Reconfinés (sort of)

Salut les sériephiles,

Nous avons un problème ce soir, je n’ai clairement pas du tout le temps de vous proposer l’article que j’avais envisagé. On va se passer d’un article du jour comme on se passe de critiques séries ces derniers jours, et je vais faire la promesse d’essayer de me rattraper demain. Comme il y a le mot « essayer », je ne m’aventure pas à prendre le moindre risque.

I See What You Did There GIFs | Tenor

Pour ma défense, nous sommes donc « reconfinés », mais à l’extérieur, avec des attestations qu’il ne faut finalement pas utiliser et des règles simples qui sont complexifiées autant que possible à chaque fois qu’on pense les comprendre. J’ai l’impression d’être piégé dans une spirale administrative cette semaine, parce que j’ai aussi passé énormément de temps sur mes possibilités de mutations aux règles inutilement complexes pour un truc qui, de toute manière, ne m’apportera pas ce que je veux.

Comme bien souvent dans ces cas-là, j’ai mis de côté les séries, parce que le boulot et l’administratif m’occupaient pas mal. Le côté reconfinement apporte quelques changements aussi, même si dans l’ensemble, ma vie reste à peu près la même, avec la liberté d’une heure de plus le soir avant le couvre-feu. Et ça, franchement, c’est odieux : j’ai envie de leur dire merci… alors que c’est parfaitement normal ? angel smile time gif | Tell-Tale TVC’était inhumain 18h (particulièrement sur le mode de vie parisien ; je n’ai pas l’impression que j’avais la même vie quand j’étais à Bordeaux, mais bon).

Bref, avec tout ça qui s’accumule presque plus vite que les cas contact et positifs autour de moi, ça m’a fait du bien de me replonger plutôt dans Angel ce week-end. Oui, oui, malgré les remous récents du Whedongate, je n’oublie pas que ces séries-là sont de vrais doudous toujours efficaces, et bon dieu, qu’est-ce qu’Amy Acker est une actrice d’exception. Bien sûr, je dis ça en grande partie parce que je me suis replongé sur le dernier arc de la série, commençant par… A Hole in the World. Meilleurs GIFs Illyria | GfycatCela me semblait assez adapté à la période, non ?

C’est très étrange en tout cas d’arriver à la fin de la série comme ça, surtout que ça marque la fin du premier visionnage d’une amie qui a commencé Buffy après tout le monde il y a quelques années déjà. J’ai eu maintes fois l’occasion d’en parler dans ces articles 500 mots, et ce, dès le départ ou presque de cette catégorie, avec un article le 5 août 2017.

Voir aussi : Mes premiers souvenirs de Buffy

Buffy contre les vampires : top 10 des meilleures punchlines de Buffy SummersEn revanche, finir, c’est bien, mais derrière, ça laisse un tel sentiment de « OK, et après ? » que je me suis replongé en fin d’après-midi dans le tri et la lecture de mes comics du Buffyverse… C’est assez triste : il y a des morceaux complets des saisons 11 et 12 qui ne sont pas triés ; et tout le reboot qui est laissé à l’abandon dans mon archivage. J’ai beaucoup trop de boulot de ce côté-là, il faudra que je m’y consacre cet été apparemment.

En attendant, j’ai donc des séries à voir demain, et un article sur les tomes 16 à 18 de The Promised Neverland que je décale depuis plusieurs jours. J’ai lu tout ça il y a une bonne semaine désormais, ce n’est plus tout frais dans ma tête… Mais ça arrivera, promis.Olivia pope red wine GIF on GIFER - by Sagar Seulement là, il était 23h38 quand j’ai commencé l’écriture de cet article, parce que qui dit reconfinement dit apéro en visio, non ?

Le vin rouge de Bordeaux, c’est quand même vachement bon. Sur ce, la soirée continue avec un autre coup de fil, alors bonne nuit !

Faith a fait Boom (Studios)

Salut les sériephiles,

Il faut vraiment que je me fasse une raison : quand je rentre chez moi vers 18h après une journée de boulot, c’est trop serré pour que je prenne le temps d’avoir une vie perso apparemment – ou en tout cas, une vie sur le blog. Pas de critique d’épisode ce soir, donc, et j’espère avoir le temps de me rattraper à un moment dans le week-end, mais ce n’est pas gagné du tout avec tout un bingo à pondre à l’arrache samedi. Personne n’a gagné après tout.

