Giorgia Sinicorni (#53)

Salut les sériephiles,

Comme tous les dimanches on se retrouve avec un article sur la performance de la semaine. J’ai eu un peu de mal à me décider cette semaine car j’ai vu peu d’épisodes, mais j’en profite ainsi pour faire un peu de publicité pour une série française qui le mérite vraiment. Direction OCS cette semaine pour trouver l’actrice qui méritait vraiment d’être mise en avant.

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La performance de la semaine :
Giorgia Sinicorni

La série concernée : Missions
L’épisode : S02E04 – Passage – 18/20


Pourquoi ? Dans Missions, Giorgia Sinicorni interprète depuis la saison 1 le personnage d’Alex, une scientifique au caractère bien trempé qui était déjà mon personnage préféré en saison 1. Je trouve qu’elle a un rôle bien intrigant dans la série et j’adore ce personnage, qui cache quelques faiblesses que l’on effleure trop souvent sans vraiment savoir précisément ce qu’elles sont.

Au cours du troisième épisode, on sent bien que la série va se concentrer plus longuement sur elle, mais c’est à partir du quatrième qu’il est évident que la saison 2 va développer une intrigue sur la fragilité d’Alex. D’apparence solide face aux autres, elle est bien évidemment la proie du doute et des remords après sa crise en fin de première saison où elle était devenue meurtrière. Cette semaine, on la voit donc hantée par un fantôme du passé, et ça attise forcément ma curiosité de fan.

Du côté de la performance, je trouve que Giorgia Sinicorni est sacrément convaincante dans sa folie douce. Le personnage s’entête à feindre que tout va bien, y compris devant son mari… Et c’est joué à merveille : on passe de la peur de parler à un fantôme à la volonté de convaincre que tout va bien. Les faiblesses du personnages se lisent sur le visage de Giorgia Sinicorni, malgré la conviction qu’elle réussit tout aussi bien à faire passer.

C’est pour moi l’une des actrices les plus convaincantes de la série et l’un des personnages qui me fascine le plus. Et puis, le passage d’une langue à l’autre doit aider aussi, je reconnais…


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Vue aussi dans : Malheureusement, je n’ai pas eu l’occasion de la voir jouer dans un autre projet. Elle n’en manque pas pour autant : c’est une actrice italienne avec déjà plusieurs rôles à son actif. Son CV oscille entre films et séries, mais la majorité sont des productions italiennes – on peut noter quand même un rôle récent dans la série Ad Vitam sur Arte. L’actrice divise son temps entre l’Italie, la France et l’Angleterre, avec une carrière bien remplie depuis 2007. L’air de rien, ce n’est pas mal du tout pour un métier où il est souvent difficile de trouver des rôles.


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L’info en + : La saison 1 de la série est toujours disponible sur OCS, de même que l’ensemble de la saison 2. En effet, si la chaîne ne diffuse que deux épisodes par semaine et que je suis ce rythme pour la publication des critiques, tous les épisodes sont déjà disponibles en VOD. L’occasion de rapidement découvrir le reste des aventures d’Alex, qui a droit à un bon développement cette année. En espérant rapidement l’annonce et le tournage d’une saison 3 !


Voir aussi : Les performances des semaines précédentes

Missions (S02)

Synopsis : En fin de saison 1, Jeanne se sacrifiait pour sauver l’humanité. Pourtant, cinq ans plus tard, Jeanne est encore sur vie, sur Terre. Dans l’espace, c’est une nouvelle mission pour Mars qui se profile…

Saison 1 | Saison 2

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Pour commencer, je n’ai pas envie de mentir, j’ai eu accès à cette saison 2 en avant-première afin d’écrire un article pour le Sérigraphe. Vous pouvez déjà consulter ce premier avis sans spoiler directement sur le site. De mon côté, j’ai écrit mes critiques d’épisodes comme d’habitude, et je ne les diffuserai qu’en suivant le programme de la diffusion sur OCS, c’est évident.

