Westworld – S04E05

Épisode 5 – Zhuangzi – 18/20
Après les révélations de l’épisode précédent, les scénaristes peuvent passer à la vitesse supérieure, ou au moins à l’étape suivante du plan qu’ils suivent, et ça se sent dans cet épisode. S’il est moins bouleversant ou renversant, il n’en reste pas moins une histoire palpitante apportant bien des pièces du puzzle de cette saison. Tout se met en place un peu plus clairement désormais, mais il reste encore à comprendre où les scénaristes veulent vraiment aller avec tout ça. En tout cas, c’est un plaisir d’être encore du voyage.

Spoilers

Christina commence à remettre en question la nature de sa réalité, bien malgré elle.

They are experimenting God. The problem is God is bored. Bored, bored, bored.

Qu’est-ce que c’est encore que ce titre d’épisode ? Et pourquoi donc l’épisode dure-t-il une heure complète cette semaine ? Des questions qui me donnent envie de me jeter dessus, même si j’ai une journée de retard. J’ai eu du mal cette semaine à tout gérer, mais eh, je ne me vois pas prendre du retard dans cette série, bizarrement.

L’épisode début par un dîner tout sympathique de William avec un couple, dans un restaurant chic à la petite musique jazzy au piano et aux conversations hyper profondes sur l’état de la société là. L’angoisse, ou le rêve, c’est au choix ? Dans tous les cas, la conversation tourne au cauchemar quand le couple se rend compte qu’il est loin d’être autant dans le contrôle que ce qu’il pense.

En effet, William leur fait prendre conscience qu’ils sont des robots, qu’ils n’ont aucune idée de son nom et qu’ils ne servent à rien. C’est une belle manière de nous réintroduire au monde dominé par Charlotte : les robots sont partout, ne savent pas qu’ils en sont et sont perturbés de le découvrir – à moins que le couple ne soit justement qu’un couple d’humains manipulés par des mouches robotiques. Ce serait bien plus intéressant comme torture, franchement.

En tout cas, William s’amuse de la situation jusqu’à ce que Clémentine vienne le chercher, par besoin de son expertise pour une nouvelle situation qui la dépasse : une gagnante du jeu qui ne se contente pas d’avoir gagné. Ah. Il y a évidemment de nouvelles règles qui nous dépasse, nous, dans ce monde. Nous ne sommes pas prêts à tout savoir, apparemment.

En attendant, on nous donne des miettes : William intervient sur un lieu de meurtre où tout le monde est figé, à l’exception de la meurtrière. Celle-ci ne respecte apparemment pas les règles d’un jeu dont on ne sait rien et qui n’a pas vraiment de règles, autres que la nécessité de ne pas gâcher les robots. On peut les utiliser comme William le fait – les torturer car le couple l’attend pendant une bonne heure, sans bouger, mais en ayant conscience d’être en train de l’attendre – mais pas les tuer pour le plaisir de les faire taire.

On ne sait pas bien ce que la femme (robot, forcément) pensait gagner en tuant tout le monde, ni le jeu dont il est question, mais une chose est sûre : William la laisse en game-over, demandant à Clémentine de la ramener d’où elle vient.

Le lendemain, dans une rue de la ville, nous retrouvons autrement Charlotte-Dolores. Très clairement, Tessa Thompson s’éclate dans son rôle : elle incarne à présent une sorte de déesse donnant ses ordres à tous les passants de la rue. Il y a un pianiste torturé et obligé de jouer en permanence, malgré ses doigts en sang ; il y a des passants qui se mettent à danser sous ses ordres, il y a un type faisant de la structure sur glace.

Et la torture ne fait que commencer, sans que les humains ne semblent même se rendre compte de ce qu’elle leur fait – la douleur est illisible sur les visages. Les fréquences régulières que l’on entend nous rappelle qu’il s’agit là d’humains manipulés pour faire tout ce que les robots demandent, et on comprend bien que le parc s’est inversé. Westworld est désormais peuplé d’humains à la disposition des robots – mais on ne peut pas les remplacer, d’où le problème de William en début d’épisode avec la robot qui gagnait le jeu.

William débarque justement pour essayer d’arrêter Charlotte, qui ne vient pas souvent en ville (heureusement) mais est vraiment blasée d’avoir les humains à sa disposition. Selon elle, les robots devraient se donner une nouvelle image désormais et se séparer des humains, plutôt que de jouer les dieux comme ça. C’est sombre comme vision de notre futur en tant qu’humanité… mais qu’est-ce que j’ai kiffé voir Charlotte s’affaler sur sa chaise humaine, blasée. Cette actrice est géniale.

Charlotte emmène ensuite William vers la fameuse Tour qui permet de contrôler les hôtes à distance. On y retrouve la femme du début d’épisode, Hope, morte cette fois. Elle a vraiment gagné le jeu décidément : d’après Charlotte, elle est infectée par les humains et c’est ce qui explique sa mort alors qu’elle devait transcender.

Il reste à savoir ce que signifie cette transcendance – même si ça semble être d’abandonner l’humanité. Ce n’est pas si facile à faire, et ça énerve Charlotte de voir que les robots ne le font pas. Elle leur laisse le libre-arbitre, parce qu’elle n’est pas humaine et ne veut forcer personne comme les humains forçaient les robots, mais elle ne comprend pas comment il est possible que les robots persistent tant dans les traits humains.

C’est d’autant plus incompréhensible que Charlotte est face à un problème : il existe des humains qui finissent par ne plus répondre aux fréquences que la Tour leur envoie. Il s’agit d’outliers, un problème que Charlotte pense pouvoir régler en tuant tous les humains qui ne respectent plus ce que la Tour leur envoie comme ordre. C’est là le jeu dont il était question avec Hope : des robots se portent volontaires pour retrouver au plus vite les outliers, et pour les tuer.

Tout pourrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes robotiques, sauf que les hosts qui s’amusent à tuer des outliers rencontrent eux aussi parfois un problème de taille pour Charlotte. On découvre ainsi qu’Hope a parlé à sa cible, un homme lui ayant demandé si la fleur qu’il avait dans la main était au moins réelle. Je comprends la volonté de cet homme de lui demander si la fleur est réelle, parce que ça ne doit pas être évident de découvrir que toute sa vie est un mensonge.

