Last Seen – S01E01 – The Dispatcher – 16/20

Je ne comprends pas trop pourquoi le synopsis et le trailer de la série spoile autant, parce qu’on passe le premier épisode à attendre quelque chose qui n’est pas là. Si ce pilot ne passe pas le bechdel test non plus et part donc avec pas mal de défauts à compenser, j’ai tout de même passé un bon moment devant cette série qui trouve comment m’accrocher et tient quelques promesses malgré tout. Ce n’est pas la série que j’imaginais, mais pourquoi pas après tout ? Tant que l’histoire est bonne…

Spoilers 

Les ossements d’un enfant sont retrouvés onze ans après le kidnapping du héros de cette série.

My daughter went missing.

L’épisode commence par une tempête, puis par un homme qui se promène en forêt avec ses chiens. Honnêtement, ça ne dit rien qui vaille et c’est vite confirmé : les chiens trouvent une mâchoire et leur maître est quelque peu perturbé, forcément. Il rejette tout ça au sol et on s’arrête là. En effet, et c’est une grosse surprise qui fait du bien : la série a un générique, un vrai. La musique est toute douce, les images donnent quelques indices de qui nous attendra, et c’est très bien comme ça.

Après le générique, on nous introduit le personnage de Ian, le héros de cette série. Il est au lit avec une femme qu’on ne connaît pas encore (mais je n’ai pas l’impression qu’il la connaisse beaucoup non plus). Les scènes suivantes nous apprennent qu’il est divorcé – avec sa femme qui veut récupérer des affaires de son bébé onze ans après et qui indique qu’il est temps qu’il s’en remette – et qu’il a un meilleur ami. Du moins, ça paraît être un meilleur ami, mais c’est aussi et surtout son parrain des Alcooliques Anonymes. Six mois que l’homme n’a pas bu.

Quelques brasses dans la mer plus tard (ça me donne envie d’aller à la piscine cette affaire), Ian se rend au travail : il reçoit des appels d’urgence et est chargé de les trier. Nous sommes loin du centre d’opérations sombre des séries 9-1-1, l’environnement est plein d’écrans, certes, mais aussi plein de bois. Nous découvrons au passage qu’il gère aussi du personnel, notamment une certaine Polly qui arrive en retard… et qui n’est autre que la femme avec qui il couchait la veille.

Polly est débordée par son job : elle ne parvient pas à gérer l’appel d’une femme en détresse parce qu’un proche veut entrer chez elle et probablement la tuer. Le proche est son ex-mari, mais ça, on ne l’apprend qu’une fois que Ian est au téléphone avec elle : il parvient à la faire parler, lui faire dire son prénom, son adresse et la mettre en sécurité.

La situation nous montre que le héros est fort dans son job – même s’il ne fait rien de plus que ce qui semble être le boulot de ces agents. Toutefois, la situation de cet incident domestique est intéressant aussi parce que Polly se rend compte que ce n’est pas la première fois que la femme les appelle. Soyons sérieux : pourquoi n’y a-t-il pas un moyen d’afficher les anciens appels au passage ? Le premier appel de la série, c’est un homme que Ian reconnaît tellement il les appelle ; le second, une femme – Tyra – qui est terrifiée par son ex-mari de manière régulière… Eh, faites quelque chose !

Peut-être que c’est un commentaire politique voulu par la série, cependant. Après sa journée de taf, Ian rentre chez lui et pardon mais : c’est quoi cette barraque hyper luxueuse ? Et pourquoi encore et toujours des portes vitrées en guise de porte d’entrée ?

Bon. Au moins, on a une bonne idée de qui est le personnage et ce n’est pas trop mal écrit. On le voit passer sa soirée à regarder le dossier sur sa fille : Mags, c’est son nom, a disparu il y a onze ans.

