Ce que je retiens de ma marche sur la Route des Sorcières (Agatha All Along)

Salut les sériephiles,

Avec ses derniers épisodes diffusés hier, Agatha All Along a su créer l’ambiance parfaite pour Halloween. J’avais inévitablement envie de revenir dessus aujourd’hui – et en plus, ça permet d’enfin parler de séries dans ces articles quotidiens. Incroyable, il m’aura fallu presque une semaine, je sais.

Attention, spoilers

Un spin-off qui prend vite son indépendance

En choisissant de mettre Agatha Harkness au centre, Marvel nous livre une série qui dépasse largement le simple spin-off de Wandavision. Pourtant, ça commence exactement comme ça puisque le premier épisode reprend les meilleurs éléments de la série d’origine, pour mieux les détourner et les expédier au plus vite. Le clin d’œil fonctionne et fait qu’on est bien moins perdu que ça en avait l’air et qu’on ne l’était à l’époque. J’ai particulièrement aimé ce passage par tous les rôles interprétés dans chaque épisode de la série d’origine, mais c’est pour mieux en arriver à une vraie indépendance d’Agatha.

Si l’ombre de Wanda plane sur l’ensemble de la saison 1 (et sa voix aussi), Agatha All Along se présente pourtant ensuite comme une fresque où chaque élément – de la couleur teintée de violet à la musique – contribue à une véritable réinvention de la sorcellerie moderne, ou en tout cas de la figure de la sorcière. J’ai beaucoup aimé cette réécriture, qui prend très vite son indépendance du MCU (sans jamais l’oublier) pour devenir autre chose. Evidemment, cette sorcellerie est inclusive, imprégnée de symboles, et centrée sur la quête personnelle d’Agatha – mais aussi sur celle de l’Ado qui l’accompagne, avec le mystère de son prénom (un secret de polichinelle, certes). De l’intro au final, le parcours est riche et complexe.

Down, down, down the road

La structure de la série n’aide pas toujours à en tirer le meilleur. J’aurais sûrement préféré quelque chose de plus linéaire, ou en tout cas de plus simple. Les scénaristes se gardent de côté des éléments de réponse pour les derniers épisodes, comme toujours désormais dans l’écriture des séries. Certes, les divers moments « mind-blown » fonctionnent très bien, mais il me semble que l’histoire aurait eu tout autant de pertinence sans ça – et ça aurait peut-être moins perdu aussi.

Côté structure, tout le monde comprend dès les premières notes de Down the Witches Road que cette chanson sera l’écho de chaque étape du chemin d’Agatha – et du notre ? Perso, ça fait un mois que j’écoute en boucle cette chanson et que je l’ai en tête. “La Route” devient alors un thème omniprésent, à la fois dans les titres des épisodes, mais aussi comme figure mystique et tragique qui conduit les personnages plus profondément vers eux-mêmes.

Contrairement à ce qu’on aurait pu attendre d’une structure plus linéaire, la série se plaît à multiplier les allers-retours entre passé et présent, entre les moments de Jugements et les interactions entre les sorcières. Si ce procédé ajoute à l’ambiance, il complexifie aussi parfois le récit, un mal typique des séries modernes qui veulent toujours tout dire sans laisser de place à la simplicité.

Un voyage visuel

L’esthétique, pourtant, est un point fort indéniable : chaque épisode a sa propre palette (voire sa propre décennie, comme dans Wandavision, d’ailleurs), et si le violet, couleur d’Agatha, domine en toile de fond, les tons évoluent pour correspondre aux Jugements successifs. La série ne se contente pas d’être une histoire fantastique, elle utilise chaque couleur, chaque variation de teinte, pour nous plonger dans une mythologie personnelle et unique. C’est presque une galerie où chaque tableau résonne différemment, ajoutant à l’immersion, surtout que chaque épisode se concentre aussi sur un des personnages. Là-dessus, le schéma est on ne peut plus classique : des personnages qui ne s’entendent pas se retrouvent embarqués dans la même aventure, sans vraiment avoir d’autres choix que de la vivre ensemble. Ils finissent (elles !) par former une véritable famille.

Inclusive ou vrai ratage ?

Ah oui, Marvel choisit vraiment de placer la série sous le signe de l’inclusivité. C’est dommage d’en avoir fait un argument de vente parce que tout le côté LGBT est finalement peu exploité et laisse sur sa faim. Je suis partagé : c’est top pour la représentation que ce ne soit pas la verrue au milieu de la figure de la sorcière ; mais ça ressemblait aussi beaucoup à du gaybait d’avoir Aubrey Plaza qui nous vend Agatha All Along comme la série la plus gay… alors que bon, elle sème juste des références discrètes à la communauté LGBT+.