On a déjà assisté plus tôt dans la saison à un suicide pour cette même raison, d’ailleurs : l’homme qui harcelait Christina était clairement un outlier. Toujours est-il qu’Hope a parlé à l’homme, et ça l’a détraquée : elle s’est mise à tuer tout ce qui bougeait, nous menant à la situation du début d’épisode. Une fois remisée et ramenée à la Tour sans transcender, Hope a fait le choix que trente-sept autres robots avaient fait avant elle : elle s’est suicidée.

C’est intrigant, et on comprend facilement en quoi ça peut énerver Charlotte de voir des robots se tuer au contact des humains. On apprend alors que William a désormais un job qui lui permet de remplacer un humain, mais en étant moins efficace que l’humain en question, ce qui explique également l’énervement de Charlotte. D’ailleurs, le bras de celle-ci semble prendre assez cher dans son stress, parce qu’elle s’arrache la peau. Et alors qu’elle cherche à comprendre si son problème ne pourrait pas venir de William, elle lui confie une mission : retrouver une nouvelle outlier.

Cette fois, il n’y aura pas d’autres hosts sur le coup, mais par contre, des rebelles sont présents en ville, donc William doit se dépêcher. Et effectivement, nous découvrons qu’un groupe de révolutionnaires débarque en ville, expliquant les règles à Leslie Stubbs, loin de se douter qu’il est un robot. Les règles ? Ils doivent retrouver l’outlier avant les robots qui vont la chasser pour la tuer, comme si elle n’était qu’un divertissement – ce que les humains sont de toute manière pour les robots.

J’ai du mal à comprendre, par contre, comment Leslie peut ne pas savoir tout ça : il a bien dû voir Charlotte prendre le pouvoir en attendant Bernard, non ? Qu’importe, le fait d’être un robot lui donne une longueur d’avance sur ses coéquipiers révolutionnaires : il capte les fréquences de la Tour et sent bien qu’ils sont repérés avant que ça ne soit visible. Cela le devient rapidement : le groupe est attaqué par un ensemble de passants, sur ordre de William qui a vu bien vite la présence des intrus en ville.

Cela permet à William d’avoir une longueur d’avance pour retrouver l’Outlier et… lui parler. Il devait pourtant la tuer immédiatement. Il préfère pourtant l’écouter lui dire que le monde n’a aucun sens et lui révéler qu’elle voit la Tour, comme son mari le faisait aussi avant de mourir – et probablement avant de se faire tuer. C’est intéressant comme tout et ça explique pourquoi la femme a décidé de monter sur le toit d’un immeuble.

De là, elle peut apercevoir la Tour et manquer de très peu d’être tuée par William. Celui-ci se fait finalement tirer dessus par un résistant au moment où il allait l’abattre, et ça permet à la résistance de fuir la ville avant qu’il ne soit trop tard. C’est un échec pour William qui prend très mal ce qui lui arrive. Après avoir parlé avec l’Outlier, il a peur d’avoir chopé un virus qui le ferait se tuer et il décide donc… d’aller parler à William. Il me semblait bien que Charlotte s’en était débarrassée il y a peu de temps, mais non, apparemment. Et ce William en permanence relié à une machine manipule le William de cet épisode assez simplement, lui faisant prendre conscience qu’il est temps pour lui de remettre en question la nature de sa réalité.

Autrement, lorsqu’on retrouve Dolores, elle est toujours Christina dans sa tête, et elle est toujours dans cette même pause matinale. Elle dort de la même manière depuis quatre saisons, l’actrice doit en avoir tellement marre, c’est fou. Cela dit, cette saison, elle joue quelque chose de totalement différent : il est rare de la voir sourire autant que lors de ce lendemain de rencard avec Teddy.

Elle se réveille plus tôt que d’habitude, en tout cas, ce qui étonne sa colocataire qui continue d’avoir des cauchemars de ce pique-nique où des mouches l’attaquent. La série nous titille là, mais sans nous donner tous les éléments que l’on voudrait avoir… Et elle continue quand Christina se rend à Olympiad pour commencer un nouveau scénario sur une jeune femme, fille de fermier, qui se réveille chaque jour avec une lucidité plus grande sur son monde. Elle raconte très clairement l’histoire de Dolores – mais sans souvenir de son prénom.

C’est intrigant tout ça, parce qu’autant les règles de ce nouveau monde semblent se préciser au cours de l’épisode, autant je ne comprends pas ce que Dolores ou Teddy peuvent bien faire là. La ville est peuplée d’humains infectés pour se comporter comme des robots, pas de robots : pourquoi Teddy et Dolores seraient-ils là ?

En plus, Teddy semble vouloir ouvrir les yeux de Christina sur le mensonge que représente le monde dans lequel ils vivent. Il l’appelle au boulot pour la convaincre de le rejoindre à un rencard où il essaie de lui expliquer que Peter, l’homme qui s’est suicidé, disait entièrement vrai. Pour cela, il lui montre deux personnes en train de s’ennuyer et lui demande d’imaginer une issue différente.

Aussitôt, les deux femmes se mettent à se parler… jusqu’à ce que Christina/Dolores envisage de les renfermer dans leur solitude. Et ça fonctionne, faisant d’elle une déesse dans ce monde, une déesse qui devrait être capable de voir la Tour, normalement. Ce n’est pas encore le cas. Et même si maintenant elle a ouvert les yeux, Teddy insiste pour que Christina reprenne le cours normal de sa vie, sans faire comprendre aux autres robots qu’elle se sait robot.

C’est curieux comme tout et je me demande toujours le but de Teddy dans cette intrigue. Est-il fermement opposé à Charlotte ? J’imagine que c’est le cas et qu’il est pour le bien des humains. Le problème, c’est que Charlotte est une amie de fac de Christina, et elle entend bien tout surveiller de la vie de son « amie ». Cherche-t-elle à se venger de Dolores, du coup ?

En tout cas, Christina comprend vite qu’elle ne peut pas lui faire entièrement confiance et n’a pas envie de lui parler de Teddy quand le sujet vient dans la conversation. Elle provoque donc une dispute dans un couple à l’arrière-plan, et ça lui permet de prendre la fuite. Charlotte n’aime pas du tout voir Dolores lui échapper comme ça, même si elle maintient les apparences comme elle peut.

Christina, quant à elle, décide de retourner au travail, mais ce n’est toujours pas au bon horaire. Son boss est inévitablement sur son dos, surtout que Christina fait des recherches sur Charlotte Hale, puis sur… Dolores Abernathy. Le boss l’interroge donc sur ce qu’elle est en train de faire, sur les mensonges qu’elle raconte, sur sa capacité à lui mentir.

