VisionQuest – S01E06 – Deadlock – 16/20

Cet épisode 6 me prouve à quel point VisionQuest peut être géniale quand elle utilise bien son potentiel et laisse de côté le pire de ce qu’elle a à offrir. L’intrigue se divise en deux, voire trois, dans ce volet et ça fait beaucoup de bien, car ça nous redonne de l’oxygène et des scènes que j’apprécie vraiment. Mon problème est que je n’accroche pas du tout au fil rouge autour des méchants et que celui-ci prend une place trop importante – c’est un défaut récurrent dans les séries Marvel et c’est exactement ce que nous n’avions pas dans le reste de la trilogie. Comme cet épisode traite enfin les intrigues secondaires qui m’intéressent bien plus et pour lesquelles je suis là, cependant, ça donne un bilan nettement plus positif.

Spoilers 

Tommy est prisonnier de Paladin qui compte s’en servir comme monnaie d’échange pour récupérer Vision.

Technically this is reverse-Speed.

Vous savez quoi ? Je me plains de la longueur des épisodes, de mon ennui par moment devant et tout… mais en vrai, je passe un temps fou sur chaque critique. C’est donc qu’il y a des choses à dire. Forcément que Marvel me prend tout mon temps libre si je me mets à passer 30 minutes entre chaque épisode pour peaufiner mon avis et faire mes théories. Et, au risque de me répéter encore et encore, tout ça me fait une fois de plus regretter la décision de diffuser deux épisodes d’un coup. Peut-être que la série POURRAIT avoir de quoi provoquer les réactions que j’aimerais, les théories interminables et les reprises sur les réseaux sociaux… Elle ne les a pas car cette diffusion provoque un rythme de visionnage différent chez tout le monde. On n’a pas tous 2h30 à tuer dès le mercredi matin. J’adore les vacances scolaires, je bosserai cet aprèm et personne ne peut m’en empêcher.

Allez, vous êtes là pour la critique peut-être ? Malheureusement, ce n’est pas bien glorieux. L’épisode commence par Joséphine qui se recueille sur sa propre tombe en écoutant Carmen. Elle reçoit alors la visite d’Ultron, qui maintenant qu’il est libre vient la rejoindre. J’ai soupiré si fort quand elle explique qu’il s’agit de leur deuxième rencard.

Qui a envie de voir Ultron et Joséphine draguer quand ils peuvent détruire le monde ? En plus, Ultron se blesse quand il arrive chez elle (j’ai levé les yeux au ciel, une IA qui saigne ? Je sais que le but est de les humaniser pour qu’on les apprécie… mais voilà quoi) et pire encore, il demande à Joséphine à quoi sert la bio-clé qu’il a prise à Katerina. Attendez. Ultron a fait tout ça sans savoir à quoi servaient les clés biométriques ?

J’espérais quand même qu’il savait ce qu’il faisait. Je trouve déjà désastreuse la pirouette des scénaristes révélant après coup qu’il avait pris la bio-clé avant de faire en sorte que Joséphine pense avoir perdu AVANT DE faire équipe avec elle… mais là franchement ! Pourquoi décide-t-il de s’associer avec elle s’il ne sait même pas exactement ce qu’elle vise ? Et comment peut-il être assez con pour en plus tomber dans le piège évident de Joséphine ? Elle le contamine sans mal avec un virus, le rend donc malade et en fait aussitôt son prisonnier. Là, c’était trop et j’ai failli m’énerver : on parle d’Ultron, putain ? Ce n’est pas un humain qui tombe amoureux, c’est une IA franchement. Heureusement que la série révèle aussitôt qu’Ultron est plus fort que Joséphine.

Il n’a aucun mal à contrecarrer le plan de Joséphine et à lui montrer qu’il a le pouvoir sur elle. Par contre, que ça termine en scène de tension sexuelle entre les deux personnages alors que ce sont des IA, des robots… C’est un parti pris, quand même.

Joséphine accepte en tout cas Ultron dans son code : elle lui montre ainsi sa vie – la vie de l’humaine avant qu’elle ne devienne robot. C’est ainsi qu’on découvre que Joséphine et ses collègues ont réussi à créer les premières IA, puis les robots qui vont avec dans l’univers Marvel. C’est un peu ironique dans notre monde où ChatGPT nous a envahi il y a un moment. En plus, alors que c’est un succès pour les robots, Joséphine découvre que la maladie de son père la rattrape. Elle perd peu à peu la mémoire et son esprit, ce qui permet à son équipe de vendre le code qu’ils ont mis au point grâce à elle… à Stark.

C’est la naissance de Jarvis, et la mort de Joséphine Carrington. La scientifique est morte, mais pas ses créations. Mieux encore : à côté de son cadavre reposent des nanobots. C’est là l’objectif de Joséphine aujourd’hui ? OK. Ces nanobots font moins 0,1 mm d’épaisseur, mais apparemment, ils peuvent faire de gros dégâts. Joséphine affirme qu’elle veut les protéger et les soigner : plutôt que de suivre l’objectif initial qui est de donner de l’humain aux machines, elle propose tout simplement de programmer les humains en mettant un peu plus en machines en eux. Elle veut nous intégrer des robots dans le corps, super. Toutefois, cela n’explique pas d’où vient le corps robotique de Joséphine. Celle-ci ne semble pas vouloir expliquer tout de suite ce qu’il en est.

