Moon Knight – S01E03

Épisode 3 – The Friendly Type – 16/20
Ce n’est définitivement pas mauvais et j’ai du mal à comprendre certaines critiques que j’avais pu apercevoir concernant cette série, mais ce n’est pas non plus aussi excellent que ce que j’aimerais. Le principal problème de la série vient du fait que la saison ne dure que six épisodes : elle ne prend pas le temps de poser clairement les enjeux ou de savourer ce qu’elle a déjà réussi à mettre en place qu’il faut de nouveau tout bouleverser. Et c’est un peu trop rapide pour qu’on le savoure nous aussi.

Spoilers

Marc est désormais au Caire et cherche à retrouver Harrow avant qu’il ne soit trop tard.

I thought he talked.

Je sais déjà que je ne finirai pas la série avant mon avant-première de Thor finalement, mais ce n’est pas ça qui m’empêche d’avoir envie d’essayer d’avancer autant que possible dans cette mini-saison. Cet épisode 3 commence de manière déroutante. Désormais qu’on a envie d’être là pour en apprendre plus sur Steven, nous reprenons en effet par une scène où Layla explique qu’elle a pu le retrouver, qu’il est au Caire pour de mauvaises raisons et qu’elle n’est pas une voleuse car elle vole ce qui l’a déjà été.

Bon, pourquoi pas ? Elle parle à une femme qu’on ne connaît pas mais qui l’aide à se faire un faux passeport pour se rendre elle aussi au Caire. Cette scène de préparation permet de mieux connaître Layla, mais ça ne nous aide pas forcément à comprendre les enjeux de cette saison, contrairement à la fin de l’épisode précédent. C’est le principe des séries d’avoir des scènes qui développent d’autres choses, je sais bien, mais l’intérêt de la scène est pour l’instant assez minime.

Pendant ce temps, au Caire, le méchant de la saison utilise le scarabée pour s’approcher du tombeau tant convoité d’Ammit. Ce n’est pas spécialement une surprise puisque c’était son plan, mais j’étais étonné de voir qu’il avait amené avec lui tant de gens pour assister à sa réussite.

Il est tellement confiant d’ailleurs qu’il ne s’inquiète pas du tout de la présence de Marc au Caire. Pourtant, ce dernier mène sa petite vie de son côté et se bat sur les toits du Caire. La scène est plutôt à son avantage, jusqu’à ce que Steven lui parle en plein milieu du combat, à travers le reflet de la lame d’un de ses ennemis.

Là-dessus, la série a la bonne idée de nous faire le schéma inverse du premier épisode : Marc a un trou de mémoire car Steven prend le dessus… mais nous ne savons pas ce qu’il se passe. C’est frustrant maintenant qu’on connaît le principe de voir que la série continue de nous garder dans le flou, mais on se doute assez vite qu’il y a autre chose à deviner.

En effet, en cours d’épisode, on comprend assez vite que Marc veut absolument retrouver Harrow quoiqu’il en coûte et que dans ses absences, il réussit à faire encore plus peur aux hommes contre qui il se battait. Et quand je dis homme, j’exagère un peu, car l’un d’eux est un ado. La première fois que Marc se réveille, il est dans un taxi et on dirait bien que Steven a trouvé un moyen de se barre sans problème.

La deuxième fois en revanche ce n’est plus du tout le cas : Marc se réveille un poignard planté dans le corps d’un de ses ennemis. Steven jure qu’il n’a rien fait et il reproche à Marc de suivre tout ce que Khonshu lui dit de faire. Le rythme est très bon dans l’épisode et ce nouveau mystère quand on pensait avoir tout percé est plutôt bienvenue. En revanche, Marc n’écoute pas assez Steven et c’est frustrant.

Autant il fait tout ce que dit Khonshu quitte à provoquer le suicide d’un gamin, autant il ne se pose pas de questions sur Steven qui serait d’un coup un meurtrier. Ce n’est pas bien crédible, pas plus qu’il n’est crédible de voir Steven oublier très vite les meurtres pour être simplement heureux de visiter l’une des pyramides. Khonshu permet en effet à Marc d’accéder à la pyramide après avoir envoyé un message aux autres dieux.

