Bingo Séries #92

Salut les sériephiles,

Les mois passent et se ressemblent : le temps file à toute vitesse et plus personne n’atteint le 20/20. L’hiver commence à pointer le bout de son nez, sur Twitter, on me parle déjà de Noël entre deux posts sur l’improbable victoire de Trump aux élections américaines, et voilà qui va justifier les thèmes de cette nouvelle grille.

Bref, on est le 6 novembre, il est 20h, la grille est à l’heure et vous n’avez plus qu’à vous faire une watchlist du mois durant les quatre prochaines heures pour tenter de remporter le jeu ce mois-ci. La concurrence est moins rude qu’il y a quelques années, vous n’avez pas d’excuse. Bon jeu à tous !


Pour les nouveaux, les règles sont en fin d’article. N’hésitez pas à poster dans les commentaires ou à me contacter sur Twitter (@ShipouJG) s’il vous reste des questions après lecture de cet article – parce que j’y réponds toujours ! Et si j’oublie d’y répondre, relancez-moi, ce sera passé inaperçu entre deux notifs…


L’esprit des fêtes

Mariah Carey a dit « It’s tiiiiime », on peut commencer doucement à en parler.


  1. Un grand repas de famille festif… qui peut ou non tourner au drame.
  2. Un personnage parle des fêtes de fin d’année*.
  3. Une dinde à l’écran (sans mauvais jeu de mots, hein).
  4. Les personnages célèbrent Thanksgiving.

Rien de bien original ce mois-ci, avec des points qui sont sûrement déjà tombés par le passé, mais ce n’est pas grave. Les fêtes de fin d’année désignent toutes les occasions festives qui existent en novembre et décembre.


Influence Electorale

Mon Twitter était une bulle pro-Harris et les résultats me dépriment encore plus que la météo.


  1. Un personnage parle d’élections et de votes*.
  2. Le nom d’une personnalité politique importante réelle est cité.
  3. Un personnage souhaite changer le système*.
  4. Une scène où les personnages apprennent le résultat d’élections*.

Chaque point avec une astérisque peut tout à fait concerner de la politique 100% fictive et dans n’importe quel type de séries/histoires. En revanche, le point 6 concerne bien des figures politiques majeures dont on pourrait entendre parler aux infos. La faille ? Cela peut fonctionner aussi pour Abraham Lincoln, par exemple.


Mais moi j’voulais une moustache

Si vous avez la réf musicale derrière ce titre, vous êtes quelqu’un d’incroyable.


  1. Un personnage arbore une moustache bien visible.
  2. Le mot moustache est prononcé.
  3. Un personnage est vu en train d’entretenir/raser sa moustache.
  4. Un personnage porte une fausse moustache.

Quoi, il faut bien que certains thèmes soient impossibles si je veux m’assurer que personne n’arrive au 20/20, non ? En vrai, il y a de quoi faire cette année et en ce moment où on a plein de séries en mode western. Ou alors, pas du tout. On verra bien.


Jetlag et décalage horaire

Encore et toujours la fatigue et la flemme dans ma vie d’adulte, alors ce sont les seuls thèmes qui m’inspirent dernièrement. Je sais, c’est un peu déprimant.


  1. Un personnage mentionne un décalage horaire.
  2. Un personnage dort en avion.
  3. Un personnage se plaint de son rythme de vie épuisant.
  4. Un personnage ne semble pas subir de jetlag alors qu’il le devrait.

Je vais regretter les premiers épisodes de 9-1-1 qui étaient cette année dans un avion… Mais je compte un peu sur Lioness pour certains points, notamment le 16, parce que ces personnages traversent trop souvent le monde et ne semblent jamais être affectés par les changements d’heure, alors que moi, on me décale d’une heure et je suis KO pour deux semaines. La vie est injuste.


Actions

Et comme d’hab, on termine par mes points préférés !


  1. Mangez/Buvez quelque chose qui vous met dans l’esprit des fêtes en regardant une série*.
  2. Partagez votre pire président(e) de séries TV.
  3. Faites des moustaches à un personnage et postez la photo (par exemple, en faisant comme dans How I met your mother avec Sandy Rivers).
  4. Regardez un épisode au coucher du soleil.

Je pense que le point 19 a le potentiel de devenir mon préféré de tous les Bingo Séries confondus, ne me décevez pas. Le point 17, c’est vraiment juste une excuse pour boire du chocolat chaud, mais si jamais vous êtes plutôt team vin chaud, faites-le avec modération. La dinde aussi, je suppose.

