The Magicians: Alice’s story

Salut les sériephiles, et salut les lecteurs,

The Magicians: Alice's Story Original Graphic Novel : Sturges, Lilah, Bak, Pius, Grossman, Lev: Amazon.fr: LivresOn est le 21 janvier, il est peut-être temps de parler un peu de lecture pour 2022, non ? On va commencer soft avec des comics, ça se lit vite. En théorie.

En pratique, le tome dont je vais parler ce soir est un petit poids lourd et était beaucoup plus long à lire que ce que j’imaginais. Et c’est tant mieux, parce qu’il traite d’un univers que je n’ai jamais envie de quitter une fois dedans : celui de The Magicians.

Je sais que j’en parle beaucoup sur le blog en ce moment, mais c’est que je suis fan et que la série me manque, et mes lectures des romans aussi. Maintenant que tout est terminé, j’ai envie de plus !

Voir aussi : 24 heures après la fin de The Magicians

Une bande-dessinée pas si originale ?

Comme l’indique le titre, j’ai donc reçu à Noël le comic Alice’s story et je l’ai dévoré à la première occasion, bien curieux de voir ce qu’allait donner cette bande-dessinée centrée sur Alice. J’ai plein de choses à en dire, inévitablement. Et il n’y a pas que du positif, qu’on ne m’accuse pas d’être totalement vendu. Du côté du négatif, histoire d’évacuer tout de suite mon plus gros problème, j’ai été déçu de me rendre compte que cette bande-dessinée ne racontait pas exactement ce que j’imaginais.

The Magicians: Alice's Story by Lev Grossman

Rien de bien nouveau dans ces pages

Je pensais en effet, pour avoir aperçu la première page en numérique, que ces comics se concentraient sur l’enfance du personnage d’Alice. Ce n’est finalement pas le cas du tout : grosso modo, on nous retrace uniquement l’histoire du personnage telle qu’elle est écrite dans les romans – et même pas l’ensemble en plus. C’est donc plutôt une bonne chose pour les personnes qui veulent découvrir les romans sans avoir à les lire : vous avez tout le tome 1 sous format BD, et ça va quand même plus vite à lire.

Voir aussi : The Magicians de Lev Grossman (tome 1)

Story Samples - Devil \~\ Multifandom - WattpadPourquoi il faut le lire  alors ?

Une fois la déception passée, et j’ai assez vite compris ce qu’il allait en être, j’ai pu savourer à sa juste valeur ce livre. Que ce soit en roman, en série ou en bande-dessinée : j’adore. Vraiment. Beaucoup, beaucoup. La série est peut-être un peu en-deçà car la saison 1 n’est pas toujours exceptionnelle, mais l’histoire en elle-même est prenante.

uNE VARIATION DE PLUS pour cette saga

Comme je venais de revoir la série (allez, article sur la saison 3 ce week-end), en plus, je m’embrouillais à nouveau dans la chronologie qui est différente selon les versions, ce qui fait que j’attendais certaines scènes au mauvais moment et que j’étais surpris ensuite de voir que je m’étais planté. Oui, je ne connais toujours pas par cœur la saga, contrairement à ce qu’on pourrait penser.

The Magicians: Alice's Story - Graphic Novel Review - EverywhereLe gros point positif, par ailleurs, était de découvrir les personnages tels que l’auteur se les imaginait – car ils respectent les descriptions des romans plus que les apparences des acteurs. Alors certes Quentin ressemble à ce qu’il est dans la série, mais redécouvrir que Penny est un punk n’a pas de prix. Et bordel, quel choix génial ils ont fait en le castant dans la série !

Outre les personnages, on découvre aussi les lieux, notamment Brakebills ou des parties de Fillory. C’était intéressant, parce que ça mettait des images sur tout un tas de scènes, me rappelant aussi que je les avais lus dans un parc ensoleillé du côté de Bordeaux. C’est très particulier, c’est une sensation que je n’avais pas eu depuis un moment d’avoir ce genre de flashbacks de lecture. Merci donc à la géniale personne qui m’a offert ce comic… et qui lira probablement ces lignes 🙂

Voir aussi : J’ai revu la saison 1 de The Magicians (et c’est mieux que dans mon souvenir)

“If there’s a single lesson that life teaches us, it’s that wishing doesn’t make it so.”

The Magicians – Alice Quinn – Ressurected Characters | Tell-Tale TVPour le reste, ça se lit donc tout seul, on tourne les pages sans s’en rendre compte. L’histoire n’a rien de bien original, mais il est intéressant d’avoir la vision d’Alice sur certains gros événements marquants du tome 1. Le parti pris est intéressant pour développer des bouts de l’histoire ou des scènes sur lesquelles on n’avait jamais vraiment eu d’explications limpides, notamment concernant sa relation avec le personnage de Penny.

