Mais pourquoi les séries parlent-elles du coronavirus ?

Salut les sériephiles,

La semaine dernière, je vous parlais de ces séries qui évoquent le Covid19 dans leurs intrigues, mais je passais à côté du vrai sujet que je voulais traiter. C’est un comble, tout de même. Le vrai sujet ? Je n’arrête pas de voir passer des tweets se désolant et se lamentant (non, je ne suis jamais dans l’excès) de ces séries qui parlent encore du Covid alors qu’on en bouffe à toutes les sauces depuis le mois de mars (enfin, cela dit, évitez de le bouffer, vous finiriez par être testé positif).

Voir aussi : Alors, le coronavirus dans les séries, ça donne quoi ?

Je réponds que c’est précisément pour ça que c’est important d’en parler dans les fictions ! Alors évidemment, pas toutes les fictions. Je ne vois pas trop l’intérêt qu’une série comme Supergirl évoque le coronavirus, parce qu’elle n’a pour postulat de base de nous parler de la réalité et du quotidien. Aux dernières nouvelles, aucun super-héros n’existe dans notre monde et, dès lors, Kara et tous ses amis n’ont pas à vivre notre quotidien… et même, ça ferait du bien de pouvoir s’échapper de la morosité du quotidien grâce à des séries de ce genre (mais peut-être pas Supergirl, parce que bonjour la qualité quoi).

Supergirl' 3x07 Review: 'Wake Up' | Fangirlish

En revanche, si je ne suis pas blasé de cette situation, au contraire même, c’est parce que des séries qui évoquent notre quotidien dans l’ADN même de leur synopsis ont pour moi tout intérêt à aborder le sujet de la pandémie mondiale en cours. Déjà, c’est important pour la mise en place d’une catharsis moderne qui a besoin d’exister. La catharsis, c’est à l’origine la purgation des passions par la terreur, la crainte et la pitié que l’on ressent face à un spectacle théâtral. De nos jours, ça passe par la violence des films et séries qui permet de se libérer de certaines contraintes et angoisses pour mieux les vivre dans notre quotidien. Et franchement, quand on parle contrainte et angoisse en 2020, je pense que le premier truc qui vient en tête, c’est le coronavirus.

Au-delà de cette catharsis nécessaire, il ne faut pas oublier que les séries évoquant notre monde quotidien jouent le plus souvent avec nous et avec un procédé d’identification aux personnages. Alors bien sûr, nous ne sommes pas les policiers de New-York vu dans Unité Spéciale et nous ne sommes pas les brillants chirurgiens de Seattle dans Grey’s Anatomy… mais nous sommes leurs victimes et patients, nous sommes dans le même monde, nous sommes des humains comme eux, et ça suffit déjà à s’identifier à eux.

mine:-grey's-anatomy | Tumblr

Par conséquent, les séries seraient tout de même nettement moins passionnantes si elles ne traitaient pas elle aussi le coronavirus : elles se priveraient totalement d’une grosse partie de l’identification, pourtant importante dans leur composition, en nous montrant que les personnages ont la chance de mener une vie dénuée d’un paquet de soucis auxquels nous, on fait face. Et ça le fait d’un coup beaucoup moins Grey’s si on a une vie plus merdique que Meredith Grey !

Pour s’en convaincre, je me tourne vers ceux qui regardent Plus Belle la Vie ou NCIS : dans la première, les personnages parlent parfois de l’épidémie, vite fait, comme si tout était déjà terminé… et ça n’a pas trop de crédibilité quand nous, on en est encore à porter des masques et tenter d’avoir notre mètre de distance. D’ailleurs, vraiment, la série française a raté le coche et s’est planté dans les grandes lignes, alors qu’elle avait une intrigue sur le Sars au tout début du confinement ! Pour une série qui a toujours suivi l’actualité de très près, avec des hommages et tout, c’est super dommage (et la qualité est franchement sur le déclin depuis son retour en juin).

Cote de Pablo returns to television with 'The Dovekeepers' | The StarPour la seconde, les scénaristes font le choix du flashback pour ne pas se prendre la tête. Pas d’épidémie à l’écran, donc, mais des contraintes énormes sur le tournage, avec des distanciations physiques à tenir et des figurants moins nombreux. Conséquence ? La crédibilité de l’intrigue se voit amoindrie parce que ça ne fait plus tout à fait vrai.