Si j’adore les deux actrices et que j’avoue que l’épisode centré sur Billy (et donc sur son copain) était un vrai bonheur, ça n’empêche pas la série de se foirer dans les grandes lignes à mes yeux. Comment en 2024 se débrouille-t-elle pour finir sur les tropes vraiment peu bienvenus concernant la communauté ?

Le copain de Billy n’est vraiment qu’un accessoire qu’on ne revoit pas en conclusion – n’aurait-il pas dû avoir envie de le retrouver après une telle journée ? – et la relation Rio/Agatha n’est absolument pas explorée. Bordel, Agatha a flirté avec la mort, on veut en voir plus quand vous faites un flashback sur elle non ? Faites 22 épisodes ! Autant d’attente autour du couple Rio/Agatha pour juste quelques scènes où elles évoquent le passé sans le montrer et pour finir sur ce cliché horrible et répétitif de la lesbienne méchante ou morte ; ou les deux, merci bien. Merci aussi à l’avant-dernier épisode de proposer un baiser de la mort comme premier vrai baiser lesbien du MCU…

Il a le mérite d’exister (et il fait plaisir), mais c’est frustrant ; exactement comme tout ce qui tourne autour de Billy (dont le coming-out auprès des parents très religieux est évacué d’ailleurs). L’Enfer est pavé de bonnes intentions. Cela dit, tout cela permet de transformer la figure de la sorcière en un symbole moderne d’autonomie et de différence, tout en conservant les clichés habituels (la balade en balai et le rire maléfique de Rio, quel kiff !). Agatha n’est pas une héroïne classique, elle est une femme qui défie les normes et s’affirme avec toutes ses nuances – une facette qui parle aussi aux minorités et aux voix qui cherchent à se faire entendre – en passant sans cesse de l’humour au machiavélisme, de l’héroïne à l’anti-héroïne. Une sorcière ambiguë, comme elle est censée l’être.

Un nouvel univers… venu des comics

Si en définitive, l’avant-dernier épisode Follow Me, My Friend, To Glory At The End est peut-être le plus marquant, ce n’est que le prélude au final où Agatha devient enfin ce qu’elle est dans les comics. Elle n’est pas une sorcière à “sauver” ni à condamner, mais une force de la nature qui apprend à s’accepter et qui se retrouve en position de guide alors que rien n’est vraiment réglé. Surtout, elle passe du statut de méchante dans Wandavision à celui d’héroïne dans Agatha All-Along, avec une véritable exploration de son origin story qui la rapproche finalement grandement de Wanda.

Les deux héroïnes ont en commun de juste vouloir vivre avec leur famille – de passer du temps avec leur(s) fils. Et les deux déraillent fortement pour cela, finissant par commettre des crimes pour cela. C’est d’ailleurs cette exploration de la culpabilité et de la rédemption qui donne à la série une profondeur unique. La magie n’est pas juste là pour faire joli, elle est un miroir de la transformation intérieure : Agatha sacrifie des sorcières pour continuer de vivre par crainte de croiser son fils mort ; Wanda sacrifie les habitants de Westview pour continuer à vivre par crainte de perdre Vision et de devoir à nouveau faire des deuils.

De nombreux parallèles sont possible entre les deux séries. C’est hyper riche et c’est ce qui fait que j’ai tant aimé Agatha aussi : les motifs sont nombreux. Entre la figure de la sorcière, les parallèles entre personnages (l’évolution de Billy qui devient littéralement sa mère bien malgré lui), les échos dans la structure, la réflexion apportée sur chaque Jugement (les décors, les costumes !) et l’écriture hyper condensée dans la chanson qui accompagne toute la série… Il y a beaucoup à dire et je sais qu’un article ne suffira pas à faire le tour. D’ailleurs, tout ça est un peu brouillon et je vous balance mes idées les unes après les autres, mais c’est parce que j’ai aimé, écoutez.

Et après ?

Évidemment, l’annonce que la série ne sera qu’une mini-série laisse un peu amer. Avec autant de pistes ouvertes, il y aurait eu de quoi explorer davantage le passé et les dilemmes d’Agatha, de creuser cette Route mystérieuse maintenant qu’elle existe, de suivre Billy et Agatha dans la quête de Tommy, de connaître davantage Jen (finale girl inattendue) et chacun des personnages (Sharon et Alice sont vraiment parties trop tôt).