Elle restait avant lecture un personnage mystérieux et difficile à cerner – et c’est quand même bien mieux après. L’air de rien, la bande-dessinée nous éclaire également un peu sur la période qu’elle passe post tome 1 (spoiler : quand elle est un Niffin, puisque c’est de là qu’elle nous raconte tout ça en « voix-off » de ces comics).

The Magicians: Alice's Story by Lev GrossmanBref, je suis bien content d’avoir dans bibliothèque cette bande-dessinée. C’est quand même plus rapide à lire que le tome 1, même si j’aurais aussi aimé que Lev Grossman développe une nouvelle histoire autour du personnage d’Alice. Les dessins sont tops et mettent en image des choses que je n’avais pu qu’imaginer jusque-là.

Voir aussi : Toutes mes critiques sur la série

Je conseille donc cette version comics à tous les fans de la série, à tous ceux qui veulent découvrir l’histoire de roman sans forcément le lire et grosso modo, à tout le monde en fait, parce que c’est un univers vraiment top. Le Harry Potter pour adultes (non), tout ça, tout ça.

The Magician’s Land de Lev Grossman (Tome 3)

Salut les sériephiles,

C’est avec le cœur brisé que j’entame cet article, parce qu’il est temps pour moi d’évoquer le tout dernier tome de The Magicians. Cela signifie donc que j’ai terminé définitivement la série et la trilogie de romans, et donc que je suis officiellement en manque de cette histoire. Pas pour bien longtemps, cela dit, il est évident que je vais rapidement mettre ma main sur les comics à présent, puisque Lev Grosman a décidé de raconter l’histoire d’Alice, d’une part, et l’histoire d’autres étudiants de Brakebills, ensuite. Evidemment que j’ai hâte de découvrir tout ça, possiblement pour le mois de la BD… mais j’en reparlerai d’ici là.

Voir aussi : Tome 1 | Tome 2 | Tome 3

The Magician's Land: (Book 3) : Grossman, Lev: Amazon.fr: LivresPour l’instant, je vais donc me consacrer sur le tome 3, The Magician’s Land, qui a été un vrai plaisir à lire, un peu plus d’un an après le précédent – et deux ans après le suivant. Des trois tomes, je pense que c’est celui qui m’a le plus rappelé ce qu’était la série, et ça m’éclaire beaucoup sur les choix des scénaristes dans le développement de certains personnages (Margo en tête) et d’intrigues qui semblaient sortir de nulle part. De là à en faire mon tome de la saga préféré ? Probablement.

Pourtant, ce n’était pas gagné : on repart une fois de plus du point de vue de Quentin, et ce dernier a la bonne idée en début de roman de devenir… professeur à Brakebills. On sent bien que ce n’est pas fait pour lui comme boulot, et en même temps, il n’en fallait pas plus pour que je me projette encore plus dans le personnage. Le problème, c’est que Quentin reste un personnage plein de défauts. Malgré les progrès et son évolution, il est quelqu’un en qui je n’ai pas envie de me reconnaître… et dans qui je me reconnais, c’est là toute la force de cette écriture.

Même si beaucoup moins misogyne qu’à ses débuts, Quentin continue d’avoir son égo démesuré et d’espérer être le centre d’une quête, quand bien même la vie n’est pas faite ainsi. Si j’adore tant la saga, c’est parce qu’elle prend le contre-pied de bien des histoires : ici, il n’y a pas d’élus mystiques, et s’il y en a, ce n’est jamais Quentin. Même quand il l’est, c’est pour une courte durée. La vie est une garce avec les personnages, elle donne toujours envie d’en avoir plus, et malgré toute la magie du monde, la vie est parfaitement représentée dans ces romans. Que je conseille, encore et toujours, y compris aux fans de la série. Cela dit, l’adaptation reste bien meilleure, parce qu’elle a su se détacher de Quentin.

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C’est un peu le cas de ce roman également, puisqu’il développe le personnage de Plum (que j’aurais aimé voir plus dans la série, alors j’étais content de la découvrir ici !), mais aussi le point de vue d’Eliot (beaucoup) et Janet (enfin !). Et tout comme Margo est rapidement devenue ma favorite quand les scénaristes de la série ont pensé à la développer, son alter-ego romanesque est l’un de mes personnages préférés de roman. Vraiment. J’ai retrouvé toute l’attitude génialissime et la vision du monde bitchy de Margo en Janet – je comprends enfin pourquoi elle est si géniale. La série a été encore plus loin que les livres, clairement, mais tout était là.