* Vous cherchez où mènent les astérisques de l’article ? C’est simplement un moyen d’indiquer qu’il faut lire le paragraphe sous chaque thème car il y a des explications sur le point en question.

Bon visionnage !


Bonus geek : Troquer un point pour le Black Friday. Vous avez déjà remarqué comme parfois vous voyez quatre fois un point dans vos séries ? Et comme parfois d’autres voient trois fois un point que vous n’avez pas ? Eh bien, à partir du 29 novembre (et jusqu’au 7 décembre, oui), nous pourrons nous échanger nos points, comme des cartes Pokémon. Autrement dit, si vous voyez certains points plusieurs fois, notez les bien, car vous pourrez peut-être les donner à quelqu’un en échange d’un point que lui aura vu plusieurs fois, mais pas vous. Les transactions se feront via Twitter, utilisez ensemble les hashtags #BingoSéries et #BlackFriday. Amusez-vous bien ! Et n’oubliez pas : il s’agit d’un échange, pas d’un don (ça, c’est pour décembre).



Pour rappel, vous trouvez dans cet article une liste de 20 choses à accomplir ou voir tout en regardant des épisodes de séries que vous n’avez jamais vus auparavant, du 7 novembre au 7 décembre 2024 ! Le but ? S’amuser entre sériephiles et parler sans spoiler, ici, sur vos blogs, sur Twitter, sur la page Facebook du blog, partout quoi. Pour réussir le bingo, il faut avoir la moyenne, donc au moins dix items validés. Et pour avoir son mot à dire ? Il faut le compléter, avec un joli 20/20 ! Le premier à compléter le bingo choisit trois thèmes qu’il classe par ordre de préférence, le deuxième peut conserver ou virer son troisième choix, le troisième peut conserver ou virer son deuxième choix.
N’oubliez pas d’indiquer les spoilers éventuels quand vous communiquez vos points sur Twitter, vos blogs, etc. La participation est ouverte à tous, à n’importe quel moment du mois et il suffit d’un 10/20 pour valider la grille ; le reste, c’est pour la frime.
Comme d’hab, un personnage est quelqu’un qui parle dans l’épisode ou a déjà parlé dans la série ; « quelqu’un » fait aussi référence aux figurants. Un même épisode ne peut pas servir deux fois dans le même thème et il y a un « point bonus » pour vous aider à finir la grille plus vite.

Orphan Black Echoes est annulée…

Salut les sériephiles,

Et si on en revenait aux séries ? Oui, on va parler d’une annulation qui me laisse un goût amer (une de plus), celle d’Orphan Black: Echoes.

Pour ceux qui suivent mon blog depuis quelques années, vous savez déjà probablement que je suis dégoûté – oui, dégoûté, car Echoes offrait un casting brillant, une vraie profondeur et surtout, cette aura de mystère et de tension digne de l’esprit Orphan Black. Et moi, j’adorais la série-mère, j’étais tellement à fond au départ ! D’accord, elle n’a pas tenu la longueur, mais quand même.

Pour en revenir à Echoes, c’était audacieux de prolonger l’héritage de Orphan Black en choisissant des personnages nouveaux, mais le pari était réussi ! Le casting a apporté une intensité qui rendait hommage aux débuts de la série, tout en renouvelant la dynamique entre les protagonistes. Je m’attendais à une série très détachée et ce fut finalement un spin-off surprise avec plein de retours.

Mais ce n’est pas tout. Un bon casting et des personnages chouettes, ça me dérange de leur dire adieu, mais je m’en remets. Là, malheureusement, Echoes avait en plus ouvert des pistes narratives tellement prometteuses ! D’accord, ce n’était pas malheureux quand j’ai regardé, mais ça le devient. Le cliffhanger de fin de saison était à couper le souffle, et même avant cette fin brutale et surprenante, chaque épisode laissait entrevoir une multitude de possibilités pour la suite.

On sentait que la série posait des bases solides, prêtes à être explorées, avec des arcs narratifs qui auraient pu nous emmener encore plus loin dans les méandres de cet univers. Les retours possibles de certains personnages de l’univers original étaient là, en suspens, et cette anticipation (cet espoir vain d’un retour de Tatiana Maslany surtout, je reconnais) faisait partie de l’ADN d’Orphan Black : l’attente, l’énigme… et là, c’est la frustration.