Heureusement, la série reprend également l’intrigue sur Tommy dans cet épisode. C’est la partie qui me plaît davantage, vous l’aurez compris. Il se réveille alors qu’il est kidnappé par Paladin. J’aime bien le fait d’avoir des flashbacks de WandaVision quand il est inconscient, en vrai, et ça me vend vraiment un moment où il retrouvera Billy. J’ai trop hâte de voir ça.

En attendant, Tommy est bien piégé par Paladin : le tueur à gages a décidé de lui mettre des explosifs à capteur de mouvements dans le bras. C’est simple : s’il utilise ses pouvoirs, il explosera. Ben super. Le van de Paladin est cette fois en plein cœur de Madripoor. Je ne suis pas sûr de comprendre pourquoi, mais bon, c’est comme ça.

Pendant ce temps, Lisa est la pire des pick-pockets. J’ai toujours un problème avec ce genre de personnages. En plein cœur de Madripoor, elle est au paradis : les rues sont surpeuplées et il est facile pour elle de voler des choses en papotant avec Vision. Le truc, c’est qu’elle manque trop souvent de discrétion. Nous n’en sommes pas au coup de ses quatre bras, mais quand même.

La conversation ? Lisa explique à Vision qu’il apprendra à être un père, comme n’importe quel humain : on apprend les relations humaines en expérimentant au fur et à mesure après tout. Certes, être né humain nous donne forcément des codes, mais dans le fond, elle n’a pas tort. Il a juste quelques coups de retard. Il n’empêche que Vision a encore du mal à comprendre les humains, et Lisa en particulier.

Cette dernière retrouve sans aucune difficulté Tommy. C’est l’avantage : Paladin a donné rendez-vous à Ultron – donc Lisa savait où aller. Oui, oui, Lisa est là, mais elle ne sert à rien dans la scène à part faire plaisir Tommy un quart de seconde. Elle disparaît en effet de l’échange qui suit dès que Vision arrive (elle est assise à table, en vrai, mais personne ne la filme). C’était un échange tout ce qu’il y a de plus convenu entre Paladin et Vision, deux ennemis après tout. Vision découvre donc la bombe dans le bras de son fils et apprend que pour la désarmer, il suffira qu’il passe lui-même en mode veille et se laisse embarquer par Paladin.

On ne peut pas dire que ça inspire la confiance alors Vision refuse, forçant Paladin à se servir de ses drones pour se faire comprendre. Malheureusement pour lui, Paladin est piraté une fois de plus et aucun drone ne vient à sa rescousse. À la place, nous suivons son assistante s’inquiéter de ce hacking, particulièrement quand quelqu’un se met à frapper à sa porte. Là-dessus, j’ai aimé la révélation : c’est Edith qui est derrière la porte et l’assistante de Paladin est évidemment une IA. Je m’agaçais de l’absence de nom pour ce personnage et, du coup, je me sens vraiment idiot de ne pas avoir envisagé avant qu’elle serait une IA. C’était tellement évident !

Comme quoi, ça a beau être prévisible, l’absence de théories sur la série et d’échanges sur les réseaux m’endort un peu quand même. Bon, en plus, pour ne rien arranger, Edith découvre que l’IA de Paladin était sa prisonnière. Elle n’a aucun mal à la libérer, et j’ai eu la flemme d’écrire son nom interminable ici. Adieu. C’est presque décevant que le personnage connaisse une fin si rapide. En plus, Edith la retrouve facilement, mais elle n’a aucune piste pour retrouver Friday ? Pff.

Bref, Paladin perd un sacré avantage technique, mais ce n’est pas grave : il a d’autres tours à jouer. Il accuse le coup et se venge de Vision avec ce qu’il a : la révélation que cette version de Vision a été créé pour tuer Wanda. Tommy n’était pas au courant, pas plus qu’il ne sait exactement ce qu’est WandaVision… Pourtant, malgré les flashbacks qui l’assaillent, Tommy choisit de faire confiance à Vision : il affirme qu’il voulait simplement le protéger.

Pour toute réponse, Vision décide d’attaquer Paladin sur le même terrain : il s’en prend à son fils ? Très bien, Vision s’en prend à Matilda Denning, la fille de Paladin. C’est un peu simple comme révélation, mais voilà, Paladin a une fille dont il s’occupait avant que Thanos ne passe par là. La fille a vraiment une vie de merde, en plus : sa mère s’est fait tuer par erreur à la place de son père, puis son père a été effacé de l’existence par Thanos. Pour autant, quand Paladin est revenu, il a décidé de ne pas retourner auprès de sa fille, découvrant que sa fille s’en sortait mieux sans lui et vivait une existence heureuse.

Bon, tout ça agace un brin Paladin, forcément, et ça empire quand Vision révèle qu’il a accès à plein de données sur la gamine devenue adulte. Il récite tranquillement toutes les données auxquelles il peut accéder, ce qui fait que Paladin finit par sortir son arme et la braquer sur le visage de Vision. Ils se font alors tirer dessus. Par chance, ce n’est donc pas Paladin et ses balles en adamantium qui tire directement dans la tête de Vision. Il n’empêche que la fusillade qui suit est loin d’être simple : il s’agit de Raza et ses hommes. Raza est un autre tueur à gage employé pour récupérer Vision, mais ce n’est pas n’importe qui dans l’univers Marvel non plus. Cela ne change pas grand-chose, mais c’est du fan-service efficace alors autant le dire : c’est le chef des terroristes des Dix Anneaux, ceux qui avaient enlevé Tony Stark il y a… euh, 18 ans, déjà. Le premier film Iron Man, quoi.

