de multiples clins d’œil et références aux autres Spiderman, mais quelqu’un ne les ayant pas vus n’est pas perdu pour autant. Par contre, il passe probablement à côté de l’incroyable performance d’Andrew Garfield au moment de rattraper MJ. Pfiou. Petit cœur brisé vous abandonne pour retourner à sa soirée allez.

Voir aussi : WandaVision (S01)

Il était dingue ce film, non ?

Encanto pour s’endiabler la soirée (#51)

Salut les cinéphiles,

Encanto, la fantastique famille Madrigal - film 2021 - AlloCinéOui, je sais, on est mardi et normalement, je parle de films les mercredis… Mais j’ai ENFIN pu voir Encanto, car j’ai eu le plaisir de voir que la version numérique de ma carte UGC était arrivée sur mon application plus vite que la version physique par la poste (est-on surpris ?) ! Impossible d’attendre plus longtemps avant de me rendre le voir (les bons coups de tête), et d’attendre plus longtemps avant d’en parler : je viens juste de sortir du cinéma où je l’ai vu en VOSTFR, et je suis déjà en train de saigner la bande-originale. Forcément.

De ce côté-là, les chansons sont toutes vraiment géniales, Lin-Manuel Miranda nous fait du Lin-Manuel Miranda, mais s’adapte vraiment à la commande Disney. On a les sonorités espagnoles que j’aime tant dans In the Heights, les personnages qui ont chacun une voix bien à eux comme dans Hamilton et les chœurs qui fonctionnent comme toujours. Je sais, c’est un peu étonnant de commencer un article par ce point-là sur les chansons plutôt que sur l’histoire, mais c’est qu’en fait, tout ce que je savais du film avant d’entrer dans la salle, c’était que Lin-Manuel Miranda y avait mis sa patte. Et même si je ne l’avais pas su, ça se devinait facilement, à plein de moments.

Nod Antonio Madrigal GIF - Nod Antonio Madrigal Encanto - Descubre & Comparte GIFs

Je suis bien content de m’être laissé totalement surprendre par cette histoire, en tout cas. Contrairement à beaucoup de Disney (et j’ai Coco en tête, il faudra que j’en fasse une critique ici), je ne connaissais pas spécialement les traditions derrière ce film, je ne sais même pas s’il y en a, d’ailleurs. Bon, de quoi parle ce film alors ? De la famille Madrigal, une famille qui est touchée par un miracle – un encanto – depuis la mort du grand-père : chaque enfant se voit doté d’un pouvoir magique pouvant venir en aide à la famille ou au village autour. Ils ont aussi une maison magique, la casita, qui est de loin la meilleure trouvaille du film à mon goût (je veux la même) et tout va bien dans le meilleur des mondes… jusqu’au jour de la cérémonie où Mirabel doit récupérer son pouvoir.

13 Encanto Gifs - Gif Abyss

Je ne vais pas en dire plus car si vous êtes comme moi, vous n’aviez déjà pas idée de tout ça et la surprise est très sympathique à vivre en chanson – même si elle est écrite dès l’affiche du film, je sais, je sais, j’y suis vraiment allé les yeux fermés. Evidemment que les chansons apportent beaucoup à l’histoire du film ! Plus sérieusement, le film m’a emmené de surprise en surprise, même si l’histoire reste assez prévisible – c’est un Disney après tout. On sent bien vers quoi on se dirige autour de la troisième chanson du film, mais ça n’empêche pas du tout d’apprécier le voyage et d’avoir sa petite part de surprises et d’émotions au passage.

Encanto's GIFs on Tenor

Apprécier le voyage ? Les dessins sont magnifiques. Je sais bien que ce n’est pas étonnant pour un Disney, mais l’ensemble est très coloré, dynamique, vif, et on en prend plein la vue de la meilleure manière possible. Bref, comme bien souvent dernièrement, ce dessin-animé s’est transformé en petit coup de cœur. J’ai beaucoup accroché à l’humour du film, j’ai même ri à certains moments au point de me faire honte dans la salle de cinéma pas si déserte qu’elle ne l’était quand j’y suis entré. Oups.

Tout ça ne m’a pas empêché de remarquer certaines facilités scénaristiques non expliquées (la bougie, le retour après le fossé, etc.), mais ce n’est pas bien grave : c’est un dessin-animé pour enfants après tout. Les gags fonctionnent bien et surtout, le gros point positif, c’est qu’en plus de son héroïne travaillée, le film propose une galerie de personnages avec des personnalités marquées qui forment une famille avec beaucoup de cohésion – et de division, inévitablement.

