Ce que c’est qu’un travelling

Salut les sériephiles !

On se retrouve aujourd’hui avec un nouvel article explicatif des termes que j’emploie parfois à tort et à travers (et peut-être que vous aussi, allons savoir !). On passe de l’autre côté de la caméra cette fois avec un rappel de ce que c’est qu’un travelling.

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Alors c’est quoi exactement un travelling ? Il s’agit d’un déplacement de la caméra pendant que celle-ci filme, ce qui permet tout un tas d’effets techniques. En effet, ça peut permettre de suivre un personnage/objet pendant qu’il se déplace, zoomer sur un élément essentiel, reculer au contraire pour dévoiler des choses encore hors plan quelques secondes plus tôt, contourner un obstacle, tout ça, tout ça. Une infinité d’utilisations sont donc possible et je ne prétends pas vous en faire une liste complète.

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C’est quoi ce nom ? Je vous vois venir et me dire « Une fois de plus, t’as pris un truc anglais pour te la péter là », mais même pas ! Figurez-vous que le mot travelling est… français ! C’est un faux anglicisme, c’est-à-dire qu’en 1920, dans la critique cinéma, on fait semblant de parler anglais (travel = voyage) pour se la péter. Ce terme général n’est pas (ou très peu) utilisé en anglais, où l’on décompose ses différentes utilisations : caméra sur épaule, caméra sur chariot, caméra fixe mais zoom, etc. Tout ça à son propre nom. Pour une fois, on se simplifie la vie, donc. Incroyable.
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Quelle origine ? Le premier travelling remonte à 1896 et on le doit à un français, youpi. Alexandre Promio, un opérateur des frères Lumière, est célèbre pour avoir filmé Venise depuis une gondole. C’est la « vue panoramique Lumière ». À partir de là, on a eu un peu la porte ouverte à toutes les fenêtres : la gondole est devenu bateau, voiture, avion, train… Ce dernier a inspiré la technique des rails : on place la caméra sur un chariot qui traverse le plateau de tournage. Je suis sûr que vous en avez déjà vu des rails de travelling !
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Aujourd’hui ? Toutes les séries utilisent des travellings, mais certaines sont plus notables que d’autres. NCIS et Blindspot s’en amusent énormément par exemple : presque tous les plans sont en mouvement avec des zooms (pas si) légers et des mouvements de caméra destinés à… attirer le regard du téléspectateur sur l’écran (moi, ça me donne le mal de mer à force). Les feux de l’amour ne fait pas autre chose avec ses zooms interminables, d’ailleurs.

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Colony ou Agents of S.H.I.E.L.D en revanche vont plutôt les utiliser astucieusement pendant les scènes de combat ou fusillade, ce qu’on retrouve aussi pour les autres séries du Marvel Universe. Ces scènes sont impressionnantes parce que tournées en une prise continue alors qu’elles sont hyper techniques.

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Joss Whedon était connu pour son utilisation (parfois abusive) des travellings. La première scène post-générique du premier épisode de la saison 5 d’Angel est ainsi un plan en mouvement pendant cinq minutes non-stop, où l’ensemble des personnages principaux est réintroduit dans son environnement. La dernière scène de la série, comme pour Buffy, était d’ailleurs un travelling.

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Enfin, How I Met your mother les utilisait pour des longues séquences au montage élaboré, avec changement de décors.

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Bref, une infinité d’utilisation, vous voyez ! Autant retenir ce terme beaucoup trop pratique en critique 😉

Fais pas ci, fais pas ça : LA comédie française à (re)voir

Salut les sériephiles !

Je n’ai toujours pas percé le mystère du nombre de vues sur l’article de la saison 9 de Fais pas ci, fais pas ça ces dernières semaines*, mais ça a continué hier alors je me suis dit que c’était également l’occasion de revenir sur l’ensemble de la série, comme je n’en ai critiqué que les saisons 8 et 9.