Acculés par la fusillade, Paladin et Vision se retrouvent à se protéger derrière le même comptoir et deviennent par la force des choses des alliés provisoires pour faire face à Raza – même si le but ultime de Paladin reste d’exécuter son contrat à la fin, hein. Paladin en profite tout de même pour expliquer qu’il n’a pas mis de bombe dans le bras de Tommy : il a juste mis une guirlande de Noël.

C’est un peu hilarant, surtout que Tommy s’en rend compte et comprend aussitôt ce qu’il en est quand il passe avec Lisa devant une vitrine avec les mêmes guirlandes – ils s’enfuient ensemble lors de la fusillade, tout simplement. Ne sachant pas trop quoi faire, ils décident de monter dans le camion de Paladin pour s’enfuir de là. Cela tombe bien : la cleptomane a eu le temps de prendre les clés de leur ennemi (c’était un peu lourd la scène qui révèle tout ce qu’elle a volé, non ?). Malheureusement pour eux, Paladin est un psychopathe qui a prévu le jour où il se fera voler sa voiture. Il a donc un système de sécurité au point qui permet de vider la voiture de son oxygène.

C’est un faux suspense : Tommy et Lisa sont sauvés très rapidement par Edith. En attendant, j’ai bien ri du gag de Paladin sur le fait qu’une énigme pourrait les sauver – ah, en fait non. Simple et efficace.

Pendant ce temps, Paladin s’est fait tirer dessus et est blessé, ce qui force Vision à cautériser la plaie. Vision ne peut pas faire grand-chose de plus, Edith révèle que Raza a un brouilleur sur lui empêchant d’utiliser les drones de Paladin – mais pas d’aller pirater sa voiture, apparemment. La situation semble inextricable pour nos héros, mais c’est le moment que choisit le grand méchant pour se révéler à nouveau. Il coupe toute l’électricité de Madripoor et s’adresse à la ville toute entière (à la Voldemort pendant la bataille de Poudlard, eh) pour finalement parler uniquement à Vision. Il se révèle sans dévoiler son identité, puis demande à Vision de se rendre… car sinon, il n’hésitera pas à tuer tout le monde sur son passage.

Pardon, mais du coup, cette menace est inutile ? Je veux dire, la scène est cool, mais on le savait déjà qu’il y avait un contrat sur la tête de Vision posé par quelqu’un qui n’en avait rien à faire de le voir en vie ou non… Bref, pas de surprise. Enfin, si : ce mystérieux client promet à Vision de lui rendre son coeur, son âme et ses émotions… Mais en a-t-il vraiment besoin puisque ça lui revient peu à peu dans la série ? Pire, on est d’accord que ça pue le piège à plein nez ? Après, si ce client pouvait être Billy, je leur pardonnerais peut-être cette perte de temps.

Enfin, perte de temps… Cela permet une petite pause pour reprendre des forces, on va dire. Paladin et Vision décident donc de faire équipe pour lutter contre Raza, alors que Tommy et Lisa, après un petit baiser, décident de foncer dans le tas avec la camionnette de Paladin.

Comme dans un jeu vidéo, cela permet à Edith de s’éclater : Lisa désactive le brouilleur sur les conseils d’Edith, et l’IA peut alors sortir les drones pour tuer tous ceux qui tirent sur la camionnette. C’est presque trop simple, eh. Pendant qu’Edith tue tous les méchants qu’elle croise, Paladin et Vision sont occupés aussi avec certains hommes de main.

Vision parvient tout de même à rejoindre Tommy et Lisa dans la camionnette, ce qui mène à un moment amusant où Vision ne sait pas comment exprimer sa joie de voir Tommy en vie. L’humour était simple, mais il rend un peu mieux dans cet épisode que les précédents. Si tout semble aller pour le mieux, l’épisode en revient à Joséphine et Ultron pour révéler le plan de Joséphine : utiliser les nanobots pour infiltrer les humains.

Son objectif initial est Tommy, mais Ultron l’en empêche, par peur de Vision. Il sait qu’il ne pourra pas arrêter la revanche de Vision si on s’en prend à son fils. Tant pis, c’est donc Lisa qui prend cher et se récupère un nanobot dans l’œil. C’est triste : Friday avait réussi à infiltrer Joséphine et à prévenir Edith à temps de ce qu’il se passait (eh, vous avez remarqué comme j’ai bien aimé Edith dans cet épisode ? À tous les coups, c’est parce qu’elle parle de son ex-boss lycéen qu’était Spiderman), mais Vision n’a pas été assez rapide.

Lisa est donc infectée et explique le plan de Joséphine à Vision, avant d’essayer de le tuer avec un flingue. Heureusement, cette fois, ce ne sont pas des balles d’adamantium. Cela permet donc à Vision de faire face à Lisa et de demander à son fils de s’enfuir.