Le lendemain, au travail, Ian doit faire quelques remontrances à Polly qui est tout le temps en retard, mais c’est compliqué quand à côté de ça il couche avec elle aussi. Ils sont interrompus de toute manière par deux autres opératrices : l’une d’entre elles a reçu un appel inquiétant qui pourrait intéresser Ian. Il s’agit de toute évidence de l’appel de l’homme vu avant le générique, celui qui a retrouvé la petite mâchoire en début d’épisode.

Ian quitte aussitôt son taf et se rend sur la scène de crime. Là, on a confirmation de ce qu’on soupçonnait jusque-là : il était auparavant à la tête d’une équipe de policiers, ce qui explique qu’il soit encore potes avec eux, et sa petite fille de trois ans a disparu depuis onze ans, après avoir été kidnappé. En apprenant tout ça, Isabel, la nouvelle cheffe de la police, accepte que Ian vienne observer les restes retrouvés : ceux d’un enfant de trois ou quatre ans enterré depuis dix ans au moins. Outch.

Sur place, il trouve aussi des traces d’empreintes de chien et interroge les témoins qui ont appelé les urgences. Il s’agit d’un groupe de trois adolescentes qui n’avaient pas de chien. L’homme du début d’épisode n’a donc pas appelé ! Qui fait ça ? Qui trouve des ossements et ne prévient pas les secours ? C’est horrible. Les pauvres ados sont traumatisées, évidemment.

L’enquête qui s’ouvre remue plein de choses : Ian est impatient et veut des réponses. Il retrouve son ex-femme (tiens, elle est enceinte) à qui il confirme qu’il pourrait s’agir du corps de leur femme, mais il engueule aussi ses potes flics qui ne vont pas assez vite à son goût. Il révèle qu’il mène sa propre petite enquête et qu’il sait que le corps a été dérangé par autre chose que la tempête. C’est terrible. Malgré son énervement, Ian retourne ensuite au boulot où ses collègues s’inquiètent assez légitimement de savoir ce qu’il s’est passé et comment il va.

Ian veut simplement s’enfermer dans le travail. Honnêtement, à ce stade de la série, je suis assez énervé par le synopsis et la bande-annonce qui en révèle déjà beaucoup trop : l’histoire est bien différente de ce qu’on me vendait. Ce n’est pas simplement qu’il reçoit un appel de quelqu’un qu’il pense être sa fille ; c’est qu’en parallèle, on trouve enfin des ossements qui pourraient être ceux de sa fille. Cela change toute la perspective de la série et de ce premier épisode, je trouve.

Pour le moment, j’aime bien le personnage de Ian, mais je trouve qu’il est trop solitaire. C’est bien entendu volontaire, mais ça complique l’attachement à la série de n’avoir qu’un seul personnage. J’aime les équipes, comme vous savez. Quoiqu’il en soi, Ian est intéressant aussi par ses méthodes de travail et son entêtement à tout faire tout seul. C’est un ancien flic qui sait mener l’enquête : il retrouve assez vite le propriétaire des chiens qui n’a pas appelé les secours.

Mon problème avec cette scène, c’est que pour un ancien flic, il est sacrément con. Enfin, non. Il se laisse emporter par ses émotions et ça se comprend : il voit dans la cage des chiens du mec un pantalon de pyjama d’enfant qui est trait pour trait celui que portait sa fille.

C’est terrible. Il perd tout sens des responsabilités et s’attaque à l’homme. La scène suivante, inévitablement, nous le montre alors qu’il est interrogé par la police. Bien qu’il soit coupable d’une agression, tout le monde est assez gentil avec lui, en vrai. La nouvelle cheffe lui révèle même où en est l’enquête : l’homme aux chiens les élève pour des combats illégaux, mais est parfaitement innocent autrement… Il était en prison quand Mags a été enlevée.

Pire encore, le pyjama pourrait bien être celui de la fille de Ian : si un pyjama enterré depuis onze ans ne ressemblerait plus à grand-chose et que celui trouvé par Ian est intact, c’est parce qu’une autre partie du pyjama a été retrouvé, protégé dans un sac plastique.