Si vous ne connaissez pas la série, il faut savoir qu’elle raconte le quotidien de deux familles que tout oppose mais qui vivent à Sèvres et sont voisines. D’un côté, les Lepic, avec ses parents, Renaud et Fabienne conservateurs, de droite. Lui travaille pour les Robinet Binet et elle est mère au foyer. Ils ont quatre enfants : Christophe, qui s’apprête à passer le bac mais préfère dormir, Soline, plutôt brillante, Charlotte, très discrète, et le petit dernier, Lucas, tout juste à trois ans.

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De l’autre côté, les Bouley, une famille recomposée, plutôt à gauche et aux parents plutôt décomplexés. La famille se compose de Denis, toujours entre deux petits boulots, Valérie, qui assure les revenus de la famille en agence de pub, Tiphaine, la fille de Valérie elle aussi sur le point de passer le bac et enfin Eliott, le collégien futé et un peu trop mature pour son âge.

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Tout ce joyeux petit monde accepte, au moins en saison 1, de participer à un documentaire racontant leur quotidien.

Vous hurlez au plagiat de Modern Family ? Raté. C’est même plutôt l’inverse, Modern Family s’inspirant largement de la série française… mais sans en être officiellement une adaptation. Je n’ai jamais accroché à la version américaine, car je m’étais trop marré devant la production française et je suis content que la série abandonne le documentaire pour les autres saisons.

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C’est rare de pouvoir le dire d’une série française, mais FPCFPC vaut véritablement le coup d’œil. Son casting est excellent, à commencer par l’inimitable Valérie Bonneton qui vous fera à coup sûr hurler de rire avec ses répliques perchées et ses hurlements, qu’il s’agisse d’appeler ses enfants à table ou de hurler « pénétration » au milieu du salon…

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Si elle est un vrai atout comique, elle n’est pas la seule : les parents portent le gros du comique (les boulots et sorties improbable de Denis, les insultes de Valérie, le conservatisme de Renaud), mais la série n’a jamais de côté les intrigues personnelles des enfants.

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Abordant de front les différences d’éducation et de points de vue politiques, la série n’est pas qu’une simple comédie, puisqu’elle traite des sujets de société, pour refléter au mieux la France des années 2006 à 2017. Et même 2027, en fait.

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Ne nous mentons pas, si les premières années sont des pépites, les deux ou trois dernières saisons commençaient malheureusement à s’essouffler. Tout le monde s’en est rendu compte et les scénaristes ont offert une fin honnête qui ne manque pas d’émouvoir après avoir vu tout ce petit monde évoluer (et grandir pour les enfants), entouré de plus d’un personnage secondaire phénoménal.

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Si vous êtes passés à côté, il est encore temps de rattraper les 8 premières saisons disponibles sur Netflix. Incontournable feel good !

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Et pas d’excuse foireuse !

* Finalement, la série était tout simplement rediffusée sur France 4 les mardis.

La promo de The Punisher

Salut les sériephiles !

J’arrive à court d’idées pour l’instant pour ces 500 mots – ou plutôt, j’ai plein d’idées bonnes pour septembre, mais je galère un peu pour la semaine à venir.

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Du coup, je vous parle de l’excellent marketing autour de la prochaine série Netflix/Marvel qui sortira en… novembre : The Punisher.

The Defenders est déjà passée de mode, il fallait bien que Netflix trouve à nouveau de quoi nous matraquer pour s’assurer de récupérer de nouveaux abonnés, et c’est chose faite avec cette série qui reprend le destin de Frank Castle, déjà introduit dans la saison 2 de Daredevil.

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Bon, jusque-là, rien de nouveau vous me direz, surtout si vous avez déjà vu la bande-annonce post-générique de Defenders qui annonçait l’arrivée de cette nouvelle série en grande pompe :

Hier, Netflix a néanmoins estimé que novembre était suffisamment proche pour nous récompenser dans notre attente avec un marketing viral que j’ai adoré. C’est sur Twitter que tout s’est joué avec un premier tweet pour le moins cryptique : …– / .- —

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Cryptique ? Pas franchement, c’était simplement du morse. Il suffisait donc de s’armer de Google pour décoder ce tweet qui nous disait sobrement : « 3 AM ». Autrement dit : 3 heures du matin. Le fuseau horaire n’étant pas précisé, cela m’a d’abord fait penser qu’il y aurait une annonce nocturne quelconque du côté des USA.