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De toute manière, c’est le cas de toutes les intrigues de la série : les romans sont le terreau de l’inspiration scénaristiques de la série, et c’est toujours fait dans le respect de l’œuvre originale, avec uniquement des améliorations en poussant plus loin ce qui était proposé dans les romans. La fin ? Elle est évidemment différente dans les romans, mais en même temps, elle est tellement similaire ! C’était très perturbant : les personnages atterrissent à des endroits parfaitement différents, mais le sentiment est le même.

Résultat des courses, j’en veux beaucoup plus, et je le savais en dévorant les cent dernières pages. Les deux grosses intrigues du roman se complètent bien et s’emboîtent comme un puzzle, mais on sait aussi qu’on aura pas le temps pour les retrouvailles et les développements que l’on voudrait. L’aparté sur les origines de Fillory est aussi plus que bienvenue, mais il prend presque trop de place sans en dire assez.

24 heures après #2 : La fin de The Magicians – Just One More Episode

C’est fou, la série comme les romans me font le même effet : tout y est génial, mais on y crame la vie à une vitesse folle – et ça donne envie de plus. Donnez-nous plus de temps avec ces persos ! Pour compenser, j’ai donc écouté un podcast avec une interview de l’actrice incarnant Alice en début de semaine, et je sais que je vais me plonger dans les comics. Il m’en faut plus. Je suis aussi drogué à The Magicians que les personnages le sont à leur magie si douloureuse et difficile à maîtriser.

Voir aussi : Ma critique des épisodes de The Magicians

Veronica Mars : Mr Kiss & Tell

Salut les sériephiles,

Le 15 septembre dernier, je vous parlais du premier des deux romans Veronica Mars… Quatre mois plus tard, il est temps pour moi de venir évoquer pour vous le second, nommé Mr Kiss & Tell. Ça me déprime de voir que ça m’a pris de tant de temps, mais pour ma défense, je ne l’ai lu que le matin en allant au boulot, et pas chaque matin parce que j’ai parfois des urgences à régler ou des messages à envoyer. Puis, il y a aussi eu le Mois de la BD pour me ralentir, l’air de rien. Bref, mon rythme de lecture est lent, ce n’est pas nouveau, et ce n’est pas la question surtout !

Veronica Mars : 10 anecdotes à connaître de toute urgence sur la série culteRewatch saison 1
Rewatch saison 2
> Rewatch saison 3
Rewatch film
> Critique The Thousand-Dollar Tan Line
> Critique Mr Kiss & Tell
> Critiques saison 4

Quelques petits spoilers sur le film et la saison 4 ci-dessous.

La question est donc d’en venir à donner mon avis sur ce second volet des aventures livresques de ma détective privée préférée… Et c’est toujours un avis très positif ! J’ai beaucoup aimé ce second roman, pour les mêmes raisons que le premier : j’ai eu l’impression de découvrir une pièce de puzzle qu’il me manquait vraiment entre le film et la saison 4. Non seulement ça, mais en plus, ça m’a fait plaisir de retrouver les personnages : on voit un peu plus Logan et Wallace dans ce tome, alors je ne vais pas bouder mon plaisir. Mac aussi a encore son rôle à jouer, mais ce n’est pas la seule, parce que la victime de ce livre n’est pas une totale inconnue. Je n’en dis pas plus, parce que c’était une surprise que je n’avais pas vu venir – Rob Thomas est trop fort pour ça, il reprend toujours de bons éléments de son univers.

L’intrigue de ce volet revient sur l’agression et le viol d’une jeune femme dans l’hôtel le plus huppé de Neptune (toujours le même). Busby berkeley creativitysee GIF - Find on GIFERVeronica est embauchée non pour résoudre l’affaire, mais plutôt pour dédouaner la direction de l’hôtel de toute responsabilité. Ce point-là permet de mieux cerner la personnalité si acerbe de Veronica dans la saison 4, parce qu’on suit beaucoup plus son évolution à connaître son avis sur tout ça et à interagir avec certains, comme Weevil par exemple.

En parlant d’évolution, ce livre est la suite directe du précédent. Enfin, « directe ». Un peu d’eau a coulé sous les ponts tout de même, mais plusieurs références au premier roman sont parsemées dans le texte. Autrement dit, je ne regrette pas du tout de les avoir lus dans le bon ordre, car très clairement, ça spoile des éléments majeurs de l’enquête… mais en même temps, de le lire, j’ai eu l’impression que ça m’aurait spoilé certaines surprises que j’avais eu en saison 4 aussi !