Et tout le sujet de l’article réside là-dedans, finalement : ces séries visent à nous donner l’impression du vrai, et comment faire vrai en 2020 sans le Coronavirus ? C’est bien trop complexe… Autant l’aborder, donc, et nous permettre de purger nos angoisses en voyant nos personnages préférés se prendre de plein fouet l’épidémie.  Oui, dans certaines séries, c’est difficile à vivre parfois, oui, il y a eu des scènes anxiogènes depuis la rentrée, oui, ce n’est pas toujours agréable… mais c’est donc que ça fonctionne et que ces séries font bien leur boulot.

Certaines permettent aussi de prendre un peu de recul sur certaines situations, comme This is us. Je cite celle-ci parce qu’il est important aussi de souligner qu’il n’y a pas que les séries médicales ou policières qui sont légitimes sur le sujet. J’ai également de très bons échos de la saison 6 de Superstore par exemple (au point que ça me donne envie de la reprendre, c’est dire à quel point il est important de parler de l’épidémie). En plus, elle fait bien son travail si elle arrive à nous faire rire d’absurdités liées au Covid – et on a tous besoin de rire ! 

Les séries ont toujours été et sont encore le reflet de la société américaine – et d’ailleurs c’est amusant, en quelque sorte, de voir les différences du protocole par rapport à la France – et aux dernières nouvelles, la société américaine se prend de plein fouet la pandémie. Par contre, je comprends que ça puisse déplaire… Surtout que je reconnais qu’avoir une saison 3 de The Outpost qui traite (par accident, en plus !) d’une épidémie, ça m’a blasé.

Ca déplait aussi parce que par moment, ça paraît trop détaché de notre quotidien : nous sommes des blasés de la pandémie, déjà, et certaines scènes écrites il y a plusieurs mois n’ont plus l’effet escompté, particulièrement quand il s’agit de célébrer comme il se doit les soignants par exemple. On sait désormais toute l’hypocrisie qui peut se cacher derrière des applaudissements à 20h quand dès le déconfinement venu, tout le monde s’est baladé sans masque, par exemple.

Bref, quoiqu’annonce Macron ce soir, s’il vous plaît, continuez de faire attention à vous et aux autres, avec un masque, des gestes barrières et une bonne distance entre vous !

 

The Outpost – S03E07

Épisode 7 – Go Ahead And Run – 18/20
Bon, et bien, je suis une nouvelle fois bluffé par ce qui est en train de se passer avec cette saison 3. Je surnote probablement un peu, mais je la trouve beaucoup moins prévisible que les précédentes et surtout bien plus prenante ! Il se passe encore des twists que je n’ai pas vu arriver – alors que j’aurais dû ? – et qui remettent à plat toute la géopolitique de la série. C’est fluide, c’est logique, les personnages sont embarqués dans des situations nouvelles qui révèlent bien des choses du caractère de chacun… J’aime beaucoup, surtout que ça reste toujours aussi simple !

> Saison 3


Spoilers

So if Yavalla dies, it will cure the infected.

La semaine commence par un nouvel épisode de cette série, dont la CW a changé le jour de diffusion sans prévenir. Sans prévenir, c’est un peu ce qui arrive en ce début d’épisode : la capitale est prise d’assaut par Yavalla sans que le Prime Order ne s’y attende. Toute l’armée est infectée… Eux pensent devoir se battre contre Gwynn, mais l’ennemi est ailleurs.

Bon, en revanche, les puissants de la capitale ont un kinj, donc il y en a un qui peut se téléporter. L’autre est arrêtée, alors que Gwynn peut entrer sans problème dans la capitale. Ah ben ça nous change, ça ! J’ai pas mal ri de cette situation, mais les scénaristes forcent et simplifient les choses pour Gwynn là. Après deux saisons de guerre et d’illégitimité, on découvre qu’il suffisait simplement d’avoir un kinj.

Grâce à celui-ci, Gwynn peut se présenter en nouvelle reine de la capitale, à la place des Trois, alors qu’elle fait de Yavalla une déesse. Forcément. Les quelques-uns qui protestent sont vite remarqués, et ils reçoivent à leur tour le cadeau du Kinj. Il est assez marrant de voir d’épisode en épisode les gens recevoir le kinj de manière différente. La série manque d’une direction précise et claire sur le kinj : les acteurs le jouent tous différemment. C’est marrant, on va dire.

A l’Outpost, Wren et Janzo continuent les recherches sur les rats, en tuant des dizaines et en autopsiant tout autant pour comprendre comment fonctionne le kinj. Il s’attache au cerveau, et de là, il est impossible de le retirer sans tuer son hôte… Pour moi, l’évidence s’impose depuis l’épisode précédent, au moins : il faut retirer celui du cerveau de Yavalla, ce qui n’est gagné, vu l’avance qu’elle a sur le monde entier.