Pourtant, rapidement, un second tweet est arrivé, puis un troisième, un quatrième, etc. et jusqu’à… treize. Netflix nous a simplement offert sur un plateau le titre des treize épisodes, sous la forme d’un jeu. Comme heureusement, ça ne spoile rien, je vous les propose ci-dessous avec traduction/explications.

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  1. 3 A.M
  2. Two Dead Men = Deux Hommes Morts… restera à savoir qui.
  3. Kandahar = une ville d’Afghanistan où le Punisher était soldat, ce qu’il a révélé à Matt en saison 2 de Daredevil.
  4. Resupply = Réapprovisionnement
  5. Gunner = Canonnier
  6. The Judas Goat = La chèvre de Judas (ça promet), une expression qui désigne une chèvre se mêlant à un troupeau d’autres animaux pour jouer le berger.
  7. Crosshairs = Viseur
  8. Cold Steel = Acier Froid
  9. Front Toward Enemy = Front vers l’ennemi
  10. Virtue of the Vicious = La vertu des vicieux
  11. Danger Close = Danger proche
  12. Home = Maison
  13. Memento Mori = une expression latine qui signifie « souviens-toi que tu vas mourir », souvent utilisée en art baroque lorsqu’un peintre représente un crâne ou une bougie, par exemple. Un titre qui ne dit rien qui vaille donc.

Je sais que ce n’est pas l’article du siècle, mais ça devrait tout de même faire monter l’excitation de découvrir enfin The Punisher. Si ce n’est pas le cas, je ne peux rien pour vous, à part vous laisser avec cette seconde bande-annonce nous annonçant un peu plus le casting (spoiler, donc)

Et ouais, il y aura bien Karen Page dans la série. Pas étonnant après la fin de Defenders… (spoiler) il faudra bien qu’elle se console ! Pas de date officielle non plus, mais ce sera bien en novembre et comme l’on voit un 7 dans la date floutée à la fin, je parie sur le vendredi 17 novembre. On en reparlera sur le blog en tout cas !

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Strike (S01)

Synopsis : Cormoran Strike, un ancien soldat devenu détective privé, embauche une jeune femme, Robin, comme réceptionniste temporaire. Ensemble, ils se retrouvent à enquêter sur la mort d’un top-modèle qui se serait suicidée… mais ce n’est pas l’avis de leur client, le frère de celle-ci.

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Pour commencer, j’attendais impatiemment de voir à l’écran ce que cette série donnerait, car j’ai dévoré le roman dont elle s’inspire. Si le casting n’est pas franchement à la hauteur des personnages tels que je les imagine, je n’en suis pas moins curieux de voir ce que donnera cette adaptation, après le fiasco de la dernière série inspirée d’un livre de Rowling.

Et oui, c’est bien JK Rowling qui est derrière le pseudonyme de Robert Galbraith, auteur du roman à l’origine de cette mini-série. Cette première saison se compose de trois épisodes, mais BBC One envisage apparemment de diffuser la saison 2 de quatre épisodes dans la foulée. Nous verrons bien ce que ça donne.

Sans plus de blabla, voici donc mon avis sur The Cuckoo’s Calling, version BBC.

Mon avis sans spoiler : N’ayant pas relu le livre depuis un moment, je ne savais plus bien à quoi m’attendre. Le premier épisode dure une heure, ce qui n’a rien de surprenant pour une série anglaise. Oui, il y a des lenteurs, mais elles participent d’une esthétique très réussie et qui envoie un paquet d’informations, l’air de rien.

De manière générale, la série va être tout à fait excellente, ce pilot introduisant à merveille les personnages et l’intrigue. Pour tous les lecteurs, il y aura peu de confusions : il y a quelques changements et ajouts pour expliciter à voix haute les descriptions qui nous fournissaient les pensées des personnages, mais on se retrouve autrement parfaitement dans l’ambiance que le roman fournissait. C’est une adaptation réussie, qui nous fait voyager à Londres et nous entraîne très bien dans son enquête.