Cependant, il ne l’écoute pas : Tommy utilise plutôt ses pouvoirs pour neutraliser Lisa. Il est à ça de la tuer, en vrai, mais supplie Vision de ne pas la laisser mourir. Elle est vite stabilisée par un sédatif, mais tout ça prouve que le concept de Joséphine est bel et bien possible. Pas trop inquiet pour Lisa, Tommy profite du temps de pause qui suit pour demander à son père ce qu’est exactement WandaVision. Ah bordel. Le deuil de Wanda en 4K et, en plus, résumé vite fait en une minute par cet échange entre Vision et Tommy est excellent. J’adore cette série de 2021, il faut que je la recommence une fois de plus. VisionQuest ne fait pas le poids, mais surfer dessus l’améliore.

Après un épisode à nous expliquer le plan de Joséphine, la série fait aussi un étrange demi-tour sur la fin : Joséphine rend Ultron plus réel car maintenant qu’il a ses souvenirs, il peut découvrir pour de vrai le goût du whisky. Trop géniale, cette histoire, Ultron peut devenir alcoolique, tu m’étonnes que ça le fasse tomber amoureux. Ben oui, figurez-vous que juste après, Joséphine lui explique qu’elle se sent de plus en plus artificielle. Elle semble donc avoir des regrets pour ce qu’elle a fait subir à Lisa et sent qu’elle passe à côté de ce qu’est l’amour. Ce n’est pas grave, parce qu’Ultron est là pour lui dire qu’elle est importante à ses yeux et que, lui, il l’aime. Il décide même dans l’épisode de l’appeler Jocasta. SU-PER. Un peu d’inceste, ça manquerait presque. En vrai, Jocasta, dans les comics, c’est un robot créé par Ultron pour qu’elle devienne sa femme. Voilà, ça ne surprendra donc personne ce twist…

Et puis, pardon de le redire, mais vraiment, je n’accroche pas à leur intrigue à eux deux. Ce cliffhanger qui voit les robots s’embrasser ? Je ne sais pas, Westworld gérait bien mieux cette thématique et c’est peut-être ça le problème : c’est du réchauffé d’un plat surgelé de sous-marque.

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Photographie promotionnelle de l’épisode — Marvel Television

VisionQuest – S01E05 – Firewall – 14/20

Comme je suis frustré par cet épisode 5 qui n’offre pas du tout ce que je pensais voir après le cliffhanger précédent. J’ai l’impression qu’on m’a fait une promesse pour mieux la jeter aux ordures juste après. Cet épisode est sacrément long et beaucoup trop bavard. Les avancées dans l’intrigue donnent parfois l’impression de faire du surplace, mais, en revanche, j’ai adoré l’aspect technique et la mise en scène. C’est ce qui sauve la série, franchement : elle propose au moins un aspect original et des idées novatrices.

Spoilers 

Vision cherche à savoir ce que fait Ultron maintenant que le grand méchant a recouvré une grande part de liberté. Et ce n’est pas passionnant, ce qu’il fait.

You son of a witch.

C’est reparti pour deux épisodes avec l’impression que Marvel me vole mon temps libre du mercredi. Un seul épisode d’une heure, ça aurait été largement suffisant… et même s’ils ne me forcent pas à tout regarder d’un coup, ma peur du spoiler et l’habitude d’enchaîner font que bien sûr, je vais enchaîner. Bref, dure vie.

Et bien sûr, le tout pour une série qui me déçoit de plus en plus :

Le récapitulatif des épisodes précédents est toujours aussi long, surtout qu’ils vont aussi taper dans les films. C’est un choix, mais je dois dire que ça fonctionne pas trop mal concernant les extraits d’Avengers choisis. C’est bien plus efficace d’avoir une image de la tombe de Tony quand Friday dit avoir perdu la moitié de son monde, par exemple.

Cela dit, le début de l’épisode nous montre la panique des différentes IA à l’intérieur de la tête de Vision. Maintenant qu’Ultron est aux commandes, Vision, Friday, Edith, Dume et U sont coincés dans la cellule où Ultron me faisait chier depuis le début de la saison. L’art y est revenu, les écrans et canapés aussi. Pas de quoi paniquer, finalement.

Friday en veut clairement à Vision parce que donner l’accès à Ultron était du grand n’importe quoi selon elle. Voir Vision, un super-ordinateur capable de faire 15 000 simulations à la seconde, nous affirmer qu’il n’y avait pas d’autres solutions et que c’est surprenant qu’Ultron fasse ça ? Je ne sais pas, je le savais depuis l’épisode 1 qu’Ultron allait redevenir méchant quoi.

On enchaîne ensuite par tout un tas de termes techniques pour nous montrer que Vision s’inquiète quand même pour son fils. Ultron bloquant l’accès au direct, les IA doivent se contenter de la mémoire récente des caméras. MOUAIS. C’est un grand tas de blabla techniques pour justifier une scène plutôt marrante où les IA suivent Thomas et Ultron se rendre du gala au bar – sans le son et en noir et blanc.