Il aurait mieux fait de s’abstenir : tout ce qu’il fait, c’est donner une indication trop précise à Christina, qui comprend qu’elle doit se méfier de Charlotte… et qu’elle est capable d’arrêter aussi Emmett, son patron, simplement en le lui demandant. En bonne scénariste, Christina se met donc à diriger ce que fait son boss, l’invitant à rentrer chez lui après lui avoir dit toute la vérité. Il n’en faut pas plus pour que Christina accède à un plan du « jeu », qui n’est autre que le plan de la ville. Elle en profite alors pour découvrir que tout n’est qu’une histoire qu’elle raconte, car tous les gens qu’elle croise au quotidien ne font que suivre un scénario. Oups.

Christina rentre alors chez elle où elle retrouve Teddy, à qui elle confie qu’elle voit la tour. Se comprenant manipulée depuis toujours, elle cherche un responsable, pour mieux apprendre de la part de Teddy que le responsable… C’est elle.

This is us – S06E07

Épisode 7 – Taboo – 15/20
Après quelques mois, je me suis dit qu’il était temps de reprendre la série, tout de même, et j’aime bien le faire par ce genre d’épisode qui permet bien de voir tout le monde et de se remettre les différentes intrigues en tête. Bien écrit, l’épisode repose sur les formules assez classiques de cette série – ou pour reprendre une des intrigues de l’épisode, il repose sur une recette dont l’ingrédient secret est bien présent pour améliorer l’ensemble.

Spoilers

Différents Thanksgiving marquants de Rebecca.

But the Pearson epitaph will read : « Lovely people, cried a lot, traumatic-as-hell Thanksgiving ».

Je ne sais pas ce qu’il s’est passé : j’ai arrêté de regarder la série, apparemment, en mars dernier, sans vraie raison. Je la reprends aujourd’hui, parce que j’ai envie de profiter de l’été pour me mettre à jour dans mes séries, parce qu’il y a un TFSA sur les meilleures saisons de cette année vendredi et que j’aimerais du contenu, et parce que je vois dimanche prochain une fan de la série qui l’aura probablement terminée. On m’a aussi demandé les critiques des épisodes récemment. Bref, j’ai un milliard de raisons de la reprendre, finalement !

Pour ma reprise de la série, on se retrouve à ce qui ressemble fort à un épisode de Thanksgiving, avec un flashback sur l’enfance de Rebecca. Sa mère est toujours aussi insupportable, refusant de prendre de la tarte pour rester maigre. La réflexion n’est pas anodine, et elle déterminera deux à trois générations de problèmes avec la nourriture – Rebecca qui restera complexée sur le sujet, Kate qui mangera énormément, baby Jack dont l’alimentation est au cœur de l’épisode.

La série en profite pour nous montrer un autre Thanksgiving, un plus classique, avec Jack. La pauvre est débordée par la cuisine à faire, et l’arrivée de ses parents, pile à l’heure avant qu’elle ne puisse faire tout le ménage. Le reste de ce segment dans le passé est terrible de sexisme, avec le beau-père de Jack qui continue d’être toujours insupportable et vieillot dans ses réflexions. C’est un peu inévitable avec un flashback, je sais.

Rebecca se fait toutefois plaisir face à sa mère, lui montrant qu’elle aime manger ce qu’elle a préparé et pétant un câble finalement sur la tarte. Franchement, elle m’a bien fait rire et c’était bien monté comme épisode. Jack est finalement forcé d’aller expliquer à sa belle-mère que Rebecca a vraiment fait un boulot de dingue pour préparer un repas parfait.

C’est l’occasion pour Jack d’apprendre que les parents de Rebecca sont sur le point de déménager… et de l’annoncer à Rebecca, qui n’était pas au courant. La pauvre est touchée de savoir que ses parents vont partir juste avant son mariage et ne pourront pas l’aider, et elle finit par se réconcilier à sa mère en quelques secondes, avant d’en vouloir à Jack d’avoir trahi la confiance de sa mère.

L’avantage, c’est que la mère et la fille finissent de bonne humeur et réconciliées au moins.

Quelques années plus tard, Rebecca fait la cuisine avec une Kate adolescente, qui commence à avoir du mal avec son poids apparemment. Pour mettre l’ambiance, Kevin annonce dès l’arrivée de Randall et Beth qu’il a rompu avec Sophie, Kate précisant qu’il l’a trompée. Le Thanksgiving semble galère dès le départ, avec aussi la présence de Matt et Marguerite, les rencards respectifs de Rebecca et Miguel. Et les enfants sont loin d’être idiots : ils voient très bien ce qu’il se passe entre les adultes.

Miguel critique assez vite Matt face à Rebecca, qui riposte elle aussi, et c’est un peu inévitable, ma foi. Cela tourne à la catastrophe quand ils se mettent à jouer à un jeu de société, devant faire deviner des mots aux autres. Comme les adultes sont dans la même équipe, on a l’occasion de voir Marguerite ne pas réussir à faire deviner ses mots ; puis de voir Rebecca se concentrer uniquement sur Miguel pour lui faire deviner ses mots. Gênant comme tout.

Le plus gênant est encore Kevin qui s’engueule avec Miguel, le menaçant plus ou moins parce qu’il drague sa mère là ? Horrible. Perso, j’aimais beaucoup Marguerite. J’ai trouvé qu’elle était un excellent cliché de française… mais il n’y a pas photo par rapport à Rebecca, tout de même. On la connaît beaucoup plus cela dit. Malgré tout, Miguel reste donc après le repas pour aider Rebecca à tout ranger.

Il en profite pour souligner qu’ils se connaissent vraiment par cœur l’un et l’autre, et Rebecca commence à avouer se sentiments… pour mieux entendre Miguel lui répondre qu’il a décidé de déménager à Houston. C’est plus sain pour eux, effectivement, et Rebecca n’a plus vraiment besoin de lui car elle a repris sa vie en main. Ah, ces scénaristes sont excellents tout de même, on voit comment cette relation Miguel/Rebecca s’est créée.

L’important de l’intrigue était également le regard qu’a Randall vis-à-vis de sa sœur : complexée par son poids, elle n’apprécie pas de voir dans le regard de son frère la surprise de la découvrir avec autant de poids supplémentaire. Quand il essaie de lui demande de venir les voir plus souvent avec Beth, celle-ci ne trouve rien de mieux à faire que de manger davantage.