Pendant ce temps, Garrett tente de communiquer un peu avec Zed, ne comprenant pas pourquoi il le déteste autant alors que c’est lui qui l’avait réduit en esclavage à la base. Si Zed jure qu’il ne le déteste pas, Garrett s’en amuse toujours plus, le narguant parce qu’il est celui qui a fini en couple avec Talon. Bon, faudrait voir à ne pas abuser non plus. Cette conversation entre mâles alpha ? Elle n’était pas passionnante, je trouve, mais Garrett est heureux de voir qu’ils sont capables d’être matures.

C’est vite dit : Zed s’amuse à utiliser son kinj sur Garrett pour qu’il se frappe tout seul, ce qui n’avait aucun intérêt autre que de nous faire rire. Comme ils sont rejoints par Talon, les deux hommes n’en viennent pas plus que ça aux mains. Mieux, ils se lancent dans de grands débats stratégiques sur la situation catastrophique.

Une évidence s’impose : il faut tuer Yavalla. Même Janzo qui passe par-là est d’accord avec eux, donnant son opinion scientifique la plus précise possible – pas bien utile. Sa théorie est simple : il faut tenter de détruire Yavalla par le feu, c’est possiblement la seule chose qui peut fonctionner selon lui. Aussitôt dit, aussitôt planifié, Zed, Talon et Garrett décident de se mettre en route pour mettre fin aux actions de Yavalla.

Wren remarque bien sûr le départ des trois soldats, mais ça oblige tout le monde à lui mentir, à demi-mots. Elle comprend forcément ce qu’il se passe, mais n’a pas le temps de protester outre mesure : Janzo est nommé leader de l’outpost en l’absence de Talon, et elle est logiquement son bras droit auprès des Blackbloods, sur ordre de Zed. Elle sait ce qu’il se passe, refuse de voir sa mère mourir… mais n’a pas d’autres choix. C’est plutôt chouette pour Janzo en tout cas : sa copine n’a plus rien d’autre que… lui. Pratique.

En parallèle, notre trio de guerrier est donc en chemin vers la capitale. Plutôt que de monter à cheval comme toujours, ils sont partis à pied, allez comprendre pourquoi. En chemin, ils tombent sur des soldats du Prime Order qui prennent leur pied à massacrer des paysans infestés pour limiter l’épidémie en cours. C’est une réaction assez prévisible de la part de soldats qui n’ont plus de raison de vivre : le Prime Order n’est plus.

Notre trio s’en rend compte quand le garde leur annonce que leur intention est d’aller à l’Outpost, qui leur apparaît comme un refuge sain – le dernier du royaume peut-être. Oh, ça c’est un sacré retournement de situation. Je me demande ce que la série nous réservera en saison 4 s’il n’y a plus de Prime Order et si Yavalla est mise KO rapidement comme je l’espère.

En attendant, Talon espère que Janzo ne les laissera pas passer, mais elle n’essaie pas de s’attaquer aux soldats pour autant. Ils passent alors la nuit à dormir dans les bois, ce qui embête bien Zed le lendemain matin, parce qu’il sert de troisième roue de la moto, là. Ben oui, il interroge évidemment Talon sur sa relation avec Garrett.

Le problème, c’est que pendant qu’ils discutent de la perfection de Garrett, celui-ci est attaqué par un type ayant le kinj. Garrett s’en tire contre toute attente ou contre toute crédibilité, au choix. Il se débarrasse de l’homme en le tuant, alors qu’une paysanne possédée le regarde, sans parler. Je n’ai pas trop compris son rôle à elle, mais le but de Yavalla est évidemment d’avoir une espionne pour savoir ce qu’ils font.

Ils arrivent bien vite à la Capitale et ils comprennent aussitôt que celle-ci est tombée aux mains de Yavalla. C’est inattendu, même pour eux. Passant par les égouts pour envahir la capitale, ils tombent sur quelques adolescents qui font un résumé de la situation, avec les Trois morts ou en prison. Ils envoient ces nouveaux réfugiés vers l’Outpost et continuent leurs chemins jusqu’à la tante de Yavalla. Sans trop de surprise, celle-ci les voit arriver de loin et n’est pas là pour se faire tuer. Elle préfère les narguer à travers un autre corps.