J’étais bien content d’avoir l’accès à ces épisodes, parce que j’adore la série. La saison 1 m’avait beaucoup plu lors de sa diffusion, avec son intrigue ambitieuse et la promesse d’avoir enfin de la SF française. Certes, il fallait se faire à l’idée que les personnages ne parlaient pas (tous) en anglais, mais une fois que c’était fait, les dix premiers épisodes de la saison 1 avaient réussi à m’embarquer dans leur fascinante histoire, avec une exploration de la planète mars qui finissait en exploration temporelle toujours plus ambitieuse.

J’attendais de la saison 2 autant d’ambition et d’esbroufe qu’en saison 1… et pour savoir si ça m’a convaincu, je vous laisse lire ici le résumé sans spoiler. Pour des résumés plus complets, cliquez sur le titre de chaque épisode. Cependant, je ne fais pas trop durer le suspense : oui, j’ai adoré cette saison, et même plus que la première.

Moyenne de la saison : 17,5/20

S02E01 – Aube – 15/20
Une chose est sûre, ce début de saison est assez frustrant : les épisodes sont courts, alors c’est toujours embêtant parce que ça paraît insuffisant pour tout comprendre et pour tout développer. Pourtant, ce premier épisode parvient aussi bien à nous introduire de nouveaux éléments et un nouveau départ qu’à nous offrir des retrouvailles avec des personnages dont la première expédition est encore bien fraîche.
S02E02 – Retours – 16/20
Bien content de voir que l’ambiance de la série ne change pas malgré des changements évidents et radicaux dans le scénario. Les nouveaux personnages semblent s’intégrer assez bien dans le casting pour l’instant, mais on est encore au début de la saison, et j’ai surtout hâte d’en savoir plus sur ce qui attend les personnages par la suite : j’ai déjà l’impression que la saison 2 ne pourra pas tout nous raconter dans les temps.
S02E03 – Evolution – 17/20
Cet épisode nous ramène un peu plus encore dans l’ambiance de la première saison, et la psychose recommence à s’installer tranquillement. On tombe plus rapidement dans la science-fiction pure, forcément, et les choses avancent très vite, à la fois dans les relations et dans l’intrigue qui se met agréablement en place. Il n’est pas compliqué de retrouver les éléments qui me plaisaient en saison 1, je suis vraiment content de cette suite.
S02E04 – Passage – 18/20
L’ambiance de huis-clos de cette saison 2 est loin d’être étouffante, mais elle est bien sentie pour faire monter la psychose – celle des personnages comme celle du téléspectateur qui s’interroge sur ce qu’il se passe. Une deuxième intrigue permet en plus de respirer, et c’en est presque dommage. En tout cas, je suis à nouveau complètement pris dans cette histoire et, vraiment, c’est une bonne série qui soulève un milliard de questions.