Un message ? Juste une éclipse imprévue qui freine un peu les hommes d’Harrow, mais pas trop. À l’intérieur de la pyramide, Marc rencontre Yatzil, l’avatar de la déesse égyptienne de la musique, Hathor. Ce n’est qu’un début : très rapidement, tous les avatars des dieux égyptiens se réunissent pour un jugement hâtif de Khonshu. Oula. La série part en vrille avec cette scène, en vrai, je ne vois pas bien d’où ça sort et où ça mène.

C’est tout le problème d’avoir six épisodes : l’équilibre doit sans cesse être retrouvé alors que l’histoire avance à toute vitesse. Ce procès contre Harrow demandé par Khonshu permet au moins à Khonshu de réussir à faire ce qu’il souhaitait : il fait convoquer Harrow bien vite. Par contre, j’adore Oscar Isaac dans ce rôle, mais cette manière de hurler les répliques de Khonshu, ça n’était pas top du tout. Du coup, entre ça et les paroles très calmes d’Harrow face aux dieux et aux accusations, Khonshu passe pour un idiot fini.

Ce n’est pas compliqué pour Harrow de souligner que Khonshu est dans un avatar compliqué, avec un homme schizophrène. Cela joue en sa faveur auprès des dieux, surtout que Khonshu est énervé par la situation au point d’utiliser la violence. Le procès n’est donc pas en sa faveur, et les dieux demandent à parler à Marc. Comme celui-ci reconnaît qu’il ne va pas bien, les dieux laissent tomber les charges retenues contre Harrow et… ignorent totalement Marc leur demandant d’arrêter cet ennemi ?

Je trouve ça quelque peu abusé comme avancée dans l’épisode, surtout qu’on enchaîne par Yatzil qui explique à Marc comment mener à bien sa mission de stopper Harrow dans la résurrection d’Ammit que personne ne veut… Mais dans ce cas, pourquoi ne pas l’avoir écouté ? Pourquoi le fait d’aller mal discrédite-t-il forcément les propos de Khonshu ?

C’est assez énervant, mais on passe vite à autre chose quand Marc retrouve sans trop de surprise Layla sur le marché du Caire. On savait qu’elle arrivait, lui non. Il est donc énervé que Khonshu puisse la repérer bien vite, mais ça ne change rien à l’intrigue pour autant. Cela change un peu la relation entre eux : Layla est contente de le voir s’excuser, mais rappelle qu’elle n’est pas là pour lui. Evidemment. C’est pourtant désormais la préoccupation principale des scénaristes : la relation entre Marc et Layla – et Steven.

Et pour la première fois de la série (en même temps, c’est l’épisode 3), Marc et Layla partagent une scène qui nous permet de voir pourquoi ils étaient un couple fonctionnel, avec une vraie conversation et de la communication sur les sentiments de tout le monde. Heureusement qu’ils avaient un voyage en bateau à faire, ça aide tout de même. Cela permet aussi de petites incursions culturelles en Egypte – et ça me rappelle un peu le déséquilibre qu’on retrouve depuis dans Ms Marvel, avec des incursions culturelles qui n’ont rien à voir avec le propos et sont déstabilisantes car pas forcément justifiées.

Bref, il est temps pour la série de faire intervenir Gaspard Ulliel. Je savais pourtant qu’il était là, mais j’avais oublié avec ces deux premiers épisodes. Il joue le rôle de Mogart, un collectionneur fan d’équitation et pote de Layla qui a pile ce dont Marc a besoin. Le problème pour Marc, c’est que ça se passerait mieux pour lui si Steven était là en train de vérifier le contenu de ce que le collectionneur lui montre.

Layla le sait bien et lui explique, mais c’est en vain : Marc refuse de rendre le corps à Steven pour examiner le sarcophage de Senfu, capable de le mener à la tombe d’Ammit. Un peu de chantage plus tard, Steven l’aide finalement, mais ça n’est toujours pas à l’avantage de Marc : les gardes du corps d’Anton Bogart, le collectionneur, le voit toucher à l’intérieur du sarcophage et la tension escalade bien vite entre tout le monde.

Il n’en faut pas plus pour qu’Anton ne fasse plus confiance du tout à Layla et Marc. C’est d’autant plus problématique qu’Harrow a la bonne idée de choisir ce moment pour débarquer et convaincre Anton qu’il peut lui offrir bien plus que Marc.

