Décembre : Conclusion d’un challenge réussi

C’est déjà l’heure du bilan du mois de décembre pour le Challenge Séries 2016… Et oui, il est terminé, ça y est ! Plutôt qu’un simple bilan de décembre, je me suis dit que j’allais vous faire un retour complet sur mon expérience du challenge 2016, histoire de conclure définitivement cette longue et riche année de séries par quelques leçons apprises à mes dépens.

Je me suis lancé dans l’aventure du challenge sur un coup de tête en janvier dernier, quand j’étais seul et abandonné chez moi et que je me suis rendu compte que j’avais réussi l’équivalent du CS2015 sans même en connaître le principe exact. À force d’en entendre parler sur Twitter et via certains amis, je me suis dit qu’il fallait que je tente l’expérience. Popopo, 35 minutes plus tard, j’avais ma liste de douze séries qui, vous le savez, a connu quelques remous, mais j’y reviens dans la suite de l’article. 45 minutes plus tard, j’avais décidé de rouvrir ce blog. Et 1h plus tard, bam, j’étais prêt à me lancer !

Pour l’instant, revenons sur ces douze premiers choix :

– Saison 2 de Catastrophe : 6 épisodes
– Saisons 1 à 5 d’Ally McBeal : 112 épisodes
– Saison 1 de Master of None : 10 épisodes
– Saisons 1 à 3 de The Following : 45 épisodes
– Saison 1 de Jessica Jones : 13 épisodes
– Saisons 3, 5 et 6 d’American Horror Story : 36 épisodes
– Saisons 1 à 9 d’Undressed : 223 épisodes
– Saison 1 de Ministerio del Tiempo : 8 épisodes
– Saisons 1 à 5 de Person of Interest : 103 épisodes
– Saisons 1 à 9 d’One Tree Hill : 166 épisodes
– Saison 1 de Childhood End : 3 épisodes

Et ce challenge m’a apporté quelques belles leçons de vie que je garde en tête avant d’aborder avec vous dans un prochain article mon challenge 2017. Évidemment que je recommence ! Si vous en avez déjà marre de lire cet article, vous avez vu l’essentiel : c’est réussi (malgré 3 switchs) et vous pouvez regardez dans le menu ci-dessus si une série en particulier vous intéresse 😉

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Club de Cuervos (1×01)

Leçon n°1 : À l’impossible nul n’est tenu

Autant vous dire que ça m’a motivé de faire une liste de 12 séries à voir à laquelle je pensais naïvement pouvoir me tenir. Oui, la première leçon du challenge pour moi, c’est que même avec toute la bonne volonté du monde, il n’est pas toujours possible de se tenir à l’impossible : Undressed était une super série mais il faut se rendre à l’évidence, elle n’est pas disponible ; Ministerio del Tiempo était une bonne idée sur le papier, mais elle n’était pas pratique à voir non plus. Et One Tree Hill est un peu de la triche, puisque je l’ai switchée uniquement parce que je n’ai pas pris le temps de le voir faute d’intérêt. La série n’est pas mauvaise, mais j’ai eu les yeux plus gros que le ventre et j’ai beaucoup manqué d’envie, ce qui veut bien dire qu’elle n’est pas non plus géniale !

J’ai donc utilisé 3 switchs :

– Undressed => Saisons 1 à 8 de That ‘70s show : 200 épisodes
– Ministerio => Saisons 1 et 2 de Club de Cuervos : 23 épisodes
– OTH => Saisons 1 et 2 d’Utopia : 6 épisodes

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American Horror Story (S06)

Leçon n°2 : Ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre

Pour valider ce challenge, j’ai donc visionné 557 épisodes, auxquels s’ajoutent :

– 20 épisodes d’Undressed avant le switch
– 60 épisodes d’OTH avant le switch
-10 épisodes de Love dans le cadre d’un mini-défi
– 14 épisodes de Lost & Found dans le cadre d’un mini-défi

661 épisodes dans le cadre du challenge séries 2016, soit une moyenne d’à peu près deux par jour chaque jour, en plus d’une quarantaine (environ) de séries « à la semaine ». Gloups. Finalement, c’est peu, deux épisodes dans une journée. Non ?

Non, vraiment pas, si on en retranche la dizaine de jours qu’il reste pour finir l’année et tous les moments de vacances, les jours sans épisode, etc.

Clairement, je vais viser moins haut pour 2017, car mes études sont légèrement plus impitoyables cette année (et la prochaine probablement, car je doute d’avoir mon concours en mars. On verra, il faut rester positif). Avec tout ça, la baisse de régime sur le blog depuis le mois d’octobre doit quand même vous paraître un peu plus logique, il faut bien que je garde du temps pour étudier ET EN PLUS avoir une vie sociale. C’est la deuxième leçon du challenge : avoir les yeux (beaucoup) moins gros. En 2017, je planifierai un peu mieux tout ça. Reste à savoir si je vais réussir à m’y tenir.

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The Following (S01)

Leçon n°3 : L’habit ne fait pas le moine

La troisième serait donc de ne jamais trop en attendre d’une série, règle qu’il est vraiment bon de se souvenir. J’attendais énormément des saisons 2 de Catastrophe et 1 de Childhood’s End. Elles ne furent que déception : la première loin de ce que j’espérais en terme d’intrigue, la seconde juste loin de tout. Autres déceptions, mais plus prévisibles : Master of None et Love m’ont confirmé que les comédies Netflix n’étaient pas toutes faites pour rire et souvent parfaites pour déprimer. J’ai même envisagé un temps d’écrire un article « Humour & dépression dans les sitcoms », puis j’ai manqué de temps, comme toujours. Ce type d’article d’analyse était pourtant l’une de mes plus grosses envies du blog, j’y reviendrais bien un jour. Cependant, j’ai adoré faire ce challenge car j’ai eu d’excellentes surprises sur des séries que j’imaginais un peu chiantes avant de faire play, comme Jessica Jones, Ally McBeal ou The Man in the High Castle. J’avais ajouté la première parce que Marvel/Netflix quoi, mais après la déception de la saison 1 de Daredevil, je n’attendais vraiment rien. Ally McBeal, je l’ai regardée pour son actrice principale et par curiosité car c’était l’une des séries préférées de ma sœur. TMITHC, j’attendais un bon gros délire SF et finalement, c’était une SF très douce et parfaitement maîtrisée, qui a su rapidement me convaincre. Parmi les meilleures découvertes, je place Club de Cuervos, commencée sur un coup de tête en plein ennui du mois d’Août, en très bonne position, juste derrière Person of Interest. Je pensais que j’allais détester celle-ci dont j’ai revu le pilote trois fois sans accrocher. Finalement, la saison 5 est l’une des meilleures de l’année 2016 et je ne regrette pas d’être resté, dès le départ, pour voir Amy Acker. Il me reste les plus conventionnelles : One Tree Hill n’a recélé aucune surprise (si ce n’est quelques guests et coupes de cheveux improbables), That ‘70s show était ce que j’en attendais, AHS a été égale à elle-même en saisons 3 et 5 (mais fait partie des excellentes surprises pour sa saison 6). Bref, il ne faut jurer de rien, comme dirait l’autre !

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Person of Interest (S02)

Leçon n°4 : La douceur du miel ne console pas la piqûre de l’abeille

Si, si, c’est un proverbe français, je vous jure, il est dans mon dico ! Drôle de titre vous allez me dire, mais c’est pourtant une sacrée belle image qui définit assez bien le rollercoaster d’émotions que j’ai subi avec ce challenge. Il y a des décès dont je ne me suis pas remis, il y a ceux que j’ai vu venir, il y a ceux que j’ai attendu. Il y a la masse terrifiante de violence de The Following et il y a le feel-good d’Ally McBeal, la dépression de Catastrophe et la joie de vivre du Wisconsin de That ‘70s show.