Ce format court, malgré ses qualités, laisse comme je m’en doutais un goût de trop peu. La série aurait vraiment gagné en qualité avec davantage d’épisodes. C’est énervant comme il y a quatre ans : pourquoi proposer une série d’une telle qualité si c’est pour la laisser si vite aux oubliettes ? Un mois et puis s’en va ? Je n’ai pas eu ma dose, je ne regarde pas des séries juste pour un mois, moi ! Déjà que j’ai l’impression de ne pas avoir fait le tour de toutes les pistes ouvertes par la série-mère (Darcy !), je me retrouve à rester vraiment sur ma faim là.

Il n’y aucune suite officiellement annoncée pour les personnages de la série. On sait qu’on les retrouvera, on sait qu’il y a un projet de série autour de White Vision, on sait bien qu’il y a une équipe de Young Avengers qui se dessine… mais qu’est-ce que c’est frustrant !

En définitive, Agatha All Along pourrait marquer un tournant dans la façon de représenter la sorcellerie à l’écran, mais il faudra voir si elle parvient à laisser un vrai héritage avec cette diffusion si courte. C’est symptomatique depuis WandaVision, les mini-séries s’enchaînent et ne parviennent pas forcément à marquer suffisamment sur le long terme. Quand je pense que je croyais que WandaVision allait casser les séries avec toutes ses réflexions et son méta… pour que finalement tout continue d’aller de mal en pis derrière !

Quitter la Route… ou y rester ?

Je me dois de trouver une conclusion à cet article, et ce n’est pas évident. En bref, Agatha All-Along fut une simple série fantastique qui rendait très bien hommage à la figure de la sorcière, revisitée pour une génération qui cherche à casser les stéréotypes. Alors, même sans saison 2, c’est une œuvre à savourer, à revisiter. Les trois derniers épisodes sont très clairs là-dessus : on est passé à côté de beaucoup de choses dans les premiers épisodes, de petits moments (quand Agatha essaie de donner les vraies paroles aux sorcières qui ne la croient pas !) aux grosses révélations qu’on aurait pu deviner…

Si seulement on regardait encore la télévision en faisant des théories. C’est une série où chaque recoin est une invitation à l’introspection, où chaque détour est un peu plus down the road et où je me rends compte que j’ai vraiment basculé dans le piège du « temps de cerveau disponible » avec les séries. Par crainte des théories de fans qui dévoilent tout, les séries ne nous donnent plus de quoi avoir les réponses en amont, alors on devient paresseux intellectuellement. Comme WandaVision, Agatha All Along n’était pas comme ça, mais l’aphasie est devenue bien réelle alors je ne m’en suis rendu compte que trop tard.

Espérons davantage de séries comme celle-ci désormais… et en attendant, je sais déjà que je vais la revoir. Down, down, down the road…

Pourquoi j’aime la saga Terrifier

Salut les sériephiles et joyeux Halloween !

Je sais, je sais, il n’est toujours pas question de séries aujourd’hui (promis, demain !), mais en vrai, quoi de mieux un 31 octobre que de se pencher sur l’univers totalement déjanté et sanglant de la saga Terrifier ? Si vous êtes passés à côté, c’est le moment idéal de la découvrir. Si vous la connaissez déjà… Avez-vous tout (re)vu ?

Au centre de cette trilogie horrifique, il y a bien sûr Art le Clown, personnage emblématique et terrifiant à souhait, avec un style visuel qui lui est propre et une omniprésence muette presque surnaturelle. Et que cherche ce clown ? Eh bien, à rire du malheur de ses victimes, qu’il provoque en les torturant jusqu’à la mort ; en se tapant toujours une bonne barre au passage… Sans jamais prononcer un seul mot, bien sûr.

Une trilogie, vraiment ?

Vous ne le saviez peut-être pas, et si c’est le cas vous êtes des veinards car vous allez avoir du contenu à découvrir un soir d’Halloween, mais avant de devenir le clown sadique qu’on adore détester dans les longs métrages, Art a fait ses premiers pas dans un court-métrage sorti en 2008, The 9th Circle. Un court ultra cheap, avec un budget minuscule, mais qui a eu le mérite de poser les bases de ce personnage silencieux et terrifiant.