Faith (comic) | Buffyverse Wiki | FandomBon, cette intro traine en longueur et en blabla, ce n’est toutefois pas le but de l’article. Non, je suis ici pour vous parler de Faith Lehane, ce personnage que j’adore et qui est à son tour rebooté par Boom Studios, comme tout le reste de la franchise Buffy. Forcément.

Quand j’ai découvert totalement par hasard la sortie de ce comic, j’étais hyper motivé parce que j’adorais l’idée de retrouver Faith dans ses propres aventures. La chute n’en fut que plus dure : apparemment, il s’agit simplement d’un one-shot. La vie est injuste. C’était honnêtement un très bon début de série pourtant, mais comme d’habitude, la chronologie de ce reboot est insupportable.

En effet, le comic débute avant que Faith n’arrive à Sunnydale, alors qu’on l’a déjà vue arriver à Sunnydale et se termine justement quand elle y va, tout en nous révélant au passage un morceau du voyage de Wesley dont on ne savait encore rien (alors qu’on l’a vu partir et arriver à destination) et en se terminant par une « révélation »… qui n’a finalement aucun impact sur le numéro 23 de Buffy, sorti hier. Vraiment, je suis paumé dans ces comics !

Voir aussi les critiques des autres numéros : #1 #2 #3 #4 | #5 #6-8 | #9-12 | #13-17 | #18-22

Boom! Studios Review: Faith #1 - DC Comics NewsBon, en ce qui concerne Faith, c’est un comic vraiment chouette qui propose de s’intéresser de plus près à une grosse part d’ombre de la série d’origine : le Conseil et la formation des potentielles. Oh, on a eu la saison 7 de la série, c’est sûr, mais on a bien compris qu’il s’agissait là de mesures exceptionnelles. Comment ça se passe autrement ? Eh bien, un observateur est chargé d’entraîner une Tueuse tout simplement.

Avec Faith, ce n’est pas si simple cependant, puisque dans ce reboot, l’idée est de faire de Faith le sujet d’une expérience du Conseil. J’imagine qu’à terme, ça justifiera probablement un moment où elle partira en vrille ? En attendant, ça fait un très bon comic où Faith se voit constamment oublier la mémoire et kiffe sa vie au cinéma. Les cinémas me manquent. Une chronologie claire pour ces comics également. On fait avec.

Ce numéro était plein d’humour, finissait bien avec l’introduction d’un méchant attendu et fonctionne comme one-shot (mais il pourrait tout de même se prolonger pour quelques numéros, c’est dommage). S’il arrive après coup, il permet de comprendre un peu mieux certains des comportements de Faith dans les comics Boom Studios, donc c’est plutôt une bonne chose. Les dessins y sont aussi mieux réussis, je trouve, même s’il y a de l’abus sur les cases faisant une page entière.

L’histoire m’a plu, les dessins aussi, notamment le côté noir et blanc de certains passages… On croirait vraiment que je vais enfin raccrocher à ce reboot… Oui, mais non : je l’ai lu après le numéro de Buffy, et je ne vois pas pourquoi ils ont vendu ça comme un très bon point d’entrée dans le reboot pour ceux qui ont raté le coche, parce que si on lit le 23 après avoir lu ça, je pense qu’on ne comprend rien. Il faut revenir au numéro 21 quand Faith est arrivée.

BUFFY THE VAMPIRE SLAYER #23 - BOOM! Studios - Come Innovate With Us.Tant que je suis à parler de tout ça, je vais en profiter pour déjà faire un point sur Buffy d’ailleurs : ça part en cacahuète totale et je ne suis plus trop tout ce qu’il se passe. La fanfiction qu’est ce reboot semble vouloir mélanger absolument tous les éléments de la série d’origine. Elle nous fait donc un melting pot d’intrigues et méchants, tout en proposant ses propres idées. J’aurais préféré qu’on se concentre sur cette Tueuse du passé, d’ailleurs, au moins, ça ne ruine pas de bons moments de la série.