Ces romans sont vraiment chouettes et m’ont permis de mieux cerner le changement de ton proposé en saison 4, tant du point de vue des personnages que de l’intrigue. En effet, l’intrigue proposée ici est beaucoup plus lente que dans les premières saisons, elle se construit sur du long terme.https://media.melty.fr/article-3968729-raw/media.gif Un gros point noir toutefois : je trouve que la fin est beaucoup trop précipitée. C’est déjà quelque chose qui m’avait marqué sur le premier roman, mais là, j’ai terminé frustré de ne pas revoir certains personnages et de ne pas avoir quelques conclusions supplémentaires – toujours les mêmes personnages concernés par cette phrase, en plus.

Comme toujours avec Veronica, on a l’impression qu’il y a des dizaines et des dizaines d’histoires à raconter encore. Comme c’était aussi le cas avec la saison 4, j’espère dorénavant que Rob Thomas trouvera le moyen de nous ramener une fois de plus Veronica dans nos vies, que ce soit à l’écran ou en livre. En revanche, comme pour le premier roman, je trouve que ce titre est un peu perché, et que ça a la fâcheuse tendance à spoiler quand on y arrive dans le livre. 7 Reasons Deputy Leo Deserved His Own 'Veronica Mars' SpinoffL’anglais, lui, reste savoureux – pas trop simple, mais pas trop compliqué non plus – avec un certain nombre de répliques bien senties, de jeux de mots et de références.

On n’est pas perdu par rapport à la série… Je ne peux que conseiller les romans aux fans, et lors d’un prochain rewatch de la série, je pense que je prendrai le temps de les relire aussi, parce qu’ils sont vraiment bien écrits !

The Ickabog vaut-il le coup ?

Salut les sériephiles,

Ces derniers temps, le jeudi, je vous parle de livre, et il n’y a donc pas trop de raisons que ça change aujourd’hui. J’ai à évoquer avec vous le tout dernier JK Rowling sorti lundi dernier, The Ickabog, dont j’avais déjà parlé lors de sa publication gratuite au cours de l’été dernier. Bon, par où commencer ? Malheureusement, par un point nécessaire sur la transphobie, je crois.

Voir aussi : Un nouveau conte signé JK Rowling

En préambule, il me paraît important de préciser que le bénéfice des ventes de ce livre ira intégralement à des associations aidant les personnes touchées par la pandémie. Le choix des assos est possiblement discutable, mais l’intention est assez louable pour que je ne me sente pas particulièrement coupable d’apporter de l’argent à une personne ayant des propos transphobes – d’autant plus que je pense sincèrement qu’elle ne se rend pas compte du problème, qu’elle ne voit vraiment pas le mal dans ses propos. Elle se pense véritablement ouverte d’esprit, et elle l’est dans une certaine mesure, parce qu’elle n’aurait jamais tenu si longtemps autrement avec cette image si parfaite que beaucoup en avait et qui fait que la chute est plus dure :

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Non, je ne suis pas d’accord avec son point de vue sur ce sujet. Pour autant, je la pense sincère dans son incompréhension. C’est gênant qu’elle n’écoute pas – ou en tout cas qu’elle ne comprenne pas – mais oui, je vais continuer de lire ses livres, parce que je ne crois pas à un monde où on n’arrête de communiquer avec les gens qui ont une opinion différente de nous. Ce n’est pas parce qu’on arrêtera de la lire qu’elle changera d’avis ou qu’elle perdra sa voix – et au contraire, ça a tendance à refaire une promotion et à l’enfoncer dans ses certitudes. L’éducation ne passe pas par l’ignorance d’une opinion – aussi transphobe soit-elle.

Ca vaut pour beaucoup de choses, et les exemples d’auteurs racistes que l’on continue de lire aujourd’hui sont encore nombreux, alors qu’ils ne représentent pas des valeurs acceptables aujourd’hui. Ils sont le reflet de leur époque, de leur temps, d’un mode de pensées dominant. Il en va de même pour Rowling : elle est le reflet d’une tranche d’âge, majoritaire, je crois !, qui est larguée sur les questions des représentations et des mouvements LGBT+. Elle n’est pas dans le crime comme l’est Polanski, je ne vais pas arrêter de lire tout ce qu’elle écrit – en plus, vraiment, c’est contreproductif car ça l’enferme dans une position de victime particulièrement insupportable derrière laquelle elle se cache pour ne pas se remettre en question et pour affirmer sa légitimité. gif JK Rowling a year in the life of jk rowling thegryffindorseeker •L’avantage, c’est que ça met le doigt sur un vrai problème et que ça prouve que l’ouverture d’esprit est plus grande en 2020 qu’elle ne l’était avant où personne n’aurait réagi à ses propos. Rowling représente une génération qui se laisse manipuler par les réseaux sociaux et les mauvaises influences et nous donne à tous une leçon ; surtout que tout ce qui lui arrive semble venir de mauvaises fréquentations.