Le succès est au rendez-vous, si bien qu’on le retrouve ensuite en 2013 dans All Hallows’ Eve, un film qui compile trois court-métrage, dont deux avec Art. Le titre du troisième court de ce film ? Terrifier, bien sûr. Pourtant, au moment de produire All Hallows’ Eve, Art manque à l’appel. Il faut dire qu’il est devenu l’incarnation de l’horreur brute et gratuite et que Damien Leone, son créateur, a eu d’autres projets pour lui. Moi, j’ai arrêté le visionnage des All Hallows’ Eve (il paraît qu’il y en a quatre désormais), peut-être à tort… Mais en même temps, j’avais commencé pour Art.

En effet, moi, j’ai eu le déplaisir de croiser la route d’Art pour la première fois dans le premier film Terrifier, qui date déjà de 2016. Ce n’est pourtant qu’en 2020 que je tombe dessus, parce qu’avec le confinement, je me suis enfin mis aux films et que l’air de rien, en trois mois, j’ai eu le temps d’épuiser tous les films d’horreur imaginables. Enfin, non, d’ailleurs, parce que je n’aime pas quand c’est gore et sanglant gratuitement, comme avec Saw. Rien ne me prédestinait à kiffer Terrifier, donc, et pourtant, le coup de cœur a été immédiat ; au point de me jeter ensuite sur les courts-métrages, puis d’attendre la sortie des deux films suivants.

Son truc ? Un sourire figé, un sadisme insupportable, et surtout, une capacité à torturer ses victimes avec un plaisir qui va au-delà du simple meurtre, le tout en étant suffisamment irréaliste pour qu’on bascule dans un humour noir très particulier. J’étais déjà coulrophobe, mais là : aucun dialogue, juste des expressions exagérées et une présence oppressante ? Difficile de rester indifférent face à ce clown flippant.

Du cheap au jouissif

Ce qui est particulièrement intéressant avec cette saga, c’est de voir comment le budget et les effets spéciaux ont évolué. On passe d’un premier film quasi fauché, qui sent la débrouille à plein nez, à une production de plus en plus travaillée visuellement. Il est clair que Terrifier n’a pas encore attiré les gros studios (trop frileux à l’idée de se mouiller dans de la vraie horreur, ils ont refusé de financer le troisième par exemple), mais voir que le maquillage et les effets spéciaux gagnent en qualité au fil des films, c’est franchement jouissif. On n’est pas là pour du numérique en carton ; ici, c’est du maquillage bien crade, des effets pratiques, et ça se voit.

Ça fait plaisir de retrouver cette touche old school qui rend les scènes encore plus percutantes, tout en nous assurant pour autant que c’est particulièrement irréaliste. Jamais personne ne survivrait aussi longtemps à de telles tortures. Cela dit, c’est précisément pour ça que ça fonctionne sur moi : le décalage est évident et ça devient excellent pour cela ; on sait que c’est faux, mais on a mal pour eux quand même. Et qu’il est oppressant, ce clown !

Toujours plus loin

Terrifier, c’est aussi une question de limites – et surtout de les repousser encore et encore. On est sur une saga qui, au départ, reste assez classique dans son approche, avec ce clown qui sévit d’abord à Halloween sur de pauvres victimes random avant de devenir de plus en plus un clown qui ne s’en prend qu’à Sienna – et à ses proches.

Chaque nouveau film ajoute un petit cran dans l’horreur et dans la mythologie du personnage, permettant de mieux le connaître. On accroche ou pas à l’aspect mystique, mais je trouve que ça rend la saga encore plus savoureuse, parce qu’il y a une histoire suivie qui donne encore plus envie d’en connaître plus. Le troisième volet, par exemple, fait beaucoup parler de lui parce qu’il flirte avec des sujets encore plus dérangeants en intégrant des enfants dans le mélange. Cela reste fait de manière hyper subtile quand Art tue des enfants, parce qu’on ne voit que l’avant et l’après. C’est déjà suffisant pour mettre mal à l’aise, de toute manière. On sent que Damien Leone prend plaisir à jouer avec ce que le public est capable de supporter, sans jamais tomber dans le piège du gore facile.

D’ailleurs, c’est à cause de ce piège que d’habitude, ce genre d’horreur, très brute, ce n’est pas vraiment mon truc. La saga Saw, pour reprendre cet exemple, je n’ai même pas fini le premier film, pour être honnête. Trop dégueulasse, trop vicieux, c’est gratuit et ça me dérange vraiment. Avec Terrifier, en revanche, on touche à autre chose. Art le Clown, avec son style muet et ses mimiques exagérées, transforme la violence en quelque chose de… comique. C’est un clown après tout, alors oui, il massacre des gens de manière atroce, mais il y a une dimension de surjeu qui frôle presque le ridicule et qui finit par rendre le tout… jouissif ?