À la place, elle est rapidement reléguée au second plan alors qu’on ne sait toujours rien du plan d’Anya et que Willow devient Dark Willow à cause d’Anya. Dans quel but ? Ca reste confus, je trouve, comme certains dessins parfois. En tout cas, nous voilà donc avec Willow et Xander en grands méchants plus méchants qu’Anya et le Maire ? Ca va partir en vrille cet univers.

J’aime bien, en revanche, ce qu’ils font du personnage de Kendra qui commence à avoir vraiment plus de matière que dans la série d’origine : le coup des trois Tueuses, ça me plaît bien, même si c’est une hérésie. On n’est plus à ça près… Sinon, j’ai vu passer dans les résumés de ce comic le mot « multivers ». J’imagine donc qu’on se dirige vers ce qui a été la fin d’Angel et Spike, mais je suis curieux de trouver quelqu’un fichu de me dire le rapport entre ce numéro 23 et l’introduction d’un multivers. Nous n’y sommes pas encore…

Pendant ce temps, dans le reboot comics du Buffyverse

Salut les sériephiles,

Cette fois-ci, je vous retrouve bien pour parler de Buffy, parce que je n’ai pas trouvé meilleur sujet pour mon anniversaire que d’en revenir encore et toujours à cette série que j’adore. J’ai évacué le problème insurmontable du Whedongate la semaine dernière, et je continue de suivre tout ce qu’il se passe, mais je veux évoquer aujourd’hui avec vous le reboot des comics. En effet, je fais fréquemment des articles dessus, et pas de raison que ça change !

Cette fois-ci, je vais commencer par exprimer mon énorme déception sur la fin d’Angel & Spike. J’étais vraiment content de voir enfin les deux personnages être associés dans leur propre mini-série… mais ça n’aura jamais vraiment porté ses fruits. Nous avons eu peu de scènes avec eux et la série s’est fait annuler sans préavis en plein milieu d’une intrigue. Enfin, les scénaristes arrivaient à la fin d’un arc, quoi.

Voir aussi les critiques des autres numéros : #00-01 | #02-#05 | #06-08 | #09-14

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Est-ce que c’est une grande perte pour le monde ? Non, clairement pas. Les numéros 15 et 16 étaient un véritable calvaire, pour plusieurs raisons. Les dessins n’étaient pas du tout – mais alors pas du tout – à mon goût : les personnages y apparaissaient difformes sur certaines cases (regardez comme Spike prend cher !), c’était par moment illisible. Je veux dire, j’ai confondu Oz et Angel sur une case, et j’ai changé trois fois d’avis sur l’identité du personnage qui parlait, du coup. C’est tout de même gênant quand dans une BD on n’arrive plus à suivre l’histoire à cause des images, non ? Elles sont là pour aider.

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Au-delà de ça, l’intrigue elle-même est hyper confuse, avec Baphomet qui se fait finalement maîtriser par Fred juste parce qu’elle voit Angel ? Et la toute fin ? Les personnages sont en pleine bataille à Wolfram & Hart (pourquoi pas ?) et se retrouvent transportés à l’Hyperion qu’ils ne connaissent pas. La dernière cas nous introduit le multivers, juste comme ça, pour le fun, avec un ventre à bière pour Spike et un cliffhanger absolument pas inspiré par rapport aux Marvel ou à DC. Puis… Spike et Angel ont des versions plus vieilles ? Ce sont des vampires, allô ?

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Il était temps que ça se termine pour cette aventure, et si c’est un regret de devoir dire au revoir à des personnages que j’aime et de se dire que Baphomet restera un mystère complet, c’est finalement un mal pour un bien.

Je suis même prêt à ce qu’on en fasse autant avec le reboot de Buffy d’ailleurs, et pourtant, ça me coûte de le dire… La série-mère se porte toutefois mieux, je vous rassure !

