Déjà quelques jours que cet article devrait être en ligne, mais voilà, j’ai manqué d’envie de l’écrire… Il faut dire qu’il est question de partager avec vous mes résultats de la grille du Bingo Séries 29, et forcément, entre une grille difficile, un déménagement chronophage et un rattrapage de Plus Belle la Vie, le score n’est pas vraiment super assumable… même si je dois avouer que j’ai plus de points que ce que je ne pensais au départ, surtout grâce aux multiples bonus de ce mois-ci. Jugez plutôt par vous-mêmes !
Août (4/4)
Ouf, j’ai au moins validé un thème, et vous allez voir que ce n’était pas gagné dans cette grille. Il m’aura fallu près d’un mois pour marquer les quatre points de ce thème, puisque j’ai fini avec The Affair et le sport au soleil quelques jours seulement avant la fin de la grille, mais c’était un thème faisable. Le reste des points est validé avec une plage dans la saison 4 de Preacher, un pique-nique frugal dans la 3e de Glow et la rentrée scolaire dans Plus Belle la Vie qui avait vu Samia (entre autres) revenir de vacances. Mon dieu, depuis, j’ai quasiment vu un an d’épisodes !
Lettre G (3/4)
Je n’ai pas réussi à trouver de ville, état, région ou pays en G dans mes visionnages du mois d’août… mais j’ai possiblement manqué d’attention également, il faut bien le dire. Pour le reste, j’ai validé un point avec le 2×02 de Missions, puisque Gemma s’écrit avec un G et non un J comme je le mettais parfois en saison 1. Sinon, heureusement que Glowétait là pour les autres points !
Pop-Culture (0/4)
Je crois que c’est une grande première pour moi, je n’ai pas marqué un seul point de ce thème-ci ! Bon, pour ma défense, j’ai possiblement raté le point 10 à ne pas prêter assez attention à comment étaient habillés les personnages sur mon écran, mais autrement, c’est bel et bien un échec cuisant. Pourtant, ce thème me donnait super envie… il aurait juste fallu qu’il tombe sur un moment où je visionnais d’autres types de séries, en fait.
Dessins Animés (1/4)
Même son de cloche pour celui-ci. Si je n’étais pas tombé dans mon énorme rattrapage, j’aurais possiblement pris au moins le temps de regarder une série animée ou de poursuivre un peu plus Single Parents, histoire de voir un enfant regarder un dessin animé (quand même !). À la place de ça, je me suis contenté de terminer mon rewatch de la saison 2 de Pokemon. Il faudrait que je continue ce rewatch à l’occasion d’ailleurs…
Actions (3/4)
Voir un épisode la fenêtre ouverte en plein été ? C’était donné et je l’ai fait devant la fin de saison de The 100. Tout le reste était beaucoup plus compliqué et j’ai galéré… ou pas. Finalement, ne marquer que deux points par jour, c’était assez facile vu ma performance sur cette grille. Je n’ai même pas eu le temps de regarder une saison de huit épisodes, c’est dire !
J’ai redécouvert ce gif qui doit dater d’il y a dix ans, et ça me fait marrer.
Heureusement qu’il y avait ensuite les points bonus pour me booster davantage et me faire regagner des points… Après, je les ai tous marqués avec Plus belle la vie ces bonus : les ados seuls à l’écran (avec Tom & Mila, que j’adorais jusqu’à ce que je vois l’intrigue « no bac » ce week-end zzz), le perso qui prend une photo (Estelle) et le chien (Blanche & Franck, mais que c’était une intrigue pourrie !!) me rajoutent donc trois points, auxquels j’ajoute également un tweet pour faire de la pub pour le Bingo le 31 août.
Voilà donc pour moi, ce qui me fait un total de seulement 15/20. Franchement, je m’imaginais plutôt à 12 ou 13, donc on va dire que je suis quand même content, même si je suis loin des succès des mois précédents. Espérons que ce soit mieux ce mois-ci, surtout avec la rentrée des séries qui approche à son tour maintenant que la rentrée scolaire est passée !
Ces derniers temps, c’est la dégringolade : dégringolade du nombre d’épisodes vus (je n’arrête pas de reporter mon visionnage de 13 Reasons Why!!) et dégringolade du nombre de vues sur le blog, surtout maintenant que les chaînes françaises ont fini de diffuser les séries que j’ai commentées sur le blog.
Enfin, il y a certaines séries qui fonctionnent bien même sans diffusion française, cela dit.