Ce n’est pas pour rien que la saga a du succès. Ce clown qui surjoue chaque réaction ajoute une couche décalée qui fait toute la différence. C’est cette subtile dose d’humour noir qui fait que Terrifier se démarque des autres films de torture en ce qui me concerne. Et puis, il y a aussi…

La touche surnaturelle qui change tout

Le premier Terrifier nous laisse avec un clown tueur, simplement sadique et sans explication.  C’est brutal, presque gratuit (sans jamais l’être pour autant) dans son approche ; avec une audace visuelle et un refus des conventions bien établies.

C’était déjà bien fun comme expérience, mais avec Terrifier 2, l’histoire prend une tournure plus complexe, presque mystique. Ce deuxième volet ne se contente pas d’amplifier le gore ou la violence : il y a une ambition nouvelle, celle de construire une véritable mythologie autour d’Art et de Sienna, qui devient une figure aussi marquante qu’ambiguë. Enfin une héroïne pour tenir tête à Art ? On retrouve des échos presque mythiques, des symboles qui apportent une nouvelle dimension à la saga. Inévitablement, pour revenir, le personnage d’Art commence à prendre une dimension un peu surnaturelle.

Cette ambiguïté autour de sa nature ajoute un gros plus : on n’est plus face à un simple tueur, on est face à une sorte de créature mythique qui a sa propre logique. Et sa propre chanson, parce que tant qu’à faire, autant ajouter une mélodie entêtante à ces meurtres !

Terrifier 3

Avec le troisième film, Terrifier est passé d’une série B confidentielle, film de niche très peu connu, à un phénomène d’horreur qui attire une communauté de fans de plus en plus grande. Je suis bien content d’avoir découvert ça avant que ça ne buzze d’ailleurs, car je pense que ça m’aurait freiné : ce qui est mis en avant dans la promo (la brutalité, le gore) n’est pas l’aspect qui me plaît le plus dans la saga – l’aspect artistique, parfaitement.

En France, l’interdiction aux moins de 18 ans a fait couler énormément d’encre, lui assurant un buzz et une visibilité encore plus énorme. C’est tant mieux. L’interdiction moins 18 ? Je la comprends, mais pas franchement pour la scène d’introduction qui aurait fait vomir des gens à l’avant-première londonienne, ni non plus pour ce qui concerne les enfants (je crois que j’aurais poussé le sadisme du père Noël et des cadeaux encore plus loin et ça m’a presque déçu…). Possiblement, la scène de la douche mérite déjà d’être plus que moins de 16. Cela dit, pour moi, le plus insoutenable fut plutôt vers la fin du film. Les souris, très peu pour moi.

Jusqu’où la violence pourra-t-elle aller ? Chaque fois, Terrifier semble être au bout de ce qu’il peut oser faire, et pourtant, le film suivant repousse davantage la limite. On sait déjà qu’un quatrième volet est en préparation, censé conclure cette histoire entre Art le Clown et Sienna. Et franchement, difficile de ne pas être impatient. Si ce prochain film garde le même niveau d’ambition et de folie, on pourrait bien avoir une conclusion explosive. C’est rare que je le dise, mais j’espère que le film débutera par un flashback (sur le frère de Sienna) avant de conclure de manière épique. Qu’importe qu’Art survive ou non, que Sienna survive ou non ; j’espère juste que l’on aura le fin mot de l’histoire entamée.

Quant à Art le Clown, il est devenu une icône de l’horreur et je pense qu’il ne connaîtra jamais une fin définitive. Bref, si avec tout ça, vous n’avez pas envie de (re)découvrir la saga pour Halloween, je ne peux plus rien pour vous ! Joyeux Halloween et bons préparatifs de Noël…

Est-ce que ça vaut le coup d’aller à Disneyland Paris pour Halloween ?

Salut les sériephiles !

Aujourd’hui, premier petit détour pour le blog dans l’univers de Mickey, mais version Halloween ! Alors oui, c’est un peu hors-sujet par rapport aux séries, mais fallait que je vous en parle, surtout depuis que j’ai craqué pour un pass annuel en avril. Autant vous dire que depuis, Disneyland Paris, je connais par cœur et j’y suis en moyenne une fois par semaine. Jamais dans l’excès.