Pour une fois, je suis davantage convaincu : ça mène à une scène où les IA se débrouillent pour récupérer du son et où la série s’amuse à nouveau avec ce qu’elle met à l’écran. Nous avons ainsi la scène entre Thomas et Ultron en noir & blanc, avec Vision et les IA en couleurs. Je me pose la question du barman, tout de même, parce qu’il est interprété par Dume donc en couleur… Mais je crois que c’est pour nous indiquer que l’IA est en train d’accéder aux données. Loin de ces considérations techniques, il faut bien voir aussi que la conversation entre Thomas et Ultron est supposée être vraiment intéressante.

Ainsi, on y voit Tommy reprocher à Ultron Sokovie, mais s’en remettre assez vite pour poser des questions sur son père. L’idée est d’apprendre à connaître Vision grâce à sa face sombre. Pourquoi pas ? C’est un peu nul que la série en profite pour utiliser l’acteur d’Ultron plutôt que l’acteur de Vision, parce que je trouve que Paul Bettany faisait un excellent Ultron. La fin de l’épisode précédent nous vendait un Ultron méchant et là on nous ressort un personnage qui se prend limite pour le père Noël.

Ultron n’est pas supposé être un personnage qui sourit et qui fait du mal par la manipulation psychologique et si bavarde. Bref, j’en reviens à ce que je dis depuis le départ : je suis dérangé par cette version d’Ultron qui n’est pas celle des films. Pourquoi pas, hein, mais je crois que j’aurais préféré un autre méchant. En plus, l’air de rien, la conversation est longue pour pas grand-chose. C’est intéressant de suivre la psychologie des personnages, mais ça n’arrive pas à me convaincre pour autant.

Tommy apprend en tout cas plus de choses sur son père : si Ultron lui affirme que Vision ne sera jamais le père qu’il espère malgré la relation qu’ils tentent de construire. Toujours d’après Ultron, l’IA voit la composition des choses plutôt que leur globalité avec l’exemple d’une pomme, Tommy reste convaincu que Vision trouvera le moyen de chasser à nouveau Ultron et de reprendre le contrôle de son corps. Je pense bien qu’il a raison, sinon, ça ne ferait pas une super série. Il ouvre aussi une piste intéressante : Tommy explique à Ultron qu’il ne comprendra jamais les relations et restera seul.

Suite à un bug, Vision découvre par Friday qu’ils ont un décalage de 20h avec le direct. C’est… beaucoup. Pas de quoi s’inquiéter, Ultron utilise ce temps à recharger ses batteries. Il est donc coincé dans sa tête, à savoir toujours un manoir anglais des années 20. À défaut d’avoir des IA avec qui bavarder, il peut tout de même parler avec… lui-même. Oh, flemme. J’aime bien l’acteur, mais ils ont une telle fascination pour lui, c’est trop.

Pour ne rien arranger, Vision découvre, grâce à Edith, que pendant qu’il s’occupait de Tommy, Ultron, lui, papotait depuis sa prison avec Paladin. Sans déconner. Non seulement Ultron a donné la position de Vision à Paladin, mais en plus, ils ont continué à échanger. Est-ce qu’on apprend vraiment quelque chose de la conversation qui suit ? En vrai, un peu : cela permet de savoir ce que Paladin fait depuis qu’il est viré. Sans trop de surprise, il n’abandonne pas son objectif. Cela mène Vision à découvrir, grâce à Friday cette fois, que Tommy a été kidnappé. Encore.

C’est aussitôt la panique et il veut tout défoncer des firewalls pour reprendre possession de son corps. Friday s’y oppose : désactiver les firewalls, c’est permettre à Ultron de s’échapper dans le réseau numérique de son choix. Ce serait une catastrophe, donc. Pourquoi pas. J’aime bien l’idée, surtout que ça mène à une nouvelle enquête où Vision comprend que le bug qu’ils ont expérimenté quand Ultron était au bar cachait autre chose : Ultron a rencontré Joséphine et a pu parler avec elle. Ben oui, Tommy lui a dit qu’il allait rester seul, alors son réflexe est de se précipiter vers Joséphine, logique.

Cette dernière sait qu’Ultron lui a pris quelque chose et, au moment où elle allait dire quoi, Vision fait pause et demande à revenir sur les images du gala. C’est un peu ridicule. En tout cas, ça lui permet d’avoir confirmation de ce que dit Joséphine : Ultron lui a bien pris quelque chose, mais pas ce à quoi on pourrait s’attendre. Avant de la faire tuer, il a pu prendre un scan du visage de Katerina – une autre bio-clé, donc. Putain, l’épisode précédent montrait qu’il la détruisait pour bloquer Joséphine, ça n’a aucun sens de nous dire maintenant qu’il poursuit le même plan qu’elle… et donc qu’ils vont faire équipe, je suppose, puisqu’elle a le reste des clés dont il va avoir besoin ? Du coup, pourquoi tuer Katerina et faire croire à Joséphine que c’est foutu plutôt que de tout de suite faire équipe avec elle ? Ca n’a pas de sens, putain, ce sont des machines, elles sont censées être plus intelligentes que ça et se comportent comme des gamins capricieux ?