Le trio n’a d’autres choix que de prendre retraite. C’est du moins ce que la logique voudrait, mais Talon et Garrett sont loin d’être logiques, ça se saurait ! Il est donc décidé d’aller chercher Gwynn et Tobin avant de partir. Cette drôle d’erreur stratégique est un bon début pour surprendre Yavalla on va dire, mais ça signifie surtout qu’ils finissent par devoir se battre contre pas mal de soldats masqués…

Ils en tirent profit et se font passer à leur tour pour des soldats (genre aucun soldat ne s’en rend compte ?), ce qui leur permet finalement de s’infiltrer dans la salle du trône, où Gwynn fait de plus en plus de peine à voir. Elle a pris quinze ou vingt ans dans la tronche là, et ça fait un bon cliffhanger, même si de mon côté, je me retrouve à me demander une fois de plus pourquoi ils ne prennent pas plus la peine de se servir du kinj de Zed qui pourrait être hyper pratique tout de même !

On retrouve autrement Janzo en train d’essayer le trône de Gwynn à l’Outpost, histoire de se mettre dans le rôle qu’on lui confie. C’était amusant, et j’ai bien aimé le retrouver stressé comme d’habitude alors que Wren était chargée de le consoler comme elle pouvait. Mon passage préféré dans cette scène ? Définitivement le moment où elle le rassure en lui disant qu’elle sera là pour prendre sa place quand il échouera. C’était parfait.

Le problème, c’est qu’il échoue assez vite : son test pour savoir si les gens sont infectés est sympathique, mais il a oublié un détail dans l’épisode précédent, et j’avoue que moi aussi ! Yavalla comprend vite comment les réfugiés arrivant à l’Outpost sont testés. La chef du village d’à-côté peut donc passer le test du rat sans problème : Yavalla ordonne au rat de rester tranquille.

C’est un peu la catastrophe : une infectée peut entrer dans l’Outpost sans être détectée… et on sait ce que ça veut dire ! En attendant qu’elle fasse ses dégâts, les soldats du Prime Order débarquent, renoncent aux Trois et font un bon plaidoyer pour entrer dans l’Outpost. Ils ont besoin d’un refuge et Janzo, tiraillé, ne se sent pas de les laisser à la rue, surtout que Wren lui fait remarquer que les Lu-Qiri n’auront aucun mal à s’en prendre aux quelques soldats en cas de besoin.

À peine arrivés, les soldats provoquent des remous en débarquant à la taverne où ils espèrent prendre un verre et coucher avec la femme de chambre de Gwynn. Si Munt la protège, aucun des deux n’arrive à les virer de là. Janzo a beau essayer de se présenter comme le leader, il a du mal à avoir assez de confiance pour faire face aux soldats. Ceux-ci trouvent plutôt marrant l’idée qu’il est le leader et veulent clairement prendre le pouvoir sur lui. En attendant de le tuer – ça arrivera forcément – ils se contentent de le menacer de mettre en place un chantage odieux.

Pensant que ça suffit pour gagner, le chef des soldats est persuadé d’avoir le pouvoir sur l’Outpost, mais c’est sans compter sur Wren qui n’hésite pas à faire appel aux Lu-Qiri. Tout est bien qui finit bien pour l’Outpost, en théorie. En pratique, il est révélé que le chef des soldats du Prime Order a en fait un kinj, celui de One, le premier des Trois. Ah ben putain.

J’aimais bien ce moment où Wren utilisait les bagues que Zed lui avait filé pour faire appel aux Lu-Qiri, mais je ne m’attendais pas à cette nouvelle prise de pouvoir du Prime Order, l’air de rien. Ce nouvel intervenant détenant le pouvoir, c’est une bonne surprise, et ça relance bien l’intrigue je trouve. En revanche, il est énervant à blablater. Il ne tue ni Janzo, ni Wren, ce qui me paraît être une erreur de débutant. Janzo en profite pour récupérer les bagues de Wren alors que tous les Blackblood sont faits prisonniers.

Le reste de l’Outpost est fait prisonnier aussi, mais ils ont leur liberté de circuler dans l’Outpost et ne craignent pas de se faire exécuter sans procès. Cela permet à Janzo de s’organiser avec Lu-Qiri pour obtenir de la nourriture, parce qu’évidemment, les nouveaux dirigeants de l’Outpost ont bien envie d’affamer tout ce petit monde. J’ai bien aimé la débrouillardise de Janzo sur ce coup-là, et sa méfiance lorsque la villageoise de Yavalla lui demande d’où vient la viande.

Non, vraiment, cette saison me surprend de manière positive avec cet épisode qui complique à nouveau la situation en jouant des cartes auxquelles je ne m’attendais pas forcément après les premières saisons prévisibles.

> Saison 3