En définitive, il y a surtout beaucoup de déception, déception de ne pas avoir de suite à certaines séries, à commencer par Person Of Interest (dont la fin est peut-être parfaite, si on est imaginatif) et même The Following. Déception de ces séries qui n’auront jamais de fin, et surtout Utopia. Déception de ces séries qui se sont gâchées avec le temps : les dernières saisons d’Ally McBeal, The Following ou That ‘70s show ne sont plus que les ombres d’elles-mêmes et je n’oublie pas, malgré une fin de challenge plutôt très positive, ces déceptions successives. Certes, mes deux dernières saisons vues en décembre se sont révélées toutes deux être excellentes, alors je finis ce challenge en étant hyper-satisfait… mais je n’oublie pas, je ne me console pas des morts de certaines séries (et vous prendrez le mot « morts » dans le sens que vous voulez, autant les persos que la série).

Et puis, dans ce proverbe, j’aime aussi l’image de la piqûre qui me rappelle bien qu’en définitive, je suis addict aux séries et ce n’est pas si bien. Du coup, ça me déprime de savoir que les séries sont mon abeille. Et qu’est-ce que je fais quand je déprime ?

Exactement, je commence une nouvelle série : mon miel. Maintenant, le premier qui me sort une vanne foireuse avec la série AB qui s’appelle Le miel et les abeilles, je lui envoie un essaim dans la tronche. Bisou.

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One Tree Hill (S01)

Leçon n°5 : Qui se ressemble, s’assemble mais les opposés s’attirent aussi.

Ma plus belle leçon du challenge probablement : la blogosphère est méga cool. J’ai commencé ce blog il y a deux ans, mais je ne l’ai jamais tenu avec assiduité à l’époque. J’y parlais de séries, déjà, mais sans vrai plan ni constance, sans promo twitter et en définitive sans grande envie. Le challenge m’a donné la possibilité d’avoir quelque chose à raconter et surtout m’a apporté une petite audience très satisfaisante et surtout sympa. Alors, en définitive, les fans de séries s’assemblent c’est sûr, mais il est cool de découvrir qu’on ne se ressemble pas tous, que parfois nous ne sommes pas d’accord, etc. Il y a des gens que j’ai rencontré via ce blog que je trouve tous hyper sympa, même quand on est pas d’accord (et surtout quand on ne l’est pas d’ailleurs, c’est là qu’on repère les gens fréquentables des autres en général). Je profite de ces quelques lignes pour remercier surtout Yodabor, qui m’a suivi rapidement et qui commente souvent, Ludo, qui m’a même accordé un article sur son blog, ou Tequi, qui m’a proposé un tag auquel je n’ai jamais répondu (pour l’instant, mais je compte bien le retrouver et le faire, promis !).

Et pour conclure cet article, merci à Hellody, évidemment, d’avoir eu l’idée de ce challenge et de l’avoir mis en place ! Je l’ai déjà dit sur Twitter, mais franchement, ce challenge a été une belle occasion de voir des séries que je me gardais de côté depuis années avec l’envie de les voir sans jamais me lancer.

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Jessica Jones (S01)

J’avais beaucoup de temps cette année et c’est avec plaisir que je me suis enfin consacrer à les voir ! Je déborde légèrement sur un article à venir, mais pour 2017, je vais essayer d’être plus raisonnable vu que j’ai un gros emploi du temps… mais une passion est une passion, et je crois bien que je suis passionné de séries !

À très vite pour parler de 2017 donc 😉

La playlist de janvier

Voici mes nombreux coups de coeur musicaux devant mes séries du mois de janvier. J’en ai sélectionné une douzaine, avec une invasion visible d’Ally McBeal et de The Following, parce que ce sont les séries que j’ai bingewatchées. Comment ne pas souligner une fois de plus également la brillante B.O d’Ulysse ? 😉 Je vous propose toutes ces chansons dans un ordre apparemment totalement aléatoire : c’est en fait celui dans lequel je les ai découvertes.

A noter : les paragraphes accompagnant les chansons sont forcément bourrés de spoilers, méfiez-vous et n’hésitez pas à en passer 😉

Whatever will be, will be (Que sera, sera) – Doris Day (The Following / Ally McBeal)

Je souhaite commencer cette tout première playlist par un cas bien particulier.  Cette chanson, je l’ai adoré dans The Following, où elle est utilisée dans une scène particulièrement glauque, en décalage parfait avec ce qui est montré à l’écran. Et puis, je l’ai retrouvée avec joie dans Ally McBeal. Je sais, c’est particulier, ce sont les années 60 et pas franchement le genre de tubes d’aujourd’hui… Mais c’est calme et apaisant, et les paroles sont géniales. Bref, ça s’écoute en boucle 🙂

David – Noah Gundersen (The Following, 3×06)

Vrai coup de coeur musical, la chanson n’est pas forcément bien utilisée dans la série : elle conclut un épisode dans un montage nous montrant le sort de chaque personnage et, de mémoire, Ryan tentant de fuir son alcoolisme. Les paroles collent à sa situation, mais c’est surtout le rythme entraînant qui m’a convaincu dans cette chanson.

Runaway – Aurora (The Following, 3×15)

À écouter absolument, qu’on connaisse The Following ou pas ! S’il n’y avait qu’une chose à retenir du final de la série, ce serait cette chanson. Elle accompagne un foutage de gueule magistral de la part des scénaristes avec la « résurrection » de Ryan, mais elle est surtout parfaite pour conclure la série, tant dans les paroles que le rythme. Il y a juste la dose nécessaire d’émotions pour être frustré et triste que la série s’arrête sur cette fin ouverte et en même temps satisfait de la conclusion apportée.

Paradise Lost – Iconoclast (Ulysse, 2×02)

La B.O d’Ulysse est ultra soignée et a pour seul défaut qu’il n’est pas toujours évident de tout dénicher sur Youtube (mais ils ont la classe de toujours donner les infos nécessaires pour retrouver et se procurer les chansons). Bref, à défaut de pouvoir vous mettre un lien vers la géniale chanson d’OAK (petit groupe pas connu du tout pote avec l’équipe d’Ulysse, que je vous encourage à aller découvrir ici), je vous parle de cette envoûtante musique qu’est Paradise Lost. Idéale pour bosser, idéale aussi dans son utilisation par l’équipe de la websérie.

Searchin’ my soul – Vonda Shepard (Ally McBeal, Générique)

Je l’ai déjà dit ailleurs sur le blog : une des grandes réussites d’Ally McBeal réside dans son impeccable B.O portée par la voix chaude de Vonda Shepard. Ce générique n’a rien d’une découverte, je le connais et l’adore depuis bien longtemps, même si je n’avais jamais suivi la série. Thème parfait pour la série, quelques notes suffisent pour plonger dans l’univers d’Ally McBeal, et c’est à ça que sert un main theme.

It’s in his kiss – Vonda Shepard (Ally McBeal, 1×03)

Le moment où j’ai compris que j’allais adorer la B.O d’Ally McBeal est le moment où j’ai compris qu’elle était constituée de reprises toutes portées par la même voix de chansons que j’adore déjà. Introduite dans l’épisode The Kiss, cette chanson semble parfaitement adaptée au scénario de l’épisode (et elle l’est), comme si elle était écrite pour l’épisode. A moins que ce ne soit l’inverse. En tout cas, ça marche.