Sur le blog, j’ai déjà partagé ce que la série d’origine représentait pour moi, et bien sûr, dans les critiques j’ai évoqué ce que Echoes avait réussi à réactiver dans cet héritage complexe. J’y voyais la possibilité de redécouvrir ce que Orphan Black avait si bien su installer : des personnages profonds, des intrigues denses, et cet équilibre unique entre science-fiction et drame humain. C’était si addictif que j’étais content de retrouver la même sensation… En plus, c’est un peu mon objectif de l’année en théorie, de retrouver ma passion des séries.

Et pourtant, je me retrouve ici, avec une série amputée de son potentiel, des intrigues en suspens, et une annulation brutale qui ne respecte ni l’œuvre ni les fans. Bref, je suis frustré. Vous me direz, c’est peut-être l’occasion de replonger dans ce qui existe encore de l’univers : Orphan Black: The Next Chapter. Je ne suis pas hyper fan du format uniquement audio, mais qui sait ? Juste histoire de combler ce vide…

En vrai, cette annulation rouvre juste le deuil de la série d’origine, alors qu’on promettait de le guérir un peu avec cette nouvelle série. Tout le monde était partant dans le casting pour continuer… Une belle décision financière bien naze des studios, donc. Et comme d’habitude, les fans sont les premiers à en pâtir.

NCIS – S22E04 – Stick & Stones – 18/20

Qu’est-ce qui leur arrive cette année ? En pleine semaine d’élections présidentielles, voici donc que NCIS propose une intrigue où les américains ne sont peut-être pas les héros qu’ils croient être et où les agents doivent se rebeller contre le système en place pour sauver le monde – oui, oui, le monde. C’est inattendu, la série déraille un peu et n’est plus tellement crédible, mais ça permet bizarrement de fournir un épisode efficace à la fois du côté de l’intrigue et du côté du développement des personnages. Parce que, oui, il y a aussi un gros développement de personnages attendu depuis quelques épisodes dans celui-ci.

Spoilers

Parker reçoit un coup de fil pour lui annoncer le début à venir de la…

Troisième guerre mondiale

Cette saison est décidément dans la surenchère constante, c’est assez fou. Plutôt que de proposer une intrigue toute traditionnelle, on se retrouve avec Parker qui reçoit un coup de téléphone pour lui indiquer que, bon, c’est trois fois rien : la troisième Guerre mondiale est sur le point de commencer. Et pour cause : alors que toute l’équipe débarque au NCIS, on apprend que la Biélorussie s’apprêterait à lancer une attaque avec des missiles nucléaires et que, parce que ça ne suffit pas, plus personne n’a de contact avec Air Force One. Le président est évidemment dedans, alors c’est gênant.

On reprend un peu le concept de Designated Survivor en plus, avec un sénateur qui se retrouve à la tête de l’Etat, le président étant injoignable, le vice-président en pleine coloscopie, etc. Bref, c’est la panique de la part de tous les officiels. Pour ne rien arranger, Vance est lui-même dans un avion, qui est en train de faire demi-tour alors qu’il partait vers le Venezuela.

C’est Parker qui se retrouve à gérer le gratin gouvernemental, en présence de Nick, ce qui n’a pas trop de sens. Parker prend alors un risque incroyable : il refuse d’appliquer un ordre de la part d’un supérieur militaire. Bien sûr, il a de bons arguments pour cela : il n’est pas directement dans la chaîne de commandement et on lui demande tout de même de lancer des missiles nucléaires. C’est simple : pourquoi attendre d’être attaqué quand on peut attaquer soi-même ?

La réponse de Parker est simple elle aussi, il refuse de suivre un ordre qu’il juge illégal et dangereux pour… oh, trois fois rien : la sécurité du monde entier. C’est une manière comme une autre de mettre des enjeux dans la série. McGee se retrouve donc à devoir arrêter son patron. Il refuse de le faire. Est-ce qu’ils viennent tous les deux de perdre leur job ? C’est quand même une sacrée prise de risque.

FBI

Le FBI débarque une fois de plus pour mettre des bâtons dans les roues du NCIS. Concrètement, grosso modo, du côté de NCIS, on essaie de gagner un maximum de temps avant de devoir appliquer les ordres du missile nucléaire. Côté FBI, le but est d’arrêter tous les traitres à la nation. Autrement dit, nos agents sont tous à se mettre le FBI à dos et c’est vraiment à suivre : Nick en isole un et le fout à la morgue (même s’il est en vie, hein) ; Parker et McGee s’échappent depuis l’ascenseur où on a fait l’erreur de les laisser avec un seul agent ; Kasie s’enferme dans son labo pour filer les vidéos de surveillance du bâtiment à un ordi extérieur ; un autre agent se cache dans le MTAC pour les aider à retarder la bombe.