Voir aussi les critiques des autres numéros : #1 #2 #3 #4 | #5 #6-8 | #9-12 |#13-17 | #18-22 | #23

Cette fois-ci les comics 18 à 22 nous introduisent Faith, ce qui leur permet de proposer un trio de Tueuses jamais vu à l’écran : Buffy, Kendra et Faith. Cela apporte de bonnes dynamiques d’ensemble dès l’arrivée de Faith, qui amène avec elle Wesley. J’ai aimé la dispute de tout le Scooby-gang (ou plutôt ce qu’il en reste) à cause de l’attitude secrète de Willow, j’ai aimé voir Buffy ne pas se sentir à la hauteur et, il faut le souligner, j’aime de plus en plus le personnage du jeune Wood. Il fait un bon observateur, et c’est une bonne idée de nous le coller avec Giles et Wesley.

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Oh, bien sûr, je me sentirais mieux si la série était rebootée pour de bon, avec de nouveaux personnages – ou juste si on avait une suite des années plus tard, juste dans le même univers et sans forcément avoir Buffy – mais la réécriture apporte de bonnes choses pour lui. C’est bien le seul… Cordelia est à nouveau portée disparue sans que personne ne s’en soucie, Anya passe totalement du côté obscur et Xander… ben, c’est un vampire, quoi. J’aime toutefois l’intrigue en cours autour de Willow dans le plan astral, surtout qu’elle va inévitablement croiser une Tueuse qu’Anya manipule et qui compte se retourner contre les Observateurs.

Quant aux dessins… heureusement que les couvertures sont là pour être souvent magnifiques. Résultat de recherche d'images pour "buffy boom 19 faith"Si on n’est pas au point d’Angel où je ne reconnaissais pas les personnages, ce n’est tout de même pas bien glorieux : vraiment, ils ne savent pas dessiner Eliza Dushku, c’en est gênant. Le numéro 22 est d’autant plus gênant que tous les personnages féminins y sont hyper-sexualisées avec des tailles fines improbables et des tenues qui m’ont fait lever les yeux au ciel. En plein Whedongate, ça passe encore plus mal, il faut bien se le dire…

Avec cette intrigue, j’ai l’impression que les comics retrouvent quelque chose d’intéressant – comme avec Alex en vampire. Reste le problème que pour l’instant, ils n’arrivent jamais à développer les personnages et les histoires de manière cohérente et surtout de manière suffisante/satisfaisante sur plusieurs numéros. Ainsi, les voyages astraux de Willow commencent à traîner en longueur sans qu’on ne sache trop d’où ça sorte. Certes, ça a libéré Jenny, mais ça, ça a vite été expédié et le départ du personnage était frustrant. Bref, on verra bien où mènera la suite… Avec un spin-off sur Faith prévu mercredi prochain !

Le Whedongate, 2021

Salut les sériephiles,

Je sais. Je sais qu’il y a deux jours à peine, j’ai tweeté pour dire que j’avais fait le tour de ce que j’avais à dire sur Joss Whedon il y a trois ans déjà. L’article, simplement nommé Whedongate est toujours en ligne. Qu’est-ce qui a changé depuis son écriture alors ? Ben, déjà, je devais encore parler aujourd’hui des comics Buffy, et je ne me voyais pas le faire sans parler de ce qu’il s’est passé avant avec les déclarations de Charisma Carpenter. Je me suis alors retrouvé à écrire cet interminable article et, après réflexion, je le publie, tel quel, à chaud et sans relecture, sans mise en page particulière, sans gif. Le sujet est sérieux, après tout.

Voir aussi : Le Whedongate, 2017

Par où commencer ? Déjà, Charisma Carpenter a éclairci beaucoup les choses concernant sa grossesse. Très sincèrement, n’importe qui ayant vu la saison 4 d’Angel sait parfaitement qu’il y a eu un problème durant le tournage la concernant. Sa grossesse est maltraitée scénaristiquement du début à la fin, et le personnage est sacrifié et jeté à la poubelle après quasiment sept années d’évolution vraiment géniales. Tout ça, c’est encore sans compter la carrière de l’actrice qui a eu du mal à s’en remettre après.

Le point de vue de Charisma Carpenter ne fait que confirmer les nombreuses théories et rumeurs, tout en y ajoutant quelques éléments qui restent de l’ordre du point de vue : elle affirme ainsi que Joss Whedon a ignoré les appels de son agent lorsque celui-ci voulait prévenir de la grossesse de l’actrice ; et je suis sûr que Joss Whedon dirait probablement autre chose, mais à ce stade… Je m’en fiche pas mal.

