Les enfants sont rois – S01E01 – La disparition – 14/20

Honnêtement, lisez le livre, il est mieux que la série. Ce n’est pas un échec cette série, mais elle a un aspect téléfilm parfois, qui m’a perturbé. Autant j’ai dévoré le livre, autant la série me donne moins envie d’enchaîner les épisodes… alors que bon, c’est le cas d’habitude quand j’aime vraiment une série. Je suis déçu ; je crois que j’en attendais trop simplement.

Spoilers

Kimmy Diore est enlevée.


Nos vidéos font entre 5 et 25 milles vues donc oui c’est possible.

Bon, ça commence un peu mal tout ça : j’aime beaucoup le casting qui n’est fait que de têtes déjà plus que vus au cinéma, mais franchement, il manque un petit quelque chose pour que je sois convaincu. Les premières scènes nous en montrent déjà beaucoup par rapport à mon souvenir du livre : on a directement les images du kidnapping.

On sait immédiatement ce qu’il en est : la première scène nous montre qu’elle est youtubeuse, la deuxième qu’elle joue avec son frère, la troisième qu’elle est kidnappée. Il n’y a plus qu’à comprendre qui est derrière tout ça. Je crois que j’aurais préféré que ce soit un film, tout de même, et je m’inquiète un peu de ce que donnera la deuxième partie du livre au passage.

Bon, la petite est kidnappée et bim, la police intervient. Assez vite, notre détective comprend que c’est un cas un peu particulier qui l’attend : Mélanie Diore, la maman, est une influenceuse à succès. D’accord, la détective n’y connaît rien à Youtube, mais elle sait vite que les médias pourraient débarquer et lui gâcher son enquête. Les voisins ont tous le portable à la main, Mélanie sauve les apparences comme elle peut, mais elle ment à la police – sans qu’on ne sache la nature de son mensonge – et son impact pour le moment. Ce qui est bien, c’est que j’ai oublié le roman moi aussi.

L’enquête commence par la proximité de la petite fille, même si avec autant de suspects, c’est difficile de savoir exactement ce qu’il en est. Les policiers enquêtent donc à l’école ; où une animatrice périscolaire avait décidé de signaler une possible maltraitance de la part de ses parents. Elise, c’est son nom, explique qu’elle s’inquiétait pour l’enfant qui travaille à la maison. Il faut dire quand même que la mère a deux appartements : un où vivre, un second, identique, où travailler.

Tout ça mène inévitablement au mensonge de Mélanie. Comment perdre du temps pour rien : le mari n’était pas à la maison comme sa femme l’expliquait ; il était en train de dormir dans sa voiture sur le parking d’un ancien centre commercial. Ben oui.

Bon, et la qualité de la série dans tout ça ? Je suis mitigé. Je sais que l’histoire m’a vraiment intéressé quand je l’ai lue, mais là, elle n’arrive pas à me passionner autant. Le côté enquête n’est pas rendu de la même manière – je crois que ça passait mieux avec les images dans ma tête. Qu’est-ce qu’il manque ? Peut-être du budget. C’est une bonne série, mais les images ont trop un côté téléfilm. Les looks, aussi, les personnages ont un look qui ne collent pas tout à fait ce que j’imaginais. Peut-être aussi que j’imaginais Melanie Diore plus jeune – attention, hein, j’aime bien l’actrice choisie quand même ; peut-être que le problème est justement que je connais tous les acteurs dans d’autres rôles et qu’ils n’arrivent pas totalement à me convaincre dans celui-ci.

Après, la série parvient tout de même à rendre un côté un peu angoissant avec les heures qui défilent – mais plutôt que de les laisser dans les répliques, ça aurait pu être bien de l’avoir à l’écrit. Après, India Hair est incroyable dans son rôle ; elle me tue à traquer le pédophile ou faire des blagues nazes. J’ai quand même l’impression qu’on développe beaucoup de sous-intrigues dans le simple but de proposer une série plutôt qu’un téléfilm – ou un film.

Chaque inspecteur a donc sa petite vie développée… mais ça n’est pas plus développée que ça dans le roman et la série n’apportera probablement pas grand-chose de plus. Le cliffhanger ? Mélanie reçoit un message du ravisseur avec un vocal de Kimmy… Mouais, y a des moments plus importants dans le roman pour faire guise de cliffhanger.