Dans le présent, Rebecca continue de faire la cuisine de sa tarte, profitant pour faire goûter sa pâte à son petit-fils. Cela nous montre toujours plus de tension entre Kate et Toby, qui en sont à s’engueuler sur le sucre des céréales de Baby Jack, alors que Kevin est déprimé d’avoir laissé ses jumeaux à Madison.

C’est l’occasion d’apprendre aussi que Nick est avec sa copine, alors que Beth, Randall et les filles sont en route. Si Randall est sûr que le Thanksgiving se passera bien, Beth est loin d’en être convaincue, et ça se confirme vite. Déjà est clairement en train d’être blasée par son copain ne lui répondant pas, ils empêchent les filles d’utiliser le portable et ils sont à peine arrivés que Rebecca annonce qu’elle veut en profiter pour avoir une conversation de famille entre Pearson après le repas.

Oh, comme ça craint. Pour ne rien arranger, Toby et Kate continuent de passer tout leur temps à se disputer, et ça commence à vraiment me saouler. Je veux tellement qu’ils restent ensemble, c’est frustrant. Pourtant, tout est assez bien écrit, et c’est crédible : Toby a surtout peur de voir son fils manger trop et grossir comme ses parents, parce qu’ils ont les gênes pour ça.

Cela l’embête, au point d’en parler pendant le repas, quitte à provoquer la gêne attendue. En réponse, Kate lui explique tout de même qu’elle ne veut pas que ses enfants grandissent en ayant peur de la nourriture – et qu’ils finissent comme eux, comme elle quand elle jetait la nourriture de Thanksgiving par peur de grossir.

Voilà qui règle ce problème, au moins, mais pas les autres. Randall passe son Thanksgiving sur son portable, pour avoir un maximum de souvenirs des derniers instants avec sa mère. Beth est obligée de lui retirer le portable, et ça finit par être une demande vraiment importante de Rebecca en fin d’épisode : elle ne veut pas que ses enfants passent à côté de quoique ce soit parce qu’elle va tomber de plus en plus malade.

Tout finit par une jolie scène où Rebecca réunit ses enfants, en effet. Elle leur indique que Miguel prendra les décisions pour elle quand il sera temps, médicalement parlant. Avant cela, elle souhaite tout de même que tout se passe bien pour tout le monde. Elle indique qu’elle a conscience que sa situation risque de faire appel à des professionnels pour s’occuper d’elle. Ainsi, dans la maison de famille que Kevin construit, il faut prévoir un deuxième lieu pour rester – Kevin était jusque-là persuadé que Miguel voulait juste une maison de pêche pour ses potes.

La scène est hyper touchante, avec les triplés écoutant leur mère donner ses volontés pour être prise en charge au mieux. C’est très beau, et ça essaie de nous faire pleurer comme la série le fait toujours. Pour ce dernier Thanksgiving de la série, on a donc une belle intrigue et une surprise de taille aussi : si jamais Miguel n’était pas capable de (ou plus là pour) prendre les décisions, ce serait à Kate de le faire. On sent bien que ça surprend Randall, mais tout le monde se plie aux volontés de Rebecca de toute manière.

Kate finit par lui demander pourquoi, seule à seule, et apprend que c’est parce qu’elle n’est pas que la fille de Rebecca, elle est aussi sa meilleure amie. C’est une jolie manière de boucler six saisons d’embrouilles entre mère et fille tout de même.

 

Westworld – S04E04

Épisode 4 – Generation Loss – 19/20
Les saisons passent et se ressemblent, mais j’arrive encore à me laisser entraîner par la série qui développe son intrigue de manière toujours aussi intéressante. Les surprises de l’épisode sont parfaitement dosées pour qu’on les devine juste avant la révélation, ce que j’aime beaucoup : ça permet de se sentir pleinement investi dans ce que l’on regarde. Par contre, la série parvient moins à surprendre qu’avant – on connaît trop la mélodie désormais. Ce n’est absolument pas un problème pour adorer ce que je regarde, heureusement, car il n’y a toujours pas de fausse note.

Spoilers

Caleb est infecté par le parasite de Charlotte-Dolores.

Always insist on mutual satisfaction.

La canicule est définitivement là : il fait déjà près de trente degrés à l’intérieur de mon appartement, c’est parfaitement ridicule cette affaire. Pourquoi est-ce que je raconte ça ? Eh bien, parce que je me suis installé sur un drap de bain humidifié pour voir cet épisode, ce qui me fait un point de Bingo Séries. On va les chercher où on peut, comme on peut, même si ce n’est pas du tout ce que j’imaginais, évidemment.

L’autre avantage, c’est que Westworld va détourner mon attention de la chaleur du moment, et j’en ai eu confirmation dès les premières notes du générique. Je ne comprends vraiment pas comment on peut prendre l’habitude de zapper les génériques, quand une telle musique nous remet immédiatement dans l’ambiance. Quel plaisir de l’écouter, de le chantonner et d’avoir l’impression de se rafraîchir au passage.

C’était nécessaire d’avoir cette petite minute réintroductive, en plus, ça m’a donné la possibilité de me souvenir où on en était : LES MOUCHES BORDEL. Caleb a pris cher avec, et ça le ramène dans ses souvenirs. L’épisode commence ainsi par un flashback sur le duo Maeve/Caleb, ce qui est l’occasion d’en découvrir plus sur leur travail d’équipe. On avait déjà vu, dans le premier épisode, des bribes de cette scène en bord de mer, mais nous la retrouvons donc en version rallongée ici.

Maeve et Caleb pénètrent à bord d’une maison isolée de tous et de tout pour y détruire à coup de bombes un Rehoboam. Et non, je ne parle pas de bouteilles de vin (j’ai découvert depuis que ça pouvait en désigner, fou non ?). Si l’opération est un succès, Caleb se prend malheureusement une balle dans la côte au passage.

Ce n’est pas très réconfortant de le voir cracher du sang et de voir Maeve faire ce qu’elle peut pour le soigner – et ça, même si l’on sait bien qu’il est présent dans cette saison 4. En attendant, Maeve lui donne un goût de la liberté en hackant ses « limbics », des implants foutus là par les méchants de la saison précédente pour contrôler ses émotions. Oui, j’en avais oublié l’existence, mais c’est une bonne réutilisation de ce qui avait été présenté il y a deux ans, je trouve.

La liberté ? Le fameux champ adoré de Maeve ! Pas trop le temps de l’explorer cependant : la série nous renvoie ensuite dans le présent où Caleb se réveille face à une Charlotte-Dolores qui est bien heureuse de lui expliquer qu’elle a fait de lui son animal de compagnie. C’est plutôt sympathique comme intrigue et au moins le plan est extrêmement simple à comprendre : Charlotte-Dolores rouvre Westworld pour transformer en hôte tous les gens qui y viendront. Avec son parasite, elle dominera petit à petit le monde entier.