Et comme preuve, il a le scarabée et les pouvoirs d’Ammit. Khonshu ne supporte pas ce qu’il se passe et ordonne à Marc d’utiliser le costume. Il met un peu de temps à le faire, mais une fois que c’est fait, il est d’un coup plus badass. Le costume est pare-balle et peut même protéger Layla pendant qu’elle pille le sarcophage. Marc, lui, utilise le costume de Moon Knight et découvre un peu le problème d’avoir une cape ou une double personnalité. Steven essaie en effet de calmer le jeu, mais quand il reprend le corps, ça ne sert qu’à se faire transpercer par quelques lances ennemies.

Autant dire que ce n’est pas un franc succès. Layla est plus efficace que Steven, elle, et elle a moins de remords à s’en prendre aux hommes d’Anton.

Seulement voilà, Anton n’apprécie pas tout ça et s’en prend à Layla. C’est la pire idée : il énerve ainsi Marc qui s’énerve contre lui et sauve Layla de justesse, blessant Anton qui s’en va tout de même vers d’autres cieux. Allez, on se retrouvera à l’épisode suivant. En attendant, Gaspard Ulliel était quand même un excellent acteur.

Bon, en tout cas, la fin de tout ça est plus positive pour nos héros : ils récupèrent ce qu’ils voulaient dans le sarcophage avant de s’en aller se disputer comme un vieux couple dans une voiture ; ignorant au passage qu’ils sont suivis par un des disciples d’Harrow. Cela n’en finit plus !

Et en même temps, tout s’enchaîne tellement que le puzzle autour d’Ammit n’est pas si clair que ça quand on y arrive : on voit bien qu’ils sont sur une piste, mais c’est frustrant de ne pas pouvoir les aider à résoudre ce qu’ils essaient de résoudre – ou au moins tenter de notre côté quoi. Après, le but, c’était surtout de montrer une fois de plus le talent d’Oscar Isaac à passer d’un personnage à l’autre – et merci la possibilité de changer d’accent pour ça, hein.

Ce n’est pas du Tatiana Maslany non plus, mais c’est efficace. Et Steven l’est aussi, résolvant le puzzle en deux temps trois mouvements. La solution n’est pas si efficace quand la technologie a ses limites aussi : la solution donne le plan d’une constellation, mais les étoiles bougeant, ça ne permet pas à Steven et Layla d’avoir une idée précise du lieu où se rendre.

Par chance, Khonshu a une bonne mémoire et peut ramener les étoiles à leur position initiale. Cela demande toutefois un sacrifice qu’il n’explicite pas et qui supposera pour lui de devoir accepter que Marc le libère ?

Allez comprendre ce que ça veut dire exactement. Une chose est sûre : Khonshu bouge vraiment les étoiles du ciel égyptien et ça fonctionne assez pour trouver la solution au problème ; tout en offrant de jolis effets spéciaux à regarder. En revanche, ça attire aussi l’attention des dieux égyptiens qui se réunissent à nouveau. Khonshu souffre très clairement de la prière qu’ils font. Il finit par se décomposer à la Thanos, laissant Steven très affaibli : Khonshu devra effectivement être libéré car il est enfermé dans une statuette désormais. Steven tome inconscient, lui.

Harrow, par contre, sort plutôt victorieux de cette affaire : les dieux expliquent qu’Harrow avait raison à son propos et que c’est pour ça qu’ils ont décidé de l’enfermer dans la pyramide, comme de nombreux autres avant lui. Une fois seul avec la statue de Khonshu, Harrow est donc tout content de pouvoir se vanter d’être heureux d’avoir pu provoquer la douleur quand il était sous l’influence de Khonshu.

Il se vante aussi d’être sur le point de faire ce que Khonshu n’a jamais pu faire – et le remercier de la victoire qu’il lui doit. Evidemment.

Mes cinq nouveautés préférées du premier semestre 2022

Je diffuse enfin cet article écrit la semaine dernière… Vu tout le retard que j’ai dans mes articles, personne ne m’en voudra, hein ?!


Salut les sériephiles,

Cette semaine, Tequi nous propose un thème de TFSA qui a bien failli me donner du fil à retordre tellement je ne pouvais pas y répondre à défaut d’avoir assez de découvertes cette année… Tant pis, je triche un peu, à quelques jours près, et je peux proposer cinq nouveautés de l’année 2022 dans l’ordre de préférence qui convient.


  1. How I met your father

Sophie raconte à son fils adulte comment elle a rencontré son père, en 2022.