La rentrée des séries fera du bien au blog, mais en attendant, c’était encore une petite semaine pour le blog – et cette fois, c’était quasiment la plus mauvaise de l’année 2019 mais la journée d’hier a tout rattrapé sans que je ne m’y attende. Oui, je vous en parle quand même, pas de raison de vous le cacher, hein. Septembre a toujours été un mois plus difficile que les autres sur le blog de toute façon. Les articles les plus de la semaine sont :
L’avantage d’une petite semaine comme ça, c’est que ce sont vraiment les articles que j’ai publié cette semaine qui se retrouvent dans le top, à l’exception de l’indétrônable TFSAsexy qui cartonne toujours autant et assure à lui seul un bon quota de visites chaque semaine. Cela vous permet donc de découvrir que les articles quotidiens attirent une trentaine d’entre vous chaque jour, et ça, je vous en remercie.
Pour le reste de ce top, c’est sans surprise que le Bingo Séries se hisse à la première place, même si je soupçonne l’échec de la publication de la couverture sur Twitter et Facebook d’avoir donné un coup au moral de l’article… ou alors, c’est la grille 29 assez impossible (mon résultat demain) qui fait ça, allez savoir !
Enfin, Younger s’impose comme l’épisode le plus consulté de la semaine, avec un score qui fait pourtant pâle figure par rapport à ce qu’elle a pu faire parfois cette saison. Pour un dernier épisode, c’est intrigant que ça ne monte pas plus haut. De mon côté, je n’ai pas arrangé les affaires du blog en ne voyant certains épisodes qui habituellement font des vues qu’hier en fin d’après-midi ou en soirée. Ainsi, le top des saisons les plus consultées fut le suivant :
Sans trop de surprise, c’est donc Youngerqui prend la tête du classement grâce à son inédit très vu sur le blog, suivi d’assez loin tout de même par Fear. Cette deuxième position reste confortable pour la série d’AMC, puisqu’elle cumule les vues de l’épisode de la semaine dernière et de celui d’aujourd’hui, qui a été mis en ligne dès samedi et que j’ai pu voir hier soir. Forcément, ça aide.
De manière totalement incompréhensible, c’est ensuite la saison 1 du reboot de Charmed qui occupe la troisième place, avec un peu moins d’une dizaine de vues… sur quasiment tous les épisodes de la saison. Je ne sais pas trop ce qu’il s’est passé, mais ça m’a presque donné envie de me revoir cette première saison moi aussi. Après tout, elle était très cool !
Je ne peux pas en dire autant de la saison 2 de The Outpost qui se fait une jolie place sur le blog cette semaine. Pourtant… bon, comment dire ? Autant j’ai aimé le début de saison, autant on nous prend vraiment pour des imbéciles depuis deux ou trois épisodes. La qualité est retombée bien bas, c’est dommage ! Du coup, Why Women Kill mériterait selon moi d’être plus haut dans le classement… mais bon, je me fie à vos choix et surtout à vos vues sur le blog pour établir ces tops, pas à mes notes ! M’enfin, si vous regardez mes notes, vous savez quelle série il vaut mieux regarder entre ces deux-là, hein.
Dans tout ça, j’ai terminé la semaine avec 22 articles publiés et 113 commentaires de votre part, dont une grande partie a été publiée hier aussi. Au moins, ça ne faiblit pas du côté de nos échanges, et ça, ça fait plaisir. Du côté des recherches menant au blog, en revanche, on a surtout des choses un peu tristes avec des sériephiles cherchant à voir la saison 4 inexistante de Quanticoou l’épisode 21 tout aussi imaginaire de The Rookie. C’est moche de se casser les dents comme ça – j’imagine qu’en tombant sur mon blog et cette triste vérité, certains ont dû s’arracher les cheveux…
Allez, je vous souhaite tout de même une bonne semaine !
C’est avec un peu de retard que je débarque aujourd’hui avec la performance de la semaine, mais en même temps, on a connu pire comme retard de ma part. Cela fait déjà un an que j’ai lancé ce type d’articles, et je vais donc justifier mon retard par une petite refonte de la mise en page et des infos données. J’espère que vous aimerez cette nouvelle présentation que j’adapterai également en fonction de vos retours pour les prochains articles dominicaux !
Pourquoi ? Eva Longoria est une actrice que j’ai toujours beaucoup aimée et qui a su nous faire vibrer des années durant avec le rôle de Gabrielle Solis. Cette fois, c’est avec celui de Beatriz Mendoza qu’elle nous prouve à nouveau qu’elle peut être une grande actrice. Non contente d’être productrice de Grand Hotel, Eva Longoria s’est en effet gardée le rôle-clé de la mère décédée pour elle, et elle a bien fait. Dans l’épisode de la semaine, plusieurs flashbacks nous révèlent enfin le passé de l’hôtel et donc de son personnage, ainsi que le secret de famille derrière sa mort. Attention, spoilers dans le second paragraphe !
