Films vus en 2021 #8 : Nobody (2021)

Salut les cinéphiles,

Aujourd’hui, je ne vais pas vous parler d’un film coup de cœur, même s’il a failli l’être, mais d’un film sorti en 2021 parce qu’on est en 2021 et que c’est un peu triste de ne rien voir de cette année sous prétexte que les cinémas continuent d’être fermés. Loin des promos abusives et intempestives de Netflix, j’ai pas mal entendu parler de ce film d’action comme un très bon film qui changeait de ce qu’on voyait d’habitude : Nobody…

Nobody (2021) par Ilya NaishullerN’étant pas très film d’action, je me suis dit que j’allais le regarder, le renouveau ne pouvant que faire du bien. Et c’est partiellement vrai. Le film raconte l’histoire d’un homme comme tout le monde, un homme qui n’est personne donc, qui est enfermé dans une routine banale ne semblant pas si agréable que ça. Cela semble toutefois lui convenir. Un jour, sa maison est pourtant la cible d’un couple de cambrioleurs qui s’introduisent pour dérober toute la maigre richesse de la famille. Et bien sûr, notre homme tombe nez à nez avec eux…

Jusque-là, on est sur du classique, et l’action ne commence qu’après tout ça, quand on se rend compte que l’homme nous cache peut-être des choses. Je n’ai pas envie de spoiler, parce que le début du film fut une bonne surprise. Rien d’incroyable, mais du bon divertissement, en tout cas ; et c’est déjà ça de pris !

we have a future — Nobody / 2021 starring Bob Odenkirk
Un personnage proche de nous !

La première moitié est celle du film qui m’a le plus convaincu et dans laquelle je vois l’originalité de ce film ; le renouveau apporté. Pour une fois, on a un héros de film d’action qui va se retrouver vraiment en danger – on sait bien qu’il est peu probable qu’il meure avant la fin du film, hein, mais il se prend des vrais coups. Honnêtement, ça change de plein de films où les héros naviguent entre les balles et sont blessés pour deux minutes.

we have a future — Nobody / 2021 starring Bob OdenkirkDans ce film, vous verrez donc de bons combats, du sang et des ecchymoses qui restent par-dessus les cicatrices. Et ça, ça m’a changé de la majorité des films du genre que je connais. Pour cela, il était en bonne voie de devenir un coup de cœur… malheureusement, la deuxième partie du film tombe dans tous les clichés du genre, et vraiment, j’ai décroché car après un tel début, ça me décevait de voir un héros capable de survivre sous les pluies de balles et autres scènes du genre.

horror-heks.tumblr.com - TumbexPour les amateurs de films d’action, ça restera un excellent divertissement et un bon cru, je pense ; pour les autres comme moi, ça déçoit parce que ça ne va pas au bout de ce que ça avait la prétention de faire, alors qu’il y avait tout pour le faire. C’est vraiment dommage. Je pense que le pire reste la dernière scène (spoiler, forcément) où les scénaristes nous casent une petite blague qui ressemblait plus à du Mr & Mrs Smith qu’au début du film devant lequel on était. Je comprends l’idée de finir là-dessus, mais tout le personnage est d’un coup déconstruit et ses liens familiaux, qui auraient mérité d’être approfondis, deviennent juste sujet à l’humour.

Je conseille malgré tout le film si vous voulez voir un film d’action car la première partie change un peu des clichés habituels… mais n’espérez pas autre chose qu’un film qui fait bim bam boum, ça fait pschit et ça fait vroum.

trolling.gif - Le Cahier

Films vus en 2021 #7 : What Lies Beneath (2000)

Salut les cinéphiles,

What Lies Beneath: Amazon.fr: DVD & Blu-rayIl se fait un peu tard aujourd’hui, mais ça ne va certainement pas m’empêcher de venir vous parler d’un film que j’ai vu et adoré cette année : What Lies Beneath ou, plus sobrement en français, Apparences. Si je l’ai noté comme un coup de cœur après l’avoir vu en février, je me rends compte que j’ai peut-être exagéré maintenant que j’ai pris du recul. J’ai passé un très bon moment devant à essayer de démêler le vrai du faux, mais est-ce que ça en fait vraiment un film que j’aurais envie de revoir ? J’hésite.