C’est vraiment le signe que je n’avais que cinq séries à portée de main : ce reboot/revival est une catastrophe ambulante. Le casting est constitué à 80% d’acteurs que j’adore, mais la mayonnaise ne prend jamais avec un humour très lourd qui essaie trop de se convaincre lui-même qu’il est drôle alors qu’il paraît sortir du début des années 2000. Un rendez-vous manqué. Espérons que la série s’améliore en saison 2 (j’ai d’ailleurs sur mon ordinateur un article sur le sujet à publier).

Voir aussi : How I met your father peut-elle réussir sa saison 2 ?


  1. The Cleaning Lady

La vie d’une infirmière immigrée forcée de travailler comme femme de ménage, qui se retrouve à s’associer avec  un mafieux afin de sauver son fils, atteint d’une maladie grève.

Je n’ai pas vu toute la saison, m’arrêtant finalement très tôt dans cette histoire… mais c’est une très bonne nouveauté de network qui mériterait que je me repenche sur son cas. Elle est en tout cas un bon concentré d’action et de scènes sympathiques, malgré un manque de subtilité ou de réalisme assez évident. Ce n’est pas forcément ce qu’on demande à une nouvelle série après tout : elle est un divertissement qui fonctionnait bien – mais pas assez pour que je la poursuive aussi assidument que je l’aurais voulu.

Voir aussi : De mauvais choix de séries ?


  1. The Book of Boba Fett

Une histoire sur la survie de Boba Fett après son crash – et bien après sur comment il s’impose comme chef de mafia, en gros ?

Je ne suis pas forcément un immense fan de l’univers Star Wars, mais je l’aime suffisamment pour avoir envie de découvrir les séries quand il y en a. Alors oui, il y a celle sur Obi-wan que je n’ai pas encore commencée, mais j’ai pris le temps de voir tout Boba Fett et… Comment dire ? Je suis mitigé. La saison est très courte, perd vite de vue son personnage principal, propose carrément un épisode d’une autre série au milieu de sa saison et se termine sur un final un peu cringe et manquant bizarrement de budget. Malgré tout, elle obtient la troisième place pour ses effets spéciaux magnifiques et pour son intrigue qui a fini par me convaincre. Il fallait lui laisser le temps, j’imagine. D’ailleurs, en parlant de temps, je triche car le premier épisode est sorti en 2021… Le 27 décembre. Franchement, c’est bon, je considère que c’est 2022 (juste parce qu’il m’en fallait cinq).

Voir aussi : L’incroyable deepfake du Book of Boba Fett


  1. Ms Marvel

La série, je l’attendais au tournant, persuadé que j’allais être méga fan de Kamala. Je n’ai lu que quelques comics, alors je ne pouvais pas être déçu des libertés de l’adaptation… mais je l’ai finalement un peu été par le fourre-tout qu’était la série parfois du côté de ses intrigues. En six épisodes, elle a voulu raconter trop de choses différentes et s’attaquer à des aspects tellement différents – culture, série ado, intrigue de super-héros… – qu’elle a fini par être trop déséquilibrée pour être géniale. Pour autant, c’est une très bonne série, que j’ai suivi de manière (presque) hebdomadaire avec plaisir. J’ai hâte de retrouver le personnage en 2023 dans un film et j’aime beaucoup la série malgré ses défauts.

Voir aussi : Ms Marvel est musulmane, et alors ?


  1. Moon Knight

Assez étonnamment, c’est cette série qui prend la première place. Je ne pariais tellement pas dessus que je n’ai pas pris le temps de la suivre de manière hebdomadaire pourtant ! Et pourtant, je l’ai terminée aujourd’hui en voyant quatre épisodes d’un coup. Peut-être que ce binge-watching explique pourquoi je la place en premier, mais même sans ça, j’ai trouvé que la série était capable de présenter une intrigue vraiment intéressante. Elle a les mêmes défauts que Ms Marvel, mais elle présente tout de même un peu moins de choses différentes… et surtout, elle part en délire totale autour de l’épisode 4. Si la saison est tout de même trop courte, j’ai beaucoup accroché à l’histoire de Steven (et Marc), aux effets spéciaux et à l’ensemble de cette saison.

Voir aussi : A-t-on fait le tour du Marvel Cinematic Universe ?


Et voilà pour mon classement des saisons 1 sorties lors des six premiers mois de 2022… Vraiment, je suis passé à côté des meilleures (Severance par exemple) et je le sais. On fait ce qu’on peut !