Dans cet épisode, nous apprenons donc que Beatriz était tout simplement bipolaire, enchaînant donc les phases maniaques et la dépression. Les différents flashbacks nous permettent de découvrir ces différentes facettes du personnage et l’actrice les incarne avec beaucoup de justesse. Je l’ai trouvée touchante à plusieurs reprises et toujours à très à fond dans son rôle. Ce que j’ai surtout aimé, c’est qu’elle a réussi à me faire oublier Gabrielle Solis, même s’il y avait des ressemblances entre les excentricités des deux femmes. Et ça, c’est déjà pas mal.
Même si elle ne doit pas cumuler plus d’un quart d’apparition dans cet épisode, et à peine 25 minutes sur la saison, en comptant large, Eva Longoria parvient à marquer les esprits avec ce rôle. Après les flashbacks de mardi dernier, la série ne sera plus jamais comme avant et j’ai hâte de voir le prochain épisode, qui marquera la fin de la saison. En attendant, l’actrice se paye le luxe d’être celle qui nous révèle le plus gros secret de l’hôtel, dans sa lettre de suicide. Et le tout, en musique, avec Ruelle (encore et toujours, c’est fou ce que cette chanteuse est dans toutes les séries !).
Vue aussi dans : Je l’ai citée à plusieurs reprises déjà, nous avons vu Eva Longoria dans le rôle inoubliable de Gabrielle Solis, pendant toutes les saisons de Desperate Housewives. Déjà à l’époque, elle était capable de me faire passer du fou rire aux larmes – la scène du ballon me file encore des frissons quand j’y repense ! Je veux bien qu’elle soit aidée par le scénario, mais il n’y a pas à dire, elle déchire tout cette actrice. Et cette série me manque encore parfois…
L’info en + : Eva Longoria fait également le buzz en ce moment parce qu’elle a décidé de soutenir Felicity Huffman face à la justice américaine dans une lettre adressée au juge chargé de la condamnation de cette dernière (impliquée dans une histoire de trafic d’influence pour faire entrer son enfant dans une grande université américaine). La lettre permet donc d’apprendre qu’Eva Longoria a été harcelée sur le plateau de Desperate Housewives, jusqu’à ce que Felicity Huffman (Linette Scavo dans la série) intervienne pour que ça cesse. Des années après, la série continue donc de se faire une réputation sulfureuse. Tout n’était pas rose chez ABC à l’époque, ce n’est pas nouveau… mais c’est chaque fois bien triste de le redécouvrir.
Aujourd’hui, je devais publier mon résultat du Bingo Séries 29, mais l’article attendra quelques jours de plus parce que j’ai décidé, sur un coup de tête, d’aller au cinéma hier soir pour me changer les idées après une semaine pas si reposante. Maintenant que je suis de retour en région parisienne et possesseur d’une carte de cinéma, ça risque de m’arriver un peu plus. Avant même de vous parler des films vus en août, me voici donc avec mon premier film de septembre qui est loin de m’avoir changé les idées finalement, puisque je suis allé voir La Vie scolaire. Comme d’hab, méfiez-vous, la bande-annonce en dit beaucoup trop.
Forcément. J’en avais déjà beaucoup entendu parler avant, avec beaucoup de retours positifs sur l’aspect quasi-documentaire qu’il avait, et j’étais curieux de voir ce que ça donnait. Pour remettre en contexte si vous ne me suivez pas sur le blog ou les réseaux sociaux, je suis un jeune professeur affecté en remplacement dans un collège REP+, depuis deux semaines. Autrement dit, un établissement à l’image de celui du film, en plein cœur d’une cité (mais pas en banlieue, en revanche ; loin de Paris). Vous voyez, pas vraiment un changement d’idées ce film.
Pas non plus un reflet conforme de la réalité, d’ailleurs. J’ai adoré ce film et j’expliquerai plus bas pourquoi, mais avant tout, cassons l’image du documentaire que certains prêtent au film. Comme toujours dans les films sur les établissements scolaires, il y a un parti pris qui est fait, et qui est totalement assumé ici : celui de la comédie. Par conséquent, le film véhicule un bon nombre de clichés : les cours de musique à la flûte (ce n’est plus obligatoire dans les programmes depuis un moment), les cours de sport avec des moyens financiers assez dingues ou des professeurs tous plus stéréotypés les uns que les autres. Ça, ça ne m’a pas dérangé, parce que même si c’est caricatural (le prof de sport, franchement !), c’est réussi : ça fait rire, et c’est le but de ce film de la rentrée.