Le suicide des humains dans l’épisode précédent ? Juste Charlotte qui s’amuse, en fait. À présent, son amusement est plutôt de voir Caleb lutter contre ce qui est en train de lui arriver, tout en lui expliquant son grand plan. Simple, efficace.

En parallèle, Maeve comprend enfin que l’homme en noir est devenu un robot. Yep, William-Dolores, donc, on le savait déjà. Sans trop de surprise, elle essaie de trouver un moyen de contrôler le robot pour gagner son combat… mais change ensuite de plan, se contentant d’une surcharge auditive avec la machine de Charlotte.

Grâce à celle-ci, une explosion se produit, mettant KO William assez longtemps pour qu’elle s’échappe et rejoigne Caleb et Charlotte. L’explosion a aussi donné la possibilité à Caleb de prendre le dessus sur Charlotte, ce qui fait qu’assez rapidement on en arrive à une scène où Maeve décide de la garder en otage, le temps de trouver de quoi soigner Caleb du parasite.

Cela permet de retourner dans la rue du parc où Maeve trouve rapidement des menottes pour embarquer Charlotte. Malheureusement, en souterrain, William se réveille et remet en route la machine qui permet de contrôler les hôtes – y compris les parasités. Maeve ne s’en inquiète pas trop, prise d’un excès de confiance, comme elle connaît beaucoup trop Westworld.

Toutefois, elle ferait mieux de faire attention : elle sous-estime la violence du parasite et des scénarios du parc d’attraction. Caleb se fait ainsi poignarder sous sa surveillance, alors qu’il était sur le point de lui tirer dessus à cause du parasite. C’est que ça complique les choses ce parasite ! J’ai bien aimé, en tout cas, la manière dont tout se déroule et surtout les échanges de répliques entre Charlotte et Maeve. C’était savoureux comme j’aime : même prisonnière, Charlotte est encore sûre de gagner sans problème contre Maeve et d’obtenir tout ce qu’elle souhaite.

Elle sous-entend aussi qu’elle en sait plus que nous sur cette fois où Caleb a failli mourir après avoir pris une balle, expliquant que Maeve aurait pu mener une vie paisible sans Caleb. C’est étonnant comme formulation, alors Maeve se retrouve forcée d’expliquer à Caleb que cette fois-là, elle a été confrontée pour la première fois à la mortalité. Voyant qu’il pouvait enfin avoir une vie libre, elle a pris la décision de le laisser avec son infirmière (sa future femme).

Maeve est donc partie pour laisser Caleb vivre en paix une jolie vie de famille… sauf qu’elle a fini par être curieuse et se demander ce que devenait Caleb. Il s’agit là des événements du début de saison, qui prennent d’un coup plus de sens : elle a cherché à savoir ce qu’était devenu Caleb, permettant à Charlotte et William de les retrouver.

Par contre, à nous donner toutes les réponses si vite comme ça, la série perd en complexité par rapport à d’habitude. Pourront-ils encore nous surprendre et nous retourner le cerveau ? Pas si sûr. En attendant, Caleb et Maeve essaient de s’enfuir avec Charlotte comme otage. Elle n’y met pas trop de mauvaise volonté, heureusement pour eux.

William les attaque toutefois alors qu’ils arrivent à la porte de sortie du parc, forçant Maeve à laisser une arme à Caleb. Ce n’est pas très rassurant avec le parasite en lui, et ça ne l’est pas non plus quand il est question pour lui de contacter son équipe, alors que toute son équipe est désormais remplacée par des robots, non ? Ce n’est pas si sûr : l’homme qui lui répond finalement explique qu’ils ont perdu Carver, sous-entendant qu’il n’est donc pas un robot et qu’il a appris ce qu’il s’était passé.

Nous verrons bien. En attendant, Charlotte fait une petite démonstration de force dans l’utilisation de son parasite, expliquant à Caleb qu’elle le possède désormais et qu’elle peut faire de lui ce qu’elle veut. Elle le force ainsi à pointer sa mitraillette sur Maeve… mais il parvient à lutter, résistant juste assez pour tirer sur William.

Il désobéit donc à une Charlotte qui ne comprend pas comment c’est possible. Malheureusement, ce n’est pas suffisant : William n’est pas mort. C’est un host, il faut un peu plus qu’une mitraillette pour nous le détruire. Il tire donc sur Maeve, mais je pensais encore franchement que ça allait aller pour la suite. Je me trompais lourdement : il est aussi armé d’un couteau qu’il nous plante en Maeve.

Comme elle est désormais sûre de mourir, et dans le parc des mains de William en plus ?, elle décide d’utiliser ses capacités pour activer l’ordinateur et le système de sécurité du parc. Elle le retourne contre elle, utilisant des bombes qui explosent et les soufflent, elle et William. Définitivement. Bon, peut-être pas définitivement – on connaît cette série et sa tendance à ressusciter tout le monde.

Cependant, voir Maeve en si mauvaise posture, alors que nous ne sommes qu’à peine à la mi-saison, et la voir mourir, c’était franchement inattendu. La série n’en fait pas assez sur sa mort/disparition pour que nous soyons totalement tristes… mais je ne sais pas, la scène a réussi à faire son effet malgré tout.

Et alors que l’hélicoptère venant en aide à Caleb arrive, Charlotte recommence à le manipuler, soulignant au passage qu’elle pourra toujours reconstruire William, contrairement à Maeve, qui était spéciale. Et sans surprise, elle nous torture Caleb en expliquant que les lumières d’hélicoptère qu’il voit là ne sont pas celles de ses hommes à lui, mais celles de ses hommes à elle. Elle lui annonce donc qu’il est mort là, et il semble s’en souvenir, jouant à nouveau sur la temporalité et la réalité de ce qu’on voit depuis le début de saison.

Bon, ça ne peut pas être totalement une surprise, mais il faudra encore qu’on en découvre davantage au prochain épisode pour bien tout comprendre, je pense. En attendant, Charlotte révèle à Caleb qu’il est un robot. Qu’il ne s’inquiète pas : il est toujours une version de lui-même, mais juste la 278e.  Yep, elle explique que les manipulations sur les humains durent depuis un moment. Caleb est mort 23 ans plus tôt, faisant de sa fille une adulte que l’on connaît, inévitablement.