En vrai, j’aime beaucoup ce que ça donne. Il n’y a pas tellement de crédibilité à tout ça : on sait bien que nos héros auront raison et que le monde s’en sortira bien, mais tout de même, ça fonctionne à merveille comme épisode, je trouve. Et ça change des petites enquêtes habituelles. Le but de la semaine est quand même d’empêcher le début d’une guerre mondiale en coupant les communications du MTAC. McGee finit même par pirater le système du bâtiment pour balancer de la musique à fond dans tout le NCIS.

La diversion fonctionne un temps, permettant à Parker et Nick de détruire tout le système électrique du NCIS. C’est assez surprenant : ils peuvent couper le système de tout le bâtiment depuis le garage du NCIS, comme si de rien n’était tout de même. Ce n’était pas leur but premier, mais c’est ce qu’ils font, dans un feu d’artifice plutôt appréciable à vrai dire. Parker, Nick et McGee sont bien vite arrêtés par le FBI une fois que c’est fait.

Jess & Jimmy

En parallèle de tout le reste, Jess prenait quelques jours de congé alors qu’elle vient juste de reprendre son poste. Ce n’est pas bien crédible, mais ce n’est pas grave, ça mène à un bon twist quand Jimmy est envoyé la chercher. Comme tous nos agents sont ensuite enfermés dans un bâtiment où ils tentent d’éviter le FBI et où toutes les communications à l’extérieur sont théoriquement impossibles, Jess et Jimmy se retrouvent coincés à bosser ensemble, à distance.

S’ils sont à distance des collègues, ils sont surtout ensemble : cela permet, ENFIN, d’avoir le temps de les voir se parler de leur relation. Il était vraiment temps d’en arriver là. En plus, ça se fait avec plein d’humour : Jess découvre que Jimmy est sur une application de rencontres et elle est forcée de se dire OK avec cette idée. Après tout, ils sont séparés, non ?

Elle passe le reste de l’épisode à lui faire des blagues et à être surprise de voir Nick et Kasie être sur cette appli eux aussi. Nick est même le « wingman » de Jimmy ! C’est amusant, ça fonctionne bien et, en vrai, je trouve que le générique en début d’épisode nous spoile un peu la situation puisqu’ils sont ensemble à se parler au moment où le titre de la série apparaît tout de même.

Bien sûr, ils sont au courant que le monde est sur le point de sombrer dans le chaos – je veux dire ils se retrouvent sans nouvelle du NCIS puisque les caméras sont coupées en même temps que le courant, mais malgré tout, ils font comme si de rien n’était et finissent par avoir une vraie conversation à cœur ouvert. C’est l’occasion pour eux de se dire qu’ils continuent de s’aimer – mais ils savent aussi que ça ne fait pas tout. Bordel, c’est vraiment un bon couple. Je déteste quand les séries nous font le coup des difficultés à surmonter qui les empêchent soi-disant d’être ensemble. La vie peut être bien plus simple que ce qu’ils font, suffit d’arrêter de se prendre la tête. S’ils s’aiment, ils se mettent ensemble et hop, problème réglé. Non ?

Bon, non, ce n’est pas ce que propose la série après tout. Il faut bien que cela dure quelques épisodes encore – et si possible toute la saison. C’est bien plus dramatique comme ça.

Happy end

Bon, dans tout ça, parlons de la troisième guerre mondiale, hein ? Elle n’est pas pour tout de suite. Contre toute attente, Kasie décrypte à temps une communication qui montre que l’Ukraine a déjà contrecarrer l’attaque prévue ; ce qui fait que si les US lancent leur missile, ce sont bien eux qui provoquent la troisième guerre mondiale. Par chance, Parker a réussi à convaincre le FBI d’attendre le message de Kasie. C’est un vrai soulagement, non ?

Il faut encore conclure l’épisode avec un Vance qui engueule ses agents… pour mieux conclure avec un petit sourire de remerciement. Parker et son homologue du FBI se retrouvent donc avec une médaille de la part du Président, parce que tout de même, ils ont empêché le déclenchement d’une guerre. Heureusement qu’ils étaient là tout de même.