Candle Encanto GIF - Candle Encanto Light - Discover & Share GIFs

Chaque personnage apporte quelque chose à l’histoire à sa manière, et c’est toujours signe d’une bonne construction de l’histoire quand c’est le cas. Les dynamiques de ce genre sont tout à fait ce que j’adore dans les séries où ça peut se développer sur du long terme, alors c’est pareil quand il s’agit d’un film. Après, je suis frustré car j’aurais aimé en voir plus pour certains personnages… Avec un peu de chance, Disney finira par développer un dessin-animé, de toute manière. M’enfin, comme le film fonctionne pour son ambiance musicale, pas sûr qu’un dessin-animé arrive à reproduire tout ça.

En plus, une fois de plus, on sent la volonté d’un casting qui met en avant la diversité et fait passer de jolis messages de tolérance et d’acceptation de soi – que demander de plus ?

Encantos GIFs - Get the best GIF on GIPHYBon, par contre, je suis plus sceptique sur l’idée de sortir ça en décembre quand c’est clairement un film qui me donne envie d’être en vacances d’été (et de manger des mirabelles, voilà, c’est dit), mais eh, ce n’est pas grave, j’ai ri et eu mes petits moments d’émotions. Je n’en demandais pas beaucoup plus. Si vous ne l’avez pas encore vu, vous pouvez foncer au cinéma les yeux fermés !

Silenced : la claque du week-end (#46)

Salut les cinéphiles,

Cela faisait quelques semaines que ce n’était plus arrivé, mais j’ai eu un coup de cœur pour un film cette semaine. En fait, j’en ai même eu deux ce week-end, seulement, il me fallait bien faire un choix pour l’article d’aujourd’hui. Moi qui avais l’impression de voir le bout des films regardés en 2021, j’ai de nouveau plein d’idées d’articles d’ici décembre…

Silenced - Film (2011) - SensCritiqueBref, pour aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’un film dramatique qui m’a foutu une claque énorme – m’enfin, je ne veux pas le survendre non plus, il faut que j’atténue un peu ce que j’en dis, je crois. C’est encore un film coréen qui en est responsable et, un peu comme Hope la dernière fois, il aborde un sujet hyper délicat et horrible. Ce film, c’est Silenced, un film sorti en 2011 et qui a la très dérangeante idée de s’inspirer d’une histoire vraie. Tout le problème est que l’histoire est terrible, parce qu’il est question d’une école et internat pour enfants sourds-muets se faisant abuser sexuellement par différents adultes sur place. Un nouveau professeur nommé sur place, par piston, s’en rend compte et fait tout ce qu’il peut pour arrêter ces méfaits.

L’horreur à l’état pur, finalement, c’était un film qui valait largement les thrillers d’horreur à mon sens, parce que même si le synopsis nous dit ce qui va arriver, les situations mises en scène sont juste encore plus horribles que ce à quoi on pensait s’être préparé avec le synopsis. Vraiment, c’est un film qui a des passages très difficiles à regarder et un message assez noir sur la vie et la société. Vous aurez beau vous préparer, je ne sais pas si vous serez capable de le voir sans verser une larme.

SILENCED (critique)D’ailleurs, le film n’est pas si long en durée, mais bordel, qu’est-ce qu’il est interminable à cause de ça ! La vraie claque est venue de là, je crois : chaque fois qu’on se dit que c’est terminé et que ça ne peut pas aller plus loin, hop, les scénaristes trouvent un moyen de nous contredire et de nous montrer que si, le drame va plus loin. Et les acteurs sont brillants ! C’est particulièrement vrai pour les enfants qui arrivent bien à interpréter des événements qui doivent pourtant les dépasser (enfin, j’espère, je ne souhaite ça à personne).

Attention aux spoilers pour la suite de l’article, parce que je vais aborder la réception du film après sa sortie – et inévitablement, il faut que je parle de la fin du film. En effet, je l’ai dit plus haut, Silenced s’inspire de faits réels, d’une vraie école où l’équipe éducative abusait de jeunes enfants handicapés… et où les adultes ont fini par s’en tirer quasiment sans la moindre sanction pénale. L’école est même restée ouverte un bon moment alors que tout le monde savait ce qu’il s’y passait.

3 films du réalisateur de 'Squid Game' ajoutés sur Netflix et à voir absolument ⋆ Célébrités K-SélectionC’est l’un des aspects les plus choquants du film, se souvenir que tout le monde est capable de fermer les yeux sur bien des horreurs pour ne pas avoir à imaginer le pire – c’est particulièrement bien symbolisé par la mère du héros. Seulement voilà, à la fin du film, on termine sur un sentiment d’injustice énorme ; sur l’impression qu’aucune punition n’attend les responsables quand les victimes subissent pour le reste de leur vie. C’est que même si le film s’inspire d’un livre, les choses n’avaient pas tellement bougé.