San Francisco Days – Chris Isaak (The Affair, 2×12)

De mon visionnage chaotique de The Affair, je n’ai pas grand chose de positif à redire. Je ne sais pas bien pourquoi j’ai poursuivi et tenu jusque-là, à part peut-être pour le concept initial que je trouvais sympa et le personnage d’Helen. La seconde saison était à la hauteur de la première : parfaite pour aller s’endormir, à l’exception de deux épisodes. Ce final (qui aurait une fin de série parfaite – mais pourquoi ils ne l’ont pas annulée putain ?) fait partie de ces exceptions, principalement grâce à une scène parfaitement écrite, montée et jouée par l’ensemble de l’équipe, qui a eu la bonne idée d’y incorporer cette chanson. Scène mémorable, que je pense inoubliable, au rythme d’une petite balade qui nous fait presqu’oublier que le dénouement qui se joue est prévisible. Utilisation parfaite dans un épisode qui résout enfin le puzzle entamé dès le pilote. De toute la série, je ne retiendrais que cette scène et le jeu d’Helen. Et Cole, bien sûr, parce que le fan de Fringe en moi ne peut se résoudre à ne pas dire que Joshua Jackson est un acteur de talent.

Hooked on a feeling – Blue Swede (Ally McBeal, multi-épisodes)
Cette chanson n’a bien sûr rien d’une découverte originale à Ally McBeal pour moi (je la connaissais même avant son utilisation dans Guardians of the Galaxy), mais elle est une autre grande réussite d’Ally McBeal, qui n’hésite à réutiliser la même chanson tout au long d’une storyline qui court sur plusieurs épisodes. Je ne peux désormais plus écouter cette chanson sans imaginer un petit bébé en image de synthèse danser devant moi.

Add it up – Violent Femmes (The 100, 3×01)

Véritable bouffée d’air frais dans cet épisode de retour de The 100, Add it up en a marqué plus d’un. Aux antipodes du style musical habituel de la série, la chanson s’y inscrit pourtant à la perfection. Les paroles résolument familières, le rythme entraînant, tout concourt à faire de cette chanson l’accompagnement parfait d’une scène de road trip qui redéfinit une fois plus la série. En tout cas, je sais que cette scène dans la voiture, je m’en souviendrais longtemps, et cette chanson est un vrai hymne de liberté pour nous héros. La reprise de cette même chanson par Shawn Mendes en fin d’épisode est à cet égard une autre bonne idée qui le souligne bien. Comme quoi, la musique survit même aux apocalypses.

Tracy – The Cufflinks (Ally McBeal, multi-épisodes)

Encore une chanson parfaite de la B.O d’Ally McBeal, également reprise dans la série par Vonda Shepard (forcément !). S’il faut commenter parce que la chanson ne se suffit pas à elle-même, j’en dirais simplement sans trop spoiler que l’utilisation de cette chanson a été l’un des plus gros fou rire que j’ai eu devant cette saison 1.

Tell him – Vonda Shepard (Ally McBeal, multi-épisodes)

S’il y a bien une chanson qui aurait pu remplacer « Searchin’ my soul » comme générique d’Ally McBeal, c’est celle-ci. C’est la chanson que se choisit Ally comme theme de vie, pour se donner du courage quand elle déprime. Elle donne lieu à une scène mémorable sur un passage piéton, puis dans le bureau, et elle est juste parfaite grâce à son pep’s. J’adore.

4th and Roebling – The District (Ulysse, 2×03)

Voici une autre trouvaille sympa de l’équipe d’Ulysse, qui collait parfaitement à ce qu’il se passait à l’image, forcément. Ce ne sera pas ma chanson de l’année, mais ça termine agréablement cette playlist, je trouve, et ça me permet de faire encore un peu de pub pour cette websérie que j’adore (au cas où vous ne l’auriez pas compris).

Retour sur le mois de Janvier

Le mois de Janvier s’est achevé, il est donc temps pour moi de faire un premier point sur l’avancée de mon Challenge Séries 2016… qui est déjà bien entamé ! Je vous laisse jeter un premier coup d’oeil déjà :

Catastrophe, Saison 2 terminée, 13/20
The Following, intégrale terminée, 12/20
Childhood’s End, saison 1 terminée, 07/20
Master of None, saison 1 terminée, 13/20
Ally McBeal, saison 1 terminée, 17/20
Undressed, du 1×01 au 1×08, 16/20

Il y a quelques spoilers dans mes critiques. N’hésitez pas à naviguer avec la fonction recherche (CTRL+F) pour passer d’une série à l’autre si vous voulez éviter de lire certains paragraphes, puisque je redonne le titre de chaque série en début de paragraphe 😉

CS Cata

Alors, comme je l’ai déjà dit, je me suis volontairement gardé de côté la reprise de Catastrophe cette année, car je n’avais pas envie de la suivre à la semaine et que je me doutais que j’arriverais à naviguer sans me faire spoiler : pari réussi. Plutôt heureux de retrouver le couple atypique des deux protagonistes, avec le plaisir de la petite surprise du bon dans le temps et du second bébé. Je me suis goinfré des six épisodes, et définitivement, c’est trop court. L’idée de l’ellipse temporelle a le mérite de surprendre – personnellement, je n’avais rien lu là-dessus. La surprise est partielle, on sent bien dès le début qu’il y a anguille sous roche, puisqu’on nous éclipse le cliff-hanger de la saison 1… Et c’est là que le bât blesse : il est vraiment dommage de ne pas nous montrer la première naissance et tout ce qui a pu s’ensuivre. Je me suis senti un peu lésé par ce twist scénaristique que j’ai pourtant apprécié. C’était sympa, mais ça prive de beaucoup trop de choses, et c’est dommage car ces choses sont simplement comblées par des répliques nous résumant ce qu’il s’est passé. C’était un choix osé à l’image de la série, mais c’est avec le recul quelque chose qui a tué dans l’œuf pas mal d’intrigues. La saison 2 ressemble plus à une saison 3… Ce qui n’est pas forcément un mal quand on voit la qualité de certaines saisons 2.

Les intrigues se développent ensuite sans parvenir à pleinement (me) passionner, surtout qu’elles sont inévitablement trop courtes. En six épisodes, peu de choses sont finalement montrées aux téléspectateurs. Les scénaristes nous délivrent un mini-film comique, dont je ne retiens pas grand-chose malheureusement. L’intrigue autour de Sharon cherchant à se faire une amie est très sympa… mais ne mène finalement nulle part. La collègue de Rob qui le drague ? Pourquoi pas, mais ça paraît très réchauffé et à l’encontre de la modernité habituelle de la série.

Il y a beaucoup de bonnes idées, mais elles sont toujours bien vite évacuées du scénario étrangement. Pour une série censée être comique, il faut bien sûr souligner aussi le côté totalement dépressif de certaines scènes. C’est un trait d’écriture qui permet d’ajouter au réalisme de la situation et de nous rapprocher des personnages, je ne suis donc pas totalement contre.

Cette saison 2 est pour finir assez hybride et tend vers la dramédie, peut-être un peu plus que la première saison. Cependant, elle réussit son pari dans les grandes lignes : surprendre, être drôle, égaler la première. Par contre, égaler la première saison, c’est bien tout ce qu’elle fait : pas de révolution grandiose, elle se voit, fait rire et s’oublie assez vite. Mention spéciale pour cette dernière scène et le dernier plan de Rob qui ouvre la bouche mais dont on ne saura pas la réplique. Malheureusement, l’impatience de la saison 3 est un peu atténuée : s’ils nous refont le coup du un an plus tard, cette fin sera vite balayée elle-aussi…

En conclusion, je dirais que cette saison mérite un petit 13/20. Je continuerai à conseiller la série à toute personne cherchant une sitcom sympa à voir ; mais pas à quelqu’un en quête de sa future série préférée.