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9-1-1 – S08E05 – Masks – 17/20

Jackpot : un épisode d’Halloween qui ne fait pas du tout dans la demi-mesure pour conclure ma soirée d’Halloween, c’est exactement ce que j’espérais pour au moins profiter un peu de l’ambiance. Bien sûr, avec cette franchise, on en fait des caisses et des caisses, mais ce n’est pas grave du tout ; ça donne des moments marrants et d’autres bien plus dramatiques. On a ce que j’espérais, un petit shot d’adrénaline et beaucoup de costumes. Que demander de plus ?

Spoilers

Nos héros se préparent à fêter Halloween.


No. I don’t speak stupid.

La malédiction

Je voulais un vrai épisode d’Halloween pour ce soir et je ne regrette pas de terminer par celui-ci. La série a toujours su fournir de bons épisodes pour fêter la fin du mois d’octobre, et qu’est-ce que ça fait plaisir ! Une fois de plus, l’épisode ne fait pas dans la dentelle et y va très fort avec la célébration d’Halloween. On commence ainsi par une photo de famille en costumes (ou pas) et toute la caserne est vraiment déguisée pour l’occasion.

Cela n’a aucun sens d’ailleurs : il y a des toiles d’araignées sur un camion de pompiers, tout de même. Chimney s’amuse à fond avec les décorations alors qu’Eddie trouve un bon moyen de casser l’ambiance en parlant de Christopher qui ne trouve plus ça si cool de faire le tour du quartier pour récupérer des bonbons. J’aime bien l’idée que la série parle un peu du temps qui passe (vite) et des enfants qui changent.

Cela dit, tout ça nous éloigne du sujet de l’épisode : les pompiers font tout ce qu’ils peuvent pour que leur caserne hantée soit meilleure que celle qui avait été choisie l’année précédente. Bobby y tient : il veut que sa caserne soit la plus terrifiante. Et honnêtement, c’est le cas. Dans la vraie vie, personne n’y mettrait autant de budgets : les décors, les costumes… C’est tellement sympa. J’aurais aimé – non, pardon, j’aimerais encore – avoir une maison de l’horreur si réussie à portée de mains.

Tout le fun est finalement ruiné, cependant, quand Bucky ramène une poupée de momie qui s’avère finalement être un vrai corps. Athena est appelée pour gérer le coup, mais c’est trop tard : les enfants sont traumatisés de toute manière. Moi, j’ai bien ri.

La première intervention de l’épisode est inattendue, mais plutôt marrante, avec un papa qui s’amuse à se mettre une citrouille sur la tête – ou plutôt la tête dans une citrouille – pour faire marrer ses filles. Malheureusement, cette fois, il s’étouffe dans une citrouille à moitié pourrie. Il a une réaction allergique et est coincé dans la citrouille. Il manque de peu de mourir. Par chance, tout finit bien pour lui, avec les pompiers qui font ce qu’il faut pour le sauver.

L’intervention finit toutefois avec Buck qui se démonte l’épaule comme un bleu en glissant sur un bout de citrouille. C’était plutôt drôle, surtout avec sa réplique expliquant que les gens se blessent pour des raisons plus débiles qu’une tête dans une citrouille. En revanche, le débile semble être là Buck : il se met en tête qu’il est maudit et subit une véritable malédiction, parce qu’il s’éclate l’épaule gauche après avoir arraché malgré lui le bras gauche d’une vraie momie.

Difficile de ne pas réagir comme Tommy et Eddie qui se foutent de sa gueule, mais nous au moins, on est derrière un écran. Cela ne me viendrait pas à l’idée de me moquer d’un pote – ou de mon mec, dans le cas de Tommy ! – de cette manière en face de lui ? Ils sont assez odieux avec eux.

Buck n’en veut pas plus que ça à Tommy, cela dit, parce qu’il accepte qu’il continue de veiller sur lui, chez lui. C’est une intrigue un peu naze : entre Tommy qui dort sur le canapé (ne sont-ils pas en couple ?) et Buck qui passe sa nuit à faire des recherches sur Billy Boils, sa momie, bon, voilà hein. Au réveil, Buck a des énormes boutons sur le visage – exactement comme sur le visage de la momie lorsqu’elle était encore en vie.