On en revient en tout cas à la conversation entre Ultron et Joséphine, qui a été bien longue apparemment. Vraiment, ils changent trop la personnalité d’Ultron. C’est censé être un psychopathe qui veut détruire le monde pour sauver les humains, pas un calculateur fin psychologue qui papote en buvant du whisky. On passe d’un méchant exceptionnel à un espèce de Fisk du pauvre là, et vous connaissez peut-être déjà ma détestation de Fisk. Ca parle, ça parle, ça parle et on s’ennuie. Je veux dire on en est au stade où ils nous imposent une scène dans laquelle Ultron est en train de draguer Joséphine. OK, OK, je suis un peu de mauvaise foi, c’est une métaphore là, mais sérieusement : Ultron propose à Joséphine un rencard au Louvre.

Edith et U résument parfaitement mon point de vue : « make it stop », « kill me ». C’est si long pour rien. Les acteurs sont bons, mais bordel, ce sont des IA que l’on voit être en train de se draguer au lieu d’être les grands méchants qu’ils doivent être. En plus, faut voir leur vision du Louvre, là, ils sont juste sous une mini-pyramide de verre et face à trois tableaux (dont un qui est au Louvre-Lens, mais bon, c’est un détail, je suppose).

Puisque je décroche complètement de la conversation qui passe ensuite dans un magasin de vinyle et face à des oiseaux qui volent dans le ciel, je vais me concentrer sur l’aspect technique de cet épisode. Je trouve ça assez fascinant du côté de l’écriture : j’aime les jeux entre les souvenirs et les observateurs IA, le noir et blanc avec les touches de couleurs (tout ne se justifie pas, en vrai). Quant à l’interminable discussion, elle débouche sur la révélation ô combien choquante et si peu prévisible que le but ultime d’Ultron est de… détruire le monde ? Oh, ben ça alors ! Vraiment, je ne l’avais pas vu venir qu’il avait pour intention de s’associer à Joséphine afin de redevenir un grand méchant. Pourquoi nous imposer cet épisode hyper long où il apparaît comme sympathique et dragueur si c’est pour revenir au point de départ sans avoir réussi à nous convaincre un iota de seconde qu’il pouvait être sympathique ? Et puis, pourquoi ce cliffhanger nous promettant un Paul Bettany interprétant Ultron pour finalement avoir un épisode où il est spectateur d’un Ultron tout doux comme un agneau ?

On en a en tout cas fini avec les souvenirs que Vision et les IA regardent : Ultron débarque ensuite pour parler avec Vision. Toutes les autres IA sont toujours là, hein, mais elles servent encore plus de plantes vertes que pendant le reste de l’épisode (c’est dire !). Cela a dû être long à tourner pour les acteurs, franchement. Bref, Ultron se justifie en expliquant à Vision qu’il en avait marre d’être en prison – même si Vision lui dit que ce n’est pas une prison, juste de la pitié – et que maintenant il touche enfin à la liberté. Il demande donc à Vision de le libérer une fois pour toutes en désactivant les firewalls.

Vision refuse et cela mène à un chantage hyper prévisible de la part d’Ultron : Vision peut décider de libérer Ultron quand il le veut… ou attendre de voir Tommy se faire tuer par Paladin ou, pire (ah bon, c’est pire ?), être transformé en tueur à gages lui aussi. Tout ça pour ça, donc. J’aime le dilemme face auquel est Vision.

J’ai quand même l’impression qu’on n’envisage pas toutes les possibilités ici, mais soit. Vision choisit rapidement Tommy, même s’il affirme ensuite que ce n’est pas son fils (ben alors pourquoi sacrifier le monde dans ce cas ?), et rejoint Ultron avant qu’il ne s’échappe. Loin d’essayer de l’empêcher de s’enfuir maintenant qu’il est libre, Vision préfère offrir un chapeau à Ultron et le regarder alors qu’il se barre.

Heureusement que Friday est là pour résumer exactement ce que j’en pense. Enervée de voir Vision être un incapable, Friday fait le choix de quitter à son tour le manoir. Elle suit donc Ultron dans le grand vide intersidéral du numérique. Edith n’a pas le temps de la retenir et se retrouve ainsi à finir l’épisode en pleurant son amie, dont elle est sûre qu’elle sera supprimée… Alors que je suis persuadé du contraire, mais bon.

Pas le temps pour les émotions cependant, Vision informe Edith qu’il est largement temps pour lui de… se réveiller. Sans trop de surprise, Ultron a réservé une dernière surprise pour Vision : il a abandonné son corps dans un avion-cargo transportant des animaux jusqu’à Madripoor. Ahah, et dire que Vision a promis à Ultron de partir à sa poursuite !

Avant ça, il faut s’occuper de Tommy et, finalement, Ultron a décidé d’aider Vision à faire ça. Cela n’a pas trop de sens, mais l’avion le mène en fait sur le chemin qui lui permettra de sauver son fils, avec l’aide de Lisa qui est toujours là et a été témoin de tous les bugs de Vision. Soit. Pourquoi Ultron ferait-il ça pour Vision ? Aucune idée, mais on n’a que quelques épisodes après tout, il faut bien gagner du temps quelque part.

En tout cas, j’aime bien l’idée que ce nouveau Vision fasse quand même passer Tommy avant tout le reste. Il reproduit ainsi exactement les mêmes erreurs que Wanda à Westview et je pense que ça peut être intéressant pour la suite. Par contre, il va vraiment falloir qu’ils annoncent des retrouvailles pour la famille dans un nouveau projet – plutôt une série qu’un film, par pitié.