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Pourquoi vous devriez voir Anora au cinéma

Salut les sériephiles,

Ce n’est pas de ma faute si j’enchaîne les bons moments de cinéma alors que du côté des séries, j’ai l’impression qu’on patine dernièrement (enfin, Agatha ne compte pas, évidemment).

Réalisé par Sean Baker, Anora, sorti en salle la semaine dernière, nous plonge dans la vie d’Ani Mikheeva, une strip-teaseuse de Brooklyn qui voit sa vie basculer quand elle rencontre Ivan, un jeune Russe richissime qui insiste pour avoir une danseuse capable de parler russe. Les deux s’entendent bien, c’est le coup de fou…dre assuré. Non, je n’ai pas assumé le jeu de mots, mais vous devez l’avoir.

En tout cas, ce qui commence comme un vrai rêve américain pour Ani se teinte vite de nuances moins agréables, mais le film est plein de surprises et je préfère vous les laissez. Si vous voulez en gâcher certaines, la bande-annonce ne se gêne pas pour le faire :

Des performances dingues

Ce qui rend ce film particulièrement fascinant, c’est la performance de Mikey Madison dans le rôle d’Ani. Franchement, elle m’a ébloui. C’est bateau de dire ça, surtout que le succès du film repose en grande partie sur ses épaules. Seulement voilà, impossible de la quitter des yeux quand elle est à l’écran : elle incarne chaque nuance du personnage à la perfection.

Elle sait être drôle, attachante, et terriblement touchante, jouant sur une palette d’émotions large. Un instant, elle est cette strip-teaseuse qui en impose, et l’instant d’après, elle laisse apparaître une grosse vulnérabilité. Bien sûr, l’actrice est bien aidée par le scénario. Ses répliques sont parfois hilarantes, son personnage manie l’ironie avec brio, l’actrice parvient à trouver le ton juste pour que la blague passe toujours, même dans les moments délicats.

La force du scénario

Côté thèmes, le film va plus loin qu’on pourrait s’y attendre. , Les thèmes choisis sont rarement abordés au cinéma (du moins, dans les films récents, je n’ai pas vu une telle réflexion sur les strip-teaseuses et le travail du sexe depuis un moment), mais ils le sont en plus avec une pointe d’humour qui ne minimise pas les sujets de fond.

Le film joue sur les codes du rêve américain pour mieux les démonter, avec bien sûr des réflexions très habituelles sur les inégalités et la quête du like. Pourtant, contrairement à d’autres films (j’ai bien aimé Blink Twice, mais…), ici c’est fait de manière réussie. Je n’avais pas autant ri dans une salle de cinéma depuis longtemps, et j’aime que ça puisse se faire sans renoncer à une profondeur dans le traitement des personnages. On rit avec les personnages, sans se moquer d’eux, même si on a parfois une longueur d’avance sur la naïveté d’Ani. On est embarqué avec elle dans cette aventure.

Une production réussie

L’ambiance générale du film est aussi un vrai plus. Avec un style réaliste et pourtant bien stylisé, Baker sait capturer l’essence des personnages et des lieux. Les lumières, les couleurs, chaque détail visuel est soigné et apporte un vrai relief à l’histoire. Il y a notamment plusieurs actes bien distincts dans le film, et cette progression visuelle dans les ambiances marque les différentes étapes du parcours d’Ani. J’ai adoré le début où elle croit toucher enfin au rêve américain, tout est plus éclatant, presque optimiste, avant que les choses ne basculent. C’est cette esthétique qui fait toute la différence et qui, en salles, prend une autre dimension.

La musique est elle aussi parfaitement choisie pour nous plonger dans cet univers et dans chacun des actes. C’est un vrai travail sonore qui vaut d’être apprécié dans une salle de cinéma, avec une immersion que les enceintes de la maison ne pourraient pas reproduire. Bon, sans y aller par quatre chemins, il mérite sa palme d’or et puis c’est tout. Et je ne trouve pas que ce soit toujours le cas !

Bref, si vous avez la chance d’aller voir Anora au cinéma, foncez. Le film est un peu long, ça peut faire peur, mais honnêtement, j’aurais aimé que ça dure plus longtemps et je ne me suis jamais ennuyé. À la fin, je me suis retrouvé avec une petite frustration : Ani est un personnage que je voudrais continuer de suivre dans une série tellement elle est chouette. C’est un problème que j’ai souvent avec les films de toute manière.