D’autres clichés et libertés scénaristiques sont un peu plus dérangeantes pour vraiment se faire une idée du métier ; et principalement autour de la vie de Samia, la CPE qui porte le film. Franchement, c’est bien mignon de nous dire qu’elle choisit d’être là, mais non, toutes les relations du monde (de sa mère, en plus, même pas d’elle !) au rectorat (mais lequel ?) ne l’aideront pas à quitter la région parisienne, hein. Elle est jeune, probablement célibataire administrativement parlant et sans enfant : c’est le profil typique des personnels mutés dans des établissements REP+, parce qu’on n’a pas de points pour avoir autre chose. Certains font le choix de demander ces établissements, même avec plus de points, ou d’y rester parce qu’ils aiment ça (j’y viens, j’y viens), mais on ne les quitte pas comme ça non plus.
Un autre point qui passe mal pour être vraiment réaliste : qu’elle soit idéaliste, bienveillante et géniale leur CPE, je veux bien, mais à quel moment s’en tire-t-elle financièrement avec ses tenues hyper chères, son appartement de région parisienne assez grand et sa voiture dont « ils ont encore pété » le rétroviseur ? Lorsqu’elle a un moment de déprime (purement réaliste, lui) en milieu de film, il aurait été judicieux d’aborder l’aspect financier aussi.
Aucun film n’est parfait après, et la vision choisie ici est plutôt celle de l’(ex) élève de banlieue que celle du personnel de la vie scolaire. À mon sens, le film aurait peut-être dû se choisir un autre titre, parce que finalement, la vie scolaire est assez peu développée : on voit surtout Yanis, Samia et deux surveillants. Tout le reste est occulté ; et même dans le travail de « vie sco » à proprement parler, on est sur une réalité embellie.
Je veux bien la même salle des profs et le même établissement, un peu trop nettoyé pour l’occasion.
Avant d’enfin passer à tout le positif que j’ai à dire de ce film, j’ajouterai qu’il a encore trois points sur lesquels j’ai eu du mal : le prof d’histoire, d’abord hyper réaliste dans son mal-être face à ses élèves, finit par être un pur cliché du connard (je ne sais pas si de tels collègues existent – probablement que oui) dont on explique pas assez la perte de contrôle (et du coup, on passe à côté d’une intrigue intéressante qui aurait pu complexifier un peu les choses, mais ce n’était pas le but, je sais) ; la réunion de début d’année complètement fictive ensuite (les emplois du temps ne sont que bien rarement donnés si vite et comme ça et jamais aucun professeur, même avec toute la bienveillance du monde, ne se dira satisfait d’être professeur principal d’une classe à orientation et à problèmes de comportement*) ; la fin du film, enfin, que j’ai trouvée bien trop précipitée.
C’est souvent pour ça que je n’aime pas les films, d’ailleurs. Certes, je ne sais pas si j’aurais tenu beaucoup plus longtemps face à un film qui est vraiment d’une bonne durée pour ce qu’il représente et la claque qu’il doit mettre à certains, mais la fin manque vraiment d’explications et de conclusions d’un bon nombre d’intrigues (que devient Dylan ? pourquoi ce choix de la Segpa, soudain beaucoup moins comique d’ailleurs (et heureusement, car je n’aurais pas aimé rester sur l’image qu’ils en donnaient avant dans le film) ? pourquoi la CPE reste-t-elle exactement – pour son copain ou son métier ?). Il n’y a pas à chercher loin pour trouver des réponses satisfaisantes aux questions ouvertes, mais j’aurais aimé les avoir à l’écran.
J’aime le jeu des affiches en parallèle, c’est sympa.
Bon, et donc, pourquoi j’ai adoré ce film alors ? Ben, pour son réalisme, malgré tout ce que je viens de dire. Oui, certains profils ou caractères sont exagérés, mais dans l’ensemble, c’est juste pour ajouter un peu d’humour à la comédie, mais la vérité ressemble vraiment à ça : l’ado qui « marche vite » tout le temps, celui qui deale, les tensions exacerbées par un rien, la difficulté à s’adapter à son interlocuteur, la classe bordélique, la déléguée investie, le personnel qui dépense un peu trop d’énergie en classe et se vanne pour se soutenir en-dehors, la tour HLM à 50 mètres du collège (gros coup de cœur pour le plan séquence qui nous montre Yanis aller au collège, c’est parfait), l’élève mytho, l’élève qui se perd dans ce qu’il raconte, le meilleur ami exclu, les profs qui font les mêmes soirées que leurs élèves, les jeunes plein de confiance et de rêves mais en perte totale de repères face au système scolaire ; tout s’inspire de situations qui existent et qu’on ne peut que reconnaître quand on y est confronté.