Cela sera difficile de ne pas être fan si vous aimez le roman, car c’est bien mieux réussi que The Casual Vacancy. Pour ceux qui ne l’ont pas lu, il faudra tester pour se faire une idée, mais les fans de séries à enquête devraient y trouver leur compte, de même que ceux qui aiment les bonnes dynamiques à l’écran. Quant aux acteurs, ils sont excellents, alors pas de souci à se faire.

Note moyenne de la saison : 18/20

01.pngÉpisode 1 – 18/20
I’m your new temp, I’m here for the week…

Si Lula Landry l’a rien à voir avec ce que j’imaginais, je dois reconnaître le casting est excellent, car l’actrice est sacrément jolie et respire la beauté. L’ambiance musicale est géniale dès le début et nous plonge dans l’ambiance enneigée la plus parfaite pour cette saison. Je me souviens des descriptions du livre et c’est génial. Comme je sais bien ce qui est sur le point d’arriver, je suis triste d’avance de la mort de Lula et c’est très bien mis en scène.

Je ne m’attendais pas à un générique, mais il m’a surpris positivement, avec une musique sympathique. Très franchement, dès le début, je suis bien loin de la déception que je redoutais.

Le casting de Robin apparaît rapidement assez bon, avec une actrice aux mimiques plutôt sympathiques. L’ambiance londonienne est parfaite, mais le bureau loin de ce que j’en imaginais. C’est toujours étrange de voir adapté quelque chose qu’on a lu. Ainsi, la scène de la rencontre entre Strike et Robin est tout de même trop iconique pour être parfaite – mais elle est réussie malgré tout.

Autant je me suis très vite adapté à cette Robin, autant ce Cormoran Strike est tellement différent de ce que j’en imaginais que j’ai du mal. Pourtant, il correspond bien aux différentes descriptions du personnage, mais bon.

Si j’essaye de me détacher un peu du livre, ce qui n’est pas simple comme vous l’aurez compris à ce stade de la critique, je reconnais que cette introduction de série est quand même très réussie. Les quelques défauts que j’y trouve sont purement ceux d’un lecteur frustré, mais l’ambiance et le mystère sont bons, les personnages ont une bonne dynamique dès le début (et ça fait shipper beaucoup plus que lors de ma lecture) et la BBC n’hésite pas à nous mettre en valeur des lieux pas si iconiques de Londres.

L’enquête avance plutôt bien dans cet épisode, respectant je pense les étapes du roman que je n’ai plus lu depuis un moment. Il est assez fascinant de voir Robin et Cormoran se plonger dans la vie de Lula, de son ex-copain, de Rochelle… Tout est fluide dans la construction de l’investigation.

Outre l’enquête, il est aussi question de deviner les vies personnelles des personnages : Strike dort dans son bureau, après une dispute avec une femme, clairement, dont le nom, Charlotte, est révélé par un coup de téléphone. Sa jambe en moins est plutôt bien gérée par effets spéciaux, doublures et jeux d’acteur.

Robin vit avec son fiancé, qui a le look et l’attitude du plus parfait des connards. Comme trop souvent à la télé, c’est cette partie qui m’intéresse le plus dans l’adaptation. Je connais déjà l’enquête, alors je suis là pour les personnages et leur accent à couper au couteau.

La dynamique entre les personnages est excellente, surtout le duo d’acteurs principaux qui par quelques jeux de regards et de sourires parvient à transmettre exactement ce qu’il faut.