Les boutons font on ne peut plus faux, mais ce n’est pas grave, l’intrigue est un peu fun. C’est du Halloween typique. Buck refuse de se faire examiner à l’hôpital, même quand il s’y trouve en fin d’épisode, mais il trouve un moyen de rompre la malédiction selon lui. C’est déjà ça : il parle sur la tombe du défunt, comprenant bien qu’il a vécu seul et que le plus important, c’est de partager des moments ensemble. Eh, ça donne envie d’être avec quelqu’un pour ce Halloween, mais bon, comme je disais en intro, je ne suis pas exactement fréquentable ce soir. Tant pis.

Karen & Hen

De manière surprenante, l’épisode commence par Karen qui reproche à Hen d’être encore absente pour une fête et un jour de congé. Effectivement, dans cette série, ils bossent toujours dur sans jamais prendre de vrais congés. Après, quand ils en prennent, c’est pour monter sur un bateau de croisière et on sait comment ça finit.

Ce qui est surprenant, c’est que Karen s’en plaigne maintenant après tant d’années. Ce n’est pas exactement nouveau. Le changement ? Il y a désormais Mara dans leur vie. Mais bon. Le problème, c’est qu’Hen n’obtient pas son congé : Bobby n’est pas forcément contre, mais il refuse de laisser un congé en même temps à Chimney et Hen. Ils décident donc de bosser tous les deux ce jour-là, parce que c’est plus juste comme ça.

Bon, ce n’est pas exactement la vision de Karen sur la question, mais bon, elle le fait bien sentir à Hen au moins, y compris en visio au moment de partir faire la chasse aux bonbons. Et elle a bien raison, je trouve : bien sûr que Hen rate des tas de choses dans la vie de ses enfants.

La nuit d’Halloween

S’il y a bien une chose que j’attends toujours avec les épisodes d’Halloween de cette série, ce sont les interventions une fois le soleil couché. Cette année, la série ne fait même pas semblant de ne pas le savoir : Maddie et Josh sont tous les deux dans l’attente de la nuit au centre d’appels, parce qu’ils savent très bien ce qui les attend – de quoi oublier, pour Maddie, qu’elle n’est pas avec Jee, d’ailleurs.

On a quelques interventions amusantes comme toujours, avec des gens déguisés, un allergique aux cacahuètes qui en mange et demande à Buck si lui aussi vu sa face, un principal excédé par les blagues de ses lycéens, des clowns entassés dans une voiture. Du grand classique. Ce qui est moins classique, c’est que le principal excédé finit par prendre en chasse les lycéennes qui lui ont jeté des œufs.

Cela finit par excéder Maddie, qui refuse toujours d’envoyer la police pour quelques blagues, puis par provoquer un accident. Et comme nous sommes dans 9-1-1, c’est un peu sans surprise que l’accident implique la famille d’Hen et Chimney. Denny réussit donc à pousser à temps les autres mais se prend la voiture en pleine face, étant alors coincé entre la voiture et la maison.

Le chauffeur est le principal du lycée qui meurt sur le coup. J’ai un peu de peine pour lui, parce qu’il a été poussé à bout tout de même. Difficile de ne pas le détester malgré tout, parce qu’il manque de tuer Denny. Ils y vont fort comme toujours dans la série. Je n’ai pas cru un seul instant que Denny allait mourir, mais l’arrêt cardiaque est flippant tout de même et dure bien trop longtemps.

Finalement, tout ce petit monde finit à l’hôpital. Hen culpabilise évidemment, mais Karen finit par assurer qu’elle ne lui en veut pas, même si elle n’a pas décroché son portable quand Denny s’est fait renverser. Au moins, les deux mamans ont réussi à sauver leur fils : Karen en donnant son sang, Hen en tentant l’impossible et en faisant plus que ce qu’il se fait habituellement dans ces cas-là. Et comme le résume Karen : « Merci mon dieu, tu travaillais ». Jolie manière de réconcilier le couple face à ce problème, tout de même.

La série fait aussi un peu de pédagogie avec cet épisode, évidemment : Athena se rend dans un lycée avant Halloween pour demander à tous les lycéens de ne pas faire de la merde. Il y en a deux qui ne l’écoutent pas et qui sont évidemment les lycéennes qui finissent par être chassées par le proviseur. Il n’en faut pas beaucoup plus pour faire la leçon à tous les ados qui regarderaient : Halloween, c’est censé être fun. Faire de la merde, ce n’est pas fun et ça peut avoir des conséquences graves. Athena force ainsi les ados à faire un exposé en classe… Ma foi, ça fonctionne pour l’épisode en vrai.