De toute manière, je vois mal comment il pourrait s’en défendre autrement que « parole contre parole », et clairement, ce n’est pas celle de Joss Whedon en laquelle je crois le plus : il a refusé de simplifier le tournage pour l’actrice, au point de la faire venir tourner de nuit – alors certes c’est une série de vampires et il se passe plein de choses la nuit, mais beaucoup de scènes se déroulaient à l’intérieur tout de même ; et certaines scènes extérieures sont bien inutiles dans cette saison (ou auraient pu être tournées différemment).

D’après elle, Charisma Carpenter a donc vécu une grossesse difficile, y compris d’un point de vue médical, avec beaucoup de stress, un symptôme physique dont elle souffre encore et de multiples moqueries et remarques sarcastiques de Whedon, notamment sur ses croyances religieuses. Bon. On parle de Joss Whedon : ça ne fait absolument aucun doute, évidemment que ce qu’elle dit est vraie. Il suffit d’écouter quelques interviews du producteur – ou les commentaires audio des épisodes – pour savoir que c’est vrai qu’il a un humour grinçant (faisant aussi le succès de ses séries, c’est ça le pire), et pour l’imaginer assez facilement.

Je l’avais déjà dit la dernière fois : je n’ai jamais vraiment aimé ce que je voyais de Whedon en tant que personne. Il a l’air d’être un type triste, frustré, offensif avec les mots, qui veut tout contrôler et qui fait de l’humour avec tout, sans réfléchir vraiment aux personnes à qui il s’adresse. Eh, moi aussi je fais de l’humour avec tout… mais j’ai vite appris qu’on ne pouvait pas faire ça avec tout le monde non plus. Et clairement, tu ne peux pas te le permettre avec des gens qui bossent pour toi, purée.

Voir aussi : Comment Buffy a façonné mon blog (et ma vie) ?

Sa réputation a toujours été la même : il a une vision artistique sacralisée (par ses fans, certes, son équipe, aussi, mais surtout par lui-même) et une certitude qu’il fait qu’il refuse la critique ; voulant que le script soit réalisé à la virgule près. Souvenons-nous qu’Halle Berry et lui se détestent à cause d’une simple réplique qu’elle n’aimait pas et qu’il n’a jamais voulu changer, menant à la blague la plus désastreuse de X-Men parce qu’elle ne l’a pas dit sur le bon ton (et on connaît assez le ton whedonien pour voir ce que ça aurait dû donner cette blague du crapaud qui dit aïe comme tout le monde)…

Ce qui se passe aujourd’hui, c’est qu’on est en 2021 et que cette attitude qui pouvait passer en 2000 ne trompe plus : son autoritarisme en fait une mauvaise caricature de dictateur ridicule, et le féminisme de ses œuvres est en train d’être sacrément taché par ce qu’il est, un homme blanc hétéro pas si ouvert d’esprit que ça. En même temps, là encore, difficile d’y trouver une surprise quand on connaît le traitement des personnages de couleur dans ses séries (ils sont vraiment peu nombreux, et à part Gina Torres, ou à la rigueur J. August Richards, faut voir comment ils finissent en général…).

Le vrai problème qui me fait écrire cet article n’est cependant toujours pas là : tout ça, je l’ai déjà évoqué sur le blog, il n’y a pas de changement. Ce qui me pose problème, c’est la déclaration de Michelle Trachtenberg (Dawn dans Buffy) qui a suivi… Que tout le casting parle d’une mauvaise ambiance sur le plateau de tournage, ce n’est pas trop nouveau – on sait déjà que Sarah Michelle Gellar s’isolait souvent (et on comprend mieux pourquoi maintenant ?) et que Whedon avait ses favoris (toujours tristement silencieux dans l’affaire pour la plupart, alors que je les adore, à commencer par Alexis Denisof et Amy Acker). Qu’elle aille dire qu’il y avait une règle interdisant Joss Whedon de se retrouver seul avec elle – une adolescente ! – dans une pièce ? Ça craint.