La révélation ne vient pas immédiatement, mais Caleb comprend donc qu’il est un robot et que Charlotte le torturait avec les souvenirs de sa mort.

En parallèle, nous reprenons enfin l’intrigue de Dolores/Christina après une semaine de pause. Elle se rend compte qu’elle a dormi trop longtemps quand Maya, sa coloc, vient la voir pour lui raconter ses souvenirs d’un cauchemar de mouches venant les attaquer elle et ses parents. Evidemment, vu le début d’épisode, on comprend bien que son cauchemar n’en est peut-être pas un, mais nous n’en saurons pas plus pour l’instant.

Tout ce que nous saurons, c’est que Christina peint de très jolies toiles qu’elle bousille ensuite avec de la peinture noire et que Maya a vraiment pour but de faire sortir sa colocataire tous les soirs pour qu’elle se change les idées. C’est encore une réussite pour Maya qui emmène donc Christina dans un bar où elle pourra rencontrer Teddy. Celui-ci est en effet le rencard organisé par Maya pour Christina, et on note que la rencontre entre ces deux-là est la même que d’habitude : Dolores/Christina fait tomber quelque chose, rattrapé par Teddy, si chevaleresque avec elle.

J’avais déjà oublié qu’ils nous avaient teasé son retour, alors ça me fait une bonne surprise. Après, le rencard en question en arrive rapidement à parler de métro-boulot-dodo et de la répétition interminable des mêmes tâches… on a connu plus passionnant. Pourtant, Teddy s’en sort bien : il est très beau, Christina est sûre de l’avoir déjà rencontrée, et il est sous-entendu que Teddy se souvient très bien de sa vie dans le parc. Il nous propose même une petite philosophie de vie intéressante sur les apparences trompeuses, sur la réalité qui ne l’est parfois pas et sur la remise en question de tout ce que l’on voit.

Pendant ce temps, Bernard et Leslie sont toujours dans le désert à attendre que leurs nouveaux alliés décident de leur sort. Le chef, Jay, décide de les tuer, mais C, la rebelle présentée la semaine dernière, s’y oppose. Il faut finalement l’arrivée d’une troisième femme, Odina d’après les sous-titres (c’est pratique de les avoir activés), pour négocier une sortie de crise. Si elle est aussi investie, c’est parce qu’elle est la petite-amie de C. Soit.

En tout cas, il faut en retenir que Bernard et Leslie sont finalement séparés. Bernard se rend avec C et son équipe pour retrouver une arme. Ce n’est toutefois pas si évident quand ils sont poursuivis par un drone. C sauve de justesse la « vie » de Bernard face au drone, et cela les mène sur une nouvelle piste : en suivant un insecte, Caleb est sûr de trouver ce qu’il cherche. Bien.

Alors qu’il commence à creuser, il parle avec C de son père, et étant donné les informations que nous avons eu juste avant concernant Caleb et les 23 années, nous comprenons donc qu’elle est la fille de Caleb. C’était si évident, j’aurais dû le voir venir dès l’épisode précédent. La série réussit finalement à surprendre à nouveau, même si ça fait un peu réchauffé comme manière de présenter les choses.

Quant à l’arme que Bernard cherche à creuser ? Eh ben, il s’agit de Maeve évidemment.

La résistance que nous voyons est donc celle qui lutte contre Charlotte-Dolores, et il y a apparemment du taf. Toute la ville de Christina nous est donc révélée ensuite comme étant la victoire de Charlotte-Dolores. Evidemment que les scénarios de Christina se concrétisent donc : Olympiad est l’entreprise de Charlotte, qui contrôle tous les humains.

Oui, Charlotte a gagné… mais ça ne saurait durer éternellement. Par contre, ça veut dire que tout ce qu’on nous avait vendu sur la saison se passant sept ans plus tard est donc un mensonge : nous sommes en fait trente ans plus tard si je calcule bien. Oh, et la Tour qui obsède tant Christina (au point de la peindre) ? Eh bien, c’est la tour permettant d’envoyer les ondes (et le son) qui contrôle tous les hôtes parasités par des mouches…

The Orville – S03E07

Épisode 7 – From Unknown Graves – 17/20
La structure de cet épisode est étrange, parce qu’elle rejoint davantage ce que les autres séries font habituellement… mais pas celle-ci. Pour le coup, l’épisode aurait pu être raccourci assez simplement par la réduction d’une de ses intrigues moins importantes a priori que les autres. Il faut dire que les autres sont inévitablement plus convaincantes puisqu’elles s’intéressent de plus près aux personnages. Et vraiment, j’aime passer du temps avec eux.

Spoilers

L’Orville est envoyé négocier un traité avec les Janisi, un peuple détestant les mâles… mais le cœur de l’épisode est plutôt dans les relations sentimentales de chacun.

– Some people would call that love.
– I am incapable of love.

À peine le temps de me mettre à jour dans tous mes hebdos et dans la série qu’un nouvel épisode est déjà diffusé ! Et je suis tellement fan de cette troisième saison pour le moment que je me lance le visionnage dès maintenant : je suis trop curieux de voir ce que va donner l’intrigue de cette semaine. Cela va être dur d’attendre une semaine pour l’épisode suivant, par contre.

En plus, celui-ci commence avec la promesse de relancer l’intrigue de l’invasion des Kaylon, enfin. En effet, dans une petite banlieue extra-terrestre, une famille est toute heureuse de recevoir son premier robot domestique prêt à changer leur vie. Pas de bol pour eux, le robot en question est un Kaylon. L’invasion par la petite porte est sur le point de commencer.

Sans trop de surprise après l’épisode précédent, John et Talla continuent de sortir ensemble – et donc de coucher ensemble. Les choses ne sont pas si simples par contre pour eux, car ils sont d’espèces différentes et qu’au lit, Talla a pris l’habitude de nous dégommer John. En une semaine, il a ainsi eu trois fois à se rendre auprès de Claire pour être guéri.

C’est plutôt drôle à voir, parce qu’il lui ment évidemment sur la nature de ses blessures et que Claire s’inquiète pour lui en le soignant. L’avantage, c’est que les soins sont rapides. Une fois que c’est fait, Claire se précipite dans le simulateur pour y retrouver Isaac. Une fois de plus, on le retrouve sans son déguisement de Kaylon, et c’est plutôt chouette à voir. Les deux continuent de développer une vraie relation, même si Isaac a bien du mal à savoir quoi faire de celle-ci.