Les attractions pour Halloween

On ne va pas se mentir, Disney, ça se vit d’abord dans les attractions, et certaines sont plus emblématiques que d’autres quand on parle d’Halloween. Ma première étape, forcément, c’est la Tour de la Terreur, dans les Studios. C’est tout simplement l’attraction qui vous plonge direct dans l’ambiance, avec ce côté angoissant et cette chute qui vous colle des frissons. En théorie. En pratique, j’adore la sensation et je suis mort de rire à chaque fois.

Ensuite, passage obligé par le Manoir Hanté : on ne pourrait pas faire plus Halloween, même si l’attraction reste plus soft que vraiment terrifiante. Et si vous venez avec des petits qui n’aiment pas trop les sensations fortes, il y a aussi le manège Blanche Neige, avec sa forêt lugubre et sa sorcière bien flippante, idéal pour des frissons un peu plus doux.

L’ambiance d’Halloween

Voilà. C’est un peu maigre ? Pas grave, Halloween à Disney, c’est aussi la déco ! Et là, chapeau. La partie Frontierland, dans le parc principal toujours, est habillée façon Dia de los Muertos, avec des décorations directement inspirées du film Coco : des guirlandes, des crânes colorés et une ambiance qui nous transporte direct au Mexique. C’est à la fois festif et poétique, et franchement, ça change des citrouilles classiques (même si j’avoue que le petit retour de Jack Skellington juste à côté du Manoir est sympa aussi).

L’entrée du parc, Main Street, reste de son côté plus « Halloween traditionnel » : des citrouilles à tous les coins, des lanternes et des sons un peu angoissants. Clairement, l’atmosphère est au rendez-vous dès l’entrée dans le parc.

Un petit creux ? Un autre point fort, ce sont les menus de saison. Par contre, préparez vos porte-monnaies, parce qu’ils ne se gênent pas pour gonfler un peu les prix (Halloween, c’est rentable apparemment). Mon coup de cœur ? Le menu du Lucky Nugget (sans surprise, c’est déjà habituellement mon restaurant préféré), avec un sundae aux Doritos, si si ! C’est sucré-salé, c’est étrange mais, croyez-le ou non, c’est super efficace. Le menu est à 28 euros pour des portions pas forcément complètement rassasiante pour faire face à une journée sur le parc, mais ils osent des saveurs différentes, et ça, j’adore. En général, les desserts saisonniers sont une vraie réussite cette année, pensés pour coller à l’ambiance Halloween, et ça fait plaisir de voir autant de créativité dans les saveurs.

Les personnages

Si les rencontres personnages ne sont pas mon truc, Halloween est une période où il est quand même sympa de croiser quelques visages « plus sombres » que d’habitude dans le parc. Ce mois-ci, les méchants sont à l’honneur (même si je n’ai pas eu la chance de voir Mère Gothel, pourtant mise en avant dans la promo). Petite mention spéciale pour Jafar, qui reste fidèle à lui-même : il envoie balader les gens, reste « méchant », et ça change de l’océan de gentillesse habituelle des cast members. Un vrai spectacle à lui seul !

Il y a aussi les personnages classiques déguisés, ce qui ajoute une touche fun. Et j’avoue, même moi je me prête un peu au jeu : mon meilleur badge Ursula est de sortie pour l’occasion (et oui, j’ai aussi Jafar et l’Evil Queen, je plaide coupable).

Quant aux parades… bon, alors je dois avouer que c’est pas trop mon truc non plus (mais qu’est-ce qu’il fout avec un pass Disney celui-là ?). La spéciale Halloween est tout de même sympa, si on fait attention à un détail essentiel : ne surtout pas se mettre du côté droit face au château, parce qu’on ne voit rien ! Les personnages repartent sans faire le tour complet de la place, donc à moins de vouloir voir leur dos, optez pour la gauche.

Et le soir, il y a l’Electrical Sky Parade aux couleurs d’Halloween, avec des drones illuminant le ciel… Sauf que, manque de bol, le jour où j’y étais, il y avait trop de vent en altitude et les drones sont restés au sol. Pas sûr que je puisse y retourner si tard d’ici la fin de la saison, donc si vous avez la chance de la voir, dites-moi ce que vous en pensez !