L’histoire proposée par ce début de film semblait peu originale vingt après sa sortie : un couple s’installe dans une grande maison dans le Vermont alors que leur fille s’apprête à quitter le nid familial pour faire ses études. Claire, la femme de ce couple mère au foyer, se retrouve donc seule dans la maison pendant de longues journées où de mystérieux événements ont tendance à se produire et où elle a bien l’impression d’être le témoin d’un meurtre. Le problème, c’est qu’elle a subi peu de temps avant un accident qui lui a laissé des séquelles…

Scare Me On Fridays: Ghosts: What Lies BeneathTout le film tourne autour du personnage de Claire et de ce qu’elle voit, en nous laissant nous demander ce qui est en train de se passer. Si je cherchais à voir un film d’horreur, ce n’est pas exactement ce que j’ai eu. On est plutôt sur un thriller pas très flippant, mais prenant et intrigant. Emmené par Harrison Ford et Michelle Pfeiffer, il y a peu à redire sur la qualité du film du côté du jeu d’acteur et de la réalisation.

Suit up, Coulson. This is going to be a wild ride. - Marvel's Agents of S.H.I.E.L.D.Au scénario, on retrouve un certain Clark Gregg, plus connu depuis pour être devenu l’agent Coulson du Marvel Cinematic Universe. Ce n’est pas pour rien que j’ai décidé de tester ce film, après tout ! Est-ce que ça me fait être trop bienveillant envers ce film parce que j’aime cet acteur ? Peut-être bien, mais je ne suis pas sûr. J’ai vraiment beaucoup aimé le récit du film qui multiplie les pistes et réussit à brouiller nos certitudes, pour nous faire nous sentir comme le personnage de Claire. Bien joué, Coulson !

Par contre, ça ne l’empêche pas d’être long, à cause de certaines fausses pistes et de moments qui paraissent presqu’en trop lorsqu’on le revoit, notamment au tout début du film. Il y a toutefois des moments de la fin du film qui sont peut-être longs une fois la révélation effectuée, parce qu’on bascule davantage dans l’horreur, mais un peu trop tard. C’est ce déséquilibre qui me fait hésiter sur le coup de cœur ou non. J’ai l’impression que la fin devrait le hisser au rang de film culte avec une scène de baignoire franchement marquante, mais je n’en avais jamais entendu parler avant. J’étais encore trop jeune quand il est sorti, certes, mais depuis ?

Michelle pfeiffer harrison ford GIF on GIFER - by Kijin

Bon, je n’ai pas non plus la plus vaste culture cinématographique qui soit, j’en ai bien conscience !

J’ai adoré chacune des parties de ce film, mais elles ont parfois du mal à s’enchaîner. Pour autant, il me paraît difficile de l’écrire différemment et quand j’étais devant pour la première fois, j’étais vraiment à fond dedans. Seulement, je me dis qu’une fois qu’on sait de quoi il en retourne dans ce film, il est possible que ce soit trop long à revoir, trop lent et pas assez passionnant. Est-ce vraiment un coup de cœur si je n’ai pas envie de le revoir (ou de revoir certains de ses acteurs, d’ailleurs) ?

WHAT LIES BENEATH – petitsfilmsentreamis

C’est une question à laquelle je n’ai pas de réponse, et pourtant, ce n’est pas le premier film qui rentre dans cette catégorie. Certains films à révélations marchent encore une fois la révélation faite… Lui beaucoup moins, car il n’y a pas tellement besoin de revenir en arrière pour saisir de nouveaux indices : on se laisse guider d’un bout à l’autre du film.

En tout cas, si vous ne l’avez jamais vu, ou si vous l’avez oublié depuis sa sortie en 2000 !, je vous le recommande vivement !

2000 michelle pfeiffer kino GIF on GIFER - by Ballarne

Films vus en 2021 #6 : Pink (2016)

Salut les cinéphiles,

Pink - Film (2016) - SensCritiqueCette semaine, on va passer d’un film indien à l’autre, parce que la semaine dernière je vous parlais de U-Turn, mais je me rends compte que je l’ai évoqué avant même de vous parler de Pink, un autre film particulièrement génial que j’ai regardé en janvier dernier. S’il est un peu loin dans ma mémoire, il y reste frais parce qu’il avait été une vraie surprise, dénichée sur Netflix (grâce à JustWatch). Je n’en avais jamais entendu parler, et pourtant, il a eu son petit succès. À raison.