Voir aussi, entre autres sur l’ambiance de tournage : Ma 1e convention, Buffy Once More With Feeling 3

On ne saura probablement pas ce qu’il en est, et on n’a pas vraiment besoin de savoir non plus, mais ça dépasse le cadre de la mauvaise ambiance, de toute évidence. On a souvent mis sur le dos de Sarah Michelle Gellar la fin de Buffy, mais peut-être qu’elle en avait marre aussi – elle savait de toute évidence ce qu’il s’est passé, quand d’autres nient être au courant, comme Anthony Head, que j’ai envie de croire, parce que je vois mal un type comme Joss Whedon oser faire quoique ce soit devant lui. C’est dire comme je vois Joss Whedon.

Il est assez connu parmi les fans, de plus, que Sarah Michelle Gellar n’était pas d’accord avec toutes les décisions de Whedon lors de la dernière saison – il va jusqu’à dire qu’elle n’a rien compris à la dernière scène entre Buffy et Spike, mais qu’elle a quand même joué ce qu’il voulait, et il en semble heureux et fier d’avoir réussi à la forcer à le faire dans le commentaire audio du DVD… Malaise ? Sa vision artistique avant le reste, comme lorsqu’il la force aussi à rire dans la saison 6 alors qu’elle déteste ça. Bon. Le métier d’acteur, c’est aussi ça, je sais bien, mais sans dialogue aucun sur le scénario et sur ce qui est accepté… Encore une fois, question d’époque, et personne ne trouvait rien à y redire en 2000, j’imagine.

Le reste du casting ? On voit mal David Boreanaz ou Nicholas Brendon (Angel et Xander/Alex, respectivement) intervenir après avoir été au cœur de leurs propres affaires de harcèlement. Beaucoup apportent du soutien, surtout du côté des femmes. Côté hommes, c’est sans trop de surprise que J. August Richards a été un des premiers à apporter son soutien à Charisma Carpenter, en soulignant qu’il savait ce que c’était d’avoir du mal à évoquer un tel secret (il a fait son coming out public il y a un an seulement), quand les autres ont eu du mal à s’y mettre.

Enfin, les favoris de Whedon se taisent… à l’exception d’Eliza Dushku. Pourtant, après avoir été dans trois de ses séries, et après avoir eu une série écrite rien que pour elle où il s’est empressé de la mettre en tenue de cuir et dominatrice, elle ne peut pas ne pas savoir, surtout après avoir été elle-même victime de harcèlement plusieurs fois (elle a arrêté sa carrière après Bull à cause de ça) ? Je suis perplexe, mais Whedon semble avoir une telle personnalité qui attise la fascination, peut-être qu’on peut bel et bien être aveuglé par ce qu’il fait grâce au charisme qu’il dégage ?

Voir aussi : Ma rencontre avec Eliza Dushku au Comic Con Paris 2017

Et puis, quand on est dans ses bonnes grâces… ? Je reste surpris – dérangé ? – par le silence de certains face à cette affaire, tout de même (Nathan Fillion ? Felicia Day ?). Personne ne peut nier qu’il avait ses favoris et que ça ne peut que créer des ambiances de travail toxique ? Tout ça me rend heureux qu’il ne soit finalement jamais revenu sur Agents of S.H.I.E.L.D, et je comprends mieux pourquoi avec l’ouverture d’esprit de son frère et de Maurissa Tancharoen. Il doit y avoir des tensions dans les réunions de famille !

Voir aussi : Ma rencontre avec Felicia Day (en 2014)

Quant à la cancel culture qui rôde autour de tout ça… Humph. C’est compliqué. Certains comparent à Rowling, mais c’est bien différent de Rowling en ce qui me concerne – Rowling est juste une femme qui ne change pas à la même vitesse que le monde, qui est plus vieille que sa fanbase et qui s’entête dans des idées passées. Harry Potter a mal vieilli, les livres n’auraient pas le même succès aujourd’hui parce que pas assez inclusif… mais pour leur époque, ils restent étonnamment ouverts d’esprit dans le message ; et ils fonctionnent encore pour des lecteurs aujourd’hui grâce à la magie qu’ils apportent et à la plume incroyable de Rowling, qu’on ne pourra pas lui retirer, même si elle écrivait les pires messages du monde.