Heureusement, le film a eu un impact important sur la société ; au point de faire fermer l’école, au point de faire changer certains aspects des lois sur les crimes envers les enfants. Je ne comprends pas comment j’ai pu ignorer si longtemps l’existence de ce film. Je n’en avais jamais entendu parler – et pourtant, je cherche parfois des films selon les notes – avant son arrivée sur Netflix. J’aurais pu commencer par là, d’ailleurs : le film est sur Netflix, si vous avez un compte, n’hésitez pas à passer une soirée devant. C’est un film prenant, poignant et difficile à supporter, mais il vaut le détour.

Quelques prisons cinématographiques (#32)

Salut les cinéphiles,

Oui, on est dimanche et je m’apprête à parler de films comme je le fais habituellement le mercredi, mais c’est parce que mercredi prochain, on sera le premier septembre (et merde), ce qui fait que j’aurai un autre événement à évoquer avec vous – événement qui aura trait à la lecture. Les habitués du blog savent déjà ce qui m’attend pour septembre de ce côté-là, mais rendez-vous mercredi pour en savoir plus.

En attendant, je repars sur les films vus au cours de l’année et dont j’ai oublié de prendre le temps de parler. La sélection du jour se concentre sur la thématique de la prison, avec deux films qui sont des prisons psychologiques et trois qui parlent d’une véritable prison. Science-fiction et films allemands sont au rendez-vous.

The Door : La porte du passé

The Door : La Porte du Passé - Film (2009) - SensCritique

Intéressant film de 2009, un peu compliqué à trouver vu le nombre de films portant ce titre qui existent… J’ai l’impression qu’il est passé inaperçu à l’époque, mais c’est peut-être parce qu’il est en allemand ! Porté par Mads Mikkelsen, je pense que le film connaît une seconde jeunesse grâce à la popularité de l’acteur et que c’est ce qui fait que j’en ai entendu parler.

Du côté du synopsis, on suit le personnage de David – Mads, donc – qui culpabilise de la mort de sa fille de sept ans dans un accident (pas si ?) tragique alors qu’il devait la surveiller. Sa vie est inévitablement brisée, mais il trouve cinq ans plus tard une étrange porte miraculeuse qui va lui donner une chance de tout recommencer.

Avec le mot mystère, il faut comprendre « science-fiction », « voyage dans le temps », « monde parallèle »… Que des mots-clés qui généralement sont susceptibles de m’intéresser. Le film m’a envoyé une petite vibe Channel Zero à plusieurs reprises, avec un petit côté saison 2 pour les fans, pour son côté thriller et son côté enfermement psychologique du personnage. C’est toutefois survendre le film que de faire cette comparaison, parce que la conclusion était un peu décevante. Dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment, ce n’est pas incontournable, mais c’est un thriller sympathique. Légèrement oubliable, par contre.

Man from Earth

The Man from Earth - Film (2007) - SensCritiqueOn reste dans la science-fiction, en quelque sorte, avec un film extrêmement bavard et qui n’a RIEN à voir avec son affiche. Si vous n’aimez pas les huis-clos, fuyez tout de suite, car c’est bien pour le huis-clos que je le place dans ces films sur la prison : le personnage principal est enfermé dans sa vie, ses amis sont enfermés pour une nuit avec lui – malgré un libre-arbitre qui pourrait les faire partir quand ils le souhaitent.

Si tout ça ne vous fait pas peur, vous êtes partis pour une étrange histoire racontée au coin du feu : avant de déménager, le professeur John Oldman reçoit la visite de ses amis qui lui préparent une fête d’adieu. Les amis veulent surtout comprendre la raison du départ précipité et surprise de John, qui se met alors calmement à leur expliquer qu’il est un homme des cavernes âgé de 14 000 ans. Rien que ça.

Ce qui paraît être une bonne blague lance tous ces professeurs de fac dans des débats vifs et passionnés qui vont aborder bien des thèmes, à commencer par la religion ou la vie après la mort, en passant par quelques sujets d’Histoire.

C’est une ambiance très particulière, parfois à la limite de la masturbation intellectuelle, mais je trouve que le film fonctionne drôlement bien à entretenir le mystère – John raconte-t-il la vérité ? Est-ce seulement possible ? John répond en tout cas à toutes les questions de ses amis, tous spécialistes d’un domaine bien précis permettant de faire avancer le film.

J’ai trouvé ça plutôt sympathique, parfois déstabilisant dans les avancées proposées du côté du scénario. Il y a quelques problèmes de rythme, comme souvent dans les huis-clos, avec des manières de relancer la conversation ou le film qui ne sont pas toujours géniales. La fin est légèrement ouverte et il existe une suite que je n’ai pas encore vue… Peut-être un jour.