La plus grosse frayeur…

… C’est de repartir sans rien dans mon portefeuille. Pour le merchandising spécial Halloween, difficile de résister en effet. Entre deux attractions, je me suis laissé tenter par un thé édition limitée que j’ai déjà mentionné dans mon article sur le premier épisode d’Agatha All Along, et j’ai aussi craqué pour une tasse. Mais franchement, vu les prix affichés, c’est dur de se faire plaisir sans se ruiner, et je dois admettre que ça me freine. Pourtant, avec un budget illimité, j’aurais bien ramené plus de goodies à la maison…

OK, j’exagère un peu cela dit. La vraie grosse frayeur sur le parc en ce moment, particulièrement là que ce sont les vacances scolaires, ce sont… Les gens. L’enfer, c’est les autres.

Niveau fréquentation, le parc est littéralement bondé en ce moment. Les files d’attente explosent, et les prix d’entrée, eux aussi, grimpent. À parfois 300 euros la journée PAR PERSONNE, c’est à se demander qui peut encore se permettre d’y aller spontanément. Autant vous dire que je bénis mon pass annuel, sans lequel je passerais mon tour pour cette période, hein. Qui sait, je vais peut-être créer des besoins de Pass annuels chez vous. On se verra dans le parc comme ça !

Bref, Halloween à Disney, c’est une ambiance unique, même si certains points (coucou les prix et les portions réduites) mériteraient un petit ajustement. La déco, les attractions, la bouffe, tout est pensé pour vous immerger dans une ambiance effrayante mais bon enfant. Si vous êtes dans le coin avant le 3 novembre, foncez, ça vaut le coup ! Après, ce sera Noël.

Olivia Rodrigo débarque sur Netflix avec son Guts Tour

Salut les sériephiles !

Il va falloir que je songe à renommer le blog parce que je ne parle vraiment pas de séries ces derniers jours… Ce n’est pas de ma faute si l’actualité ne s’y prête pas. L’actualité ? Regardez ce qui débarque sur Netflix aujourd’hui :

Par où commencer ? Si vous suivez le blog depuis un moment, vous savez déjà que je suis fan d’Olivia Rodrigo depuis presque cinq ans maintenant, avec un coup de cœur dès le tout premier épisode d’High School Musical The Musical The Series (I think I kinda you know?). Bref, j’ai eu l’occasion d’en parler plein de fois ici, et si vous n’étiez pas au courant mais que vous êtes en train de lire cet article… eh bien, sûrement que ça vous intéressera de savoir que vous avez un peu de lecture sur le sujet :

Cette introduction étant posée, j’avoue que je ne suis pas allé à son premier concert français parce que la date tombait trop mal dans mon emploi du temps et que j’avais peur de la horde d’ados dans le public. Quand j’ai su qu’elle revenait pour le Guts Tour en revanche, croyez-moi bien que j’ai tout fait pour avoir ma place, et tant pis si l’un des deux concerts tombait le jour des 30 ans d’un ami d’enfance. Oups.

On connaît tous ce moment d’attente où l’on scrute les billets en ligne, à espérer un petit miracle, n’est-ce pas ? Et bien, nous ne sommes pas dans un conte de fées, ça a été une catastrophe : je n’ai jamais reçu le mail qui permettait de s’inscrire pour avoir sa place. Le système du tirage au sort, c’est le pire du monde.

Il faut de la patience, mais il est possible d’avoir de bonnes places quand même.

Cela dit, après un tirage au sort pas très chanceux, j’ai finalement réussi à me dégoter une place pour le concert d’Olivia Rodrigo à Paris. Comment ? J’ai tenté ma chance juste avant Noël, quelques mois après l’échec du tirage au sort : j’errais sur Ticketmaster, pire site au monde, comme je le fais parfois à la recherche de spectacles ou concerts à voir pendant les vacances quand je me suis dit « et si ? ». Et si quelqu’un revendait sa place ?

Je ne sais pas si c’était le cas, parce que ce n’était pas écrit revente, mais ce qui est sûr, c’est qu’il y avait quatre places disponibles pour le second concert parisien. Et croyez-moi bien que je n’ai pas hésité bien longtemps à prendre ma place. La seule hésitation fut sur la place. J’ai finalement opté pour une place avec une bonne visibilité – c’était un peu plus cher, mais bon, qu’est-ce que 140 euros quand on est fan ?

Qui dit concert à Paris, dit cliché français.

C’est beaucoup trop, mais bon, après vous arrivez dans la salle, vous regardez la personne à côté de vous et vous voyez sur son billet qu’elle a payé 250 euros… C’est moche et méchant, mais ça m’a déculpabilisé. Et puis, d’habitude, on met 140 euros à deux, là, j’étais tout seul, mais c’est le même prix, non ? On fait les accords qu’on peut avec sa conscience ! Et là, BAM, première partie sympa, énormes bougies au nom de la tournée qui crame pendant quinze minutes, puis… Le concert commence, et dès le premier accord, on sait qu’on va en avoir pour notre argent.