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NCIS – S22E03 – The Trouble with Hal – 17/20

L’équilibre idéal est trouvé avec cet épisode qui parvient à la fois à servir une enquête prévisible mais sympa, une petite touche d’Halloween (à la fois dans l’intrigue et la musique de l’épisode) ET des avancées sur l’ensemble des personnages. Rarement un épisode de NCIS ne m’a semblé avoir autant de contenu en fil rouge et de développement de toute l’équipe. Bref, c’est vraiment un épisode qui fait plaisir et on est sur un bon début de saison dans son ensemble.

Spoilers

Un militaire rentre chez lui pour mieux découvrir que sa maison est squattée.

C’est la nuit d’Halloween (bon, d’accord la soirée) et je suis malade, alors je crois qu’il n’y a rien de mieux que des épisodes d’Halloween pour supporter de voir tout le monde faire la fête et bouffer des bonbons quand je suis coincé au riz suite à une intoxication alimentaire. En plus, je crois que c’est genre la première fois que je vois un épisode d’Halloween le soir même d’Halloween. Bon, probablement pas… Mais peut-être quand même.

L’enquête

L’intrigue de la semaine est plutôt sympa avec une soirée surprise d’Halloween organisée pour un certain Hal, qui a disparu et qui vit dans la maison d’un marine désormais. Du moins, c’est ce que prétend l’homme en costume de Marine qui arrive dans la maison, provoquant une bagarre. Le truc, c’est que je ne sais pas si on peut faire confiance à ce Prescott, le militaire qui assure être dans sa maison, parce que son histoire est tout de même tirée par les cheveux.

En un mois, les squatteurs se seraient installés comme ça ? Bon, c’est le principe, je sais. Le truc, c’est qu’Hal n’est pas vraiment un squatteur : l’enquête révèle qu’il a bien loué la maison sur une application internet. Il y a enquête parce qu’il s’avère, bien sûr, qu’Hal est mort, tué à la hache. Cela fait une bonne intrigue, mais pas une intrigue d’Halloween en soi une fois qu’on s’éloigne du meurtre pour avoir une enquête plus classique.

C’est là qu’on se retrouve avec une famille de riches héritiers qui ont plusieurs maisons, dont trois servant en location. L’une d’entre elles s’avère alors être une maison hantée, histoire d’en revenir à Halloween un peu plus sérieusement. Je ne crois pas qu’on avait encore eu un épisode d’Halloween avec Parker et Jess, ça permet quelques conversations sur la peur (ou non) des fantômes.

L’enquête mène ensuite à une chasse au trésor : une vieille interview du grand-père de Prescott dans un magazine indique que sa famille a un trésor (ou est un trésor). Bien sûr, ça mène l’équipe dans la maison hantée, ce qui fait bien plaisir à Nick et Jess évidemment. C’est ridicule : on passe de Jess qui dirait que même si on la payait, elle n’irait pas dans une maison hantée à un moment où McGee et Parker la force à le faire. Vraiment, il y a beaucoup à dire sur le harcèlement dans cette série, même encore en 2024.

La maison hantée ? Des animaux empaillés, des poupées, vraiment, tout un attirail de film d’horreur. Je comprends mieux pourquoi tout le monde pense la maison hantée. Bref, ils y retrouvent la copine d’Hal, qui a trouvé entre temps le trésor et leur donne au passage le nom du meurtrier malgré elle. C’était donc le livreur et ça se devinait plutôt facilement.

Le trésor ? Comme le suggérait l’homme décédé depuis vingt ans avait bien un trésor sans prix dans un coffre : des souvenirs de famille, tout simplement. N’est-ce pas prévisible à souhait ?

Les personnages

Un étonnant fil rouge se déroule cette saison également, par rapport à l’épisode de fin de saison de l’an dernier et l’apparition de Parker. On nous fait du suspense autour de ça, mais ça ne m’intéresse pas plus que ça.