L’expérience

L'EXPÉRIENCE (2001) - Film - Cinoche.comCette fois, on passe à la prison, la vraie… ou presque.

Film allemand s’inspirant de la fameuse expérience de Stanford, j’étais curieux de voir ce que ça pourrait donner et je n’ai pas été particulièrement déçu. L’expérience de Stanford est une vraie expérience dans laquelle un professeur avait proposé à des étudiants lambdas de sa fac de participer à une expérience où certains joueraient le rôle de prisonniers et d’autres le rôle de gardiens de prison. Malgré une surveillance étroite, l’expérience avait quelque peu dérapée : le hasard avait attribué les rôles, mais ça n’a pas empêché une bonne partie des gardiens de faire preuve de sadisme autoritaire et une bonne partie des prisonniers d’être traumatisés émotionnellement.

Pour en revenir au film, il va de soi qu’il part bien plus en vrille que l’expérience originale, avec des hommes qui ne sont pas des étudiants mais ont juste besoin d’argent. Le sadisme des gardiens est rapidement exacerbé par une absence de réponse des scientifiques qui veulent tester les limites psychologiques de chacun.

On suit en parallèle la vie des prisonniers désignés au hasard, avec un esprit rebelle refusant de trop se laisser faire, celle des gardiens, avec un profitant de son autorité nouvelle pour aller trop loin et un n’assumant pas trop ce qu’il se passe, et celle des scientifiques, parfois en désaccord. Le film comporte quelques scènes dures psychologiquement et la perte de contrôle de l’expérience me déplaît quelque peu car ça va trop loin pour rester dans le cadre du crédible – le hasard fait mal les choses, on va dire.

Dans l’ensemble, j’ai beaucoup aimé ce film par contre, parce qu’il est le reflet de quelque chose de bien flippant. À voir.

Le trou

Le Trou - Film (1960) - SensCritiqueOn reste dans l’ambiance prison avec ce vieux film français dont je n’avais jamais entendu parler et qui a pourtant su être assez intéressant pour me garder jusqu’au bout. Le concept n’a rien de révolutionnaire, avec des prisonniers qui creusent un trou pour s’enfuir d’une prison, mais ce qui rend le film vraiment agréable, c’est qu’il date de 1960 et possède de sacrées scènes, que je trouve vraiment impressionnantes pour l’époque.

Il a une sacrée réputation, avec toujours d’excellentes notes partout où il en est question, et je m’en fais l’écho avec plaisir. J’ai vraiment beaucoup aimé cette histoire, surtout juste après le film précédent, car à nouveau, on nous offre une exploration de la psychologie des prisonniers. Bref, c’est à voir pour les plus cinéphiles, c’est une référence ce film de Jacques Becker.

The Platform

The platform - Ecran et toileDernier film vu qui corresponde encore à la thématique de la prison, il s’agit cette fois d’un film Netflix légèrement plus connu, puisqu’il avait fait du bruit à sa sortie. Concrètement, j’en ai adoré le concept, mais pas du tout le rendu. Heureusement que c’était en espagnol, ça m’a motivé à continuer…

Le concept ? Le personnage principal se réveille dans une étrange prison, conçue sur de nombreux étages superposés, avec un grand trou au milieu. Au milieu défile une plateforme sur laquelle un véritable banquet est dressé. Les prisonniers de la cellule la plus haute ont donc la chance de pouvoir manger ce qu’ils veulent, alors que plus on descend, plus il n’y a que des restes à manger… Restes dans lesquels certains prisonniers des étages supérieurs n’hésitent pas à faire leurs besoins, vomir ou cracher, profitant de leur supériorité.

Pourtant, cette supériorité n’est que temporaire : parfois, les prisonniers se réveillent à de nouveaux étages, montant vers des hauteurs agréables ou descendant toujours plus bas. Bien sûr, ils ont pour règle de ne rien garder à manger pour plus tard, sous peine d’être tués par la torture, car ils sont filmés. Et bien sûr, le héros veut établir un système juste où chacun ne mangerait que sa part pour que tous puissent jouir d’un repas…

Vraiment, du côté du concept, il y aurait de quoi faire un film intéressant. Je n’ai pas aimé l’histoire, cependant, avec un héros auquel j’ai eu du mal à accrocher, des compagnons de cellules peu crédibles, une mythologie bizarre (la femme à la recherche de son enfant), un hasard ne permettant de trouver un équilibre pour le film et une psychologie pas toujours très logique.

Je m’y attendais, mais ce fut une déception quand même !