J’ai rarement ressenti une telle intensité en ouverture. Pour vous donner une idée, le final du concert de Mika dans la même salle à Bercy (c’était déjà fou) n’avait même pas la moitié de la puissance du premier morceau d’Olivia Rodrigo. C’était une vraie tornade, un raz-de-marée de décibels et juste ma chanson préférée pour débuter le concert. Bad idea right à fond dans les oreilles, dans les vibrations des gradins, la folie. Oui, les gradins, les fosses, ce n’est pas pour moi. Déjà que j’ai dû faire face à la horde d’ados hurlant que je craignais…

J’ai rarement de si chouettes photos en concert, vraiment, je ne regrette pas ma place.

Oui, parce que si vous n’êtes pas au courant, sachez que le concept de surdité temporaire, ça existe, j’en suis convaincu. Je peux vous dire qu’après ce concert, c’est un phénomène que j’ai appris à connaître de près. Ça envoie tellement que mes protections auditives ont failli exploser (enfin, façon de parler ; mais oui, j’avais évidemment des boules Quies parce qu’on est presque vieux ici, on a dix ans de plus qu’Olivia Rodrigo au jour près et on a raté sa vie quand on la compare à sa deuxième tournée mondiale dès 21 ans). Depuis, je porte des boules Quies à peu près partout, juste au cas où (encore cette semaine, j’ai fini par les mettre dans une salle de ciné où le son était mal ajusté, hein).

Ajoutez à ça la perte de voix, parce que, comme tout le monde dans la salle, j’ai hurlé les paroles à m’en décoller les cordes vocales. Un vrai exutoire. Et oui, tout le monde connaissait par coeur les paroles de toutes les chansons. C’est d’ailleurs le plus dingue en concert : l’énergie des fans. Ils connaissent chaque parole, chaque note, et chantent tout, tout le temps, à pleins poumons. Même pendant la première partie, on sentait déjà cette ferveur dans les gradins. C’est simple : ça vibre littéralement sous les pieds, ça me fait sentir coupable quand je ne connais pas tout à fait les paroles d’une chanson et ça envoie des étoiles dans les yeux. Littéralement. Après tout, Olivia Rodrigo se baladait à cheval sur une lune au milieu d’étoiles brillantes pour une partie du concert. Tout bonnement incroyable.

Si proche, si loin, si parfaite.

Alors, bien sûr, avec une ambiance pareille, j’étais ultra-curieux de voir ce qu’allait donner la captation Netflix, annoncée en grande pompe il y a deux ou trois semaines par Olivia Rodrigo. Ce n’est pas le concert de Paris qui est enregistré (malheureusement), mais celui de Los Angeles, dans la Californie natale de la chanteuse. Impossible de capter un quart de l’intensité d’un tel concert (ce n’est pas tous les jours qu’un concert devient mon fond d’écran pour six mois). La version Netflix promettait de revivre l’énergie brute de ce show, alors autant vous dire que je me suis jeté dessus dès huit heures ce matin.

Bref, c’est un concert que je ne suis pas prêt d’oublier, mais que je suis content de pouvoir retrouver quand je veux sur Netflix.

Je ne le regrette pas. Ce n’est pas pareil, pas pareil du tout même, mais c’est tout de même génial. Après la déception lointaine du documentaire sur sa « jeunesse » (elle est si vieille, n’est-ce pas ?) et son début de carrière sur Disney + il y a deux ou trois ans, ça fait du bien d’avoir du contenu numérique Olivia Rodrigo vraiment réussi. J’aurais aimé un peu plus de coulisses bien sûr (sympa le générique de fin), mais ce n’est pas le but, après tout. Non, le but, c’est d’avoir le concert tel qu’il s’est déroulé – y compris avec les petites improvisations permettant de savoir qu’elle a mangé des escargots en France et les invités qu’il est possible d’avoir quand on est aux USA mais pas à Paris – et d’en profiter à fond.

Je ne peux que vous inviter à vous rendre sur Netflix et en profiter à fond, donc. Et le conseil vaut pour les fans autant que pour les non-initiés, histoire que vous découvriez à quel point cette artiste est géniale. Oh, et n’oubliez pas d’activer les sous-titres en anglais pour avoir un petit karaoké maison. Bonus : mettez les sous-titres en violet pour être encore plus dans l’ambiance !

Bon concert à tous, savourez bien.