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Retour à Panem #3 : Fallait-il vraiment couper Hunger Games La Révolte en deux ?

En attendant la sortie du prochain Hunger Games en novembre et même si le livre m’avait moyennement emballé, je profite de la ressortie de la saga au cinéma pour revoir enfin un film chaque dimanche. Quitte à faire cet énorme sacrifice, autant vous en parler ici !

Salut les sériephiles,

Troisième dimanche, troisième Hunger Games au cinéma et troisième article du mercredi ! Après la claque monumentale que m’avait mise L’Embrasement, j’avais hâte de découvrir si La Révolte – Partie 1 me ferait autant d’effet. Bon, je savais aussi qu’il s’agissait de l’un des volets les moins appréciés de la saga, mais j’avais oublié pourquoi parce que vraiment, je ne l’avais jamais revu. Maintenant, je m’en souviens et je dois bien reconnaître qu’il est mal-aimé pour une bonne raison : c’est un film génial, qui regorge de moments incroyables, mais qui ne fonctionne pas franchement comme un… film. C’est une adaptation d’un roman, et ça se sent. Je crois que tout le problème vient de cette fichue décision de couper le dernier roman en deux.

Souvenez-vous de cette mode hollywoodienne des années 2010 qui consistait à transformer systématiquement le dernier tome d’une saga en deux films. Harry Potter s’y était essayé, avec un septième film incroyable avant un huitième qui expédie beaucoup trop de choses. Twilight avait également tenté le coup, et franchement, quelle catastrophe ! Hunger Games a suivi le mouvement, avec une adaptation manifestement très fidèle au roman, mais qui me donne l’impression de regarder une succession de chapitres plutôt qu’un véritable film. Ça ressemble bien à la première moitié d’un excellent roman, car c’est c’est qu’il est.

C’est assez paradoxal puisque La Révolte – Partie 1 est le plus court de la saga, mais il paraît parfois interminable. On nous installe les personnages, on découvre le district 13, on assiste à la naissance de la rébellion et on enchaîne les événements sans qu’ils parviennent vraiment à former un tout. C’est ce qui donne l’impression que c’est interminable : ça ne commence jamais vraiment, on enchaîne des moments, c’est tout.

De ce point de vue-là, il faut reconnaître que l’absence des Hunger Games se fait terriblement sentir. Plus d’arène, plus de compétition qui structure le récit, plus de mort abominable toutes les cinq minutes ; non, vraiment, l’univers change. C’est toujours violent, mais voilà, les préparatifs d’une révolution, aussi passionnants soient-ils, ne remplacent pas forcément l’adrénaline que procurait l’arène et qui sauvait souvent les opus précédents des moments creux et plus ennuyeux. Je pense que c’est vraiment voulu : Katniss est isolée et ça se ressent. On ne peut pas dire qu’elle s’ennuie, hein, et nous non plus, mais c’est plus long – et on nous impose beaucoup de texte l’air de rien. Les discours fleuves n’en finissent plus !

Pourtant, qu’est-ce qu’il y a de bonnes idées, à commencer par toute cette réflexion autour de la propagande, que j’adorais déjà dans L’Embrasement et qui prend ici une place considérable. Pour que la révolution fonctionne, il lui faut un visage. Les rebelles ont Katniss (on notera d’ailleurs qu’il y a un vrai souci dans le scénario, puisque Snow ne veut pas que le Capitole les appelle Rebelles, mais c’est le nom que tout le monde utilise ensuite, y compris au Capitole ?), le président Snow a Peeta, et chacun tente de convaincre Panem que son camp détient la vérité. On fabrique des images, on construit des discours, on cherche à provoquer les émotions qui permettront de rallier la population à sa cause – et ça, des deux côtés. Bien sûr, on sait que le camp de Katniss est celui qui a raison, mais c’est passionnant de voir comment Katniss, qui n’a absolument rien demandé, devient malgré elle le symbole d’un mouvement politique et est instrumentalisée aussi quand elle est du bon côté.

J’aime particulièrement le fait qu’elle soit incapable de jouer correctement le rôle qu’on lui a écrit. On la filme, on lui demande de réciter des textes et ça ne fonctionne pas. En revanche, dès qu’elle se retrouve confrontée à la réalité de la guerre et que ses émotions prennent le dessus, elle devient immédiatement convaincante. C’est assez terrible, finalement : pour fabriquer une bonne propagande, il faut exploiter les véritables souffrances de Katniss.

C’est aussi ce qui donne lieu à l’une des scènes les plus cultes de toute la saga : The Hanging Tree. Cette chanson que Katniss interprète et qui devient progressivement un chant de révolte repris par la population. Quelle réussite ! Je le disais déjà la semaine dernière, mais la musique joue un rôle absolument essentiel dans Hunger Games, et cette séquence en est probablement l’une des meilleures démonstrations – j’adore aussi la scène où Katniss sursaute en entendant le générique des jeux.

Difficile, surtout, de regarder cette scène de la révolte au barrage aujourd’hui sans penser aux manifestations françaises de ces dernières semaines, durant lesquelles The Hanging Tree a justement été repris. Voir une chanson de fiction devenir un véritable chant de contestation, ce n’est quand même pas rien ! J’avais déjà fait le rapprochement entre Panem et l’actualité dans mes précédents articles, mais il est encore plus frappant cette semaine. Le discours de Snow au début du film, qui érige l’ordre en valeur absolue, m’a notamment rappelé celui d’Emmanuel Macron au lendemain des manifestations. Les situations sont évidemment différentes, mais cette résonance politique est assez troublante.