CS The FollowingThe Following est largement critiquée pour son manque de réalisme, et force est de constater qu’effectivement ce n’est pas ça son point fort. Cependant, c’est très très prenant et le casting arrive à me convaincre de continuer encore et encore. Je suis bien sûr déçu de la tournure des événements : la saison 1 proposait de grandes choses et des idées vraiment intéressantes qui tombent un peu à l’eau dans la suite. Le fait de les enchaîner si vite aide à faire passer la frustration, on va dire. Je ne vais pas m’étaler plus ici, j’ai déjà écrit un long, très long, article pour dire tout ce que je pensais de cette série : The Following, une lente déchéance.

CS Childhood's End

Grosse déception pour cette série, j’aurais dû me fier aux critiques des amis qui m’avaient déconseillé de la regarder finalement. J’ai enchaîné les trois épisodes sur une seule soirée, parce que j’ai voulu m’en débarrasser assez vite.
Si je suis honnête, j’ai décroché à plusieurs reprises pour regarder mon portable ou même bosser un peu. J’essaye de comprendre pourquoi j’ai décroché, et je ne sais pas. J’ai trouvé l’intrigue assez mal amenée dans le premier épisode : on ne voit pas bien l’intérêt de l’intrigue présentée et de la multiplicité des personnages. Je n’ai pas lu le livre, j’aurais peut-être dû pour mieux comprendre ? Auquel cas, c’est que c’est mal adapté cela dit.
La fin du premier épisode survient presque trop rapidement, on sait direct (si l’on en doutait encore) que ce sauveur au look diabolique n’apporte rien de bon. Il est à l’image du diable… Quelque part, à quoi bon continuer ? Dans la même optique, les bonds dans le temps proposés entre les épisodes n’aident pas non plus à s’accrocher pour continuer : il est dur de s’attacher vraiment aux personnages.
Dans ce cas, pourquoi je suis resté ? Déjà, parce que c’est dans mon challenge et que j’aimerais le faire sans avoir à switcher quoique ce soit. Ensuite, parce qu’il n’y a que trois épisodes, donc ça se regarde. L’espoir d’une amélioration est toujours là, aussi, même s’il s’amenuise… et c’est surtout une dégradation à laquelle on assiste durant les deux premiers épisodes, je trouve.
La vraie raison du pourquoi je suis resté ? C’est celle qui m’a fait venir en premier lieu mais que j’avais oublié : Georgina Haig. Je suis amoureux de cette actrice depuis Fringe, je me suis farci tous les Once Upon a Time juste pour voir son arc en début de saison 4, j’ai même regardé une mini-série (sur le groupe INXS) en espérant la voir parce qu’elle était dans la bande-annonce, mais dans laquelle elle n’a en fait qu’une scène (heureusement, c’était une super mini-série). Bref, je pouvais bien faire ça…
Ironiquement, j’ai assez bien aimé les twists de la dernière demi-heure, qui se fait sans Georgina Haig. La dimension dramatique est enfin pleinement exposée et ça se passe beaucoup mieux que le côté (fanatique) religieux du deuxième épisode. C’est étrange et ça part un peu plus dans la science-fiction futuriste, c’est appréciable sans être révolutionnaire. La toute fin n’est d’ailleurs tellement pas originale qu’elle fait lever les yeux au ciel. Et putain, je savais pas qu’une planète explosait si vite…
J’ai regardé Childhood’s End parce que la série était diffusée à la même période qu’Ascension l’an dernier. Finalement, les deux séries ont beaucoup en commun : un rythme lent, mais bourré d’ellipses qui font que ça avance ; une musique rétro pour donner un cadre futuriste ; une fin de premier épisode qui révèle trop tôt un twist qui devrait être final de saison. J’ai l’impression que le côté 3 épisodes de 80 minutes n’est vraiment pas un format qui s’adapte bien aux séries SF, j’espère que la chaîne ne fera pas trois fois la même erreur.
La dernière petite question qui tue : à partir de quel âge on n’est plus enfant et on reste sur terre, du coup ? Une bonne grosse déception, durement rattrapée par la dernière demi-heure.

CS Master of None

Une série qui me laisse bien mitigé, cette Master of None ! Je n’ai pas vraiment accroché tout de suite, mais en même temps une part de moi s’est reconnue dans cet oncle un peu débordé par ses neveux et éternel célibataire.
Loin de toujours me faire rire, je reconnais quand même à la série une excellente gestion des thèmes abordés, un par épisode. C’est un peu schématique à première vue, mais cela permet d’aborder tout un tas de questions de l’industrie des séries de manière très juste. Cet épisode sur le racisme, notamment, est l’un des meilleurs que j’ai pu voir sur ce thème (et a paru bien moins forcé que la récente tentative de Grey’s Anatomy en la matière).
La série a fini par me convaincre sur la durée, d’épisode en épisode, elle a su proposer des éléments qui ont permis de s’attacher aux personnages. Sans spoiler, je dirais que la relation amoureuse qui se développe dans les derniers épisodes marchent, qu’elle est pleine de justesse et qu’elle fait rêver.
Une fin un peu dure à encaisser, mais tout à fait crédible et dans la lignée de ce qui a été proposé auparavant. Définitivement pas la fin que j’aurais aimé voir, mais la saison 2 rétablira peut-être les choses… ou partira sur une toute nouvelle voie. C’est ce que j’ai aimé dans cette fin en tout cas, son côté imprévisible et bien monté, une écriture ouverte qui laisse une infinité de possibilités à exploiter en saison 2 (le voyage, ou le retour, ou les retrouvailles…)

CS Ally
J’ai fini la saison 1 hier soir, je vais donc réserver mon jugement pour l’instant, mais la note indicative que j’ai mise à ces 23 épisodes (24 avec le cross-over) donne une bonne idée de que j’ai pensé de la première saison.
Rafraîchissante, malgré ses presque 20 ans !, cette série propose un univers décalé qui éclipse joyeusement le côté procedural souvent ennuyeux, pour suivre la vie de toute ce petit groupe hétéroclite qui fonctionne comme une famille dysfonctionnelle.
Bourrée de répliques qui font mouche et d’une B.O magistrale & exceptionnellement cool, cette saison 1 n’hésite pas pour autant à aborder des thèmes audacieux pour l’époque – si ce n’est encore aujourd’hui (la transexualité, la polygamie…). Avec malgré tout des restes machistes, Ally McBeal est un étrange produit féministe qui décrit une société presqu’idéalisée pour l’époque, et finalement très actuelle de ce que l’on peut vivre aujourd’hui. Bref, il y a toujours un côté contemporain dans cette série qui pourtant est totalement d’une autre époque (les choix musicaux à nouveau, les looks surtout).
J’ai adoré, et je me réserve un épisode par jour, parfois un peu plus. Brillant. Vivement que j’entame la saison 2 !