Le film s’intéresse au procès d’une femme, victime d’une agression sexuelle… mais poursuivie par la justice pour tentative de meurtre sur son agresseur. La première scène nous balance dans le film juste après cette agression et mène peu à peu au procès, en se jouant parfois des apparences et en surprenant par son message universel et vraiment intéressant. Il y est bien évidemment question de la culture du viol, mais aussi de la place de la femme dans une société qui se fonde sur les apparences et l’importance de la réputation d’une personne. Autant dire que ça ne fait pas rêver, mais que ça fait voyager.

pyaar ki ek kahani — Your Mahabharata is a story of revenge, after all....Le film est porté par un trio d’actrices particulièrement convaincantes – le personnage principal, la femme agressée, est en effet en colocation avec deux amies, présentes également le soir de l’agression. D’ailleurs, c’est un peu le problème présenté dans le film : on connaît les conséquences de la soirée, mais nous n’en avons pas l’origine, qu’il va falloir démêler tout au long du procès. C’est parfois long et fastidieux, mais ça accroche bien l’intérêt de son spectateur au fur et à mesure.

Fan's heartfelt letter leaves Taapsee Pannu in tears

Si le message paraît parfois contredit ou atténué par de nouveaux éléments, je trouve justement que c’est là que résidait la force du film : il nous force à réfléchir et à se poser les bonnes questions pour avancer nous-mêmes sur ces questions de la culture du viol et des apparences.

infinitebollywood — Pink (2016)Ce n’est pas rien, surtout pour un film qui date d’il y a déjà cinq ans et qui paraît presqu’en avance sur son temps – le mouvement #metoo, ce n’était qu’en 2017, mais il est déjà totalement dedans et prend le recul nécessaire pour montrer la complexité de certaines notions… et la simplicité d’autres notions, comme celle du viol, par exemple.

Je ne vais pas spoiler, bien sûr, mais n’espérez pas non plus une fin parfaitement heureuse dans un film qui ne peut pas en proposer étant donné le sujet – même une victoire n’est jamais une manière de tout réparer après une tentative de viol, particulièrement dans un pays où on ne reconstruit pas sa réputation comme ça. Soyez toutefois assurés que vous ressortirez en ayant pris une petite claque de cinéma, parce que c’est tout à fait ce que propose le film.

Et une fois de plus, ce que j’adore particulièrement avec les films indiens, c’est qu’ils ne sont jamais où je les attends. Cette fois-ci, nous avons donc trois personnages féminins vraiment forts et bien écrits, mais les autres rôles ne sont pas bâclés pour autant. Chaque pièce du puzzle nous fait nous attacher à chaque personnage et à ses potentielles erreurs, en les humanisant à chaque fois ; mais sans perdre de vue que, précisément, il y a un puzzle à compléter, des doubles standards à démonter et des répliques percutantes à savourer.

Have been a victim of eve-teasing: Taapsee Pannu
Trois actrices à surveiller clairement

L’attente du verdict paraît sans fin, mais les répliques aident à l’attendre et nous font presque regretter que le film touche à sa fin. Puis, dans le fond, le plus important n’est pas tellement le verdict du tribunal : non, c’est le nôtre et notre réflexion face à ces sujets qui demeurent l’essentiel de ce film. Un simple « respectons les femmes » pourrait tout résumer… mais ce ne serait pas rendre justice au film que de s’arrêter à ça !

Films vus en 2021 #5 : U-turn (2016)

Salut les cinéphiles,

Une fois n’est pas coutume, je débarque aujourd’hui pour vous parler cinéma, et il semblerait que pour 2021 l’option « ne parler que de mes coups de cœur » soit celle que je retiens de plus en plus… Et en même temps, ça me fait de la peine pour un certain nombre d’autres films que je regarde. Je vais réfléchir et peut-être les regrouper différemment (genre, un article « film d’action » ou un « comédie »), parce que je ne vais quand même pas avoir 52 coups de cœur en 2021, si ?

Watch U Turn (Hindi) | Prime VideoOn verra bien, en attendant, j’en ai quelques-uns en stock. Aujourd’hui, il va être question d’un film indien, parce que ça fait un petit moment que je n’en ai pas présenté sur le blog ; et parce que j’ai passé deux heures de mon samedi à le regarder et à vraiment bien l’aimer : U-turn. Après, attention, je ne vous parle pas d’un film comique avec une histoire d’amour improbable et un mariage à l’indienne, hein, mais d’un film policier. Et ça change tout.