Voilà. Le pyjama était donc enterré dans un sac plastique juste à côté du cadavre. Cela devient difficile pour lui de se faire à l’idée que sa fille n’est pas morte et que le chien n’ont pas juste joué avec des preuves importantes. Forcément, vu la tournure que la série prendra et qu’on connaît déjà, on se doute bien qu’une autre possibilité existe encore : peut-être que le kidnappeur a perdu son enfant, tout simplement. Genre, tu perds ton enfant, t’en enlèves un autre, tu lui files les vêtements de ton enfant et tu enterres les preuves ? Peu crédible, mais pour l’instant, c’est tout ce que j’ai.

La série s’éloigne toujours un peu plus de ce que vendait la bande-annonce : Ian fait une rechute inévitable dans l’alcool. J’ai de la peine pour lui, mais je comprends tout à fait son envie de boire après avoir appris le décès très probable de sa fille – les résultats ADN n’étant pas dispo avant plusieurs jours histoire que la série puisse avoir quelque chose à raconter.

Ian boit donc, et pas qu’un peu. Le lendemain, après un tour à la plage, il décide de suivre de près l’ex-mari de Tyra, celui de l’appel d’urgence pris par Polly en début d’épisode. Il dérape complètement, donc : il les observe toute la journée alors qu’il s’occupe de son enfant. On sent bien qu’il fait ça par frustration : c’est un mauvais père qui a encore son enfant alors que lui a perdu sa fille kidnappée alors qu’il dansait à une fête du festival de la ville.

C’est terrible. Il raconte tout ça au sein du même festival, onze ans après. Polly l’y retrouve et s’excuse car elle ne savait pas qu’il avait eu une fille et qu’il s’était passé ça. C’est trop triste, en vrai : ils avaient laissé leur fille de trois ans à la maison avec son grand frère ? Tu m’étonnes qu’il culpabilise de la disparition !

Par contre, ça devient dur d’apprécier le personnage. Non seulement, il rechute dans l’alcool, mais en plus, il envoie bouler Polly pour aller tabasser l’ex-mari de Tyra. Il va juste perdre son job, en fait ? C’est étrange comme tout. Bon, l’ex-mari mérite un peu ce qui lui arrive, même si je ne suis pas pour la violence : il provoque la bagarre après avoir voulu forcer son fils à monter dans un manège à sensations.

Ian passe ainsi la nuit en cellule de dégrisement. Comme nous sommes dans une série et pas un film, on nous vend ensuite une scène étrange où son parrain des AA vient le chercher. Cela n’est pas forcément un problème, mais ça le devient quand le parrain tombe sur son frère qui connaît Ian et semble en savoir plus qu’il ne le dit sur la disparition de Mags.

C’est une scène qui introduit quelque chose pour la suite de la série, mais nous n’y sommes pas. Pour l’instant, il faut supporter la scène suivante où le parrain fait la morale à Ian sur le mal qu’il fait dans la vie des gens. C’est plutôt efficace, hein, et ça permet surtout de cerner Ian : il n’est pas croyant et le coup de l’océan qui est une force de la nature ne suffit pas à se remettre de tout ce qui lui est arrivé.

Maintenant qu’il est à nouveau sobre, il décide aussi de retourner voir son ex-femme. Il est assez fou de découvrir qu’elle vit désormais avec un des meilleurs potes d’Ian. Son fils (Deanno ?) est présent également. Il vit hors de la ville, donc il doit être assez vieux tout de même. L’acteur a quelque chose comme un début de vingtaine, je suppose, et ça colle : onze ans de moins, ça lui fait neuf ans… À neuf/dix ans, on est assez grand pour garder sa petite sœur quelques heures, je suppose. C’est encore très jeune et j’espère que je ne le ferais pas si j’avais des enfants, mais on sait très bien à quel point ça peut être galère de faire garder ses enfants.

En tout cas, après sa difficile nuit, Ian veut payer l’enterrement de sa fille, se réconcilie avec son ex-femme et arrête à nouveau l’alcool. Assailli de flashbacks de sa fille, il jette malgré tout sa bouteille dans l’océan.