CS Undressed

L’autre vraie bonne surprise de ce Challenge pour l’instant, c’est Undressed, une petite série dont je n’avais littéralement jamais entendu parler avant. C’est peut-être d’ailleurs ce qui la rend si surprenante, plus qu’Ally McBeal à bien des égards.
Je me cherchais une longue sitcom pour le challenge et je suis tombé là-dessus il y a quelques mois, en remontant je pense la filmographie d’un acteur (mais pour l’instant, impossible de savoir lequel). J’ai vu avec amusement le nom de Steven D. Knight dans les scénaristes… sérieusement, pourquoi cette série n’est pas plus connue ?
Peut-être à cause de sa diffusion probablement confidentielle pendant l’été sur MTV, il y a plus de dix ans. Forcément, ça n’aide pas.
Les sujets abordés sont aussi vastes qu’inhabituels pour cette période pré-2000 : les relations amoureuses, de tous types et genres. Et là où je m’attendais à des clichés rebattus plutôt mauvais, j’ai eu la surprise de trouver des dialogues qui font encore mouche et de découvrir une série qui a pris un coup de vieux sur la forme (les looks, la qualité, la BO…), mais pas tellement sur le fond. Oui, ma critique est assez similaire à celle que je viens de faire d’Ally McBeal… Non, les deux séries ne se ressemblent pas pour autant, il manque finalement à Undressed ce petit côté décalé et drôle, fun et pep’s, qui fait tout le charme d’Ally.
La cohabitation universitaire entre la bombe et l’intello, le mec qui embrasse la copine de son meilleur pote, le mec et la nana qui se rencontrent parce que leurs conjoints ont couché ensemble et qu’ils cherchent à se venger, le coloc gay… Tout y passe dans Undressed, de manière toujours assez réaliste pour être pertinente, mais surtout assez drôle pour être regardable.
Quant au format, c’est un véritable O.V.N.I pour l’époque : chaque épisode se découpe en trois intrigues (jusque-là, rien de neuf) totalement indépendantes et qui courent sur plusieurs épisodes. Quand un arc narratif se termine, il est remplacé par un autre avec de nouveaux personnages. Pour autant, les anciens qui disparaissent de l’écran ne sont pas forcément oubliés : par exemple, le frère d’un personnage dont l’arc vient de se terminer débarque dans la série pour débuter son propre arc. Il y a donc de petites connexions à faire entre les histoires, qui redonnent un peu d’intérêt aux histoires les plus plates. Et en plus, c’est marrant. Une vraie bonne découverte, que je suis pressé là aussi de continuer !

Et voilà pour ce premier mois extrêmement chargé du Challenge 🙂
RDV en février !

The Following : une lente déchéance…

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Dans le pilote de The Following, nous découvrons le personnage de Joe Carroll, professeur de littérature obsédé par l’œuvre d’Edgar Allan Poe qui a commis une série de meurtres. À l’aide des réseaux sociaux et d’un de ses livres, il s’est constitué un solide réseau de “followers”, des fans prêts à tout pour être dans ses bonnes grâces, y compris à tuer et à le libérer de prison. Pour les contrer, l’ex-agent du FBI Ryan Hardy reprend du service.

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The Following, c’est aussi et surtout l’histoire d’une série à deux vitesses, capable de proposer de grandes choses et l’instant suivant de tout ruiner. En sacrifiant la crédibilité du scénario pour user à tort et à travers des mêmes ficelles pendant trois saisons, les scénaristes proposent une série addictive qui d’épisode en épisode va perdre sa saveur.

                Retour sur trois saisons inégales d’une série qui s’achève avec un goût de frustration : spoiler alert.

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Une série addictive

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Un rythme effréné

Oui, si The Following est vraiment addictive dès son pilote, c’est parce qu’elle propose un rythme effréné qui ne permet pas aux spectateurs de reprendre leur souffle. Le pilote propose ainsi un jeu avec les codes de la formule du procedural. La formule paraît d’abord respectée : des personnages archétypes (à la limite de l’insipide) sont proposés, deux antagonistes clairement définis, et la victime à sauver présentée. Pourtant, ces conventions plates se font rapidement tordre le cou. Tout dans ce premier épisode cherche à fasciner le spectateur : les références un peu obscures à l’œuvre de Poe, les retournements de situation, l’échec du héros qui paraît bien faible et bien sûr, la révélation des trois premiers followers.

Beaucoup de questions restent sans réponse, mais en même temps, beaucoup de réponses sont apportées : le rythme est effréné parce que les « gentils » sont débordés par les actions permanentes des « méchants » ayant un coup d’avance.

En fait, il se passe déjà beaucoup (trop) de choses dans ce premier épisode. Les retrouvailles des trois premiers followers notamment, surprise finale que l’on attendrait plutôt quelques épisodes plus tard, mais qui vient enfoncer le clou de l’échec de n’avoir su sauver la damoiselle en détresse (parce que c’est quand même de ça qu’il s’agit). Et c’est sans compter sur l’enlèvement de Joey… Là où le spectateur s’attendait à un épisode bouclé, il n’y a que le début d’une histoire très dense. Je profite de cette mention du personnage de Joey pour saluer une excellente écriture du personnage : c’est rare de voir des personnages d’enfants qui ne soient pas qu’agaçants dans les séries.

Ce n’est plus une originalité, mais plutôt une ficelle usée dans toutes les séries : The Following se repose sur des cliffhangers cherchant à s’assurer la présence des spectateurs à l’épisode suivant.

05Une violence permanente

L’autre trait très addictif de The Following, c’est bien sûr sa violence, elle-aussi perceptible dès le premier épisode avec les jolis yeux de Maggie Grace violemment arrachés.

Cette violence va parcourir les trois saisons de la série : chaque épisode de la série présentera au moins un meurtre et de nombreuses scènes s’attacheront à montrer des personnes lambdas dont la vie bascule à cause des followers. C’est le cas par exemple de cette pauvre vendeuse qui se fait kidnapper en saison 1, que l’on voit quelques épisodes enfermée à la cave et qui s’en sort, ou de cette moins chanceuse infirmière en saison 2 qui se fait violemment tuer devant chez elle afin qu’un follower de Lily puisse prendre sa place à l’hôpital et aller libérer le jumeau qui y est prisonnier.

Au-delà de la violence physique, The Following aime aussi s’essayer à la violence psychologique à plusieurs reprises. Outre la vendeuse de la saison 1, prenons le cas du personnage de Mike : simple agent du FBI à la vision du monde manichéenne en saison 1, Mike devient en saison 2 un homme dont les convictions sont ébranlées. L’apogée de cette violence psychologique se traduit par une scène-clé pour le personnage : celle de la mort de son père, exécuté de sang-froid par Lily sans qu’il ne puisse rien y faire. Dès lors, c’est la descente aux enfers pour Mike qui ne s’arrête plus dans son désir de vengeance. La mort de Lily, qu’il exécute de sang-froid, ne lui suffit plus, et il fait de l’arrestation de Mark une vendetta personnelle. La violence psychologique sert donc les cliffhangers et les intrigues de fond, on passe de celle d’un personnage à un autre (de Mike à Mark).

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Des portraits psychologiques fouillés ?

Elle sert aussi et surtout à proposer des portraits psychologiques fouillés. Outre le personnage de Mike, celui de Jacob tout au long de la saison 1 est peut-être l’une des plus belles réussites de la série.

En effet, c’est bien le seul des followers dont on comprend les motivations – précisément parce que lui non plus ne les comprend pas et est perdu. Le personnage se présente tout en doutes et en contradictions : il a tout du méchant, mais est en même temps toujours prêt à se repentir. C’est le seul à paraître encore humain à bien des reprises, et pourtant, c’est aussi lui qui enseigne à Joey que tuer, c’est facile et bien (autre scène de violence psychologique magistrale). En fait, Jacob est perdu, et il l’est tellement qu’il en arrive à avoir une relation homosexuelle alors qu’il est hétérosexuel ; qu’il n’a pas envie de tuer mais le fait, qu’il veut tuer Emma mais n’y parvient pas. Au contact de Claire, il prend conscience une nouvelle fois de son humanité. Et c’est bien sûr à ce moment-là qu’Emma le tue, car le personnage s’éloigne un peu trop du manichéisme de la série. Portraits psychologiques fouillés et manichéisme ? Non, ce n’est pas possible. Et pourtant…

Autres portraits brillamment réussis, notamment grâce au jeu du (seul !) acteur, ceux des jumeaux Luke et Mark. Bien que les motivations de ces jumeaux restent assez floues, le caractère perturbé mais ô combien différent des deux est un vrai régal. Le twist de la saison 3, avec le développement de la schizophrénie est Mark, est une idée parfaite car l’acteur est capable de l’interpréter avec brio – dans une dimension rappelant presque l’inégalable Tatiana Maslany dans Orphan Black. Les jumeaux représentent donc des méchants aux profils travaillés, certes, mais ils n’en restent pas moins, dès leur conception, des méchants… Paradoxe presque étonnant pour des personnages si fouillés.