Il faut dire que ce n’est pas évident pour Claire de lui expliquer les interactions humaines et les sentiments, alors qu’Isaac veut juste définir de manière claire les choses entre eux. S’ils ne sont pas encore un couple, ça ne saurait tarder.

Après ce petit détour sur les développements nécessaires de personnages, nous pouvons en revenir à l’intrigue principale de l’épisode qui voit l’Union en galère de se trouver de nouveaux alliés face à la menace des Kaylon. Ironiquement, l’Union considère toujours que l’Orville est le meilleur des vaisseaux pour les relations diplomatiques, et ça en dit long après le délire des Krill.

Pour cet épisode, ils vont donc devoir négocier avec un peuple nommé les Janisi. Ce peuple a la particularité chouette d’être une matriarchie et de détester les hommes, forçant l’Orville à ruser pour leur faire accepter une possible alliance avec l’Union – sans pour autant intégrer l’Union car les valeurs prônées par ce peuple sont trop différentes.

La ruse, on la voit tous venir : les femmes prennent le pouvoir de l’Orville, et il y a peu de difficulté à mettre ça en place puisque le casting est assez paritaire dans l’ensemble. Cela donne quelques gags un peu lourd tout de même quand Ed et Gordon sont rétrogradés à la position de simples valets censés s’occuper des bagages de la délégation ou quand Bortus ne comprend pas pourquoi s’allier avec un peuple si fermé d’esprit quand les Moclans le sont tout autant.

Si cet humour provoque quelques longueurs, il est aussi dans l’ADN de la série, donc ce n’est pas trop une surprise et ça fonctionne bien. C’était marrant de voir Kelly et Talla désespérées par la lenteur des hommes. Malgré tout, il y a également un peu d’action dans l’épisode. La délégation est censée rencontrer l’Orville dans une zone nébuleuse déserte, mais les radars du vaisseau disent le contraire.

Ed, Charlie, Gordon et Bortus se rendent sur place pour enquêter et découvrent ainsi un étrange laboratoire dans lequel ils rencontrent Timmis, un Kaylon et surtout le Docteur Villka, la fille d’un docteur très influent que l’équipage connaît apparemment.

L’histoire de ce couple est improbable et va rapidement énerver Charlie : Villka est devenue amie avec son Kaylon parce qu’elle l’a sauvée après un crash causé par… L’Union. Le Kaylon était trop endommagé pour faire le moindre mal à Villka et son père, alors ils ont pris la décision de le sauver pour l’étudier. Et ils ont bien fait : ils ont trouvé un moyen scientifique inutilement rendu complexe par le scénario pour que le robot puisse… eh bien, ressentir des émotions.

Ce n’est pas rien dans les perspectives que ça ouvre pour l’Union et tout le monde le sait bien. Aussi, Ed décide de faire monter à bord de l’Orville Timmis et Villka, mais aussi loin que possible des Janisi – que l’on perd de vue un temps de l’épisode, surtout quand on refait un tour par la famille de banlieue se rendant compte que K1, son Kaylon, est quelque peu défaillant à insister pour aller voir l’école où il n’a pourtant rien à faire. Il pose un tas de questions et remet en question sa servitude, posant évidemment problème à ses propriétaires qui préfèrent le désactiver.

A bord de l’Orville, John et Claire sont incroyablement intéressés par les recherches de Villka, mais l’essentiel est que cette dernière envisage que sa trouvaille scientifique puisse restaurer la paix. Malgré tout, John est préoccupé par d’autres affaires à ce stade : il doit abandonner son poste pour le laisser à Charlie avec toutes les explications nécessaires et il doit surtout parler avec Talla.

Depuis le début de l’épisode, celle-ci prend le soin de l’ignorer autant que possible, sachant bien qu’ils doivent rompre. Les Xelayans sont un danger pour les autres espèces quand il est question de faire l’amour, allant parfois jusqu’à provoquer la mort des partenaires. Une petite discussion plus tard, John parvient pourtant à ce qu’il désire : Talla reconnaît qu’elle n’a pas envie d’arrêter de le voir, car ils ont vraiment une relation intéressante et qui pourrait fonctionner.

J’ai du mal avec le personnage de John que l’on a vu beaucoup s’amuser depuis le début de la saison, mais il a l’air sincère et ça ferait plaisir de voir ces deux-là heureux, alors pourquoi pas. Malheureusement pour eux, dès qu’ils retournent au lit, John se fracture la jambe… et le pelvis. Le pauvre. Il insiste malgré tout pour retourner seul à l’infirmerie, où Claire est loin d’être ravie de le voir. Comme en chemin, il a croisé Isaac qui l’a aidé malgré ses réticences à arriver à l’infirmerie, Claire en profite pour en parler à Isaac.

Il faut dire qu’en parallèle de tout ça, l’arrivée de Timmis sur l’Orville a provoqué quelques remous pour toute l’équipe. Il est évident que l’opportunité qu’il représente pour Isaac n’est pas la moindre des choses à considérer, surtout pour Claire : elle apprend que Villka est persuadée de pouvoir répliquer son expérience sur Isaac.

Malheureusement pour Claire, Isaac n’est pas du tout intéressé par l’idée d’avoir des émotions. Cela est plutôt logique : pour lui qui ne pense qu’à être efficace dans tout ce qu’il fait, les émotions seraient évidemment un problème. En revanche, elles seraient aussi un avantage pour lui dans sa relation avec Claire. Et si même Isaac ne voit pas l’intérêt d’avoir des émotions, nous sommes mal barrés pour que les Kaylon se fassent à l’idée. Pourtant, Timmis est vraiment content d’avoir des émotions et il tente de les vendre comme il se doit à Isaac – lui-même ravi de parler à un Kaylon pour la première fois.

Ce qui est intéressant est toutefois que Timmis lui-même semble considérer Isaac comme capable d’avoir des émotions, notamment des regrets. Je ne serais pas surpris d’apprendre qu’Isaac développe par lui-même la notion d’émotion et de sentiments. Mais pour l’instant, il nous brise le cœur de Claire, c’est tout.

Bien sûr, toute cette romance s’effectue en parallèle du reste de l’épisode. Plus l’épisode avançait et plus il semblait évident que l’intrigue sur le Kaylon arrivant dans une famille était finalement une intrigue se déroulant dans le passé de la série. Ainsi, on se retrouve avec une conversation entre deux dirigeants de la société créant les Kaylon. Le nombre de plaintes de famille est assez incroyable, les Kaylon gagnant chaque fois en autonomie et en indépendance, donc en rébellion face à la race humaine voulant les dominer.