Voir aussi : Performance de la semaine – Giorgia Sinicorni

S02E05 – Réplique – 18/20
Comme l’an dernier, la mi-saison apporte son lot de surprises, avec une intrigue sous la forme d’un puzzle qui fonctionne à merveille et des rebondissements bien sentis. Difficile d’en dire beaucoup plus sans tomber dans le spoiler, je vais donc me contenter de cet avis cryptique pour cet épisode ; et me jeter sur le suivant, surtout.
S02E06 – Alice – 17/20
Cette saison fonctionne franchement bien, ouvrant de nouveaux chapitres et de nouvelles possibilités dans la lignée des épisodes précédents. Cette fois, on se concentre davantage sur un autre personnage et sur les relations compliquées d’un duo tout nouveau et dont on aimerait voir beaucoup plus. Pas sûr que ce soit possible vu la tournure de la saison, néanmoins.
S02E07 – Furie – 17/20
C’est un peu moins bon dans ce volet qui semble ralentir le rythme des révélations, voire se perdre en chemin. En même temps, c’est loin d’être un mauvais épisode et il y a une avancée de taille en fin d’épisode. Bon, comme en saison 1, cette série gère à fond ces cliffhangers. Difficile de ne pas avoir envie de tout enchaîner et de passer d’un épisode à l’autre.
S02E08 – Autres – 20/20
Une pluie de réponses tombe sur cet épisode qui gère vraiment bien les suites du cliffhanger précédent et qui donne une idée précise de ce qu’il s’est tramé depuis le début de saison et de ce qui se tramera d’ici la fin de saison. Et c’est très, très bon, comme vous l’aurez compris à la note donné à cet épisode.
S02E09 – Architectes – 19/20
La mythologie développée en saison 1 était déjà très cool, mais cette saison 2 a basculé dans de la science-fiction pure hyper agréable à suivre. J’adore tout simplement les concepts proposés, pas tous novateurs, mais tout de même largement originaux par rapport à d’autres séries du même genre. Cet épisode est dans la droite lignée des précédents et prépare le terrain à un épisode final qui promet de nous retourner encore une fois le cerveau.
S02E10 – Singularité – 19/20
C’est un très bon épisode de fin de saison, même si la majorité des réponses avaient déjà été apportées avant et qu’il donne le goût d’une solution trop simple et tardive. Bon, le plaisir n’est pas gâché du tout pour autant pour cette conclusion d’une deuxième année riche en rebondissements. Par contre, j’ai vraiment très envie d’une saison 3 à présent ; j’espère qu’elle sera signée au plus vite, parce qu’il y a encore beaucoup de choses à découvrir dans cet univers !

Saison 1 | Saison 2

Ce soir sur OCS : la saison 2 de Missions

Salut les sériephiles !

Missions est de retour ce soir sur OCS, à 20h40 pour être plus précis. C’est une chouette nouvelle la diffusion de cette saison 2, car j’avais adoré la première saison et parce que j’ai déjà vu en avant-première les épisodes de cette seconde aventure, qui se déroule cinq ans après la saison 1. Je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler, préférant me contenter de vous dire que le format des épisodes de 22 minutes reste addictif et vous faire le récapitulatif de ce que vous pourriez avoir oublié de la saison 1 ! C’est toujours utile, avant une deuxième saison et si vous n’avez pas le temps de relire toutes mes critiques.

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Voir aussi : Missions (S01)

La première saison racontait l’histoire d’une mission européenne montée par William Meyer et qui avait pour but d’aller explorer Mars. Pas de bol : les premiers hommes à arriver sur Mars ne sont finalement pas les européens, mais les américains… sauf que la navette de ceux-ci n’est plus qu’un débris. Au milieu de ceux-ci, les européens retrouvent toutefois un homme, Vladimir Komarov. Comme son nom l’indique, il est russe… et comme son nom ne vous l’indique peut-être pas, il s’agit surtout du premier homme à être mort dans l’espace, en 1967.

La banale série d’exploration de la planète Mars s’embarquait alors dans une ambitieuse épopée spatio-temporelle, le tout avec une romance improbable entre son héroïne, Jeanne, et le russe, Vladimir ; ainsi qu’une invasion des martiens sur la Terre bien avant que les terriens ne viennent sur Mars. La saison se terminait alors sur le sacrifice de Jeanne pour sauver tout le monde, et j’entends par là l’ensemble de l’humanité. Rien que ça. Difficile de faire mieux pour une saison 2, non ?

Parmi les autres personnages dont il faut se souvenir, il y a Simon, le commandant en second de la saison 1, Gemma, qui a fini en couple avec lui, William Meyer, le milliardaire russe à l’origine de toute la mission, ou encore Alessandra, qui avait tué Yann dans le vaisseau suite à sa trahison lors de la première saison, où elle avait aussi perdu son mari. Y a des missions comme ça dans l’espace où on prend cher en dix épisodes… Comment ne pas se souvenir, aussi, d’Irène, l’intelligence artificielle qui avait son rôle à jouer dans la saison 1 ?