Bon, si vous m’avez lu jusqu’ici, vous l’aurez déjà compris, je suis super fan de ce qu’ils ont fait de ce roman à la télévision. L’ambiance y est telle que je l’imaginais, vraiment aidée par une musique excellente et par la capitale anglaise. Les acteurs sont bons dans leurs rôles, ce premier épisode est totalement réussi. Il couvre déjà plus d’une semaine et voit Robin négocier son retour. Bon, son envie de rester est moins flagrante que dans le roman… Clairement, si vous aimez la série, n’hésitez pas à aller consulter le roman, il est génial et complétera très bien le visionnage, sans rien pourrir non plus de la série. Perso, je sais que j’ai déjà envie de retourner le feuilleter après ce premier épisode. Le cliffhanger est bon et voir Cormoran tenter de sauver la vie de Rochelle après une tentative de suicide.

Je serai de retour rapidement avec ma critique du deuxième épisode, diffusé dès ce soir sur BBC One.

Capture d'écran 2017-08-29 12.41.12Épisode 2 – 18/20
Listen, I want him out, get him out, he’s harrassing me.

C’est reparti pour 57 minutes en compagnie de Strike et Robin. Cela me va très bien, même si je trouve dommage que les trois épisodes ne soient pas diffusés cette semaine : la dernière partie de l’enquête sera en effet pour la semaine prochaine.

Rochelle est bien morte et l’enquête reprend, laissant à peine le temps à Robin de sympathiser avec Cormoran. Ce dernier part interroger Guy Somé, à l’accent français plus cliché que jamais, et tombe sur Ciara, une modèle qui le drague de manière pour le moins évidente. Tout est fluide et il n’est pas surprenant de la voir le ramener chez lui après une soirée arrosée en boîte. Ils finissent même par coucher ensemble, ce qui ne peut qu’aider l’intrigue bien sûr.

Le lendemain, Guy Somé finit par venir répondre aux questions du détective. Je ne suis pas convaincu par le choix de casting pour celui-ci, une fois de plus bien loin de ce que j’imaginais. C’est le problème des adaptations, j’imagine. Ce n’est pas comme si Robin avait une queue de cheval ou que Strike était aussi moche que prévu (loin de là, même).

Cormoran suit également la piste des voisins de Lula au deuxième étage. Là pour le coup, je trouve le casting vraiment impeccable. Oui, ma critique se résume à dire ce que je pense de chaque acteur, je sais, mais comme je connais l’histoire, j’ai peur de spoiler les épisodes à venir si j’en dis trop. Et puis, c’est inévitable avec une adaptation d’en passer par là. Je sais déjà que l’histoire m’intéresse. Cependant, si je suis honnête, je n’aurais probablement pas regardé la série du même œil sans ma lecture préalable. Et oui, une série policière, j’aurais même probablement passé mon chemin, alors qu’en roman, ça passe mieux. C’est comme ça, que voulez-vous, vous connaissez mon avis sur le genre du procédural après tout. N’empêche que dans cet épisode, Cormoran arrive à la conclusion que Lula ne s’est pas suicidée.

Tant que je suis à donner mon avis sur le casting, celui de Wardle, le policier, est terriblement réussi alors qu’il a un profil différent de celui que j’imaginais. Disons qu’on dirait ici une version jeune de Strike et c’est une bonne chose.

Du côté personnel, qui est celui que j’ai le plus envie de voir et résumer, il faut bien l’avouer ; Robin rencontre la sœur de Cormoran, encore plus insupportable que je ne l’imaginais grâce à une voix perchée tout bonnement irritante. C’est un sacré bon casting. Elle enchaîne les bourdes, ruinant le dur travail de Robin en l’affichant comme une balance puis en essayant de convaincre Cormoran que c’est une bonne chose que Charlotte soit partie… alors que c’est lui qui l’a largué. J’aime beaucoup la manière subtile avec laquelle nous glanons quelques informations sur les personnages. C’est déjà ce que j’appréciais énormément dans le livre, ça ne change pas.

Concernant Charlotte d’ailleurs, elle appelle Strike pour lui laisser un ultimatum, car elle veut le récupérer… C’est du moins ce qu’on nous laisse penser, mais il y a plus d’intrigues à venir : elle appelle ensuite le bureau de Strike pour annoncer son mariage à venir.