Une semaine, j’y ai déjà eu droit.
La plus grande réussite va aux dialogues. J’ai pu lire dans certaines critiques que c’était « trop écrit », avec « trop de punchlines ». Alors, oui, OK, c’est un projet avec Grand Corps Malade, évidemment qu’il y a de la très bonne punchline – ce n’est pas pour rien que « Je viens de là » a été reprise comme BO du film. Mais bon, la vie dans un établissement comme ça passe bien évidemment par la punchline. Les élèves ne sont jamais à court de réponses osées comme celles du film, malgré un langage à base de « wallah » (encore que, ça me semble un peu passé de mode contrairement à ce qu’on voit dans le film) et d’insultes. En tant que professeur de français, il n’y a pas à dire, le travail de la langue – souvent inconscient – est passionnant ; du verlan à l’aisance de l’oral. L’écrit déraille, c’est vrai, mais l’oral, c’est souvent passionnant. Et comme je suis toujours super sensible au travail des répliques et la fluidité des échanges, j’ai passé un excellent moment devant ce film.
La bande-originale du film est réussie aussi, et elle accompagne les moments d’humour bien dosés – la salle était presque pleine hier à 19h et tout le monde s’est bien marré – tout en soulignant bien les moments les plus tristes du film. Bien sûr, la musique fait beaucoup, mais il faut souligner surtout le casting exceptionnel. Il n’y a pas un acteur que j’ai trouvé en-dehors ou à côté de son rôle, ce qui est pourtant difficile dans les films avec des acteurs jeunes. Les moments de désillusion sont parfaitement rendus, côté ados comme adultes. Malgré toute la bienveillance et motivation du monde, évidemment qu’il y a des moments de passage à vide, et ils sont bien rendus à l’écran ; c’était touchant.
Une autre réalité que j’ai aimé voir et dont je me suis rendu compte bien rapidement cette semaine, c’est de voir à quel point ces jeunes sont débrouillards finalement. Et encore, dans le film, on a une mère peu débordée et à la vie bien rangée ; mais eh, j’ai des élèves de 11 ans cette année qui sont plus matures sur certains points que ceux de 16 ans que j’avais l’an dernier. La vie n’est pas tout à fait la même, les problématiques auxquelles les jeunes sont confrontées sont différentes en banlieue qu’ailleurs, et c’est bien rendu. Ils mûrissent plus vite tout en restant des enfants, et ça ajoute à la complexité – et la beauté ! – des métiers en lien avec l’éducation. Et là-dessus, le film est parfait, donnant même envie d’aller enseigner sur place (ou alors ce n’est que moi ?) pour faire sa différence, « pour en sauver deux ou trois », et plus si possible ; parce que le potentiel est énorme.
Bref, j’en suis déjà à 1500 mots sur ce film, mais j’ai vraiment passé un excellent moment. Concerné ou non, je pense qu’il faut le voir, parce qu’il décrit malgré tout une réalité qui existe et sur laquelle on ne doit pas fermer les yeux, ni se contenter de la vision négative des médias. La banlieue, c’est aussi ce qu’on voit dans ce film, on ne fait pas qu’y survivre.
Il faut voir à la télé comment on parle de là où je viens ; si jamais j’connaissais pas, j’y emmènerais même pas mon chien…
Prévoyez de rester sur le générique de fin, il est sympa… et je ne dis pas ça uniquement parce que j’aime le rap quand il est bien fait.
* Bon, d’accord, ça doit bien exister, mais remettons les choses dans leur contexte : l’indemnité « professeur principal » est de 1426€ brut par anmaximum – 906 minimum, 1609 pour un agrégé – pour un nombre d’heures supplémentaires faramineux, et pas seulement de vie de classe. Sur les classes à orientation, il faut prévoir les conseils de classe beaucoup plus loin, l’accompagnement des élèves, les recherches pour cela, etc. ; et sur les classes à problème, les différents rapports d’incidents, les conseils de discipline, les rendez-vous avec les parents, la mise en place de programmes particuliers (PPRE, PAI et plein d’autres acronymes), tout ça, tout ça. Vous avez beau compter les vacances, jours fériés et tout ce que vous voulez, je vous assure que ça ne fait pas plaisir d’être professeur principal d’une classe comme celle-ci, même quand on adore (encore) le métier.