On se rapproche fortement de la fin de l’épisode : on y voit le frère du parrain de Ian qui rentre à la maison en écoutant à la radio les infos sur le possible cadavre de Mags qui a été retrouvé. Chez lui, il a une femme aimante, mais aussi une ado. On ne la voit pas encore, mais avec le synopsis et la culpabilité évidente du personnage, on voit bien qu’il y a quelque chose à creuser de ce côté-là. La série le confirme sans mal : les portraits-robots de Margaret vieillis par les dessinateurs puis l’IA ressemblent trait pour trait à la jeune ado du frère du parrain…

Photo promotionnelle de l’épisode – Apple

> Saisons critiquées sur le blog | À ne pas manquer

Last Seen (S01)

De quoi ça parle ?

Le synopsis officiel spoile quelque chose qui n’est pas dans le premier épisode. Cela me rend fou. Pour autant, le voici, mais vous êtes prévenus du spoil : onze ans après la disparition de sa fille, Ian, un répartiteur des appels d’urgence, reçoit un coup de fil dans lequel il pense la reconnaître.

Ce que j’en attends

Difficile à dire. Il n’y a pas beaucoup de nouveautés cette année, alors j’ai envie de tenter celle-ci, d’autant plus qu’Apple a plutôt tendance à être la plateforme sur laquelle je me réfugie pour avoir de la qualité ces derniers temps. Les séries n’y sont pas forcément phénoménales, mais elles ont ce petit quelque chose qualitatif qu’on a du mal à trouver ailleurs.

Le côté opérateur d’une ligne d’urgence du héros me plaît (sinon, je ne regarderais pas 9-1-1, c’est logique), l’enquête inévitable autour de la disparition de sa fille onze ans plus tôt aura ce petit fil rouge intéressant qui nous offrira des suspects : il y a les éléments qu’il faut pour me donner envie de tester – et théoriquement de rester. En plus, je n’ai pas vu de flashbacks intempestifs dans le trailer. S’ils parviennent à ne pas en faire trop, la série peut être excellente.

Bon, par contre, c’est une série australienne et je redoute un peu l’accent auquel j’ai du mal à me faire. En même temps, c’est peut-être l’occasion, justement ! Un dernier point qui m’agace un peu : il n’y a que six épisodes prévus, donc c’est vraiment une mini-saison.

Note moyenne de la saison : 16/20 

Last Seen – S01E02 – The Call – 16/20

Bon, ce n’est toujours pas la série qu’on m’avait vendu, mais si je mets de côté le fait de savoir où ça va (je suis irrité et frustré), cet épisode 2 est vraiment sympathique, franchement. J’accroche bien aux personnages et…

Lire la suite

Last Seen – S01E03 – The Lie – 19/20

Voici une série qui ne perd pas de temps et un épisode 3 vraiment efficace. Je suis tout simplement accroché à l’intrigue et j’aime beaucoup sa rapidité de développement. Autant j’ai tendance à critiquer toutes les mini-saisons qui vont trop…

Lire la suite

Agents of S.H.I.E.L.D. – S01E01 – Pilot – 16/20

Je ne vais pas faire semblant que la nostalgie n’entre pas en ligne de compte pour cette note. En vrai, c’est un très solide 15/20 auquel j’ajoute volontiers un point pour le plaisir de retrouver la série et ses personnages treize ans après. Le pilot a vieilli sur quelques détails, il présente énormément de choses en quarante minutes et certains personnages me paraissent aujourd’hui beaucoup trop jeunes pour être totalement crédibles dans leurs fonctions, mais ça reste une introduction hyper efficace à l’univers. Et surtout, j’avais oublié à quel point Agents of S.H.I.E.L.D. cherchait dès son premier épisode à s’inscrire directement dans le MCU. Ça fait plaisir à revoir.