Il est plus intéressant d’avoir le retour de McGee sur sa frustration de ne pas avoir eu sa promotion – il en parle avec Parker et ment en disant qu’il s’en est remis alors qu’il finit l’épisode en faisant des recherches sur celui qui a eu le poste – ou de Jess et Jimmy sur leur relation. Ils assurent qu’ils ne se disputent pas et que tout va bien entre eux, mais on sent que ce n’est pas le cas. Avec Nick qui n’arrête pas de parler de leur couple tout le temps. J’ai aimé la scène où Jess clarifie un peu les choses avec Nick, même si j’aurais aimé que le fond de sa pensée soit vraiment plus claire. Pour ça, il faudrait qu’on sache exactement ce qui est dit entre elle et Jimmy, mais bon.

En parallèle de tout ça, Nick souhaite changer le bureau de Ducky en salle de gym et organise une pétition pour ça. Cela réveille tous les collègues qui se mettent à se demander à quoi pourrait servir le bureau. Pour l’instant, il sert d’archives aux dossiers de Ducky et de salle de méditation à Kasie, qui n’apprécie pas que ça puisse devenir une salle de gym. OK. Parker souhaite juste pouvoir y manger ses sandwichs, alors j’en doute.

Pauvre Nick, en plus, lui, il veut juste se remettre en forme et s’entraîner beaucoup parce qu’il a eu peur de mourir et souhaite donc être au top pour se remettre dans le jeu de l’amour. N’est-ce pas mignon ? Il finit par avoir ce qu’il veut grâce à Kasie : le bureau de Ducky devient le « Ducky’s », un nom simple trouvé par Jimmy. La pièce sert donc à chacun pour en faire ce qu’il souhaite : elle est divisée en plusieurs espaces permettant à chacun d’avoir la salle de pause qu’il souhaite. Je me demande si la série s’en servira vraiment, mais j’ai tendance à penser que oui. Ce sera mieux que le garage pour les réunions secrètes. Et c’est un hommage bien pensé, pile une saison après l’épisode sur sa mort.

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Agatha All-Along – S01E09 – Maiden Mother Crone – 18/20

Le titre de l’épisode est on ne peut plus clair et montre les révélations apportées par cet épisode de fin. C’est tout simplement un excellent moyen d’apporter les réponses manquantes, même si, forcément, ça me questionne sur les choix scénaristiques. Il me semble qu’il aurait été possible d’avoir une narration plus claire et facile, tout en étant aussi jouissive. Cet épisode, en plus, se divise en deux grandes parties qui ne parviennent pas à apporter toutes les réponses et me laissent sur ma faim. Je veux une suite.

Spoilers

La vie d’Agatha est pleine de surprises éclairant les huit premiers épisodes d’une nouvelle lueur.


Oh, you walk this road alone, do you?

Comme trop souvent, je suis partagé. Bien sûr que j’enchaine sur ce dernier épisode, bien sûr que j’ai envie de faire durer le plaisir, bien sûr que je n’ai pas envie que ce soit la fin de la série. Et pourtant, une fois de plus, il faut me faire une raison.

1750

On sentait bien qu’il fallait que la série nous dévoile le dernier secret d’Agatha, celui qui était mal amené au début de la série : elle a été maman d’un petit garçon. L’épisode commence ainsi par une Agatha qui souffre lors de son accouchement, au beau milieu des bois. Soit. Qui est le père ? Mystère. Ce qui est sûr, c’est qu’au moment d’accoucher, Agatha aperçoit Rio et comprend ce qu’il en est.

Elle est déjà en relation avec Rio à ce moment-là et la voir ne l’enchante pas du tout. Elle comprend que Rio est là pour son bébé. La haine ressentie entre Agatha et Rio, qui semblait pleine d’amour depuis quelques épisodes, s’explique donc ainsi : Rio lui a pris son enfant, évidemment qu’Agatha la déteste. Pourtant, comme indiqué dans l’épisode précédent, Rio a bien laissé du temps à Agatha avec son bébé : il vit donc… mais son temps est compté, plus encore que le nôtre.

Agatha accouche donc, est ravie que ça se fasse sans sortilège, mais ensuite, elle doit le protéger et le faire vivre le plus longtemps possible. C’est pour cela qu’elle se retrouve à tuer les Sept de Salem : elle veut protéger son enfant. Elle gagne la confiance de sorcières qui la font pénétrer dans un cercle de protection, et bim, elle absorbe les pouvoirs de tout le monde. Dommage pour elles : faire confiance à une femme parce qu’elle avait un bébé était vraiment une mauvaise idée.