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Avant de vous laisser, et pour convaincre ceux d’entre vous qui n’auraient pas vu la première saison de tester cette seconde saison, laissez-moi vous rappeler qu’elle a reçu le Prix de la Découverte de Séries Mania 2017 et que la première saison a rencontré un bon succès. Son scénario et sa réalisation ont été souvent salués, et il s’agit d’une série française qui, pour moi, prouve que l’on peut aussi fournir des œuvres de qualité qui n’ont pas à rougir de la concurrence américaine. Vraiment, laissez-lui sa chance ; elle le mérite !

Et pour ceux qui sont déjà convaincu et qui souhaitent prolonger l’expérience en se promenant dans l’espace, notons qu’il existe aussi sur le store d’Orange la possibilité de louer « Alone », une expérience en réalité virtuelle d’environ 4 minutes où l’on se retrouve dans la peau d’Alessandra, séparée du reste de l’équipe, sur Mars.

Voir aussi : Mon avis sur la saison 2, sur le site du Sérigraphe

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Chernobyl – S01E05

Épisode 5 – Vichnaya Pamyat – 20/20
Cet épisode est extrêmement satisfaisant comme conclusion de la série : on y voit toutes les pièces d’un puzzle se mettre en place alors qu’on ne savait même pas qu’il y avait puzzle. Du côté de l’Histoire, c’est assez respectueux malgré une dramatisation évidente pour le bien de la fiction. Du côté de la série, c’est une production bien huilée et impeccable qui apporte une bonne fin à l’ensemble de ces cinq épisodes. Si vous ne l’aviez pas encore compris à ce stade, cette série est un must-see.

> Saison 1


Spoilers

05

I apologized for this unsatisfactory result.

Suis-je vraiment à une heure quinze près ? Il ne me reste qu’un épisode, autant en profiter pour terminer cette saison. Une soirée et puis s’en va, alors que j’avais prévu de n’en voir que deux épisodes max, et alors que j’ai hésité à lancer le second !

Cet épisode revient en arrière à ses débuts, nous plongeant dans la vie avant l’explosion. Je trouve que cette scène d’introduction aurait pu avoir sa place dans le premier épisode, pour que l’impact émotionnel des pertes soit encore plus grand. Douze heures plus tôt, nous assistons donc à la réunion des trois idiots dans le déni du début de saison et ils prennent la décision d’ignorer des ordres… C’est parce qu’ils veulent respecter les quotas intenables imposés par leur hiérarchie qu’ils font un test qu’ils n’auraient pas dû faire et qui va foirer ; espérant ainsi obtenir une promotion.

Bon, OK, je comprends un peu mieux l’idée des russes de faire une série pour accuser les américains, parce que les américains ne se gênent pas pour rappeler les torts de l’URSS. La série fonctionnant bien en Russie et dans le monde, j’imagine que leur réaction s’explique… Après, la théorie américaine qui fait de l’URSS le responsable de la catastrophe est cohérente, les rapports internationaux parlant bien de personnels inexpérimentés – sans compter les cassettes audios de Legasov, qui avaient soulevé une large part de vérité dans les défaillances ayant eu lieu à Tchernobyl.

Quelques mois après la catastrophe, Legasov s’est donc rendu à Vienne pour « dire la vérité »… et il ne l’a pas fait. Il a expliqué que la catastrophe était due à une erreur humaine, contentant tout le monde par son mensonge : les pays de l’Ouest, qui ont une réponse, et l’URSS qui en fait un héros soviétique. Oui, évidemment qu’il est promu et reçoit des honneurs, comme l’espéraient les trois idiots du début qui sont encore en vie.

Ulana débarque chez lui et est déçue, évidemment, mais elle ne lui reproche rien. Elle veut surtout lui montrer qu’elle est persistante et qu’elle veut qu’il dise la vérité sur le réacteur défectueux lors du procès qui aura lieu prochainement et auquel il est évidemment invité. Ouep, elle est sûre que la vérité peut éclater s’il y met du sien.