Spoilers 

Après la bataille de New York, Phil Coulson constitue une petite équipe du S.H.I.E.L.D. pour retrouver Mike Peterson, un homme ordinaire qui vient mystérieusement d’acquérir des super-pouvoirs.

With great power comes… a ton of weird crap that you are not prepared to deal with.

L’épisode commence loin du S.H.I.E.L.D., puisqu’on découvre Mike Peterson avec son fils Ace avant qu’une explosion ne secoue un immeuble. Mike se précipite à l’intérieur et en ressort avec une femme dans les bras en utilisant une force clairement surhumaine. Il est filmé par Skye, qui appartient au Rising Tide et semble bien décidée à prouver au monde que les super-héros existent et que le S.H.I.E.L.D. cache tout un tas de choses au public. Après Avengers, ce n’est plus forcément le scoop du siècle de dire que des gens avec des pouvoirs existent, mais l’idée est plutôt de savoir combien d’autres sont encore dissimulés. C’est une scène d’intro dont j’avais oublié le côté voix off, mais à part ça, elle ne vieillit pas si mal !

Pendant ce temps, Grant Ward est en mission à Paris et… j’avais COMPLÈTEMENT oublié la Tour Eiffel dans ce pilot. Je ne sais pas comment c’est possible alors qu’elle est quand même bien visible, mais voilà l’une des premières surprises de ce rewatch, on est à Paris. Ward récupère un objet d’origine Chitauri et on comprend rapidement que s’il est très bon sur le terrain, beaucoup moins avec les gens. Maria Hill lui apprend ensuite qu’il va devoir intégrer une équipe chargée de gérer les phénomènes étranges qui se multiplient depuis la bataille de New York. Il lui parle alors de Coulson, mort, ce qui permet évidemment à ce dernier de surgir derrière lui.

L’entrée est toujours aussi cool et fonctionne. C’est assez fou de revoir le pilot aujourd’hui et de constater à quel point il s’appuie sur les films. Les Chitauris, la bataille de New York, Maria Hill, la mort de Coulson… Agents of S.H.I.E.L.D. n’essaie pas du tout d’exister dans un coin du MCU sans trop faire de bruit : au contraire, elle veut clairement être la série qui raconte ce qu’il se passe entre les films. Elle était vendue comme ça, il y a PLEIN de réfs discrètes, c’est top.

Quant à Coulson, son retour reste assez simple : il a survécu, il s’est reposé à Tahiti et c’était un endroit magique. Voilà, voilà. Je connais suffisamment la suite pour sourire à chaque fois que le sujet revient, mais le pilot sème déjà très lourdement l’idée qu’il y a un truc qui cloche dans cette histoire, avec la réplique qui revient deux fois. J’étais passé à côté au premier visionnage et je me demande comment maintenant. Ward accepte en tout cas de rejoindre cette nouvelle équipe et Coulson part ensuite récupérer Melinda May, qui travaille derrière un bureau et n’a visiblement aucune envie de retourner sur le terrain. C’est assez amusant de la revoir ainsi quand on sait ce qu’elle va devenir dans la série.

Et puis arrivent Fitz et Simmons. MON DIEU QU’ILS SONT JEUNES. C’est probablement ce qui me choque le plus dans ce rewatch pour le moment. Tout le monde paraît jeune, mais FitzSimmons particulièrement. On nous présente quand même deux scientifiques capables de comprendre à peu près tout ce que les technologies humaines ou extraterrestres peuvent leur balancer à la figure, et ils ont presque l’air de sortir du lycée. Ce n’est pas hyper crédible vu comme ça. Cela dit, leur dynamique fonctionne déjà immédiatement : ils parlent beaucoup trop vite, souvent en même temps, se complètent sans avoir besoin de réfléchir et donnent vraiment l’impression d’être un seul personnage coupé en deux. Quel plaisir de les revoir comme ça au tout début.