Bien sûr, la série prend aussi le temps de développer le personnage de Charlie dans cette heure et quart d’épisode. Elle est ainsi confrontée à Timmis qui culpabilise de ce qui lui est arrivé à cause des Kaylon. C’est l’occasion pour elle d’apprendre davantage l’histoire des Kaylon : cela fait donc avec les flashbacks et toujours la même histoire de famille de banlieue s’habituant à la présence d’un Kaylon chez elle.

Le pauvre K1 voit donc l’arrivée d’une nouvelle technologie chez la famille : une télécommande capable de lui infliger de la douleur. Voilà donc comment les Kaylon ont commencé à détester leur espèce, profondément humaine apparemment : l’esclavage ne suffisant plus, ils sont passés à la torture. D’abord, c’était pour obtenir plus rapidement ce qu’ils demandaient, ensuite, c’était pour le simple divertissement.

Cela nous est montré par des enfants mal-élevés s’amusant à torturer K1, et ça explique comment les Kaylon se sont mis à parler entre eux, communiquer et planifier la destruction de l’espèce biologique de leur planète. Inévitablement, Charlie est forcée de changer quelque peu d’avis. Quelque peu, mais pas trop quand même.

De son côté, Claire se retrouve à se confier à Kelly sur ses ressentiments vis-à-vis de la décision d’Isaac. Elle ne comprend pas qu’il ne veuille pas de sentiments alors que c’est leur absence qui provoque une grande partie des conflits et problèmes entre eux. Etonnamment, Kelly est plutôt de bons conseils, à expliquer à Claire qu’elle regrette de ne pas avoir demandé explicitement à Ed de changer pour elle.

Le sacrifice mutuel dans une relation ? Il est inévitable, soit, mais il y a quand même des limites. Claire semble en franchir certaines en demandant à Isaac de subir la procédure capable de lui donner des sentiments. Certes, ce n’est pas logique de le faire, mais elle a besoin d’être aimée autant qu’elle l’aime lui. Moi, j’aurais peur que les sentiments changent la nature de la relation, mais bon.

Isaac semble capable d’entendre la demande de Claire, et il se rend donc auprès de Villka, avant d’envoyer à Claire un cadeau lui demandant de venir dîner avec elle en lui offrant une magnifique robe. Elle se rend dans le simulateur, pleine d’espoir, et remarque immédiatement le changement en Isaac. La simple vue de Claire est trop pour lui, et l’acteur gère énormément les émotions qu’il est censé représenter.

Du point de vue d’Isaac, l’arrivée des émotions est une véritable révolution qui lui permet de mieux comprendre les humains, et c’est important pour lui. La déclaration d’amour qu’il fait à Claire est exceptionnelle, peut-être même un peu trop. Franchement, il me paraît très étouffant à être amoureux de Claire et à vouloir s’occuper des enfants. C’est en tout cas un Kaylon nouveau pour Claire qui expérience tout ce qu’elle rêvait, y compris une danse avec Isaac.

Cela fait plaisir à voir honnêtement et c’est un happy end pour cette relation qui est vraiment la plus belle de la série et qui parvient à être rafraichissante par rapport à d’autres séries ne pouvant se les permettre. Tout pourrait être bien qui finit bien, mais les émotions disparaissent soudainement, aussi soudainement qu’elles étaient venues.

Apparemment, les scénaristes aiment nous torturer : cela se termine mal aussi pour John et Talla, parce qu’elle le défigure complètement lors d’une autre nuit d’amour. L’histoire se termine mal pour eux, parce qu’ils s’aiment, mais ne peuvent être ensemble. C’est un peu l’inverse de Claire et Isaac donc, qui peuvent être ensemble, mais sans jamais vraiment s’aimer.

L’explication ? Timmis fait partie de la première génération de Kaylon, construite par des êtres biologiques, alors qu’Isaac est construit par des Kaylon. Par conséquent, il y a eu des modifications dans la structure, empêchant les émotions de prendre de manière définitive. Autrement dit, il oublie le sentiment que les émotions ont pu provoquer chez lui ; mais pour en avoir de nouveau, il faudrait le rebooter et lui faire oublier tout ce qu’il a appris.

Claire n’est pas prête à accepter de le perdre pour cela, et je pense qu’elle fait là le bon choix, même si tout ça nous brise le cœur. De toute manière, Isaac a prouvé qu’il était capable d’amour rien qu’en laissant à Claire la décision de supprimer ou non ses souvenirs. La dernière scène semble nous le prouver aussi : Charlie vient le voir pour reconnaître qu’elle a trop voulu simplifier les choses et qu’une espèce entière ne peut être mauvaise.

Contre toute attente, elle s’excuse donc de son attitude imblairable depuis son arrivée dans la série ET Isaac accepte son aide à une tâche où elle ne peut pourtant que provoquer des problèmes et des ralentissements. Mignon.

Bien sûr, cette intrigue n’empêche pas non plus les événements de continuer de se dérouler sur l’Orville. La structure de l’épisode est vraiment différente avec ces trois intrigues en parallèle, je ne m’y attendais pas et la critique est plus dispersée que d’habitude. Tant pis, ça n’empêchera personne de s’y retrouver, n’est-ce pas ?

Sur l’Orville, donc, la diplomatie avec les Janisi continue autant que possible, mais est finalement confrontée à une impasse quand l’une des représentantes Janisi décide de proclamer ses droits sur Ed pour coucher avec lui. En effet, un repas diplomatique en présence de toute l’équipe – avec officiellement les mâles pour observer ce qu’il se passe – avait été organisé par Kelly pour tenter d’habituer progressivement les Janisi à l’idée d’une alliance.

Tout était assez fluide et approuvé par l’Amiral, content de voir Kelly en position de capitaine, mais ça finit par poser problème de manière bien logique quand les Janisi refusent de reconnaître l’existence de droits pour les hommes – uniquement parce que les males ont conduit à quelques guerres et catastrophes par le passé. Bortus les déteste, forcément, et les Janisi décident de quitter l’Orville au plus vite.

Par chance, Kelly finit par trouver un point commun entre elle et les Janisi : la loi oblige les hommes à être fidèle pour les Janisi, quand elles peuvent faire ce qu’elles veulent. C’est exactement ce qu’il s’est passé pour Kelly et Ed, et pourtant, ils ont réussi à continuer de travailler ensemble. Les Janisi acceptent donc de recevoir une émissaire diplomatique. C’est mieux que rien.