Une série pleine de paradoxes

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Le manichéisme

À trop vouloir justifier les actions des followers en saison 1, The Following parvient surtout à dessiner un manichéisme primaire qui dessert totalement la suite de la série. Il y a les gentils d’un côté et les méchants de l’autre, et l’on bascule définitivement dans ce schéma sans jamais y revenir à partir de la mort de Jacob. Il y a bien Mandy en saison 2, présentée comme le maillon faible de la chaîne de serial-killer, c’est vrai, mais l’écriture du personnage peine à convaincre. Elle doute, mais tue instinctivement, avant de douter à nouveau. Les scénaristes tentent de nous montrer un personnage à la fois fasciné et effrayé, mais l’intrigue ne prend jamais vraiment à cause d’une faute originelle : le premier meurtre est trop soudain pour qu’une dose de crédibilité existe. Le coup de pelle, oui. Le meurtre, non. Partant de là, toute la storyline du personnage tombe à l’eau, car elle est définitivement du mauvais côté de la barrière manichéiste de la série (comme le prouve sa fugue pour retrouver Lily : jamais Mandy ne se trouve du « bon » côté).

Les raisons évoquées de la folie des personnages ne sont que rarement convaincantes et jamais ne sera expliqué en saison 1 ce qui pousse les followers à se ranger derrière Joe Carroll, dont on a peine à croire que le seul charisme suffise. Et il est difficile de se faire une idée sur ce premier livre de Carroll qui déchaîne tant de passions, car il n’est toujours qu’évoqué à demi-mots. Pire : plus la série progresse, moins elle s’intéresse à ses personnages et aux raisons derrière leurs actions, pour s’enfermer dans des schémas de plus en plus simplistes.

En saison 2, il est difficile de croire à cette famille de psychopathes qu’on nous présente très large, mais qui est très rapidement décimée. Leurs motivations réelles sont assez floues. Est-on censés se contenter de la folie de ces personnages ? Inutile de mentionner également la secte de la seconde partie de saison, qui est grosso modo un simple pool de red shirts.  Pour ceux d’entre vous qui ne connaîtrez pas, les red shirts, ce sont les membres de l’équipage de l’Enterprise dans Star Trek, qui passent pas mal de temps à se faire massacrer. En résulte une légende urbaine qui veut que les personnages portant des vêtements rouges meurent dans l’épisode pour souligner le danger d’une action ou d’une scène (ça se vérifie plus ou moins selon les séries, la page Wikipedia en anglais en donne quelques exemples, Lostpedia également avec quelques spoilers Lost, et voici le lien de la page traduite pour ceux qui parlent uniquement français). Pour en revenir à The Following, ces personnages figurants tous en rouge sont uniquement présents pour être tués, et pas besoin d’une légende urbaine pour le voir venir. Ils n’ont absolument aucune autre utilité, j’en veux pour preuve leur docilité face aux disparitions des leurs et le massacre final. En saison 3, on ne sait plus vraiment les raisons qui poussent les méchants à être méchants, ils sont méchants et c’est bien suffisant. À force de proposer des followers, la série en oublie leur intérêt pour leur laisser une simple fonction meurtrière. On s’attache encore à ses personnages plein de faiblesses, c’est sûr, mais on ne sait pas bien pourquoi ils sont si cinglés. Et la saison 3 ne s’embarrasse même plus de leur donner des faiblesses. Elle tombe dans un manichéisme primaire, tout en essayant de faire passer la pilule du gentil devenu le méchant qu’il pourchasse à force de vouloir se venger…

En effet, la série nous présente les gentils et les méchants pendant une saison et demie, puis soudainement réalise que ses gentils sont aussi méchants que les méchants. Mais ils sont gentils, alors ce n’est pas si grave. Que dire du personnage de Ryan ? Antihéros banal, son addiction à l’alcool le rattrape après avoir été effleuré timidement pendant deux saisons. Quelle conclusion offre la saison 3 à cette storyline ? On ne sait pas bien. C’est un gentil, il surmonte son alcoolisme, mais pas sa passion de tuer. Il part seul pour protéger sa famille en se faisant passer pour mort. Ça correspond tout à fait au personnage et offre un ultime sacrifice qui ne laisse aucun doute sur le fait que c’est un… gentil.

La série se veut complexe, mais elle repose en permanence sur des schémas paradoxaux et tristement simplistes. Il y a d’abord le schéma de la vengeance, vendetta personnelles : Ryan veut tuer Joe (et inversement… puis, on ne sait plus bien), Claire veut tuer Emma (et inversement), Mike veut tuer Lily ou Mark (et inversement), etc. Chaque fois ces intrigues reposent sur un « gentil » qui veut se venger d’une action d’un « méchant »… Et bien sûr, c’est le gentil qui gagne. Les méchants ne sont pas en reste pour la vengeance : Lily qui pense que Lue est mort, la mort de Gisèle ou la mort de Kyle en saison 3 sont autant de motifs de revanches personnelles. Autre schéma simpliste et qui n’a rien d’original, mais qui fait quand même les ficelles de la série : derrière chaque grand homme (Ryan, Mike, Joe), il y a une femme (Claire/Max, Emma) : Claire et Max sont le compas moral de Ryan, elles s’assurent qu’il reste du bon côté de la ligne, qu’il soit « clean« . Max assure d’ailleurs ce même rôle avec Mike, et cela est souligné à plusieurs reprises dans la série par cette pauvre Max, notamment lors de cette réplique un peu grosse : « Ok, I have no problem playing good cop/bad cop but only if it’s just playing » (3×03). La série assume totalement son schéma simpliste du good cop/bad cop – qui fut un temps synonyme de complexité – poussé à l’extrême dans un parallèle femme/homme d’un autre temps, qui finit par être presque gênant tant il est démodé.

À l’inverse, Emma s’assure que Joe reste du mauvais côté, tout en le protégeant : combien de fois la voit-on lui dire de raccrocher le téléphone pour ne pas être localisé ? Combien de fois souhaite-elle que Joe tue Ryan ? De ce point de vue-là, l’évolution du personnage est plus que décevante : en saison 1, elle nous est présentée comme une jeune femme à la vie difficile qui croit en Joe, qui ne voit rien de mal dans ses actions – tuer n’a rien de mal, finalement, si c’est pour une bonne raison ; c’est avant tout une question de pouvoir comme Jacob l’enseigne à Joey. « Maybe he’s not so bad. Maybe we just don’t understand him » réplique-t-elle d’ailleurs à Joey à la mi-saison 1 lorsqu’il cherche à comprendre pourquoi son père est si mauvais. Et pourtant : en saison 2, elle assume pleinement être du côté des méchants et bascule dans un manichéisme évident, comme si la série regrettait d’avoir un temps joué la carte du flou. Les ficelles deviennent grossières, Emma est désormais du côté des méchants parce qu’elle a tué Jacob. Plus de flottement ou de doute, c’est décidé, après la saison 1, il reste les méchants et les gentils en saison 2. Pour la saison 3, les gentils ne sont pas si gentils, mais pas totalement méchants pour autant. Voilà grosso modo la construction de ces trois saisons, et une fois repérée, le plaisir de découvrir la série est un peu compromis.