Il manque encore Skye à l’équipe, et elle n’a pour le moment aucune envie d’en faire partie. Elle tente plutôt de retrouver Mike Peterson, dont elle a découvert l’identité, pour le convaincre de révéler au monde ce qu’il lui est arrivé. Mike, lui, aimerait surtout que ses pouvoirs changent enfin sa vie. Il a perdu son travail, galère financièrement et veut pouvoir offrir quelque chose de mieux à son fils. On comprend assez vite qu’il ne s’agit pas d’un super-héros caché mais d’un homme qui a accepté de servir de cobaye à un projet mystérieux parce qu’il n’avait plus beaucoup d’autres solutions.

Le S.H.I.E.L.D. finit par récupérer Skye et l’embarque dans le Bus, où elle refuse évidemment de coopérer. Coulson a alors une méthode assez particulière pour gagner sa confiance : plutôt que de lui injecter le sérum de vérité qu’il menace d’utiliser, il l’injecte à Ward et la laisse lui poser les questions qu’elle veut. C’est complètement absurde comme manière de mener un interrogatoire, mais j’adore la scène parce qu’elle dit déjà beaucoup de Coulson. Il comprend que forcer Skye ne servira à rien et préfère lui prouver qu’il peut lui faire confiance. Bon, Ward apprécie un peu moins la technique. Moi, j’avais oublié alors que ça aurait dû me marquer, surtout que c’est le genre de surprise dont Joss Whedon raffole. On sent sa patte dans tout l’épisode, c’est parfois un peu lourd, mais je crois vraiment qu’il y a eu aussi des consignes d’au-dessus parfois.

Pendant ce temps, May et FitzSimmons fouillent les restes du laboratoire qui a explosé au début de l’épisode – avec plein de références à Blanche-Neige, tiens, on est sur une scène Disney. Le S.H.I.E.L.D. récupère suffisamment d’éléments pour comprendre qu’il se passe quelque chose de beaucoup plus important autour de Mike. Et là encore, j’avais oublié à quel point le MCU est utilisé dans l’intrigue elle-même : le dispositif Centipede mélange de la technologie Chitauri, des radiations gamma, le sérum du super-soldat et Extremis. En gros, ils ont pris à peu près tout ce que les films Marvel avaient présenté jusque-là et décidé de faire une soupe avec.

Le problème, évidemment, c’est que le mélange est instable. Un précédent cobaye est justement responsable de l’explosion du laboratoire et FitzSimmons comprennent que Mike risque de subir exactement le même sort. En parallèle, Mike commence déjà à perdre le contrôle. Il retourne voir son ancien employeur pour demander à récupérer son boulot, se fait rejeter et l’agresse en utilisant ses nouveaux pouvoirs. On reste dans quelque chose de plutôt schématique sur le mec qui se croit soudain tout permis parce qu’il est devenu plus fort, mais J. August Richards (je l’adore !) parvient à rendre Mike assez attachant pour qu’on ait surtout envie qu’il s’en sorte. Il veut être un héros aux yeux de son fils et se retrouve progressivement à faire exactement l’inverse.

On apprend aussi que la femme qu’il a sauvée lors de l’explosion travaille en réalité pour le projet Centipede. Elle lui fait comprendre que les gens derrière tout ça ne vont certainement pas apprécier qu’il expose ainsi leurs expériences au grand jour. Mike, lui, continue de se persuader que ses pouvoirs sont son « origin story » et qu’il peut enfin devenir quelqu’un. Forcément, ça ne va pas du tout se passer comme prévu.

Skye finit par donner son identité au S.H.I.E.L.D. pour qu’ils puissent l’aider, mais Mike la retrouve avant eux. Il assomme May, embarque Skye avec lui et l’oblige à effacer toutes les informations permettant au gouvernement de les retrouver, lui et son fils. Skye trouve heureusement le moyen de prévenir discrètement Coulson et les autres, ce qui mène tout le monde à Union Station pour le final.