Nous voyons Robin passer un entretien d’embauche et évoquer l’arrêt de ses études. Oh, n’espérez pas avoir la réponse tout de suite, mais je trouve que l’on voit bien que l’actrice est au courant du pourquoi, et c’est une bonne chose. C’est le genre de scène qui aurait pu être ratée si elle n’était pas  au courant, alors que là, on ressent la douleur de l’échec sur son visage. Oui, je vous tease… allez donc lire les romans 😉

Bien sûr, Matthew (son fiancé, dont le prénom n’est peut-être pas donné dans la série) n’est pas ravi de découvrir qu’elle ne souhaite pas prendre le travail dans la grosse boîte. Il faut dire que Robin est attirée par le boulot de détective privé. Je trouve ça moins évident qu’à la lecture, malgré le bon jeu d’actrice. Difficile de lire les pensées d’un personnage quand on ne les a pas sur papier, j’imagine. En revanche, sa gêne mêlée de curiosité chaque fois qu’elle découvre un pan de la vie de son boss est génial, que ce soit sa rencontre avec Lucy (la sœur) ou le coup de fil de Charlotte.

Ayant appris le mariage à venir de Charlotte, Cormoran se rend dans un pub pour se bourrer la gueule et Robin passe un certain temps à le chercher dans les rues londoniennes. L’ambiance de la capitale anglaise la nuit est en train de me manquer comme jamais, cette série me donne juste envie d’y retourner. Robin s’occupe donc de ramener son soulard de boss chez lui et c’est franchement très mignon cette amitié entre eux… qui n’est clairement pas que ça, du coup.

Du côté de la réalisation, les transitions sont un peu longuettes, ce qui justifie la longueur de l’épisode, mais je continue de beaucoup les aimer grâce au travail effectué sur la bande son. Cela permet d’accrocher à l’ambiance volontairement créée et évite de supprimer les longs passages descriptifs du roman. D’ailleurs, le travail effectué sur les transitions n’est pas sans rappeler celui des filatures en milieu d’épisode et il aura rarement été aussi passionnant de voir quelqu’un marcher dans les rues de Londres.

Contrairement à l’épisode 1 qui nous vendait un immeuble tout à fait horrible, je trouve que le voisinage de Strike est trop laissé de côté. C’était un ajout de la série qui lui donnait un peu de personnalité, mais c’est finalement totalement laissé de côté. Bon, ce n’est pas forcément une grosse perte, mais c’est étrange. En tout cas, le respect de l’œuvre est total, c’est génial.

Le cliffhanger nous révèle que Cormoran a enfin compris qui était le tueur grâce à une vidéo de surveillance… mais alors qui est-il ? Et bien, pour le savoir, il faudra revenir dimanche prochain pour le dernier épisode, ou lire le roman, ou juste se concentrer sur les mains de la silhouette prise en vidéo-surveillance…

03.pngÉpisode 3 – 18/20
He knows you killed Lula.

C’est parti pour la conclusion de cette première enquête – et de la saison, en théorie, mais finalement, The Silkworm fera partie de cette saison 1.

L’épisode commence par un flashback sur la vie de Strike à l’armée et la manière dont il a perdu sa jambe. C’était sympathique comme flashback par rapport au récit du roman et c’est bien introduit par le cauchemar. Oui, c’est plus fort que moi, je compare au roman, mais vous le savez déjà maintenant et vous auriez arrêté votre lecture il y a trois épisodes si ça vous dérangeait… pas vrai ?

De son côté, Robin poursuit son enquête sans lui, car Strike est trop occupé à se réveiller et faire de la pub pour Coca-Cola. Quand il débarque dans le magasin où Robin tire les vers du nez d’une vendeuse, il est pris de court par sa débrouillardise autant que par sa beauté (la robe verte lui va vraiment bien, je dois dire). L’enquête met tellement Robin en valeur qu’on peut comprendre que Cormoran craque pour elle.