La Route

En tout cas, Agatha peut ainsi élever son fils pour qu’il l’aide dans ses méfaits : elle comprend que sa bouille d’ange est un vrai moyen pour elle d’obtenir ce qu’elle veut et de survivre plus longtemps. Elle se sert de lui pour commettre ses meurtres pendant des années. Bien sûr, il arrive un moment où Nicholas la questionne tout de même sur ce qu’ils font, ne comprenant pas pourquoi ils ne survivent pas AVEC les sorcières plutôt qu’en les tuant.

Agatha le fait taire, inévitablement, ce qui fait que son fils se met ensuite à chantonner. C’est ainsi que Nicholas et Agatha se retrouvent à inventer ensemble la mélodie de la Route – dont les paroles ne sont pas encore celles qu’on connaît et qu’on nous sort à chaque épisode ou presque. C’est un épisode d’origine qui clarifie vachement la série en tout cas. Le fils et la mère passent de très jolis moments ensemble.

Elle n’a pas tué son fils : elle a gagné plus de temps avec lui et a développé au mieux ses pouvoirs pour le protéger, tout en sachant très bien qu’elle a passé un marché avec la Mort et qu’elle ne pourrait pas le protéger éternellement. Peu à peu, le temps passe, la magie enchante les vies de la mère et du fils et les paroles de la chanson deviennent ce qu’elles sont depuis le départ pour nous. C’est vraiment une excellente chanson, quasiment la moitié du succès de la série reposait dessus tout de même (les paroles sont les titres des épisodes). Ces scénaristes sont forts.

En revanche, Agatha n’aime pas voir Nicholas développer des remords à tuer. Sa maladie se développe, il tousse de plus en plus, refuse de sacrifier de nouvelles sorcières – ou d’aider sa mère à le faire en tout cas – et c’est terrible. Ils finissent par s’endormir ensemble en chantant la chanson… et dans la nuit, Rio vient chercher Nicholas. Oh. Pauvre Agatha. Rio est pourtant pleine d’amour : elle demande même à Nicholas d’embrasser sa mère avant de dormir. Cela ne change pas le fait qu’au réveil, Agatha découvre que son fils est mort.

L’actrice aurait pu gérer la scène et je ne comprends pas trop le choix qui est fait d’un plan large qui casse un peu l’émotion ici, mais bordel, c’est une histoire hyper efficace. Elle n’a rien de foncièrement original, évidemment, mais elle fonctionne et c’est tout ce qu’on en attend après tout. La simplicité est trop souvent oubliée – et elle l’a été dans la série aussi d’ailleurs, parce qu’il aurait été tellement plus simple de commencer la série par-là. Il n’y a pas toujours besoin d’une grande révélation finale pour qu’une histoire soit bien.

Et alors qu’elle enterre son fils en chantonnant, elle est interrompue par une jeune femme, une sorcière, qui a entendu parler de la Route des Sorcières pouvant la récompenser de tout ce qu’elle veut. Agatha saisit aussitôt l’occasion pour réunir un couvent avec elle, leur apprendre la chanson et les mener sur la Route. En théorie. En pratique, elle les insulte et les traite de sorcières minables quand la porte de la Route ne s’ouvre pas pour elles.

Quelle sorcière redoutable : Agatha pousse toutes les sorcières à s’attaquer à elles et elle récupère les pouvoirs de chacune d’entre elles. C’est terrible et terrifiant : on la voit recommencer le même manège, toujours au son de la chanson. C’est si entraînant ! Les siècles passent, puis les décennies ; les looks d’Agatha sont tous plus géniaux les uns que les autres, je chante en chœur avec toutes les sorcières assassinées, et d’un coup d’un seul, nous revoilà au début de la série. Oh bordel. C’est bien mené.

J’ai vraiment envie de revoir la série maintenant, pour voir à quel point les indices étaient là depuis le départ. Agatha, que tout le monde prenait pour une experte de la Route depuis le départ, était donc tout autant néophyte que nous ?

Billy

On peut en revenir à présent au cliffhanger de l’épisode précédent. Ce que Billy voit quand il se retourne ? Agatha, bien sûr. Elle revient sous la forme d’un fantôme on ne peut plus cliché qui se fait peu à peu à sa nouvelle vie – enfin, mort – et a toutes les réponses que Billy souhaite. Enfin, d’ailleurs, je crois qu’il ne souhaite pas vraiment les entendre : Agatha lui confirme que c’est lui qui a rendu réelle la Route. Par conséquent, c’est lui qui est responsable de la mort de Jen et Sharon (qui ?), mais aussi de Lilia (même si c’était son choix, lui rappelle Agatha) ou Alice (ah non, ça c’est Agatha). Agatha s’amuse bien, quand Billy, lui, culpabilise inévitablement de savoir que son esprit a tué des innocentes.