Voir aussi : The Ickabog, Un nouveau conte signé JK Rowling

Les œuvres de Joss Whedon ? Sa plume m’a moins plu ces dernières années, précisément parce que je ne le trouvais plus si ouvert d’esprit non plus, à se comporter en enfant après la défaite des démocrates face à Trump… J’ai quand même très envie de découvrir The Nevers, parce que j’adore le concept de base de la série. C’est frustrant.

C’est un être humain détestable. Pour l’instant, il n’est que ça, il n’a pas commis de crime, il est juste un connard qui vire les jeunes mamans et se comporte mal en présence d’adolescentes, ce qui est déjà beaucoup trop, mais j’ai déjà écrit que je n’aimerais pas le rencontrer car on voit bien qu’il est gênant. Je pense – j’espère – qu’il s’est contenté de réflexions salaces en présence de (et possiblement à propos de) Michelle Trachtenberg ; comme il en a fait de toute manière dans les commentaires audio des DVD aussi.

Si, si, il se permet des commentaires sur le fait que Dawn soit sexy dans un épisode qu’il commentait avec Nicholas Brendon, vraiment, c’était déjà dérangeant à entendre quand j’étais ado : de mémoire, mais je n’ai pas mes DVDs avec moi pour vérifier (tout se perd), c’est à propos d’une scène de la fin de saison 7 où Xander embarque Dawn de force en voiture avec lui.  Les blagues qu’ils font à ce moment-là ? Suffisamment dérangeantes pour que ça me revienne à la rédaction de cet article. Elle avait à peine 18 ans.

Je m’égare : comprenez-bien que si ça m’a dérangé en tant qu’ado il y a dix ans (plus, même), c’est qu’il y a clairement un problème, surtout maintenant que les standards ont évolué. J’aime la plume de Whedon, j’aime les mondes qu’il met en place, la structure narrative qu’il a donné à la télévision et les répliques grandioses de ses personnages qui évoluent toujours. Ces œuvres ne sont pas le fruit de son unique travail, mais d’une collaboration avec de nombreux artistes, tant devant la caméra (tant d’acteurs !) que derrière, avec une équipe de scénaristes dingues qui continuent aujourd’hui d’écrire des choses merveilleuses.

Je ne vais pas les renier. Je vais rester fan, parce que, et là ça rejoint Harry Potter, ça m’a forgé en tant qu’adolescent et jeune adulte, ça m’accompagne depuis des années et j’ai trouvé de la force grâce à ces œuvres.

En revanche, ce qui est permis par la fiction, notamment dans l’humour, ne l’est pas forcément dans la réalité. En revanche, je continue de penser que derrière le génie artistique se cache un type qui manipule tout le monde et se prend pour un dieu. En revanche, j’ai désormais la certitude que ce qui a permis la création d’un monde aussi parfait était finalement hyper toxique… C’est toutefois le cas de bien des choses dans ce monde, et il faut l’accepter.

Difficile de séparer l’artiste de l’œuvre, donc, comme toujours. Je vais continuer de penser bien du mal de la personne, mais d’adorer ce qu’il a écrit et créé, en me rappelant que ça a débouché sur des projets – et pas que les siens ! – où des artistes ont pu s’épanouir, où une forme de féminisme (mise à mal aujourd’hui sur plein de points, à commencer par Xander qui est l’archétype du nice guy à qui, en plus, on pardonne tout) a pu exister dans une culture qui ne lui laissait aucune place et où des fans ont pu grandir.

Et surtout, surtout, je vais espérer que Joss Whedon sorte de l’hypocrisie malsaine dans laquelle il est vis-à-vis du message de ses œuvres. Clairement, il s’en sert – et des œuvres, et des fans ! – pour s’excuser en permanence de ce qu’il fait et est, en assurant qu’il est un type bien parce que les mots le prouvent. Ce n’est pas le cas. Il a fourni de jolies histoires de rédemption à travers les années… Espérons qu’il puisse en vivre une lui aussi, reconnaître ses torts et avancer pour devenir plus fréquentable. Malheureusement, je doute de sa capacité à y parvenir, parce que je l’ai toujours vu comme un type profondément détestable, contrairement à ceux dont il s’entoure. Une aura, un charisme. C’est terrible.

Je l’ai lu sur Twitter, et je n’ai pas meilleure conclusion : Do better, Joss.