Maintenant que Cormoran a son suspect principal, il faut encore trouver des indices et des explications, et j’ai aimé leur reconstitution rapide de la scène de crime. Les acteurs s’en sortent bien à jouer les états d’âme et pensées des personnages, même sans explicitation de tout comme dans le livre. Le travail d’adaptation continue donc d’être remarquable, et l’histoire me plaît toujours autant. Finalement, la mort de Lula Landry n’a à voir qu’avec ses origines familiales qu’elle voulait retrouver. C’est parfait comme intrigue, ça m’avait beaucoup plu dans le roman et son frère est aussi cool dans la série que sur papier, peut-être même plus.

L’enquête est rondement mené et j’ai aimé les quelques ajouts proposés par l’adaptation, notamment ce moment de méditation de la part de Strike cherchant à se souvenir de tous les éléments de l’enquête.

Du côté de la vie personnelle de chacun, Strike est donc légèrement hanté par son passé et vit toujours au bureau.

Le plus intéressant, c’est encore Robin, bien sûr. C’est un personnage que j’adore et le choix de l’actrice m’aide encore plus à accrocher. Dans ce dernier épisode, elle décide de ne pas accepter le job pour lequel elle avait postulé et cela provoque quelques problèmes avec Matthew, son fiancé. C’est une bonne introduction des personnages, je trouve. Bien sûr ce choix de Robin est totalement inconsidéré, car Strike n’a pas les moyens financiers de la garder. Elle décide donc de finir sa journée en se bourrant dans un bar, apprenant vite de son patron clairement.

Tout ceci mène à la fin de l’enquête et la révélation du tueur, avec des explications proposées par Strike qui a tous les éléments en main. C’est excellent de voir toutes les pièces mises en place avec des flashblacks pour tout rendre encore plus explicite au téléspectateur peu attentif à tous les éléments. Il faut dire ce qui est, le puzzle est plus dur à reconstituer devant la télé que devant un livre, mais il n’empêche que la scène de révélations, aussi bavarde soit-elle, est brillante.

La scène d’action est plutôt réussie elle aussi, retransmettant bien le chaos et l’obscurité décrite dans le roman. C’était la scène que je craignais le plus je dois dire, mais elle est comme tout le reste gérée à merveille.

Malgré tout, cet épisode ne décolle pas plus que les autres du côté de la note : il faut bien reconnaître ce qui est, si le rythme est bon en roman, il est un peu lent pour la télévision. Ce ne serait pas pour une histoire que j’adorais avant et des personnages très réussi, il y a longtemps que j’aurais zappé. La série bénéficie donc d’un gros bonus de points dû à son origine et d’une bienveillance évidente de ma part.

Sans l’avoir lue, je pense que cette histoire adaptée à la télévision aurait eu du mal à me captiver autant qu’elle a réussi à le faire ici. Les explications vont un peu vite à l’écran là où elles m’avaient parues trop longue à l’écrit, comme quoi. D’ailleurs, du côté des explications, c’est donc le frère de Lula et client de Strike qui a tué sa sœur, espérant faire accuser le frère biologique de celle-ci. Le but ? S’assurer d’obtenir toute la fortune de sa mère et de Lula.

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EN BREF – Le choix des décors est excellent, le casting s’en tire à merveille (malgré des visages ne correspondant pas à 100% aux descriptions) et cette adaptation est un vrai plaisir à regarder. Merci à la BBC d’avoir prouvé que c’était possible et de m’avoir rendu accro à ces quelques notes de musique : je ne pourrais plus lire le livre sans les avoir en tête je pense. C’est elle qui a réussi à me faire passer toutes les longueurs, car il y en a malheureusement. On ne peut pas attendre d’un livre qu’il corresponde au code télévisuel, et ça se sent tout au long de l’adaptation respectant à la lettre le roman.

Je suis vraiment curieux de voir le résultat la semaine prochaine : je me souviens moins de The Silkworm, mais je sais que chacun des livres de Robert Galbraith a sa propre ambiance. Je me demande donc en toute logique s’il en sera de même avec cette version télévisée.

Et dans tout ça, il faudra que je trouve le temps et les finances de me refaire un détour à Londres un jour, car ça m’a donné envie d’y retourner. C’est une ville que j’adore, de toute façon.

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