Et là, l’épisode réussit plutôt bien à réunir tout ce qu’il a mis en place jusque-là. Mike devient de plus en plus instable et risque littéralement d’exploser, Skye essaie toujours de le convaincre qu’il peut être aidé, un homme envoyé par Centipede tente de le supprimer pour effacer les traces du projet, May se retrouve déjà obligée de retourner sur le terrain et FitzSimmons cherchent une manière de neutraliser Mike sans le tuer. Ward, lui, attend simplement d’avoir une cible.

Coulson refuse pourtant de considérer Mike comme une cible. Il tente de lui rappeler qu’avoir des pouvoirs ne fait pas de quelqu’un un héros et que ce sont ses choix qui comptent. C’est un discours assez classique, surtout dans une série Marvel, mais il fonctionne bien parce qu’il correspond parfaitement au personnage de Coulson – et puis, il faut bien marquer ce pilot et donner un message à la série.

Ward finit par tirer sur Mike, mais, surprise, ce n’est pas pour le tuer : le tir permet de le neutraliser et de stabiliser son état grâce à une arme mise au point par FitzSimmons. L’assassin envoyé par Centipede est également maîtrisé par May et tout le monde s’en sort. Pour une première mission, l’équipe improvisée fonctionne déjà étonnamment bien alors que la moitié de ses membres ne voulait même pas en faire partie quelques heures plus tôt. Il ne reste plus qu’à récupérer Skye. Coulson lui propose de rejoindre l’équipe et lui laisse quelques secondes pour réfléchir parce qu’une nouvelle mission les attend déjà : un 0-8-4. Et comme s’il fallait encore une dernière petite touche Marvel / espionnage / gadget avant le générique, Lola, la voiture, se met à voler.

J’avais pas oublié ça, quand même.

Photographie promotionnelle de l’épisode — ABC Studios / Marvel Television

> Saisons critiquées sur le blog | À ne pas manquer

Agents of S.H.I.E.L.D (S01)

De quoi ça parle ?

Depuis la bataille de New York, le monde sait que les super-héros existent et le S.H.I.E.L.D. a encore un paquet de choses à gérer dans l’ombre. Phil Coulson, pourtant laissé pour mort après les événements d’Avengers, est de retour et chargé de constituer une petite équipe capable d’enquêter sur les phénomènes étranges, les technologies dangereuses et les individus aux capacités inhabituelles qui commencent à se multiplier.

Ce que j’en attends

Cela fait des années que je répète à qui veut l’entendre qu’Agents of S.H.I.E.L.D. est une série géniale, que ses personnages sont extraordinaires, que son évolution est impressionnante et qu’elle mérite beaucoup plus de reconnaissance qu’elle n’en a eue. À force, il faut peut-être quand même que je la revoie pour vérifier que je continue de penser tout ça et que je ne suis pas simplement en train d’idéaliser mes souvenirs.

J’ai surtout énormément envie de retrouver les personnages. Ils me manquent, tout simplement. FitzSimmons et Skye en te^te, mais même May ou Coulson. Ou Ward, quitte à souffler fort. J’ai passé sept saisons avec cette équipe et je suis curieux de voir ce que ça fait de revenir au tout début, quand ils ne se connaissent presque pas encore et que je sais désormais tout ce qui les attend. Il n’y a pas de critiques des premières saisons sur le blog, je me dis que c’est aussi l’occasion d’y revenir !

Enfin, je suis curieux de voir comment la série a vieilli, notamment dans sa manière de s’intégrer au MCU. À l’époque, le simple fait d’avoir Coulson, Maria Hill, les conséquences d’Avengers ou des références aux films suffisait à rendre l’ensemble assez excitant. Aujourd’hui, l’univers Marvel est devenu tellement énorme et s’est tant détaché de la série que revoir cette période où tout semblait encore connecté d’une manière relativement simple risque d’être assez amusant. Ou frustrant. On verra. Bref, je ne cherche pas vraiment à savoir si je vais aimer cette saison. J’espère surtout vérifier que j’avais de bonnes raisons de l’aimer autant.

Note moyenne de la saison : –/20 

Affiche promotionnelle — ABC Studios / Marvel Television