Soi-disant inspiré de faits réels, franchement ça m’a quelque peu trompé avec cette mention, le film nous raconte l’histoire d’une journaliste qui mène une enquête de terrain sur des conducteurs qui font demi-tour sur un pont où il est interdit de faire demi-tour. Je sais, ça ne vend pas du rêve raconté comme ça, mais c’est tout ce que j’en savais en le lançant, et ça m’allait bien. Pour ceux qui en veulent un peu plus, je peux vous spoiler un peu plus et vous annoncer que son enquête va la mener à être soupçonnée de meurtre, et que ça aura parfois des allures de films d’horreur, sans en être un.

C’est d’ailleurs un des éléments qui m’a le plus plu face à ce film : le genre est parfaitement hybride, on a de tout dans le film ; de la romance mignonne, du suspense, du thriller, un brin d’horreur… U Turn Movie: Showtimes, Review, Songs, Trailer, Posters, News & Videos | eTimesC’est un pot-pourri qui n’a rien de pourri, mais qui réussit à surprendre car il casse les codes auxquels nous sommes habitués. C’est tout l’avantage des films d’indien, je crois.

Le film m’a bien accroché, malgré des conditions de visionnage pas forcément optimales : comme Tumbbad, il fait partie de ces films d’Amazon Prime Video qui ne sont disponibles qu’en VO sous-titrées en anglais (bon, pour info, il est aussi sur Netflix avec sous-titres français, mais je ne m’en suis rendu compte qu’à la rédaction de cet article). Cela ne me pose pas franchement de problème, mais je sais que ça peut être un frein à certains. C’est bien dommage, parce qu’il est très prenant comme film ; je vous invite à essayer de trouver des sous-titres français ou à le tenter comme ça, parce qu’on est parfois surpris de son niveau d’anglais. En plus, l’histoire est moins compliquée qu’il n’y paraît, donc même sans comprendre tous les mots, il est possible d’accrocher.

Côté technique, certains plans sont incroyables, avec des plans séquences vraiment très réussis pour nous plonger dans le film. J’aime les plans séquences, j’en suis toujours friand et bon public. Côté scénario, je me suis pris au mystère du film, principalement parce que je pensais qu’il s’agissait de faits réels, quand tout ce qu’il y avait de réel, c’est la situation de ces gens n’hésitant pas à faire demi-tour à des endroits où c’est interdit, quitte à provoquer des accidents. Là-dessus, le générique de fin est quelque peu incroyable aussi, avec des images d’archive de demi-tours complètement fous. Autrement, le film a quelques scènes glaçantes de violence et un suspense vraiment bien construit.

U Turn (2018 film) - WikipediaAu-delà de tout ça, l’enquête est intéressante et pleine de rebondissements, avec des retournements de situation devant lesquels je suis resté bouche bée. Je crois que plus je vieillis, plus je suis rouillé ; je vois de moins en moins venir certains plot twists dans les films et séries alors que je les anticipais toujours avant. Bon, j’ai quand même deviné certains éléments avant qu’ils arrivent, je suis heureux.

Voilà donc pour mon coup de cœur de la semaine. Il existe une suite à ce film, mais je n’ai pas encore eu l’occasion de la regarder. Elle est mieux notée sur IMDB et semble reprendre le même casting, alors même que l’histoire est bouclée à la fin du 1. Je suis curieux, et il y a de fortes chances que je regarde également cette suite ! Je vous en parlerai probablement après visionnage, mais pour l’instant, je vous conseille le premier volet, que je ne suis pas à l’abri de revoir un jour. Vraiment, il m’a plu et il fourmille de petits détails qui permettent la constitution d’un puzzle très chouette.

D’ailleurs, attention à certaines affiches du film si vous cherchez d’autres informations dessus, parce qu’il y en a qui nous en montrent vraiment beaucoup trop. Et oui, le film a 150 affiches, mais impossible d’en trouver le moindre gif, il semble vraiment être passé sous les radars de beaucoup de gens alors qu’il vaut le détour – pour ne pas dire le demi-tour si je pars dans les très mauvais jeux de mots sur le titre !