Le procès ? Il s’agit d’attaquer en justice les trois idiots, comme je les appelle car ils ont des noms trop compliqués pour que je les retienne, même s’il s’agit de vrais personnages historiques. La théorie mise en avant par la série, et quelque peu confirmé par les vraies cassettes de Legasov, est donc qu’une suite d’erreurs humaines a provoqué la catastrophe. Boris propose ainsi un discours bien fichu pour les accuser devant tout le monde.

Par tout le monde, j’entends donc les juges, les jurés, la presse, mais aussi un parterre de scientifiques invités. Ce sont ces derniers qu’Ulana espère convaincre. Pourtant, en passant après Boris – qui tousse beaucoup dans cet épisode (inévitablement), il est dur de faire un choix. Les scénaristes avaient un choix à faire aussi ici, puisque le personnage d’Ulana est un personnage fictif… Et elle fait un très bon récit des événements qui se sont produits, flashback à l’appui en plus.

J’aime beaucoup ce choix de la série de tout révéler, et finalement, je comprends la construction qui apporte les réponses à la fin, pour faire un tout cohérent. On découvre donc dans le discours d’Ulana qu’il y a bien eu des erreurs humaines conduisant à un test précipité qui n’aurait pas dû avoir lieu si le management avait été meilleur. Effectivement, donné un travail impossible à un jeune de 25 ans qui n’a pas été informé précisément de ce qu’il doit faire, ça ne paraît pas une idée merveilleuse.

Ulana se concentre toutefois sur les erreurs humaines – les vraies, les confirmées par l’Histoire. Elle laisse alors le soin à Legasov de révéler (ou non) la vérité de la série sur le problème du réacteur 4. Une fois de plus (la dernière ?), le personnage nous fait un petit cours sur le fonctionnement d’un réacteur nucléaire, et c’est une simplification et vulgarisation vraiment bienvenue. Je trouve ça clair et facile à comprendre, quand c’est loin d’être un sujet facile – et c’est d’autant plus impressionnant que ce n’est pas dans ma langue, mince, ça devrait être complexe mais ils rendent ça simple. Qu’est-ce que c’est que cette magie ?

On repart en flashback de la nuit de la catastrophe pour voir ce qu’il s’est passé au moment de l’explosion et c’est effectivement une suite d’erreurs humaines qui apparaît être la vraie coupable ici. C’est un peu facile de charger les trois chefs, néanmoins, et il y en a tout de même un qui prend très cher car son égo est mis en avant : c’est Dyatlov, particulièrement lorsqu’il force Leonid et son supérieur direct à faire monter la température.

De retour au procès, Dyatlov clame son innocence et assure qu’il était aux toilettes au moment des forces, malgré les témoignages disant le contraire. Les juges en profitent pour faire une pause après avoir réaffirmé leur accusation, ce qui permet à Boris de révéler à Legasov que sa santé est en mauvais état, puisqu’il tousse du sang. De son côté, Legasov perd ses cheveux de toute manière.

Lorsque le procès reprend, c’est le cours de Legasov qui redémarre, et c’est tellement bien expliqué dans la série que je ne sais pas trop comment en faire une critique qui expliquerait mieux les choses. J’ai trouvé ça superbement bien écrit, et c’était bien interprété bien sûr. La reconstitution des faits est passionnante, c’est de la révélation d’éléments d’une enquête qu’on n’a pas eu à suivre dans ses moindres détails, mais qui nous fournit les moindres détails de ce qui est arrivé. C’est quand même complétement fou.