Ce n’est que mon point de vue, ce n’est pas le sujet prévu pour l’article, mais oui, je crois qu’elle est tombée sur une mauvaise face de Twitter et qu’elle suit les mauvais mouvements. Tout ce que ça dit, c’est qu’on doit rester vigilant nous-mêmes à qui l’on suit… Et je pense que tout brûler et arrêter de lire ce qu’elle écrit pour ça est un non-sens, parce que ce n’est pas le sujet de la plupart de ses écrits et parce qu’elle représente un mouvement de pensée qui me paraît encore dominant dans une grande partie de la population, pas du tout au fait des mouvements LGBT+. Quel intérêt, donc, de la renier, mais de continuer à aller à un dîner de famille, par exemple ? La déconstruction ne peut passer par une annulation d’une grosse partie de notre enfance (surtout que l’univers des fanfics est énorme et bien plus ouvert d’esprit), ni par un arrêt total de la fréquentation des travaux de Rowling.

De toute manière, objectivement, plus on avance dans le temps, moins ils sont bons dans leur construction… Ce qui est intéressant à analyser du point de vue littéraire, je trouve. Ce n’est pas la question non plus, parce que la plume, elle, reste incroyable. Je me suis déjà embarqué dans un 500 mots, alors que ce n’est pas le sujet, surtout que The Ickabog a été écrit il y a un moment, et ça se sent.

Ickabog

Bon, alors, qu’est-ce que j’en pense de ce conte pour enfant ? Je vous disais en juillet dernier que je trouvais que Rowling avait beaucoup de mal à instaurer son univers, et je continue de le penser. Potter mis à part (et encore pour les tomes 5 et 6 !), elle a toujours du mal à mettre en place tout ce qu’elle veut de manière fluide. Les premiers chapitres de ce conte nous introduisent des tas de personnages et lieux sans qu’on ne sache bien ce qui aura ou non de l’importance… et ça a un effet rebutant, quand même.

L’avantage, cependant, c’est que comme les chapitres sont courts, on a rapidement envie d’y revenir ; ça se lit tout seul et ça se lit vite. L’histoire en elle-même finit par être intéressante, même si certaines choses se font attendre bien longtemps, et l’on retrouve la patte littéraire de l’auteur a bien des endroits, à commencer par les jeux de mots autour des noms. C’est un conte pour enfants, après tout, mais c’est très agréable à lire, et c’est fluide.

Comme c’est un vieux travail, on n’y trouve pas une trace de sujets faisant débat et c’est agréable, parce qu’on est embarqué dans un nouvel univers et dans un conte sympathique. Dire que c’est « pour les enfants » est toutefois réducteur de ce que c’est vraiment : on sent bien un message politique inscrit en creux de son œuvre. Elle dit l’avoir écrit il y a des années, et je pense que c’est vrai, mais on peut facilement y lire une critique qui insiste sur l’importance d’avoir des leaders cultivés et sur les ravages des fake news lorsqu’on est au sommet d’un état. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est de la politique pour les enfants, mais disons qu’on retrouve un peu le message qu’incarnait Fudge dans le tome 5 de sa saga ; et aussi un bon grand méchant qui l’est pour le plaisir de l’être.

Home - The IckabogC’est un conte, le monde présenté est donc un peu trop divisé en deux à mon goût, mais là aussi, on sent une réflexion sur les apparences à de nombreuses reprises, et notamment une réflexion sur ce qu’est le vrai mal et ce qu’est le bien.

Bref, c’est un conte avec un joli message pour les enfants, il a des moments trépidants, des rebondissements, des instants plus sombres et une fin qui conclue vraiment les choses, ce qui est un plus avec Rowling ayant tendance à faire des histoires à rallonge. Je pense qu’il y a moyen de passer un chouette moment en le lisant, que ce soit seul ou avec des enfants. Et même si la couverture est moche et que j’ai déjà lu tout le texte gratuitement, je le mets dans ma liste d’envies pour Noël parce que je sais que j’aurais envie de le relire et d’en découvrir les illustrations – et puis, ce n’est jamais qu’une vingtaine d’euros pour la bonne cause !