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Le revers du rythme effréné : la surenchère

En plus de ces schémas, un autre problème vient saboter la série. C’est qu’avoir un rythme effréné, c’est bien, mais pénalisant. Malheureusement, le conserver pousse les scénaristes à en oublier la crédibilité des événements présentés. Comment aller vite avec un héros cardiaque ? En oubliant qu’il a des problèmes cardiaques pendant toute la saison 2, par exemple. Ryan, en début de saison 1, est incapable de courir plus de cinq minutes sans être sur le point de s’effondrer. À plusieurs reprises, son pacemaker est présenté comme un point faible exploité par les méchants pour (ne pas) le tuer. C’est l’une des faiblesses du personnage qui doit pousser le spectateur à l’apprécier. Pourtant, dès la saison 2, ses problèmes cardiaques disparaissent : ils sont cités à plusieurs reprises, mais jamais ne l’affectent directement lorsqu’il est poursuivi par les méchants, lorsqu’il croit sauver Lily, lorsqu’il se bat et tue Gisèle (snif), la liste est sans fin.

En terme d’évolution des personnages, cette surenchère du rythme aurait pu apporter beaucoup de bonnes choses. Malheureusement, l’exemple de Ryan est loin d’être le seul exemple d’oubli des scénaristes (mais c’est le plus flagrant). De manière générale, l’ensemble des personnages féminins ne connaît pas d’évolution au cours de la série : quand Claire décide de passer à autre chose et d’enfin évoluer, elle disparaît simplement des intrigues (mais ce n’est pas un mal, car les traits réussis de son personnage sont totalement détruits par la saison 2). Max est un personnage principal durant deux saisons, mais puisqu’elle sert de compas moral dans un schéma simpliste, elle est condamnée à ne pas évoluer alors que ses pendants masculins changent et deviennent des personnages hantés par les événements traumatiques qu’ils vivent. Le seul vecteur d’évolution du personnage de Max est donc… l’enchaînement de ses petits-amis. Bienvenue dans un monde anti-féministe au possible. Sur le même point, le personnage de Gina est intéressant : certes, elle se remarie et décide de quitter le FBI, mais finalement, elle passe surtout de personnage secondaire à abonnée absente. Quant à son caractère, elle ne semble pas si traumatisée que ça dans son dernier épisode. Et c’est un personnage sur lequel je vais revenir, évidemment, car sa simple introduction dans la série est un peu une honte si l’on pense à Debra. Dernier exemple : Carrie Cooke, femme forte et indépendante, certes, mais dont l’évolution fait peine à voir. Son personnage s’efface progressivement avec le retour de Claire. On pense alors que les scénaristes ont oublié son existence en début de saison 3. Elle ne réapparaît (pas) que pour être tuée brutalement en milieu de saison et servir l’évolution du personnage de Ryan, qui tombe un peu plus dans sa dépression alcoolique. Seuls les personnages masculins connaissent donc une vraie évolution au cours de ces trois saisons et seulement parce que le rythme l’impose, cette évolution est souvent remise en question, souvent effacée pour revenir au point de départ. À nouveau le cas de Ryan constitue un bon exemple : son alcoolisme disparaît aussi vite qu’il est arrivé (et Joe avec !) pour l’épisode final. Idem pour Mike, qui finit tout gentil sur son lit d’hôpital après une période sombre.

Le rythme intense pousse aussi à devoir tuer régulièrement des personnages, pour le simple principe de les tuer : il faut des événements choquants pour continuer la série. Dommage, car cela se traduit par des sacrifices parfois incompréhensibles sur le plan scénaristiques (Jacob) quand d’autres survivent très longtemps sans qu’on ne sache bien comment (Ryan, tu aurais dû mourir tant de fois).

Bien sûr, la série est parsemée de bonnes trouvailles. La famille de psychopathes internationale et les nombreuses scènes en français en font partie. Sauf que le manque de crédibilité des trois quart des événements dessert The Following : l’idée de la famille est bonne, mais il aurait fallu la développer et lui donner des bases bien plus solides. Autre saison, autre trouvaille sympathique : l’arc narratif du petit-ami de Max est peu original, mais l’engrenage est au départ bien amené. Malheureusement, il devient un peu trop extrême lorsqu’il tue sa partenaire du FBI et perd tout son charme en même temps que sa crédibilité dans cette surenchère peu enthousiasmante et du coup prévisible.

Surtout, tout au long de la série les mêmes codes du suspens sont utilisés à l’envi dans chaque épisode et finissent par lasser : par exemple, à combien de scènes dans l’obscurité à la recherche d’une proie à tuer (du côté des gentils comme des méchants) assiste-t-on au cours de ces 45 épisodes ? La surenchère ne peut pas être si surprenante dans une série qui parle de serial-killers. Malheureusement, elle dessert la série.

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Jumping the shark : l’adieu à la crédibilité

En effet, comment ne pas penser à l’expression consacrée à une série perdant toute crédibilité, « jumping the shark », lorsque l’on apprend la résurrection de Joe Carroll dans le 2×01 ? Le personnage était mort en saison 1, choix osé de la part des scénaristes, mais qui avait l’avantage d’une prise de risque intéressante. Il restait Emma à capturer pour la saison 2, il aurait suffi de s’intéresser à sa vengeance pour proposer une saison bien construite. Le retour à la vie de Joe Carroll, absolument pas crédible, vient enterrer définitivement le peu de crédibilité qu’il restait à la série – marquant un tournant définitif et sans demi-tour. Il devient aussitôt évident que Claire est encore en vie (en fait, on s’en doute même avant) – dommage qu’il faille attendre huit épisodes pour la revoir.

À partir de cet instant, la série ne s’embarrasse plus de grand-chose. Le personnage de Debra est ressuscité par l’introduction de Gina Mendez, sosie physique et professionnel de l’agent tuée dans la saison précédente. C’est un peu comme si les scénaristes regrettaient d’avoir tué un personnage qu’ils auraient pu facilement sauver, s’ils n’étaient pas tenu par ce rythme impossible à conserver. L’ensemble des storylines de Gina sont d’ailleurs à noter comme exemples de Jumping the shark. Qu’elle soit lesbienne, pourquoi pas, c’est une bonne idée en soi, mais quel dommage de voir son ex tomber dans le double cliché de la lesbienne méchante et morte (sans vraiment qu’on ne comprenne pourquoi d’ailleurs). Gina ouvre aussi la saison 3 avec un mariage surprise, rencontrée moins d’un an après la mort de son ex donc, même si elle en était déjà séparée, c’est un deuil rapide. On n’en saura pas beaucoup plus sur cette femme, pourtant pris en otage par la suite… ce qui là encore est un bon gros requin.

Évidemment, Claire n’est pas morte et nombre de méchants se relèvent après avoir subi des blessures apparemment fatales (Luke notamment). Cela se vérifie aussi du côté de nos gentils préférés, Mike étant déjà un parfait exemple avant même d’être poignardé à trois ou quatre reprises par Mark. Cela se poursuit jusqu’à l’épisode final qui propose ce qui est peut-être le pire twist de la série : un tueur qui se relève après s’être pris une balle dans la tête et « tue » Ryan, qui bien sûr n’est pas mort. Ultime pied de nez des scénaristes, qui semblent ne plus avoir beaucoup d’envie de proposer une série logique et qui donnent l’impression qu’eux-mêmes ne savent pas s’ils voulaient vraiment d’un happy end pour leurs… followers.