Bien sûr, Agatha lui annonce aussi qu’il a sauvé une vie dans tout ça : celle de Jen. Elle n’est pas morte du tout. Elle a récupéré sa magie et se réveille à proximité de Westview, sortant de terre et s’envolant. Et ça, c’est beau : Agatha avait prévu de tuer tout le monde le premier soir après tout. Ensuite, elle explique à Billy qu’il ferait mieux de s’habituer à tout ça, parce que c’est le prix que paie les sorcières.

Il n’approuve pas du tout cette idée et ce tribut. Ainsi, il décide contre toute attente de retourner chez Agatha pour faire face à nouveau à la Route. J’aime bien le fait qu’Agatha le hante, mais pas trop les effets spéciaux qui lui donnent son aspect fantomatique. Billy fait comme si elle n’existait toujours pas, mais prépare alors un rituel sur les planches menant à la Route. Il trace un pentagramme, installe quelques bougies et utilise finalement son carnet. Avec l’aide du talisman qui appartenait depuis toujours à Agatha – le médaillon avec les cheveux de Nicholas – il se met alors à réciter un sortilège pour bannir Agatha définitivement.

Elle n’en est pas ravie, évidemment, et vit cela comme une vraie trahison. Elle tente bien sûr de faire tout ce qu’elle peut pour empêcher Billy d’aller au bout. Cela lui permet de révéler, après un long temps, qu’elle n’ose pas affronter son fils et que c’est pour ça qu’elle ne souhaite pas aller dans l’au-delà. Oh. C’est plutôt mignon comme tournure des événements. J’ai du mal, cependant, à avoir plein d’empathie pour elle.

De manière surprenante, Agatha parvient alors à récupérer le médaillon des mains de Billy, qui est touché par ce qu’il vient d’apprendre. Il reconnaît enfin qu’il ferait une bonne équipe avec Agatha – un bon duo – même si l’un comme l’autre préfère tuer les couvents qu’ils ont. Billy transforme finalement les planches de la Route en un mémorial pour les trois sorcières mortes à cause d’eux, puis ils sortent ensemble du sous-sol pour retrouver Tommy. C’est un peu simple comme conclusion, mais eh, qu’est-ce que ça fonctionne bien !

Tommy ? Il est ressuscité, en théorie, dans le corps d’un ado sans famille, victime de harcèlement et noyé par d’autres ados. Il a bien besoin d’un frère. Et moi, j’ai bien besoin d’une suite à cette série ! Le générique de fin est vraiment cool, mais eh, je reste sur ma faim. Où est la scène post-générique ?

EN BREF

J’attendais cette série depuis son annonce et elle était clairement à la hauteur de mes attentes. Cela faisait un moment que je n’avais pas autant accroché à la structure d’une série, surtout chez Marvel, précisément parce que les séries n’ont plus des structures de séries. Ici, c’est tout le contraire, exactement comme avec WandaVision. Oh, elle a les défauts habituels des mini-séries, notamment des personnages qu’on n’arrive pas à connaître assez en si peu de temps pour s’y attacher totalement et une narration alambiquée parce qu’on est en 2024, mais ce sont peut-être ses seuls défauts.

Quel plaisir c’était de revenir chaque semaine découvrir un nouvel épisode de cette Route des Sorcières, quel plaisir c’était et c’est encore d’avoir cette chanson en tête et de voir tout ce qu’elle renfermait, quel plaisir enfin de se dire que tout ça fait partie du MCU mais en est pourtant à des kilomètres. Bien sûr, il est question de Wanda, bien sûr, c’est le MCU, mais tout de même, c’est la plus indépendante des séries du MCU pour l’instant… et ça fait du bien, je trouve.

Vous l’aurez compris, j’ai vraiment beaucoup aimé. Cela ne surpasse pas WandaVision, mais ce sera probablement l’un de mes plus grands coups de cœur de 2024. C’est déjà ça. Et maintenant, j’ai hâte de voir quelle suite sera faite à ce projet – il y a des pistes ouvertes avec Jen, Rio et bien sûr Tommy.

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