Oui, complétement fou, c’est aussi comme ça que je peux caractériser Legasov dans cet épisode : il révèle toute la vérité, et notamment que le bouton AZ-5 qui devait arrêter la réaction nucléaire ne pouvait le faire dans les conditions créées par Dyatlov, parce que le bouton d’arrêt est aussi un détonateur, à cause du graphite. Ainsi, Legasov accuse directement les économies que son gouvernement faisait dans la construction des réacteurs. Il se grille totalement au passage, accusant le gouvernement de mentir et d’avoir des secrets ; et expliquant tranquillement qu’il a aussi menti à Vienne.

Bon, j’imagine que là, on s’éloigne de la vérité historique ; mais en même temps, il me semble qu’on ne connaît pas celle-ci puisque l’URSS s’est bien gardée de tout révéler. Une chose est sûre, Legasov n’a jamais eu les honneurs accordés aux héros de la patrie, alors qu’il était bien censé les recevoir. La vérité a un prix. Il est aussitôt mis en cellule, parce qu’on n’accuse pas le gouvernement sans conséquence, mais il n’est pas tué pour autant. Son témoignage n’est pas reçu par le gouvernement, et il n’est pas diffusé dans la presse non plus.

La punition choisie est simplement d’en faire un homme banal : il reste scientifique, mais il n’a plus le droit de travailler, ni d’avoir des collègues. Bien qu’il couvre Ulana et Boris (qui a insisté pour qu’il finisse son témoignage), il est évident que Legasov ment pour la première fois de la journée. La punition est assez horrible, tout de même : c’est tout son héritage qui est bafoué et distribué à d’autres, bienvenue en URSS.

La conclusion de cette scène est brillante, avec un homme déchu qui repère encore l’ironie de la question qu’on lui pose : « pourquoi se préoccuper de quelque chose qui n’arrivera pas ? ». Ben oui, pourquoi, hein ?

Et la série se termine de la meilleure des manières, et comme toutes les adaptations d’ailleurs, par un retour à la réalité assez tragique avec le sort de chacun des personnages, fait de décès tragiques pour la plupart. C’est un bon check-up historique pour conclure, et ça m’a là aussi collé à mon écran. Comme le reste de la série finalement.

05-2

Why worry about something that isn’t going to happen?

> Saison 1


EN BREF – Je n’avais entendu que du bien de cette série avant de me lancer, et je dois dire que je ne vais pas avoir une voix discordante. Je n’aime pas les séries historiques habituellement, mais là, le travail de reconstitution est impressionnant, dans l’ensemble largement véridique (même si j’ai eu peur sur les deux derniers épisodes) et cinq épisodes permettent bien de faire le tour de l’ensemble des grosses questions éthiques à poser.

C’est impressionnant, d’ailleurs : la série parvient à révéler une page de l’Histoire avec beaucoup de détails tout en ayant un message à porter sur l’humanité en général et sur l’actualité, avec les dangers que représentent les fausses informations quand elles sont trop répétées. C’est par là que s’ouvre la série et le message me paraît assez clair.

En termes de construction, la saison se tient bien, même si son épisode 4 est un peu moins prenant par les détours qu’il prend et l’éloignement inévitable qui s’opère avec la catastrophe. Cependant, même là, il y a encore du travail pour maintenir l’intérêt, et ça fonctionne. C’est donc une série marquante par son intrigue, par la qualité de ses images et par la réflexion qu’elle propose.

Définitivement, c’était hyper prenant, parce qu’il était quand même plus de quatre heures du matin quand j’ai terminé cet épisode. Oui, bon, vous l’aurez compris, je suis en « vacances » cette semaine et, de toute manière, il pleuvait des cordes, alors je n’aurais pas dormi, hein. Pfiou. Cela faisait vraiment longtemps que je n’avais pas terminé une série si tard ; je me suis laissé complétement embarquer et j’en ai perdu toute raison. Et c’est très bien comme ça, ça prouve à quel point elle était passionnante : je n’ai pas décroché de mon écran pendant les cinq épisodes – quasiment six heures. C’est… mal ?

> Saison 1

05-3
C’est une photo du monument devant le sarcophage de Tchernobyl.