Et puis, pendant que Katniss devient le Geai moqueur, Peeta apparaît régulièrement à la télévision dans un état de plus en plus inquiétant. Josh Hutcherson est excellent et Jennifer Lawrence aussi. Je continue de regretter qu’on n’ait pas accès aux pensées de Katniss, parce que les films ne parviennent pas toujours à me faire comprendre ses sentiments pour Peeta. On nous dit qu’elle l’aime, tout concourt à nous le montrer, mais il manque parfois quelque chose. À l’inverse, Gale continue d’être présent pour elle, quitte à comprendre qu’il n’a plus vraiment sa place dans cette histoire d’amour. Il a beau avoir sauvé une partie des habitants du district 12, je n’accroche toujours pas tellement au personnage. Dommage pour lui – l’acteur est bien meilleur des années plus tard dans Most Dangerous Game.

Ce qui me frustre davantage, en revanche, c’est que le film multiplie les personnages et les situations sans toujours leur donner la place qu’ils mériteraient. Finnick, Annie, Johanna, l’équipe de tournage de Katniss… Il y a tellement de choses à raconter ! On aimerait aussi découvrir davantage ce qui se passe dans les autres districts, notamment les districts 1 et 2, ou même du côté du Capitole. Après la destruction du district 12, les contre-attaques de Snow et les opérations des rebelles, on comprend bien que cette guerre civile menace de détruire Panem tout entier. Le Capitole privé d’électricité en est d’ailleurs une excellente illustration. Mais tout cela reste souvent survolé, alors même que le film prend énormément de temps pour installer ses enjeux… Et je peux dire la même chose pour Peeta : on le voit diminué physiquement, mais on ne sait pas exactement ce qui lui arrive. Peut-être que ça joue beaucoup sur l’ambiance menaçante, mais ça marche mieux en livre qu’en film.

Bref, une fois n’est pas coutume : j’ai envie de relire les romans et il va vraiment falloir que je m’y mette. C’est un peu compliqué parce que j’ai les versions illustrées, donc ce sont d’énormes bouquins que je ne peux pas trimballer dans le train quoi. C’est loin d’être un regret en revanche, ces livres sont magnifiques !

Je suis persuadé que la saga fonctionne bien mieux à l’écrit qu’à l’écran – et pourtant j’adore les films. Seulement voilà, on nous demande vraiment de réfléchir et de se projeter, et l’écran impose trop une rapidité d’action qui ne permet pas autant la réflexion. En lisant, on peut prendre le temps de comprendre le sentiment d’injustice, la peur, la colère et cette révolte qui se construit progressivement. Au cinéma, en revanche, j’ai parfois l’impression qu’on a voulu absolument tout conserver sans suffisamment réfléchir à la façon de transformer ces chapitres en un véritable récit.

Heureusement, la dernière partie du film rappelle à quel point Snow est un adversaire terrifiant. Son face-à-face avec Katniss, lorsqu’il la laisse dans l’incertitude concernant la survie de Peeta et Gale, est glaçant. La révélation qui suit est encore pire : Peeta a été sauvé, mais Snow l’a préalablement torturé et manipulé pour qu’il haïsse Katniss au point de vouloir la tuer. Après l’avoir utilisé pour sa propagande, il en a fait une arme contre elle. C’est absolument horrible et le retournement fonctionne toujours aussi bien.

Malheureusement, contrairement au final complètement dingue de L’Embrasement, celui-ci me laisse surtout sur ma faim. On vient d’assister à une révélation terrible, mais le film se termine sur un discours de la présidente Coin qui n’a pas franchement la même puissance qu’un bon « If we burn, you burn with us! » de Katniss. Inévitablement, on a cette impression désagréable de devoir interrompre une histoire qui n’est absolument pas terminée, mais bizarrement, j’ai trouvé que la fin du deuxième film était un bien meilleur cliffhanger que celui-ci… Forcément, car celui-ci est artificiel et n’a jamais été envisagé comme tel à l’écriture.

C’est là tout mon problème avec La Révolte – Partie 1. À force de vouloir respecter chaque étape du roman, on a peut-être oublié qu’une adaptation devait aussi fonctionner indépendamment du livre dont elle est tirée – ou alors, il aurait fallu faire un film de 3h30, tout simplement… Aujourd’hui, ça se fait, à l’époque, ça ne passait pas tellement, et j’aurais probablement détesté qu’on retire des moments cultes. Alors, fallait-il vraiment couper La Révolte en deux ? Je ne suis pas persuadé que c’était une bonne idée quand même. Peut-être juste qu’il fallait se contenter des romans. Ou mieux encore : faire une série, tout simplement. Qu’est-ce que ça aurait été chouette une série Hunger Games !

En tout cas, j’attends quand même de revoir la deuxième partie pour trancher définitivement. J’ai regretté que la programmation UGC ne nous fasse pas enchaîner les deux films le même soir, parce que je suis sorti encore une fois avec une envie folle de découvrir la suite et que ça aurait été totalement justifié de les enchaîner… Non ?