Le spectateur-follower

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Un jeu évident

Comment parler de The Following sans évoquer le jeu le plus évident des scénaristes, à savoir créer une armée de followers sur Twitter ? Tout est mis en place pour que le spectateur soit accro à la série, on l’a vu, l’addiction est souhaitée. Pourtant, la sauce ne prend qu’en partie : plus les épisodes passent, moins elle est forte. D’où la lente déchéance évoquée en titre de cet article.

C’est que la série repose finalement toujours sur les mêmes enjeux, les mêmes ficelles, les mêmes schémas et tombe même dans le panneau des clichés. Par la notion de clichés, je pense surtout au couple Max/Mike, prévisible et insipide à souhait dès leur rencontre et auquel la saison 3 fait encore un peu plus de mal que de bien. Suivre des schémas simplistes n’est pas forcément mal, c’est parfois réussi, mais c’est dommage d’une série qui proposait un pilote original et plutôt subversif.

La fin ouverte de la série semble être un appel, un cri de ralliement pour les fans. Elle est tellement ouverte (à la va-vite) qu’elle donne l’impression que les scénaristes ont voulu tester l’influence de leur fanbase à l’ère des renouvellements sur Netflix et Hulu. Mauvais pari : la qualité d’écriture n’y est plus et personne ne peut en être totalement dupe. La série doit être consommée dans un bingewatching vraiment rapide pour que l’effet addictif prime sur la déception : plus on prend du recul sur la série, plus elle apparaît pleine de lacunes béantes. La fin ouverte, en revanche, est appréciable en elle-même. Elle permet d’imaginer un peu la suite que l’on veut et correspond mieux au personnage de Ryan, auquel une fin heureuse n’irait pas. L’imaginer protéger sa famille de loin en continuant de tuer tous les méchants ? Peut-être la meilleure proposition de la série depuis bien longtemps. Après tout, le meilleur épisode de la saison établit Ryan comme un nouveau Joe.

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Un jeu attendu

Finalement, plus les épisodes passent et plus l’on attend un jeu convenu (et donc décevant car le début était surprenant) de la part de la série. Les retournements de situation ne sont plus vraiment des surprises. Ceux qui le sont encore font sourire. Le cliffhanger de la saison 1, par exemple, est prévisible à souhait, prévisibilité révélée même dans la réplique finale de Molly : « You were always my chapter, Ryan, Joe promised me ». C’est d’ailleurs la dernière référence aux fameux chapitres prévus par Joe, qui ont rythmé la saison 1 avant de disparaître. Dommage, c’était un élément constitutif de la série qui avait le mérite de fonctionner et d’expliquer sans prise de tête les motivations des followers. Par la suite, les scénaristes ne s’embarrassent plus et ne cherchent plus vraiment de mobiles aux meurtres de leurs personnages.

Les scénaristes s’amusent à semer des indices sur le futur de la série, mais le font de manière grossière. La mort d’Emma est par exemple annoncée par Claire dès la saison 1 elle veut être celle qui tue cette ex-nourrice. L’épisode Silence est dépourvu de tout suspens à partir du moment où Emma raconte ce qu’elle pense de la mort : il est évident que c’est son dernier épisode, tant tous les signes sont réunis pour indiquer aux spectateurs qu’elle va être tuée.

Tout au long de la série, il y a d’ailleurs ces meurtres attendus et disons même destinés, des schémas de vengeance déjà évoqués plus haut. Jacob et Emma, d’abord. L’un devait mourir de la main de l’autre, et les deux le savaient très bien dès la mi-saison. Emma et Claire, Mike et Lily, Mike et Mark ensuite. Sur ce dernier duo, est-il utile de revenir sur l’évidence de leur intrigue, surtout en fin de saison 3 ? La scène de couple entre Max et Mike dans le parking sous-terrain en fin d’épisode ne pouvait mener qu’à ça, et le spectateur n’en attendait pas moins.

Dans cette idée d’un jeu attendu, il faut revenir aussi sur certaines intrigues laissées en suspens dans le dernier épisode qui en deviennent presque frustrantes. Pendant quinze épisodes, on s’attend à découvrir que Gwen est la grande méchante de la saison – avec des répliques malhabiles évidentes où le personnage cherche à faire avouer leurs mensonges aux gentils et à glaner des informations qu’elle n’a pas à avoir. Et pourtant, rien n’est révélé dans cette saison 3.

12

Un jeu de références

Pour s’assurer le suivi des spectateurs, les scénaristes s’amusent à glisser de nombreuses références à saisir. Rien de nouveau : c’est l’apanage de plus d’une série depuis Lost et (notamment) ses chiffres maudits présents un peu partout (et au-delà d’elle-même, avec leur reprise dans Once Upon a time).

Les références à Poe vont parcourir l’ensemble de la première saison, dans des dimensions en fait toujours très minimes. Pas besoin d’avoir lu les œuvres de l’écrivain pour comprendre la série, mais le prolongement proposé est tentant : l’idée est de pousser les spectateurs à lire pour prolonger le plaisir de la série. Les meurtres s’inspirent de l’œuvre de Poe et les scénaristes cherchent à faire croire que le jeu de Joe Carroll peut être décodé si l’on lit Poe.

Le problème, c’est que ce n’est pas le cas. Certes, on emmure une femme et on en enterre vivante une autre. Certes, les femmes ont beaucoup moins de chance de survivre dans cette série, comme dans un bon livre de Poe. Au-delà de ça, néanmoins, pas de décryptage mystique permis par l’œuvre de Poe.

Le jeu de références se perd dans la suite de la série. En saison 2, il devient références bibliques, parce que Joe Carroll a les initiales de Jésus-Christ et parce qu’on nous présente une secte qui se rallie au pouvoir de Joe car… Ah oui, car rien du tout, justement.

En saison 3, il est rapidement fait par le premier épisode, qui propose des auto-références. Là encore, il s’agit de surenchère de rythme, qui ne mène nulle part. D’ailleurs, aucune crédibilité non plus dans Mark mettant en scène les anciens meurtres marquants de la série… Il n’y a même pas assisté ! Le jeu de référence est ensuite totalement absent jusqu’à l’épisode 10. Les dernières paroles de Joe Carroll sont une référence directe au poème célèbre de Poe, The Raven. Dans cette scène d’exécution, on aperçoit ce qui aurait pu être une vraie force de la série : le charisme de Joe est transcendant dans ce dernier Nevermore.

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13

                En d’autres termes, The Following est l’histoire d’une déception. Les scénaristes surprennent dans le pilote en tordant le cou aux conventions, puis en proposant des personnages à la qualité d’écriture vraiment surprenantes (Claire en saison 1, Joey, Jacob, les jumeaux…). Malheureusement, le manque de crédibilité vient détruire cette réussite et certains personnages connaissent une évolution tout simplement catastrophiques. Claire est de ces personnages : une saison 1 parfaite, une saison 2 où elle n’est que l’ombre d’elle-même et où on est heureux de la voir partir…

Bref, The Following débute sur de bonnes bases et tombe petit à petit dans la médiocrité pour s’achever sans proposer de fin fermée, après une lente déchéance qui ne laissait que peu d’espoir de renouvellement… Dommage !

Cette série reste à conseiller pour ceux qui cherchent un peu d’adrénaline et d’addiction sans prise de tête, et c’est tout. Je n’en décrochais pas en la visionnant d’une traite, mais seuls les défauts en ressortent aujourd’hui avec le recul… Disons que ça se regarde et que c’est sympa, sans plus.